Violences policières extrêmes à Barcelone le 18 mars

D’un côté : des livres. De l’autre : des matraques. Simplement insoutenable.

http://e.static.blip.tv/cache/1891138/

IMPORTANT : Note du ministère concernant la campagne de recrutement

Ci joint une note du ministère relative à la campagne de qualification 2009 qui précise les modalités de recrutements par les établissements suite à la non transmission des résultats des qualifications par certaines sections du CNU.
Je vous invite à la diffuser le plus largement possible.
note-dgrh-du-17-mars-2009.pdf

« L’UFR Math de Rennes 1 ne délivrera pas de diplômes si … »

Motion 1
L’Assemblée Générale de l’UFR mathématiques de l’université Rennes 1 et de l’Irmar, réunie le 20 mars 2009, constate que ses deux revendications n’ont pas été satisfaites. Elle décide donc de poursuivre le mouvement de grève en participant aux journées d’action nationale. Si le gouvernement ne cède pas, elle s’engage à ne pas délivrer les diplômes cette année.
pour : 39; contre : 5; abstention : 0; ne prend pas part au vote : 7

Motion 2

L’Assemblée Générale de l’UFR mathématiques de l’université Rennes 1 et de l’Irmar se déclare contre le principe actuel des chaires universités-EPST.
pour : 27; contre : 0; abstention : 0; ne prend pas part au vote : 0

Prochaine assemblée générale : vendredi 27 mars à 12h30.

L’Inalco présente l’Université du futur

Communiqué de presse
À l’occasion de la prochaine manifestation de l’Enseignement supérieur et de la recherche, mardi 24 mars à Paris, l’Inalco vous convie à sa mise en scène de l’Université du futur :
À quoi ressembleront nos universités et établissements d’enseignement supérieur si les réformes en cours passent ?
Venez le découvrir dans le cortège de l’Inalco : BIENVENUE AUX LANGUES-ZOO !

Vous ferez connaissance avec le Président-roi, sa couronne, son sceptre, son manteau d’hermine et ses grandes bottes ; autour de lui circulera son équipe personnelle de Cireurs de bottes, armés de grands balais-brosses : personnel administratif et enseignant, titulaires ou précaires, mais tous soucieux de bien voir se dérouler leur carrière et de toucher de belles primes !

Puis défileront les Enseignants (qui, hélas, ne seront plus chercheurs, à part peut-être pour quelques Favoris du Président-roi, ex-Cireurs de bottes triés sur le volet !) avec des panneaux indiquant l’intitulé de leurs cours et les sponsors privés qu’ils auront trouvé pour les financer :
LE COURS DE CIVILISATION BIRMANE VOUS EST OFFERT PAR TOTAL !
LE COURS D’HISTOIRE DE L’ISLAM VOUS EST OFFERT PAR ARAMCO – Compagnie Saoudienne des Pétroles !
LES LANGUES INDIENNES VOUS SONT OFFERTES PAR LA COMPAGNIE UNION CARBIDE DE BHOPAL
LE MASTER DE LANGUE CHINOISE « NEGOCIATION DES CONTRATS » VOUS EST OFFERT PAR LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE D’ILE DE FRANCE

Derrière eux sera suspendue la Guirlande des précaires : tous les emplois précaires de l’Université, du Biatos enchaînant son 31e CDD (c’est du vécu) aux Chargés de cours officiant dans cinq universités différentes.

Enfin, vous verrez défiler la chair à canon négligeable de l’Université : les étudiants, enchaînés par les prêts personnels contractés pour payer les frais d’inscription après vote du dernier projet de loi UMP, et fouettés par un banquier sympathique.

Futuriste ? Pas du tout, réaliste au contraire !

Nous appelons toutes les universités et établissements d’enseignement supérieur à nous rejoindre dans cette matérialisation de l’impact des réformes, en reprenant ce mot d’ordre optimiste :
L’UNIVERSITE PUBLIQUE EST MORTE, VIVE L’UNIVERSITE DU FUTUR !
Laissez libre cours à votre imagination !
Nous pourrions d’ailleurs présenter cette mise en scène en dehors des manifestations, lors des cours en plein air, etc…

Photos de la 6ème CNU

quelques moments volées à la 6e CNU: http://picasaweb.google.com/photosdernesto/CoordinationDijon16Mars#

Où l’on comprend mieux la « gratuité » promise par le chef de l’état pour les lycées français à l’étranger …

Source : http://www.paperblog.fr/1720880/lorsque-l-on-sait-que-p-tit-louis-le-dernier-rejeton-sarkozy-est-scolarise-depuis-septembre-a-dubai-l-article-s-eclaire-d-un-jour-nouveau/

Le Canard Enchaîné avait également fait part de cette information.

« Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d’offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l’étranger. Un cadeau sympa, non ?
Sauf qu’il va surtout profiter aux plus aisés, et que l’addition, pour l’Etat, s’annonce carabinée. Ces écoles, très côtées étaient jusqu’à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d’autres, privés sous contrat. En tout 160000 élèves y sont scolarisés, dont 80000 français. Sous la tutelle du Quai d’Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l’année à Tokyo, 6500 à Londres, 15000 à New York et 17000 euros -le record- à San Francisco. Au diable l’avarice ! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place.
A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4500 euros d’aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d’une bourse. Mais pour Sarko, ce n’était pas assez. Depuis l’an dernier et à la demande express de l’Elysée, l’Etat prend en charge l’intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale… quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des
secondes l’an prochain, et ainsi de suite.  » J’aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko,
le 20 juin dernier, devant la communauté française d’Athènes. Mais j’ai voulu commencer par l’année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français. » Encore merci !
Mais générosité pour qui ?
A Londres, l’une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d’euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d’un million. Jusqu’alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d’attirer leurs cadres vers l’étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat’ si l’Etat régale ?

Un coût qui fait boum
Au Quai d’Orsay, l’Agence française de l’enseignement à l’étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s’est bien gardé d’en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du « Canard ». D’ici dix ans, appliquée du lycée jusqu’au CP (sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l’Etat la bagatelle de 713 millions d’euros par an ! Intenable !
La vraie priorité, c’est l’ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité.

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s’est lancé la dedans ?
Peut-être parce qu’il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha à Dubaï
Et il va falloir payer !
Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n’a pas nié ces menus « inconvénients ». Son cabinet songe d’ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle… mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n’en veut pas. « Je tiens beaucoup à la gratuité », s’entête-t-il à chaque déclaration à l’étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité ! »

Des institutions privées font déjà leur pub pour les masters enseignement !

  • à lire sur Nouvelobs

“Pour damer le pion aux contestataires qui y mènent la guérilla depuis le début du mouvement, le ministère de la recherche d’acheter des liens guidant les internautes vers sa bonne parole… ”
cf. http://leblogdeleducation.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/18/big-pecresse-is-watching-you-too.html

  • Des institutions privées font déjà leur pub pour les masters d’enseignements !

cf. http://www.icfpnormandie.fr/ et notamment cette page là pour avoir la plaquette de pub)

Etat de la mobilisation à l’ Université de Marne-la-Vallée (9-21 Mars)

Etat de la mobilisation à l’ Université de Marne-la-Vallée.
2 remarques de contexte :
Type d’université : petite : 12000 étudiants
Type d’organisation : organisation de la recherche et de l’enseignement dans un PRES depuis mars 2007 ; passée à l’autonomie depuis janvier 2009 Autre : équipement technique excellent : bon réseau WiFi installé partout (amphis et salles (!!))

Aspect d’ensemble de la mobilisation : Une mobilisation unie et solidaire, AG nombreuses (200-500 cette semaine), un président qui se maintient dans l’isolement politique choisi, la mise en place d’un ‘PRES’ de la mobilisation.

CALENDRIER :
Sem du 9 mars

  • Mobilisation importante des sections SHS, Lettres et Langues, Arts (Histoire de l’Art et Arts du Spectacle)
  • Lun 9 mars : AG mise en place des actions de la semaine avec la systématisation des listes mails entre autres
  • mardi 10 mars une première mission d’information à destination des lycées proches menée avec succès. Contacts/ SNES et SUD EDuc. Conférence sur la masterisation : a permis de faire entrer une licence dite “pluridisciplinaire” dans la mobilization
  • mercredi 11 mars fermeture de  l’université
  • mercredi 11 mars après la manifestation, une nuit de l’université a été organisée par l’occupation d’un bâtiment de l’université (AG, réunion discussion, musique). Déroulement impeccable. Couverture presse (le Parisien) et télé locale.
  • jeudi 12 mars l’AG a déploré la fermeture de la fac par le président car aucun blocage n’avait été voté, et l’action qui consistait à troubler la vie de l’université n’était que la mise en place d’un “printemps des chaises”.
  • université en fermeture administrative les 12 & 13 mars. La fermeture a permis de faire entrer les Sciences Appliquées dans la mobilisation.

