Fermeture administrative de la faculté des arts (Amiens)

Message du Doyen de la Faculté des arts d’Amiens
« Chères et chers collègues,
Ce mot pour vous dire que le Président a décidé la fermeture administrative de la Faculté et du Campus dès ce soir, mardi 6 mai.
Bien cordialement.
Serge Bismuth »
Pour mémoire, la Faculté des Arts avait voté le poursuite du blocage lundi dernier (25 mai). Le campus avait voté le déblocage lundi dernier (25 mai)a une voix pour et la reprise du blocage à sept voix pour aujourd’hui (26 mai) Le Campus (SHS, lettre, langues, histoire, géo) et la Faculté des arts comptent environ 5200 étudiants.
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Le conseil MUNICIPAL d’Amiens demande le retrait des décrets et de la LRU !

Texte voté par le Conseil municipal d’Amiens le 20 mai 2009

« Les réformes du service public d’enseignement supérieur et de recherche, engagées dès 2006 avec le « pacte recherche », vont dans le sens d’une déstructuration en profondeur. Sa mise au pas suivant les canons d’une économie de la connaissance basée sur le seul modèle de l’entreprise, conforme aux préconisations de l’agenda de Lisbonne, ne saurait laisser indifférente une ville universitaire comme la nôtre.
La loi d’autonomie des universités (LRU), prélude aux décrets d’aujourd’hui, s’inscrit dans une politique qui cache bien mal
l’abandon de la responsabilité de l’Etat. La concentration des pouvoirs autour du président est une porte ouverte à des décisions
placées sous le signe de l’arbitraire et du seul fait du prince. La mise en place de politiques managériales, également à l’?uvre dans les hôpitaux et la magistrature, là où la collégialité est seule garante d’indépendance est bien le signe que ces réformes engagent l’université dans une voie préoccupante. Dégradation de la formation des professeurs, modification des statuts des enseignants chercheurs, nouveau contrat doctoral, démantèlement des grands organismes de recherche (CNRS) : la multiplication des passages en force du gouvernement sur ces dossiers doit nous inquiéter.
Le service public d’éducation et de recherche, assurance de l’égalité de tous est menacé, plus particulièrement dans les jeunes universités comme Amiens. Les filières jugées peu rentables y disparaîtront à terme. Les investisseurs privés, alors premiers financeurs, ne les jugeraient pas digne d’intérêt. Les filières jugées rentables, richement dotées, seront l’enjeu d’une concurrence exacerbée entre universités, entre étudiants.
Les circulaires ne peuvent se substituer aux décrets. Les déclarations méprisantes ne peuvent apaiser le débat. Les mesures dilatoires ne peuvent remplacer la négociation. La menace du couperet des examens est un chantage qui ferme la porte au dialogue. La mobilisation universitaire a été exceptionnelle par sa durée, son intensité et son unité, initiée par le monde enseignant et rapidement relayée par les étudiants.
Le Conseil Municipal, convaincu que le système universitaire français doit profondément évoluer, avec des moyens renforcés, pour faire face aux enjeux du XXIème siècle, souligne que cette évolution ne peut se faire sans l’implication des communautés scientifiques et contre l’intérêt des étudiants de notre ville.
Le Conseil dénonce le blocage gouvernemental et appelle à un retrait de la loi LRU et des décrets du 24 avril 2009 et à une véritable négociation avec l’ensemble du personnel des universités et les étudiants. »

« La démocratie est-elle soluble dans le vote électronique ? » Un EC écrit au CA de l’UPJV

Jean Charles Delépine. Animateur du site de campagne contre les ordinateurs de vote à Amiens
http ://vao-amiens.fdn.fr/
Amiens, le 30 mars 2009

