Grenoble 3 vote pour la neutralisation du semestre.

(Info reprise depuis le site Fabula)

Alors que la fin de l’année scolaire approche, c’était l’heure de vérité à Stendhal. L’université organisait lundi une grande consultation pour décider démocratiquement de son avenir.

Les urnes ont parlé. Lundi 11 mai, 1226 étudiants, 183 enseignants-chercheurs et 109 personnels Biatoss avaient répondu présents à la consultation. L’ensemble a été clair  : Stendhal a rejeté a 54, 7 % la tenue d’examens, même adaptés aux circonstances. En revanche, elle a réclamé à 63% la neutralisation du semestre, assortie d’une “reprise des rencontres pédagogiques” (77,4 %).

Lire la suite : http://www.grenews.com/l-universite-stendhal-vote-pour-une-neutralisation-du-semestre-@/article.jspz?article=14881

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La ronde des obstinés se propage

Bonjour à tous les obstinés, très obstinés, futurs obstinés,

La ronde des obstinés grenoblois (comprenant à l’heure actuelle, des étudiants, des enseignants chercheurs, le collectif IUFM Grenoble, collectif école en danger, les RASED, des citoyens) continue de tourner…Elle tourne, elle tourne la ronde des obstinés grenoblois !!! Et elle est même très active :

·      Ce week end,  La ronde des obstinés grenoblois s’est invitée sur France-inter dans le 7/9 de Stéphane Paoli !!!
En lien avec le débat à la MC2 de Grenoble intitulé « Re-inventer la démocratie », la ronde  « Pour le maintien du service public et pour l’emploi » a tourné samedi matin dans le hall de la MC2 où se tenait le 7/9 de France inter (vous pouvez écouter le commentaire de Paoli, sur la ronde qui tournait à côté du plateau).
Cette intervention pacifique et publique de la ronde nous a ensuite permis d’accéder à la tribune du débat  sur l’éducation et la
recherche dans le grand théâtre. Un représentant des rondeurs a pu  ré-affirmer devant 200 enseignants-chercheurs, intellectuels, journalistes et grand public notre opposition sur les projets de réformes de Darcos-Pecresse sur la formation des enseignants, le décret des enseignants chercheurs, la loi LRU.
Par la même occasion, Stéphane Paoli a invité un représentant des « rondeurs » a participer au 7/9 du dimanche matin sur le thème « Education, Recherche et Démocratie » aux cotés de Bertrand Monthubert  (Ex SLR), Roger Establet,  Robert Castel et Eric Maurin (vous pouvez podcaster l’émission sur le site de France inter : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuf_dim/index.php )
·      La ronde des obstinés grenoblois pour « la défense des services publics et de l’emploi » a décidé de se prolonger au moins jusqu’au lundi 11 mai (23h)

Lundi 11 mai nous tournerons donc, toujours en centre ville de Grenoble :
– de 17h à 19h (place Félix Poulat)
– puis de 19h à 23h (place Notre Dame)

Nous proposons à tous les intéressés une réunion d’organisation de la ronde (qui décidera de sa reconduction ou non selon les forces en présence), le lundi 11 mai, à partir de 21h, sur la place Notre Dame. N’hésitez pas à venir faire part de vos suggestions !
Nous invitons, comme toujours, tous les acteurs des services publics à s’emparer de cette ronde (outil de convergence) afin d’informer les citoyens des réformes en cours dans leur secteur et de les interpeller sur les raisons du refus de ces réformes. Un planning « doodle » en ligne est disponible à l’adresse suivante http://www.doodle.com/56wdfdkc26iibyc9 afin d’inscrire les individus ou les groupes qui souhaiteraient participer à cette ronde ou l’animer pour
quelques heures.
Rendez vous donc lundi, à 21h, place notre dame pour continuer à faire vivre cette ronde citoyenne !!!

La ronde des obstinés se développe partout en France !!!

Devenue un symbole de la mobilisation actuelle contre le gouvernement  Sarkozy, lancée à Paris, la ronde infinie des obstinés se développe un peu partout… Après Paris, c’est donc Grenoble qui s’en est saisit mais nous recensons des rondes aussi à Lyon, Montpellier, Limoges, Rouen, Poitiers, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon. Une coordination nationale des rondes est également en train de se former. Cette nouvelle forme de lutte, s’avère être efficace et originale.
Continuons de la propager partout en France, afin de montrer notre obstination face à un gouvernement qui s’obstine à faire passer ces réformes. Continuons de tourner à Grenoble, pour que les citoyens, eux, nous entendent !

A très bientôt, dans la ronde, obstinément votre…   LA ronde des obstinés grenoblois

Repos Pascal

Voici un excellent communiqué des universités grenobloises :

REPOS PASCAL

Communiqué de presse du 10/4/9

Suite à une période de 10 semaines intenses de mobilisation et d’actions, les syndicats signataires de l’enseignement supérieur et de la recherche de Grenoble souhaitent informer la population que la semaine du 13 au 17 avril sera une semaine de repos pour les services de l’ordre public.

