Le texte que les présidents d’université voulaient garder secret. (Médiapart)

Quel jeu jouent les présidents d’université face à la politique de Valérie Pécresse et à la contestation qu’elle suscite ? La sixième
semaine de grève dans les facultés françaises ? qui verra mercredi une manifestation de tout le corps enseignant, de la maternelle à l’université ? s’ouvre sur une crise au sein de la conférence des présidents d’université (CPU) suite à la tenue d’une assemblée plénière exceptionnelle le jeudi 5 mars : le communiqué de presse envoyé aux journalistes jeudi en fin d’après-midi ne correspond pas à la position adoptée par l’assemblée. «C’est un abus de pouvoir, un abus de position ! » proteste Pascal Binczak, président de l’université de Saint-Denis (Paris 8).
Les mots les plus durs à l’encontre de la méthode de réforme gouvernementale, dans la motion votée à l’unanimité moins une
abstention par les présidents d’université, sont édulcorés dans le texte diffusé par le service de communication de la CPU. Ainsi,
les phrases : «Les présidents d’université continuent de condamner la précipitation dans laquelle a été engagée » la réforme de la formation des maîtres, et «cette précipitation apparaît irresponsable », ont disparu. De même que cette mise en demeure : «Il
convient en conséquence de retravailler cette réforme en profondeur pour obtenir en 2011 un concours et des masters de qualité

Dans le communiqué envoyé à la presse, les présidents d’établissements se contentent de manifester «leur engagement pour une réforme de la formation des maîtres en profondeur à échéance 2010-2011 ». Dans le deuxième cas, la date butoir est plus souple que dans la première formulation.
Autre atténuation : alors que, dans la motion adoptée, la CPU «a pris connaissance des résultats des deux semaines de concertation », dans son communiqué, elle «a salué le travail réalisé par le Bureau durant les deux semaines de concertation et les résultats obtenus ». La distinction est certes subtile mais le ton s’en trouve modifié. D’une déclaration sévère ressemblant à une mise à l’épreuve des ministres concernés, on passe à la satisfaction d’entrevoir une «sortie de crise ».
Porte-parole de la CPU, Simone Bonnafous est restée injoignable lundi en fin d’après-midi avant notre bouclage de 19h.
L’assemblée de la CPU du 5 mars était convoquée pour arrêter la position des responsables d’établissements sur les quatre principales revendications des opposants aux réformes en cours : modification du statut des enseignants-chercheurs de 1984, réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire (la «masterisation »), suppression de 900 emplois et restructuration des organismes de recherche.
Vendredi soir, s’est achevée au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche la réécriture du décret sur le statut
des enseignants-chercheurs. Une réunion est prévue cette semaine entre Valérie Pécresse, Xavier Darcos et les présidents d’université pour sortir du conflit au sujet de la masterisation.

(Source : Médiapart)

Publicités

Démissions pour Jeudi à l’université de Provence

Directeurs d’UFR, de départements, de laboratoires, les enseignants-chercheurs de l’université de Provence ont annoncé qu’ils remettraient leur lettre de démission administrative jeudi à midi sur le bureau de Jean-Paul Caverni, président de l’université.
L’après-midi, ils se rendront en cortège au rectorat pour les remettre au recteur.

(Source : La Provence)

11 Mars : printemps de l’éducation

Appel à tous les enseignants du secondaire et du primaire:

