« Ensemble, à la rentrée, nous continuerons la résistance » : communiqué de la CNU

La Coordination Nationale des Universités s’indigne devant la multiplication des attaques subies par le service public et la société en général, en cette fin d’année universitaire marquée par un passage en force du gouvernement sur plusieurs dossiers :

– Loi sur la « mobilité » des fonctionnaires qui permettra d’aller encore plus loin que le licenciement, puisqu’il sera possible de mettre tout fonctionnaire dont le poste serait supprimé en disponibilité sans solde, sans possibilité de toucher les allocations-chômage, s’il/elle refuse trois postes (ou demi-postes) proposés successivement (et pouvant se situer loin du domicile) ;
– Loi Bachelot qui instaurera une médecine à deux vitesses
– Décrets sur la formation et le recrutement des enseignants, qui contraignent les futurs enseignants à financer une année d’études supplémentaire, suppriment l’année de stage rémunéré et permettent de liquider 16000 postes dans l’éducation dès la rentrée 2010. Le gouvernement prévoit de publier ces décrets en plein milieu de l’été, passant outre toute véritable négociation avec la communauté universitaire et instaurant de nouveaux groupes de travail composés uniquement de membres de l’administration.

Ces passages en force s’accompagnent de répressions et de manœuvres d’intimidation. Le gouvernement profite de l’été pour frapper à la tête de la contestation : instituteurs désobéisseurs convoqués en conseils de discipline, lycéens menacés de non-réinscription s’ils ne s’engagent pas par écrit à ne plus bloquer leur établissement ; enseignants stagiaires non titularisés ; enseignants, chercheurs et BIATOSS menacés ou « placardisés » par leur hiérarchie.

La Coordination Nationale des Universités appelle à soutenir nos collègues et à continuer le mouvement universitaire, avec la rentrée en ligne de mire. Nos revendications n’ont toujours pas été entendues. Le gouvernement persiste dans le mépris et tente de faire croire à l’opinion que notre révolte viendrait d’un « manque de confiance » en nous-mêmes.

Nous ne laisserons pas le gouvernement bafouer nos valeurs : l’université n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise.

Ensemble, à la rentrée, nous continuerons la résistance.

Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités 11 juillet 2009

Nous avons plié mais nous sommes toujours debout !

Message du porte parole de mobilisation06

« L’année universitaire se termine. Une année exceptionnelle marquée  par le plus long mouvement que l’Université française ait connu.
« Un mouvement débuté juste après le Jour de l’An, qui se poursuit jusqu’aux vacances d’hiver, persévère jusqu’à Pâques, traverse avec légèreté trois « ponts » successifs, Ascension, 8 Mai, Pentecôte. « .
« Une demi-année ! Qui l’aurait imaginé ? Alors qu’en 1968 le mouvement n’avait duré que cinq semaines) [cette durée] est en soi une victoire, cette durée inédite donne la mesure de notre engagement et de notre persévérance. Les pressions, les chantages, la désinformation, les articles assassins, sans compter les gesticulations des bouffonnes associations de parents d’étudiants (sic), n’y ont rien fait. Nous n’avons pas cédé, ils ne nous ont pas réduits. « [1]

Par soucis de responsabilité vis à vis de nos étudiants nous avons fait en sorte qu’ils puissent  terminer l’année dans les moins mauvaises conditions. Ce ne sont pas les injonctions et menaces de Pécresse et Darcos qui y sont pour quelque chose.
Madame et Monsieur   les Ministres, « vous avez eu raison deparier sur notre bonne nature : nous ne sacrifierons pas sur l’autel de vos vanités, l’avenir de nos étudiants. Vous avez l’impression d’avoir gagné, pour quelques semaines, face au monde du savoir, face à l’innovation, face au dynamisme, face aux plus grands noms des sciences et des sciences humaines françaises qui, chaque jour, portent par leur travail, malgré vous, notre pays au rang des premières puissances culturelles et intellectuelles de la planète ­ face à tous ceux, prix Nobel compris, dont vous n’avez pas su entendre les appels raisonnables et argumentés. En vous appuyant sur des médias aux ordres, sur des mensonges éhontés, des chiffres ouvertement truqués, des intimidations policières et des lieux communs populistes, vous pouvez donner l’impression d’avoir gagné, pour un temps, mais pour un temps seulement, contre l’Université de la République. » [2]

Nous avons pliés mais nous sommes toujours debout.

Dans ce nouveau contexte, il importe d’analyser sans complaisance les résultats de cette lutte, les forces et les faiblesses du mouvement.
Chacun appréciera ces résultats  au vu des textes des décrets déjà parus et de ceux qui ne manqueront pas d’être promulgués pendant l’été. Au vu aussi de la poursuite de l’action d’affaiblissement des organismes de recherche publics au premier rang desquels le CNRS [3].
Des analyses plus globales sur la politique menée dans l’enseignement supérieur et la recherche publique ne peuvent être conduites en les isolant des politiques vis à vis des autres secteurs publics (éducation, santé, justice, action sociale… ) et doivent englober le niveau européen dans son contexte mondial.

Pendant l’été, le  site mobilisation06 va évoluer pour mieux prendre en compte ces exigences.
Il sera régulièrement tenu à jour.
Les rubriques « A la une » et « Dernières informations » de la page d’accueil vous apporteront des infos sur l’évolution de la situation.
La « Revue de presse » sera maintenue.
Nous nous proposons également de rassembler les contributions, tribunes libres, communiqués,  publiés par ailleurs pour nourrir cette cette nécessaire réflexion.
Nous projetons de restructurer les rubriques « Analyses » afin d’offrir une vision plus synthétique.
Toute suggestion de votre part  pour améliorer le site et mieux répondre à vos besoins est bienvenue.

Enfin nous faisons appel à vous pour contribuer à cet effort de synthèse et de réflexion en nous soumettant vos propres textes qui pourraient être incorporés au site dans la rubrique « Tribunes libres ».[4]

Bonne vacances prochaines.
Le porte parole de mobilisation06 // http://mobilisation06.fr/

Le savoir n’est pas une marchandise.
L’Université n’est pas une entreprise.

[1] D. Guedj. Université : le gouvernement n’a pas reculé d’un décret.  Rue89 (http://www.rue89.com), joint en fichier attaché.
[2] Extrait de la Lettre ouverte de 130 enseignants chercheurs de l’Université Paris-Ouest Nanterre à Valérie Pécresse et Xavier Darcos du 12 juin 2009. A lire sur le site mobilisation06 page Analyses / Tribunes libres.
[3] Sur ce point voir notamment la Tribune de Henri Audier sur le site mobilisation06 page Analyses / Tribunes libres également jointe en fichier attaché.
[4] Les textes peuvent nous être envoyés en fichier Word ou pdf . Nous nous réservons le droit d’accepter ou de refuser une contribution.

Consultation Paris 11 : les réformes ne passent pas !

Ci-dessous, le communiqué de presse annonçant les résultats de la consultation réalisée à Orsay sur les réformes. 4000 personnes ont été sondées, 43% ont répondu.

Après Paris 13 – Villetaneuse, les personnels de l’assemblée générale de l’université de l’Université Paris Sud 11 (réunies au sein du collectif « Orsay en Lutte »), ont voulu répondre aux affirmations gouvernementales qui prétendent que le mouvement dans l’enseignement supérieur et la recherche qui dure depuis début 2009 n’est le fait que de minorités. Une consultation des personnels permanents (chercheur(se)s, enseignant(e)s-chercheur(se)s, personnels techniques et administratifs ITA/BIATOSS) et précaires (doctorant(e)s, post-docs, stagiaires, CDD) de l’UFR des Sciences et de l’UFR STAPS de l’Université Paris Sud 11 sur les réformes en cours a été organisée par le collectif du 19 mai au 05 juin.

Pendant deux semaines, près de 4000 personnes ont été consultées (1196 chercheurs et enseignants chercheurs sur les 2500 que comptent l’UFR, 664 personnels administratifs et techniques, et près de la moitié des doctorants présents sur le campus). Sur ces 4000 personnes, 43% ont voté et répondu à tout ou partie d’un questionnaire portant sur l’ensemble des réformes touchant actuellement l’enseignement supérieur et la recherche. Cette participation élevée pour un vote non officiel a donc une valeur incontestable (le taux de participation à l’élection du conseil d’administration de l’université de mai 2008 était de 39%).

