Un chercheur trop « islamophile » sanctionné ?

Un chercheur trop « islamophile » sanctionné ?

Est-ce parce qu’il a publié un ouvrage polémique sur La nouvelle islamophobie, que Vincent Geisser, chercheur au CNRS, fait l’objet d’une procédure disciplinaire? Le 29 juin, ce politologue à l’Institut de  recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence est convoqué devant la «commission administrative paritaire» du CNRS pour «manquement grave» à «l’obligation de réserve à laquelle (il) est tenu en tant que fonctionnaire».

Que lui reproche-t-on exactement? «Des propos tenus à l’encontre de Monsieur Joseph Illand, fonctionnaire de sécurité défense du CNRS», peut-on lire dans la convocation.

Vincent Geisser date le début de ses ennuis à septembre 2004. «C’est là que se manifeste pour la première fois le fonctionnaire sécurité de défense (FD) du CNRS, raconte-t-il. Avant cette date, je ne connaissais même pas son existence».

Selon sa collègue Françoise Lorcerie, qui travaille dans le même labo que lui,  «les premières manifestations de ce fonctionnaire datent de quelques années». «On a essayé de se renseigner, raconte-t-elle, il semble qu’il ait le grade de général, mais on ne sait pas quelles sont ses prérogatives, ni ce qu’il fait au CNRS, ni en quoi il est qualifié pour valider nos travaux».

De son bureau su siège du CNRS, Joseph Iland a un droit de regard sur les travaux des chercheurs. «Quand on part en mission à l’étranger dans des pays sensibles, on est obligés de lui communiquer nos plans de mission: qui on va rencontrer, où on va loger, poursuit Françoise Lorcerie. Et on doit avoir son autorisation pour partir».

En septembre 2004, Vincent Geisser débute une recherche sur les «chercheurs maghrébins ou d’origine maghrébine travaillant pour les institutions publiques françaises (université, CNRS et INSERM…)». «Il s’agissait pour mon équipe de faire une évaluation scientifique rigoureuse de la contribution des “chercheurs et des universitaires maghrébins » au rayonnement de la recherche française dans le monde», explique-t-il. Signe de son intérêt, ce projet sera financé par le CNRS à hauteur de 20 000 euros.

Vincent Geisser est un intellectuel engagé. Son livre sur La nouvelle islamophobie lui a valu des critiques. Sa proximité avec des musulmans fondamentalistes lui vaut d’être taxé, comme sur le site atheisme.org, «obsession islamophile» voire d’avoir «caressé les barbus dans le sens du poil».

A partir de septembre 2004, il se plaint d’une «surveillance étroite de la part du fonctionnaire défense du CNRS». Selon lui, l’un de ses collègues du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences-Po) a même consulté par le ministère de la Défense sur le «risque» que ses travaux ne cachent la constitution d’un «lobby arabo-musulman» au sein du CNRS.

Dans un mail privé, Vincent Geisser comparera alors «l’action sécuritaire du FD aux méthodes utilisées contre les Juifs et les Justes» pendant la seconde guerre mondiale. C’est ce qui lui vaut d’être convoqué devant les instances disciplinaires du CNRS.

Hier, cette affaire a commencé à agiter le Landerneau universitaire. Un collectif rassemblant la fine fleur des chercheurs en sciences humaines (voir la liste ci-dessous) a envoyé à Valérie Pécresse une lettre ouverte de protestation contre ce qu’ils qualifient d’«atteinte à liberté de pensée et d’expression». Ses collègues de l’Iremam préparent une motion de soutien qui sera envoyée aux membres de la commission chargés de statuer sur son sort. Et une pétition publique devrait être lancée.

