Répression administrative scandaleuse à Strasbourg !

Témoignage.
« J’ai envoyé un mel sur la liste il y a quelques semaines faisant état des pressions dans mon service suite à ma participation active dans les mobilisations et grèves de février à avril. J’ai été informé hier de ma mutation forcée au sein de l’Université, avec perte de toute autorité hiérachique, et perte indemnitaire. La mutation sera arrêtée le 1er juillet prochain (dans 8 jours !!!)
Je me permets de faire ci-dessous un petit résumé des semaines passées après la fin de la grève.

Donc faits et dates
Début Mai, mon Directeur me demande de prendre contact avec le Secrétaire Général pour changer de poste. Selon lui le SG lui aurait demandé de faire un papier contre moi. Le Directeur me dit refuser de faire un tel papier. Mais il faut que je coopère pour partir, sinon on me forcera à partir. Le Directeur me dit encore qu’il faut que je sois placé dans un poste plus cadré hiérarchiquement et plus technique.
Deux jours plus tard, le Directeur revient à la charge, et me demande si j’ai contacté le SG. Je lui réponds que je ne le ferai pas. Il me prend à partie devant tout le service.
La semaine suivante, il reviens vers moi, me dit que nous sommes partis sur de mauvaises bases, en fait on a découvert mes grandes compétences, il faut que je vois la DRH qui aurait des poste à me proposer, postes à la hauteur de mes fortes compétences.
La DRH me donne RV pour le 19 mai. Je vais à ce RV accompagné par 2 syndicalistes.
Il m’est proposé 2 postes : un comme adjoint en lycée, 1 comme adjoint en service central. Je refuse ces postes. Il m’est alors reproché mon attitude professionnelle. Il y aurait des plaintes de personnels contre moi.
Durant 1 mois les pressions s’accentuent dans mon service : rétention d’information, collaborateurs qui ont reçu ordre de ne me plus donner copie de leur travail, de ne plus m’informer. Des réunions se font avec le Directeur sans moi. Je ne vois plus du tout le Directeur. Mes derniers dossiers me sont retirés.
J’envoie un mel au SG en lui décrivant les pressions internes à mon service. Il me fait une réponse sèche, se sent visé par mes accusations de harcèlement, me dit de faire attention aux termes que j’emploie. Je lui réponds qu’il n’est pas visé, mais que je l’informe de la situation dans ma composante.
Je suis convoqué le 23 juin chez le SG.
Il m’est signifié une nouvelle affectation non négociable, en service central. Je serai sous l’autorité d’un chef de Département. Mes nouvelles fonctions ne seront assorties d’aucun pouvoir hiérarchique.
Il m’est dit que cette affectation n’est pas une sanction, elle serait motivée par l’absence de connivence entre mon Directeur et moi.
Je demande à garder le bénéfice de mon indemnité NBI. Le SG s’engage à me laisser l’indemnité jusqu’au mois de décembre prochain. Il me dit que je devrai déjà être content d’avoir touché cette indemnité durant 1 an.
Il finit l’entretien en me disant « alors on est bien d’accord »
Je lui répond qu’il ne s’agit pas d’accord, puisqu’il s’agit d’un ordre, mais que je prend acte de sa décision
Il me répond que c’est mon interprétation
Fin entretien
La mutation sera arrêtée et actée au 1er juillet prochain (j’ai envoyé cette nuit un message au SG pour demander de repousser cette date au 1er septembre, pour pouvoir me retourner, il m’a été répondu par la négative, la mutation sera arrêtée au 1er juillet, même si pour raisons congés et rangement de mon bureau actuel, ma prise d’acte effective ne se ferait qu’au 1er septembre)

David Romieux ».

Nota-Bene : des démarches syndicales sont en cours. Chacun est invité à apporter publiquement son soutien à David Rommieux et à donner une très large rediffusion à ce message. Une pétition sera lancée prochainement. Nous vous en tiendrons informés.

