Déclaration de la 3e Coordination nationale des laboratoires en lutte (5 Mai)

Vous trouverez ci-après la version définitive de la déclaration de la 3e CNLL, réunie le 5 mai 2009, au Centre Pierre Mendès-France de l’Université Paris-1, ainsi que le relevé des actions décidées.

Nous remercions tous les participants à cette CNLL, qui appelle à une amplification de la mobilisation de tous les personnels de laboratoires pour défendre la sauvegarde et l’évolution des services publics de recherche et d’enseignement supérieur, pour l’intérêt général et contre les projets idéologiques du gouvernement et des directions des organismes de recherche.

Déclaration de la 3e Coordination nationale des laboratoires en lutte
Les délégués de la communauté scientifique, réunis le 5 mai 2009 au Centre Pierre Mendès-France de l’université Paris-1 pour la troisième réunion de la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte, réaffirment leur opposition déterminée aux réformes du gouvernement imposées aux services publics d’enseignement supérieur et de recherche.
La CNLL appelle tous les personnels des laboratoires à se joindre aux actions suivantes :
– 14 mai : manifestation nationale Enseignement supérieur-Recherche (ESR) contre la précarité, en convergence avec la coordination nationale des universités (CNU) et le secteur des services publics de santé le même jour ;
– 26 mai : manifestation nationale interprofessionnelle à l’appel de huit confédérations syndicales, contre la casse des services publics. La CNLL appelle à manifester dans un cortège ESR fort et visible qui défilera indépendamment pour rejoindre ensuite le cortège interprofessionnel ;
– 10 juin : journée d’actions nationales et régionales à l’occasion de la réunion plénière du Comité national de la recherche scientifique ;
– 25 juin : organisation d’actions coordonnées pour protester contre la tenue du Conseil d’administration du CNRS, au CERN à Genève.
Mobilisée depuis des mois, la communauté scientifique a maintes fois demandé que s’engage une véritable négociation sur les nécessaires réformes de l’Université et des organismes de recherche afin de sortir du conflit.
Les réformes imposées — et d’ores et déjà appliquées — visent à démanteler les organismes de recherche suivant une logique idéologique inacceptable. La mise sous tutelle politique et financière du service public de recherche et d’enseignement supérieur et la mise en concurrence des Universités et des laboratoires sont en effet incompatibles avec leurs principes fondateurs : indépendance, liberté et collégialité.
Devant le mépris du gouvernement et des directions des organismes et leur refus persistant d’entrer dans un véritable processus de négociation avec tous les acteurs de la communauté scientifique, la Coordination nationale des laboratoires en lutte appelle solennellement tous les personnels à :
• Prendre une part active à toutes les journées d’action nationales de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et à leur préparation ;
• Soutenir l’action des Directeurs d’unités visant à défendre le rôle d’opérateur des organismes dans notre système de recherche ;
• Participer à l’ensemble des blocages et boycotts lancés pour empêcher la mise en place des réformes (conseils d’administration mettant en place ces contre-réformes dans tous les EPST, visites de l’AERES, expertises ANR…) ;
• Refuser la mise en place du fichage déguisé, l’automatisation prévisible de la gestion des ressources humaines et dénoncer les risques de discriminations que présentent les logiciels d’évaluation du personnel des EPST, et en particulier SIRHUS.

La coordination appelle solennellement les élus siégeant au Comité national de la recherche scientifique, ainsi que dans tous les Conseils scientifiques et d’administration, à s’opposer par tous les moyens aux réformes en cours. La Coordination demande notamment que les membres du Comité national défendent le retour à une évaluation collégiale et qualitative des laboratoires par le Comité national, contre les pratiques managériales, opaques et quantitatives de l’AERES.
La CNLL appelle enfin l’ensemble des citoyens à s’intéresser aux enjeux pour la société de l’enseignement supérieur, de la recherche et des services publics (éducation, santé…) et de leur devenir, afin de ne plus être dupes des actions de propagande du gouvernement.
La 4e Coordination nationale des laboratoires en lutte se tiendra en juin 2009.

Motion votée par les membres du conseil de laboratoire CEPN

Motion votée par les membres du conseil de laboratoire CEPN
(unanimité moins 1 vote contre)

Après douze semaines d’un mouvement de grève unitaire et responsable, le conseil de laboratoire CEPN constate que les revendications fondamentales du mouvement, énoncées dès le 22 janvier 2009 en Sorbonne par la première Coordination Nationale des Universités, ne sont pas satisfaites par le gouvernement.

Le conseil de laboratoire CEPN déplore les conséquences néfastes des réformes sur la recherche dans les universités transformées en entreprises;

Le conseil  condamne le passage en force du gouvernement effectué les 22 et 25 avril, dans une période de vacances. Les décrets pris s’opposent radicalement aux attentes de la communauté universitaire. Par cette attitude, le gouvernement exacerbe la crise qui frappe l’Université depuis plusieurs mois et qui avait été annoncée par la CPU dans sa lettre ouverte du 5 janvier 2009 adressée au Président de la République. Il met en danger la validation des semestres de l’année 2008-2009.

A la suite de la CNU, et en accord avec les collègues, étudiants, syndicats, associations et sociétés savantes qui forment le mouvement, le conseil de laboratoire CEPN demande l’abrogation des décrets .

Il transmettra aux CEVU, CS et CA cette demande.

Communiqué de presse de la 2nde réunion de la coordination nationale des laboratoires en lutte

Mardi 7 avril, s’est réunie à Orsay la deuxième coordination nationale des laboratoires en lutte . 210 représentants des laboratoires de différentes régions ont affirmé leur détermination à combattre la politique de destruction du service public de recherche et d’enseignement supérieur que le gouvernement met en place depuis plusieurs années, notamment dans le cadre de la LRU et du pacte de la recherche

Apres un débat passionné, ils ont rappelé qu’ils continuent à exiger :

  • la restitution des emplois supprimés – y compris pour les chaires -, la définition d’un plan pluriannuel de créations d’emplois,
  • l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche
  • le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de contrat doctoral,
  • le retrait de l’actuel projet de réforme de la formation des enseignants et des concours, et l’ouverture de négociations pour une tout autre réforme

Ils appellent à des actions fortes et diversifiées pour la défense de l’emploi scientifique et la pérennité des organismes de recherche. Ils affirment qu’en plus de restitution des 130 postes liés à la mise en place des chaires d’excellence ; le gouvernement doit d’une part

  • restituer a minima les 900 postes supprimés dans le cadre du budget 2009 et mettre en place un plan pluriannuel de création d’emplois. Il faut en finir avec la précarité et offrir des emplois statutaires aux jeunes scientifiques
  • affirmer de façon claire le maintien des EPST dans leur rôle d’opérateur de recherche