Nous pensons en effet aux 17 millions d’heures supplémentaires déjà effectuées par les collègues de la Police Nationale qui ne sont toujours pas payées. D’autre part le non remplacement des 10 000 postes liés au départ en retraite d’ici 2012 va accroître la surcharge de ces fonctionnaires d’Etat.

Nous demandons donc au Gouvernement la régularisation des heures supplémentaires non payées à nos collègues policiers ainsi que les restitutions des 10 000 postes non remplacés, afin que nous puissions à partir du 20 avril manifester en toute sécurité.

Si à la fin de la semaine prochaine ces revendications ne sont pas prises en compte, nous appelons les collègues de la Police Nationale à nous rejoindre dans la lutte pour la défense des services Publics seuls garants d’une république libre, égale pour tous et fraternelle.

Note : 17 millions d’heures supplémentaires correspondent à 10570 postes de fonctionnaires, soit deux années du plan pluriannuel de créations d’emplois revendiqué par les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche

SNTRS CGT
FercSup CGT
Sud Education (campus)
Sud Recherche EPST

Prise de la Bastille à Grenoble : un succès

C’est fait! Nous avons cette après-midi pris la Bastille de Grenoble, pour libérer l’éducation des chaines de la marchandisation, du mépris et de l’ignorance! Voici quelques liens. Nous n’abdiquerons pas!

Prise de la Bastille … à Grenoble

Les étudiants des Sciences-Humaines de Grenoble sont toujours aussi actifs, et imaginatifs dans le mouvement! Ce mercredi 25, un cours alternatif est organisé au centre-ville, place aux Herbes à 14H30.
Aux alentours de 15H30, une actions très symbolique est organisée: la Prise de la Bastille. Nous possédons à Grenoble notre bastille, et des délégations d’étudiants, EC vont y monter pour y « délivrer l’éducation », et la libérer des « chaines du mépris et de l’ignorance! » Plusieurs actions émailleront notre prise de la Bastille, comme le déploiement d’un grand drap, ou le fait de « décapiter » la LRU, la masterisation…
L’aspect historique et symbolique est grand dans le sens, où l’on recrée une action du peuple contre l’arbitraire de l’Etat. Nous nous y retrouvons aujourd’hui dans les méthodes gouvernementales (absence de concertation, mépris, aucune écoute)…

Pourquoi nous refusons de renvoyer les maquettes des masters

Pourquoi nous refusons de renvoyer les maquettes des masters :  Ce qu’on ne vous dit pas de la « masterisation » de la formation des maîtres

Dans une lettre aux présidents d’université du 2 février, Valérie Pécresse écrit que l’enjeu de la réforme de la formation des professeurs est « un enjeu de qualité : une plus grande qualité de la formation des futurs enseignants pour assurer une plus grande qualité de l’enseignement dispensé à nos élèves ». Qui ne pourrait être d’accord avec une telle ambition ? Mais la réforme des masters exigée par la ministre est-elle à la hauteur de cette ambition ? Non seulement nous en doutons, mais nous pensons que la formation dispensée à l’avenir aux futurs enseignants risque d’être de moins bonne qualité que celle qu’ils reçoivent aujourd’hui.

De quoi s’agit-il en effet ? De rassembler dans un master unique ce qui fait l’objet jusqu’ici de trois formations différentes : un master d’université, une préparation à un concours de recrutement, une formation professionnelle pour les futurs enseignants, chacune de ces formations ayant des objectifs et une logique propres pas toujours compatibles avec les autres. Dans le système de formation des maîtres actuels, un certifié de lettres modernes reçoit globalement 690 heures de cours sans compter le stage en responsabilité devant une classe qu’il assure en même temps, soit de 6 à 8 heures d’enseignement par semaine, assorties de visites de formateurs et de l’accompagnement d’un conseiller pédagogique. En revanche, l’étudiant qui s’inscrit par exemple dans un Master de littérature, master qui doit, selon les nouvelles dispositions ministérielles, former les futurs enseignants, a droit à seulement 340 heures de cours en moyenne, et au suivi de son mémoire par un enseignant.

