Communiqué de la CP-CNU et du C3N : « La recherche publique et l’enseignement supérieur public ne seront bientôt plus à même d’accomplir leurs missions. »

Communiqué CP-CNU C3N, 3 Avril. Accessible en ligne : http://c3n-recherche-scientifique.fr/spip.php?article139

« Devant la gravité des menaces visant la recherche et l’enseignement supérieur, les deux principales instances d’évaluation des chercheurs et enseignants-chercheurs de notre pays, le Conseil d’administration de la Conférence permanente du Conseil national des universités et le C3N, qui réunit les responsables des 3 composantes du Comité national de la recherche scientifique, ont adopté le 2 avril 2009 le communiqué commun suivant :
Evaluation
Le Conseil national des universités et le Comité national font remarquer que, contrairement aux affirmations présidentielles, ils
pratiquent l’évaluation depuis longtemps, et cela dans le respect des principes d’indépendance, de durée et de collégialité :

  • Indépendance : la composition (2 tiers d’élus par les pairs de la discipline, un tiers de nommés par la tutelle) et le caractère national des instances d’évaluation que constituent les sections du CNU et du Comité national garantissent la liberté des choix et des avis par rapport aux autorités politiques d’une part, aux groupes de pression locaux ou disciplinaires d’autre part.
  • Durée : le mandat pluriannuel garantit une mémoire des procédures et des avis, et construit sur plusieurs années une vision globale de l’activité nationale dans un domaine de la science.
  • Collégialité : le débat contradictoire sur la base des dossiers évalués par un ou plusieurs rapporteurs est essentiel. L’objectivité de l’évaluation requiert la confrontation des opinions.

Indépendance, durée et collégialité sont les conditions indissociables d’une évaluation équitable et efficace.
Le Conseil national des universités et le Comité national exigent une redéfinition des compétences en matière d’évaluation, passant notamment par une remise à plat des missions et des procédures de l’AERES. Ils réaffirment en outre avec vigueur les principes suivants :
• Pas d’évaluation des chercheurs ni des enseignantschercheurs sans évaluation simultanée, par les mêmes instances, des
structures au sein desquelles ils travaillent (UMR, Equipes d’accueil, UFR, etc). C’est pourquoi nous voulons coordonner les calendriers de nos deux instances afin que les personnels d’une même structure de recherche et d’enseignement soient évalués la même année.
• Pas d’évaluation des personnels ni des structures sur des bases bibliométriques. Cette vision statistique de l’évaluation ne peut
pas rendre compte de la réalité de la recherche : elle ne porte pas sur les contenus, elle est entachée de nombreux biais disciplinaires, linguistiques et économiques. La qualité n’est pas une propriété émergente de la quantité.

Emploi scientifique
La CP-CNU et le C3N s’alarment de la situation ingérable produite dans les laboratoires et les filières d’enseignement par la
raréfaction des recrutements et par la précarisation des emplois. La diminution des postes mis au concours des universités et des
organismes de recherche augmente considérablement le nombre de docteurs encore précaires dans la tranche d’âge 30-40 ans, organise le gâchis des compétences et de la créativité des jeunes collègues, met en danger l’attractivité des métiers de la science.
Les chaires mixtes université-organisme, aussi appelées « chaires d’excellence » et présentées comme l’instrument du rapprochement entre la recherche et l’enseignement supérieur, avaient pour premier effet d’immobiliser deux postes budgétaires pour un seul recrutement. L’annonce par la ministre le mardi 31 mars de la réaffectation au concours 2009 dans les organismes des 130 supports de postes détournés par ces chaires est positive, et marque un premier succès de la très large mobilisation de ces dernières semaines. Le rapprochement entre universités et organismes de recherche passe avant tout par la revitalisation du dispositif des délégations offertes par les organismes après consultation des instances scientifiques.
Simultanément, l’Agence Nationale de la Recherche, désormais principale source de financement de la recherche
scientifique, génère par des contrats à très court terme un personnel précaire dont le nombre est en passe de rattraper celui des chercheurs permanents. La recherche publique et l’enseignement supérieur public ne seront bientôt plus à même d’accomplir leurs missions. Dans ces conditions, notre expérience et notre représentativité en matière d’évaluation nous contraignent à dénoncer le mensonge d’État qui prétend faire de la recherche et de l’enseignement supérieur une priorité nationale.