Orsay le 7 avril


Motions votées lors de la seconde réunion de la coordination nationale des laboratoires en lutte

Motion d’orientation générale 1

La Coordination Nationale des Labos en Lutte, réunie à Orsay le 7 Avril 2009, rappelle qu’elle continue à porter les 4 points unitaires suivants :

  • la restitution des emplois supprimés, la définition d’un plan pluriannuel de créations d’emplois,
  • l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche
  • le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de contrat doctoral,
  • le retrait de l’actuel projet de réforme de la formation des enseignants et des concours, et l’ouverture de négociations pour une tout autre réforme

Motion d’orientation générale 2

La Coordination Nationale des Labos en Lutte appelle les syndicats avec SLR, SLU à ne pas se rendre aux réunions de travail du ministère, si les 2 préalables : sur l’emploi et l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche ne sont pas satisfaits et à exiger que les 8 points ci-dessous soient systématiquement portés à l’ordre du jour des rencontres avec le ministère.

Elle appelle à des actions fortes sur l’emploi et le refus du démantèlement des EPST des le début du mois de mai.

1.Mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires, notamment pour résorber la précarité. Suppression des chaires. Restitution des 1030 emplois supprimés en 2009.

2.Retrait du projet de décret sur les enseignants chercheurs et du projet de décret sur le contrat doctoral

3.Retrait du projet de réforme actuelle de formation des enseignants et des concours de recrutement

4.Arrêt du démantèlement des organismes et réouverture des discussions sur les contrats Etat-Organismes. L’Etat doit s’engager sur les moyens nécessaires, notamment les postes et les crédits de base, pour chaque contrat. C’est notamment le cas pour le projet actuel de contrat Etat-CNRS. Le contrat Etat-CEMAGREF doit être revu. L’Inserm ne doit pas se transformer en en agence de financement mais rester un EPST de plein exercice. Le projet de consortium de l’agroalimentaire doit être abandonné et retiré de l’ordre du jour du prochain CA de l’INRA.

5.Arrêt du processus de « déUMRisation ». Statut unique des UMR dans le cadre d’un partenariat équilibré entre leurs tutelles scientifiques. Les organismes et les universités doivent être co-opérateurs de recherche pour les unités auxquelles participent leurs personnels. Les UMR doivent être libres de choisir leurs gestionnaires.

6.Evaluation des unités de recherche par les instances scientifiques représentatives existantes (Comité national, etc.) comme le permet la loi.

7.Reversement aux organismes et aux universités au profit du soutien de base des laboratoires et pour la transformation des emplois sur CDD en postes statutaires des financements de l’ANR

8.Un engagement à reprendre les discussions sur la revalorisation des salaires et des carrières, sur des bases indiciaires et statutaires mais non indemnitaires.

Motion pour les occupants

La Coordination Nationale des Labos en Lutte soutient les actions d’occupation des présidences d’université ou de sièges d’organismes de recherche qui ont été menées et appelle à poursuivre ce genre d’actions tant que le gouvernement n’apportera pas de réponses satisfaisantes à ses revendications.

Motion sur les violences

La Coordination Nationale des Labos en Lutte, réunie à Orsay le 7 Avril 2009, constate avec indignation que les mouvements contre le démantèlement des services publics d’éducation et de recherche se heurtent à des interventions des forces de police dont le caractère parait pour le moins disproportionné. Elle tient à souligner la responsabilité du gouvernement dans l’emploi de ces procédés. Plus globalement, la coordination exprime sa profonde inquiétude devant la dégradation sans précédent de la situation en France sur le plan du respect des droits de l’homme, récemment constatée par les instances de l’ONU et du Conseil de l’Europe .


Propositions d’action adoptées

ACTIONS INTERNATIONALES
Remerciements en fin d’article (tous la même) proposition : « nous ne remercions pas notre ministère de tutelle pour son action contre le système de recherche publique et d’enseignement supérieur » Modifier sa signature email pour qu’apparaisse un texte contestataire (avec lien vers pétition internationale) Ajouter à la signature des articles l’affiliation « université en lutte » qui pourrait ainsi devenir l’Université française la plus visible de Shanghai Variante : signer « chercheur du monde »

ACTION GRAND PUBLIC Mise en berne spectaculaire de monuments et plaques de rue ayant un lien avec la recherche / l’enseignement supérieur – date ? jour de la prochaine CNLL ? « manif de droite » devant les journaux nationaux et régionaux (date a déterminer par le bureau de la CNLL) Prendre un shift dans la ronde des obstinés : un jour une université Freezings

ACTIONS VIS-A-VIS DES POLITIQUES Campagnes d’emails pendant une journée (comme le 30 mars à Pécresse) Interpeller les candidats aux élections européennes Convoquer les élus régionaux dans les universités, organiser rencontre entre politiques et personnels du secteur Ouvrage national a destination du grand public et des politiques Occupation des forums Internet gouvernementaux

BLOCAGES ADMINISTRATIFS Prolonger et renforcer moratoires ANR et AERES Boycott de la dématérialisation du dossier de carrière (SIRHUS) et maintien des dossier papier Refus d’envoi des fiches CRAC Perturbations coordonnées de la vague A de l’évaluation a commencer par les réunions de lancement (10 avril présidence de l’AERES, 21 Avril à Lyon, 28 a Toulouse, 7 mai a Bordeaux) et la non remise des rapports quadriennaux à l’AERES (remise au Comité national). Blocage des bâtiments administratifs : université et délégations CNRS et les sièges des EPST, une journée entière tous ensemble – date fixée par le bureau Appeler à ne pas signer les PV de jury de fin d’année dans les universités Démission administrative des DU : la CNLL soutient les DU à rester déterminés

ACTION POUR L’EMPLOI SCIENTIFIQUE adopté Soutien et actions fortes à chaque fin de contrat de CDD : faire comprendre que c’est pour nous un licenciement – précisions à apporter par le bureau Recensement de tous les CDD dans tous les laboratoires : écriture d’un livre noir de la précarité Refuser les chaires : les conseils de labos et des universités Occuper les lieux de tenue de jury des chaires

Opération labos morts.

Ca bouge dans les labos à Orsay (où aura lieu la prochaine coordination recherche mardi 7 avril).