Mesdames et messieurs les membres du conseil d’administration de l’UPJV

Mesdames, Messieurs

La démocratie est elle soluble dans le vote électronique
Tout d’abord, la position de la très sérieuse ASTI, la Fédération des Associations Françaises des Sciences et des Technologies de l’Information : « La Fédération des Associations Françaises des Sciences et des Technologies de l’Information appelle à ne pas recourir au vote électronique anonyme au nom du principe de précaution. L’ASTI est convaincue que les sciences et technologies de l’information peuvent contribuer positivement au développement de la démocratie. Elle tient cependant à alerter les pouvoirs
publics sur l’impossibilité, en l’état actuel de la technologie, de réaliser un vote anonyme contrôlable directement par les
électeurs et en conformité avec les dispositions de la Constitution et du Code électoral. Des recherches se développent mais
n’ont pas encore abouti à des systèmes permettant l’exercice d’un contrôle démocratique indiscutable. Dans l’attente de ces avancées scientifiques et technologiques, l’ASTI recommande que de telles recherches soient poursuivies et que pouvoirs publics, partis politiques et société civile ne recourent en aucune manière au vote électronique anonyme, y compris au moyen de machines à voter. »
Pourquoi cette insistance sur l’anonymat et pourquoi celui-ci rendrait ces consultations incontrôlable ?
Le vote électronique est utilisé ou pourrait l’être dans certain cas de façon très efficace et tout à fait démocratique. Quelques cas :

  • – l’assemblée nationale. Le vote de nos députés n’est pas secret, et encore heureux : ils ont des comptes à rendre. L’électronique est dans ce cas une facilité. Les députés peuvent voter simplement et rapidement en tournant une simple clef sur leur pupitre. En cas d’erreur (ça arrive) le député, ou ses collègues, s’en rend vite compte puisque son vote n’est pas secret et c’est corrigé aussi vite.
  • – Les votes du projet Debian (http://www.debian.org/vote/), même chose, le vote n’est pas secret, chacun peut donc vérifier que son vote a bien été pris en compte. L’ordinateur permet ici un vote mondial, à distance, pour de nombreux votants et d’utiliser la méthode de condorcet (http://fr.wikipedia.org/wiki/Méthode_Condorcet) qui serait difficile à mettre en oeuvre pour un nombre important de votants et de candidats (ou propositions) sans l’informatique.
  • – des assemblées d’association (http://www.fdn.fr/reglement.pdf par exemple), encore une fois, le vote n’étant pas anonyme, il est vérifiable.

Pour chacun de ses exemples, il est possible, après le vote de recompter les bulletins, et de refaire, éventuellement à la main, tout ce qu’a fait la machine. L’électeur sait que son bulletin, celui de son voisin, tout les bulletins, sont pris en compte et n’ont pas été modifiés au passage. C’est primordial. Nous avons donc là des scrutins sincères, mais non anonymes, tous basés de fait sur le principe de l’assemblée (générale, de conseil, nationale). Je crois, je peux me tromper, que ce n’est malheureusement pas vers ce type de solution que se tourne le conseil.
Un autre système de vote, anonyme celui là, marche pas mal.
Il n’est pas électronique : c’est notre bonne vieille urne – transparente depuis 1988 seulement. Une fois le bulletin dans l’urne on ne peut pas remonter jusqu’à l’électeur et savoir ainsi ce qu’il a voté, cependant celui-ci sait ce qu’il a voté et ce qu’il y a dans l’urne. Il viendra ensuite dépouiller, compter et recompter s’il le faut. Tout est fait pour qu’il n’y ait pas de doute possible sur le résultat du vote. Lisez ou relisez le code électoral, on n’y fait confiance à personne. Ce système n’est pas parfait mais c’est actuellement le meilleur qu’on ait trouvé pour consulter anonymement les citoyens et que le résultat soit accepté par tous, même
les perdants. Nous avons là un vote anonyme et sincère. Il y a bien quelques tentatives de fraude à la marge mais elles nécessitent la complicité de l’ensemble du bureau de vote. Ces fraudes touchent le plus généralement à la liste des inscrits (on fait voter les morts) et pas au processus électoral lui même.
Voyons maintenant à quoi ressemblerait un vote électronique se voulant anonyme.
Pour qu’il y ait anonymat il doit y avoir déconnexion complète de l’information bulletin de vote et de l’information électeur. On ne doit pas pouvoir, pour un bulletin donné, remonter vers l’émetteur de ce bulletin. C’est une chose qui, en elle même, est difficile à réaliser en informatique : il est bien plus facile de perdre de l’information sans faire exprès (bug) que de faire exprès de la perdre. On va donc passer par des procédures compliquées que seuls des experts informaticiens vont pouvoir valider, s’ils ont accès aux codes sources des programmes utilisés. Laisser le contrôle de notre vie démocratique à de tels experts, voilà qui serait un sacré recul.
Comme il y a anonymat, le votant ne va pas pouvoir vérifier que son vote a bien été pris en compte. De deux chose l’une, soit l’application lui permet de voir un message « Vous avez voté telle proposition », et il y a un lien votant/bulletin, donc pas d’anonymat, soit il ne le permet pas et le votant ne sait pas ce que la machine a déposé dans l’urne.
On nous dit que ces systèmes sont bardés de certificats et d’huissiers.