Depuis bientôt 5 semaines, les Universités françaises sont largement engagées dans un mouvement de grève, qui traduit le très profond rejet par la communauté universitaire des projets de casse du service public de Recherche et d’enseignement supérieur.
Valérie Pecresse, François Fillon, Xavier Darcos tentent de faire pourrir ce mouvement, en multipliant les simulacres de concertation et les demi-annonces sans garanties.
Qu’est-ce qui est en jeu : à travers la mise en concurrence des universités, le désengagement de l’état au profit de fondations privées, la mise en concurrence des enseignants et des personnels administratifs (systèmes de primes et de modulations de
service), la casse du recrutement qualifié en primaire et second degré sur concours national, nous sommes devant la perspective d’un recul irrémédiable et sans précédent de la qualité de l’ensemble du système éducatif français, au profit de filières d’élites étroitement articulées sur les besoins à court terme de la guerre économique.
Le mercredi 11 mars, les syndicats enseignants du secondaire et du primaire, en réponse à l’appel de la Coordination Nationale des Universités réunie à Nanterre le 27 février, et de l’Intersyndicale du supérieur et de la recherche, appellent à une journée de mobilisation et de manifestation « du primaire à l’Université ». La manifestation parisienne partira à 14h30 de la place de la République. Des manifestations sont prévues le 11 mars dans toutes les villes universitaires.
Nous n’obtiendrons pas l’abandon des suppressions de postes, de la maternelle à l’Université, si nous n’agissons pas ensemble.
Nous n’obtiendrons pas, si nous n’agissons pas tous ensemble, le report et la refonte de la réforme des concours de Capes, engagée dans une précipitation aberrante qui a amené les 2/3 des universités à refuser de faire remonter des maquettes de Master d’enseignement, alors que la réforme du Capes, encore officieuse, confirme l’abandon d’un recrutement de niveau universitaire, supprime une année de salaire en formation, réduit les stages pratiques et balaie sans réflexion la part positive acquise dans l’expérience des IUFM.
Nous n’obtiendrons pas le maintien du statut de la fonction publique pour tous les enseignants, menacés par la généralisation des embauches contractuelles, pour tous les personnels, menacés par l’externalisation et la privatisation des missions, si nous n’agissons pas tous ensemble.
Nous pouvons former autour de l’éducation et la recherche que nous défendons une chaîne humaine qui passe maintenant par le contact avec tous nos collègues, amis, auxquels ce message doit parvenir.

Le front de refus et de propositions qui s’est construit depuis Janvier ne peut se fissurer aujourd’hui sans que l’avenir de l’Enseignement et de la Recherche ne soit compromis pour plusieurs générations. C’est pour cela que nous agissons dans des conditions difficiles, face à l’indifférence des médias, au mépris de ceux qui nous gouvernent.

Retrouvons nous ensemble le 11 mars pour le printemps de l’Education.

Position du Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV), le 9 mars 2009

Position du Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV), le 9 mars 2009
A la communauté
Position du Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV), le 9 mars 2009

A ce jour, tous les centres extérieurs sont fermés.

A la Sorbonne, il est très difficile de garantir les possibilités d’accès: d’une part, il y a des blocages à l’intérieur; d’autre part, le filtrage des entrées peut à tout moment se transformer en fermeture totale par décision du recteur-chancelier, chargé du maintien de l’ordre.

Sur le fond, on constate une radicalisation du mouvement étudiant, et une montée en puissance des revendications des personnels administratifs.

Cette radicalisation et cette montée en puissance étaient prévisibles: il y a des mois que nous l’annonçons, en vain.

Les risques sont graves: dérapage avec violences et dégradations, éclatement du front des revendications, retournement du mouvement, mise en péril de l’année universitaire.

Or, le mouvement, large et majoritaire dans toute la communauté universitaire, est légitime, massif, et nécessaire face à l’autisme des ministères relativement à des réformes inacceptables, notamment une réforme des procédures de la formation des maîtres qui représente à la fois une régression et une agression, et qui reste à l’ordre du jour malgré les protestations de la CPU, de l’ensemble des syndicats et de multiples associations représentatives.

La seule solution est la mobilisation forte et continue dans les manifestations publiques, ce qui implique une gestion maîtrisée de l’accès aux locaux.

Face à l’attitude de mépris qui nous est opposée, il est plus que jamais indispensable de manifester, dans la rue et dans les universités, une résistance résolue, massive et responsable.

Professeur Georges Molinié. Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV)

Une nouvelle Université s’ouvre en Île de France !

*Une nouvelle Université s’ouvre en Île de France*
Inaugurée le 18 février dernier, l’Université Paris 14 a fêté ce mercredi sa troisième semaine d’existence. La région parisienne n’avait pas connu de création d’Université depuis 1971 et la fondation de l’Université Paris 13 à Villetaneuse. La quatorzième Université d’Île de France a été fondée par des universitaires, enseignants, chercheurs et étudiants mobilisés contre les réformes issues de la loi LRU.
Son fonctionnement est simple : les cours sont publics et se tiennent, tous les mercredis à partir de 14h00, sur la ligne 14 du métro parisien. Comme la ligne 14, l’Université n’a ni chauffeur, ni Président, ni instances dirigeantes : elle est autonome, autogérée, critique, nomade et ouverte à tous. C’est un lieu d’élaboration et d’échange gratuit de savoirs.
L’Université Paris 14 est une réponse au démantèlement du système public d’enseignement et de recherche organisé par le gouvernement. Ses principes fondateurs affirment, face aux logiques du mépris et de l’économie-reine, la joie d’apprendre et de rencontrer.
La principale mission de l’Université Paris 14 est de mêler recherche scientifique, action politique et travail poétique.
L’Université Paris 14 est jumelée avec l’Université Libre de Guadeloupe.
N’hésitez pas à aller voir là, programmes de cours etc. :