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Répression administrative : témoignage édifiant à Strasbourg.

Message édifiant reçu sur la liste de discussion de la coordination nationale des universités.

« J’en profite pour parler de mon propre cas.
J’ai été pas mal mobilisé durant les grèves et actions entre janvier et avril dernier.
J’ai participé à 5 ou 6 CNU, et en ai organisé une à Strasbourg avec l’aide de quelques enseignants (je suis Biatos)
A la fin du mouvement Strasbourgeois, j’ai très rapidement été touché par une répression hiérarchique.
Il est vrai que je faisais partie des acteurs principaux du mouvement local, et  que j’avais réussi à organiser de nombreuses AG Biatos assez conséquentes (quelques fois 150 personnes, ce qui était historique à Strasbourg, puisqu’aucun Biatos n’avait jamais été engagé dans un mouvement de contestation local)
Je suis responsable administratif. Mon Directeur est venu me voir pour me conseiller de collaborer afin de changer de poste, sinon on me forcerait à partir en faisant « des papiers contre moi ». Il me fallait, d’après lui, un poste plus technique et plus cadré hiérarchiquement. J’ai refusé bien entendu ce chantage. Mon Directeur est revenu à la charge en me mettant en cause devant tout le service. J’ai tenu bon. La semaine suivante, changement de stratégie : « nous sommes partie sur de mauvaises bases, en fait nous avons découvert vos grandes compétences professionnelles et nous voulons vous proposer un poste plus en adéquation avec vos grandes compétences »

J’ai été convoqué chez la DRH. Deux syndicalistes m’ont accompagné.  Il m’a été proposé 2 postes : un en lycée (une vraie promotion !!!!), l’autre comme adjoint au chef de bureau marchés publics en services centraux (sous le chef de département, sous le Directeur de la direction financière, sous le secrétaire général adjoint, sous le secrétaire général…et ouais nous sommes université LRU), un poste effectivement plus cadré hiérarchiquement et plus technique (en ce moment je suis responsable administratif d’une UFR Physique, 1000 étudiants, 270 enseignants, 70 biatos avec les labos ; je n’ai qu’un supérieur hiérarchique, le Directeur de la composante, et bien entendu le secrétaire général et le président de l’Université)

Ils veulent ou me dégager de l’université ou tout au moins être sûrs que je ne sois pas à un poste politique où je pourrai avoir des infos stratégiques.
J’ai refusé immédiatement ces postes. S’en est alors suivie une attaque professionnelle en règle (« sans lien avec la grève », me fut-il assuré), faite de rumeurs et prétendus commérages

Depuis, je suis placardisé. Mes collaborateurs ont reçu ordre de ne plus me mettre en copie de leurs mels, et de ne plus me donner d’informations. Des groupes de travail, des réunions, se font constamment sans que j’en sois informé.

Aujourd’hui, le dernier dossier que j’avais en charge m’a été retiré.

J’attends la suite

Des syndicats ont proposé de négocier avec la direction qu’ils me placent dans un autre poste à responsabilité et salaire équivalent, et seulement si cette demande était refusé de réagir aux pressions qui me sont faites.
Je me permettrai de continuer à vous tenir informé des pressions et menaces qui me sont faites, au lendemain de la grève, « sans aucun lien, bien évidemment, avec celle-ci »

Et vive l’entreprise universitaire. »

