« Précaires inside » : le CLEO, labo en lutte

Le Centre pour l’édition électronique ouverte, après un vote à bulletin secret réalisé suite à une assemblée générale, s’est déclaré « Laboratoire en lutte » (77% des votes exprimés). Il dénonce, en particulier, la précarité dont font l’objet les personnels d’accompagnement de la recherche, qui représentent plus de 50% de la communauté scientifique (92% des votes exprimés).

Le Cléo est composé de 70% de personnels en contrat à durée déterminée et en contrats de vacation.

  • Sa Lettre électronique mensuelle, gratuite, est lue par 35 000 abonnés partout dans le monde.
  • Les portails mis en oeuvre par cette unité de précaires sont l’objet de 1,2 million de visites mensuelles, soit environ 14 millions de visites annuelles.
  • 40 000 documents originaux sont publiés grâce au Cléo.
  • Le laboratoire forme gratuitement 250 personnes par an à l’édition électronique.
  • Soutient 200 revues sélectionnées couvrant l’ensemble des disciplines des sciences humaines et sociales. En français, anglais, espagnol.
  • Met en ligne 10 000 programmes complets de colloques et de séminaires.
  • Développe plusieurs logiciels libres (dont Lodel, primé par un « Trophée du libre » en 2005).
  • Accueille 40 carnets de recherches.

Et pourtant, nous sommes précaires inside. Le Cléo est en lutte mais continue d’assumer l’ensemble de ses missions quotidiennement.

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Montpellier III met le blocus au vote électronique

Communiqué de la présidente de Montpellier III diffusé ce soir

L’assemblée générale qui s’est tenue aujourd’hui sur le campus a approuvé à une très large majorité la fin des occupations de nuit. En revanche elle n’a pu se départager sur la question du blocage avec un résultat annoncé de 831 pour et 831 contre. Afin d’éviter que la situation ne dégénère entre étudiants favorables et opposés au blocage j’ai décidé de banaliser les journées de mercredi et jeudi. Les enseignements seront suspendus, sauf en ce qui concerne l’IEFE, la formation continue et la préparation
aux concours. Les services administratifs et techniques fonctionneront normalement.

À la demande des opposants du blocage, une nouvelle assemblée générale se tiendra demain à 10h sur la pelouse. Une autre, demandée par les partisans du blocage se tiendra jeudi à 10 h sur la pelouse. Les débats du jour ayant montré les limites d’un vote en assemblée générale, l’université organisera à compter de jeudi 19 mars 2009 14 h et jusqu’à vendredi 20 mars 2009 14 h une consultation par voie électronique sur la question du blocage. (…) Les résultats seront publiés vendredi après la clôture de la consultation.

Boycott des jurys de bac (proposition)

Beaucoup d’enseignants-chercheurs de France et de Navarre ont du recevoir (ou recevront bientôt) un mail de cette nature :

  • « Bonjour,
    Je vous informe que la campagne d’inscription pour les présidences de jurys du baccalauréat 2009 est ouverte pendant tout le mois de mars 2009. Elle concerne les professeurs des universités, les professeurs des universités-praticiens hospitaliers, les maitres de conférences et les maitres de conférences-praticiens hospitaliers. Vous pourrez indiquer vos souhaits de participation ainsi que vos préférences géographiques en vous connectant à l’intranet de l’université. (…) Merci de bien vouloir consacrer une minute de votre temps afin de nous indiquer si vous acceptez ou non de présider un jury du baccalauréat (premier diplôme de l’enseignement supérieur). Je précise que la présidence d’un jury du baccalauréat professionnel prend 2 demis journées et la présidence d’un jury du baccalauréat général et technologique prend 3 journées. Votre participation à cette campagne permettra à la division des personnels enseignants de pourvoir au mieux ces jurys. Le cas échéant, l’application sera ouverte de nouveau ultérieurement afin de trouver des présidents pour les jurys non pourvus.
    « 

Et si la grande majorité répondait poliment non à cette requête en argumentant qu’il préfère consacrer les 2 ou 3 demi-journées citées à la sauvegarde d’un service public de l’enseignement supérieur menacé de toutes parts (IUT, Statut E-C, IUFM, CROUS, ….), et ce dans le plus grand intérêt des futurs bacheliers qui seront nos étudiants de la rentrée prochaine ? …

Le CA de Lyon 1 rejette la mise en place des chaires.