Les résultats sont nets. Les personnels rejettent massivement les réformes engagées par le gouvernement (82% des votants, plus de 94% des exprimés) et demandent la mise en place de réformes alternatives pour l’enseignement supérieur et la recherche (74% des votants, plus de 89% des exprimés). Pour eux, le gouvernement n’a pas pris en compte les revendications exprimées par l’ensemble des personnels depuis trois mois (84% des votants, plus de 93% des exprimés) et ils soutiennent majoritairement les personnels mobilisés pour s’opposer aux réformes imposées par le gouvernement (82% des votants, plus de 96% des exprimés). Plus spécifiquement, ils rejettent la réforme de la formation des enseignants (63% des votants, plus 91% des exprimés), le nouveau décret du statut des enseignants chercheurs (65% des votants, près de 97% des exprimés), le pilotage de la politique de la recherche via l’ANR (62% des votants) et la restructuration des organismes de recherche comme le CNRS, l’INRA, … en agences de moyens (68%des votants, près de 97% des exprimés), la LRU sous sa forme actuelle (61% des votants, 92% des exprimés) et le décret relatif aux équivalences entre diplômes universitaires et diplômes délivrés par le Saint Siège (60% des votants, 89% des exprimés). Une exception, comme à Villetaneuse : le contrat doctoral, qui ne rassemble pas les opinions, une part importante des votants n’étant pas informée ou s’abstenant.

Ces résultats confirment ceux obtenus à Villetaneuse : les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche rejettent massivement les réformes engagées par Valérie Pécresse et Xavier Darcos. Le Collectif Orsay en Lutte appelle d’autres universités à procéder à des consultations similaires. La présidence de l’université ainsi que le ministère doivent entendre la voix des personnels, car l’université, c’est nous.

Le collectif « Orsay en Lutte », le 17 juin 2009.

Le collectif « Orsay en Lutte » est né en octobre 2007 de l’opposition à la loi LRU. Au plus fort du mouvement de lutte contre les réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, il a rassemblé de façon hebdomadaire des centaines de personnes (personnels et étudiants ) en assemblées générales à la faculté d’Orsay.

www.orsayenlutte.info

Universités en résistance !

resistuniv

Répression administrative : témoignage édifiant à Strasbourg.

Message édifiant reçu sur la liste de discussion de la coordination nationale des universités.

« J’en profite pour parler de mon propre cas.
J’ai été pas mal mobilisé durant les grèves et actions entre janvier et avril dernier.
J’ai participé à 5 ou 6 CNU, et en ai organisé une à Strasbourg avec l’aide de quelques enseignants (je suis Biatos)
A la fin du mouvement Strasbourgeois, j’ai très rapidement été touché par une répression hiérarchique.
Il est vrai que je faisais partie des acteurs principaux du mouvement local, et  que j’avais réussi à organiser de nombreuses AG Biatos assez conséquentes (quelques fois 150 personnes, ce qui était historique à Strasbourg, puisqu’aucun Biatos n’avait jamais été engagé dans un mouvement de contestation local)
Je suis responsable administratif. Mon Directeur est venu me voir pour me conseiller de collaborer afin de changer de poste, sinon on me forcerait à partir en faisant « des papiers contre moi ». Il me fallait, d’après lui, un poste plus technique et plus cadré hiérarchiquement. J’ai refusé bien entendu ce chantage. Mon Directeur est revenu à la charge en me mettant en cause devant tout le service. J’ai tenu bon. La semaine suivante, changement de stratégie : « nous sommes partie sur de mauvaises bases, en fait nous avons découvert vos grandes compétences professionnelles et nous voulons vous proposer un poste plus en adéquation avec vos grandes compétences »

J’ai été convoqué chez la DRH. Deux syndicalistes m’ont accompagné.  Il m’a été proposé 2 postes : un en lycée (une vraie promotion !!!!), l’autre comme adjoint au chef de bureau marchés publics en services centraux (sous le chef de département, sous le Directeur de la direction financière, sous le secrétaire général adjoint, sous le secrétaire général…et ouais nous sommes université LRU), un poste effectivement plus cadré hiérarchiquement et plus technique (en ce moment je suis responsable administratif d’une UFR Physique, 1000 étudiants, 270 enseignants, 70 biatos avec les labos ; je n’ai qu’un supérieur hiérarchique, le Directeur de la composante, et bien entendu le secrétaire général et le président de l’Université)

Ils veulent ou me dégager de l’université ou tout au moins être sûrs que je ne sois pas à un poste politique où je pourrai avoir des infos stratégiques.
J’ai refusé immédiatement ces postes. S’en est alors suivie une attaque professionnelle en règle (« sans lien avec la grève », me fut-il assuré), faite de rumeurs et prétendus commérages

Depuis, je suis placardisé. Mes collaborateurs ont reçu ordre de ne plus me mettre en copie de leurs mels, et de ne plus me donner d’informations. Des groupes de travail, des réunions, se font constamment sans que j’en sois informé.

Aujourd’hui, le dernier dossier que j’avais en charge m’a été retiré.

J’attends la suite

Des syndicats ont proposé de négocier avec la direction qu’ils me placent dans un autre poste à responsabilité et salaire équivalent, et seulement si cette demande était refusé de réagir aux pressions qui me sont faites.
Je me permettrai de continuer à vous tenir informé des pressions et menaces qui me sont faites, au lendemain de la grève, « sans aucun lien, bien évidemment, avec celle-ci »

Et vive l’entreprise universitaire. »

L’université : irréformable ou malade de la réforme ?

Plusieurs tables rondes sont prévues : «  bilan et perspectives de l’autonomie des universités », « quel statut pour les universitaires ? », « quelles formations pour quels diplomes ? » ou encore « quel rôle pour l’université dans la recherche et l’innovation française ? ».

A noter la participation de nombreux acteurs de l’enseignement supérieur et la recherche :
Olivier Beaud, professeur à l’université Paris 2, Jean-Louis Charlet, professeur de latin à l’université de Provence, président d’Autonome Sup (Fédération Nationale des Syndicats Autonomes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche), Benoist Apparu, député UMP, rapporteur de la loi LRU, Claire Guichet, étudiante présidente de la Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE), Isabelle This Saint-Jean, professeur d’économie à l’université Paris 13, présidente de Sauvons la recherche (SLR), Vincent Berger, président de l’université Paris 7, etc.

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, clôturera la rencontre.

Lieu : Paris (Immeuble Chaban-Delmas, Salle Lamartine, 101, rue de l’Université)
16 juin 2009 (9h00 – 17h00)

Contact : Fax : 01.40.63.95.31, dfasquelle@assemblee-nationale.fr

Samedi 6 Juin : 4ème Coordination Nationale Formation des Enseignants

Coordination Nationale Formation des Enseignants (CNFDE)

INVITATION

Chers collègues et amis,

Veuillez trouver ci-après le dernier communiqué du secrétariat de la CNFDE, rappelant la tenue de la 4e coordination nationale formation des enseignants samedi prochain à Paris et précisant son ordre du jour. Je suis chargé de vous confirmer que la coordination nationale des universités est invitée. Les participants seront intéressés de vous entendre exposer vos positions sur les projets de réforme de la formation des enseignants et leur contexte. La coordination FDE sera vraisemblablement amenée à faire des propositions d’actions communes.

Coordination Nationale Formation des Enseignants (CNFDE)

COMMUNIQUÉ
Réunion nationale du samedi 6 juin à Paris : une étape décisive

Tandis que le ministre de l’éducation nationale persiste dans sa tentative de publication des décrets réformant le recrutement des enseignants, de très nombreuses voix s’élèvent pour exiger l’arrêt immédiat de ce processus, incompatible avec la tenue de « groupes de travail » et les travaux de la commission dite « de concertation » Marois-Filâtre. C’est ce que demandent, avec la plupart des syndicats, la CDIUFM, la CDUS (directeurs d’UFR scientifiques), la CDUL (directeurs d’UFR de Lettres et Sciences humaines), les directeurs des ENS, etc. La CPU va jusqu’à menacer de saborder la commission Marois-Filâtre si le gouvernement ne retire pas très vite de ces décrets les dispositions ayant une portée permanente. Ces déclarations et leur ton montrent que, malgré l’abstention du SNES et le refus de vote du SNEP au CTPMEN du 28 mai, il est encore possible d’empêcher le coup de force réglementaire de Xavier Darcos.

Dans ce contexte, la quatrième réunion de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants, samedi 6 juin à Paris, sera une étape décisive dans l’action pour défendre une formation des enseignants et des CPE de qualité. Elle devra faire le point sur :

* les décrets que le ministère voudrait promulguer ;
* les informations données au sein des « Groupes de travail », qui précisent le tableau de la situation, les positions des syndicats, la « commission de concertation » Marois-Filâtre, les « États Généraux », etc. ;
* les journées de réflexion organisées par divers collectifs et leurs prolongements, la mobilisation et l’état d’esprit des formateurs, des stagiaires et des étudiants ;
* plus généralement, le rapport des forces un an après l’annonce du projet de réforme.