Passage en force de la masterisation

(mail d’un collègue de l’université de Strasbourg)
Chers tous,
Le jour même où nous apprenons la composition de la commission Marois-Filâtre (qui n’a donc pas encore commencé à travailler en vue de rendre un rapport au 15 juillet), on découvre que les décrets réglementaires relatifs à la mastérisation sont déjà rédigés et que leur promulgation pourrait avoir lieu courant juin. Ces projets de décret sont inscrits à l’OJ de CTPMEN du 27 mai. Dans une succession et une gradation des coups de force, celui-ci atteint des sommets : les groupes de travail ont travaillé pour rien, la commission M-F devient potiche et les EG de la CDIUFM peuvent se transformer en agence comptable pour calculer les frais dépensés inutilement par les deux premiers qui, rappelons-le,  ont été mis en place par nos ministres.
Mes analyses critiques de noctambule en quête de démocratie étaient bien en-deçà de la terrible réalité : nous sommes entrés
dans une république bananière et poutinesque. Les négociateurs peuvent manger leur chapeau. Ils avaient été pourtant alertés
par des centaines de mises en garde et de protestations venant des bases les plus diverses. On peut espérer qu’il auront maintenant un peu compris qu’on ne négocie pas sans mandat avec un pouvoir qui bafoue quotidiennement la démocratie pour faire passer sur tous les service publics le rouleau compresseur ultra-libéral le plus puissant qui soit.
Une question, avant même l’analyse des décrets (catastrophiques et incohérents à mon sens, après une première lecture) : qu’est-ce qu’on fait?
Sommes-nous et demeurons-nous tétanisés par ce coup de force des coups de force qui intervient au moment le plus idoine des rattrapages, de la tenue des examens et de la fin de la mise aux pas des soit-disant derniers résistants (P4 et Lille ont craqué ce jour)? Ou bien ce coup de force crée-t-il un électrochoc qui nous rend plus conscients de la nature véritable de ce pouvoir, décuple notre énergie et nous fait entrer dans une résistance à la hauteur d’un adversaire qui développe une véritable stratégie de combat? Je répondrai pour ma part en portant mon regard vers trois directions :
– les actions locales qui continuent et montrent qu’on ne cédera pas : sujet d’exam envoyé à Pécresse par nos info-math, tribune des historiens (chapeau bas!) parue hier dans le Monde : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/18/universite-recherche-pourquoi-nous-ne-cederons-pas-par-des-enseignants-de-l-universite-de-strasbourg_1194867_3232.html
– les initiatives nationales qui montrent que des milliers d’EC et de C ont par exemple signé en quelques jours un manifeste (on peut avoir des réserves) pour une refondation de l’Université :
– la confiance dans notre force de proposition et de construction d’ une autre Université de Strasbourg. Les refondateurs appellent à des EG dans toutes les universités françaises : élaborons un projet solide pour la tenue d’Assises de l’UdS! Sans rien céder sur l’urgence des combats pour défendre la démocratie qui est plus que jamais en danger. C’était le sous-titre de l’appel II de Strasbourg qui ne perd rien de son actualité (http://appeldestrasbourg.unistra.fr )

Communiqué de presse CA UdS du 12 mai

Les syndicats CGT, FO, SNESup-FSU, SUD éducation, membres de l’intersyndicale « Agir ensemble pour une université démocratique » dans les conseils élus de l’Université de Strasbourg, font part de leur vive inquiétude et dénoncent un véritable déni de démocratie de la part de l’équipe dirigeante de cet établissement, suite aux dysfonctionnements intervenus mardi 12 mai dans le déroulement du Conseil d’Administration de l’UdS.

Pour la seconde fois ce printemps, en effet, le CA a été délocalisé en dernière minute vers un endroit tenu secret pour notre élu et pour les représentants étudiants de l’UNEF. Alors qu’il était convoqué à14h30 dans le bâtiment de la faculté de droit, sur le campus de l’Esplanade, le CA s’est en fait réuni à l’IGMBC d’Illkirch.