L’UMR du Moulon est labo mort, cf page web: http://moulon.inra.fr/ Pour cette journée, nous avons décidé:
– Fermeture du standard telephonique (standard « mort »), avec un message d’indisponibilite
– Renvoi automatique d’un email d’indisponibilite (malheureusement techniquement impossible pour aujourd’hui)
– Pas de seminaire, pas de reunion
– Premiere page web temporairement vide, avec uniquement la mention « LABOratoire MORT » et une explication de la signification
– Pas de releve des absences du DU, afin que le maximum de personnes puissent aller a la manifestation
– Assemblee generale d’information

L’Institut de Physique Nucléaire d’Orsay s’est également déclaré « labo mort » aujourd’hui (comme mardi dernier)

Idem pour le laboratoire de l’accélérateur linéaire de l’IN2P3 : http://www.lal.in2p3.fr/

cnrs_lutte

Réactions de 3 directeurs de labo reçus par la ministre

« Cher [directeur de labo]
Les 3 organisateurs de la réunion de directeurs de laboratoires du 14 mars dernier (Bruno Chaudret, Yves Langevin, Yves Laszlo) se sont rendus ce mardi 31 mars à l’invitation de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche pour porter le relevé de conclusions du 14 mars (www.recherche-du.fr/ministere/10points.pdf). Un intervenant du 14 mars (Rémy Mosseri) assistait également à cette réunion en tant qu’observateur. Du côté du ministère, outre la ministre Valérie Pécresse, participaient à l’entretien Philippe Gillet (directeur de cabinet), Olivier Pagezy (directeur de cabinet adjoint), Thierry Coulhon (conseiller spécial).
Ce relevé de conclusions pose notamment 3 points clefs préalables à une discussion basée sur 10 points fondamentaux. Ces 3 points clefs préalables semblent satisfaits pour l’essentiel, à savoir :
-Réaffectation à des recrutements au concours 2009 dans les organismes des 130 supports de postes qui avaient été affectés au financement du dispositif des chaires organismes-universités ; financement des chaires par un budget supplémentaire alloué par le ministère, chaires qui deviendraient alors de véritables délégations renforcées. Le point critique « une chaire = un poste » (et non deux) a été clairement acté par la ministre.
-Réaffirmation du rôle d’opérateur scientifique des organismes avec engagement d’intervenir auprès du Premier ministre pour obtenir une intervention claire en ce sens.
-Ouverture de discussions avec la communauté scientifique sur un plan pluriannuel d’emplois à 3 ans avec prospective à 10 ans prenant en compte l’ensemble des aspects (notamment départs à la retraite, ITA, chercheurs et enseignants-chercheurs, précaires…).
La présentation des 10 points fondamentaux n’a pu qu’être ébauchée faute de temps. Si des ouvertures semblent possibles (en particulier et non exhaustivement sur la direction collégiale du CNRS avec un Conseil scientifique fort, le « préciput labo »,  l’évaluation scientifique  du crédit impôt-recherche et de son impact avec une part active de la communauté scientifique), elles restent bien entendu à concrétiser et demandent la plus grande vigilance. Des discussions avec la communauté devraient s’engager rapidement.
Conformément au relevé de conclusions du 14 mars, nous vous proposerons de suspendre la grève administrative des activités de direction dès la confirmation écrite par Valérie Pécresse de ses engagements  et la prise de position du Premier ministre sur les organismes. Il va de soi que si de tels engagements ne se traduisaient pas concrètement (en particulier au niveau des recrutements sur les concours 2009), une reprise de l’action s’imposerait en n’excluant aucune option.
Dans l’attente d’une telle confirmation, nous vous proposons de maintenir l’appel à l’action « labo mort » le 2 avril.

Bruno Chaudret, Yves Langevin, Yves Laszlo. »

Compléments d’information sur le blog de Sylvestre Huet.

« Précaires inside » : le CLEO, labo en lutte

Le Centre pour l’édition électronique ouverte, après un vote à bulletin secret réalisé suite à une assemblée générale, s’est déclaré « Laboratoire en lutte » (77% des votes exprimés). Il dénonce, en particulier, la précarité dont font l’objet les personnels d’accompagnement de la recherche, qui représentent plus de 50% de la communauté scientifique (92% des votes exprimés).

Le Cléo est composé de 70% de personnels en contrat à durée déterminée et en contrats de vacation.

  • Sa Lettre électronique mensuelle, gratuite, est lue par 35 000 abonnés partout dans le monde.
  • Les portails mis en oeuvre par cette unité de précaires sont l’objet de 1,2 million de visites mensuelles, soit environ 14 millions de visites annuelles.
  • 40 000 documents originaux sont publiés grâce au Cléo.
  • Le laboratoire forme gratuitement 250 personnes par an à l’édition électronique.
  • Soutient 200 revues sélectionnées couvrant l’ensemble des disciplines des sciences humaines et sociales. En français, anglais, espagnol.
  • Met en ligne 10 000 programmes complets de colloques et de séminaires.
  • Développe plusieurs logiciels libres (dont Lodel, primé par un « Trophée du libre » en 2005).
  • Accueille 40 carnets de recherches.

Et pourtant, nous sommes précaires inside. Le Cléo est en lutte mais continue d’assumer l’ensemble de ses missions quotidiennement.

Blocage du contrat quadriennal !

Le laboratoire ISEM (UMR 5554, basé à l’UM II) a voté tout récemment pour la non-remise de son Plan Quadrienal (PQ), en signe de protestation contre les réformes touchant l’enseignement et la recherche. Un texte expliquant le sens et le potentiel impact de cette démarche est disponible en pièce jointe.
Le PQ sera rédigé, mais (en accord avec le Directeur d’Unité) ne sera pas remis, ce qui constitue un geste fort, et venant de tout un laboratoire dans son ensemble. C’est aussi un processus de blocage important du fonctionnement de l’administration de la recherche. Cette action peut prendre une envergure importante et avoir un gros impact, si de nombreux laboratoires choisissent cette option. Cette suggestion d’action a été proposée et accueillie favorablement à la réunion des délégués de laboratoires du 12 Mars à Paris. Certains autres laboratoires en France ont aussi engagé ce processus (discussions, AG, vote électronique de la motion de non-remise du PQ etc.). Une liste des laboratoires, sur Montpellier au moins, qui auront voté cette action
sera bientôt disponible sur le site de mobilisation de l’UM II.
http://mobilisation-montpellier.effraie.org/wiki/Informations/Non-remiseDuPlanQuadrienal
Une liste nationale sera mise à jour probablement par SLR.
Nous vous proposons donc de proposer ce genre de votes dans vos unités, après avoir fait une réunion d’information/discussions. Si votre aboratoire a voté pour un tel bloquage, merci d’envoyer un mail à
blocageducontratquadriennal@gmail.com pour création de la liste.

