Les comités ANR démissionnent ! (13 Mars)

L’ANR s’articule en 11 commissions de spécialistes (CDS). A ce jour 5 CDS on voté la démission, 2 la rétention des rapports et 1 le « chômage technique » (arrêt des travaux par manque d’experts).

Ci-dessous, la motion de la CDS 7.
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Paris le 11 mars 2009  (18 pour, 6 abstention).
Les membres du Comité « Sciences agronomiques et écologie » (CSD 7) réunis pour l’évaluation des projets déposés dans le cadre des programmes « Blancs » et « Jeunes Chercheurs » de l’ANR constatent que la manière dont les réformes nécessaires de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur sont conduites suscite une vive protestation de la communauté scientifique française à laquelle ils s’associent. En conséquence de quoi, ils décident de démissionner, après avoir accompli leur travail d’évaluation et ceci par respect pour la communauté scientifique française et de l’engagement pris par rapport à l’ANR.
Par ce texte, ils veulent faire valoir la place que la communauté des scientifiques, rouage essentiel et incontournable, peut et doit prendre dans la définition et la conduite des réformes nécessaires des organismes et des universités. L’évaluation de la recherche doit être transparente et équitable. Elle doit être collégiale et menée par les pairs en suivant des critères clairement énoncés. Nous réaffirmons l’importance de ces principes essentiels et demandons qu’ils soient inscrits au cœur des réformes en cours et à venir.
Le CSD « Sciences agronomiques et écologie » souligne la nécessité d’augmenter les crédits consacrés aux projets blancs et jeunes chercheurs (au sein des appels d’offre non thématiques) soient significativement augmentés dans le budget de l’ANR, trop de projets d’excellente qualité ne pouvant être financés.
Enfin, la montée en puissance de l’ANR dans le paysage de la recherche française ne doit pas se faire au détriment du financement des laboratoires par leurs tutelles dans le cadre du contrat quadriennal. Ce financement constitue un élément essentiel du maintien du haut niveau scientifique de notre pays. Le supprimer ou le réduire ne conduirait qu’à un affaiblissement considérable de son potentiel de recherche dans son ensemble. Le Comité rappelle son attachement à la reconnaissance du double rôle d’opérateur national de recherche et d’agence de moyens des grands organismes de recherche et au maintien d’un budget significatif permettant l’exercice de ces deux missions.

NON AU JEU DE DUPES, LE CDU, ON N’EN VEUT PAS !

COMMUNIQUÉ du COLLECTIF JEUNES CHERCHEURS de LYON et du COLLECTIF PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) Le 12 mars 2009

NON AU JEU DE DUPES, LE CDU, ON N’EN VEUT PAS !

Nous dénonçons la rencontre en catimini de la Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) et de quelques syndicats et organisations minoritaires avec le ministère sur le Contrat Doctoral Unique (CDU).
Tous les syndicats et organisations n’étaient pas à cette rencontre, beaucoup ont refusé de s’y rendre, notamment les syndicats majoritaires. La raison n’est pas qu’ils méprissent le « dossier jeunes chercheurs » mais bien qu’ils refusent la stratégie ministérielle qui consiste à multiplier les pseudo négociations et à refuser d’entendre l’ensemble des revendications de la communauté universitaire, notamment l’abrogation de la LRU.
NON, ces pseudo-négociations ne nous satisfont pas, il persiste des divergences de fond et de formes fondamentales (ex. : refus de la logique même d’une période d’essai dans la thèse , …).
NON, la CJC n’a pas le monopole de la réflexion sur le sujet et son expertise est loin de faire consensus.
NON, la prétention de celle-ci et de quelques organisations minoritaires à négocier sans mandat pour vendre le projet du gouvernement aux doctorants et tourner le dos à la mobilisation ne passe pas.
NON, le CDU n’est pas une bonne réponse, il ne règle rien
Nous rappelons que le CDU est massivement rejeté par l’ensemble des coordinations nationales, syndicats majoritaires, associations, assemblées générales locales et collectifs en luttes.
Nous, doctorants, étudiants et chercheurs, nous nous opposons à la logique même de ce contrat doctoral, imposé sans concertation dans la droite ligne de la LRU ; nous dénonçons ces simulacres de négociations avec des interlocuteurs choisis pour leur docilité par le ministère.
En plus d’être une mauvaise réponse qui transforme la condition doctorante vers une institutionnalisation du salariat et de la précarité des doctorants, qui met les doctorants en concurrence dans une logique dite d’excellence (pas de plafond national de rémunération), le CDU ne répond absolument pas aux enjeux. La question des financements est relayée aux oubliettes ; les demandes de reconnaissance du doctorant en général et des spécificités de recherche des différentes disciplines académiques ne sont pas satisfaites, au contraire le CDU va aggraver ces disparités. Enfin, nous refusons que le doctorant soit la variable d’ajustement d’universités sous-financées.
Le CDU n’est que le voile de fumée qui permet de ne pas parler des vrais enjeux.
Nous appelons tous les membres de la communauté universitaire à se saisir de la question de la condition des doctorants et docteurs précaires pour imposer de réelles concertations afin de mettre en œuvre une véritable réforme d’ensemble des études doctorales contrastant avec les contre-réformes néo-libérales actuelles qui ont cours dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Nous réaffirmons notre persistance à nous inscrire dans un mouvement d’ensemble et nous nous associons donc aux motions adoptées par les coordinations nationales des universités et étudiantes ; nous appelons à amplifier le mouvement et à faire entendre la voix des chercheurs non titulaires.

Journée d’alerte de l’université du Havre.

Compte rendu du jour:
_ Assemblée Générale de l’établissement, résultats des votes:
Soutien aux revendications de la CNE et de la CNU (unanimité moins 2 abstentions)
Relayer à la prochaine coordination nationale l’idée de créer un revenu étudiant (235 pour, 65 contre, 45 abstentions)
Soutien aux personnes ayant perturbé le conseil municipal du Havre: (158 pour, 23 contre, 173 abstentions)
Poursuite de la grève jusqu’au mercredi 18 mars (292 pour, 14 contre, 49 abstentions)
Suspension provisoire du blocage (339 pour, 19 contre, 42 pour)

_ Lundi 16 mars 2009
Journée d’Alerte de l’université du Havre, organisée par le Conseil d’Administration (programme ci-joint)
Programme pour la « journée d’alerte » du 16 mars 2009
Afin de protester, entre autres, contre les suppressions d’emplois et le nouveau modèle de répartition des moyens.
8 h 45 : Ouverture de la journée par le président de l’université.
9 h 00 :  Conférence-débat « Le service public : origines, évolutions et perspectives » par Gilles Lebreton, professeur de droit public
10 h 00 :  Conférence débat « Les universités britanniques : l’autonomie en action » par Claire Bowen, maître de conférences d’anglais
11 h 00 : Conférence-débat sur la réforme de la formation des maîtres
14 h 00 : Débat sur la loi LRU avec des personnalités nationales
16 h 30 : Conférence de presse du président de l’université

La journée se poursuivra avec une conférence :  18 h 00 : « Dieu contre Darwin ? Du créationnisme aux créationnismes », par Gérard Breton, ancien directeur du muséum d’histoire naturelle de la ville du Havre.