Allons jusqu’au bout de cette démarche. Pour les prochaines élections plaçons une urne dans une pièce fermée, cette urne sera surveillée par une armée d’experts en tout genre et la porte sera gardée par un huissier. Pour voter vous donnez votre bulletin à l’huissier, il entre dans la pièce, ferme la porte, et revient quelques secondes après en disant « à voté ». Nous avons reproduit ici le fonctionnement du vote électronique anonyme. Combien de temps pensez vous que le consensus républicain tiendra
avec un tel système ?

Instaurer un tel vote électronique dans une université participe au lent travail de sape mené par des entreprises qui ne sont même pas malhonnêtes mais qui flairent là un énorme filon. La démocratie est le cadet de leurs soucis mais pouvoir annoncer à des maires ou des gouvernements en mal de NTIC des références comme les universités ou de grandes entreprises, voila qui les intéresse fortement. Habituer les citoyens à de tels usages, faire que le moment venu ces citoyens ne jugent pas nécessaire de se révolter contre de tels systèmes est un travail patient de dealers, ils savent très bien faire ça et ont d’excellents commerciaux, ne vous laissez pas abuser.
Une fois un tel système mis en place et accepté par la population, sa prise en main par un gouvernement, une faction, une mafia sera enfantine et non vérifiable. Je recommande donc, au conseil de se reprendre, il ne peut avoir voté en conscience, aux étudiants, bloqueurs comme anti-bloqueurs, de boycotter ce scrutin électronique s’il a lieu malgré ces avertissements.
Vous remerciant par avance pour l’intérêt que vous voudrez bien porter à ce courrier, je reste à votre disposition pour répondre à toutes questions et vous prie de recevoir, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.
Jean Charles Delépine
C.c. Presse, liste ag@listes.u-picardie.fr

Le vote électronique est dangereux et non-fiable : voici pourquoi.

« Le vote électronique à l’UPJV (Amiens) s’est terminé il y a peu de temps, son résultat n’a que peu d’importance mais le Président de l’Université nous promettait un vote sécurisé et fiable. La fiabilité est impossible, on le sait déjà (lire ou relire http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=53919 pour s’en assurer).
Voici donc une petite analyse, peu poussée et en vrac, visant l’ergonomie et la sécurité du processus utilisé. C’est forcément un peu long, lisez ou sautez à la conclusion.

Curieux de nature (on ne devient pas informaticien pour rien) j’ai regardé un étudiant aller jusqu’au moment où il pourrait voter (ce qu’il n’a pas fait, je vous rassure). L’étudiant s’est naturellement rendu sur le site de l’université et a cliqué sur la ligne clignotante « vous avez reçu un mail » il a donc été redirigé vers le webmail étudiant, … et n’y a pas trouvé de mails intéressants…

Il fait en effet partie des quelques étudiants qui ont fait rediriger leurs mails vers leur boite personnelle (en l’occurence gmail, personne n’est parfait). Je lui fais remarquer et nous allons donc sur gmail, je vois immédiatement le mail en question, mais l’étudiant le cherche pendant quelques minutes : l’adresse de l’expéditeur est en effet fort mal choisie et le champ
commentaire est inexistant contrairement à tout les bons usages. L’étudiant ignore donc naturellement ce mail comme il ignore tout les spams sans même regarder leur sujet, mieux choisi lui. Je ne l’aide pas (mais je lui dis que j’ai vu le mail), il finit par l’ouvrir.
Pour la petite histoire, quelques étudiants ont écrit à cette adresse, ils ont reçus en retour un message sybillin dont voici un extrait :
« Original-recipient: rfc822;depomail@jedepose.com
Final-recipient: rfc822;depomail%jedepose.com@

ims-ms-daemon
Action: failed
Status: 5.2.2 (Over quota) »