Elle devra décider des actions que la gravité de la situation actuelle rend nécessaires avant la fin de l’année universitaire afin d’obtenir le maintien des plans et des conditions de formation actuels pour les lauréats des concours 2010, comme nous le demandons depuis la dernière coordination (du 4 avril), et l’arrêt du processus réglementaire lancé par le gouvernement. Elle aura à envisager comment se poursuivra le mouvement dès les premiers jours de la prochaine rentrée.

La coordination se réunira de 9 h 30 à 16 h 30 dans les locaux de l’université Sorbonne Nouvelle (Paris 3), site de Censier (13, rue de Santeuil, Paris 5e, métro Censier-Daubenton, ligne 7).

Le secrétariat de la CNFDE, mardi 2 juin 2009

Motions de la 11ème CNU

11e Coordination nationale des universités

Paris 13 – Villetaneuse

La 11e Coordination nationale des Universités, qui s’est tenue le 3 juin 2009 à l’Université Paris 13, a rassemblé 31 établissements (universités et organismes) et 7 organisations (sociétés savantes, associations et syndicats). L’intervention d’une représentante de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a permis de souligner la similitude entre les réformes qui affectent l’ensemble du service public, ainsi que la nécessité de renforcer la convergence des mobilisations.

Motion « Mastérisation »
Ignorant les oppositions fortes qui se sont exprimées depuis plusieurs mois, le gouvernement précipite son projet de réforme du recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré. Se jouant de la commission de concertation Marois-Filâtre qu’il avait lui-même mise en place, il a fait adopter, dès le 28 mai, en Comité Technique Paritaire Ministériel de l’Éducation Nationale, un arsenal de décrets détaillant les dispositions transitoires et permanentes concernant les conditions de candidature aux concours et de nomination comme fonctionnaire stagiaire. Il rend caducs les travaux de la commission, en fixant de fait le calendrier des concours.

Ce nouveau manquement au processus démocratique de décision, inspiré par des stratégies cyniques, qui a entraîné les réactions indignées des syndicats, des collectifs, de la CNU, et même de la CPU et des directeurs des Écoles Normales Supérieures et des IUFM, montre que, pour cette réforme aussi, la volonté de concertation affichée par le gouvernement n’est qu’une façade.

Nous déplorons l’abstention de la FSU et du Syndicat Autonome, lors du Comité Technique Paritaire du 28 mai 2009. La CNU appelle à l’unanimité que tous les syndicats votent contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009.

Nous réaffirmons notre opposition à cette réforme qui entraîne notamment :
o l’affaiblissement de la formation disciplinaire et pédagogique des futurs enseignants ;
o la mise en danger des masters recherche dans la plupart des disciplines ;
o l’allongement d’un an de la formation non rémunérée des futurs enseignants ;
o la remise en cause du caractère national du recrutement par concours ;
o la création d’une catégorie des « reçus-collés » (étudiants qui auraient obtenu leur master mais échoué au concours), qui institutionnalisera la précarité, présageant du démantèlement du service public d’enseignement.

Nous appelons les personnels et les composantes à une réponse collective, en multipliant les points d’accord entre UFR et IUFM. Comme cette année, nous appelons à la non-remise des maquettes des masters « métiers de l’enseignement ». Forts de notre action commune, nous refusons de collaborer à cette réforme que nous jugeons néfaste pour l’avenir de l’éducation.

Motion « Statuts »
La Coordination Nationale des Universités (CNU) s’oppose à la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’instauration d’une mise en concurrence des personnels de toutes catégories et des établissements d’éducation et de recherche,  préjudiciable à l’action collective au service du savoir et des étudiants.

Elle récuse la réorganisation du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’introduction des règles de management issues du domaine privé et de critères de rentabilité dans l’enseignement supérieur et la recherche, la précarisation systématisée des doctorants par le contrat doctoral unique, la modulation des services instituée par le décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, l’approche quantitative de l’activité de recherche, la modulation des rémunérations et les contrats d’objectifs imposés aux personnels BIATOSS et ITA, la multiplication croissante et chronophage des procédures bureaucratiques de contrôle et de demande de financement au détriment de l’activité de tous les personnels de l’Université et des organismes. La CNU dénonce la logique qui anime l’ensemble des réformes relatives aux statuts de la Fonction publique, dans un mépris total des principes qui régissent les biens publics, comme le savoir ou la santé.

La mission humaniste de l’enseignement supérieur et de la recherche réside dans l’élaboration de la connaissance et la transmission du savoir.

Cette mission est menacée par une définition du temps de travail des enseignants-chercheurs qui ignore délibérément le temps nécessairement consacré à la culture, à la réflexion et au renouvellement des savoirs disciplinaires. Elle nécessite une indépendance effective des enseignants-chercheurs, qui doivent pouvoir développer sereinement et librement leurs activités, sans être soumis à une logique productiviste dépourvue de sens en matière d’enseignement et de recherche. Son bon accomplissement est incompatible avec la possibilité d’augmenter les charges de service au détriment de l’activité de recherche,  ainsi qu’avec l’évaluation de la recherche en termes de résultats quantitatifs.

La mission de service public est incompatible avec la vision purement économiste, baptisée « culture du résultat » et imposée à l’ensemble des personnels. Elle est en opposition avec une mission de service public rendu équitablement à tous. Dans un contexte de raréfaction budgétaire et de répartition des moyens à la performance et à l’activité, la mise en concurrence des agents et des services ne peut que nuire à l’égalité d’accès au savoir sur tout le territoire et à l’intégrité des services. La CNU dénonce plus largement les réformes coordonnées par la Révision Générale des Politiques Publiques, inspirées par une rentabilité à court terme indifférente aux enjeux de société.

En conséquence, la CNU continue d’exiger le retrait de l’ensemble des réformes destructrices de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle réclame l’abrogation de la loi LRU, des décrets relatifs au statut des enseignants-chercheurs, au contrat doctoral unique, au statut des fonctionnaires publics d’État et à la rémunération à la performance, la cessation du processus d’externalisation des tâches administratives et techniques, la restitution des postes supprimés en 2009 et une création massive d’emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche publics.

Motion « Postes et Moyens »
L’annonce faite par Valérie Pécresse, le 26 mai dernier, de ne supprimer aucun emploi d’enseignant et/ou chercheur en 2010 et en 2011 dans les universités et dans les organismes de recherche ne constitue pas une réponse à la crise que traversent actuellement l’Université et la Recherche publiques, d’autant qu’elle a annoncé, à plusieurs reprises, que des postes de BIATOSS de catégorie C seraient, eux, supprimés. Par son refus de mettre en place un plan pluriannuel de création d’emplois et du fait des incertitudes qui continuent à peser sur le nouveau système d’allocation des moyens à la performance et à l’activité, le gouvernement marque sa volonté délibérée de poursuivre une politique qui vise à affaiblir l’Université, en l’appauvrissant. Il n’apporte pas plus de réponse sur la question de l’amélioration du statut étudiant, alors que les difficultés sociales et économiques constituent l’une des principales causes d’échec dans l’enseignement supérieur.

Seul un véritable engagement financier de l’État, en direction des établissements et des étudiants, est susceptible d’assurer le rattrapage des moyens alloués aux étudiants d’université, notoirement insuffisants par rapport aux autres filières de l’enseignement supérieur. De ce point de vue, la mise en place de prêts étudiants, l’augmentation des frais d’inscription ou le recours aux fonds privés, si souvent évoqués, ne sont que de fausses solutions, aussi dangereuses qu’inefficaces, qui ne feront qu’accroître les inégalités entre établissements et entre étudiants.

L’annonce du 26 mai 2009 ne met pas non plus un coup d’arrêt à la casse des organismes publics de recherche. En la matière, la communauté universitaire et scientifique s’alarme du mouvement de « désumérisation » qui affecte nombre d’unités mixtes de recherche (UMR) ; ce mouvement, qui se poursuit dans l’ombre, sans aucune transparence sur son ampleur et sur les critères de décision utilisés par l’administration, participe de l’affaiblissement du lien entre enseignement supérieur et recherche, qui a fait jusqu’à présent la force du système français. Il s’appuie sur une stratégie de division des différents acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en promettant aux uns les dépouilles des autres. Nous savons que personne ne gagne à de tels calculs cyniques.

Notre détermination à défendre simultanément l’Université et les Organismes de recherche dans le cadre d’un service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, fondé sur les principes de laïcité et d’indépendance à l’égard des pouvoirs économiques, politiques et religieux, reste entière.