Motion de la 9e section du CNU (12 MARS)

Motion de la 9e section du CNU : Langue et littérature française

Les membres de la 9e section du CNU se sont réunis en séance plénière ce 9 mars 2009 pour examiner les demandes de qualification déposées lors d’une deuxième session exceptionnelle, décidée unilatéralement par le Ministère en novembre, pour accompagner la création de nouvelles « chaires » de haut niveau, associant universités et organismes de recherche.
Cette session, qui intervient un mois après la session usuelle, n’a concerné que 50 dossiers de maîtres de conférences, pour lesquels 12 qualifications (24%) ont été accordées, et 4 dossiers de professeurs, dont 2 ont été qualifiés. Une seule chaire en 9e section est annoncée à ce jour. La procédure aura en revanche imposé le déplacement et la réunion de 36 membres du CNU, venant de plusieurs universités françaises.
Ce gaspillage de temps et d’énergie nous paraît exemplaire de la manière confuse dont le Ministère gère actuellement les questions relatives à l’enseignement supérieur et la recherche. La 9e section tient en effet à rappeler que la révision du statut des enseignants-chercheurs prévoit que le CNU procèdera désormais à l’évaluation quadriennale et individuelle de tous les enseignants-chercheurs. Or le décret qui fixera les conditions de ces nouvelles pratiques, en établissant les modalités de constitution et de fonctionnement des sections, n’est toujours pas rendu public, de sorte que des éléments essentiels à la négociation du futur statut des enseignants-chercheurs demeurent opaques.

La 9e section rappelle qu’elle n’entendra pas se prêter à une évaluation dont l’usage et l’issue finale seraient laissés à la seule appréciation des conseils d’administration locaux, mettant en danger le principe constitutionnel de l’indépendance des enseignants-chercheurs.
Elle refuse l’attribution des primes d’encadrement doctoral et de recherche par les établissements.
Elle réaffirme sa totale opposition au projet de réforme des concours de l’enseignement.
Enfin, elle demande instamment au Ministère de s’engager dans une véritable négociation avec l’ensemble des instances représentatives. Dans cette attente, les membres de la section adoptent cette motion à l’unanimité et ils décident à la
majorité de procéder à la rétention des résultats de la seconde session.

Un mensonge qui discrédite une négociation (comm Autonome Sup)

AutonomeSup . communiqué du 12 mars 2009
Un mensonge qui discrédite une négociation
Les déclarations de C. Guéant au journal  Libération (11 mars) constituent un grossier mensonge et un sabotage des négociations actuellement en cours au Ministère de l’Enseignement Supérieur. Comme l’avait demandé F. Fillon, le texte a bien été, grâce à nous, substantiellement modifié et récrit pour toutes les parties contestées. Aucune organisation syndicale présente n’a finalisé d’accord. Toutes ont insisté sur la nécessité de régler l’ensemble du contentieux, plus ou moins étendu selon les organisations. Pour sa part, AutonomeSup a en outre posé une réserve sur la répartition des promotions entre le CNU et les universités. La mise au net postérieure du texte a fait apparaître pour nous deux autres réserves concernant les congés pour recherche et conversion thématique et le déclenchement des heures complémentaires au-delà des 128 ou 192 heures statutaires. Après les déclarations de C. Guéant, AutonomeSup considère ces réserves comme des points de désaccord et présentera au prochain CTPU suffisamment d’amendements pour que même C. Guéant ne puisse pas reconnaître le texte primitif. Sans l’accord du Ministère sur ces points, AutonomeSup votera contre le nouveau décret et sera plus intransigeant sur les autres points du contentieux : le combat continue. Qui désormais pourrait se montrer conciliant face à de tels mensonges et à un tel mépris pour ceux qui prennent la peine et les risques de négocier ?

Violences policières à Strasbourg

Communiqué de presse . Le 12 mars 2009, 17h30

Les organisations syndicales et collectifs des personnels et étudiants de l’Université de Strasbourg et des organismes de recherche, des enseignants du premier et second degrés condamnent vivement l’intervention sans sommation et la violence des forces de police le mercredi 11 mars, à l’occasion de la journée de grève et de manifestation contre la casse du service public d’enseignement et de la recherche.
Le trajet de la manifestation, déposé en préfecture, s’arrêtait effectivement place Kléber. Un millier de manifestants (étudiants, lycéens, enseignants, chercheurs, ingénieurs et techniciens) a cependant décidé de poursuivre la manifestation pacifiquement et en musique, en direction de la gare de Strasbourg. Les forces de l’ordre ont alors lancé, sans aucune sommation, des gaz lacrymogènes sur les manifestants, mettant ainsi l’ensemble des personnes présentes dans la rue du Maire Kuss en situation de danger. Manifestants, mais aussi passants et employés de magasin, ont ainsi été victimes de ces tirs de gaz lacrymogènes.

Si cela ne suffisait pas, et alors qu’aucun signe d’hostilité n’émanait des personnes en repli, les forces de l’ordre ont ensuite chargé et matraqué les manifestants. Ils ont continué de les harceler sur le parcours du retour à l’Université, via le carrefour du Polygone (pour plus de détails, voir le communiqué des étudiants).
Nous ne pouvons que condamner fermement cette violence et cette répression gratuites, sans dialogue, sans concertation ou sommation préalables. La répression du mouvement de contestation actuel dans le service public d’enseignement, de la maternelle à l’université, et de recherche ainsi que du mouvement social dans son ensemble, ne sauraient être, et ne peuvent être, une réponse démocratique acceptable aujourd’hui de la part du gouvernement.
Nous continuerons de condamner énergiquement toute forme de répression du mouvement social, comme celle qui s’est abattue ce jour sur les personnels de l’éducation  nationale, de l’Université de Strasbourg et des organismes de recherche, étudiants, lycéens, parents d’élèves, qui manifestaient pacifiquement dans les rues de Strasbourg.

SUD, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNES-FSU, SNTRS-CGT, SES-CGT, SGEN-CFDT, FO, UNSA-AI, UNEF, Confédération Etudiante, Collectif de l’Appel de Strasbourg

Motion de la Réunion Nationale des Délégués de Laboratoires (12 Mars)

Motion de la Réunion Nationale des Délégués de Laboratoires

Du 12 mars 2009, Institut d’Océanographie, Paris.