Ce message indique que la boîte mail utilisée par cette société est pleine. Ils ont donc envoyé plusieurs milliers de mails mais n’ont pas su provisionner un espace suffisant pour accepter de recevoir des réponses à leurs mails !
Merci à la présidence de contacter ces personnes, certainement quelques gus dans un garage, et de leur proposer mes services. Huissier c’est un métier, le mail en est un autre. J’ai à proposer un contrat professionnel pour un prix très avantageux.
À mes lecteurs, n’utilisez cette société pour rien de plus confidentiel que des cartes postales, on va le voir.
Dans le premier mail, donc, nous avons un identifiant, le mail est non crypté, lu via une connexion à gmail elle même non cryptée, le tout à travers une connexion wifi… autant dire que cet identifiant est distribué à qui le veut bien.
Il nous faut un deuxième mail, il est du même accabit. Nous avons donc notre identifiant et notre code, mais nous ne sommes potentiellement pas les seuls.
Étudiants (et personnels) imprudents, on ne le répètera jamais assez, ne lisez votre mail qu’avec une connexion sécurisée ! Si votre client mail ou votre fournisseur ne le permettent pas, changez en !
Bref. Nous cliquons tout de même sur le lien proposé dans ce mail. Mauvaise surprise ! La connexion vers le mail certifié par la société jedepose.com n’est pas sécurisée elle non plus !
Deuxième chance pour le potentiel vilain de récupérer les codes voulus ainsi que le mail confidentiel conservé par cette société !
Pire : si le mail avait été lu depuis une connexion sécurisée, pas de chance, les informations sensibles que nous avions protégées sont ici divulguées !
Recueillir ces informations est un jeu d’enfant, les outils existent sous tous les systèmes et sont très connus. Pas besoin d’être
informaticien pour les connaître, juste être curieux et savoir cliquer.
Passons encore et continuons.
Tout ceci nous amène à un site qui lui, on ne l’espérait plus, est sécurisé :
http://www.jevoteenligne.com/vote/u-picardie/
Les spécialistes vont me dire, que c’est du http pas du https, donc que non, ce n’est pas sécurisé ! J’ai repris ce lien sur le site de l’UPJV, pas dans le mail, dans le mail le liens est bien en https, et la société a visiblement l’habitude de ses clients, la connexion http est immédiatement transformée en https. Merci à eux, on a peut-être enfin affaire à des pros. Mais le vers est déjà dans le fruit.
Arrêtons nous un peu sur ce site.
Il s’agit d’un site de la société xxxxxxxxx dont voici un extrait la pub :
« Parmis les clients de cette société nous retrouvons :
Conseil de Prud’hommes, Conseil Général du Val d’Oise, Direction Générale des Impôts, Ministère des Affaires Etrangères
Ministère de l’Emploi, de la Cohésion Sociale et du Logement SNCF (on y reviendra)
Voici un extrait de la publicité de cette entreprise :
« xxxxxx est l’unique représentant industriel français du Ministère de l’Intérieur au sein du consortium européen ePoll »

Voilà une entreprise qui, objectivement, a sérieusement besoin d’être en bon terme avec le gouvernement. Je n’en tirerai aucune conclusion, ce serait malhonnête, j’en conviens. Passons.
Je remarque un « et linux » ajouté un peu comme un cheveu sur la soupe dans la liste des systèmes supportés et j’imagine les négociations qu’il a dû y avoir pour que surtout ces deux mots soient ajoutés.
Notre site test notre navigateur et lance un application java qui semble générer un certificat (à priori sans mot de passe) et nous arrivons enfin sur la page nous permettant de voter. Nous n’avons pas essayé. L’ensemble de cette procédure me semble d’un bon accabit, un peu comme la ligne maginot protégeait correctement ce qui était derrière elle, je remarque tout de même un bouton « Modifier », grisé pour l’instant puisque nous n’avons pas voté, je reste curieux de son fonctionnement…

Un peu de « social engineering » maintenant. Nous avons vu que cette entreprise a travaillé avec la SNCF dont les élections viennent de se terminer. Un peu d’imagination, un zest de chance, et nous arrivons sur le site :
https://www.jevoteenligne.com/vote/sncf/secure/welcome.do
Bien. Cette entreprise gère donc ses différents vote en cour sur la même machine ou tout au moins sur le même portail. Anecdotique pour la plupart, c’est une information qui, en sécurité a son importance. Les risques encourus par tout les sites d’une machine mutualisée sont ceux courus par le site le plus sensible. Que savons nous des autres votes en cours ? La présidence s’en est elle inquiétée ? Mystère. Pour résumer, si un vote concurrent est un cours pour une association de bouliste le site cours à priori un moindre danger que si c’est un vote de l’OTAN.

