Le ministère ne connait pas et n’entend pas la précarité de son personnel non titulaire !

Communiqué du collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs)
Le ministère ne connait pas et n’entend pas la précarité de son personnel non titulaire !

L’entretien que nous avons eu au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) avec Pierre-Louis Fagniez, conseiller auprès de Valérie Pécresse, le 24 février dernier, nous a montré à le fossé sidérant entre la réalité telle que nous la vivons et l’idée que s’en font les grands pontes du ministère.

Nous avions demandé des réponses par écrit aux questions posées lors de notre consultation des précaires et transmise à l’avance au MESR (à sa demande). Il aurait été normal que le ministère saisisse cette chance pour comprendre la condition extrême dans laquelle se trouvent la plupart d’entre nous et réponde point par point. Or les réponses que nous avons reçues sont plus que décevantes… voire méprisante en regard de la quasi absence de réponses à nos questions sur la forme comme sur le fond. Sur la forme, le document est global et mal présenté. Sur le fond, c’est encore du verbiage creux, de la propagande et des hors sujets récurrents, bref un mépris de la précarité et des questionnements des précaires.

Le MESR ne veut apparemment pas entendre la précarité et l’autosatisfaction patente de sa « réponse » montre clairement que la précarité des chercheurs n’est que quelques chiffres de plus pour le cabinet du ministère, chiffres qu’ils pensent redresser à coup de Crédit d’Impôt Recherche, de chaires mixtes ou de contrat doctoral unique. Pathétique quant on sait ce que coûtent ces mesures, pitoyable quant on sait ce qu’elle vont coûter au précaires actuels…

Le collectif PAPERA dit STOP à ce mépris inadmissible des précaires de l’ESR et appelle tous les précaires (doctorants, docteurs non titulaires, ITA/BIATOSS, ATER, vacataires, PRAG, PERC, …) à nous rejoindre ou à rejoindre et amplifier les mouvements de grève dans l’ESR. Le collectif continuera à mettre la pression et à harceler le ministère et ses représentants, mais aussi la CPU et les CA des EPST, tant que nos revendications ne seront pas entendues et satisfaites.

Et surtout…FAITES VOUS ENTENDRE !!!

Le collectif PAPERA

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Ronde des (doctorants) obstinés et fuite (symbolique) des cerveaux

Chers doctorant-e-s et docteur-e-s mobilisé-e-s,
Avec plus d’une centaine de personnes présentes, le premier appel à rejoindre la Ronde des Obstinés samedi a été un franc succès. Beaucoup parmi vous ont souhaité réitérer l’expérience à une heure plus festive, c’est pourquoi:

Tous les doctorant-e-s et docteur-e-s non titulaires d’Ile de France sont appelés à rejoindre la Ronde Infinie des Obstinés, place de Grève, samedi 18 avril de 21h à minuit. Avec pancartes, tracts, brassards verts, boissons, vivres, instruments de musique, ghettoblasters et contacts journalistes!

Une autre action est prévue à la rentrée:

Une fuite symbolique des cerveaux aura lieu le lundi 27 avril, à 18h, Gare de l’Est.
Tous les jeunes chercheurs mobilisés sont invités à venir avec valises, pancartes et tracts pour une photo souvenir de notre départ à l’étranger.
Tous les universitaires et chercheurs en lutte sont invités à venir assister à notre départ et nous dire adieu, avec mouchoirs blancs, pancartes, tracts, journalistes et grosses larmes.

Rendez-vous est donné à tous à la sortie de la station Gare de l’Est située Bd de Strasbourg, devant le Quick, à 17h30.

Merci de diffuser ces informations!

Déclaration de la 2nd coordination nationale des doctorants et docteurs non-titulaires – 30 mars