COMITÉ DE LANCEMENT
Jean-Christophe ATTIAS, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, Etienne BALIBAR, professeur émérite à l’Université de Paris 10, Nanterre, Nicolas BANCEL, professeur à l’Université de Strasbourg, détaché à l’Université de Lausanne, Jean BAUBEROT, professeur émérite de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), Esther BENBASSA, directrice d’études à l’EPHE, Daniel BENSAID, professeur de philosophie à l’Université de Paris 8, Pascal BONIFACE, géopolitologue, Université de Paris 8, Marie-Françoise COUREL, directrice d’études à l’EPHE, présidente honoraire de l’EPHE, ancienne directrice scientifique du département SHS du CNRS, Denis CROUZET, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris 4), Alain DE LIBERA, professeur d’histoire de la philosophie médiévale à l’Université de Genève, directeur d’études à l’EPHE, Christine DELPHY, directrice de recherche émérite au CNRS, Éric FASSIN, enseignant-chercheur à l’École Normale Supérieure, Nacira GUENIF, sociologue, maître de conférences à l’Université Paris Nord, Edgar MORIN, directeur de recherche émérite au CNRS, Laurent MUCCHIELLI, directeur de recherche au CNRS, Denis PESCHANSKY, directeur de recherche au CNRS, ancien directeur adjoint du département SHS du CNRS, Roshdi RASHED, directeur de recherche émérite au CNRS, professeur honoraire à l’Université de Tokyo, Olivier ROY, directeur de recherche au CNRS, Vincent TIBERJ, chercheur au Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po et maître de conférence à Sciences Po, Tzvetan TODOROV, directeur de recherche honoraire au CNRS, Jérôme VALLUY, enseignant-chercheur, science politique, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1, CRPS, TERRA)

Rédigé le 08 juin 2009 à 17:06 | Lien permanen

http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/2009/06/trop-islamophile-un-chercheur-sanctionn%C3%A9.html

« La presse perd ses facultés »

Article de Pierre Jourde à lire sur le site Causeur : http://www.causeur.fr/la-presse-perd-ses-facultes,2285

Extrait : « Il paraît que la presse est libre. Et elle y tient beaucoup, à sa liberté. Elle proteste beaucoup, avec raison, contre toute atteinte à sa liberté. Mais pour le manque de liberté de pensée, malheureusement, il n’y a pas grand-chose à faire.

On pouvait croire, au début du mouvement universitaire, que l’information sur la réforme Pécresse et les réactions qu’elle suscite permettrait de sortir des habituels clichés : profs fainéants, mandarins accrochés à leur pouvoir, chercheurs claquemurés dans leurs laboratoires, six mois de vacances, conservatisme et corporatisme, refus de toute évaluation, etc. Il y a eu quelques émissions remarquables sur le service public, un véritable travail de fond de la part des journalistes de Libération. En dehors de cela, dans la majorité des cas, la couverture médiatique du mouvement est accablante. On a le choix : ici, les idées toutes faites ; là, le poujadisme ; presque partout, la plus radicale absence d’informations précises sur le contenu de la réforme et les raisons exactes de son refus par les universitaires. D’où les interpellations incessantes de gens qui ne comprennent pas, demandent qu’on leur explique, récitent une doxa sur l’université. On se demande vraiment à quoi sert la presse. En tous cas, certainement pas, dans ce pays, à donner les éléments essentiels de compréhension. D’où le déluge d’interventions haineuses sur certains sites, notamment celui du Monde.

Il est temps de dresser le florilège des bêtises assénées sur nos radios et dans nos journaux. (…) » Lire la suite

Arrêt sur image : à propos de l’affaire du boycott du Monde

Nous mettons notre émission sur le Boycott du Monde et le mouvement des enseignants-chercheurs en libre accès :
Un mouvement social peut-il appeler à boycotter un média parce qu’il estime que ses actions ne sont pas assez, ou mal, couvertes ? C’est la question que pose la « charte de bonne conduite », lancée dans le milieu des enseignants-chercheurs en direction du Monde. Cet appel au boycott cherche à taper là où ça fait mal : au porte-monnaie. Pourquoi ? Quelle pertinence ? Et quel regard porter sur la médiatisation de la grève des enseignants-chercheurs, qui dure depuis plus de deux mois ?
Pour tenter de répondre, nous recevons Jérôme Valluy, enseignant-chercheur en sociologie politique à Paris 1 et initiateur de l’appel au boycott du Monde, et Valérie Robert, enseignante à Paris 3 et responsable de la communication de l’association « Sauvons l’université ». Ils sont accompagnés de notre journaliste Sophie Gindensperger.
L’émission est en libre accès ici.

Enseignants recherchent dialogue

Un excellent reportage de La Télé Libre sur le mouvement, qui met en balance les opinions de quelques porte-paroles du mouvement et (entre autres) celui de Benoist Apparu (rapporteur de la loi LRU). Le reportage est découpé en chapitres sur les différents points de la contestation (masterisation, décret EC …).