En conclusion donc, ce vote, je le disais, ne pouvait pas être fiable. Mais il aurait pu, facilement, être plus sécurisé. Si les membres de la DISI avaient été un tant soit peu consultés, si la procédure avait été soumise aux deux correspondants RSSI (Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information), l’essentiel des problèmes de sécurité que je soulève ici auraient été facilement corrigés. Si le processus avait été testé, les problèmes d’ergonomie auraient été vus. Si…

En conséquence, par la présente, constatant que pour un projet important de l’UPJV, touchant de près sa sécurité, je n’ai pas, et mon collègue non plus, été consulté, je démissionne de mon rôle de correspondant RSSI (suppléant). »

Vote électronique à l’UPJV pour la levée du blocage

COMMUNIQUÉ de la Présidence de l’Université de Picardie Jules Verne
Voici les résultats du vote en ligne sur la question de la levée du blocage, certifiés par huissier de justice
La question était : « Indépendamment de votre opinion sur le mouvement de contestation en cours, êtes-vous favorable à la levée du blocage ? » ne prend pas part au vote         abstention         oui         non
Faculté des arts : 704 inscrits 72 votants, soit 10.23 % Ne prend part au vote : 0 Abstention : 4, soit 5.56 % Oui : 36, soit 50 % Non : 32, soit 44.44 %
Campus : 4 465 inscrits 772 votants, soit 17.29 % Ne prend part au vote : 8, soit 1.04 % Abstention : 51, soit 6.61 % Oui : 479, soit 62.05 % Non : 234, soit 30.31 %
Pôle sciences : 2 596  inscrits 352 votants, soit 13.56 % Ne prend part au vote : 7, soit 1.99% Abstention : 20, soit 5.68 % Oui : 230, soit 65.34 % Non : 95, soit 26.99 %

COMMUNIQUÉ de la Présidence de l’Université de Picardie Jules Verne
Objet : validation de l’année 2008-2009
A la suite des résultats du vote en ligne sur la question de la levée du blocage, la Présidence demande à chaque composante concernée :
– une reprise immédiate et progressive de l’activité pédagogique, notamment pour les étudiants de licence, permettant cependant la poursuite du mouvement de contestation sous d’autres formes ;
– l’élaboration consensuelle avant le 17 avril prochain, d’un calendrier prévisionnel. Il s’agira de déterminer, dans les grandes
lignes, périodes de rattrapage et sessions d’examens afin de donner à tous la possibilité de s’organiser à partir du retour des vacances de printemps. Les deuxièmes sessions d’examens pourront éventuellement se tenir en septembre.
Ce nouveau canevas a pour objectif la validation règlementaire de l’année universitaire 2008-2009. »

A NOTER  : Le président de l’UPJV a annoncé hier à 16h47 qu’il organisait un vote par internet demain de 9h à 17h. Toutes les AG de tous les sites (personnels et etudiants) ont affirmé la souveraineté des AG, la dangerosité d’un tel vote, et appelé au boycott.

Lettre au président de l’université des 75 démissionnaires d’Amiens.

