Rennes 1 : refus de siéger aux jurys, dont ceux du baccalauréat

Le 1er décembre 2008 nous avons décidé la rétention des notes du premier semestre et la non-participation aux jurys pour protester contre le projet de décret modifiant le statut des universitaires. Depuis le 2 février nous sommes en grève pour demander son retrait ainsi que celui de la réforme de la formation des enseignants.
Après 17 semaines de mobilisation, dont 8 de grève, nous constatons qu’aucune réponse satisfaisante n’a été donnée à des revendications portées par un mouvement national sans précédent dans les universités. Dans ces conditions, il est difficile de croire que l’enseignement supérieur et la recherche soient une des priorités de ce gouvernement. Ce temps perdu montre au contraire le peu de cas qui est fait des universitaires et des étudiants dont l’année risque bientôt d’être compromise. Les méthodes utilisées pour discréditer les universitaires mobilisés et le recours à une violence disproportionnée pour réprimer certaines manifestations le confirment.
Mobilisés pour défendre le respect des valeurs menacées qui animent nos enseignements et nos recherches, nous entendons rester cohérents avec ces valeurs. Nous ferons donc le nécessaire pour que nos étudiants puissent acquérir les connaissances prévues dans nos cursus.
Mais nous déclarons aussi que nous ne remettrons pas les notes et nous ne siégerons pas dans les jurys tant que nos deux revendications ne seront pas satisfaites.
Nous refuserons en particulier de siéger dans les jurys du baccalauréat.
Nous restons en grève et continuons d’animer le mouvement et de participer aux journées nationales de manifestation.
La suspension des séminaires est maintenue.

Collectif des mathématiciens de l’Université de Rennes 1
http://mathsrennes1.blogspot.com/

Publicités

« L’UFR Math de Rennes 1 ne délivrera pas de diplômes si … »

Motion 1
L’Assemblée Générale de l’UFR mathématiques de l’université Rennes 1 et de l’Irmar, réunie le 20 mars 2009, constate que ses deux revendications n’ont pas été satisfaites. Elle décide donc de poursuivre le mouvement de grève en participant aux journées d’action nationale. Si le gouvernement ne cède pas, elle s’engage à ne pas délivrer les diplômes cette année.
pour : 39; contre : 5; abstention : 0; ne prend pas part au vote : 7

Motion 2

L’Assemblée Générale de l’UFR mathématiques de l’université Rennes 1 et de l’Irmar se déclare contre le principe actuel des chaires universités-EPST.
pour : 27; contre : 0; abstention : 0; ne prend pas part au vote : 0

Prochaine assemblée générale : vendredi 27 mars à 12h30.