Arrivé au lieu indiqué sur la convocation, notre élu a trouvé salle quasiment vide : seul un messager, astreint au secret, se trouvait là pour le prier de rejoindre une voiture devant le mener à une destination qu’il n’était pas alors en droit de lui révéler. Ces méthodes dignes de mauvais films d’espionnage sont d’autant plus critiquables que visiblement les autres membres du CA avaient pour leur part été avertis à temps du lieu de réunion (d’ailleurs, lors du CA précédent, ces autres administrateurs étaient rentrés par leurs propres moyens, sans recourir à un chauffeur secret). Dénonçant ces procédés  rocambolesques, notre élu a préféré ne pas entrer dans ce jeu et n’a du coup pas siégé au CA.

Pourquoi inflige-t-on ce traitement particulier à notre seul élu et aux deux seuls étudiants de l’UNEF ?  Parce qu’ils ont osé s’engager dans le mouvement de protestation en cours dans les universités françaises ? Parce qu’on les tient pour responsables des  CA empêchés par des irruptions d’étudiants au cours de ce printemps ? Aux yeux de la présidence, y aurait-il « élu » et «élu » ? Cela nous ne pouvons l’accepter.
« Agir ensemble », qui s’est constitué sur un programme dénonçant les effets néfastes de l’application de la loi LRU dans le cadre de l’UdS nouvellement née et qui a remporté 25% des suffrages internes à l’automne dernier , dénonce l’iniquité à l’œuvre depuis quelques temps dans le traitement de son élu au CA (dans les autres conseils il n’y a pas ce problème).

Ces dysfonctionnements ne sauraient se reproduire, car ils empêchent le déroulement démocratique des débats dans notre université et diffusent entre les personnels et leur direction un sentiment de défiance dont nous ne saurions être tenus pour responsables. Nous voulons une université démocratique, gérée dans la transparence et le respect des différences d’opinions. Nous demandons solennellement à l’équipe de M. Beretz d’en prendre acte et d’y donner suite favorablement, dans l’esprit des traditions de ce qui fonde l’Université.

Lettre d’un étudiant au président de l’université de Strasbourg (4 Avril)

Objet : Droit de réponse au communiqué du Président de l’Université de Strasbourg.

Monsieur le Président de l’Université de Strasbourg,

Je vous écris ici pour opposer mon droit de réponse suite au mail que vous avez largement diffusé aux personnels, enseignants et étudiants de votre université, et en qualité d’étudiant en Master au sein de cette même université.
Les semaines écoulées ont en effet été riches en évènements, dont des blocages de bâtiments comme vous le soulignez. Je tiens néanmoins à replacer ces faits dans leur contexte en précisant les raisons qui ont poussé les étudiants, personnels et enseignants de votre université à voter en Assemblée Générale les différents blocages que vous recensez.
Voici plus de 8 semaines que la communauté universitaire strasbourgeoise, en solidarité avec la communauté universitaire de tout le pays est mobilisée contre les projets de réformes du gouvernement concernant l’Enseignement Superieur et la Recherche.
Nous n’avons eu de cesse de nous mobiliser contre la réforme dite de « Masterisation » sur la formation des enseignants car nous demandons une concertation globale sur cet enjeu majeur de l’Education française et souhaitons participer à l’élaboration d’une formation de qualité pour les futurs enseignants, garantissant ainsi un enseignement de qualité pour les futurs générations d’élèves et d’étudants.
Nous nous sommes mobilisés et continuons de le faire sur le décret des EC ( Enseignants-Chercheurs ) car nous croyons en la force et en l’efficacité d’une recherche libre de toute nécessité de rentabilité immédiate et que nous tenons à affirmer notre volonté d’une recherche indépendante ainsi que l’importance de sa mise en relation avec l’enseignement.
Nous sommes encore aujourd’hui mobilisés aprés 8 semaines de grève active contre la privatisation de nos universités, conséquence directe de la loi LRU qui menace a court comme à long terme les filières dites « non rentables ». Car je vous pose la simple question : quel chef d’entreprise ira investir des millions d’euros dans une filière qui ne lui rapportera pas un sou ?
Nous rejettons la logique de mise en concurrence de nos lieux de travail et d’études, le savoir n’est pas une marchandise.