La réunion des délégués a adopté l’intégralité des points ci-dessous :

  • Contre le démantèlement des EPST (non aux instituts « agence de moyen ») et affirmation de leur rôle national d’operateur de recherche (le CNRS doit conserver l’ensemble des disciplines).
  • Pour un plan pluriannuel d’embauche sur postes statutaires (pour toutes les catégories de personnels) permettant la résorption de la précarité.
  • Restitution de tous les postes supprimés en 2009 dans la recherche et l’enseignement supérieur, et transformation des 225 CDD en postes statutaires.
  • Abandon de toute politique de désassociation des UMR permettant une coopération entre université et organismes.
  • Boycott de l’AERES.
  • Remise à plat du Contrat Doctoral Unique.
  • Retrait du projet de décret du statut des enseignants-chercheurs.
  • Restitution de l’ensemble des prérogatives du CoNRS et du CNU et des Commissions Scientifiques de l’INSERM et des autres EPST.
  • Transfert intégral des crédits de l’ANR aux organismes et universités.
  • Boycott de l’évaluation des projets ANR.
  • Depuis 2004, la communauté a toujours été source de proposition, comme cela a été le cas lors des Etats-Généraux de la recherche en 2004.
  • Suppression des « chaires organismes-universités » au profit d’une vraie politique de délégation et de détachement et redéploiement de ces postes aux EPST.
  • Abrogation de la LRU et du Pacte de la Recherche, avec mise en place de nouvelles lois issues d’une large concertation de la communauté.
  • Retrait du projet de réforme de la formation et le recrutement des enseignants du premier et du second degré.
  • Respect du modèle de l’évaluation (par des comités incluant une majorité de pairs élus) fondée sur les principes de collégialité, d’indépendance et de compétences scientifiques.
  • Refus des jurys de « chaires mixtes universités-organismes ».
  • Revalorisation des carrières et augmentation des salaires pour tous.
  • Blocage des CA appelés à entériner les réformes en cours.
  • Retrait de la version actuelle du COM imposé par le ministère au CNRS et des documents similaires concernant les autres EPST.
  • Défense du service public d’enseignement supérieur et de recherche.
  • Abandon de la politique de mutualisation et fusion forcée des unités.
  • Soutien les revendications de l’AG du 12 février au CNRS.
  • Arrêt de la politique actuelle de Crédit impôt Recherche et transfert des sommes ainsi récupérées à la recherche publique et à l’enseignement supérieur.
  • Abandon du projet actuel de consortium National pour l’agriculture, l’alimentation, la santé animale et l’environnement.
  • Augmentation significative des possibilités de promotions.
  • Soutien à la Grève des cours.
  • Abandon des projets d’externalisation des missions effectuées par le personnel de catégorie C que ce soit dans les universités ou les organismes de recherche.
  • Réintégration des personnels des universités aux « compétences élargies » dans le droit commun des personnel du MESR (« sortie des oeuvres sociales », voir circulaire du 27 janvier 2009).
  • Soutien les revendications de la Coord Nat Univ du 11 février

Motion sur les actions de la Coordination Nationale des Laboratoires en lutte.

Votée le 12 mars par la réunion nationale des délégués de laboratoires.

  • L’assemblée décide de porter la plateforme revendicative (motions jointes) au ministère vers 17h30.
  • L’assemblée se proclame Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte avec les délégués présents ce jour et les organisations syndicales et associatives qui acceptent d’y participer.
  • La coordination se prononce pour le blocage administratif des organismes : Jury des Chaires d’excellence, CA, instances de décision et de mise en œuvre (EPST, Universités).
  • La coordination appelle les laboratoires à participer aux actions lancées par la coordination universitaire et d’ores et déjà pour le 24 Mars.
  • La coordination désigne une délégation qui se rendra à l’assemblée des directeurs d’unités qui se tient dans deux jours pour lui faire connaître les motions votées ce jour.
  • La coordination appelle les personnels de la recherche à participer à l’action interprofessionnelle lancée par les Confédérations syndicales le 19 Mars.
  • La coordination soutient le Boycott et le blocage de l’ANR et de l’AERES, et la non remise par les laboratoires de leurs rapports plan quadriennal à l’AERES.
  • La coordination propose une réunion plénière d’urgence du Comité National et des instances scientifiques des autres organismes et des autres EPST.
  • La coordination demande la démission de la ministre de la recherche et de A. Migus, C. Bréchignac et A. Resplandy-Bernard.

Universités : quand l’Europe veut mobiliser les cerveaux

« Si, il y a déjà plusieurs années, le président d’une chaîne de télévision prétendait commercialiser du temps de cerveau humain disponible, le projet mis en place par l’Union européenne pour les universités vise lui aussi à se saisir des cerveaux, mais d’une façon légèrement différente : en les mobilisant pour les soumettre aux impératifs de croissance et de compétitivité de l’économie européenne. Les projets actuels du gouvernement français, qui soulèvent des torrents d’indignation dans les universités, s’inscrivent dans ce cadre européen. » Pour lire la suite de ce texte : europe-universites.pdf

Facs payantes : 92 députés contre le principe de la gratuité dans les universités.

Dans l’exposé des motifs d’une récente proposition de loi sur les prêts aux étudiants, 92 députés affirment qu’un système universitaire payant est nécessaire. Voir ci-dessous pour une brève présentation.
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Dans l’exposé des motifs d’une proposition de loi, plus de 90 députés UMP mettent en cause le principe de gratuité de l’enseignement supérieur public en France et prônent la mise en place d’un système payant calqué sur le modèle libéral
anglo-saxon.
Pour que les universités et les grandes écoles publiques françaises puissent devenir payantes, il faut au préalable mettre
en place un système permettant réellement aux étudiants de s’endetter massivement. Telle est la philosophie des 92 députés UMP signataires de la proposition de loi déposée le 21 janvier 2009 (et rendue publique le 20 février) « relative à la création du prêt étudiant garanti par l’Etat et à remboursement différé et conditionnel ».
Accordés par les banques, les prêts seraient garantis par l’Etat. Leur remboursement débuterait à l’entrée de la vie active et pourrait être modulé en fonction du niveau de rémunération atteint par l’emprunteur au cours de sa vie professionnelle.

Selon l’exposé des motifs : « Le système universitaire français est actuellement fondé sur la gratuité de l’enseignement supérieur et le versement d’allocations de bourse en faveur des étudiants issus de milieux modestes. Force est toutefois de constater que ce sont les enfants issus de milieux favorisés qui profitent du système public d’enseignement supérieur financé par la collectivité ».
Dans un raisonnement spécieux, les députés font le lien entre gratuité et inégalité. Cette affirmation, pour le moins péremptoire, vise à accréditer l’idée que la gratuité de l’enseignement supérieur est injuste et immorale et à saper ainsi la légitimité du modèle républicain.

Toujours dans l’exposé des motifs, les députés du parti majoritaire n’hésitent pas ensuite à se prévaloir de leur propre turpitude, en rappelant à dessein la faiblesse des aides et surtout la baisse des dépenses de l’Etat par étudiant, pour mieux
prétendre en déduire la nécessité d’un financement complémentaire par ces mêmes étudiants, autrement dit la nécessité d’un système payant :
 » La situation est aujourd’hui devenue préoccupante en France : notre pays dépense deux fois moins en aides pour les étudiants que l’Allemagne et la Belgique et huit fois moins que le Danemark ou la Norvège. Par ailleurs, la dépense par étudiant est passée de 5 414 euros en 2001 à 5 268 euros en 2005, ce qui prouve la nécessité de prévoir des formes complémentaires de financement de l’enseignement supérieur. »

S’inspirant « d’un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004 », cette perspective d’un système payant avec prêts à remboursement conditionnel sur le modèle anglo-saxon, dessinée
par les 92 députés de l’UMP, est d’autant plus grave qu’elle émane d’une partie de la représentation nationale. Elle est totalement inacceptable et doit être dès à présent combattue. Il convient d’en informer les citoyens et en particulier les étudiants.