(communiqué de presse)

« Ce mardi 17 mars, le conseil d’administration de l’université Lyon 1 présidé par Lionel Collet, président de la CPU, s’est prononcé contre la mise en place des chaires organismes/universités par 23 voix contre et 2 voix pour. En début d’après-midi, de nombreux personnels et étudiants ont occupé le bâtiment où a eu lieu ce conseil. Par cette action, ils ont obtenu la possibilité d’assister aux débats sur la question des chaires, de réaffirmer leur refus de cette mesure gouvernementale  et de prendre connaissance des positions des administrateurs avant la tenue du conseil. »

La coordination des IUT veut un maintien des moyens financiers après 2010

(dépêche AFP 17 Mars)
La coordination nationale des Instituts universitaires de technologie (IUT), réunie mardi à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), a demandé le maintien des moyens financiers des IUT au-delà de 2010.

« Toutes les réformes en cours mettent en danger l’Université et notamment les IUT », écrit la coordination, qui estime que les résultats des négociations jeudi entre la ministre Valérie Pécresse et les directeurs d’IUT « ne sont pas acceptables ».

La coordination « refuse » la circulaire « juridiquement fragile » proposée par Mme Pécresse et « demande le maintien des moyens de manière pérenne au-delà de 2010 ».

Elle « exige » la mise en place d’un système de dotation des établissements « basé sur les besoins et non un système de répartition des moyens tel que SYMPA »(Système de répartition des moyens à la performance et à l’activité) et « un financement à la hauteur des missions et des besoins du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

La coordination appelle à la grève et à manifester jeudi, à la manifestation nationale des universités du 24 mars, et organisera sa prochaine réunion le 27 mars au Mans.

Bordeaux 3 en lutte

POUR INFORMATION : BORDEAUX 3 EN LUTTE : PROGRAMME DU MERCREDI 18 MARS

MERCREDI 18 MARS 2009

  • Amphi Cirot -10h-12h, M.Larré, « Conférence témoignage sur le système éducatif américain » (puis débats)
  • Amphi 1 – 10h30, C. Azéma, « Design et modèles de société »
  • Amphi C200 10h30-12h30 : Exposés :
    – « Développement Durable : préoccupation environnementale ou lobby économique ? » par Mathilde VERGER (L3)
    – « La rue entre espace géographique et contestation sociale » par Pauline GUYOMAR (L3) et Marie CROISIER (doctorante au IATU)
  • Amphi 700 – 11h00-19h00, Marathon historique sur le thème « Grèves et révoltes dans l’histoire » (exposés assurés par des enseignants-chercheurs et des étudiants).
  • 11H00-11H30: P. Brun, « Pourquoi les Grecs avaient-ils horreur des révolutions? »
  • 11H30-12H00: D. Picco et Y. Boumlik, « Les Etats généraux »
  • 12H00-12H30: S. Lavaud, « Bordeaux rebelle »
  • 12H30-13H00: H. Chauvin, « Mai 1968 à Bordeaux »
  • 14H00-14H30: F. Buttay, « Révoltes à St Domingue, 1789-1804 »
  • 14H30-15H00: G. Bonnin, « Révoltes contre l’impérialisme athénien »
  • 15H00-15H30: J-P. Jourdan, « Comprendre la révolution russe »
  • 15H30-16H00: M. Figeac, « Quand les élites deviennent révolutionnaires, le cas de Peletier de Saint Fargeau, Duport et Hérault de Séchelles »
  • 16H00-16H30: S. Coussemacker, « Emeute de 1306 à Paris »
  • 16H45-17H15: B. Lachaise et G. Ortolan, « Tout était-il possible en 1936? »
  • 17H15-17H45: M. Van Der Meiren et M. Ruby, « La Fête de la Fédération »
  • 17H45-18H15: C. Carribon, « Grèves de mineurs en France au XIXème siècle: des grèves exemplaires? »
  • 18H15-18H45: C. Pébarthe, « Le marbre et la grève »