Motion « Actions »
Après 17 semaines de grève dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, le gouvernement reste sourd aux revendications légitimes des personnels et des étudiants. Maniant la démagogie, les provocations, les menaces et la désinformation, il a instrumentalisé la question des examens et de la validation de l’année universitaire pour mieux occulter les revendications fondamentales de notre mouvement : la défense et le renforcement d’un véritable service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Nous avons démontré notre capacité à préserver les intérêts des étudiants d’aujourd’hui sans sacrifier les étudiants de demain.

Conscients de ces temporalités multiples et du caractère structurel des réformes qui nous sont imposées, nous sommes aujourd’hui plus déterminés que jamais à poursuivre notre combat dès maintenant et dans la durée.

Nous pouvons pour cela nous appuyer sur une conscience collective forte des enjeux, ainsi que sur des réseaux de solidarité qui se sont constitués depuis le début de notre mouvement aux échelles locales, académiques et nationales, et qui trouvent aujourd’hui des résonances au niveau européen.

Cette construction d’une identité collective, intercatégorielle et interdisciplinaire, dans nos pratiques pédagogiques et scientifiques et dans les actions et les débats de fond que nous menons, constitue de fait une salutaire réappropriation de l’Université. Elle s’élève déjà contre les logiques d’autoritarisme ministériel et de soumission aux forces économiques qui se cachent derrière la rhétorique de l’autonomie. Le mouvement continue !

La 11e CNU apporte son plein soutien à toutes les initiatives locales qui s’inscrivent dans notre combat collectif.

Par ailleurs, s’agissant de la mastérisation, elle appelle :
* la communauté universitaire à ne pas élaborer les maquettes et/ou à ne pas les faire remonter ;
* les syndicats à voter contre les décrets présentés au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009 et tous les membres de la Commission Marois-Filâtre à s’en retirer ;
* à diffuser auprès des enseignants du primaire et du secondaire une lettre ouverte, qui sera écrite par les porte-parole de la CNU.

S’agissant des statuts, elle appelle :
* à faire voter par les Conseils d’administration des établissements un engagement à ne pas mettre en place la modulation des services, les entretiens professionnels et les chaires d’excellence ; à signer la pétition ( http://www.jussieu.ras.eu.org/entretiens ) ;
* les membres du Conseil National des Universités à refuser de procéder à l’évaluation de leurs collègues dans le cadre de la modulation de service ;
* les personnels de toute catégorie à refuser de façon coordonnée tout travail supplémentaire non pris en considération, dès lors qu’il ne correspond pas à une décharge ou qu’il n’est pas rémunéré ;
* à refuser d’assurer les heures complémentaires au-delà de 192 heures équivalent TD ; à établir lors des pré-rentrées un bilan des postes manquants et de l’emploi précaire et à mener une campagne sur ce sujet ;
* à refuser les mesures régressives du nouveau contrat doctoral et à maintenir les tâches des doctorants dans les domaines exclusifs de la recherche et de l’enseignement.

Elle appelle en outre à participer à :
* la ronde infinie des obstinés de midi à minuit, organisée du 2 au 6 juin à Paris et en province.
* la Marche de tous les savoirs, à l’initiative de SLR, le 4 juin ;
* la 4e réunion de la Coordination nationale des BIATOSS et ITA et à la 4e réunion de la Coordination nationale de la Formation des Enseignants, le 6 juin ;
* une campagne de renvoi des bulletins de vote inutilisés aux candidats aux élections européennes, avec la mention « Universitaires en Colère », le 7 juin ;
* la 4e réunion de la Coordination nationale des Laboratoires en Lutte, le 9 juin ;
* la nuit des universités organisée à Paris 8 Vincennes—St-Denis, le 12 juin ;
* la manifestation unitaire à l’initiative des confédérations syndicales, le 13 juin ;
* la ronde des obstinés des 24h du Mans, le 13 juin ;
* la rencontre que la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte se propose d’organiser à Paris le 24 juin,  à l’occasion de la tenue du Conseil d’administration du CNRS au CERN (Lausanne, Suisse) ;
* la distribution de tracts lors des épreuves du baccalauréat et lors des inscriptions des lauréats.

La Coordination Nationale des Universités invite l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique à participer aux « Rencontres d’été de la CNU » que l’université Paris 7 organise les 27 et 28 juin 2009.

Enfin, les représentants des Universités, associations, sociétés savantes et syndicats réunis ce jour annoncent que la 12e réunion de la Coordination Nationale des Universités se tiendra le mercredi 30 septembre 2009 à l’Université Paris 8.
Autres actions envisagées
Tout en soutenant les collègues engagés dans diverses actions locales, comme les démissions des responsabilités administratives et pédagogiques, le refus de siéger dans les conseils, la rétention des notes et la non-tenue des jurys, la CNU appelle les personnels à :

– concernant la mastérisation :
o alerter les élus locaux et les inciter à prendre la défense du service public de l’enseignement ;
o sensibiliser les inspecteurs d’académie ;
o organiser des journées de discussion UFR-IUFM ;

– concernant les statuts :
o déposer des recours contre les décrets ;
o se positionner contre la modulation et les entretiens professionnels dans toutes les instances où ils peuvent siéger (Conseils de laboratoire et d’institut, Conseils d’administration, Comités Techniques Paritaires, Commissions Administratives Paritaires, Conseils d’UFR et de département…) ;
o demander tous une modulation à la baisse et à contester la décision en cas de refus, si l’établissement a mis en place des possibilités de modulation de service ;
o refuser la mise en place des entretiens professionnels au sein des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche ;

– de façon plus générale :
o boycotter les jurys du bac ;
o boycotter la vague A des évaluations de l’AERES, en envoyant leur rapport à leur organisme de tutelle et non à l’AERES ;
o boycotter les expertises ANR et les appels d’offres ;
o exiger le report de l’examen par les Conseils d’administration du passage aux compétences élargies et à organiser des campagnes d’information préalables dans chaque établissement ; elle appelle les Conseils d’administration à refuser le passage aux compétences élargies ;
o organiser des consultations locales sur les réformes en cours et à en centraliser les résultats ;
o maintenir et développer les formes alternatives d’enseignement (cours ouverts, universités populaires…) comme forme de réappropriation des missions fondamentales de l’université ;
o demander aux présidents d’université de banaliser une demi-journée par semaine pour que la mobilisation puisse s’organiser et que puissent se tenir régulièrement des assemblées générales ;
o constituer un comité de solidarité et de veille sur la répression ;
o créer un réseau européen interuniversitaire ;
o signer la pétition « appel par anticipation à la démission de Claude Allègre de son nouveau poste de ministre »;  (www.jussieu.ras.eu.org/allegre) ;
o participer aux « Quartiers d’été de l’Université » en  organisant des actions à l’occasion des événements marquants de l’été (festivals, étapes du Tour de France, plages…).

Réunion nationale du samedi 6 juin à Paris : une étape décisive (CNFDE)

Coordination Nationale Formation des Enseignants (CNFDE)

COMMUNIQUÉ
Réunion nationale du samedi 6 juin à Paris : une étape décisive
Tandis que le ministre de l’éducation nationale persiste dans sa tentative de publication des décrets réformant le recrutement des enseignants, de très nombreuses voix s’élèvent pour exiger l’arrêt immédiat de ce processus, incompatible avec la tenue de « groupes de travail » et les travaux de la commission dite « de concertation » Marois-Filâtre. C’est ce que demandent, avec la plupart des syndicats, la CDIUFM, la CDUS (directeurs d’UFR scientifiques), la CDUL (directeurs d’UFR de Lettres et Sciences humaines), les directeurs des ENS, etc. La CPU va jusqu’à menacer de saborder la commission Marois-Filâtre si le gouvernement ne retire pas très vite de ces décrets les dispositions ayant une portée permanente. Ces déclarations et leur ton montrent que, malgré l’abstention du SNES et le refus de vote du SNEP au CTPMEN du 28 mai, il est encore possible
d’empêcher le coup de force réglementaire de Xavier Darcos.
Dans ce contexte, la quatrième réunion de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants, samedi 6 juin à Paris, sera une étape décisive dans l’action pour défendre une formation des enseignants et des CPE de qualité. Elle devra faire le point sur :

  • – les décrets que le ministère voudrait promulguer ; 
  • – les informations données au sein des « Groupes de travail », qui précisent le tableau de la situation, les positions des syndicats, la « commission de concertation » Marois-Filâtre, les « États Généraux », etc. ;
  • – les journées de réflexion organisées par divers collectifs et leurs prolongements, la mobilisation et l’état d’esprit des formateurs, des stagiaires et des étudiants ;
  • – plus généralement, le rapport des forces un an après l’annonce du projet de réforme.

Elle devra décider des actions que la gravité de la situation actuelle rend nécessaires avant la fin de l’année universitaire afin
d’obtenir le maintien des plans et des conditions de formation actuels pour les lauréats des concours 2010, comme nous le demandons depuis la dernière coordination (du 4 avril), et l’arrêt du processus réglementaire lancé par le gouvernement. Elle aura à envisager comment se poursuivra le mouvement dès les premiers jours de la prochaine rentrée.