Violences policières contre des étudiants au parc de la tête d’or (Lyon)

« Bonsoir à tous,
Un mail qui vaut comme compte-rendu d’une action qui s’est tenue cet après midi aux alentours de la cité internationale.
Dans le cadre de Biovision, forum international sur le thème des biotechnologies (tout un programme : Dassault-System, Unilever, BayerCroft et quelques associations humanitaires comme caution), Valérie Pécresse était invitée à 18h sur le thème des investissements privés dans la recherche publique.
A cette occasion, quelques deux cents étudiants lyonnais se sont réunis pour manifester leur désaccord avec la politique menée par la ministre, et obtenir une visibilité que les médias leur refusent.
Nous sommes arrivés à 15h30, et avons été tenus à distance -notamment par des lacrymos, dès 16h- du lieu de la visite officielle, malgré une ambiance pacifique et musicale. Après des aller-retours entre les quais du rhône et le parc, dans le calme mais avec l’agréable compagnie de la Brigade Anti-Criminalité, nous avons été contraints, à 17h15, de reculer dans le parc : une partie
de la manifestation était alors encore en haut des escaliers, séparés du parc par une entrée étroite.
A ce moment, et sans signe avant coureur, la BAC a chargé -et ce dans l’escalier qui descendait vers le parc- avec coups de matraque et flashballs, et frappé des gens à terre.
Bilan : 4 ou 5 arrestations dans la mêlée (dont une étudiante photographe qui couvrait la manifestation), plusieurs blessés, dont un qui a nécessité l’intervention du SAMU.
A la sortie du parc et à la fin des heurts, nous avons aussi assisté à l’arrestation (sur un simple contrôle d’identité) d’un des supposé ‘leader étudiant’ de Lyon II.
Une dizaine de personnes se sont alors attroupées pour protester contre ce qui relevait de l’arrestation arbitraire : en réponse, menaces au flashball.
Tout cela nous a empêché d’entrer en contact avec Notre Ministre : une manière fort sympathique de nous ‘rassurer’, comme elle se plaît tant à le répéter dans ses discours, et une preuve d’amour de plus.
Loin de nous ‘rassurer’, ni de nous dissuader, ces événements nous encouragent à continuer et à intensifier la lutte. »

Actu : AG Nantes 9 Mars : les démissions administratives sont lancées

Assemblée générale des personnels de l’université de Nantes – 9 mars 2009
L’AG des personnels considère, comme la coordination nationale réunie vendredi, que les manoeuvres du gouvernement ne sont pas de nature à envisager une sortie de crise. Elle maintient l’exigence du retrait des réformes du statut et des concours de recrutement des enseignants, et demande l’ouverture de négociations globales, avec les syndicats et les coordinations nationales, sur le statut des enseignantschercheurs, la formation des maîtres, le budget des universités et la recherche.
L’AG appelle à renforcer la grève, en particulier pour la journée d’action du 11 mars « de la maternelle à l’université » et appelle les collègues à participer le 11 mars aux actions suivantes :
● 10h : débat à l’UFR de sociologie, amphi 4 Censive, avec les acteurs de l’éducation
● 14h à 16h : cours en ville, quartier Commerce
● 16h30 : rassemblement Place du Commerce à l’appel de l’intersyndicale départementale des fédérations de l’éducation : FSU, FERCCGT, FNEC FO, SgenCFDT, Sud–éducation, UNSAéducation, suivi d’une manifestation vers la préfecture.

L’AG a décidé d’organiser la démission collective des responsabilités administratives, assumées le plus souvent bénévolement par les collègues, et de rassembler les lettres de démission selon un modèle qui a été proposé.
L’AG a décidé d’envoyer une délégation à l’AG des étudiants qui aura lieu le 10 mars, et a fixé la prochaine réunion de l’AG des personnels au lundi 16 mars à 10h30.