Appel
C’est pourquoi le Conseil national des universités et le Comité national exigent une redéfinition des compétences en matière
d’évaluation, passant notamment par une remise à plat des missions et des procédures de l’AERES. Tant que cette exigence ne sera pas satisfaite et que des chaires resteront affichées en l’état au concours 2009, nous appelons les membres de nos instances à l’amplification du moratoire des expertises ANR et AERES dont nous sommes chargés à titre individuel, ainsi qu’au moratoire des évaluations confiées à nos instances.
La situation est aujourd’hui extrêmement confuse en ce qui concerne les chaires. A de nombreux niveaux (sections du CoNRS, du CNU, CA d’universités), des refus de participer au processus en cours se sont manifestés, dans un mouvement qui s’amplifie. Il est urgent que le ministère suspende la mise en place des chaires, et que le contenu en soit rediscuté, et comparé avec ce qui est préconisé par la communauté scientifique (généralisation du dispositif des délégations). Si rien n’est fait en ce sens, très rapidement, le Comité National et le Conseil National des Universités appelleront solennellement au boycott des jurys de chaires. »

Contacts :
C3N : contact@c3n-recherche-scientifique.fr
CPCNU : cpcnu@cpcnu.fr
Sites :
C3N : http://www.c3n-recherche-scientifique.fr/
CPCNU : http://www.cpcnu.fr/

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MOTION du CENS (EA 3260), le 26 février 2009.

MOTION du CENS (EA 3260), le 26 février 2009.
Nous, membres du Cens (Centre nantais de sociologie) enseignants-chercheurs, doctorants, ingénieur et personnel administratif, réunis en conseil de laboratoire le 26 février 2009,
– constatons l’aggravation et l’accélération du processus de destruction du système de recherche et d’enseignement supérieur public par le gouvernement actuel (découpage du CNRS en agences de répartition de financements, pilotage managérial et politique de la recherche via l’ANR et l’AERES, “masterisation” des formations, modification du statut des enseignants-chercheurs dépréciant l’enseignement et accroissant leur charge de cours, mise en place du contrat doctoral augmentant la
précarisation des doctorants, etc.),
– exprimons notre indignation face à l’agressivité et le mépris affichés vis-à-vis de la communauté scientifique par le Président de la République dans son discours diffamatoire du 22 janvier fondé sur de multiples contrevérités.
Tenons à réaffirmer notre attachement :
au principe d’un service public de l’enseignement et de la recherche
à l’indépendance académique et, plus généralement, à celle des métiers du savoir
au modèle de l’évaluation scientifique qualitative par les pairs
à la solidarité de la communauté universitaire (EC, chercheurs, BIATOSS, ITA, personnels précaires, étudiants).
Les membres du CENS soutiennent activement le mouvement de lutte de l’ensemble des personnels de l’université de Nantes et demandent solidairement :
– la reconnaissance du rôle central du CNRS en tant qu’opérateur de recherche dans l’ensemble des champs disciplinaires
– le rétablissement de tous les postes supprimés à l’Université et au CNRS et la relance de l’emploi scientifique sous forme de postes permanents pour toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche
– le retrait du projet de “masterisation” des concours de recrutement du secondaire
– le retrait du projet de décret sur le statut des universitaires
– la prédominance du modèle de l’évaluation scientifique par des pairs élus, sur le double principe intangible de l’indépendance académique et de la compétence scientifique.
– le retrait du projet de contrat doctoral
– la mise en place des conditions d’une réflexion concertée sur le devenir de l’enseignement supérieur et de la recherche rejoignant les revendications exprimées par les motions de la Coordination nationale des
universités et par le C3N.
En conséquence, ils déclarent le CENS « laboratoire en lutte » pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Les membres du CENS refusent désormais, chacun à la mesure de ses moyens et de ses responsabilités, de contribuer à la destruction de l’actuel système de recherche et d’enseignement. Les personnels concernés s’engagent en particulier à un moratoire des expertises à l’ANR et à l’AERES conformément aux recommandations du C3N, à arrêter ses activités d’échanges scientifiques (séminaires…), à organiser des débats et des discussions avec tous ceux, étudiants, enseignants, chercheurs et
personnels de l’université, qui seraient intéressés, sur des questions en jeu dans le mouvement de protestation.