UPJV Amiens le 3 avril 2009

Monsieur le Président,

Le fonctionnement administratif normal de toute Université repose sur l’investissement lourd et quotidien d’enseignants-chercheurs, qui assument des responsabilités administratives (direction, missions diverses au sein de l’université) en plus de leurs missions de formation et de recherche. Ce travail s’effectue avec la collaboration de personnels administratifs (BIATOSS) dont les carrières et les statuts sont également fortement menacés.
A l’Université Picardie Jules Verne, de nombreux enseignants-chercheurs ayant des responsabilités administratives ont décidé de DEMISSIONNER de ces fonctions.
Ces démissions concernent les directeurs de département, les directeurs des études, les présidents de jurys d’examen, les responsables d’années et toute autre fonction administrative (commissions, groupes de travail divers).
Cette action collective, appelée au plan national depuis plusieurs semaines, résulte de l’absence d’avancées significatives et de réelles négociations sur l’ensemble des points qui mobilisent la communauté universitaire aujourd’hui : la réforme du statut des enseignants-chercheurs, la formation et les concours des enseignants du premier et du second degré, les suppressions de postes programmées pour 2009 dans l’enseignement supérieur et la recherche, l’avenir des organismes publics de recherche et le projet de contrat doctoral.
Il s’agit pour nous de manifester, dans une action symbolique forte, notre détermination et notre engagement face à un gouvernement qui ne veut toujours pas entendre parler de négociations.
Alors nous le disons aujourd’hui solennellement à vous tous,
* Parce que nous ne voulons pas d’une université où l’enseignement supérieur et la recherche devraient se soumettre à des principes uniquement financiers et s’adapter à la seule demande économique et sociale,
* Parce que nous ne voulons pas d’une autonomie qui enserre et étouffe l’université et les étudiants qui la composent par des budgets de plus en plus insuffisants, par une réduction des postes et une précarisation des emplois à tous les niveaux, biatoss, doctorants, enseignants et chercheurs,
* Parce que nous souhaitons pour les futurs enseignants de notre pays et pour les élèves qu’ils auront tout au long de leur carrière, une véritable formation qui s’appuie à la fois sur une connaissance approfondie des disciplines enseignées et sur une formation pédagogique encadrée et de qualité,
* Parce que nous sommes mobilisés pour une autre réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche, où le lien entre enseignement et recherche soit renforcé,

Nous avons l’honneur de vous remettre aujourd’hui nos démissions des charges administratives qui sont les nôtres.

Sont démissionnaires : à ce jour, 75 collègues de l’Université ont formellement démissionné de leurs 127 responsabilités administratives.

Faculté des Arts
* Françoise Coblence, Responsable du master I d’arts plastiques, Présidente du jury du master I d’arts plastiques, membre du jury de licence II,
* Fabienne Costa, Présidente du jury de licence II (cinéma), Responsable des études, option cinéma, licence I et licence III,
* Miguel Egana, Responsable du diplôme de licence, Responsable de la licence III, membre du jury de licence II et de master II,
* Boris Eizykman, Responsable du département d’arts plastiques, Responsable de la première année de licence, Président du jury de licence I, membre du jury de licence III,
* Bertrand Gervais, Membre du jury de licence I,
* Jérome Hankins, Responsable du département des Arts du spectacle, Président de jury (théâtre),
* Daniel Lé, Membre du jury de licence II,
* Fabien Lerat, Membre du jury de licence I,
* Françoise Parfait, Responsable du diplôme de master, Présidente du jury de master II,
* Denis Pondruel, membre du jury de licence II,
* Marie-Domitille Porcheron, Présidente des jurys d’année et de diplôme de licence I histoire de l’art, Responsable de la licence I histoire de l’art, Co-responsable du Master II professionnel «  Régie et montage d’expositions », Référente des tuteurs d’Histoire de l’art pour le plan réussite en licence,
* Denis Pouppeville, Membre du jury de licence I,
* Grégoire Quenault, Responsable de la licence II études cinématographiques, membre du jury de la licence III,
* Ghislaine Vappereau, membre du jury de licence III
* Éric Valette, Président du jury de licence II, membre des jurys de licence I, III et de master I,
* Caroline Zéau, Présidente du jury de licence I (cinéma).

Faculté de droit et de science politique
– Myriam Bachir, Responsable du master II Evaluation des politiques publiques,
– Ségolène Barbou des Places, Directrice du CRUCE, Responsable du master I droit, Responsable du master II Europe et international,
– Emmanuelle Casenove, Co-responsable du master II Europe et International, membre du jury de validation des acquis de l’expérience,
– Jean Delattre, Responsable du master I de droit des affaires,
– Delphine Cocteau-Senn, Responsable du master I droit privé,
– Muriel de l’Ecotais, Responsable du master I Europe et International,
– Julien Frétel, Responsable de la licence I droit et science politique,
– François Hénot, Président du jury de validation des acquis de l’expérience, Coordinateur du module « sensibilisation au monde du travail », suppléant de la Commission d’inscription sur la liste des commissaires aux comptes auprès de la Cour d’Appel d’Amiens,
* Florence Jamay, Responsable du master I et II Expertise foncière, Responsable du master I Administration territoriale,
* José Lefebvre, Membre titulaire de la Commission régionale d’inscription et de la Chambre régionale de discipline des commissaires aux comptes du ressort de la Cour d’appel d’Amiens, Membre suppléant du Conseil d’administration du Centre de formation professionnelle notariale de Lille, Responsable de la mise en place d’une licence notariale, membre du conseil de laboratoire du CEPRISCA,
– Patrick Lehingue, Responsable du master I administration publique (IPAG), Responsable du master II Savoirs et pratiques du politique, membre du bureau école doctorale SHS,
– Sabine Rozier, Responsable du master I Science politique,
– Enzo Traverso, Responsable de la licence III science politique,
– Valérie Varnerot, Responsable de la licence III droit privé.