Réunion des directeurs de labo. (14 Mars)

Communiqué de presse
Plus de 250 directeurs de laboratoires, chercheurs ou enseignants-chercheurs, se sont réunis samedi 14 mars à Paris pour débattre des problèmes de recherche vus des laboratoires.
Dans un contexte général de tensions extrêmes dans l’enseignement supérieur et la recherche, les directeurs de laboratoires partagent l’inquiétude de la communauté universitaire. Ils témoignent de leur exaspération devant les attaques et les dénigrements répétés que subissent depuis plusieurs années la recherche en général, les organismes de recherche en particulier au premier rang desquels se trouve le CNRS. Ces attaques et dénigrements conduisent à un affaiblissement dangereux du potentiel de recherche français.
Les directeurs de laboratoires appellent de leurs voeux depuis de nombreux mois une évolution du système de recherche, incluant une évolution sensible des organismes de recherche permettant notamment un partenariat équilibré et fructueux avec les universités. Pour autant, ils rappellent le rôle indispensable dans le système de recherche de ces organismes, notamment du CNRS, en particulier comme garants d’une stratégie nationale de recherche. Ils rappellent également qu’à de nombreuses reprises, la communauté a fait des propositions concrètes et argumentées de réformes, propositions qui ont été largement ignorées jusqu’à ce jour.
Les directeurs de laboratoires réunis le 14 mars réaffirment le rôle fondamental du CNRS dans le paysage de la recherche française ainsi que les principes fondamentaux suivants :

  • Indépendance académique
  • Maintien du rôle des organismes comme opérateurs et agences de moyens
  • Partenariat équilibré entre universités et organismes
  • Place centrale des UMR dans le dispositif de recherche
  • Importance de la recherche « libre »
  • Évaluation par les pairs, avec des comités comportant des élus

Ils réaffirment également que les chercheurs et les enseignants-chercheurs doivent avoir les moyens et le temps de mener à bien une recherche de qualité.

Sur la base de ces principes, les directeurs de laboratoires s’adressent solennellement au gouvernement pour obtenir rapidement une réponse satisfaisante aux 10 points fondamentaux détaillés dans le relevé de conclusions du 14 mars.
Ils considèrent en premier lieu qu’une véritable sortie de crise abordant plus largement l’ensemble des problèmes de la recherche n’est possible qu’une fois satisfaits ces 10 points fondamentaux.
Ils considèrent en second lieu qu’une condition préalable indispensable à cette sortie de crise est la résolution immédiate des 3 points clefs préalables suivants

  • Attribution sur liste supplémentaire au concours 2009 des postes supprimés notamment par la mise en place des chaires dont 90 au CNRS ainsi que de postes ITA.
  • Engagement du Premier ministre sur l’intégrité des organismes ainsi que sur leur rôle d’opérateurs.
  • Mise en chantier d’un plan pluriannuel de l’emploi scientifique.

A défaut, les directeurs de laboratoires réunis le 14 mars proposent les actions suivantes, qui feront l’objet d’une consultation de l’ensemble des directeurs d’unités dans les jours qui viennent :

  • Appel au « labo mort » les jours de grève nationale
  • Grève administrative dans deux semaines (dès la tenue du conseil d’administration du CNRS)
  • Démission des directeurs de laboratoires d’ici 2 mois
  • Départ symbolique des directeurs de laboratoires à l’étranger

Le relevé des conclusions votées en séance (www.recherche-du.fr/ministere/releve14mars.pdf), avec ses propositions d’action, sera soumis dès lundi 16 mars à l’ensemble des directeurs de laboratoires.
Contacts : Yves Laszlo, Bruno Chaudret, Yves Langevin.

Motion de la Réunion Nationale des Délégués de Laboratoires (12 Mars)

Motion de la Réunion Nationale des Délégués de Laboratoires

Du 12 mars 2009, Institut d’Océanographie, Paris.

La réunion des délégués a adopté l’intégralité des points ci-dessous :

  • Contre le démantèlement des EPST (non aux instituts « agence de moyen ») et affirmation de leur rôle national d’operateur de recherche (le CNRS doit conserver l’ensemble des disciplines).
  • Pour un plan pluriannuel d’embauche sur postes statutaires (pour toutes les catégories de personnels) permettant la résorption de la précarité.
  • Restitution de tous les postes supprimés en 2009 dans la recherche et l’enseignement supérieur, et transformation des 225 CDD en postes statutaires.
  • Abandon de toute politique de désassociation des UMR permettant une coopération entre université et organismes.
  • Boycott de l’AERES.
  • Remise à plat du Contrat Doctoral Unique.
  • Retrait du projet de décret du statut des enseignants-chercheurs.
  • Restitution de l’ensemble des prérogatives du CoNRS et du CNU et des Commissions Scientifiques de l’INSERM et des autres EPST.
  • Transfert intégral des crédits de l’ANR aux organismes et universités.
  • Boycott de l’évaluation des projets ANR.
  • Depuis 2004, la communauté a toujours été source de proposition, comme cela a été le cas lors des Etats-Généraux de la recherche en 2004.
  • Suppression des « chaires organismes-universités » au profit d’une vraie politique de délégation et de détachement et redéploiement de ces postes aux EPST.
  • Abrogation de la LRU et du Pacte de la Recherche, avec mise en place de nouvelles lois issues d’une large concertation de la communauté.
  • Retrait du projet de réforme de la formation et le recrutement des enseignants du premier et du second degré.
  • Respect du modèle de l’évaluation (par des comités incluant une majorité de pairs élus) fondée sur les principes de collégialité, d’indépendance et de compétences scientifiques.
  • Refus des jurys de « chaires mixtes universités-organismes ».
  • Revalorisation des carrières et augmentation des salaires pour tous.
  • Blocage des CA appelés à entériner les réformes en cours.
  • Retrait de la version actuelle du COM imposé par le ministère au CNRS et des documents similaires concernant les autres EPST.
  • Défense du service public d’enseignement supérieur et de recherche.
  • Abandon de la politique de mutualisation et fusion forcée des unités.
  • Soutien les revendications de l’AG du 12 février au CNRS.
  • Arrêt de la politique actuelle de Crédit impôt Recherche et transfert des sommes ainsi récupérées à la recherche publique et à l’enseignement supérieur.
  • Abandon du projet actuel de consortium National pour l’agriculture, l’alimentation, la santé animale et l’environnement.
  • Augmentation significative des possibilités de promotions.
  • Soutien à la Grève des cours.
  • Abandon des projets d’externalisation des missions effectuées par le personnel de catégorie C que ce soit dans les universités ou les organismes de recherche.
  • Réintégration des personnels des universités aux « compétences élargies » dans le droit commun des personnel du MESR (« sortie des oeuvres sociales », voir circulaire du 27 janvier 2009).
  • Soutien les revendications de la Coord Nat Univ du 11 février

Motion sur les actions de la Coordination Nationale des Laboratoires en lutte.