La coordination se réunira de 9 h 30 à 16 h 30 dans les locaux de l’université Sorbonne Nouvelle (Paris 3), site de Censier (13, rue de Santeuil, Paris 5e, métro Censier-Daubenton, ligne 7).

Le secrétariat de la CNFDE, mardi 2 juin 2009

François Fillon : « C’est la première fois (…) qu’un gouvernement est capable de résister à un mouvement social comme celui qui a perturbé l’université »

AP | 02.06.2009 | 21:36
Le Premier ministre François Fillon s’est dit « fier » mardi que son gouvernement ait été « capable de résister » au mouvement social dans les universités tout en tenant bon « sur l’essentiel ».
« C’est la première fois en réalité depuis la réforme de l’université de 1984 qu’un gouvernement est capable de résister à un mouvement social comme celui qui a perturbé l’université », s’est-il félicité lors d’un meeting de l’UMP à Clermont-Ferrand. « Nous n’avons pas résisté en faisant la sourde oreille », a-t-il assuré, « nous avons écouté, modifié nos textes, renégocié, mais nous avons tenu bon sur l’essentiel », a-t-il avancé.
« Ce que nous avons fait sera jugé par l’histoire comme le moment du début de la renaissance de l’université française et je veux vous dire ce soir que je suis fier d’avoir conduit le gouvernement dans ces difficultés », a encore dit le Premier ministre.
Après plusieurs mois de conflit, et après avoir obtenu de sérieuses modification des réformes contestées, le mouvement de contestation des universitaires s’est calmé en mai, alors que les examens de fin d’année approchaient. AP (info. reproduite par Le Nouvel Obs)

CNU 11 : délégations + hébergement + répression

Cher.e.s collègues

Un petit mail de précision sur l’organisation pratique de la 11ème CNU à Paris XIII, et la collecte d’informations que nous réalisons.

Concernant les délégations, nous vous rappelons qu’il serait bien de nous communiquer les noms des mandatés le plus rapidement possible après vos AGs, afin de faciliter le traitement des listes par notre comité d’organisation. Nous vous remercions aussi de préciser pour chaque mandaté son statut (EC, Biatoss, doctorant, étudiant…) et vous encourageons comme pour les dernières CNU à ce que vos délégations comprennent au moins trois représentants du personnel.
Enfin, je vous rappelle que des possibilités d’hébergement « chez l’habitant » existent, n’hésitez pas à nous préciser si vous désirez en profiter soit la veille (mardi 02) soit le soir (mercredi 03) de la CNU.

Concernant l’état des lieux de la répression, nous vous remercions de bien vouloir focaliser sur l’actualité, c’est-à-dire sur les répressions qui sont intervenues depuis la 10ème CNU. Concernant les points déjà mentionnés sur le bilan réalisé au moment de la 10ème CNU, une simple actualisation suffit (toujours d’actualité ou résolu, et si résolu merci de nous indiquer de quelle façon : intervention syndicale ou du comité de mobilisation, etc.).

Merci pour toutes ces informations et à mercredi pour la 11ème CNU.

Solidairement
Pour le comité d’organisation.

C’est reparti pour un tour !

C’est reparti pour un tour !
La Ronde des obstinés lance un appel aux candidats aux européennes.

Depuis plus de quatre mois, l’université française connaît un mouvement d’une force et d’une durée sans précédent.
Non seulement le gouvernement refuse de nous entendre, mais il s’est efforcé, durant ces dernières semaines, de dépolitiser le débat, de le réduire à la question des validations d’examens, alors qu’il ignore avec constance  la totalité de nos revendications, multipliant pressions, menaces, et parfois même actions répressives.

La Ronde infinie des obstinés lance donc un appel aux candidats aux élections européennes.

Rejoignez nous nombreux du 2 au 6 juin, de 12h à minuit devant le Panthéon !
Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.
Inscriptions sur : http://www.doodle.com/kcsdy84bb2tup5as
rondeinfinie@gmail.com
http://rondeinfinie.canalblog.com/

Lettre aux candidats :

100 heures pour faire de l’enseignement et de la recherche un débat de campagne.
« Il est plus que temps…»
À Mesdames et Messieurs les candidats aux élections européennes du 7 juin 2009, Pendant près de quatre mois, l’université française a vécu un mouvement de grève, de manifestations, d’occupations, de rondes infinies des obstinés. Nous, qui faisons, pensons, et rêvons l’université, nous, enseignants, chercheurs, personnels et étudiants, affirmons que les réformes actuelles qui atteignent l’université sont permises par la soumission du politique au champ économique.
Pendant près de quatre mois, nous avons fait face à une entreprise gouvernementale de propagande et de dénigrement délibéré de l’université, des hommes et des femmes qui la font vivre, une entreprise de destruction de son image et de sa fonction dans la société. Pourtant, pendant près de quatre mois, le mouvement de rejet des conséquences de la loi « Libertés et responsabilités des universités » (LRU) s’est renforcé parce que nous en mesurons tous aujourd’hui les vices profonds et le danger mortel qu’elle fait peser sur l’université : présidence toute-puissante, gestion managériale, marginalisation des critères scientifiques dans les prises de décisions, précarisation généralisée des personnels, explosion à terme des droits d’inscription. Cette loi produira en France ce qu’elle a produit partout où les mêmes principes sont déjà à l’oeuvre : gestion arbitraire des carrières et des équipes de
recherche, dépendance aux bailleurs de fonds privés, cloisonnement des savoirs, destruction de pans entiers de l’enseignement, injustice sociale croissante. Est-ce donc ainsi que l’Europe conçoit l’université et la recherche ?
En effet, à la fois bureaucratique dans son principe, autoritaire dans sa mise en oeuvre, et liberticide pour le monde universitaire dans ses effets, cette loi LRU n’est que la caricature française d’un processus qui confronte le système universitaire européen à une transformation et un reformatage, le volet académique de la soumission de l’ensemble de la société à la « main invisible du marché ». Les promoteurs de cette société et leurs artificiers nationaux ont associé à cette opération de destruction le nom de deux des plus anciennes universités européennes, celles de la Sorbonne (déclaration du 25 mai 1998) et de Bologne (déclaration du 19 juin 1999). Or, ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « processus de Bologne » et qui est au coeur de la politique universitaire européenne n’a jamais été discuté publiquement. Son inscription dans la Stratégie de Lisbonne (2000) a été suivie d’une série de conférences ministérielles et de sommets qui ont renforcé la soumission des acteurs de l’université à des objectifs utilitaristes à court terme. Ces orientations détruisent l’université comme lieu de formation de citoyens éclairés et pensants, elles
entendent forclore les valeurs d’élaboration et de transmission des savoirs sur lesquelles doivent reposer les universités européennes. En faisant mine de valoriser les missions de l’université, elles les nient. En imposant à l’université et à la recherche des règles managériales et des critères de gestion qui ne peuvent lui être appliquées, elles détruisent l’université comme lieu d’élaboration et de transmission d’un savoir libre et non contraint. Enfin, en s’appuyant sur la théorie du « capital humain », ces orientations conduisent désormais à faire payer aux étudiants le prix du désengagement public.
Il est donc temps d’affirmer que le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne ont pour fonction d’introduire dans les universités une concurrence généralisée placée sous les auspices de la rentabilité économique. Il est temps d’affirmer que la notion d’ « employabilité » n’est qu’un outil de destruction des savoirs humanistes qui sont au coeur de notre civilisation. Il est temps d’affirmer que la notion d’ « économie de la connaissance » dissimule la transformation de la connaissance en bien économique. Il est temps d’affirmer que le slogan d’ « adaptation de l’université à la société » ne dit pas que cette société est réduite à sa seule finalité économique. Aujourd’hui, nous affirmons que l’adaptation de l’université européenne ne passe pas nécessairement par sa réduction utilitariste à l’employabilité de ses diplômés. Nous refusons la soumission de l’université à
une logique marchande qui réduit le rationnel à ce qui est utile et calcule l’utilité à l’aune du profit.
L’université n’est pas le lieu du pur utilitarisme calculé en termes exclusivement économiques.
L’acquisition et l’invention des savoirs est un droit pour tous et ne peut être limité. Le savoir, la création et la recherche ne sont pas des marchandises, mais le bien de tous : ils ne sont pas à vendre.
Dans la dernière semaine de cette campagne, nous, citoyens obstinés qui ne demandons qu’à être éclairés sur vos ambitions pour l’université et la recherche, vous soumettons les interrogations suivantes :
1/ L’université a-t-elle vocation à être « gouvernée » comme une entreprise ? Le mariage systématique entre recherche et rentabilité est-il possible et même souhaitable ?
2/ Les personnels sont-ils les variables d’ajustement du nouveau modèle de « bonne gouvernance » ? Devront-ils désormais exercer leur métier sous la menace des retraits de financement pour hétérodoxie ou au premier coup de blizzard boursier ?
3/ La multiplication des structures bureaucratiques et administratives d’évaluation est-elle la « Nouvelle frontière » de la « qualité » universitaire ? L’émulation académique est-elle d’ailleurs réductible à la « concurrence non faussée » ?
4/ L’université doit-elle former des citoyens libres et pensants ou des salariés prêts à l’emploi ? Les étudiants devront-ils pallier le déficit d’investissement public dont nos universités ont souffert depuis près de trois décennies et qu’ils paient d’ores et déjà lourdement ?