De lecture très rapide, la proposition de loi, avec l’exposé des motifs, se trouve en document joint.
(http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion1391.pdf)

Quelques compléments (à laisser de côté en première lecture):
Dans l’exposé des motifs, tous les éléments pseudo-techniques avancés par les députés sur les aides ou la dépense par étudiant sont tirés, en une manière de « copier-coller »,  d’une seule et même étude publiée en octobre 2008 par l’Edhec (Ecole de commerce payante située à Lille). Cette étude de l’Edhec (1) milite ouvertement pour un système universitaire payant,
avec prêt à remboursement conditionnel, tout en rappelant que cette dernière idée a été formulée il y a 50 ans par Friedman. Décédé en 2006, Milton Friedman est l’ancien chef de file de l’Ecole dite de Chicago qui regroupe la frange la plus extrémiste des économistes ultra-libéraux.
L’exposé des motifs précise : « La présente proposition de loi s’inspire d’un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004″. On notera que ces trois pays anglo-saxons ont mis
parallèlement en place un système payant pour leur enseignement supérieur public. Du reste, si l’on s’en réfère précisément à l’étude de l’Edhec plébiscitée par les 92 députés UMP:  » le système mis en place en 1989 [en Australie] en remplacement d’un
système de gratuité (…) demandait [aux étudiants] une même contribution d’environ 25% du coût moyen d’une année
d’enseignement » (p. 27); « En 2008, les contributions annuelles supportées par l’étudiant [australien] selon les domaines
d’enseignement varient de 4000 à 8500 AUS$ » (p. 28).
Selon la conception libérale anglo-saxonne, les études supérieures doivent être considérées avant tout comme un investissement financier individuel, qui, comme tout autre investissement, doit se voir financer soit par un apport individuel ou familial, soit par l’emprunt. D’où la nécessité d’un système permettant un endettement à très large échelle.
Cette opposition entre, d’un côté, le modèle français et républicain, et, de l’autre, le modèle libéral et anglo-saxon, est probablement l’une des clefs qui permet de rendre compte de l’ampleur de la mobilisation actuelle dans les universités en France. Nombreux sont ceux qui perçoivent, quelquefois confusément, le plus souvent clairement, que les réformes actuelles  –
« mastérisation », statut des E-C, contrat doctoral et autres « LRU » – tendent à nous rabattre sur le modèle anglo-saxon, modèle qui trouve certes de très nombreux adversaires à gauche, mais aussi à droite.
(1) : http://professoral.edhec.com/jsp/fiche_document.jsp?CODE=1224582486388&LANGUE=0&RH=prof3-3

Université. « Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la situation »

L’humanité 12 mars – SOCIÉTÉ -Article paru le 12 mars 2009

Université. « Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la situation »

Président de l’université Paris-VIII, Pascal Binczak accuse le ministère de laisser pourrir le mouvement et de faire le jeu de la radicalisation.

Pourquoi la tension continue-t-elle de monter dans le monde universitaire ?
Pascal Binczak. Tout simplement parce que le gouvernement n’a toujours pas pris la juste mesure de la situation et de l’opposition profonde de la communauté universitaire vis-à-vis de cette réforme protéiforme. On cherche à nous imposer un système qui va à l’encontre de l’idée que nous nous faisons du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Vous êtes en désaccord sur le fond et la forme…
Pascal Binczak. Tout à fait. Sur le fond, je ne me reconnais absolument pas dans ce nouveau système peu démocratique, ultralibéral, ultra-concurrentiel et antisocial. Sur la forme, on cherche à faire croire à une véritable concertation alors qu’il n’y en a jamais eu. Résultat : on assiste à une radicalisation du mouvement dont le gouvernement porte l’entière responsabilité. Prenez la question de la formation des enseignants : malgré des demandes très précises de la CPU, le ministère de l’Éducation nationale ne fait rien ! Il joue le pourrissement. Un pourrissement préjudiciable à nos étudiants – notamment les plus vulnérables – qui, en attendant, n’ont pas de cours. Je suis très inquiet pour les semaines à venir. Les tentatives d’occupation d’établissements se multiplient. Et en tant que président d’une université en banlieue, je sens monter un mouvement qui pourrait être comparable à celui que l’on a connu à l’automne 2005.

Qu’attendez-vous désormais du gouvernement ?
Pascal Binczak. Qu’il nous entende et remette tout à plat dans un esprit de dialogue, de réflexion. Ce matin (hier – NDLR), alors même que toute la communauté universitaire est dans la rue, Claude Guéant, le secrétaire général de l’Élysée, se permet d’affirmer, dans une interview, qu’un accord a été réalisé, vendredi dernier, avec la « quasi-totalité des parties prenantes » ! De qui se moque-t-on ? La « quasi-totalité » ? Alors que le SNESup-FSU, Sauvons la recherche et Sauvons l’université sont contre ? C’est du mensonge d’État. Le meilleur moyen de sortir d’une crise n’est pas de nier son existence…

Justement, vous dénoncez avec d’autres une manipulation du bureau de la Conférence des présidents d’université (CPU). Que s’est-il passé ?
Pascal Binczak. Il y a eu une motion très claire votée à l’unanimité de la CPU qui condamnait la « précipitation irresponsable » du gouvernement et demandait le report d’un an de la réforme de la formation des maîtres. Or, le bureau de la CPU, au lieu de publier ce texte, a substitué un communiqué réécrivant les termes de cette motion de manière beaucoup moins accusatrice ! C’est un procédé proprement scandaleux.

Entretien réalisé par Laurent Mouloud

Le procès Sarkozy.

Le procès de Nicolas Sarkozy et de ses complices:
http://sorbonneengreve.revolublog.com/page-11122-le-proces-de-nicolas-sarkozy-et-de-ses-complices.html

Chronique de la LRU : l’exemple de l’UPMC

Concernant l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC, i.e. Paris 6) notre Universite, premiere Université de France et de Navarre au très excellent classement de Shanhai se veut leader de l’autonomie elargie. Notre president  Jean-Charles Pomerol ardent defenseur de la LRU et de l’autonomie élargie est un des meilleurs soutiens de Valerie Pecresse (voir son interview dans le Figaro, et bien d’autres dans les Echos, etc …).
vigiles_cs090309-21La gouvernance de notre universite correspond a une gestion autocratique parfaitement caricaturale, ou les droits syndicaux les plus élémentaires sont bafoués. Ainsi tout récemment un représentant syndical s’est vu refuser par une quinzaine de vigiles l’accès a tout l’immense corps de bâtiment dit  « Les Cordeliers » (rue de l’Ecole de Medecine pres de l’Odeon pour ceux qui connaissent), l’empêchant d’accéder a une reunion syndicale preparatoire du CS de l’UPMC (la photo jointe a ete prise par un elu ayant eu acces  a l’approche de la salle du Conseil ou une douzaine de vigiles supplementaires venaient se surajouter a la quinzaine bloquant le syndicaliste a la toute entree du batiment). Une declaration a ete faite au tribunal d’instance correspondant. Elle s’ajoute a une demi-douzaine de recours en tribunal administratif  pour violations diverses.  Nous sommes la parfaite illustration du pouvoir absolu que la LRU donne a un seul homme (et ses allies et suppletifs) et des abus de pouvoir correspondants.