Enseignement supérieur et recherche : quel jeu joue Valérie Pécresse ? (Rue89)

« J’aurai aimé être psychiatre ou actrice. » Cette phrase de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, au Nouvel économiste en 2004 devrait prendre toute sa signification lorsque l’on se demande pourquoi ladite ministre s’applique tant à durcir le ton à l’encontre de la communauté universitaire. Quel jeu joue-t-elle face à cette communauté qui, depuis deux mois, a lancé un mouvement de protestation d’une ampleur telle, qu’il pourrait dépasser celui qui a impacté la même communauté en 1968. » lire la suite sur Rue89

Arrêt sur images n°67 : boycotter Le Monde ?

« La gazette d’@rrêt sur images, n° 67

Difficile, de se faire une opinion sur le conflit qui s’envenime entre certains enseignants-chercheurs en grève, et Le Monde. Ce conflit va maintenant, nous vous l’avons dit (1), jusqu’à un appel au boycot du journal. Cette arme-là, entre les mains des profs en grève, est-elle légitime ? Est-elle au contraire attentatoire à la liberté de la presse ? Et pourquoi Le Monde, et pas d’autres ? Comme nous étions partagés, nous avons invité deux enseignants (d’avis contraires) sur le plateau (Le Monde a décliné notre invitation). Nous avons débattu articles en main. Boycot ou pas, le cher vieux journal préféré des intellos n’en sort pas grandi. Bien sûr, un journal a le droit d’écrire ce qu’il veut, et heureusement. Encore faut-il séparer les faits et le commentaire. Le Monde, étrangement, a oublié cette règle d’or. Malheureusement pour lui, il est tombé sur des lecteurs particulièrement affûtés, qui avaient le bagage intellectuel nécessaire pour se défendre, et les dents pour mordre. Cela dit, nos deux invités sont partagés. L’un estime que les chercheurs ont perdu la bataille médiatique. L’autre pense le contraire. (…) Notre émission est ici (2). Son début est là (3). »

« Le triomphe de Sarkozy résulte d’une manipulation à grande échelle des imaginaires. »

Interview de Mona Chollet à lire dans Article XI.

Extraits :

« Ou situez-vous les origines de ce triomphe de l’imaginaire sarkozyste telle que vous le décrivez ?

Il faudrait être un historien pour répondre précisément à cette question. Mais c’était probablement en germe depuis l’après-guerre. A partir du moment où il y a eu un essor de la société de consommation et de l’audiovisuel, cet imaginaire a commencé à s’imposer. Et bien sûr, il a triomphé dans les années 1980, les années du fric-roi.
A ce sujet, il y a un texte de Pasolini qui m’a beaucoup marqué. C’est un texte sur la télévision publié dans les « Écrits Corsaires » : Pasolini en parle comme d’une espèce de bombe nucléaire culturelle. Pour lui, la télévision est une manière d’éradiquer complètement la culture propre des gens et de la remplacer par un imaginaire uniformisé et petit-bourgeois qui leur enlève toute estime d’eux-mêmes. C’est un texte très fort, surtout quand on pense à ce qui s’est passé ensuite en Italie avec Berlusconi. (…)

Comment s’impose cet imaginaire sarkozyste ?

Jusqu’à ce qu’il change un peu de stratégie, je pense que Sarkozy misait sur le fait que les gens s’identifiaient à lui, qu’il allait leur en mettre plein la vue. Qu’ils allaient rêver en contemplant sa vie à lui et oublier leur propre vie.
C’est aussi un discours très culpabilisant. Il y a une manière de dire : « Si je suis arrivé là où je suis, c’est uniquement grâce à mes propres efforts et mon travail ». Et donc : « Si vous n’y arrivez pas, c’est de votre faute. » Il y a chez Sarkozy une volonté de gommer tous les déterminants sociaux qui lui ont permis d’en arriver là ; c’est pourtant moins difficile de devenir président de la République si on vient de Neuilly que si on vient de Saint-Denis.
C’est la même chose avec ses ministres. Rachida Dati en est l’exemple parfait. En la nommant, l’idée était de donner l’impression d’une méritocratie parfaite, sans discriminations sociales ou culturelles. Le grand slogan étant « quand on veut on peut », ce qui est évidemment une escroquerie totale. C’est une manière de réduire au silence ceux qui auraient pu critiquer cette richesse insolente étalée par ailleurs. »

Débat Pécresse / Fabbri sur l’université

http://www.liberation.fr/societe/0601779-universite-le-debat-pecresse-fabbri

Vidéos du débat portant sur plusieurs points : la masterisation, le statut EC et la recherche.