En d’autres termes, à l’instar de l’association « Sauvons l’Université » (SLU) dont nous partageons les valeurs et les analyses, nous vous demandons aujourd’hui à vous, candidats à la députation européenne, une formulation claire de votre vision de l’université de demain. Nous vous demandons également de vous saisir du sujet fondamental qu’est la formation des générations futures de citoyens éclairés et libres. Il est encore temps de faire de la question de l’université et de la recherche, de la formation et de l’éducation un thème majeur de la campagne européenne et d’assumer devant le pays ou de rejeter avec force la soumission complète de l’université, de la recherche et du système d’éducation à la logique marchande et aux intérêts purement économiques.
Nous vous demandons d’affirmer avec la plus grande fermeté que l’éducation, l’université et la recherche sont un service public et non pas des « services », qu’elles ne peuvent en aucun cas être régies par les règles du marché, et d’en tirer toutes les conséquences. Nous ferons connaître les réponses que vous voudrez bien apporter à nos questions. Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.

Veuillez croire, Mesdames et Messieurs les candidats, en l’expression de nos sentiments les plus cordiaux.
Paris, le 29 mai 2009.
La Ronde infinie des obstinés

Au bout du mouvement des facs, le cadavre du savoir ? (Marianne 2)

Marianne 2 : http://www.marianne2.fr/Au-bout-du-mouvement-des-facs,-le-cadavre-du-savoir_a179966.html

Régis Soubrouillard-Marianne | Jeudi 28 Mai 2009 à 13:14
« En phase d’épuisement, le conflit qui opposait depuis trois mois les universitaires au duo Sarkozy-Pécresse s’avère un puissant révélateur des errements médiatiques et politiques qui travaillent la société française, et de l’épuisement de la société de la connaissance, transformée en machine à produire des résultats.

La désastreuse victoire  que le duo Sarkozy-Pécresse est en passe de remporter dans le conflit qui l’oppose depuis plus de trois mois aux universitaires et aux étudiants ne laisse pas d’étonner. Comme le jusqu’au-boutisme désespéré, le nihilisme « suicidaire », dont le Figaro crédite le dernier carré des Astérix de la culture. Cette victoire mérite que l’on s’interroge sur les conditions de sa possibilité.
Car en réalité, au-delà de l’affrontement politique, ce conflit gravissime à plus d’un titre et son issue prévisible apparaissent comme de précieux indicateurs des changements qui travaillent la société française, des indices de la mutation civilisationnelle en cours dans les pays développés. Comme l’a été d’ailleurs l’accession au pouvoir de Sarkozy lui-même. Sans ces changements, ils n’eussent pas été possibles.

Un silence assourdissant
Au bout du mouvement des facs, le cadavre du savoir?
De ce travail souterrain, ce sismographe rudimentaire que constitue le monde des médias (presse écrite et audiovisuelle), n’a rien perçu ni rien enregistré. A de très rares et timides exceptions près, un silence assourdissant a enveloppé un mouvement d’une ampleur et d’une durée exceptionnelles. Silence cependant rompu régulièrement par la reprise servile des communiqués ministériels  et ponctuellement par la dénonciation éventée du rôle de l’extrême gauche dans la radicalisation du conflit.
Les « raisons » invoquées de ce silence ? La méconnaissance par les médias, censés s’informer pour informer, du monde universitaire et de ses valeurs, de la complexité de la réforme, la lutte pour le pouvoir symbolique entre deux institutions concurrentes mais également déclinantes. Et, réalité ou (et) fantasme, l’auto-censure envisagée comme une conséquence de la complicité politique entre les médias et le pouvoir. »

Lire la suite sur Marianne 2 : http://www.marianne2.fr/Au-bout-du-mouvement-des-facs,-le-cadavre-du-savoir_a179966.html

Universités : pourquoi le mouvement des universités ne s’arrêtera pas !!

(communiqué des porte-parole de la 10ème CNU)
Pourquoi le mouvement des universités ne s’arrêtera pas
Alors que la fin de l’année universitaire approche, le mouvement de grève des universités entre dans son quatrième mois. Devant ce mouvement historique, le gouvernement persiste dans son refus de tout dialogue et de toute concertation. Pire, il a multiplié jusqu’au bout les provocations et les passages en force sur des projets unanimement rejetés par l’ensemble de la communauté universitaire.
La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et celui de l’éducation nationale, Valérie Pécresse et Xavier Darcos, ont orchestré ces dernières semaines une campagne systématique de désinformation, de dénigrement et de diffamation contre notre mouvement. Ils ont cherché, au mépris de toute évidence, à faire croire à la démobilisation des universitaires et au retour à la normale. Ils ont stigmatisé les enseignants et les étudiants en lutte, les faisant passer pour une minorité d’irresponsables. Ils ont tenté par tous les moyens d’opposer entre elles les différentes composantes de notre communauté, de dresser les étudiants contre les enseignants, les enseignants contre les personnels administratifs et techniques, les étudiants contre les étudiants. Ces ministres déconsidérés sont responsables de la plus grave crise qu’ait connue l’université française.
La communauté universitaire ensemble a décidé que les étudiants ne paieraient pas par la perte de leur année l’irresponsabilité ministérielle. Cela n’entame en rien notre unité ni notre détermination à combattre la politique inacceptable de ce gouvernement. Depuis le 2 février et parfois même plus tôt encore, c’est l’ensemble de la communauté universitaire, toutes tendances, toutes sensibilités et toutes catégories confondues qui est entrée en lutte pour défendre ce bien commun qui nous est cher, le service public d’enseignement et de recherche. Le gouvernement qui s’y attaque n’en a pas fini avec nous !
La loi LRU et le pacte pour la recherche appliquent à l’université et à la recherche les principes et les méthodes de l’entreprise privée. La « gouvernance » autoritaire remplace la collégialité et le fonctionnement démocratique. La mainmise des financements privés menace les libertés académiques, l’indépendance et la qualité de la recherche. La généralisation de la précarité et les externalisations de services aggravent les conditions de travail, en particulier pour les personnels de bibliothèques, administratifs et techniques. Les suppressions de postes, le désengagement financier de l’État et la mise en concurrence des établissements préparent une université paupérisée aux diplômes dévalorisés.
C’est un système profondément inégalitaire qui se met en place, où seuls les étudiants qui auront les moyens de payer des droits d’inscriptions importants pour accéder aux établissements les plus prestigieux pourront espérer un enseignement de qualité. En même temps, la réforme du recrutement des enseignants du primaire et du secondaire organise une dégradation catastrophique de leur formation avec un objectif purement budgétaire de réduction des coûts.
C’est cette logique que la communauté universitaire refuse. C’est pour cela que nous demandons que les textes dans lesquels elle s’incarne soient retirés, à commencer par la loi LRU et ses décrets d’applications. C’est à cette seule condition que pourrait se mettre en place un réel débat sur l’avenir du système d’enseignement supérieur et de recherche.
À travers l’université et la recherche, c’est toute la société qui est attaquée. C’est le principe même de l’égalité d’accès aux savoirs qui est menacé. Mais la politique universitaire du gouvernement s’inscrit aussi dans un cadre plus large, celui d’une attaque générale contre l’ensemble des services publics. La loi Bachelot applique à l’hôpital public les mêmes principes de rentabilité que la LRU à l’université. La Révision Générale des Politiques Publiques organise la suppression massive de postes de fonctionnaires, et la loi de mobilité prépare la possibilité de leur licenciement. Alors que la crise économique rend nos missions plus dures et plus indispensables que jamais et exige une politique ambitieuse de l’emploi public, c’est au contraire un projet global qui se met en place à travers la destruction systématique des services publics, celui d’une société plus injuste, plus brutale et plus inégalitaire.
Une attaque contre toute la société
Le savoir n’est pas une marchandise, l’université n’est pas une entreprise !
Parce que nous sommes face à un gouvernement qui a montré qu’il ne connaît et ne comprend que le rapport de force, notre détermination ne faiblira pas.
Parce que les enjeux de la bataille des universités dépassent largement les intérêts des seuls universitaires, nous continuerons à nous adresser à nos collègues de la fonction publique et, au-delà, à toute la société, pour, ensemble, construire une université de demain réellement publique, ouverte et démocratique.
Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités • Contact : porte-parole@cnu.lautre.net

CNU_25mai.pdf

IMPORTANT : 11ème CNU

La 11ème Coordination Nationale des Universités aura lieu à Paris 13, campus de Villetaneuse le 3 juin à 10h (accueil de 9h à 10h) et nous avons évidemment besoin de votre collaboration pour son bon déroulement.