Sous la Tour Saint-Michel
– 13h30 -15h30 , C. Bouquet, « Comment l’OMC dessine les politiques éducatives du monde (et les nôtres) »

Bibliothèque Lettres/Anglais, Bx 3
– 14h30-16h30, B. Bloch propose une série d’exposés d’étudiants autour des représentations du monde industriel et post-industriel

Amphi Cirot, Bx 3
– 14h30-16h30, N.Rz. Lázaro, C. Lepage, A. Ventura : Comment aborder un genre littéraire (poésie, récit, théâtre) –Domaine hispanique ?

Amphi Cirot
– 16h30-17h30, Projection de « Critique de la séparation » (de Guy Debord 17min) et de « La Jetée » (de Chris Marker 20min )

Qu’attendez-vous Madame la ministre ?!

(lien vers la pétition en ligne)

Madame la Ministre,

Qu’attendez-vous ?
Depuis cinq semaines les universités françaises sont en grève, et de plus en plus nombreuses sont les universités bloquées. Chaque semaine les manifestations ne désemplissent pas. Cela fait des mois que la totalité (ou presque) de la communauté universitaire exprime son rejet des réformes que vous voulez imposer et des pseudo accords et des pseudo négociations que vous médiatisez à outrance. L’absence de prise en compte par vous-même de la légitimité de ce mécontentement quasi unanime et global, votre stratégie de la division, du découragement et de la désinformation ne font qu’exacerber la colère et accroître l’amertume et la défiance à votre égard.
Qu’attendez-vous ?
Que la tension soit à son comble et que des dérapages surviennent de plus en plus nombreux ? Qu’il y ait des dégradations, des blessés, si ce n’est pire ? Que ce semestre universitaire soit encore plus gâché qu’il ne l’est ? Que la communauté universitaire finisse par se déchirer ? C’est vous qui portez la responsabilité de ce chaos grandissant et des risques graves qui l’accompagnent, car c’est vous qui voulez imposer dans la précipitation des réformes inadaptées et rejetées à la quasi unanimité par les universitaires, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Ce faisant, vous ne respectez même plus les principes démocratiques : l’immense majorité refuse vos réformes !
Qu’attendez-vous ?
Que la communauté universitaire (pourtant habituée à se réformer) soit tellement exaspérée par votre refus de réelle négociation que toute réforme ultérieure soit compromise ? Car l’université est réformable : n’avons-nous pas appliqué la réforme « LMD » il y a trois ans, puis, cette année, sans même que ses effets soient évalués par le ministère, la réforme du LMD ? Ne nous sommes-nous pas très vite (trop ?) engagés dans la mastérisation de la formation des enseignants du 1er et du 2nd degré malgré un manque incroyable d’informations (sur les concours par exemple), des inquiétudes sans réponse (sur les stages, les rémunérations…) et des délais incroyablement courts ? N’avons nous pas œuvré dés la rentrée 2008 à l’application du plan réussite en licence – dont les moyens promis sont d’ailleurs fondus dans les budgets globaux contrairement à vos engagements – ? N’avons-nous pas accepté – et ce fut probablement une erreur vu la situation actuelle – la loi LRU réformant en profondeur les universités ? N’y a-t-il pas eu 100 propositions émanant des Etats généraux de la recherche en 2004 dont vos réformes ne tiennent aucun compte ? Ne gâchez pas ce potentiel de changement ! Il faut maintenant ouvrir de véritables négociations avec toute la communauté universitaire (et pas seulement avec quelques syndicats non représentatifs de l’ensemble de la communauté universitaire) pour construire ensemble de véritables réformes adaptées à une Université publique moderne, ce qu’attendent depuis trop longtemps les universitaires et plus largement vos concitoyens.
Pourquoi attendez-vous ?
Ne voyez-vous pas que dans le contexte de baisse des budgets que vous tentez de faire passer pour une hausse, et de baisse des effectifs d’enseignants chercheur et de personnels BIATOSS en 2009, vos réformes ne seraient même pas applicables faute de moyens nécessaires ? Comment envisager par exemple l’équivalence TP=TD et des modulations des services à la baisse qui imposent des postes supplémentaires alors même que nos postes et nos moyens, déjà insuffisants, vont encore diminuer dès cette année ? Et comment vos réformes pourraient-elles être appliquées dans un tel contexte de rejet par les universitaires ? Pourquoi dans ces conditions persister dans la voie de l’autoritarisme masqué (imposer en faisant semblant de négocier) ?
La seule voie raisonnable est de réformer l’université avec les universitaires et non contre eux. Retirez vos projets et ouvrez de vraies négociations, non pas sur tel ou tel aspect de notre statut, mais sur l’université publique, ses missions, son organisation, ses moyens et son avenir. Nous n’avons pas besoin d’amour Madame la Ministre, nous avons besoin de réformes ambitieuses portées par une communauté universitaire respectée et au service de la jeunesse de notre pays.