Lettre du président de Rennes 1

PRESIDENCE / Guy Cathelineau / Président

Madame, Monsieur, Chèr(e) collègue,
Notre communauté manifeste en ce moment sa plus profonde inquiétude face à la multiplication des réformes non concertées : les projets de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et sur la mastérisation des formations aux métiers de l’enseignement. Cette situation a entraîné une importante mobilisation, renforcée par certaines déclarations des pouvoirs publics. Je comprends pleinement ces inquiétudes et partage les analyses exprimées par bon nombre de représentants de notre communauté universitaire.
En tant que membre de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), j’ai adopté le texte voté à l’unanimité par la CPU le 22 janvier. Ce texte demande en particulier la modification du projet initial du ministère, projet contre lequel notre Conseil d’Administration de décembre s’était prononcé. Nous avions ainsi conclu que les Présidents d’Université seraient attentifs
aux projets de décret, et prendraient une position définitive en considérant la manière dont le nouveau projet :
1. prendra en compte l’ensemble des activités des enseignants-chercheurs,
2. garantira la place des équipes pédagogiques et de recherche dans le processus d’établissement de la modulation des services, en amont du travail du conseil d’administration et du président,
3. organisera les procédures de réexamen et de recours.
Nous avions également indiqué que nous veillerions à ce que les universités aient réellement les moyens financiers de prendre en compte toutes les activités des enseignantschercheurs. Par exemple, l’équivalence TD-TP induit de très importantes charges
supplémentaires pour l’établissement. De ce point de vue, la suppression des postes dans l’enseignement supérieur au budget 2009 constitue un message très négatif. On peut penser que des modulations de services permettront de régulariser de nombreuses pratiques et situations, que les évolutions du métier d’enseignant-chercheur ont rendu inévitables et que les textes statutaires ne reconnaissent pourtant pas encore. Cette mesure est à mon sens une ouverture qui permettrait de prendre en compte tout au long d’une carrière, les activités de formation, de recherche et de pilotage.
Il est néanmoins évident qu’une telle mesure ne peut être prise sans garanties pour les enseignant-chercheurs eux-mêmes. Une évaluation par le Conseil National des Universités ainsi qu’une discussion collégiale et transparente, tenant compte de leurs aspirations et de la stratégie des composantes et des unités de recherche, sont indispensables.
Au cours des derniers mois, les équipes pédagogiques de Rennes 1 se sont fortement mobilisées pour travailler sur les maquettes des masters « enseignement ». Ce travail a été réalisé dans un souci de cohérence au niveau académique, par conséquent en étroite collaboration avec les trois autres universités de Bretagne, et donc naturellement avec l’IUFM, collaboration approuvée par nos conseils. La construction des projets pédagogiques a été rendue difficile par l’insuffisance de l’information sur les modalités de mise en oeuvre de la réforme, également soulignée par nos conseils. En dépit de certains éléments de réponse apportés à nos interrogations, on ne peut nier le fait que trop d’incertitudes demeurent sur des aspects fondamentaux, comme les stages par exemple. Ce sont autant d’éléments qui ont motivé les décisions exprimées par l’ensemble des conseils d’UFR concernés de ne pas remonter les maquettes vers les conseils centraux.
Pour ces raisons, j’ai souhaité que les conseils soient consultés et puissent s’exprimer. Les positions des conseils seront rendues publiques, et le Conseil d’Administration du 26 février aura toute légitimité pour faire connaître la position officielle de notre Université.
Soyez assurés, Mesdames, Messieurs, Chères collègues, Chers collègues, de mon de mon engagement à travailler activement afin de préserver et sauvegarder l’intérêt des valeurs universitaires fondamentales, et du service public d’enseignement supérieur et de recherche.
Je suis au rendez-vous de ce travail indispensable et j’assume la responsabilité qui m’incombe.
Guy Cathelineau, Président de l’Université Rennes 1.

AG des personnels de Rennes 1 (9 février)

COMPTE-RENDU DES DÉCISIONS DE L’AG DES PERSONNELS DE L’UNIVERSITÉ DE RENNES 1
09 FEVRIER 2009
250 participants. Les motions suivantes ont été adoptées à une très large majorité.
Motion 1 :
L’Assemblée Générale des personnels de l’Université Rennes 1 réunie le 9 février 2009 condamne le démantèlement de l’ensemble de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories notamment au travers de l’individualisation des carrières, la mise en place du nouveau contrat doctoral et les suppressions d’emplois notamment de BIATOSS. Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche. Elle soutient les mobilisations en cours.
Elle constate que les Ministères n’ont, à ce jour, pas retiré :
– le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
– la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants des premier et second degrés.
En conséquence, l’Assemblée Générale des personnels de l’Université Rennes 1 se prononce pour la poursuite de la grève reconductible – commencée le 3 février – jusqu’à l’assemblée générale du VENDREDI 13 FEVRIER 9 H.
Motion 2 :
Considérant que, si la ministre ne recule pas après la journée du 10 février, il s’agit de porter mandat à la Coordination Nationale d’une volonté d’élargir la grève à l’ensemble des personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en prenant en compte les revendications qui concernent aussi les personnels des EPST et les BIATOSS, à la motion 2 votée à l’AG du 03 février, ont été ajoutées un certain nombre de revendications.
Motion 2 votée à l’AG du 03 février :
Depuis près de deux ans, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé et fait voter à la hussarde une série de « réformes » sans aucune négociation :
– la loi LRU ;
– la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens ;
– le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université ;
– la remise en cause des statuts nationaux ;
– le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et second degrés ;
– le projet de contrat doctoral.
Parallèlement, le Ministère a supprimé 1090 postes et développé la précarité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque. Pour mettre fin à cet autoritarisme, l’Assemblée Générale des personnels de l’Université de Rennes 1 exige :
– le retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants – chercheurs et la restauration des cadres nationaux des diplômes et des statuts ;
– le retrait de la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés ;
– le retrait du contrat doctoral ;
– l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la fonction publique en général ;
– la restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et ITA par un plan pluriannuel de création de postes ;
– la titularisation des personnels contractuels.