Délégations:
Les délégations désignées par vos AG (5 personnes maximum) doivent nous faire savoir leur venue en écrivant à delegues@cnu11.org . Nous vous invitons à indiquer les catégories des mandatés.
Cette adresse sert également à recueillir les demandes d’hébergement en région parisienne.

Motions:
Nous accueillons toutes vos motions, propositions de motions et d’actions à l’adresse motions@cnu11.org avant samedi 19h (essayez de respecter cette limite !). Nous vous prions d’indiquer clairement en tête du message la nature de celui-ci : motion d’AG d’université, d’UFR, de conseil d’UFR, de CA, proposition personnelle, etc.

Etat de la mobilisation:
Nous comptons aussi sur vous pour établir un « état de la mobilisation ».  Merci de nous faire parvenir à l’adresse mobilisation@cnu11.org toutes les informations concernant la situation de votre établissement en renseignant les catégories suivantes établies par Marne-La-Vallée lors de la dernière CNU:
Rétention de notes
Grève
Grève perlées
Blocage
Démissions administratives
Boycott du bac
Examens normaux
Examens aménagés
Examens repoussés
Examens non tenus
Solutions adoptées de validation
Rétentions des notes du 2nd semestre
Actions locales (rondes, etc…)
Rattrapage du 2nd semestre

Nous ajoutons d’autres catégories concernant:
-les modes d’application de la LRU:
Modulation
Entretiens professionnels
Mise en place des compétences élargies
etc…
Merci de préciser si des résistances locales contre ces nouvelles procédures se sont mises en place.

-les consultations/ referendum sur les réformes en cours que certaines universités ont mis en place:
Questions posées, résultats, participation, modalités d’organisation…

Répression:

Nous établissons une synthèse des actes de répression que personnels et étudiants mobilisés ont pu subir, qu’ils soient de nature policière, administrative ou hierarchique. Faites-nous parvenir les informations les plus précises possibles à l’adresse repression@cnu11.org

Enfin, nous attendons vos propositions indviduelles et collectives sur la suite du mouvement.

Bien cordialement,
pour le comité d’organisation de la 11ème Coordination Nationale des Universités.

Marche de tous les savoirs (Academic Pride) : le 4 Juin !

La marche de tous les savoirs « Academic Pride »
Le jeudi 4 juin 2009 aura lieu la deuxième édition de « La marche de tous les savoirs (Academic Pride) » organisée par SLR (« Sauvons la recherche) avec les principales associations et syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche. Toutes les personnes attachées à la transmission et au développement des savoirs sont invitées à marcher le 4 juin 2009 dans plusieurs villes de France. A Paris, le départ aura lieu à 14h00 devant la Maison des Sciences de l’Homme. Pour plus de détails et pour toutes les manifestations, pour des suggestions de panneaux et affiches, voir le site http://www.academicpride.fr.nf
« La marche de tous les savoirs (Academic Pride) » sera l’occasion pour toutes celles et ceux qui défendent l’importance du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ES&R), d’affirmer publiquement la fierté des métiers qui font vivre ce bien commun, et des valeurs qui les fondent. Ils diront qu’ils sont debout, pour défendre ces valeurs, qui sont menacées.
Ce rassemblement de tous les acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche se déroulera alors que se poursuit l’un des mouvements sociaux les plus durs qu’ait connu ce secteur. Par son importance et sa durée il s’agit d’un conflit exceptionnel qui, derrière les questions institutionnelles et de statut, voit s’opposer deux conceptions de la place du savoir dans notre
société. Dans la conception gouvernementale de « l’économie de la connaissance » déclinaison nationale de la « stratégie européenne de Lisbonne », la connaissance doit avant tout être au service de l’économie. Il en découle un nouveau mode d’organisation de l1enseignement supérieur et de la recherche calqué sur celui des du secteur privé, qui met en concurrence les institutions publiques pour maximiser leur rentabilité, mesurée via des indicateurs standardisés. A l’opposé de cette
vision utilitariste et élitiste du savoir portée par le pouvoir, nous défendons une vision humaniste et sociale qui est au coeur des valeurs de service public. Face au mépris affiché par le gouvernement et à son refus de toute concertation nous affirmerons à l’occasion de « La marche de tous les savoirs (Academic Pride) » la fierté que nous éprouvons à exercer nos métiers et la fierté de nos réussites, des plus discrètes jusqu’aux plus visibles, qui obtiennent des récompenses internationales (Médaille Fields en 2006, prix Turing et prix Nobel en 2007 et 2008) et qui consacrent le travail de très longue haleine mené par des équipes. Nous affirmerons que nous sommes fiers de transmettre ces connaissances et de faire de nos étudiants, quelle que soient leur
origine sociale, des citoyens plus libres et plus autonomes dans leur pensée.
Le 4 juin 2009 sera l’occasion de redire que le gouvernement fait un choix irresponsable en cassant le système existant, en manifestant son mépris pour l’avis des professionnels qui font fonctionner le service public l’enseignement supérieur et de la recherche. Les différentes « réformes » et réorganisations mises en place depuis quatre ans (ANR, pacte sur la recherche, AERES, LRU, démantèlement des organismes de recherche) créent un climat d’incertitude profondément déstabilisant au quotidien pour les équipes de recherche et les universités. La volonté de « réduire les coûts » en précarisant de plus en plus les emplois scientifiques est particulièrement délétère pour les jeunes qui renoncent de plus en plus à s’engager dans des carrières scientifiques ou à les poursuivre, puisque le gouvernement ferme leur horizon quand il faudrait l’ouvrir. Les dégâts créés sont déjà désastreux et seront très difficiles à réparer.

Les choix du gouvernement français ne sont hélas pas isolés en Europe. L’attaque contre le système de l’ES&R dans l’Italie de Berlusconi est encore plus violente qu’en France, et a fait descendre dans la rue des millions d’Italiens. En Allemagne, un grand mouvement de protestation contre les attaques dont fait l’objet le système allemand d’ES&R va déclencher une semaine
d’actions et grèves massives, prévues pour la mi-juin. Avec nos collègues italiens, allemands et autres européens, nous devons dire très fort que l’Europe dont nous rêvons n’est pas une Europe où les services publics seront laminés, mais une Europe où les gouvernements défendent les biens communs y compris une connaissance au services des hommes et non pas de la rentabilité.
Le 4 juin 2009, la « Marche de tous les savoirs (Academic Pride) » sera aussi un moment fort pour la défense de cette Europe-là.

Plus d’infos (et d’autres possibilités d’affiches) sur le site http://www.academicpride.fr.nf/
RV le 4 juin à 14h au Métro Sèvres Babylone (Maison des Sciences de l’Homme). Direction le SERI (Salon Européen de la Recherche et l’Innovation) porte de Versailles : des sciences de l’homme (inutiles selon nos dirigeants) à l’innovation industrielle (utile selon eux). A nous, sur ce trajet, de faire entendre un autre discours !

Au premier rang il y aura des hors-statuts (doc, post-doc, ITA en CDD) mêlés à des personnalités scientifiques connues (plus les 6 présidents d’universités qui ont été à nos côtés, ayant signé un texte au Monde; ils ont été invités, on attend leur réponse). Ils défileront derrière une banderole ‘La Marche de tous les savoirs ». C’est ensuite seulement qu’arrivera la banderole Academic Pride et le reste de la marche.

Le mardi 2 juin à 12h aura lieu à l’Institut Cochin (amphi Luton, 24 rue du Fg St Jacques) une Assemblée Générale ouverte à tous. On y parlera de :
Bilan du mouvement/conflit en cours dans l’enseignement Supérieur et la Recherche. Quelles perspectives ? Préparation de l’Academic Pride.