Actions créatives et récréatives : petite revue d’inventaire …

(réalisée sur la base des différentes informations publiées sur ce site ou ailleurs …) A compléter en commentaires si le coeur vous en dit …

Propositions et modalités d’actions déjà effectuées ici ou là …

  • Classiques …
  • Pétitions (exemples)
  • Piquets de grève à mettre en place devant les entrées des universités, avec enseignants qui se relaient (porteurs de pancartes explicatives).
  • Débrayages de cours avec information et distribution de tracts
  • Ateliers de discussions, projections/débats de films autour de la recherche et l’enseignement et plus largement autour de la nécessité du service public
  • Moins classiques …
  • « Nuit de l’université » ou « soirée portes ouvertes » (occupation  nocturne des personnels, des étudiants et des parents ou professionnels qui le souhaitent) avec organisation de conférences et de débats.
  • Freezing ou Flash-mob à heure fixe dans chaque ville ou université, de préférence dans des endroits médiatiques
  • Ateliers d’analyses des discours de Pécresse et/ou Sarkozy.
  • pièces de théâtre ou happenings parodiques et/ou humoristiques
  • Cours/Université hors les murs (cours « classiques » mais en des lieux moins classiques : mairies, places publiques, librairies etc …)
  • Actions « changeons le programme » (cours à l’université mais sur des thèmes liés au mouvement en cours)
  • Contre-information : Répondre massivement aux articles et/ou forums de désinformation.
  • Grève active et rendez-vous pédagogiques : pas de cours mais une ou deux fois par semaine (hors des jours de grandes manifestations traditionnelles), 1 amphi par discipline, avec 1h par cours « fondamental » : 3 heures le matin, 3 heures l’ap. midi. Au milieu de la journée = 2 à 3 heures pour une éventuelle AG. L’intérêt est de garder un contact pédagogique avec les étudiants (pistes de lectures dans les manuels, informations générales sur l’esprit de la question au programme, grosses erreurs à éviter; les chargés de TD peuvent également intervenir 15 minutes pour suggérer quelques fiches et lectures personnelles) sans pour autant « faire cours ».
  • Boycott des expertises et évaluations nationales (AERES, remontée des maquettes de master, jurys de Bac)
  • Rallye lecture dans les rues de XXXX (chacun peut apporter ses livres et prévoir une lecture.)
  • Jeux façon Kermesse : « le chambouletout des ministres de l’EN et de l’ES », « les chaises musicales de la LRU », « la course de relai des réformes », « la remise des prix de la réformite » …

Propositions et modalités d’actions restant à  effectuer :

  • « Marches du Savoir » dans les villes universitaires, avec des pancartes et t-shirts revendicatifs.
  • Corrigé de copies ministérielles et présidentielles : envoi à la presse des discours de Pécresse (ou du décret) corrigés exactement comme une copie d’étudiant.
  • Universithon : marathon/24h événementiel présenté comme un grand rendez-vous populaire, ouvert à tous les publics, pouvant par exemple reprendre tout ou partie des actions listées ci-dessus.
  • Mise en vente de cerveaux universitaires (ou d’universitaires tout court) sur Ebay.

MOTIONS DE LA 4ème COORDINATION NATIONALE (20 février)

Communiqué du matin
La journée de manifestations du 19 février a rassemblé 50 000 enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATOSS, ITA, précaires, post-doctorants, doctorants, étudiants, et des personnels de l’Education Nationale dans toute la France. Aujourd’hui, le 20 février 2009, la 4ème Coordination nationale des universités se tient à Nanterre.
Elle exprime son exaspération face au mépris sans précédent manifesté par le gouvernement et par le président de la République vis-à-vis de son mouvement et de ses revendications, vis-à-vis de l’ensemble de la communauté universitaire.
Elle constate que les revendications posées par les Coordinations précédentes n’ont pas été satisfaites et que les réformes contestées n’ont pas été retirées.
En conséquence, elle maintient le mot d’ordre de grève, reconductible, totale et illimitée lancé le 22 janvier : « L’Université et la Recherche s’arrêtent ».

