Les personnels des bibliothèques se mobilisent et demandent aux directeurs de SCD de prendre position

Le B des BIATOSS/ITA c’est pour les personnels des Bibliothèques.

Voici deux textes qui s’ajoutent à ceux déjà publiés* concernant la lutte des personnels des bibliothèques au sein du mouvement universitaire actuel:
– le premier qui interpelle nos directeurs de BU, afin qu’ils réagissent…
– le second issu de l’AG du 9 avril des étudiants et des personnels de l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques.

Communiqué des personnels et des étudiants de l’enssib réunis en assemblée générale le 9 avril 2009

L’école nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques assure la formation post concours et continue des bibliothécaires et propose des masters en sciences de l’information.

enssib en colère ! Pourquoi ? Péril en la bibliothèque
– La restructuration actuelle des ministères a fait disparaitre toute mention des bibliothèques : disparition de la sous-direction des bibliothèques au ministère de l’enseignement supérieur ; suppression du bureau des bibliothèques au ministère des affaires étrangères ; disparition programmée de la direction du livre et de la lecture au ministère de la culture et de la communication.
– Les compétences spécifiques des personnels des bibliothèques sont remises en cause : la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) permet dorénavant de nommer des enseignants-chercheurs (dont les compétences sont différentes) sur certains postes au sein des bibliothèques. Dans le projet de loi de finance de 2009, le ministère de l’enseignement supérieur avait prévu de retirer de la filière bibliothèque les magasiniers et les assistants de bibliothèques.
– Des incertitudes pèsent sur l’avenir des concours et des formations initiales des personnels des bibliothèques.
Les bibliothèques au pilon des réformes universitaires
– Les ressources financières et donc le fonctionnement des bibliothèques universitaires (BU) sont menacés : la loi LRU entraîne la fin des budgets spécifiquement dédiés aux BU.
– Les personnels des bibliothèques voient leur représentation diminuer au sein des trois conseils qui régissent la vie de l’université (conseil d’administration, conseil scientifique, conseil des études et de la vie universitaire).
– Les carrières des personnels sont davantage soumises à la volonté des présidents d’université qui disposent désormais d’un droit de veto sur les nominations.
La bibliothèque touchée, la recherche coulée
– La nécessité de répondre à des évaluations essentiellement quantitatives conduira d’ici quelques années
—si ce n’est déjà commencé— les équipes de recherche et les laboratoires à se transformer en des agences locales de production d’articles au mépris des valeurs de réflexion et de sens critique nécessaires à l’élaboration des connaissances.
– Au lieu d’encourager le travail scientifique, on tente de le déclasser : on infantilise les universitaires en les condamnant au statut de cancre s’ils ne produisent pas assez, au nom d’une performance érigée en modèle mondial. On avait même prévu de pénaliser les «non publiants» par des charges de cours supérieures à celles de leurs collègues.
– Parallèlement, ces attaques sous couvert de réforme découragent les étudiants qui regardent maintenant l’enseignement-recherche comme un monde malade, atteint d’une hypertrophie gestionnaire qui les exclut et maintient les doctorants ainsi que les nouveaux docteurs dans des situations précaires.

Aussi, en accord avec le mouvement très ample des universités, des grandes écoles et des professionnels du service public, nous demandons une remise à plat des conditions d’exercice des métiers ayant pour mission le développement et la transmission des savoirs dans les lieux de formation, de recherche et d’étude.
L’assemblée générale des personnels et élèves / étudiants de l’enssib

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Appel aux directeurs de SCD et de SICD
Paris, le 16 avril 2009
Depuis plus de dix semaines, nous sommes quelques uns, personnels de bibliothèques universitaires, mobilisés aux côtés des enseignants chercheurs et des étudiants pour la défense du service public d’éducation et la préservation de nos métiers.
Partie intégrante de l’université, les Services communs de documentation (SCD) et les Services inter-établissements de coopération documentaire (SICD) sont fragilisés par l’application de la loi Libertés Responsabilités des Universités (LRU) ; plus
globalement, comme l’ensemble des personnels des trois fonctions publiques, c’est la Révision Générale des Politiques Publiques qui nous atteint (RGPP).
Nous regrettons qu’à l’instar d’Anne-Marie Bertrand, directrice de l’ENSSIB, qui, dans son éditorial de mars 2009 (1), s’étonnait de l’apathie des professionnels des bibliothèques face aux réformes mises en oeuvre par le gouvernement, vous, chefs de service et directeurs d’établissement, n’ayez encore pris publiquement position sur les menaces que représentent ces réformes.
On peut d’ores et déjà déplorer la faible culture bibliothéconomique de nos universités.
Comment les bibliothèques universitaires pourront-elles s’affirmer dès lors que :
– les pouvoirs des directeurs seront réduits davantage encore ?
– le budget des bibliothèques globalisé ?
– les personnels précarisés ?
– les professionnels déqualifiés ?
– des services sous-traités ?
– des postes supprimés ?
Dans ce contexte difficile, la suppression de la Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique (SDBIS) est un coup supplémentaire et révélateur porté à la profession.
Mesdames et Messieurs les Directeurs de SCD et de SICD, nous vous demandons aujourd’hui de prendre position et de vous élever avec nous contre l’arbitraire d’une telle politique qui menace un service public de la documentation de qualité accessible
à tous et qui, plus largement, méprise la culture et les intellectuels.
Les personnels des bibliothèques de la Coordination Nationale BIATOSS
Contact : biatoss@gmail.com
1. http://www.enssib.fr/npds/sections.php?op=listarticles&secid=17