Dany Cohn-Bendit rencontre les porte-parole de la Coordination

Nicolas Sarkozy, la destruction de l’Université et le choléra mental du journal Le Monde.

« Pour “réformer”, il fallait tout d’abord n’engager aucune consultation et s’empresser d’oublier ceux qui font tourner la boutique. Car dans ce pays, on ne “réforme” pas une institution, on “réforme” contre elle.
Ensuite, il fallait désinformer. Pour salir. Salir l’institution elle-même, salir ceux qui y travaillent, salir ceux qui y étudient et s’y forment. On parviendrait ainsi à mettre en place l’unique levier de gouvernement employé dans ce pays depuis le grand malheur de mai 2007: désigner une catégorie de la population à la vindicte du bon peuple, lancer quelques sondages aux questions convenablement orientées et utiliser les beuglements des micros-trottoirs pour justifier la suppression, au choix, des archaïsmes, des privilèges, du bouclier fiscal, des rigidités, des paresses, des incompétences, des inutilités, des gaspillages…
Les chercheurs et les enseignants-chercheurs ont ainsi fourni une cible de choix. Paresseux, incompétents, semi-idiots, gauchistes, ils ne refusent évidemment la “réforme” que par pur corporatisme, par pur intérêt de classe, c’est un vrai scandale, voyez vous ça mère Michu, tout ce rebut de gauchistes pervers, qui ont le front d’être plus diplômés que vous et moi, et qu’on paie à ne rien faire…
On pouvait faire confiance au Grand Café du Commerce français pour répercuter cette vision fine et mesurée.
(…) »

Lire la suite de l’article sur Le Grand Barnum : http://www.le-grand-barnum.fr/nicolas-sarkozy-la-destruction-de-luniversite-et-le-cholera-mental-du-journal-le-monde/#more-1154

« A quoi servent les études … »

Site de la coordination IUFM

Le site coordination-fde.org est ouvert. « Coordination nationale formation des enseignants ».

Communiqué du collectif PAPERA

Communiqué du collectif PAPERA 
Jeudi 26 février 2009

Des précaires de l’ESR au ministère !

Rencontre du collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) avec P.L. Fagniez (MESR) | 24/02/09 | Sur la toile

Une délégation de trois membres du collectif PAPERA a été reçue le mardi 24 février au Ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) par Pierre-Louis Fagniez , conseiller auprès de la ministre. L’entretien, qui a duré deux heures, avait pour objectif de forcer le ministère à prendre position sur la précarité dans l’ESR.

La délégation a transmis au ministère une copie de la pétition du Collectif de Lyon de Jeunes Chercheurs demandant le retrait du projet de contrat doctoral unique ainsi que la liste des signataires de la pétition au 24/02.

Préalablement à l’entretien et à la demande expresse de P.-L. Fagniez, nous avions transmis au ministère la synthèse des questions récoltées par consultation des personnels de l’ESR. En début d’entretien, nous avons demandé à recevoir des réponses écrites à ces questions. Selon M. Fagniez, seul un texte global a été préparé par ses services, texte basé essentiellement sur un argumentaire chiffré (dit « argumentaire ministériel » [sic]) et que nous n’avons pas eu en main. Nous avons ensuite essayé d’avoir une discussion question par question, point par point. Dès la première question, l’argumentaire préparé par le ministère a montré son insuffisance et nous a rapidement fait dériver vers une discussion globale et déstructurée.

Un compte-rendu très détaillé des points abordés sera rédigé dans les prochains jours. Les échanges soutenus ont porté sur divers aspects de la précarité : recrutement, salaire, autonomie, indépendance, financement de la recherche, affectation, CNU , mandarinat, Crédit d’Impôt Recherche, projet de contrat doctoral et grandes écoles.

En fin de rencontre, P.-L. Fagniez ayant jugé que la réponse préparée par le ministère n’est pas adaptée, le ministère s’engage à revoir sa copie et à transmettre les réponses écrites aux questions posées sous 15 jours. Nous espérons que ses réponses seront d’une autre teneur que celles obtenues pendant l’entretien.

En complément, une information obtenue lors de cette entrevue : le ministère prépare une réforme profonde du CNU. Certes une proposition intéressante suite à notre discussion sur les concours universitaires. Ne serait-ce pas cependant simplement une belle manœuvre pour désamorcer le mouvement actuel de contestation en réponse aux critiques de manque de transparence et du pouvoir totalitaire accordé au Présidents d’universités ?