Motion 1 : « De la maternelle au supérieur »
Les délégués à la Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 constatent qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université : casse des services publics et des statuts des personnels et des établissements de la fonction publique, éducation à deux vitesses, mise en concurrence des établissements, crédits insuffisants, suppressions de postes, précarisation. Nombre de nos revendications concernent les collègues de la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delà l’ensemble de la société. Leurs revendications sont les nôtres. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’emploi, la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux.
La coordination appelle à la multiplication des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ».
Elle reprend la proposition que soit organisée une grande journée de mobilisation sur ce mot d’ordre début mars.
Dans cette perspective, elle mandate une délégation pour prendre contact avec les organisations syndicales et l’Intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle appelle nos collègues à aller discuter dans les écoles, collèges et lycées. Elle appelle les IUFM à rejoindre massivement le mouvement et à le relayer auprès des maîtres formateurs. Elle mandate une délégation à la coordination parents-enseignants du 14 mars à Montpellier.

Motion 2 : « Pour une nouvelle loi »
La coordination nationale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre. Elle exige l’adoption d’une nouvelle loi. Cette loi doit instituer un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique. La nouvelle loi doit être conforme aux aspirations exprimées par les universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les Etudiants. Il est impératif que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation et de véritables négociations.

Motion 3
La 4ème Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 reprend à son compte les motions votées dans les Coordinations précédentes, avec l’ensemble des revendications qu’elles contiennent, et l’appel du CNRS voté le 12 février. Nous continuons à exiger :

  • le retrait de la réforme du mode d’allocation des moyens (dit modèle SYMPA)
  • la résorption totale de la précarité et l’augmentation des salaires des personnels (revalorisation du point d’indice et intégration des primes dans les salaires)
  • le réinvestissement de l’Etat dans les CROUS et dans l’aide sociale aux étudiants
  • la fin du processus d’externalisation des tâches, et le maintien de la filière bibliothèque.

La coordination nationale des universités appelle à intensifier la mobilisation et les luttes en cours. Elle soutient les revendications de la Coordination étudiante du 14-15 février. Elle soutient les « désobéissants » qui refusent dans les écoles de mettre en place le soutien individualisé, et demande l’arrêt immédiat des sanctions contre les enseignants du primaire.
Dans l’immédiat, la coordination nationale exige le retrait des trois réformes contestées (projet de réforme du statut, masterisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du démantèlement des organismes publics de recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimés, et un plan pluriannuel de création d’emplois .


Motion 4 : Solidarité avec les étudiants
La Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 déclare son soutien au mouvement des étudiants et à leurs revendications telles qu’exprimées dans la plateforme de leur première coordination nationale de Rennes.
Elle mandate une délégation pour prendre contact avec le comité d’organisation de leur prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 février (université d’ Angers).

Calendrier national

  • 24 février : multiplier les actions en direction du public.
  • 26 février : journée nationale de manifestations.
  • 5 mars : journée nationale de manifestations. Par ailleurs, si nos exigences ne sont pas satisfaites à cette date, nous appelons à la démission de toutes les charges administratives non électives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS, DUT, Capes-Agreg, session de printemps…) et à pratiquer l’obstruction dans le cadre des mandats électifs.
  • 6 mars : Prochaine AG de la Coordination nationale à Paris 12 (peut-être avec Marne-La-Vallée).
  • 7 mars ? : Rassemblement de la maternelle à l’université
  • 10 mars : Grande manifestation nationale “de la maternelle à l’université” à Paris.
  • 12 mars : Appel à soutenir et à participer à la coordination nationale des laboratoires.
  • 19 mars : Appel à la journée de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.
Et aussi

  • Développer la grève active, des cours alternatifs, les interventions dans les lieux publics, voir leur occupation.
  • Boycott des expertises AERES et ANR, boycott des audits des Universités pour le passage à l’autonomie. Envoi d’une lettre de la coordination.
  • Blocage des conseils centraux qui prévoient de remonter les maquettes.
  • Participation aux Journées en mars à Bruxelles en relation avec la stratégie de Lisbonne et de Bologne.
  • Voter le principe d’une caisse de grève avec les BIATOSS et les ITA, le primaire et le secondaire.
  • Appel aux chefs de service administratifs pour ne pas remonter le recensement des grévistes.
  • Délégation à la coordination étudiante à Angers.