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*voir entre autres :

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Le monde des bibliothécaires a-t-il abdiqué toute fonction tribunicienne ?

Le monde des bibliothécaires a-t-il abdiqué toute fonction tribunicienne ? Ou s’agit-il, plus généralement, de la résignation à l’air du temps, qui frappe groupes et individus ? Tout de même, quel curieux silence ! La formation initiale des bibliothécaires territoriaux passe à la trappe. Quelles réactions ? La Direction du livre est menacée de disparition. Quelle mobilisation ?
La mise à disposition de conservateurs d’Etat dans les bibliothèques municipales est considérée comme trop onéreuse, des restrictions drastiques sont envisagées. Qui s’émeut ? La Sous-direction des bibliothèques va disparaître. Quelles protestations? L’application de la loi LRU risque de fragiliser les SCD. Quelles prises de position ?

Quelle différence avec les années 1970 ! En 1973, l’ABF fait paraître « le livre noir des bibliothèques universitaires ». La disparition (le « démantèlement », disait-on alors) de la DBLP en 1975 suscite grèves et manifestations – et, même, un rassemblement de bibliobus dans la cour de la BN ! – et les protestations d’élus locaux. A la fin des années 1970, la diminution des budgets publics (la « courbe de Giscard ») mobilise associations et partis politiques.
Aujourd’hui, on est dans l’entre-soi, les discussions sont internes à chaque corporation, toute solidarité active semble avoir disparu, aucun débat public ne s’esquisse. Comme si l’on (l’enseignement supérieur, la Culture, les territoriaux, la BnF…) vivait chacun dans son pré carré (là où l’herbe est plus verte !). Et comme si les bibliothèques étaient les victimes désignées et résignées des réformes, la variable d’ajustement qui permet d’afficher des économies.
Le moment ne serait-il pas venu, au contraire, de profiter de la conjoncture pour traiter enfin (après l’occasion ratée des BMVR) la question de l’aménagement du territoire en bibliothèques, la question d’une politique documentaire nationale ? Avec des établissements forts et structurants qui travaillent aussi au bénéfice des plus petits (le système d’écluses suggéré par Michel Melot il y a plus de vingt ans !), des outils collectifs, des objectifs communs. Des discussions, des débats, une concertation. Une ambition. Ou bien les bibliothèques sont-elles entrées dans la lutte de tous contre tous ?

Editorial d’Anne Marie Bertrand, directrice de l’ENSSIB.

Consultable en ligne : http://www.enssib.fr/npds/sections.php?op=listarticles&secid=17

Personnels en grèce de la bibliothèque de Paris 8

Les personnels en grève de la bibliothèque Paris 8 ont monté un portail Netvibes pour suivre l’actualité du mouvement.

http://www.netvibes.com/3615bibbang

Bibliothèques en grève !

*COMMUNIQUE DU PERSONNEL EN GREVE DE LA BIBLIOTHEQUE DE L¹UNIVERSITE DU LITTORAL COTE D¹OPALE*
*Boulogne ­ Calais ­ Dunkerque ­ Saint-Omer*

Pourquoi sommes nous en grève aux côtés des enseignants chercheurs, du personnel administratif et technique et des étudiants de l¹ULCO ?
La loi LRU, dans son ensemble et dans ses décrets d¹application, ne touche pas uniquement le statut des enseignants-chercheurs ni la formation des enseignants via la suppression des IUFM et la mastérisation.
Nous, personnel de bibliothèque de l¹université, sommes également concernés par les enjeux qui agitent l¹avenir des universités en France en général, celui des universités de proximité, comme l¹ULCO, en particulier.