Aujourd’hui, chacun de nous est à même de prendre conscience du choix de société qui nous est imposé à travers ces réformes -parmis tant d’autres-, le choix entre une société de connaissances, de culture et de savoirs et une société du tout économique et du tout rentabilisable qui n’hésite pas à sacrifier l’éducation et la recherche au nom de quelques euros.
C’est de ce choix qu’il est aujourd’hui question, et c’est contre ce projet de société que nous avons pris le risque de mettre nos semestres en danger.
Où en sommes nous aujourd’hui concrètement ?
Le gouvernement n’a opéré que de petits reculs aprés 8 semaines d’une mobilisation forte et unanime de toute la communauté universitaire française, se recroquevillant sur des réformes que tous dénoncent. La seule réponse à laquelle le mouvement sans précédent dont nous sommes partie intégrante a eu droit est une répression policière particulièrement violente et un mépris profond et assumé.
A l’heure d’aujourd’hui, Mme Pécresse, Ministre de l’Enseignement Superieur et de la Recherche consent enfin à quelques reculs, notamment sur les 130 postes rétablis au CNRS. Des avancées ont également été faites sur le statut des enseignants chercheurs, même si certaines zones d’ombre restent à éclaircir.
Enfin sur la réforme dite de « Masterisation », M. Darcos, Ministre de l’Education Nationale n’a opéré aucun recul significatif; si les concours resteront en place l’année prochaine, la « Masterisation » entrera bien en vigueur. Nous n’en demandons pas le report mais le retrait, et cela depuis le début de notre mouvement.
Enfin plus grave encore, sur les conditions de travail des personnels BIATOSS et ITA, aucune avancée n’a encore été faites, tout juste le sujet a-t-il été abordé. Il en va de même pour les conditions de vie des étudiants : on sait qu’un étudiant sur deux aujourd’hui est obligé de se salarier pour payer ses études.
Monsieur le Président de l’Université de Strasbourg, voilà les raisons qui font que partout en France les universités sont perturbées, sujettes à des blocages et que le semestre est remis en cause. Cela ne tient pas de la volonté des étudiants, enseignants et personnels grèvistes mais bien d’une attitude gouvernementale frisant  » l’autisme  » pour reprendre les propos de votre collègue G. Molinié, Président de Paris IV.
Sachez, Monsieur le Président de l’Université de Strasbourg que j’ai un profond respect pour votre gestion de cette crise sans précédent, que vous avez su gérer avec calme et parcimonie.
Cependant je ne peux que m’opposer à votre volonté de mettre fin à tout blocage, même si je comprend aisémment votre volonté d’assurer le plus normalement possible la tenue du deuxième semestre universitaire. Les circonstances sont exceptionnelles et nécessiteront des mesures exceptionnelles auxquelles je vous demande de réfléchir dès à présent, car le mouvement ne saurait s’arrêter là où il en est actuellement.
Je vous demande le plus respectueusement possible de ne pas aller à l’encontre de la volonté de l’ensemble des personnels, enseignants et étudiants en lutte depuis maintenant plus de 8 semaines et dont la voix s’exprime à travers les Assemblées Générales.