DÉCLARATION DE LA 2nd COORDINATION NATIONALE DES  DOCTORANT-E-S ET DOCTEUR-E-S NON-TITULAIRES

Depuis plus de huit semaines, les universités et la recherche sont entrées en résistance. La coordination nationale des doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires, réunie à Lyon le lundi 30 mars 2009, s’inscrit entièrement dans cette lutte des universités et de la recherche contre les réformes gouvernementales actuelles et affirme sa solidarité avec les autres acteurs du mouvement. Elle soutient les motions et revendications adoptées par les différentes coordinations de l’enseignement supérieur et de la recherche.
La coordination nationale des doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires refuse la logique de libéralisation du service public d’enseignement supérieur et de recherche, le pilotage de la recherche par les intérêts privés, l’industrie et l’Etat, la mise en concurrence de tou-te-s contre tou-te-s et la généralisation de la précarité. Elle dénonce le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne, et se déclare solidaire des mouvements étrangers en lutte contre ces logiques (Espagne, Italie, etc). Elle s’oppose donc radicalement aux logiques destructrices actuellement à l’œuvre : l’éducation et la recherche ne sont pas des marchandises.
Cette situation de résistance nous impose une mise entre parenthèses de nos travaux doctoraux, post-doctoraux et d’enseignement. En conséquence, nous nous déclarons doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires en lutte, et souhaitons faire entendre collectivement notre voix en contribuant à amplifier la mobilisation générale.

Nous exigeons l’abrogation de la LRU et du pacte pour la recherche, le retrait du projet de décret relatif au statut des enseignement-chercheurs, le retrait du projet dit de « mastérisation » et le retrait du contrat doctoral dit « unique ». Nous affirmons comme une nécessité absolue la mise en place d’un véritable processus de réflexion et d’élaboration collectif sur l’avenir des études doctorales en France, et tout particulièrement la résorption des précarités de cette condition spécifique, avec tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche concernées.
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POSITION DE PRINCIPE SUR LE DOCTORAT
Le travail de thèse doit s’inscrire dans le cadre d’un service public. Contribuant à l’élargissement des connaissances et au dynamisme de la recherche, le doctorat est une activité professionnelle et une formation.

Une activité professionnelle dans le sens où le doctorat est une activité de production du savoir pour l’ensemble de la société. A ce titre, il ouvre droit à une rémunération via un contrat de travail précisant ses droits et devoirs. De ce fait, il permet également l’accès au système de protection sociale.

Une formation dans le sens où le doctorat constitue le grade le plus élevé des études universitaires. Il est une formation, fruit d’une activité individuelle s’intégrant dans un cadre collectif de travail. De ce fait le doctorat est une formation qualifiante qui débouche sur un diplôme.

Pour ces raisons, le doctorant est un chercheur en formation producteur de connaissances.  Ainsi, il doit être considéré comme un salarié en formation. Cela implique notamment un cadre juridique, une rémunération et une reconnaissance du diplôme dans les conventions collectives. L’ensemble constitue le statut du doctorant.
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TOUT NOUVEAU STATUT DU DOCTORANT DEVRA SATISFAIRE À CES PRINCIPES, ET AUX EXIGENCES SUIVANTES :

  • un contrat de travail de droit public sans période d’essai ;
  • la prise en compte du doctorant pour tous les choix le concernant ;
  • pas de négociation salariale individuelle et une rémunération égale pour tous ;
  • une égalité de droits entre doctorant-e-s français-e et étranger-ère-s ; inclure l’équivalent d’une « charte des thèses contraignante à caractère national », remplaçant les chartes des thèses locales, précisant les droits et devoirs du doctorant-e-s et  des encadrants (directeur, unité de recherche, école doctorale, université), et instaurant des voies de recours indépendantes ;
  • garantir l’accès à une formation pour tous doctorant-e-s, par un organisme public national de formation à la recherche, et à l’enseignement (type Centre Initiation Enseignement Supérieur).
  • Ce statut doit être généralisé à l’ensemble des doctorant-e-s.

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CONCERNANT LE FINANCEMENT

  • la thèse financée doit-être la norme, les thèses non-financées doivent devenir une exception ;
  • nous exigeons que soit mis en place de toute urgence (dès 2009) un plan pluriannuel de financement public pour l’ensemble de la recherche avec une augmentation massive de postes statutaires et un plan pluriannuel de financement public des thèses pour augmenter leur taux de financement ;
  • le maintien de la possibilité de s’inscrire en thèse sans financement jusqu’à ce que toutes les thèses soient financées dans toutes les filières ;
  • la restitution des 225 allocations de recherche pour la rentrée 2009 ;
  • l’instauration d’une grille de salaires pour l’ensemble des doctorant-e-s, tous financements confondus, alignée sur la grille d’ingénieur d’études de la fonction publique (PPRS inclus).

