Motion d’un comité de sélection du Havre

Les membres de ce comité de sélection réunis à l’université du Havre le lundi 4 mai 2009 tiennent à affirmer leur opposition aux réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche. Ils dénoncent le principe même des comités de sélection qui a obligé les universités à trouver, dans l’urgence, des solutions pour que ces comités soient constitués démocratiquement.

S’ils ont choisi de siéger aujourd’hui, c’est pour recruter leur futur(e) collègue sur un poste de titulaire dans un contexte de suppression d’emplois universitaires. L’étude des dossiers de candidature montre que de nombreux jeunes chercheurs et chercheuses de tout premier plan sont sous-employé(e)s et précarisé(e)s. Du fait des suppressions de postes et de l’absence d’un plan pluriannuel de recrutement, l’enseignement supérieur est privé de talents et de compétences qui devraient être, au contraire, mis au service de tous à travers l’université, service public, laïc et quasi gratuit auquel les membres de ce comité sont fiers d’appartenir.

Motion votée à l’unanimité par les membres du comité présents :
Nada Afiouni (Le Havre), Jean-Claude Bertin (Le Havre), Claire Bowen (Le Havre), Jacques Carré (Paris 4), Thomas Dutoit (Lille 3), Sarah Hatchuel (Le Havre), Jeffrey Hopes (Le Mans), Monica Michlin (Paris 4), Lois Nathan (Le Havre), Maryvonne Nedeljkovic (Le Havre), Gráinne O’Keeffe (Rennes 2), Olivette Otele (Paris 13)

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6 Réponses

  1. Dans le contexte de l’autonomie, il nous semble que ce n’est pas exactement la meilleure démarche pour rendre un établissement attractif…

  2. Pourquoi le recrutement de fonctionnaires devrait il être démocratique ?! Il s’agit de sélectionner les candidats les plus adaptés au profil du poste, pas de satisfaire l’ensemble du corps professoral…

  3. Personne n’a parlé de satisfaire l’ensemble du corps professoral. Mais il ne peut pas exister de science sans fonctionnement démocratique : un recrutement scientifique se doit d’être démocratique dans la mesure où il relève d’un débat critique entre pairs. Il ne s’agit pas de confondre ici la démocratie au sens de « chacun vote » avec la vraie démocratie, héritée de la philosophie des Lumières, qui relève plutôt du « chacun débat selon des règles rationnelles pour qu’une opinion éclairée émerge et permette aux gens concernés de trancher lors d’une décision » (ici de recrutement). Les nouvelles commissions sont en effet un recul démocratique car leur mode de constitution et les procédures ad hoc et d’urgence qui les caractérisent ne permettent pas au débat rationnel de se dérouler convenablement.

  4. L’urgence n’est pas une caractéristique fondamentale de la constitution des comités de sélection. Elle peut exister en fonction de pratiques locales, mais cela ne doit pas être un argument pour les disqualifier en général. Par ailleurs, je ne vois pas ici de procédures ad hoc. Il y a un cadre général parfaitement établi. Bien sûr, pour trouver les membres il faut gérer le détail, mais cela existait aussi pour les commissions de spécialistes.

    • Non, votre dernière affirmation est fausse. J’ai été membre de plusieurs commissions de spécialistes dans diverses universités : ces commissions, dont la composition était fixe d’une année sur l’autre, composées pour partie d’élus et pour partie de nommés, d’internes et d’externes à l’établissement, avaient une durée de vie leur permettant de délibérer avec une expérience assez longue des dossiers. Avec les nouvelles commissions, cette caractéristique disparaît : les commissions sont réunies à chaque recrutement. Et dans la mesure où elle n’ont plus de perennité, elles statuent parfois dans l’urgence puisqu’il faut réunir leurs membres à chaque fois.

      • Merci, je connais très bien les commissions de spécialistes. Elles étaient constituées pour 4 ans, mais au moment de la constitution, le choix des membres nommés (extérieurs ou intérieurs) n’était pas simple et devait se faire parfois dans des délais un peu rapides aussi, pour tenir compte notamment des équilibres et des limites de nombres de mandats. C’est vrai qu’ensuite on était à peu près tranquille pour 4 ans. Mais actuellement plusieurs universités essayent de se constituer des réserves de nomination de comités de sélection, ce qui permettra de les constituer facilement d’un recrutement sur l’autre et d’éviter l’ambiance d’urgence. Je persiste: celle-ci n’est nullement obligatoire. Les recrutements se programment longtemps à l’avance et on peut aussi organiser les comités de sélection de la même façon.

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