Suite à ces « réponses » que nous jugeons insatisfaisantes, nous poursuivrons nos campagnes d’actions, d’informations et de mobilisations.

Le collectif PAPERA


Editeur : Collectif PAPERA
http://www.collectif-papera.org

CNRS : moins 1000 postes dans 4 ans ?

Communiqué des syndicats du Cnrs

Si l’importance des mobilisations en cours ont obligé F. Fillon et V. Pécresse à annoncer qu’ils renonçaient aux suppressions de postes prévues pour 2010 et 2011 dans les universités, rien n’a été annoncé pour les organismes de recherche. Le fossé existe toujours entre les revendications des personnels des laboratoires et le ministère qui maintient les suppressions de postes dans les labos, qui refuse la mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emploi et  continue le démantèlement des EPST.

Selon les informations dont nous disposons, mais qui n’ont pas encore été rendues publiques, le CNRS continuera à perdre des emplois sur la période 2009-2013. Cette «version» du contrat d’objectifs et de moyens entérine la baisse de l’emploi scientifique et technique. 596 postes d’ITA et 253 postes de chercheurs seront perdus sur les cinq prochaines années. La création de chaires CNRS-Universités au rythme de 90 par an continuera à consommer deux postes de fonctionnaires pour un emploi créé. Une telle politique de l’emploi est inadmissible. Il est de la responsabilité de la direction du CNRS de revoir d’urgence ses demandes en matière d’emploi et de d’exiger du ministère de réels  moyens supplémentaires en terme de postes de titulaires. Les organisations signataires rappellent leur exigence de voir transférer les financements de l’ANR vers les organismes, ces budgets pourraient tout à fait permettre de stabiliser les personnels sur CDD et financer une partie du plan pluriannuel de l’emploi qu’elles exigent.

Pour ce qui concerne les autres aspects du Contrat d’Objectif Moyens  qui donne de plus en plus l’impression de se limiter à un simple contrat d’Objectifs sans moyens -, nous voulons rappeler notre opposition de principe sur les points suivants.

·       Nous sommes fondamentalement attachés au bon fonctionnement des UMR. Celui-ci nécessite un équilibre sincère entre les universités et les EPST. Cela n’est pas le cas dans les rédactions successives qui nous sont proposées. Nous exigeons un contrat  identique entre les laboratoires et chacune de leur tutelle scientifique, quel que soit le gestionnaire financier. Le CNRS choisissant le rôle d’agence de moyens vis à vis des UMR sous gestion universitaire affectera ou retirera des personnels en fonction de critères non pas scientifiques, mais d’opportunité ou de suivi d’indicateurs technocratiques. Nous refusons cette fragilisation des équipes de recherche et rappelons que  les salariés ne sont pas des  pions.

·        Nous récusons le poids excessif que vont prendre le contrôle administratif, le poids des critères et indicateurs non scientifiques. Il faut rétablir le comité national dans tout son rôle d’évaluation des unités, des personnels et de la prospective scientifique. La structuration scientifique doit demeurer la colonne vertébrale de l’organisation de l’établissement. L’administration doit s’organier en appui de celle-ci en créant la cohérence de l’organisme. Nous dénonçons également la décision de créer immédiatement, sur ordre du ministère, le dixième institut des Sciences et technologies de l’Information, sans avoir achevé le cycle normal des consultations. Mais là encore, nous ne pouvons interpréter cette décision que comme la volonté d’accepter sans  jamais les discuter les ukases du ministère. Nous exigeons l’ouverture immédiate de négociations avec le ministère sur les revendications des personnels des organismes de recherche. Nous appelons les personnels des laboratoires à amplifier  leur mobilisation et à participer à la journée nationale des délégués des assemblées générales de laboratoires le 12 mars 2009.

SNTRS-CGT, SNCS-FSU, SGEN-CFDT Recherche EPST, SNPTES-UNSA, SNPREES-FO, SUD Recherche EPST

(Voir également l’article de Sylvestre Huet annonçant la « fuite » d’un document annonçant 1000 postes en moins sur les 4 prochaines années pour le CNRS)

Mise à jour 22h19 : Un collègue du CNRS Villejuif indique que « Les informations de Sylvestre Huet sur les suppressions de postes au CNRS pour 2009-2013 sont recoupées. La direction du CNRS a essayé, sur ordre, de les retenir le plus longtemps possible. 600 ITA, 250 chercheurs. A cela s’ajoutent les 450 « chaires mixtes universités-organismes », dont chacune représente un poste de CR ET un poste de MCF. Pas de suppressions de postes d’enseignants-chercheurs en 2010-2011, nous dit-on ? Les voici, pourtant.« 

Président réformateur en lutte (contre la grève)

sarkoantigreve

A voir sur LePost.