Votée le 12 mars par la réunion nationale des délégués de laboratoires.

  • L’assemblée décide de porter la plateforme revendicative (motions jointes) au ministère vers 17h30.
  • L’assemblée se proclame Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte avec les délégués présents ce jour et les organisations syndicales et associatives qui acceptent d’y participer.
  • La coordination se prononce pour le blocage administratif des organismes : Jury des Chaires d’excellence, CA, instances de décision et de mise en œuvre (EPST, Universités).
  • La coordination appelle les laboratoires à participer aux actions lancées par la coordination universitaire et d’ores et déjà pour le 24 Mars.
  • La coordination désigne une délégation qui se rendra à l’assemblée des directeurs d’unités qui se tient dans deux jours pour lui faire connaître les motions votées ce jour.
  • La coordination appelle les personnels de la recherche à participer à l’action interprofessionnelle lancée par les Confédérations syndicales le 19 Mars.
  • La coordination soutient le Boycott et le blocage de l’ANR et de l’AERES, et la non remise par les laboratoires de leurs rapports plan quadriennal à l’AERES.
  • La coordination propose une réunion plénière d’urgence du Comité National et des instances scientifiques des autres organismes et des autres EPST.
  • La coordination demande la démission de la ministre de la recherche et de A. Migus, C. Bréchignac et A. Resplandy-Bernard.

AG de l’Observatoire de Paris

Voici quelques points votés en AG de l’Observatoire de Paris, tenue le mardi 3 mars concernant la coordination:
• L’AG appelle à maintenir l’unité (syndicats, associations, …) du mouvement en cours sur l’ensemble des revendications pour
l’Enseignement Supérieur et la Recherche (décret EC, masterisation, avenir du CNRS…)
• L’AG appelle pour le 5 mars à la démission de toutes les fonctions administratives et de gestion de l’ES et de la Recherche, à
l’exception de celles pouvant menacer les recrutements sur postes permanents.
• L’AG appelle les personnels de l’Observatoire à faire grève et PARTICIPER MASSIVEMENT À LA MANIFESTATION NATIONALE du 5 mars.
• L’AG reconnaît la seule représentativité de la Coordination nationale des universités comme interlocuteur du gouvernement
et soutient la création d’un bureau exécutif de la Coordination nationale des universités

MOTION du CENS (EA 3260), le 26 février 2009.

MOTION du CENS (EA 3260), le 26 février 2009.
Nous, membres du Cens (Centre nantais de sociologie) enseignants-chercheurs, doctorants, ingénieur et personnel administratif, réunis en conseil de laboratoire le 26 février 2009,
– constatons l’aggravation et l’accélération du processus de destruction du système de recherche et d’enseignement supérieur public par le gouvernement actuel (découpage du CNRS en agences de répartition de financements, pilotage managérial et politique de la recherche via l’ANR et l’AERES, “masterisation” des formations, modification du statut des enseignants-chercheurs dépréciant l’enseignement et accroissant leur charge de cours, mise en place du contrat doctoral augmentant la
précarisation des doctorants, etc.),
– exprimons notre indignation face à l’agressivité et le mépris affichés vis-à-vis de la communauté scientifique par le Président de la République dans son discours diffamatoire du 22 janvier fondé sur de multiples contrevérités.
Tenons à réaffirmer notre attachement :
au principe d’un service public de l’enseignement et de la recherche
à l’indépendance académique et, plus généralement, à celle des métiers du savoir
au modèle de l’évaluation scientifique qualitative par les pairs
à la solidarité de la communauté universitaire (EC, chercheurs, BIATOSS, ITA, personnels précaires, étudiants).
Les membres du CENS soutiennent activement le mouvement de lutte de l’ensemble des personnels de l’université de Nantes et demandent solidairement :
– la reconnaissance du rôle central du CNRS en tant qu’opérateur de recherche dans l’ensemble des champs disciplinaires
– le rétablissement de tous les postes supprimés à l’Université et au CNRS et la relance de l’emploi scientifique sous forme de postes permanents pour toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche
– le retrait du projet de “masterisation” des concours de recrutement du secondaire
– le retrait du projet de décret sur le statut des universitaires
– la prédominance du modèle de l’évaluation scientifique par des pairs élus, sur le double principe intangible de l’indépendance académique et de la compétence scientifique.
– le retrait du projet de contrat doctoral
– la mise en place des conditions d’une réflexion concertée sur le devenir de l’enseignement supérieur et de la recherche rejoignant les revendications exprimées par les motions de la Coordination nationale des
universités et par le C3N.
En conséquence, ils déclarent le CENS « laboratoire en lutte » pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Les membres du CENS refusent désormais, chacun à la mesure de ses moyens et de ses responsabilités, de contribuer à la destruction de l’actuel système de recherche et d’enseignement. Les personnels concernés s’engagent en particulier à un moratoire des expertises à l’ANR et à l’AERES conformément aux recommandations du C3N, à arrêter ses activités d’échanges scientifiques (séminaires…), à organiser des débats et des discussions avec tous ceux, étudiants, enseignants, chercheurs et
personnels de l’université, qui seraient intéressés, sur des questions en jeu dans le mouvement de protestation.

Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoires

http://www.universite-recherche-democratie.fr/

Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoires

Depuis début février, la grève s’étend dans les universités et les laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de recherche du gouvernement (décret carrières, réforme de la formation des enseignants, suppressions d’emplois, démantèlement des organismes). Les manifestations ont rassemblé dans toute la France plusieurs dizaines de milliers d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, d’administratifs, de personnels précaires et d’étudiants. Se situant dans le même mouvement, en convergence avec la coordination des universités, une assemblée générale des personnels des laboratoires de tous les organismes de recherche et des universités, tenue le 12 février au CNRS, a donné le coup d’envoi d’une campagne préparant une réunion nationale de délégués de laboratoires.