Universités et établissements représentés

  • Universités : Angers / Antilles-Guyane / Avignon / Artois / Aix-Marseille I / Aix-Marseille III / Bordeaux I / Bordeaux II / Bordeaux III / Bourgogne / Brest Bretagne Sud Bretagne occidentale Caen Cergy Clermont II Compiègne Evry Franche-Comté Grenoble 1 Haute Bretagne Le Havre Le Mans Lille 1 Lille 3 Limoges Littoral Lyon 1 Marne-la-Vallée Metz Montpellier II Montpellier III Mulhouse-Colmar (Haute Alsace) Nancy 1 Nancy 2 Nantes Orléans Paris 1 Paris 3 Paris 4 Paris 5 Paris 6 Paris 7 Paris 8 Paris 9 Paris 10 Paris 11 Paris 12 Paris 13 Pau Picardie Poitiers Reims Rennes 1 Rennes 2 Rouen Saint-Etienne Strasbourg Toulon Toulouse 2 Toulouse 3 Tours Valenciennes Versailles Saint Quentin
  • Autres établissements et organismes CNAM Ecole française de Rome EHESS ENS Cachan ENS LSH ENS Paris ENS Lyon IEP Paris IEP Rennes IEP Toulouse INALCO IUFM Paris IUT Troyes Museum Observatoire de Paris

Syndicats, associations et sociétés savantes
APMESU ASES Défense de l’université FERC-CGT FO Intersyndicale Intersyndicale de l’administration centrale Papera Reconstruire l’école SF études 18ème SFLG SFS SLR SLU SMF SNCS-FSU SNESup-FSU Sud Education Sud Recherche

Communiqué du personnel du CEVIPOF

COMMUNIQUE DU PERSONNEL DU CEVIPOF (UMR 7048 du CNRS)
ASSEMBLEE GENERALE DU 12 FEVRIER 2009
A la suite de l’assemblée générale des chercheurs réunie le 12 février 2009, le personnel du CEVIPOF affirme sa participation au mouvement de protestation nationale contre les réformes déjà mises en œuvre ou envisagées par le gouvernement dans l’enseignement et la recherche. Loin de les favoriser, ces reformes sans concertation préalable bloquent en fait les évolutions nécessaires.
Nous partageons pleinement l’émotion ressentie par l’ensemble de la communauté scientifique face au discours du Président de la République du 22 janvier et au mépris dont il a témoigné, qui se traduit actuellement par plusieurs réformes inacceptables.
Nous voulons :
–          Le retrait de la réforme du statut d’enseignant-chercheur : l’évaluation nécessaire doit passer par le CNU et non par les présidents d’université, ce qui développerait les risques d’arbitraire.  .
–          L’arrêt du démantèlement des organismes de recherche publique (CNRS, INSERM, INRA…), le rétablissement de l’ensemble de leurs missions (opérateur de recherche, labellisation des revues…) ainsi que l’abandon de la transformation du CNRS en instituts devenant agences de moyens
–          L’abandon de toute politique de désassociation et donc le maintien des UMR permettant une coopération fructueuse entre universités et organismes.
–          L’arrêt de la politique de mutualisation et de fusion forcée des unités.
–          La fin de la politique de précarisation  des emplois scientifiques et le rétablissement de TOUS les postes supprimés dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche ; la conversion des « post-doc CNRS » récemment supprimés en postes statutaires ;
–          Un plan pluriannuel de recrutement de chercheurs et d’enseignants-chercheurs conforme à la priorité affichée par le gouvernement  pour ce secteur essentiel de l’activité nationale

Dans cette situation, il nous paraît indispensable de défendre en France comme à Sciences Po l’indépendance des métiers du savoir (chercheurs, enseignants-chercheurs, accompagnateurs de la recherche, doctorants, post-docs) et d’affirmer le laboratoire comme leur lieu naturel d’exercice.
Les personnels du CEVIPOF appellent à une réflexion collective concernant l’exercice des métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur, le recrutement, l’évaluation, la carrière, le statut des enseignants-chercheurs et des chercheurs, les possibilités offertes aux doctorants et aux postdocs  ainsi que la gouvernance au sein de l’établissement. Les personnels du CEVIPOF soulignent l’importance à ses yeux de la collégialité et de la pleine inscription de Sciences Po dans la communauté académique et dans le champ des sciences sociales.