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CONDITION DES DOCTORANT-E-S NON-FINANCÉ-E-S

  • Lorsque cela ne relève pas d’un choix personnel, nous considérons la condition des doctorant-e-s non-financé-e-s comme inacceptable.
  • Dans l’immédiat, pour les tous les doctorant-e-s non-financé-e-s, nous exigeons une exonération des frais d’inscriptions et un accès à des conditions matérielles décentes pour mener à bien leurs recherches : bureaux et ordinateurs, accès aux bibliothèques, accès au matériel de recherche, prise en charge des frais de déplacement et d’inscription pour l’accès aux colloques ou pour les enquêtes de terrain, etc.

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CONDITION DES DOCTORANT-E-S VACATAIRES
Etant donnée la situation actuelle des vacataires chargés de cours de l’Université, nous réclamons :

  • le paiement mensuel des vacataires chargés de cours
  • que la rémunération ne soit pas considérée comme « accessoire » ;
  • un traitement identique de tous les chargés de cours, qu’ils aient plus ou moins de 28 ans ;
  • la signature d’un véritable contrat en deux exemplaires entre l’Université et le vacataire.
  • De plus, aux vues des difficultés des vacataires dans le mouvement actuel dans les universités où il y a eu, où il y a encore, des blocages ainsi que des journées banalisées, nous exigeons le paiement immédiat des vacataires pour les heures de cours qui auraient dû être effectuées lors de ces journées.
  • Pour cela, nous appelons les vacataires et l’ensemble du mouvement à mettre la pression sur la présidence de leur université ou institut.

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OBJECTIFS ET FONCTIONNEMENT DE LA COORDINATION
La 2nd coordination nationale a adopté une « charte d’objectifs et de fonctionnement de la coordination » qu’elle soumet au débat et positionnement des AG locales (vous trouverez cette charte en annexe).

Nous appelons à la convocation, partout où cela est possible (universités, écoles, UFR, ED, labo, etc), d’ASSEMBLÉES GÉNÉRALES DE MASTER RECHERCHE, DOCTORANT-E-S ET DOCTEUR-E-S NON-TITULAIRES. Notamment pour se positionner et relayer les revendications et propositions précédentes et envoyer des délégués à la prochaine coordination.

Nous appelons tous les doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires à participer massivement à LA JOURNÉE DE GRÈVE ET DE MANIFESTATION DU JEUDI 2 AVRIL, DE LA MATERNELLE À L’UNIVERSITÉ. Pour rendre visible notre mobilisation, nous appelons tous les doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires en lutte à s’accrocher un brassard ou un carton de couleur verte avec la mention « doctorant-e en lutte » ou « docteur-e précaire en lutte ».

Nous appelons également à faire des actions (ex. : diffusion de tract) dans les amphis CIES, à faire nos recherches hors les murs et à renforcer les rondes infinies des obstinés.

Nous demandons que les doctorant-e-s soient représenté-e-s lors des différentes coordinations nationales de  l’enseignement et de la recherche. Enfin, nous appelons les différentes coordinations de l’enseignement et de la recherche à engager un processus de coordination des coordinations.

ANNEXE
Le principe de cette charte a été adoptée lors de la 2ème coordination nationale des doctorant-e-s et docterur-e-s non-titulaires à Lyon le 30 mars 2008. Nous soumettons celle-ci au débat au positionnement des AG locales pour une validation lors de la 3ème coordination nationale.
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OBJECTIFS
Notre objectif est la coordination nationale de la mobilisation, par et pour la rencontre des expériences locales, l’émergence de revendications nationales, la synchronisation des rythmes, la réalisation d’actions concertées, et une meilleure communication.
FONCTIONNEMENT
1. La coordination nationale implique une charte évolutive de fonctionnement élaborée et approuvée par toutes et tous.
2. Son élaboration, son évolution et son approbation se font donc en AG locales.
3. Chaque AG locale désigne au moins X mandatés (maximum Y) pour la coordination nationale incluant au moins un mandaté présent lors de la coordination précédente tout en renouvelant au moins pour moitié l’ensemble des mandatés.
4. La coordination nationale propose, l’AG locale dispose. L’AG locale est donc décisionnelle et la coordination nationale adopte les positions communes, et mutualise.
5. Ces positions communes deviennent positions nationales lorsqu’elles sont adoptées par AAA% des votes exprimés par les mandatés à la coordination nationale.
6. Les propositions jugées intéressantes et à soumettre aux votes de l’ensemble des AG locales sont choisies à la majorité simple.
7. La coordination nationale rend compte des discussions de manière détaillée.
8. La coordination nationale se dote de 7 documents de travail :
i) la présente charte évolutive
ii) un état actualisé de la mobilisation
iii) une plateforme revendicative
iv) un calendrier dynamique
v) des modalités d’actions
vi) des comptes rendus détaillées des différentes coordinations
vi) des communiqués.
9. Ces documents évoluent sur le même principe de va-et-vient entre AG locale et coordination nationale.