Nous avons le même combat, celui de garantir la grandeur et l’efficacité de l’Université Française, de l’Education et de la Recherche.
Vous parlez, Monsieur le Président de l’Université de Strasbourg des semaines de cours tronquées au calendrier universitaire. Nous en sommes tous conscients et nous en avons tous été conscients dés le premier jour de notre mobilisation. Ces semaines sont autant de sacrifices de la part d’enseignants, de personnels et d’étudiants qui aiment leur travail et leurs études et entendent par cet acte les défendre.
Nous demander aujourd’hui de rompre avec l’idée même d’un blocage de l’Université revient à nous demander de fouler au pied tous ces sacrifices et d’accepter de laisser se mettre en place des réformes dont nous avons combattu la logique, la forme et le fond durant plus de deux mois.
Pourquoi le blocage est il un point si important dans notre « lutte » ?
Le blocage est une modalité d’action qui nous donne un poid qu’aucun autre mode d’action ne saurait nous donner, en nous permettant notamment de peser sur le calendrier universitaire. Il est un moyen -et non une fin- de permettre à ceux qui souhaitent se mobiliser de le faire sans avoir à craindre pour leurs cours, que cela soit du coté des étudiants ou de celui des enseignants. Le blocage symbolise enfin la possibilité de pouvoir nous regrouper et nous organiser à partir d’un point fixe qu’est notre lieu de vie quotidien : l’Université que nous entendons défendre.
Croyez bien qu’à travers le pays d’autres modalités d’actions sont expérimentées. Je n’en citerai que quelques unes comme la « ronde infinie des obstinés », des manifestations à répétition depuis 8 semaines, des manifestations nocturnes, des occupations de lieux symboliques et stratégiques, des blocages de lieux économiques, la Nuit du Palais U, des rallyes lectures, etc etc …
Notre volonté n’est pas de gêner les étudiants, dont nous faisons nous-mêmes partie, mais de marquer notre opposition contre les réformes imposées.
Si lundi nous levons le blocage sur votre demande, vous pourrez dire que vous avez enterré le mouvement de contestation sur Strasbourg, facilitant ainsi le passage des réformes contre lesquelles nous nous mobilisons. Car enfin si le blocage n’est pas reconduit, et l’occupation de nuit interdite, chaque étudiant, grèviste ou non grèviste ne sera plus préoccupé que par ses révisions. Les actions et les manifestations seront désertées et chacun ne pourra que pleurer les deux mois de sacrifices faits qui n’auront servi à rien.
C’est pourquoi, avec tout le respect que je vous dois Monsieur le Président de l’Université de Strasbourg, je vous demande de revenir sur vos paroles, au nom de tous ceux de vos enseignants, de vos personnels et de vos étudiants qui se battent aujourd’hui pour garantir l’avenir d’une Université et d’une Education de qualité qu’ils sentent menacées. Je vous invite une nouvelle fois à réfléchir tout comme nous essayons de le faire à des modalités d’examens aménagés permettant à tous de s’y retrouver.
J’ai moi-même payé mon inscription au sein de votre université, je puis vous garantir que je ne fais pas le choix de la grève par facilité ni par plaisir.
Je vous remercie de votre attention,
Avec tout mon respect,
XXXXXXX, étudiant en Master à l’UdS.