L’Assemblée Générale des personnels de l’Université de Rennes 1 constate que toutes ces contreréformes résultent de la loi LRU. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la Recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise.
Ajouts du 09 février (22 P, 12 Abs, 12 NPPV) : L’AG se prononce en outre :
– pour l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche et la transformation des EPST en agences de moyens ;
– contre les suppressions de postes y compris de catégorie C
– pour le retrait du mode de calcul de la dotation des universités (SYMPA)
– pour le retrait de l’ensemble du PLAN CARRIERES
Election des délégués pour la prochaine Coordination Nationale universitaire qui se tiendra MERCREDI 11 FEVRIER A l’UNIVERSITE DE PARIS 8
Considérant que l’UFR Math, SVE et l’IUT sont massivement en grève et que les collègues les plus mobilisés doivent être représentés à la Coordination Nationale, considérant qu’il faut encourager la mobilisation des collègues ITA/BIATOSS, l’AG a mandaté pour sa représentation :
– 1 représentant de l’UFR Math
– 1 représentant de l’UFR SVE
– 1 représentant de l’IUT
– 1 représentant ITA/BIATOSS
et proposera aux étudiants, réunis en AG ce même jour à midi, de désigner un délégué étudiant, étant entendu que chaque représentant a participé à l’AG de ce lundi 09 février.
Vote : (30 P car fin d’AG)

Actions à suivre :
– MARDI 10 FEVRIER :
APRES-MIDI : 14H30 ; Amphi A, Bâtiment 2
Conférence/débat avec Annie Vinokur, Professeur émérite d’économie, Université Paris X sur
« Les enjeux du financement de l’enseignement et de la recherche »
APRES-MIDI : AG UFR SPM (16 H 30) ; Amphi A, Bâtiment 2
– MERCREDI 11 FEVRIER :
APRES-MIDI : 14H30 ; Amphi A, Bâtiment 2
Information/Débat autour de l’actuel PROJET DE RÉFORME DE LA FORMATION DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE ET DU SECONDAIRE en présence de représentants de l’IUFM, des 1er et 2nd degrés.
– JEUDI 12 FEVRIER : CEVU prévu à 14 H
Un courrier est envoyé ce jour au nom de l’AG à notre Président d’Université pour lui demander de réunir en congrès extraordinaire les 3 conseils d’Université pour prendre position sur les maquettes de Master « Enseignement » et leur non-remontée au Ministère à l’image du conseil d’école de l’IUFM et de l’Université de Rennes 2.
APRES-MIDI RASSEMBLEMENT à 13 H 30 DEVANT LA PRESIDENCE RENNES 1
– VENDREDI 13 FEVRIER : ASSEMBLEE GENERALE DE RENNES 1 – AMPHI A
MATIN : 9 H : Ordre du jour : Reconduction de la grève ?

Conférences à Rennes 1

Dans le cadre des mouvements de contestation des réformes qui traversent le monde universitaire partout en France, des conférences-Débats sont organisées à l’université Rennes 1. Plus d’infos sur le blog du collectif Rennes 1.