On a testé pour vous : les réformes de la recherche et de l’université : Lettre ouverte des élus doctorants de Sciences Po

On a testé pour vous : les réformes de la recherche et de l’université !
Lettre ouverte des élus doctorants de Sciences Po

L’Assemblée générale des étudiants, doctorants et chercheurs de Sciences Po, réunie le 26 mars 2009, a décidé de communiquer au plus grand nombre la lettre ouverte adressée le 19 mars par les élus doctorants à MM. Descoings, Latour et Weil, respectivement directeur de Sciences Po, directeur scientifique de Sciences Po et directeur de l’école doctorale.
Cette mobilisation fait suite à un scandale qui n’est pas sans rappeler ce qui se fait par ailleurs, ou est en train de se mettre en place dans l’université française, Sciences Po étant de fait le laboratoire des réformes en cours dans l’enseignement supérieur.
Ainsi, un courrier de M. Weil a signifié, le 17 mars dernier, aux directeurs de thèse de Sciences Po que leurs étudiants en 3ème année ou plus devaient avoir soutenu avant le 31 décembre 2009, sous peine de radiation.
Une lettre ouverte a été adressée par les élus à MM. Descoings, Weil et Latour pour protester tant sur le principe que sur les procédés de cette annonce. Non seulement la rétroactivité apparaît-elle scandaleuse dans son contenu (comment imposer une norme à des doctorants ayant déjà commencé leurs travaux sous d’autres conditions ?), mais également dans sa forme, puisque cette mesure a été prise sans concertation avec les parties concernées (étudiants comme professeurs) et de manière arbitraire.  Le vocabulaire employé dans la lettre de M. Weil offense en outre les doctorants, et met en lumière la conception toute manageriale et comptable que se fait la direction du rôle de l’Ecole doctorale. Il s’agit là d’un bel exemple d’une direction d’établissement universitaire toute puissante. C’est vers ce modèle que nous mène la LRU.
La mobilisation à Sciences Po peine aujourd’hui à se développer, et est essentiellement portée par les doctorants et les étudiants (nous plafonnons à environ 120 personnes en AG). Les enseignants-chercheurs sont peu nombreux à être mobilisés.
Deux des principales raisons à cela résident directement dans le type de gestion qui a cours à Sciences Po. La première est la crainte d’être mal vu d’une direction dont chacun connaît le pouvoir. Ainsi de nombreux étudiants ayant participé à l’occupation de Sciences Po ont déjà été l’objet de menaces personnelles par la direction. La seconde est la très grande difficulté à créer un mouvement collectif de grande ampleur dans un établissement où plus de 90% des enseignants sont vacataires. Dans un tel contexte une grève des enseignants titulaires est vouée à l’invisibilité.
Considérant que les méthodes et principes mis en œuvre par la direction de l’école doctorale de Sciences Po sont ceux qui régissent les réformes en cours dans l’université et la recherche, l’Assemblée générale des étudiants, doctorants et chercheurs de Sciences Po invite le plus grand nombre à prendre connaissance de la lettre ouverte des élus doctorants, et à soutenir cette mobilisation en y apportant leur signature au lien suivant : http://www.ipetitions.com/petition/ecoledoctoralesciencespo/