Nous proposons dans chaque région et/ou université d’organiser de façon coordonnée, avec les syndicats et les associations signataires, des AG de laboratoires qui éliront des délégations composées de façon inter catégorielle. Nous appelons les AG à débattre des revendications et à mandater les délégués qui iront mi-mars porter une adresse solennelle à l’Elysée. Les AG sont appelées à se prononcer notamment sur :
- la restitution des 1030 emplois supprimés au budget 2009, et l’ouverture de négociations sur un plan pluriannuel de recrutement permettant la résorption de la précarité,
- le transfert immédiat des crédits 2009 de l’ANR vers les EPST et les universités pour leur donner les moyens de recruter sur postes statutaires et de mener une politique scientifique.
- le refus de l’éclatement du CNRS (qui doit maintenir toutes les disciplines et assurer la continuité thématique), du découpage de l’INSERM en Instituts, de la dilution de l’INRA dans un consortium, du transfert des personnels IRD aux universités, du contrat d’objectifs sans moyens imposé au CEMAGREF et de la transformation des EPST en simples agences de moyens
- l’abandon de toute politique de désassociation et le maintien des UMR permettant une coopération entre universités et organismes.
- le retrait du projet de contrat doctoral
- le boycott de l’AERES et la restitution de l’intégralité de ses prérogatives au comité national de la recherche scientifique et aux instances scientifiques des autres organismes pour l’évaluation des équipes et laboratoires.

Elles pourront se prononcer également sur le boycott des jurys des chaires, le blocage des CA des organismes appelés à entériner les transformations en cours. Elles pourront demander aux sections du CoNRS de contribuer à assurer le suivi de ce mouvement, de soutenir et d’encourager les personnels et les laboratoires dans ces actions.

Ce site WEB spécifique est destiné à recueillir les initiatives des laboratoires et organisera le rassemblement national. Envoyez vos motions sur depot-motions-labos@universite-recherche-democratie.fr. Elles seront mises en ligne sur ce site.

Les organisations signataires appellent les personnels à prendre toute leur place dans les luttes en cours.

CGT : SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP
FSU : SNCS, SNESUP, SNASUB
SGEN-CFDT Recherche EPST
SOLIDAIRES : SUD Recherche-EPST, SUD Education, SUD Etudiant
SNPREES-FO
SLR, SLU
UNEF

Communiqué (OSC, SCIENCES PO/CNRS) DU 25 FEVRIER 2009

COMMUNIQUE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU PERSONNEL DE L’OBSERVATOIRE SOCIOLOGIQUE DU CHANGEMENT (OSC, SCIENCES PO/CNRS) DU 25 FEVRIER 2009

Le personnel de l’OSC, réuni le 25 février 2009 en assemblée générale, affirme sa participation au mouvement de protestation nationale contre les réformes déjà mises en œuvre ou envisagées dans l’enseignement supérieur et la recherche. Face au mépris exprimé par le Président de la République dans son discours du 22 janvier et à l’absence de concertation dont font preuve les Ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’assemblée générale, demande, en accord avec la coordination nationale des universités :

* Un plan pluri-annuel de recrutement d’enseignants-chercheurs et de chercheurs conforme à la priorité affichée par le gouvernement pour l’enseignement supérieur et la recherche ; le rétablissement de tous les postes supprimés dans l’enseignement et la recherche ; la fin de la politique de précarisation des emplois scientifiques ; la conversion des post-docs CNRS récemment supprimés en postes statutaires.
* L’arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche (CNRS, INSERM, INRA…) et le rétablissement de l’ensemble de leurs missions (opérateur de recherche, labellisation des revues…), ainsi que l’abandon de la transformation du CNRS en instituts devenant agences de moyens.
* Le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs ; le maintien et le renforcement de procédures collégiales pour le recrutement, l’évaluation, et l’attribution des services d’enseignement et des décharges pour la recherche.
* Le retrait de la réforme de la formation des enseignants du premier et du second degré dans sa forme actuelle ; la mise en place d’une véritable formation professionnelle, initiale et continue, pour tous les enseignants par une articulation efficace de l’apport des universités et des IUFM.
* L’augmentation du nombre de financements de thèse ; la mise en place d’un véritable statut pour les doctorants dont l’activité principale serait de se consacrer à leurs propres travaux de recherche.

L’assemblée générale ne défend pas pour autant le statu quo et appelle, au contraire, à une réflexion collective, faisant suite aux propositions élaborées lors des Etats généraux de la Recherche de 2004, concernant l’exercice des métiers de l’enseignement et de la recherche, le recrutement, l’évaluation, la carrière, le statut des enseignants-chercheurs, doctorants et post-docs, ainsi que la gouvernance au sein des établissements.

Elle réclame une politique ambitieuse et volontariste pour l’enseignement supérieur et la recherche, qui ne peut être menée sans un accroissement significatif des moyens financiers alloués aux Universités et aux organismes de recherche et une meilleure répartition entre les institutions, notamment entre les grandes écoles et les universités.

Elle souligne l’importance d’investir dans la formation des jeunes et dans la recherche en cette période de crise économique et sociale, et demande également que la réflexion sur l’enseignement supérieur et la recherche s’inscrive dans le cadre d’une politique globale concernant l’amélioration de la formation de la maternelle à l’université.

Elle s’associe donc aux actions engagées et appelle à la mobilisation pour obtenir le retrait des projets en cours, qui, en l’état actuel, ne peuvent qu’affaiblir l’enseignement supérieur et la recherche en France.

Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoire.

COMMUNIQUE DES ORGANISATIONS SYNDICALES
Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoire

Depuis début février, la grève s’étend dans les universités et les laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de recherche du gouvernement (décret carrières, réforme de la formation des enseignants, suppressions d’emplois, démantèlement des organismes). Les manifestations ont rassemblé dans toute la France plusieurs dizaines de milliers d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, d’administratifs, de personnels précaires et d’étudiants. Se situant dans le même mouvement, en convergence avec la coordination des universités, une assemblée générale des personnels des laboratoires de tous les organismes de recherche et des universités, tenue le 12 février au CNRS, a donné le coup d’envoi d’une campagne préparant une réunion nationale de délégués de laboratoires.

Nous proposons  dans chaque région et/ou université d’organiser de façon coordonnée, avec les syndicats et les associations signataires, des AG de laboratoires qui éliront des délégations composées de façon inter catégorielle. Nous appelons les AG à débattre des revendications et à mandater les délégués qui iront mi-mars porter une adresse solennelle à l’Elysée.