Faculté d’ économie et de gestion
* Christian Azaïs, Co-responsable de la licence professionnelle Assistant Export PME-PMI,
* Jean-Louis GIRARD, Responsable du master Territoires, Développement, Entreprenariat et Solidarités (TEDS),
* Lyazid Kichou, Responsable de licence, Président du jury de la licence III.

Faculté de sciences humaines et sociales
Département de philosophie
* Laurent Perreau, Responsable du département de Philosophie, Responsable de la Licence, Président du jury de Licence,
* Gabrielle Radica, Responsable de la préparation au concours d’agrégation de  philosophie et de la licence I de philosophie.

Département de psychologie
* Philippe Spoljar, Responsable du département de psychologie,
* Jacqueline Finkelstein, Responsable de la licence I de psychologie,
* Marie-Hélène Hubin-Gayte, Membre de la commission de validation d’études et acquis de l’expérience du département de psychologie,
* Poly Langa, Responsable de licence II de psychologie,
* Béatrice Madiot, Membre de la commission de validation d’études et acquis de l’expérience du département de psychologie,
* Olga Megalakaki, Responsable du diplôme de licence de psychologie,
* Olivier Nicolle, Membre de la commission de validation d’études et acquis de l’expérience du département de psychologie,
* Véronique Quaglino, Responsable du master PHD/parcours neuropsychologie, Responsable du diplôme universitaire « Evaluation et prise en charge des troubles des fonctions cognitives »,
* Patrick Scharnitzky, Responsable de la Bibliothèque de Section psychologie.

Département de sciences de l’éducation
* Frédéric Charles, Responsable du département Sciences de l’Éducation,
* Christine Berzin, Responsable du DUFA et du DURF,
* Bernard Champaloux, Responsable de la licence III sciences sanitaires et sociales,
* Bertrand Geay, Responsable du master I philosophie et sciences de l’éducation,
* Térésa Longo, Responsable des stages de licence,
* Nathalie Oria, Responsable DEUST/DU MECES, Membre du jury de la licence III sciences de l’éducation,
* Fabienne Maillard, Responsable, du département Sciences de l’Éducation, Responsable du master professionnel « ingénierie de la formation d’adultes »,
* Arlette Meunier, Responsable de la filière sciences sanitaires et sociales, Présidente du jury sciences sanitaires et sociales,
* Sophie Richardot, Responsable de la licence sciences de l’éducation,
* Claude Thiaudère, Responsable du master sciences sanitaires et sociales.

Département de sociologie
* Denis Blot, Responsable du master II professionnel « développement social »,  Président de la commission d’évaluation des enseignements de Licence,
* Patricia Bouhnik, Responsable de la licence II de sociologie, Présidente du jury de la Licence II de sociologie,
* Stephen Bouquin, Responsable du master II professionnels « Conseil en organisation et conduite des innovations technologiques et sociales » (COCITS), Responsable du jury de ce master,
* Sylvia Girel, Responsable de la licence I, Présidente de jury de la licence I,
* Frédéric Lebaron, Responsable du master, Co-responsable du Master II Ethnographie et science de l’enquête,
* Nathalie Le Bouteillec, Responsable de la licence III, Présidente du jury de licence III,
* Bertrand Masquelier, Responsable du master I sociologie, Président du jury du master I sociologie, Co-responsable du master II recherche Ethnographie et science de l’enquête.

Faculté de Langues
* Charlotte Coffin, Responsable de la coordination des programmes de littérature en licence d’anglais,
* Claudia Krebs, Responsable des échanges Erasmus, Responsable des assistants de langue au sein du département d’Allemand,
* Philippe Reynés, Responsable du site web du département d’études ibériques et ibéro-américaines, Enseignant référent en licence I.