Depuis longtemps l’attachement fort que nous portons à nos missions de service public nous encourage à supporter la faiblesse chronique de nos salaires à laquelle s’ajoutent les centaines d’heures de travail non comptabilisées dans nos services chaque année et dédiées au bon fonctionnement de nos universités, à supporter que ce soit en partie à nos frais que nous travaillons chaque jour, tant pour l’enseignement que pour la recherche, faute de locaux et de budget de fonctionnement dignes de ce nom ; à supporter les conditions d’études très difficiles de nos étudiants dont la majorité travaille pour payer ses études ; à supporter la précarité galopante de nos collègues BIATOSS. Faudra-t-il encore longtemps que nous supportions ce manque de moyens indigne d’un pays comme la France pour les universités et pour la recherche ? D’évidence, vos projets de réforme et les restrictions qui les accompagnent vont aggraver encore plus cette situation !

Madame la Ministre nous nous passerions d’excuses publiques pour la façon dont nous avons été honteusement traités par le Président de la République le 22 janvier 2009 et nous trouverions sûrement le moyen de supporter le mépris, exprimé publiquement par certains de ceux qui aujourd’hui nous dirigent, de la pensée, de la culture et de la science qui participent pourtant de la grandeur de l’humanité, nous supporterions tout cela si nous avions l’espoir qu’enfin la communauté universitaire soit associée en toute sincérité, à la construction des réformes qui la concernent. Ne brisez plus cet espoir. Arrêtez le gâchis en cours, n’attendez plus ! Retirez vos réformes et prenez le temps (votre ministère en a les moyens) de créer une véritable concertation avec l’ensemble des représentants de la communauté universitaire française.

50 enseignants chercheurs de l’université Paris Ouest – Nanterre la Défense qui croient à l’université publique française : Véréna Aebischer, Patricia Attigui, Nathalie Béguin, Eric Boeda, Barbara Bonnefoy, Dalila Bovet, Cyrille Bouvet, Jean-Pierre Bruckert, Nathalie Camart, Véronique Champeil-Desplats, Peggy Chekroun, Franck Collard, Frédérique Cuisinier, Marianne Desmets, Sarah Devogue, Yvette Dorey, Olivier Douville, Frédéric Dufaux, Géraldine Espiau, Dominique Fablet, Damien Fouques, Maya Gratier, Marie-Anne Hugon, Michel Imberty, Sylvain Kahane, Jean-Baptiste Legal, Cendrine Marro, Pascal Mallet, Corinne Maze, Jean-Luc Mogenet, Laure Moguerou, Laurent Nagle, Ahogni N’gbala, Valérie Nicolas-Dherbécourt, Colette Noyau, Christian Lazzeri, Samuel Lepastier, Hubert Lissandre, Marie-Louise Le Rouzo, James McCabe, François Metayer, Christine Pauleau, Nicolas Prevost, Liliane Rioux, Lucia Romo, Christine Sanguin-Bruckert, Marie-Adeline Schmelck , Olivier Vecho, Berta Vega Fernandez, Jean-François Verlhiac.