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Messieurs les Directeurs,
Nous, représentants élus des doctorants au Conseil de l’Ecole doctorale de Sciences Po, déplorons le peu de cas qui est fait, dans notre établissement, de la recherche et de la formation à la recherche.
Le dialogue entre la direction et les représentants des doctorants est, semble-t-il, tenu pour inutile voire nuisible. Un courrier a été envoyé le 17 mars 2009 aux directeurs de thèse, leur enjoignant de faire soutenir avant le 31 décembre 2009 leurs doctorants de troisième année et plus. L’obligation d’écrire une thèse en trois ans est imposée de manière RÉTROACTIVE (nous n’avons pas commencé nos thèses en ayant cet impératif à l’esprit) et ne tient compte qu’à la marge des situations individuelles. Cette mesure a été prise sans concertation aucune et dans le secret. Elle contredit les propos tenus aux représentants par la direction.
Cette lettre utilise, en outre, un langage choquant et tient les doctorants pour quantité négligeable, qualifiant ceux qui ont atteint ou dépassé leur troisième année de « stock d’étudiants en difficulté » dont il est nécessaire de faire un « inventaire ». Opacité, mépris, violence verbale : telles sont les méthodes employées par la direction de l’Ecole doctorale.
Il convient de rappeler ce qui semble être une évidence : il n’existe pas d’école doctorale sans doctorants. Ceux-ci contribuent au rayonnement national et international de Sciences Po par leurs parutions, par leurs articles, par leurs participations à des colloques et par leurs enseignements, tant à l’IEP que dans d’autres universités.
La mobilisation nationale contre les réformes de l’université et de la recherche connaît un succès évident parmi les étudiants. Ils témoignent ainsi de leur attachement à la recherche en sciences humaines et sociales menée par les doctorants, par les chercheurs et par les enseignants-chercheurs des divers laboratoires de Sciences Po.
Sciences Po a pour ambition de s’inscrire en tête des grands classements internationaux des universités. Pourtant, la plupart des enseignements de Sciences Po ne sont dispensés, dans leur très grande majorité, ni par des titulaires, ni par des universitaires. L’établissement aurait pourtant beaucoup à gagner d’une politique de recrutement privilégiant la titularisation d’universitaires, ne serait-ce qu’en permettant d’augmenter le nombre de publications par des chercheurs titulaires de Sciences Po, et d’améliorer ainsi sa place dans les dits classements.
Par ailleurs la politique actuelle de recrutement des enseignants pénalise directement les jeunes docteurs de Sciences Po. En ne recrutant pas, ou très peu, de chercheurs et d’enseignants issus des universités françaises, Sciences Po se met de fait à l’écart de la communauté universitaire. Les doctorants sont les premiers à pâtir de cet isolement, l’université étant le débouché naturel des jeunes docteurs de Sciences Po.
Aussi nous, chercheurs formés à Sciences Po, sommes victimes de la singularisation croissante de Sciences Po sur la scène universitaire nationale, et connaissons des problèmes toujours plus importants de recrutement, sans que l’établissement semble se soucier de notre avenir. A de nombreux égards, nous faisons figure de déclassés d’élite, paradoxalement désavantagés en termes de débouchés par rapport aux docteurs issus des autres établissements universitaires français.
C’est pourquoi nous demandons :
– Le retrait immédiat et sans conditions de la mesure rétroactive sur la durée des thèses ;
– Une politique de recrutement de Sciences Po, ouverte et ambitieuse : création de postes de maîtres de conférence, de chercheurs titulaires et d’ATER, ouverts à tous les candidats ;
– Une augmentation du nombre de financements de thèse ;
– Une concertation sur les débouchés des chercheurs formés à Sciences Po et le problème de leur recrutement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Nous demandons l’ouverture, enfin, d’un grand débat sur l’avenir de la recherche et des chercheurs à Sciences Po, qui associe l’ensemble des acteurs concernés.

Nous vous prions, Messieurs les Directeurs, de bien vouloir entendre le désarroi et la perplexité qui montent dans les rangs de vos personnels et étudiants chercheurs.
Claire MARYNOWER
Jules NAUDET
Adrien FAUVE
Florent BONAVENTURE
Catherine HOEFFLER