A Strasbourg, près de 1200 étudiants réunis en AG ont voté le blocage de l’université (6 Avril)

(Source : France Inter)

« A Strasbourg, près de 1200 étudiants réunis en AG ont voté le blocage de l’université. »

Pendant ce temps, à Strasbourg toujours, « le droit de manifester a pris une sacré claque »

Communiqué Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord concernant la manifestation anti-OTAN du 4 avril 2009.

En préambule, il doit être rappelé qu’après de très longues négociations menées avec la Préfecture par un comité, dont des représentants Attac VDN et Strasbourg faisaient partie, la préfecture avait autorisé la manifestation (sur un trajet différent de celui que nous aurions souhaité) ainsi que la jonction des militants allemands et français sur le pont de Kehl.

Pour avoir participé à la manifestation du 4/3/09, nous dénonçons vivement à travers les points suivants la violence qui a été faite aux manifestants par les forces de l’ordre et qui montre que les autorités françaises représentées par le Préfet, n’ont pas respecté leurs engagements et ont tout fait pour que la manifestation ne puisse avoir lieu.

1)    la route, indiquée par la préfecture, pour permettre aux bus, voitures et piétons d’accéder au site de rassemblement de la manifestation a été bloquée par les forces de l’ordre, obligeant les manifestants pacifiques à, soit attendre pendant des heures, soit emprunter d’autres itinéraires, avec le risque de se retrouver à nouveau bloqués ou pris dans des affrontements ;
2)    une fois le lieu de rassemblement atteint après un véritable « parcours du combattant », des hélicoptères ont survolé à très basse altitude le rassemblement pourtant pacifique et bon enfant, empêchant les manifestants d’entendre les prises de parole des représentants de groupes politiques, d’associations internationales… et créant une atmosphère plus qu’oppressante ;
3)    des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l’urgence, permettant à des groupes violents de s’infiltrer dans le cortège ;
4)    ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé, soi-disant pour empêcher cela et que, par contre, des manifestants n’ont pu accéder à Strasbourg le 3 avril (conférence au Liexenbuhl sur l’OTAN) et le 4 avril, à cause des dispositifs de blocage mis en place ;
5)    les forces de l’ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l’ancien poste de douane sans intervenir et ont, par contre, empêché 7000 manifestants allemands de rejoindre le rassemblement, comme convenu avec les autorités françaises et allemandes ;  comment interpréter les autres destructions que les forces de l’ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n’ont pas su (?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
6)    les forces de l’ordre, comme c’est leur mission lors d’une manifestation autorisée, n’ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l’ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise, en déviant la manifestation du trajet initialement prévu, l’amenant de fait dans une souricière pendant que les forces de l’ordre envoyaient sur les manifestants bloqués des grenades lacrymogènes et des flash-balls créant ainsi des mouvements de panique (qui auraient pu avoir de graves conséquences) et une dislocation prématurée de la manifestation.

Il nous apparaît, au vu de tous ces éléments, que non seulement les autorités françaises n’ont pas tenu leurs engagements ni joué leur rôle de sécurisation, mais, au contraire ont tout fait pour que cette manifestation ne puisse se dérouler, quitte à jouer avec la vie des manifestants. Du reste, Beaucoup de manifestants ont eu très peur et ont subi un choc psychologique devant ce qui est une première : une agression par les forces de l’ordre d’une manifestation autorisée, ce qui revient à dénier le droit démocratique à manifester.
Les Dernières Nouvelles d’Asace du 5 avril, journal qu’on ne peut qualifier d’opposition, conclut de même : « Le droit de manifester a pris une sacrée claque ».

Document d’analyse Après comme avant Strasbourg : Non à l’OTAN !
http://www.france.attac.org/spip.php?article9797

Attac France, Montreuil, le 6 avril 2009

APPEL DE STRASBOURG II : « La démocratie est en danger ! »

Appel de Strasbourg (II) : « La démocratie est en danger »

Nous, enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs, personnels administratifs et techniques de l’Université de Strasbourg, étudiants et jeunes chercheurs, nous nous adressons à l’opinion publique, à notre représentation nationale, aux partis politiques, aux organisations syndicales, aux instances européennes et à l’ensemble des médias pour qu’ils entendent, soutiennent et relayent notre appel.

Trois mois après la publication de l’Appel de Strasbourg (http://appeldestrasbourg.unistra.fr), après huit semaines de grève et de multiples manifestations, nous observons que la mobilisation la plus importante, la plus unanime et la plus longue de ces quarante dernières années continue d’être ignorée par le gouvernement et demeure encore mal connue par l’opinion publique. Aussi nous tenons à afficher notre soutien aux médias et aux journalistes qui ont le courage de dénoncer les nombreuses violences policières dont notre mouvement est la victime ainsi que les mensonges du gouvernement qui conduisent aujourd’hui à une grave désinformation. Celle-ci tend à travestir la force de notre mobilisation, la clarté de nos revendications et la teneur réelle des réformes imposées. Malgré les affirmations péremptoires de Valérie Pécresse et Xavier Darcos, toute la population de notre pays doit savoir qu’à ce jour aucun dossier n’est réglé, malgré quelques concessions à la marge :
* la logique du décret réécrit sur le statut des enseignants-chercheurs reste celle du texte initial ( ce qui a été admis par Claude Guéant lui-même)
* M. Darcos essaye d’échanger un moratoire sur le contenu des concours contre une application immédiate de la réforme de la formation des enseignants
* aucune avancée n’a été obtenue dans le dossier du démantèlement des organismes publics de recherche, ni dans les autres dossiers portés par notre mouvement (contrat doctoral unique, individualisation de carrières des personnels administratifs et techniques, externalisation des tâches…)
* les gels de suppressions de postes pour 2010 et 2011 ne sont que des promesses qui n’impliquent ni retour sur les suppressions de 2009, ni réponse à notre demande d’un plan de création d’emplois statutaires scientifiques.