Vous pouvez voir tous les details sur notre site SNesup, SNCS : http://www.fsupmc.fr
En particulier :
Le bilan social: http://www.fsupmc.fr/spip.php?article4
Le budget insincere: http://www.fsupmc.fr/spip.php?article2
La gouvernance despotique: http://www.fsupmc.fr/spip.php?article8
La compta surrealiste: http://www.fsupmc.fr/spip.php?article6
Les comites de selection ad hoc: http://www.fsupmc.fr/spip.php?article3
La gestion des services centraux: http://www.fsupmc.fr/spip.php?rubrique10
Le processus electoral: http://www.fsupmc.fr/spip.php?article5
etc …
voir aussi le site: http://www.reinventer-luniversite.fr/
et recemment nos conseils d’administration depayses au rectorat sous la protection des gardes mobiles:
http://www.reinventer-luniversite.fr/spip.php?article60

Masterisation : LE GOUVERNEMENT DOIT REMETTRE A PLAT L’ENSEMBLE DU DISPOSITIF (SNESUP)

Communication Darcos-Pécresse sur la formation des enseignants : LE GOUVERNEMENT DOIT REMETTRE A PLAT L’ENSEMBLE DU DISPOSITIF
L’intensité et l’ampleur de la mobilisation dans les universités, les laboratoires et les IUFM ont conduit le gouvernement, le 12 mars, à faire de nouvelles annonces sur la formation des enseignants. En cette matière, la communauté universitaire a trois exigences immédiates : que soit négocié un dispositif global améliorant la formation des maîtres, qui articule les cursus universitaires, les concours, et l’année post-concours ; que les concours de recrutement restent inchangés dans leurs épreuves et leurs modalités en 2010 ; qu’après l’obtention des concours, les futurs enseignants aient une année complète en alternance
rémunérée. Les annonces de X. Darcos et de V. Pécresse n’y répondent pas ou font des réponses biaisées.

Les dispositions déclarées « provisoires » concernant les concours de 2010 semblent laisser en l’état le concours de recrutement de professeur des écoles (CRPE) et l’agrégation et suppriment le projet ministériel d’une épreuve de connaissance du système éducatif. Refusant de déclarer clairement le maintien du dispositif actuel pour 2010, elles ajoutent à la confusion. Elles improvisent des solutions qui portent atteinte à la qualité des concours. Elles ouvrent sur un développement potentiel de la
précarité. Elles signifient que les ministres ne donnent pas le temps nécessaire pour mettre en place une formation cohérente associant les IUFM et les UFR.

Même si le gouvernement recule par rapport à son objectif initial de mettre complètement en exercice dans les classes les lauréats aux concours, les obligations de service et le statut des « enseignants stagiaires », sont indéterminés. Le temps de formation dite « continue », à l’intérieur de ces obligations de service, n’est jamais précisé.

Le dispositif social exposé au bénéfice des étudiants qui se destinent à devenir enseignants est insuffisant en ce qui concerne notamment le montant des bourses. Réserver 5000 postes d’assistant d’éducation pour les étudiants en M2 et 4000 postes en M1 n’est pas propre à aménager des conditions d’études qui permettent une démocratisation de l’accès au métier d’enseignant. Le gouvernement est obligé de reconnaître la nécessité de revaloriser substantiellement les rémunérations des jeunes enseignants, mais il ne prend aucun engagement en ce sens.

Dans les mesures annoncées, le rôle et les missions des IUFM sont absents dans la formation des enseignants, dans les stages en cours de master, et après le concours. L’évaluation de l’exercice en responsabilité, élément essentiel de la qualification enseignante, n’est jamais envisagée.

Pour l’essentiel, le gouvernement n’a pas modifié son canevas qui reste focalisé sur l’objectif de réaliser, via la suppression de l’année de stage, des économies budgétaires au plus vite et, à terme, de recruter les enseignants uniquement sur la base de masters sans concours nationaux. Pas un seul universitaire ne défend le modèle de formation et de concours conçu par les ministres. La précipitation et la confusion entre un objectif flou pour 2011 et des dispositions transitoires pour 2010 qui déstabilisent étudiants, formateurs et cursus de formation ne sont pas de nature à améliorer le dispositif et à rétablir la confiance.

Le SNESUP se saisira de toutes les tribunes pour consolider la solidarité d’analyses, de propositions et d’actions qui rassemble aujourd’hui le monde de l’éducation « de la maternelle à l’université » afin que se dessinent et voient le jour de réelles améliorations pour la formation des futurs enseignants. Il porte l’exigence maintenue d’unretrait du dispositif.

Le SNESUP appelle partout à maintenir les modes d’actions à un haut niveau et la mobilisation des personnels ; en particulier, dans la non transmission de maquettes de masters dédiés à la formation des enseignants. Le SNESUP agit pour contribuer, dans la FSU et au-delà, à fédérer l’unité la plus large pour interpeller les deux ministres et le gouvernement qui campent encore sur des orientations rejetées par le monde de l’éducation.

Paris, le 13 mars 2009
La Commission Administrative Nationale du SNESUP

Lettre aux députés de la Coord. formation des enseignants

Coordination nationale Formation des Enseignants
Paris, le 7 mars 2009 à Mmes et MM les députés
Mmes et MM les sénateurs
Objet : demande d’une intervention auprès du premier Ministre et d’un débat parlementaire

Madame, Monsieur le député, Madame, Monsieur le sénateur,
Le gouvernement a engagé un processus de réforme de la formation des enseignants, dit de « mastérisation », qui a été ouvert par le Président de la République le 2 juin dernier. Or, pour toutes les parties prenantes (universités, par la voix des représentants des personnels et de leurs syndicats, par celles de leurs Conseils d’Administration et par celle de la Conférence des Présidents d’Université, UFR et départements universitaires, IUFM, sociétés savantes et organisations professionnelles, syndicats d’étudiants, fédérations de parents d’élèves, etc.), s’il est normal de vouloir améliorer la formation des maîtres, le projet gouvernemental tourne le dos à cet objectif. Certains de ses défauts sont particulièrement pointés :