Animation du défilé : il faut continuer à faire appel à toutes les initiatives et bonnes volontés pour multiplier ces animations. Nous avons prévu de grandes photos de Darwin, Marie Curie, Simone de Beauvoir, Barbara Mc Clintock, Newton, Galilée Maxwell, Einstein, Bourdieu, Freud, Pasteur, avec des bandeaux-commentaires (La RAGE ! pour Pasteur, et autres qualificatifs : révolutionnaire, extrémiste, jusqu’au-boutiste, rebelle etc…)
Merci à toutes celles et ceux d’entre vous qui connaissent une ou deux personnalités scientifiques reconnues, de les solliciter pour être présent en tête de cortège.

Ci-dessous une série d’affichettes pour l’Academic Pride.

Communiqué de la section SNESup-FSU de l’Université de Toulon

Communiqué de la section SNESup-FSU de l’Université de Toulon
Mercredi 20 mai 2009

Intimidation et répression en guise de dialogue : la retenue de salaire abusive en guise de bâton.

Un petit nombre de personnel a reçu le mercredi 13 mai 2009 un courrier de l’administration centrale en accusé de réception leur signifiant que 98 jours de grève leur seront retenus pour « service non fait », « participation aux manifestations organisées par les grévistes » et « soutien au mouvement »(1).
Si la retenue des jours de grève constatés est chose normale, il est scandaleux d’utiliser la position de président d’université pour intimider et faire pression sur quelques personnes choisies on ne sait trop comment dans un mouvement qui dure depuis 15 semaines. C’est d’autant plus scandaleux et grave que parmi ces destinataires la plupart n’ont fait que participer aux manifestations ou aider à l’organisation d’actions « non perturbantes » en dehors de leurs heures de service. Manifestations et actions d’un mouvement plusieurs fois légitimé par l’administration sans pour autant faire grève (campus en ville, manifestation hors campus, kermesse, etc.). C’est d’autant plus troublant que tous les destinataires ont apparemment reçu la même lettre type alors qu’aucune procédure administrative ou individuelle n’a été mise en place par l’UTV pour dénombrer les grévistes conformément la circulaire du 30 juillet 2003 (2).

La section SNESup de Toulon dénonce cet acte inqualifiable et répressif uniquement mis en place pour intimider et non pas pour appliquer un décompte normal des jours de grève. Elle regrette encore une fois le manque de dialogue et la perte de contact de l’équipe présidentielle depuis de nombreuses semaines qui va de paire avec le comportement  de plus en plus autoritaire du président et de son équipe.
Elle appelle tous les personnels à faire savoir par quelque moyen que ce soit au président Laroussi Oueslati que si un retrait des jours de grève constatés de visu ou confirmés manuellement est chose normale, le retrait à l’aveuglette sur quelques personnes choisies est un acte immoral, répressif, à la limite de l’abus de pouvoir, et que soutenir publiquement un mouvement quel qu’il soit ne doit pas faire l’objet de sanction financière, ni de traitement spécifique lors de toute démarche administrative ultérieure.

La section SNESup de Toulon prend acte du fait que lors de l’assemblée générale du 19 mai le président de l’université de Toulon a déclaré avoir décrété unilatéralement l’annulation de ces décisions. Elle espère sincèrement que c’est un retour à la normale qui permettra la reconstruction d’un lien de confiance entre l’administration et ses administrés à l’université de Toulon.

La section SNESup soutiendra toutefois les destinataires de ces courriers dans leurs démarches auprès du tribunal administratif en attendant les courriers officiels individuels d’annulation. Elle rappelle qu’une caisse de solidarité est ouverte pour aider les personnels grévistes (Chèque à l’ordre du SNESup Toulon à transmettre à SNESup Toulon, Bât R).

(1) http://mounier.univ-tln.fr/dotclear/index.php/2009/05/19/547-rar98
(2) Circulaire du 30 juillet 2003 relative à la mise en oeuvre des retenues sur la rémunération des agents publics de l’Etat en cas de grève (http://www.droit.org/jo/20030805/FPPA0300123C.html)

Grève à l’université : les médias ont-ils failli ?

Un débat à couter sur télérama : http://www.telerama.fr/idees/greve-a-l-universite-les-medias-ont-ils-failli,43099.php
Un débat animé par Thierry Leclère
Préparé avec Sophie Lherm
Documentation : Sylvie Hombourger
Réalisation : Augustin Arbon

Nouvelles de Toulon : appel à la grève reconduit et examens non-organisés

Quelques nouvelles de Toulon :

– suite à l’AG du jour (env. 300 personnes présentes), reconduction de l’appel à la grève jusqu’au mardi 26 mai 12H30, date de la prochaine AG. Cet appel inclut les modalités d’action de rétention des notes, de démission administrative et de non organisation des examens conformément à l’appel de la CNU.

– sur le campus de Toulon, 12 étudiants et 1 EC ont entamé une grève de la faim pour obtenir satisfaction des  revendications suivantes : restitution des postes supprimés, abandon du système SYMPA (-30% de budget en 2009 à  Toulon), retrait de la réforme du statut des E/C, arrêt de la masterisation. Ils sont suivis par l’infirmière du campus, et des volontaires restent 24h/24h avec eux en cas de besoin en urgence. Pour suivre cette démarche sur Facebook : Groupe : Groupe de soutien aux grévistes de la faim de l’Université Sud Toulon Var
Lien facebook : http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid 6346002558
Encouragements à
coordination@intersyndic-tln.fr, Sujet : « Grève de la Faim »

– la Ronde des obstinés toulonnais se poursuit : prochain rendez-vous jeudi 21, place de la Liberté à Toulon (11h-19h, créneaux restreints pour cause de jour férié).

– le président de l’Université a annoncé aujourd’hui qu’il annulait unilatéralement la décision de retenue sur salaire prise à  l’encontre de 15 personnels de l’USTV. La coordination tient à souligner que cette démarche du président n’est le résultat d’aucune négociation (communiqués à venir).

Pour la coordination de Toulon.

Passage en force de la masterisation

(mail d’un collègue de l’université de Strasbourg)
Chers tous,
Le jour même où nous apprenons la composition de la commission Marois-Filâtre (qui n’a donc pas encore commencé à travailler en vue de rendre un rapport au 15 juillet), on découvre que les décrets réglementaires relatifs à la mastérisation sont déjà rédigés et que leur promulgation pourrait avoir lieu courant juin. Ces projets de décret sont inscrits à l’OJ de CTPMEN du 27 mai. Dans une succession et une gradation des coups de force, celui-ci atteint des sommets : les groupes de travail ont travaillé pour rien, la commission M-F devient potiche et les EG de la CDIUFM peuvent se transformer en agence comptable pour calculer les frais dépensés inutilement par les deux premiers qui, rappelons-le,  ont été mis en place par nos ministres.
Mes analyses critiques de noctambule en quête de démocratie étaient bien en-deçà de la terrible réalité : nous sommes entrés
dans une république bananière et poutinesque. Les négociateurs peuvent manger leur chapeau. Ils avaient été pourtant alertés
par des centaines de mises en garde et de protestations venant des bases les plus diverses. On peut espérer qu’il auront maintenant un peu compris qu’on ne négocie pas sans mandat avec un pouvoir qui bafoue quotidiennement la démocratie pour faire passer sur tous les service publics le rouleau compresseur ultra-libéral le plus puissant qui soit.
Une question, avant même l’analyse des décrets (catastrophiques et incohérents à mon sens, après une première lecture) : qu’est-ce qu’on fait?
Sommes-nous et demeurons-nous tétanisés par ce coup de force des coups de force qui intervient au moment le plus idoine des rattrapages, de la tenue des examens et de la fin de la mise aux pas des soit-disant derniers résistants (P4 et Lille ont craqué ce jour)? Ou bien ce coup de force crée-t-il un électrochoc qui nous rend plus conscients de la nature véritable de ce pouvoir, décuple notre énergie et nous fait entrer dans une résistance à la hauteur d’un adversaire qui développe une véritable stratégie de combat? Je répondrai pour ma part en portant mon regard vers trois directions :
– les actions locales qui continuent et montrent qu’on ne cédera pas : sujet d’exam envoyé à Pécresse par nos info-math, tribune des historiens (chapeau bas!) parue hier dans le Monde : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/18/universite-recherche-pourquoi-nous-ne-cederons-pas-par-des-enseignants-de-l-universite-de-strasbourg_1194867_3232.html
– les initiatives nationales qui montrent que des milliers d’EC et de C ont par exemple signé en quelques jours un manifeste (on peut avoir des réserves) pour une refondation de l’Université :
– la confiance dans notre force de proposition et de construction d’ une autre Université de Strasbourg. Les refondateurs appellent à des EG dans toutes les universités françaises : élaborons un projet solide pour la tenue d’Assises de l’UdS! Sans rien céder sur l’urgence des combats pour défendre la démocratie qui est plus que jamais en danger. C’était le sous-titre de l’appel II de Strasbourg qui ne perd rien de son actualité (http://appeldestrasbourg.unistra.fr )