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Voici le texte de la lettre de Philippe Weil, envoyée le 17 mars 2009 aux directeurs de thèse de Sciences Po :
« Chers collègues,
Depuis deux ans, Sciences Po ouvre la période des inscriptions administratives en ligne dans les premiers jours du mois de juillet. Ce nouveau calendrier nous impose d’avoir arrêté dès le 15 mai prochain la liste des doctorants qui seront autorisés à renouveler leur inscription administrative en 2009-2010.
Cette liste est établie par le comité de thèse compétent et est soumise, sous l’autorité du directeur de l’Ecole doctorale, au directeur des études doctorales de la discipline concernée.
Conformément aux dispositions sur l’encadrement de la durée des thèses qui ont été adoptées en juin 2008 par le comité exécutif de l’Ecole doctorale (je joins à ce message le document qui vous avait été transmis alors), je me permets de vous rappeler qu’un doctorant actuellement en 3ème année de thèse ou au-delà doit avoir achevé sa thèse avant la fin de l’année scolaire 2008-2009 (et la soutenir avant le 31 décembre 2009). Une année de prorogation peut être exceptionnellement accordée par le directeur des études doctorales dont il relève sur demande motivée du directeur de thèse. Cette année de prorogation sera la seule dont pourront bénéficier les doctorants actuellement en 4ème année de thèse ou plus.
Pour mémoire, les doctorants en histoire préparant le concours d’agrégation disposent de droit d’une année supplémentaire par rapport au dispositif énoncé ci-dessus.
J’attire votre attention sur l’importance capitale pour vos étudiants de la demande de prolongation de thèse. Celle-ci doit être effectuée par le directeur de thèse auprès du directeur des études doctorales avant le 15 avril 2009. Il incombe ainsi aux directeurs de thèse de faire avant cette date l’inventaire de leurs doctorants en difficulté et de discuter avec eux de leur avenir. La demande de prorogation doit s’appuyer sur les problèmes rencontrés par le doctorant (par ex. terrain compliqué, accès difficile aux archives) et reposer sur des indications concrètes qu’il existe une probabilité significative qu’une prorogation permettra d’achever la thèse durant l’année supplémentaire dont il est fait demande. En l’absence de ces éléments concrets, une prolongation de thèse ne serait ni dans l’intérêt du doctorant ni dans celui de son directeur de thèse.
Je suis conscient de la charge que vous impose ce nouveau dispositif mais son seul but est d’aider et d’encourager les doctorants à progresser rapidement. La charge qu’il représente devrait s’alléger au fur et à mesure que le stock d’étudiants en difficulté se réduira. Je vous remercie d’avance de de votre coopération. Sachez que toute l’équipe de l’Ecole doctorale est à votre disposition pour vous fournir l’aide dont vous pourriez avoir besoin.
Très cordialement,
Philippe Weil »

MOTION VOTÉE PAR LA COORDINATION NATIONALE DES DOCTORANT-E-S ET DOCTEUR-E-S NON TITULAIRES RÉUNI-E-S À PARIS VIII LE 20 MARS 2009

La coordination nationale des doctorant-e-s et docteur-e-s non titulaires a réuni, le 20 mars 2009, à Paris 8 une centaine de participant-e-s issu-e-s de 27 universités et écoles (Strasbourg 1, Strasbourg GSPE, Paris 1, Paris 4, Paris 6, Paris 7, Paris 8, Paris 9, Paris 10, Paris 11, Paris 12, Paris 13, EHESS, CNAM, INALCO, Lyon 1, Lyon 2, Lyon INSA, ENS Cachan, Orléans,
Bordeaux 3, Picardie, Grenoble 2, Université Versailles Saint Quentin, Rouen, Lille 2, Compiègne), ainsi que de
syndicats et collectifs (SNTRS-CGT, ANCMSP, CJC, PAPERA, EFIGIES, Synthèse).
La coordination nationale des doctorant-e-s et docteure-s non titulaires participe de la lutte des universités et de la recherche contre les réformes gouvernementales actuelles et affirme sa solidarité avec les autres acteurs du mouvement. Elle refuse la logique de libéralisation du service public, la mise en concurrence de tous contre tous et la généralisation de la précarité. Elle dénonce le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne, et se déclare solidaire des mouvements étrangers en lutte
contre ces logiques. Elle exige l’abrogation de la LRU, de la LOLF, le retrait du projet de décret relatif au statut des
enseignants-chercheurs, et le retrait du projet dit « mastérisation ». Elle refuse le pilotage de la recherche par les intérêts privés, l’industrie et l’État (AERES, ANR, etc.). La coordination nationale des doctorant-e-s et docteur-es non titulaires exige le retrait du Contrat Doctoral Unique sans négociation préalable. Elle s’oppose à la logique même du contrat doctoral, imposé sans concertation dans la droite ligne de la LRU, et dénonce les simulacres de négociations avec des interlocuteurs non représentatifs, choisis par le ministère. Le CDU ne répond en rien aux problèmes auxquels sont confrontés les doctorant-e-s. La coordination exige donc :