  • • L’année de formation en alternance après le concours serait supprimée sans être compensée par une formation pré-professionnelle de qualité au cours de la licence et du master. Les lauréats du concours devraient ainsi assurer immédiatement un service d’enseignement aussi lourd, ou presque, que celui d’un enseignant chevronné, sans véritable préparation, ni accompagnement. Les difficultés des débutants déjà remarquées dans la formation actuelle, seraient considérablement amplifiées.
  • • La place du concours de recrutement lors de l’année de master 2 (on parle de l’admissibilité en janvier et de l’admission en juin, mais rien n’est arrêté…) retarderait d’un an la première rémunération des étudiants. Ce serait désormais aux familles de payer l’année d’étude à bac + 5. Et dans le cas où un stage en responsabilité serait organisé dans cette seconde année de master, les étudiants salariés se retrouveraient devant ce dilemme : accepter le stage ou conserver leur emploi.
  • • Aucune mesure sérieuse n’est prévue pour empêcher la raréfaction des recrutements de jeunes issus des milieux populaires. Certes, le ministère s’est engagé à accorder la priorité aux étudiants en master enseignement dans l’accès à 9 000 emplois d’assistants d’éducation. Mais croit-il vraiment qu’ils pourraient s’investir efficacement dans leur formation tout en assurant sérieusement leur mission dans les établissements scolaires ?
  • • Alors qu’il est logique d’inscrire la formation des enseignants dans le cadre des masters, la seconde année du master cumulerait différentes contraintes inconciliables : préparation à un concours difficile (d’autant plus que le nombre de postes a été réduit), formation à la recherche, formation  professionnelle.
  • • Les épreuves des concours ont été conçues sans concertation, dans la précipitation, avec le seul objectif la réduction des coûts. Leur conception hybride ne permet de vérifier et de garantir ni les compétences professionnelles, ni les connaissances disciplinaires.
  • • Alors que tous les grands corps de l’État ont leur école de formation (police, magistrature, finances, santé…), l’État semble considérer que l’éducation nationale n’est plus digne d’avoir une école pour former ses fonctionnaires. Il se dessaisirait de cette mission. L’absence de cadrage national et la mise en concurrence des universités renforceraient les inégalités entre les villes, les départements et les régions. Certaines universités pourraient certes proposer à la fois des masters enseignement et des masters recherche, assurant ainsi leur rayonnement national et international. Mais d’autres ne pourraient présenter une telle diversité de formations ; elles verraient leur attractivité diminuer et seraient rapidement déclassées.
  • • De plus, l’existence des sites IUFM, généralement installés dans les locaux des anciennes écoles normales, est menacée dans les départements ruraux. Certes Mme Pécresse a pris des engagements lors d’une audience accordée à l’Association des maires de villes moyennes. Mais ces promesses sont difficilement compatibles avec l’autonomie des universités, inscrite dans la loi. Des informations données récemment aux personnels de divers sites (Quimper, Privas, La Roche-sur-Yon, par exemple) semblent plutôt confirmer que leur fermeture est envisagée à court terme.
  • • Actuellement, les professeurs des écoles titulaires peuvent bénéficier d’une formation continue parce que leurs jeunes collègues les remplacent dans leur classe lors des stages de formation initiale. En diminuant très fortement la durée de ces stages, le projet aurait pour conséquence une réduction dramatique des possibilités de formation continue (elles seraient divisées par 2 ou 3).
  • • Probablement pour des justifications idéologiques, le gouvernement refuse de reconnaître que l’organisation de la formation des maîtres nécessite une structure académique interuniversitaire, s’appuyant sur le potentiel et l’expertise des IUFM. Si ce projet était maintenu, nous irions vers une grave et durable détérioration de la qualité du service public d’éducation, au moment où l’Union Européenne engage les États à des investissements conséquents pour améliorer la formation initiale et continue des enseignants.

De surcroît, alors que cette réforme romprait le lien organique entre la République, ses maîtres et son École, elle n’a pas fait l’objet d’une concertation avec les parties prenantes et n’a donné lieu à aucun débat parlementaire authentique. Or, la formation des maîtres est un enjeu national, car définir la manière de former les enseignants, c’est déterminer les formes que prendront l’éducation et l’instruction des jeunes générations pendant les quarante années suivantes… Aucune réforme de l’importance de celle-ci ne devrait pouvoir se décider sans que la représentation nationale ait à en débattre, à indiquer des orientations, voire à légiférer.
En cohérence avec les doléances exprimées par les universités et leurs présidents le 19 février dernier, nous vous demandons donc d’intervenir auprès du Premier Ministre pour qu’il suspende cette réforme, qu’il maintienne jusqu’en 2010 au moins les concours de recrutement dans leur configuration actuelle et qu’il mette à profit ce délai pour organiser la concertation et les négociations nécessaires pour concevoir, dans le respect des parties prenantes, une réforme digne de ce nom.
Nous vous demandons également de prendre position publiquement en faveur d’un débat parlementaire sur ce sujet de la plus haute importance pour l’avenir de notre société et vous saurions gré de nous faire connaître votre accord. Permettez-nous enfin d’attirer votre attention sur l’urgence de ce dossier. En effet, si le ministère de l’éducation nationale lançait ce mois-ci (comme il l’a laissé entendre) le processus réglementaire de promulgation des nouveaux concours de recrutement, la mise en oeuvre de cette réforme serait plus difficilement réversible et cela entraînerait une nouvelle dégradation des relations entre la communauté universitaire et le gouvernement.
Vous remerciant de votre intérêt pour la formation des enseignants et, au-delà, pour l’école, veuillez croire à notre dévouement au service public d’éducation et à nos sentiments respectueux.

Pour la coordination nationale Formation des Enseignants, le secrétariat :
Michel Bernard, Université Paris 3, Mathieu Brunet, Université Aix-Marseille 1, Marie-France Carnus, IUFM Midi-Pyrénées, Université Toulouse 2-Le Mirail, Aude Gerbaud, IUFM de l’académie de Créteil, Université Paris 12, Yves Kuster, IUFM de Bretagne, Université de Bretagne Occidentale, Nicole Orthous, IUFM de l’académie de Lyon, Université Lyon 1, Michel Paris, IUFM de l’académie de Montpellier, Université de Montpellier 2, Catherine Pellenq, IUFM de l’académie de Grenoble, Université Joseph Fourier, Antoine Pelletier, Professeur des Écoles, Paris, Sylvie Plane, IUFM de Paris, Université Paris 4, Claire Pontais, IUFM de Basse Normandie, Université de Caen Basse Normandie, Michel Solonel, IUFM de l’académie de Créteil, Université Paris 12, Marie-Albane de Suremain, IUFM de l’académie de Créteil, Université Paris 12, Dominique Ulma, IUFM de l’académie de Lyon, Université Lyon 1.