Sarkozy : la vidéo qui a enflammé les enseignants-chercheurs

A lire sur Arrêt sur Images.

Site du groupe parlementaire UMP pour « engager le dialogue »

A la demande de Daniel Fasquelle, le groupe UMP a créé un site internet pour engager le dialogue avec la communauté universitaire :www.enseignants-chercheurs.fr

Actu : université Franche-Comté

L’Université de Franche-Comté dispose de son site web pour les infos « locales » sur le mouvement actuel :  http://sites.google.com/site/ufcenlutte/Home

Motion votée par le CA mardi 10 février (blocage des maquettes):
Réuni le 10 février, le Conseil d’administration de l’université de Franche-Comté a voté à l’unanimité moins une voix la motion suivante  présentée par Jean-Claude Daumas, élu SNESUP :
Le Conseil d’administration de l’université de Franche-Comté
– condamne fermement les déclarations méprisantes et insultantes du Président de la République sur la soi-disant médiocrité de la recherche et des chercheurs français,
– approuve le soutien apporté par Claude Condé, président de l’université de Franche-Comté à l’Appel de la Sorbonne,
– demande aux ministres de l’Education nationale et de la Recherche d’entendre l’inquiétude et la colère des enseignants, chercheurs, des personnels IATOS et des étudiants devant les réformes imposées à la hussarde, sans réelle concertation,
– leur demande de retirer sans préalable les décrets et projets de décrets sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation et les concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire, et le contrat doctoral, et de créer ainsi les conditions nécessaires à l’ouverture rapide de véritables négociations avec les syndicats représentatifs de la communauté universitaire,
– s’élève contre la diminution des moyens alloués aux universités et exige que les postes supprimés leur soient rendus,
– refusant à la fois les objectifs et les modalités de la mise en œuvre de la masterisation, décide de ne pas transmettre les maquettes au ministère.

La CPU demande le report à 2011 de la masterisation.

« La Conférence des présidents d’université demande « solennellement à Xavier Darcos » de repousser d’un an, à 2011 contre 2010 initialement prévus dans la réforme, la mise en place des nouveaux concours de recrutement des enseignants. »

Lire l’article d’EducPros.

Communiqué de la CPU : Communiqué mercredi 11 février 2009
« Le Conseil d’Administration de la CPU réagit à la proposition de médiation sur la réforme du décret de 1984
Le CA de la CPU, à l’invitation de la ministre, a assisté à la présentation de la mission de médiation confiée à Mme Bazy-Malaurie. Remettre sur le chantier le projet de révision du décret de 84 est en effet aujourd’hui indispensable. Toutefois, la CPU exprime de fortes réserves sur la nature et la durée de la médiation proposée, qui ne répondent pas à l’urgence de la situation. Des auditions très nombreuses ont déjà été réalisées par la commission Schwartz et la CPU souhaite que s’ouvrent rapidement des négociations et concertations dans lesquelles elle tiendra toute sa place.
Cette négociation et cette concertation ne peuvent être engagées que si un climat de confiance est restauré dans la communauté universitaire. Cela suppose le rétablissement des postes supprimés, une augmentation pluriannuelle du nombre des emplois et la refonte du modèle d’allocations des moyens.
Cela suppose aussi une meilleure prise en considération des résultats de la recherche française et de la compétence de ceux qui la font, dans les prises de positions publiques des plus hautes autorités de la République.
Cela suppose enfin une gestion mieux maitrisée du temps des réformes : la confusion croissante engendrée par la précipitation dans laquelle la réforme de la formation des maitres a été engagée, en compromet gravement la qualité. Le CA de la CPU demande donc solennellement à Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement.
Evolution du statut des enseignants-chercheurs, moyens humains à la hauteur des nouveaux enjeux, considération des personnels et qualité de la formation des enseignants sont les conditions indissociables d’une Université moderne, efficace et autonome à laquelle la CPU est attachée. « 

Appel de la Sorbonne (9 février) : Vidéo