Le combat que les médias ont à mener et que certains d’entre eux ont entrepris est le même que le nôtre : la défense de liberté d’expression et de la libre circulation des idées contre un gouvernement qui pratique l’artifice, la manipulation et l’intimidation. Nous l’affirmons avec gravité : la démocratie est en danger. Usant de tous les moyens de pression et de répression à sa disposition, notre gouvernement se sert du dossier universitaire comme d’un laboratoire préparant l’extension d’une politique régressive dans tout le service public d’éducation, et au-delà, dans l’ensemble de la fonction publique et dans les associations qui assurent des missions d’intérêt public.
Aussi nous prenons à témoin toute la population de notre  pays de ce que notre gouvernement ne sait répondre que par un grave déni de démocratie, par une irresponsable obstination à faire passer de mauvaises réformes quel qu’en soit le prix, et par un refus incompréhensible d’entendre notre colère légitime et notre force de proposition.

Avec tous ceux qui nous soutiennent depuis des mois dans notre combat, avec les parents d’élèves, les élèves et les étudiants, avec toute la communauté d’enseignement et de recherche, de la maternelle à l’Université, qui s’est mobilisée massivement le 19 mars et encore le 2 avril, nous demandons solennellement à notre représentation nationale et à tous nos élus de relayer enfin, dans toutes les instances et assemblées, notre double demande d’un retrait sans délais de toutes les réformes contestées et de l’ouverture du grand débat national que le monde de l’Enseignement et de la Recherche est en droit d’attendre. Nous formulons également une demande pressante aux organisations syndicales, et en particulier à leurs directions respectives, afin qu’elles s’abstiennent de brader nos revendications dans une mascarade de négociations qui aggravent l’illisibilité et l’inapplicabilité de réformes mal conçues dans la plus grande précipitation. Nous les appelons à soutenir explicitement les motions de la Coordination Nationale des Universités qui exigent depuis deux mois le retrait pur et simple des réformes incriminées.

Nous interpellons enfin la Commission Européenne ainsi que les parlementaires européens afin qu’ils se mettent à l’écoute des aspirations et des demandes de tous ces enseignants, chercheurs et étudiants européens qui n’acceptent plus aujourd’hui, ni le sacrifice des Humanités et des Sciences Humaines et Sociales sur l’autel de l’ « Economie de la connaissance », ni la dépendance accrue de la recherche scientifique aux seules lois de la rentabilité, du marché et de l’industrie. Nous nous adressons à tous les partis politiques et tous les candidats aux élections européennes pour qu’ils se saisissent des questions de l’enseignement et de la recherche et prennent clairement position sur les réformes en cours, sur la nocivité de la loi LRU et de ses conséquences en chaîne, et sur l’entreprise de destruction massive du service public engagée par le gouvernement français.

Le collectif des Appels de Strasbourg

Cet appel est proposé aux signatures collectives (coordinations, associations, collectifs, sociétés savantes, etc…). Un troisième Appel de Strasbourg est en cours de rédaction et paraîtra la semaine du 6 avril.

Contact pour envoi des signatures collectives : appel@alinda.u-strasbg.fr