UNIVERSITE EN PERIL = BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE EN PERIL
Université et bibliothèque universitaire sont étroitement interdépendantes. Il n¹est pas imaginable de concevoir une entité sans
l¹autre. Or, l¹ « autonomie » visée par la loi Pécresse a pour conséquence de priver les universités de proximité de moyens à la
hauteur de leurs besoins spécifiques. Il n¹est pas « irresponsable » de penser qu¹à terme ces universités disparaissent, la concurrence voulue par le gouvernement n¹allant pas dans le sens de l¹ULCO mais bien plus dans celui des grandes universités. Si l¹ULCO disparaît, qu¹en sera-t-il de la BULCO et de son personnel ? Serons nous, pour les titulaires, dispatchés entre les différentes universités de la région ou de France ?

RECHERCHE EN PERIL = BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE EN PERIL
Si au mieux les universités de proximité conservent leur public de licence, il est probable que les laboratoires de l¹ULCO et les
chercheurs qui y travaillent migrent vers des pôles plus attractifs. Or ce sont les laboratoires de recherche qui font vivre une université et sa bibliothèque. La BULCO se réduirait-elle alors à procurer de la documentation de niveau 1 seulement, telle un CDI de lycée ? Qu¹en sera-t-il des politiques documentaires mises en oeuvre sur nos sites et qui visent notamment à procurer de la documentation scientifique d¹un haut niveau aux chercheurs ? L¹expertise scientifique des bibliothécaires est directement menacée.

Pour la défense d¹un service public de l¹éducation de qualité, nous réclamons des moyens financiers , la titularisation du personnel contractuel, des créations de postes dans la filière bibliothécaire et nous nous associons aux motions votées par la coordination nationale des universités contre la loi LRU

GLOBALISATION DU BUDGET = RESSOURCES DOCUMENTAIRES EN PERIL
Avec la loi LRU, le budget fléché pour les bibliothèques disparaît. Désormais, les ressources des BU sont fixées par les présidents des universités. Or, dans un budget restreint avec des priorités à définir, comment garantir que l¹université accorde une place de choix aux ressources documentaires ? L¹appauvrissement de nos universités ira de pair avec l¹appauvrissement de nos bibliothèques. Depuis des années nos collègues se débattent déjà dans des contraintes budgétaires serrées, devant régulièrement sélectionner les abonnements de périodiques à supprimer. Ces choix drastiques seront encore plus aigus dans les
années à venir. Comment les bibliothécaires vont-ils pouvoir pallier le manque de moyens pour répondre aux besoins documentaires des étudiants et des enseignants ?

GLOBALISATION DU BUDGET = PERSONNEL EN PERIL
Dans notre bibliothèque, mais comme dans bien d¹autres, la part du personnel contractuel est particulièrement importante (16
contractuels, 39 titulaires) et absolument nécessaire pour répondre aux nécessités de service. Or il est à craindre que ce personnel soit la variable d¹ajustement budgétaire de l¹université.
Pourtant les missions des BU augmentent et le manque de personnel se fait de plus en plus ressentir :
– *pour élargir les horaires d¹ouverture* comme le demande le gouvernement (qui souhaiterait que les BU ouvrent de 8h à 20h en semaine et le samedi toute la journée… mais sans création de postes!). Depuis l¹année dernière, 3 départs de contractuels n¹ont pas été remplacés ….
– *pour assurer les cours de méthodologie documentaire* mis en place dans le cadre du plan Pécresse « Réussite en Licence » (204 heures de cours donnés en 2007-2008 avec du personnel de catégorie A, B, C et des contractuels et perspectives d¹accroissement de ces cours). Si le personnel est convaincu de l¹utilité de ces formations aux outils de recherches, il réclame également le déploiement de moyens financiers pour cette mise en oeuvre.

Le personnel est en nombre insuffisant et assure des tâches de plus en plus lourdes qui dépassent les cadres des missions statutaires dévolues aux catégories B, C et contractuels, dont les salaires n¹ont pas été augmentés contrairement à celui de certains hauts fonctionnaires…

CRAINTE POUR L¹AVENIR DES METIERS DE BIBLIOTHEQUE
La spécificité de la filière bibliothèque est remise en cause, en particulier par le rapport Schwartz : budget dépendant du président de l¹université, mais aussi *absorption du personnel de bibliothèque dans le personnel ITARF.*
A l¹avenir un enseignant chercheur pourrait occuper un poste de conservateur, et les directeurs des grandes bibliothèques ne seraient plus forcément choisis parmi les conservateurs. Ces dispositions nient totalement la qualification et l¹expertise qui incombent à ces postes .
De même, le projet de fondre le corps des catégories B et C dans le corps des ITARFS, s¹il a été reporté, est toujours d¹actualité : si la BULCO ferme ou réduit ses sites, peut-être les magasiniers seront ils « recyclés » dans les personnels techniques ou administratifs de l¹université. Ces métiers correspondent-ils aux qualifications qu¹ils ont acquises et validées par un concours ?