Réponse et contact : coordnat.fde@gmail.com

Lettre adressée par mail aux 890 députés et sénateurs

AG des personnels Paris 1 (12 Mars)

Assemblée générale des personnels de Paris 1 (12 mars 2009)

Résolutions

Le Conseil d’administration du 16 mars 2009. Rappelons que l’Assemblée générale des personnels a voté le principe d’une grève qui englobe la participation aux conseils (conseils centraux et conseils d’UFR). Une première dérogation à ce principe a été admise par une Assemblée générale lorsqu’il s’est agi de discuter du plan stratégique « Condorcet » que l’université devait remettre au Ministère avant une date limite non transgressable. Dans le cas présent le Conseil du 16 mars est consacré à l’élection du nouveau président de Paris 1. L’élection a été avancée à cette date afin de permettre au futur président d’accompagner le président en exercice dans les différentes auditions et négociations en cours sur les implantations immobilières des universités parisiennes.

L’Assemblée générale des personnels, observant les avantages de l’élection anticipée du nouveau président, à la fois pour le suivi des négociations sur les implantations, et pour l’intérêt que cela peut présenter pour le mouvement de refus des projets de réforme en cours et de la loi LRU, souhaite que le Conseil d’administration du 16 mars puisse se dérouler normalement.

Adopté par : unanimité des votes exprimés et 4 abstentions.

La question de la validation du semestre

Après en avoir débattu, l’Assemblée générale a adopté la motion suivante : Les enseignants s’engagent à ne pas interroger les étudiants sur les sujets non traités en cours. Les modalités précises de validation du semestre seront définies le moment venu, c’est-à-dire à la fin de la grève. Nous appelons les Assemblées générales d’UFR à adopter le principe selon lequel les notes attribuées durant la période de grève ne seront pas validées. Et nous demandons aux Conseils d’UFR de le confirmer, après la fin de la grève. Nous rappelons que la rétention des notes votée et appliquée à partir de la fin du premier semestre (dont les jurys ne se sont pas tenus) se poursuit.

Adoptée à l’unanimité moins 1 voix contre

La mise en place des comités de sélection

L’Assemblée générale des personnels appelle à la suspension du processus de mise en place des comités de sélection. Afin de ne pas créer de disparités, elle demande à la coordination de Paris 1 de transmettre à la coordination nationale le souhait que soit votée à la prochaine réunion (Dijon, 16 mars) une motion appelant à la grève des comités de sélection dans toutes les universités.

Adopté à l’unanimité

Projet d’organisation d’une Assemblée générale commune de la Sorbonne

Nous avons été saisis d’une demande de collègues de Paris 4 souhaitant organiser une assemblée générale commune des universités présentes à la Sorbonne; L’Assemblée générale des personnels de Paris 1 mandate la coordination locale afin que soit organisée une Assemblée générale de la Sorbonne rassemblant les personnels des universités et établissements présents sur le site : Paris 1, Paris 3, Paris 4 et l’EPHE. L’Assemblée générale exprime le souhait que les enseignants et les personnels Biatos de Paris 1 participent massivement, le moment venu, à cette Assemblée générale commune.

Adopté à l’unanimité

L’organisation d’opérations exceptionnelles

La grève active se poursuit dans les établissements de Paris 1. Par leur débouché médiatique, les actions externes de nature « exceptionnelle » (comme le blocage du pont de la Concorde mardi matin) sont encouragées. A plusieurs reprises l’Assemblée générale des personnels a émis le vœu que soit réalisée une opération « printemps des fenêtres » se manifestant par l’installation de banderoles sur les établissements de Paris 1.

Psycho Descartes toujours actif !

Ci joint, les motions votées par la dernière AG des personnels de l’institut de psychologie, tenue le 13/02

MOTION 1
Constatant l’absence de réponses réelles du gouvernement à nos revendications, l’assemblée générale des personnels de l’institut de psychologie de paris 5 mobilisés depuis le mois de novembre 2008,
-réaffirment leur détermination,
-maintiennent leur modalités d’action (rétention des notes, non tenue des jury du premier semestre, grève des enseignements depuis le 2 février 2009)
L’ensemble des motions qui ont été votées jusqu’à présent en AG restent d’actualité. La satisfaction de nos revendications reste un préalable pour la tenue d’une véritable discussion qui s’appuiera sur les états généraux des universités, à mener en toute independance, et prenant en compte l’ensemble des revendications portées par la mobilisatioon actuelle.
En conséquence, la grève des enseignements est reconduite jusqu’à la prochaine AG qui se tiendra le vendredi 20 à 10h30. (33 pour, 3 abstentions, 0 contre, 4 ne prennent pas part au vote (étudiants, personnels administratifs))

MOTION 2
L’AG demande au directeur de l’institut de convoquer une réunion extraordinaire invitant l’ensemble du personnel à s’exprimer sur le contenu des réformes actuelles. Elle souhaite que le directeur de l’institut  propose au  président Axel Khan d’y assister. Cette réunion ne se substituera aucunement aux assemblées générales. (20 pour, 6 contre, 8 abstentions, 4 ne prennent pas part au vote)

MOTION 3
L’AG se prononce pour la reprise d’un blocage filtrant à certaines conditions:
-Non-reprise des cours et TD collectifs, ni à l’institut ni ailleurs.
-Les enseignants-chercheurs recevant les étudiants doivent aller les chercher dans le hall, pour des RDV individuels uniquement, concernant les TER et la supervision de stage. Les personnels réunis ce jour veilleront à ce que ces conditions
soient respectées. (Unanimité 28)

SYMPA : soyons contrets (USTV)

L’USTV est une université de petite taille pluridisciplinaire sans secteur médecine  de 9 950 étudiants.

Elle dispose donc pour le budget 2009 d’un complément de crédit, par rapport au système d’allocation Sympa, appelé « excédent
d’initialisation », qui porte ce budget à hauteur de celui de 2008 hors plan licence. ( en fait + 3.65% mais avec de nouvelles charges (PEDR,..) ).
Pour que l’USTV dispose pour le budget 2010 d’un budget de l’Etat identique (DGF), il lui faudra inscrire 1500 étudiants de plus dès septembre prochain.
C’est à dire une augmentation de 1500 étudiants alors que notre budget était déjà insuffisant pour notre nombre d’étudiants actuels. Etant sous-doté en personnel enseignant, nous ne pourrons pas payer les heures complémentaires générées. Ne parlons même pas des personnels BIATOS et ITA
On peut remarquer que l’USTV (université du Sud, Toulon Var) est mal classé au classement de Shangai, et que donc il ne faudra pas compter sur une nouvelle augmentation de nos étudiants chinois, déjà nombreux !
Pour que nous disposions à nouveau de ce niveau de budget pour la rentrée 2011, ce sera 600 étudiants de plus. Toujours pour avoir le maintien du budget 2008, notoiremment insuffisant pour 9950 étudiants!!!!
Aucune issue budgétaire n’est possible. Fermeture en vue donc pour septembre 2011 ! (comme nos camarades d’Avignon).
Coordination de l’USTV