Les AG sont appelées à se prononcer notamment sur :

  • la restitution des 1030 emplois supprimés au budget 2009, et l’ouverture de négociations sur un plan pluriannuel de recrutement permettant la résorption de la précarité,
  • le transfert immédiat des crédits 2009 de l’ANR vers les EPST et les universités pour leur donner les moyens de recruter sur postes statutaires et de mener une politique scientifique.
  • le refus de l’éclatement du CNRS (qui doit maintenir toutes les disciplines et assurer la continuité thématique), du découpage de l’INSERM en Instituts, de la dilution de l’INRA dans un consortium, du transfert des personnels IRD aux universités, du contrat d’objectifs sans moyens imposé au CEMAGREF et de la transformation des EPST en simples agences de moyens
  • l’abandon de toute politique de désassociation et le maintien des UMR permettant une coopération entre universités et organismes.
  • le retrait du projet de contrat doctoral
  • le boycott de l’AERES et la restitution de l’intégralité de  ses prérogatives au comité national de la recherche scientifique et aux instances scientifiques des autres organismes pour l’évaluation des équipes et laboratoires.

Elles pourront se prononcer également sur le boycott des jurys des chaires, le blocage des CA des organismes appelés à entériner les transformations en cours. Elles pourront demander aux sections du CoNRS de contribuer à assurer le suivi de ce mouvement, de soutenir et d’encourager les personnels et les laboratoires dans ces actions. Un site WEB spécifique recueillera les initiatives des laboratoires et organisera le rassemblement national.

Les organisations signataires appellent les personnels à prendre toute leur place dans les luttes en cours. CGT SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP FSU  SNCS, SNESUP, SNASUB SGEN-CFDT Recherche EPST SUD Recherche, SUD Education, SUD Etudiant SNPREES-FO SLR, SLU UNEF

Communiqué du personnel du CEVIPOF

COMMUNIQUE DU PERSONNEL DU CEVIPOF (UMR 7048 du CNRS)
ASSEMBLEE GENERALE DU 12 FEVRIER 2009
A la suite de l’assemblée générale des chercheurs réunie le 12 février 2009, le personnel du CEVIPOF affirme sa participation au mouvement de protestation nationale contre les réformes déjà mises en œuvre ou envisagées par le gouvernement dans l’enseignement et la recherche. Loin de les favoriser, ces reformes sans concertation préalable bloquent en fait les évolutions nécessaires.
Nous partageons pleinement l’émotion ressentie par l’ensemble de la communauté scientifique face au discours du Président de la République du 22 janvier et au mépris dont il a témoigné, qui se traduit actuellement par plusieurs réformes inacceptables.
Nous voulons :
–          Le retrait de la réforme du statut d’enseignant-chercheur : l’évaluation nécessaire doit passer par le CNU et non par les présidents d’université, ce qui développerait les risques d’arbitraire.  .
–          L’arrêt du démantèlement des organismes de recherche publique (CNRS, INSERM, INRA…), le rétablissement de l’ensemble de leurs missions (opérateur de recherche, labellisation des revues…) ainsi que l’abandon de la transformation du CNRS en instituts devenant agences de moyens
–          L’abandon de toute politique de désassociation et donc le maintien des UMR permettant une coopération fructueuse entre universités et organismes.
–          L’arrêt de la politique de mutualisation et de fusion forcée des unités.
–          La fin de la politique de précarisation  des emplois scientifiques et le rétablissement de TOUS les postes supprimés dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche ; la conversion des « post-doc CNRS » récemment supprimés en postes statutaires ;
–          Un plan pluriannuel de recrutement de chercheurs et d’enseignants-chercheurs conforme à la priorité affichée par le gouvernement  pour ce secteur essentiel de l’activité nationale

Dans cette situation, il nous paraît indispensable de défendre en France comme à Sciences Po l’indépendance des métiers du savoir (chercheurs, enseignants-chercheurs, accompagnateurs de la recherche, doctorants, post-docs) et d’affirmer le laboratoire comme leur lieu naturel d’exercice.
Les personnels du CEVIPOF appellent à une réflexion collective concernant l’exercice des métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur, le recrutement, l’évaluation, la carrière, le statut des enseignants-chercheurs et des chercheurs, les possibilités offertes aux doctorants et aux postdocs  ainsi que la gouvernance au sein de l’établissement. Les personnels du CEVIPOF soulignent l’importance à ses yeux de la collégialité et de la pleine inscription de Sciences Po dans la communauté académique et dans le champ des sciences sociales.

En conséquence :
·        Nous décidons un moratoire du laboratoire sur toutes les expertises de l’ANR et de l’AERES
·        Nous appelons à rejoindre les mobilisations à venir pour obtenir le retrait de ces réformes nuisibles.

Premiers signataires :
Martine Barthélémy, Daniel Boy, Jacques Capdevielle, Bruno Cautrès, Flora Chanvril, Jean Chiche, Claude Dargent, Nadia Dehan, Jean-Pierre Didelin, Jean-Marie Donegani, Elisabeth Dupoirier, Alexandre Escudier, Eric Landowski, Viviane le Hay, Guy Michelat, Janine Mossuz-Lavau, Henri Rey, Mariette Sineau, Thierry Vedel, Jean Viard

Motion laboratoire I3M (Nice)