  • L’augmentation du nombre d’allocations de recherche après la restitution des 225 allocations supprimées ;
  • L’instauration d’une grille de salaires pour l’ensemble des doctorant-e-s, tous financements confondus, indexées sur la fonction publique ;
  • Un plan pluriannuel de financement public des thèses pour arriver à terme au financement de toutes les thèses ;
  • Le maintien de la possibilité de s’inscrire en thèse sans financement ;
  • Une durée de financement adaptée aux spécificités disciplinaires ;
  • Le caractère nominatif de l’allocation de recherche (et donc la possibilité pour le doctorant de changer de laboratoire en conservant le bénéfice de son allocation) ;
  • Le droit de réinscription en thèse sans limitation de durée ;
  • La renégociation d’une charte des thèses, au champ d’application national et à valeur contraignante ;
  • Un accès des doctorant-e-s et docteur-e-s non titulaires à des conditions matérielles décentes pour mener à bien leurs recherches : bureaux et ordinateurs, accès aux bibliothèques, accès au matériel de recherche, prise en charge des frais de déplacement et d’inscription pour l’accès aux colloques ou pour les enquêtes de terrain, etc. ;
  • Une information accrue sur les allocations et situations possibles du doctorat, à destination des étudiante-s de master.

La coordination dénonce en particulier la précarité qui caractérise la situation des post-doctorant-e-s, des doctorant-
e-s non financé-e-s ainsi que des docteur-e-s non titulaires. Elle exige la création massive de postes statutaires dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Elle demande une prise en compte du doctorat dans l’ancienneté professionnelle, et ce indépendamment du fait d’avoir reçu un financement ou fait un monitorat.
La coordination exige l’égalité entre les sexes dans la recherche et l’enseignement supérieur, notamment dans la répartition des tâches de travail. La coordination exige l’égalité des droits entre doctorante-s français-e-s et étranger-e-s. Elle exige la régularisation immédiate et sans conditions des doctorant-e-s étranger-e-s, assortie d’une autorisation de travail, et de voyager à l’étranger, ainsi que l’attribution de plein droit du statut scientifique aux doctorant-e-s étranger-e-s. La coordination dénonce les violences de la police et des vigiles employés par les universités survenues dans de nombreuses villes en France. Elle exige l’arrêt de la criminalisation des mouvements sociaux. Elle refuse toute forme de violence ou de pression à l’encontre des universitaires mobilisés, et demande l’arrêt des poursuites judiciaires.
La coordination appelle à la convergence des luttes sociales et à la construction d’un mouvement populaire contre la casse du service public.

La prochaine Coordination aura lieu le 30 ou 31 mars à Lyon

NON AU JEU DE DUPES, LE CDU, ON N’EN VEUT PAS !

COMMUNIQUÉ du COLLECTIF JEUNES CHERCHEURS de LYON et du COLLECTIF PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) Le 12 mars 2009

NON AU JEU DE DUPES, LE CDU, ON N’EN VEUT PAS !