On rétorquera bien sûr que la qualité de la formation n’est pas affaire d’arithmétique et donc de nombre d’heures de formation, mais tout de même : comment, dans un nombre d’heures aussi réduit, donner à la fois les enseignements du master de littérature, ceux qui permettent de se préparer au concours et assurer en outre la formation professionnelle d’étudiants qu’on prétend mettre devant des classes avec un service entier après leur master ? La réalité, c’est que les universités ne sont pas en mesure de proposer aux étudiants les stages que les IUFM organisent : elles n’en ont ni l’expérience, ni les moyens et il n’est pas question dans le projet gouvernemental de les leur donner. Certes, Valérie Pécresse promet plusieurs dizaines de milliers de stages, mais les futurs enseignants n’étant plus des fonctionnaires-stagiaires rémunérés et défrayés pour leurs déplacements, ces stages ne seront effectifs que dans un périmètre réduit à celui de la ville de leur université, laquelle ne saurait fournir à la demande. En effet, les stages devant des classes et leur suivi exigent des moyens considérables, tant sur le plan financier que sur le plan pédagogique, moyens que la réforme n’envisage pas sérieusement.

De toutes manières, les 100 heures d’enseignement en responsabilité prévues par le ministère n’équivaudront jamais aux 6 à 8 heures par semaine sur 35 semaines qu’assurent actuellement les enseignants en formation avec en outre un véritable salaire. Le paradoxe est de taille : alors qu’on a reproché aux IUFM une préparation trop éloignée des réalités du terrain, trop théorique, insuffisante pour préparer les enseignants à leur futur métier, on propose ainsi une formation essentiellement théorique, et même nécessairement théorique faute de moyens réels de formation professionnelle. En réalité, et dans la meilleure des hypothèses, cette formation aberrante jettera devant les classes de jeunes enseignants bien moins préparés que leurs aînés à affronter un public parfois difficile, enseignants sans bagage pédagogique significatif, et seulement assistés d’un tuteur d’établissement sans doute plein de bonne volonté mais lui-même absorbé par ses propres classes. Isolés dans leur établissement, sans les possibilités d’échange entre pairs et avec des formateurs qu’offrait l’IUFM, ces jeunes enseignants seront très peu aidés à leur entrée dans un métier devenu difficile et, pour certains d’entre eux, risquent tout simplement de ne pas tenir le choc.

Est-ce là « la plus grande qualité de l’enseignement » que nous promet la ministre ? Certes, ces enseignants auront un master pour que, écrit Valérie Pécresse, « les professeurs français se voient enfin reconnaître par un diplôme national de Master une formation comparable à celle de l’ensemble de leurs collègues européens au terme de cinq années d’études ». Mais les enseignants actuels ont déjà une formation de niveau bac + 5 : après leur licence, ils ont une année de préparation au concours exigeante en termes de formation académique et une année de formation professionnelle après le concours. C’est cette formation qu’il aurait simplement fallu « mastériser » en affectant des crédits aux enseignements de préparation aux concours et en revoyant l’année de formation professionnelle pour en faire une formation diplômante. D’ailleurs le niveau effectif de la nouvelle formation sera moins élevé : le nombre et le niveau des épreuves disciplinaires du concours sont sensiblement réduits dans toutes les disciplines, et leur poids est considérablement minoré à l’oral au profit d’un entretien touchant le fonctionnement du système éducatif. Au demeurant, le ministère ne compte sans doute pas recruter la nouvelle génération d’enseignants par l’entremise des seuls concours de la fonction publique.

En effet, Valérie Pécresse l’écrit clairement : elle souhaite « des masters (…) suffisamment riches et ouverts pour qu’un échec au concours puisse permettre d’envisager d’autres types de métiers ». Ces métiers, personne ne sait ce qu’ils sont ni même tout simplement s’ils existent. En réalité, ce qu’a en vue le ministère, c’est une main-d’œuvre toujours abondante et disponible pour fournir à l’éducation nationale des remplaçants sous-payés. Ce ne sont là que quelques uns des nombreux problèmes soulevés par cette réforme et des nombreuses questions qu’elle laisse encore sans réponse. Nous ne voulons pas nous faire les complices d’une réforme que nous jugeons mauvaise pour la formation des enseignants et dangereuse pour des générations d’étudiants qu’elle entretiendra dans l’illusion qu’ils pourront tous devenir enseignants avant de les rejeter sur le marché du travail sans pouvoir leur offrir de réels débouchés alternatifs.

Rédacteurs de ce texte :

  • Roger Bellon, Marie Bernanoce, Christophe Cave, Isabelle Cogitore, Brigitte Combe, Didier Coureau, Alice Folco, Martine Furno, Francis Goyet, Malika Hammou-Bastin, Anne Jeannin-Vibert, Daniel Lançon, Christiane Louette, Catherine Mariette, Stéphane Macé, Chantal Massol, Dominique Massonnaud, Jean-François Massol, Anne-Marie Montluçon, Christine Noille-Clauzade, Jean-François Perrin, Julien Piat, Anna Saignes, Agathe Salha, Nathalie Thamin, Bertrand Vibert, Laurence Vianès
  • Enseignants-chercheurs de l’UFR des Lettres et arts, Université Stendhal (Grenoble 3)