MOTION LABORATOIRE I3M 13/02/2009
Les membres du laboratoire I3M réunis vendredi 13 Février à Nice, pleinement solidaires avec le mouvement actuel de contestation des contre-réformes qui touchent la recherche et l’enseignement supérieur, expriment leur refus du démantèlement programmé des structures de transmission du savoir, de la recherche, de la culture, de l’université et de la fonction publique en général. Ils réaffirment le caractère indissociable de l’enseignement et de la recherche en considérant que le projet actuel de modification du décret n° 84-431 du 6 juin 1984 sur les statuts des enseignants-chercheurs confère aux exécutifs locaux des établissements d’enseignement supérieur des pouvoirs exorbitants qui fragilisent les équilibres de la recherche et de l’enseignement au mépris de l’intérêt scientifique et de celui des étudiants.
Les membres du laboratoire I3M demandent par conséquent que l’évolution souhaitable du statut des enseignants-chercheurs prenne en compte la totalité de leurs charges (y compris administratives) et que le volume total de leurs enseignements (modulables à la baisse en fonction de la diversité et du poids des tâches assumées) ne puisse en aucun cas dépasser le
plafond des 192 heures annuelles.
Attachés qu’ils sont à un système d’enseignement supérieur et de recherche garantissant la démocratie, la collégialité, l’indépendance et la liberté des enseignants-chercheurs, enseignants, et chercheurs, ils demandent en conséquence le maintien d’une évaluation qualitative de la recherche par les pairs élus, membres d’instances nationales, collégiales et indépendantes.
Ils se déclarent opposés à un système d’évaluation quantitativiste de la production scientifique universitaire visant la mise en concurrence des chercheurs. Ils proposent de participer au sein même de leur laboratoire à la production d’indicateurs pertinents permettant d’évaluer leurs travaux avec exigence et rigueur tout en maintenant le droit à une recherche libre, éloignée de l’idéologie de « la culture du résultat » fondée sur l’impératif de la rentabilité économique et sur la soumission des enseignants-chercheurs à la hiérarchie administrative. Ils exigent en conséquence que les nouveaux modes de gestion de la recherche et de l’enseignement supérieur que sont l’ANR et l’AERES, visant à un pilotage centralisé et autoritaire de leurs enseignements et de leurs travaux, ne se substituent pas aux financements nationaux récurrents des structures scientifiques et pédagogiques, seule preuve tangible de l’engagement de l’Etat en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans ce but, ils appellent à une refonte totale des modèles d’attribution des moyens alloués à l’enseignement supérieur et à la recherche.
Ils s’élèvent tout particulièrement contre l’arbitraire et l’opacité des critères de classement des revues scientifiques établissant une concurrence nocive entre les revues classées A et les autres, réduisant ainsi la richesse et la complexité des recherches à la tyrannie du nombre, comptabilisant de la même manière une citation positive et une citation négative, affaiblissant la
recherche en langue française, menaçant l’écosystème fragile des revues scientifiques, condamnant les disciplines littéraires mais aussi celles des sciences humaines et sociales à une réduction considérable du nombre de revues existantes.
Ils s’engagent clairement en conséquence à refuser provisoirement toute participation aux activités d’expertise et d’évaluation pour l’ANR et l’AERES. A refuser de transmettre les données visant à un pilotage autoritaire de leurs recherches par le moyen d’une évaluation quantitativiste. Ils préconisent une évaluation de leurs travaux fondée sur la reconnaissance de la
diversité et de la complexité de leurs recherches au croisement de plusieurs champs épistémiques. En tenant compte de la liste des revues qualifiantes du champ des SIC instaurée par le CNU 71° section, ils demandent que leurs travaux de recherche interdisciplinaires publiés dans des revues à comité de lecture non classées sur le site de l’AERES mais faisant l’objet
d’une authentique reconnaissance nationale et/ou internationale dans leur domaine disciplinaire (revues numériques et professionnelles à caractère scientifique comprises) soient reconnus et valorisés au sein de leur laboratoire et que chacun des membres de ce dernier plaide auprès des instances concernées en faveur de l’effectivité et de la plénitude de cette reconnaissance. Enfin, ils demandent à être étroitement associés à tout processus de modification des modes d’évaluation de leurs recherches et de leurs carrières, ainsi qu’à l’élaboration collégiale et démocratique des critères d’évaluation de ces dernières.
Motion votée à l’unanimité des présents.

« L’UMR 7055 en lutte »

« L’UMR 7055 en lutte »
UMR 7055 CNRS et Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense MAE Nanterre Laboratoire « Préhistoire et Technologie » section 31 du Comité National, Dept SHS Les membres de l’UMR 7055, dans leur quasi-totalité, ont pu examiner la déclaration
avancée par le C3N dans son appel du 9 décembre 2008.
La somme de leurs avis individuels fait apparaître une quasi-unanimité pour s’associer à cette déclaration (10 oui, 1 abstention).
L’avis global de notre laboratoire est donc très clairement positif, en soutien de la déclaration du C3N.
A la position de nos collègues de l’UMR ArScAn (Archéologies et Sciences de l’Antiquité) que nous partageons pour l’essentiel, nous ajoutons notre opposition à toute atteinte aux principes de libertés académiques et de fonctionnement collégial,
sans lesquels l’enseignement supérieur et la recherche fondamentale ne peuvent fonctionner sainement, c’est à dire fonctionner tout court.
Par ailleurs, nous constatons et réprouvons la « détitularisation » amorcée et promise des métiers de la recherche, sinon d’une part de l’enseignement supérieur, en particulier par la baisse drastique des postes ouverts au CNRS dans nos disciplines.
Pour la section 31, le simple renouvellement démographique impliquerait 8 entrants par an : mis à part les postes EDD, les postes SHS sont passés de 5 en 2006 et 2007 à 4 en 2008 et 2,5 cette année !
Présentée comme compensant cet effondrement, la précarisation de jeunes docteurs sur des CDD « post-doc » ou ANR (6500 sur l ‘ensemble des programmes ANR !) est une mesure de court terme dont les effets pervers sont inéluctables : après 1, 2, 3
CDD, la grande majorité de ces chercheurs seront « remerciés », autour de leurs 40 ans, pour laisser place à de plus jeunes qui connaîtront bientôt le même sort.
La position du gouvernement actuel, telle que nous la révèle sans ambages Nicolas Sarkozi, est une position profondément idéologique. Elle vise à déstabiliser des corporations considérées comme « de gauche » tout en les étranglant, à appliquer
de force les principes les plus « libéraux » de mise en concurrence et de menace de sanction sur chaque individu. Elle est aussi grossièrement ignorante des modes de fonctionnement des communautés scientifiques, comme des conséquences à terme
de cette politique sur notre fonction sociale.
Elle atteint de fait un niveau démagogique sans précédent dans le dénigrement des métiers et des corps sociaux les uns envers les autres, dont l’effet est délétère sur la cohésion de l’ensemble de notre société. Nous demandons l‘arrêt de ces réformes autoritaires et inconsidérées : si des adaptations peuvent être les bienvenues, et même souhaitables, elles doivent être élaborées dans le consensus du fonctionnement collégial, et respectueuses des libertés académiques.
Sur ces principes, l’UMR 7055 se déclare « en lutte » contre les réformes du gouvernement actuel.
le 12 février 2009

Motion du Ceral (4 février)

Motion Assemblée Générale du CERAL (Centre de recherche sur l’Action locale), Equipe d’accueil – Université Paris XIII
4 février 2009
Les membres du CERAL réunis en assemblée générale le 4 février 2009 ont adopté la motion suivante :
-ils font part de leur attachement au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, au statut de la fonction publique en tant que garant de leur autonomie et au maintien d’un recrutement conséquent d’enseignants-chercheurs et de chercheurs statutaires
-ils considèrent que l’enseignement et la recherche sont deux missions essentielles du métier d’enseignant-chercheur qui ne sauraient être mises en concurrence. L’enseignement ne saurait être dissocié de la recherche.
-ils sont attachés à une évaluation qualitative de leur activité de recherche assurée par leurs pairs et extérieure à leur établissement.
-ils regrettent la méthode utilisée pour promouvoir la modification du décret de 1984
-ils regrettent également les attaques répétées contre les sciences humaines et sociales, le CNRS et la communauté scientifique plus largement.
Les membres du CERAL expriment par conséquent leur soutien et leur participation au mouvement national.