Nous dénonçons la rencontre en catimini de la Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) et de quelques syndicats et organisations minoritaires avec le ministère sur le Contrat Doctoral Unique (CDU).
Tous les syndicats et organisations n’étaient pas à cette rencontre, beaucoup ont refusé de s’y rendre, notamment les syndicats majoritaires. La raison n’est pas qu’ils méprissent le « dossier jeunes chercheurs » mais bien qu’ils refusent la stratégie ministérielle qui consiste à multiplier les pseudo négociations et à refuser d’entendre l’ensemble des revendications de la communauté universitaire, notamment l’abrogation de la LRU.
NON, ces pseudo-négociations ne nous satisfont pas, il persiste des divergences de fond et de formes fondamentales (ex. : refus de la logique même d’une période d’essai dans la thèse , …).
NON, la CJC n’a pas le monopole de la réflexion sur le sujet et son expertise est loin de faire consensus.
NON, la prétention de celle-ci et de quelques organisations minoritaires à négocier sans mandat pour vendre le projet du gouvernement aux doctorants et tourner le dos à la mobilisation ne passe pas.
NON, le CDU n’est pas une bonne réponse, il ne règle rien
Nous rappelons que le CDU est massivement rejeté par l’ensemble des coordinations nationales, syndicats majoritaires, associations, assemblées générales locales et collectifs en luttes.
Nous, doctorants, étudiants et chercheurs, nous nous opposons à la logique même de ce contrat doctoral, imposé sans concertation dans la droite ligne de la LRU ; nous dénonçons ces simulacres de négociations avec des interlocuteurs choisis pour leur docilité par le ministère.
En plus d’être une mauvaise réponse qui transforme la condition doctorante vers une institutionnalisation du salariat et de la précarité des doctorants, qui met les doctorants en concurrence dans une logique dite d’excellence (pas de plafond national de rémunération), le CDU ne répond absolument pas aux enjeux. La question des financements est relayée aux oubliettes ; les demandes de reconnaissance du doctorant en général et des spécificités de recherche des différentes disciplines académiques ne sont pas satisfaites, au contraire le CDU va aggraver ces disparités. Enfin, nous refusons que le doctorant soit la variable d’ajustement d’universités sous-financées.
Le CDU n’est que le voile de fumée qui permet de ne pas parler des vrais enjeux.
Nous appelons tous les membres de la communauté universitaire à se saisir de la question de la condition des doctorants et docteurs précaires pour imposer de réelles concertations afin de mettre en œuvre une véritable réforme d’ensemble des études doctorales contrastant avec les contre-réformes néo-libérales actuelles qui ont cours dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Nous réaffirmons notre persistance à nous inscrire dans un mouvement d’ensemble et nous nous associons donc aux motions adoptées par les coordinations nationales des universités et étudiantes ; nous appelons à amplifier le mouvement et à faire entendre la voix des chercheurs non titulaires.

AG DES DOCTORANT-E-S

AG DES DOCTORANT-E-S

Les doctorant-e-s et docteur-e-s non titulaires réunis le mardi 10 mars 2009 à Nanterre, appellent conjointement avec les collectifs de Lyon et de Rouen, à la tenue de la 1ère coordination nationale des doctorant-e-s et docteur-e-s le vendredi 20 mars 2009, dès 11h à l’Université Paris 8 (amphi Bât. D)

En vue de cette coordination nationale, ils appellent à l’organisation d’AG locales de doctorant-e-s et docteur-e-s non titulaires, pour se prononcer sur les points suivants :

  • > Augmentation du nombre d’allocations de recherche
  • > Instauration d’une grille de salaires ; égalité salariale entre doctorant-e-s
  • > Mise en place du principe d’allocation de fin de thèse
  • > La question des postes d’ATER
  • > Des infrastructures et des bureaux pour tou-te-s dans les laboratoires
  • > Reconnaissance des années de thèse comme années d’ancienneté professionnelle
  • > Embauche des docteur-e-s à bac+8 et non à bac+5 comme c’est actuellement le cas dans le privé
  • > Prise en compte officielle de la durée effective des thèses, en particulier pour celles qui durent plus de 6 ans
  • > Doctorant-e-s français et étrangers : égalité des droits ; une carte d’étudiant-e = un titre de séjour
  • > Refus du pilotage de la recherche par l’industrie, les intérêts privés et l’Etat
  • > Questionnement démocratique sur les grandes orientations de la recherche
  • > Pas d’obligation des doctorant-e-s sans obligation pour ceux qui les encadrent (possibilité de suppression de la HDR pour les directeurs et directrices incompétent-e-s)
  • > Remise en question des relations entre universités, grandes écoles et classes préparatoires
  • > Retrait du projet de masterisation et de la LRU

Nous vous invitons à nous retourner les textes qui émaneront des différentes AG locales à l’adresse suivante : coord.doctorants@gmail.com.

Vous êtes invité-e-s à nous rejoindre lors de la prochaine AG qui se tiendra à l’université Paris 7 site Paris Rive Gauche, métro 14 Bibliothèque, bâtiment de la Halle aux farines, amphi 1 A le mardi 17 mars 2009 à 17 heures.