En conséquence :
·        Nous décidons un moratoire du laboratoire sur toutes les expertises de l’ANR et de l’AERES
·        Nous appelons à rejoindre les mobilisations à venir pour obtenir le retrait de ces réformes nuisibles.

Premiers signataires :
Martine Barthélémy, Daniel Boy, Jacques Capdevielle, Bruno Cautrès, Flora Chanvril, Jean Chiche, Claude Dargent, Nadia Dehan, Jean-Pierre Didelin, Jean-Marie Donegani, Elisabeth Dupoirier, Alexandre Escudier, Eric Landowski, Viviane le Hay, Guy Michelat, Janine Mossuz-Lavau, Henri Rey, Mariette Sineau, Thierry Vedel, Jean Viard

Actu : CA Paris 8 (13 Février)

Le CA rappelle que l’assemblée des trois conseils a pris clairement position :
– contre la révision du décret de 1984 telle que présentée par le ministère
– contre la réforme actuelle de la formation des maîtres et des conditions dans lesquelles celle-ci est engagée, et a considéré dans ce contexte qu’il était impossible de transmettre les maquettes au
ministère a fortiori à la date du 13 février
– contre les effets de la nouvelle procédure d’affectation des moyens et les insuffisances du montant de la dotation incluant l’obligation faite à l’établissement de supprimer 6 postes statutaires

Le CA constate que ces mesures s’inscrivent notamment dans le cadre de l’application de la LRU, du pacte de la recherche et de la Révision Générale des Politiques Publiques qui précarisent le service public et la situation de tous ses personnels enseignants, Biatoss et Ita. Le Ca déplore au delà une volonté répétée au plus haut niveau de l’Etat de stigmatiser une profession.
Le CA constate que se sont tenues des assemblées générales dans l’ensemble des UFR et au niveau de toute l’université, assemblées qui ont décidé d’engager un mouvement de grève reconductible.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un mouvement général qui affecte l’université et la recherche et qui a tenu une coordination nationale le 11 février sur notre université dont on se félicite des travaux.
Le CA constate que nombre d’enseignants-chercheurs et chercheurs refusent dorénavant de participer aux expertises de l’ANR ou de l’AERES, et que nombre de sections du CNU ont décidé de refuser de remonter les
listes de qualification
.
Le CA approuve la démarche engagée par les présidents d’Université le 9 février à la Sorbonne et appuie l’appel qui en est sorti.
Le CA constate que lorsque la CPU demande le report d’un an de la mise en œuvre de la réforme de la formation des maîtres et émet des réserves quant à la révision du décret, la réponse du ministère est une fin de non-recevoir.
Le CA constate que les réunions qui se sont tenue le 12 février concernant le chantier de la vie étudiante n’ont conduit à aucune mesure nouvelle et provoqué le mécontentement des organisations étudiantes.
Devant une telle volonté de blocage politique de la part du gouvernement, alors même que la communauté universitaire est quasi unanime sur ces questions, le CA estime ne pas pouvoir poursuivre normalement ses travaux. Il décide donc de les suspendre aujourd’hui ses travaux afin de prendre le temps du débat concernant les conditions à partir desquelles le CA pourra les reprendre, notamment sur les questions dont le CA appréciera l’urgence pour la situation des personnels et étudiants de l’établissement.

Boycott Aeres par une équipe de l’INRIA

Une équipe INRIA lilloise (INRIA = Institut National de Recherche en Informatique et Automatique) a boycotté son evaluation par l’AERES. Pierre Boulet explique ses motivations sur youtube:

http://www.youtube.com/MadamPecresse