Nantes : motion du CA

Conseil d’administration du 13 mars 2009
Le Conseil d’administration de l’Université de Nantes constate l’opposition de la communauté universitaire à une vague de réformes dont le contenu a manifestement été insuffisamment négocié.
Sur la question de la révision des statuts des enseignants-chercheurs, le Conseil d’administration appelle à une négociation approfondie. Cette négociation doit reposer sur des principes clairs : reconnaissance du caractère national du statut des enseignants-chercheurs, évaluation par les pairs et dans le respect des disciplines, modulations de services choisies et non subies.
Sur la question de la formation des enseignants et des concours, le CA réclame le retrait de la réforme des concours actuellement présentée, le maintien des concours actuels pour 2010 et l’ouverture de réelles négociations. Il affirme le maintien de l’IUFM comme école régionale de l’Université de Nantes et sa responsabilité particulière dans la formation des futurs enseignants aux côtés des composantes disciplinaires.
Le CA affirme qu’on ne saurait demander aux Universités, déjà mal dotées, l’accomplissement de leurs missions sans efforts notables en moyens humains et financiers, déterminés selon des modèles lisibles et transparents. Des postes de personnels BIATOS et ITA doivent être créés pour résorber la précarité et éviter en particulier l’externalisation des missions des personnels de catégorie C.
Le Conseil d’administration constate une dégradation sans précédent des conditions de vie et d’études des étudiants. La réforme du système des bourses, la baisse du montant des aides au logement, etc… ne font qu’aggraver une situation déjà alarmante. Ils réaffirment leur attachement au CROUS comme seul opérateur public en matière de restauration, de logement et d’aide financière. Ils demandent la création d’un plan social étudiant, condition indispensable pour lutter contre la précarité grandissante et ainsi créer les conditions de la réussite de tous les étudiants.
L’Université de Nantes est riche de ses chercheurs et de ses laboratoires, avec de multiples partenariats et la reconnaissance internationale. Elle s’inquiète fortement de la déstructuration des grands organismes de recherche. C’est avec eux, aux cotés de nombreuses autres coopérations scientifiques, que l’Université participe aux avancées de la connaissance et leur valorisation.
L’Université de Nantes entend continuer à développer avec ses partenaires des politiques de recherches cohérentes, concertées et fructueuses.
Au delà de la critique des réformes qui nous sont imposées, le Conseil d’administration, en liaison avec la communauté universitaire toute entière, décide d’impulser une réflexion collective afin d’affiner son projet stratégique d’ensemble, en lien avec nos partenaires régionaux et dans un cadre national. Ce projet et cette stratégie sont à la base du développement du rayonnement de l’Université de Nantes.
Motion adoptée à l’unanimité des 26 présents.

Les 10 nouveaux commandements de la formation des enseignants.

Formation des professeurs (école et secondaire)

Hier 12 mars X. Darcos a retouché ses projets de concours enseignants mais avez vous vu ceci, que j’ai un peu mis en forme en ajoutant entre parenthèses les compétences 2006, pour permettre de comparer…

« Les dix nouveaux commandements
La formation des enseignants n’est-elle qu’un moyen de faire des économies, ou vise-t-elle à transformer en profondeur la culture et les ambitions de l’école de la République ? Nombre de points de vue exprimés dans les colonnes du Café le pensent. Mais s’il fallait un signe de plus, un indice, le projet de texte régissant l’organisation de la formation, que le Café s’est procuré, l’indique dans un bref paragraphe, définissant le « métier d’enseignant » d’une manière radicalement différente de ce qui était
énoncé dans les « dix compétences fondamentales pour le métier d’enseignant », publiées en 2006 par un ministère dont l’orientation politique était pourtant proche… Qu’on en juge :
– « maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale » (compétence 3 2006), « agir en fonctionnaire éthique et responsable » (1), « se former et innover » (10) ne sont plus cités.
– « faire cours et faire apprendre » remplace « organiser le travail de la classe » (5),
– « individualiser son enseignement » remplace « prendre en compte la diversité des élèves » (6)
– « évaluer les aptitudes » remplace « évaluer les élèves » (7)
– « exiger des efforts et donner confiance », « percevoir les talents », « aider l’élève dans son projet d’orientation » viennent remplacer « travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’Ecole » (9).

Derrière les mots, toute une idéologie : celle de l’individualisme, des dons, du mérite. Le gouvernement pousse sa logique à l’extrême : le social n’existe plus, le collectif non plus. Ce texte est évidemment un épiphénomène, mais il en dit long sur ce qu’on veut faire à l’Ecole. C’est bien d’une révolution libérale qu’il est question. Rien d’étonnant, dans une telle perspective, que le ministre refuse d’entendre la question essentielle de l’articulation entre les phases de prise en main de la classe et le retour réflexif indispensable pour apprendre à faire son métier, comme le font les médecins ou les plombiers.
Pourtant, la question essentielle devrait être de construire une formation initiale permettant d’armer des jeunes enseignants à entrer dans un métier de plus en plus difficile :
– maîtriser les savoirs à enseigner, évidemment, mais aussi pouvoir commencer à comprendre les difficultés d’apprentissage des élèves, leurs différentes manières de vivre l’Ecole, l’irruption des difficultés sociales dans l’Ecole…
– apprendre à « faire classe » pour ne pas en rester à « faire cours », enchaîner les multiples micro-décisions qu’il faut prendre à chaud à tout moment de la journée, gérer sa propre activité sans trop s’user prématurément, gagner en sécurité personnelle…
– travailler collectivement pour pouvoir ensemble s’attaquer aux difficultés du métier et à sa pénibilité, mesurer l’importance du travail d’équipe pour faire vivre l’école, assumer les relations avec les familles et les « partenaires » avec le recul nécessaire…
On en est loin. Et une chose semble certaine : si dans les prochaines semaines ce projet reste en place, les élèves et les enseignants n’ont pas fini d’en payer le prix.

Libérez l’UMLV (12 Mars)

Libérez l’UMLV !
Lettre ouverte à Francis Godard, président de l’Université Marne-la-Vallée

C’est avec stupeur que nous avons appris mercredi après-midi l’évacuation et la fermeture inopinées de l’ensemble des bâtiments de l’université. Les raisons qui ont motivées cette décision radicale sont éminemment contestables :
-Les AG successives ont refusé avec constance toute logique de blocage de l’université. Aujourd’hui encore l’occupation a été massivement rejetée par les personnels et étudiants rassemblés en Amphi A1.
– Les actions prévues associent toujours étroitement les enseignants, les étudiants et les personnels de l’université, dans un esprit de responsabilité collective qui n’a jamais été pris en défaut.
-Ces actions s’inscrivent toujours dans le cadre des mots d’ordre de la Coordination Nationale des Universités (nuit de l’université, printemps des chaises)

L’université de MLV est aujourd’hui largement mobilisée : la fermeture administrative n’est pas une réponse adaptée à cette protestation pacifique. Enseignants, Biatoss et étudiants ont fortement exprimé de multiples manières leur refus des contre-réformes en cours.
Nous attendons la réouverture de l’université.
Nous invitons tous les personnels et étudiants à se joindre à l’assemblée générale du lundi 16 mars à 11 heures, Amphi A1 (Rabelais).
Nous appelons à une participation massive à la manifestation inter-professionnelle du jeudi 19 mars

Les enseignants, personnels Biatoss et étudiants de MLV réunis en assemblée générale le jeudi 12 mars.