Faculté de Lettres
* Sylviane Albertan-Coppola, Responsable du département de lettres modernes (organisation des services), Membre des jurys de licence III et Master au 1er semestre, S6 et Master au second semestre, Responsable de l’agrégation externe de lettres modernes,
* Carlo Arcuri, Vice-président du jury de licence professionnelle, membre du jury d’examen de licence II,
* Jean-Michel Eloy, Président du jury du semestre 5 de la licence III dans le parcours sciences du langage/Lettres, membre du jury de master I  en sciences du langage, membre du jury de master II  en Sciences du langage,
* Catherine Grall, Vice-présidente du jury de licence I,
* Virginie Hyppolite, Vice-présidente du jury en communication-médias de licence III,
* Olivier Kachler, Vice-président du jury de licence II,
* Christian Michel, Responsable de la section de Littérature générale et comparée,
* Sylvie Perceau, Responsable de la section de Grec, Présidente du jury de la licence II parcours Culture classique, Vice-présidente du jury de la licence III parcours Culture classique, Membre du jury de master I Littérature antique, moderne et comparée,
* Christophe Reffait, Président de jury de la licence I premier et second semestre,
* Christophe Rey, Vice-président du jury des sciences du langage de la licence II,
* Luc Ruiz, Président du jury en sciences du langage de la licence II pour les semestres 3 et 4
* Malika Temmar, Présidente du jury en communication-médias de licence III pour les semestres 5 et 6, Vice-présidente du jury en sciences du langage pour le semestre 6.

Faculté d’histoire et de géographie
– Pascal Montaubin, Président du jury de la licence II d’histoire de licence

Faculté des sciences
Département de mathématiques
* Jean-Luc Chabert, Responsable du Master I Mathématiques

Répression policière à Amiens

(communiqué de presse)

L’ensemble des organisations politiques ou syndicales ici présentes tiennent à dénoncer avec vigueur la répression brutale dont a été victime le mouvement étudiant amiénois le 1er avril au soir. La manifestation étudiante pour la défense de l’Université  publique, pourtant pacifique et festive, a subi à deux reprise l’assaut des forces de l’ordre.
Après une première vague d’interpellations, c’est en effet une véritable expédition punitive qui attendait les étudiants venus réclamer pacifiquement la libération de leurs camarades injustement placés en garde à vue. En guise de dialogue les manifestants furent accueillis par les brigades anti-émeutes, tout comme la presse qui subit le même sort que les étudiants mobilisés : bombes au poivre, grenades lacrymogènes, poursuite et arrestations musclées dans le centre ville…C’est la troisième fois en quatre mois que la jeunesse amiénoise mobilisée pour la défense des services publics subit la violence des forces de l’ordre.
Avant l’épisode déplorable de ce 1er avril, les lycéens manifestants devant le rectorat il y a plusieurs semaines avaient déjà fait les frais de brutalités policières ; tout comme les étudiants, enseignants-chercheurs et parent d’élève mobilisés à l’occasion de la venue de Xavier Darcos à Amiens le 23 mars ayant subit les charges des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).
Si le gouvernement cherchait à en finir avec le mouvement de la jeunesse quoi qu’il en coûte, il ne s’y prendrait pas autrement. Ces évènements, loin d’être des cas isolés sur l’ensemble du territoire, sont le résultat d’une véritable entreprise gouvernementale de criminalisation des mouvements sociaux : à Amiens comme ailleurs, les arrestations de manifestants se multiplient et les interventions récurrentes de la Brigade Anti-Criminalité en disent long sur la manière dont le gouvernement considère le mouvement social dans ce pays. A l’image du reste de sa politique, le gouvernement cherche en réalité à remplacer l’Etat Social par l’Etat Pénal. Ce nouvel affront fait à la jeunesse ne va pas en direction d’un apaisement de la situation sociale du pays. Nous exhortons le gouvernement à ne pas semer, en période de crise financière et sociale, les germes d’une crise politique d’ampleur. En pleine dynamique de mobilisation interprofessionnelle, nous l’appelons au contraire à entendre enfin les revendications sociales des salariés et de la jeunesse avant de mener le pays au bord de la rupture.

Le comité de mobilisation
Signataires :  FSU – JC – MJS – NPA – PS – SE UNSA – SNESUP – Solidaires – Souris Vertes – SUD Rail – UNEF