semaine du 16 mars

  • Lundi 16 mars : U réouverte. Fanfare et tractages le matin (comme pratiquement ts les matins de la semaine mais cette fois sur le thème de l’université réouverte). Fanfares et information des étudiants directement sur leurs lieux de présence : couloirs / Bibliothèque/ Kfét / restau U. Mobilisation importante des sections SHS, Lettres et Langues, Arts (Histoire de l’Art et Arts du Spectacle), Sciences Appliquées Lancement de l’opération “lettres aux élus” (maires, conseillers mun, sénateur, conseillers generaux, et régionaux) : lettres signées collectivement par l’AG + lettres individuelles sous forme mail et papier
  • Mar 17 mars : action UNEF (films, thème “lutter contre les discriminations”, tournoi de foot)
  • Merc 18 mars : Paris : “Visite” à l’AERES par certains EC. Marne la Vallée : AG. Par ailleurs, suivi de contacts avec lycées et écoles primaires des environs
  • Jeudi 19 : manifestation à Paris : cortège UMLV important (au moins 200). Affrètement d’un bus de la CGT.
  • Jeudi 19 également : (matin) dans les bourses du travail de Seine et Marne : AG d’enseignants premier et second degré
  • Ven 20 : poursuite de l’information en direction des lycées , collèges et écoles primaires du 77 et du 94 (Ac de Créteil) .
  • Public : profs des diff niveaux, parents d’élèves et d’étudiants, élèves et étudiants, élus. Conférence “la mastérisation et ses conséquences sur la formation des élèves et des maîtres”. Torcy, sale 200 places. Contacts avec la coord SUD Educ 94, “les 3000 désobéisseurs”. Contacts avec SNES Melun.
  • Sam 21 : journée Nationale des Biatos à Paris 8 : bon nombre de Biatos de Marne proviennent de P8 ainsi que des rectorats et lycées des environs

Mardi 24 revendications globales et statutaires…et CTPU (Snesup)

Mardi 24 revendications globales et statutaires…et CTPU

Après l’immense succès de la journée de grève et de manifestation (public+privé) très déterminée de ce jeudi 19 mars, où la présence active des enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, personnels BIATOS et ITA, comme étudiants, mobilisés depuis des semaines doit faire entendre et aboutir les revendication que nous portons, se prépare pour mardi 24 une journée majeure où, dans la mesure du possible, il faut réunir, venus de toute la France, les cortège les plus nombreux à Paris.
L’objectif est de défendre solidairement toutes les revendications  qui solidarisent le monde de l’enseignement supérieur et des organismes de recherche et qui font sens dans notre pays, en particulier dans le monde de l’éducation particulièrement sur la question de l’emploi et de l’avenir de la formation des enseignants avec les personnels « de la maternelle à l’université ».
Ce mardi 24 est convoqué, par le ministère, le CTPU  qui se prononcera sur le  décret portant statut des enseignants-chercheurs et le décret CNU.

Le SNESUP entend faire entendre clairement les exigences de garanties statutaires indispensables pour les collègues.
C’est bien pour faire aboutir aussi des revendications comme celles ci-dessous qu’il nous faut être TRES NOMBREUX dans la rue mardi prochain.
Jean Fabbri
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Statut des enseignants chercheurs

Recrutement :

  • 1. Remise en cause des dispositifs de recrutement des enseignants-chercheurs (comités de sélections et pouvoirs du président).
  • 2. Procédures de recrutement plus équitables et respectant le principe du jugement par les pairs (avec des commissions majoritairement élues) et s’appuyant sur les disciplines définies au CNU.
  • 3. Suppression de tous les droits de veto sur les recrutements.
  • 4. Modalités de mutations conformes au droit des fonctionnaires au rapprochement familial : procédures distinctes des recrutements, commission nationale de traitement des demandes de mutation.
  • 5. Mesures favorisant la transformation d’emplois d’enseignants de second docteurs et qualifiés en maîtres de conférences sans perte du potentiel d’enseignement.


Carrière et rémunérations :

  • 1. Maintien du rôle du CNU, majoritairement élu, dans la gestion des carrières, avec une part de 50% des congés sabbatiques et des promotions allouée à ce titre. Gestion nationale des emplois.
  • 2. Evaluation par les pairs dans le cadre d’une instance nationale, ayant des objectifs d’évaluation formative et non de sanction.
  • 3. Mise en extinction de la logique des primes au bénéfice d’avancements accélérés ; dans une phase transitoire, attribution des PEDR par les sections du CNU.
  • 4. Fluidité accrue de la carrière, et dans l’immédiat :  pour les professeurs, 2ème classe alignée sur celle de la hors-classe MCF. Suppression du barrage PR2-PR1 ; pour les MCF, réduction à 1 an du 3e échelon, et à 2 ans 10 mois des échelons longs de la classe normale et de la hors-classe ; Ouverture des carrières vers le haut, de sorte que la classe normale MCF atteigne l’échelle lettre A ; la hors-classe MCF l’échelle B, les PR1 l’échelle D et la classe exceptionnelle PR l’échelle F.5. Prise en compte du niveau de diplôme dans le tableau indiciaire : pour un doctorants (bac+5) rémunération mensuelle brut de 2400 euros, pour un maître de conférence débutant 2800 euros.


Service :

  • 1. Refus de la modulation des services se traduisant par un alourdissement pour la plupart, ainsi que du contrat individuel pluriannuel et local ; Prise en compte de l’ensemble des tâches dans les services, selon un tableau national d’équivalence.
  • 2. Recrutement dans d’autres corps d’emploi pour porter un coup d’arrêt à la multiplication des tâches et reconnaître que les missions des enseignants-chercheurs sont l’enseignement supérieur et la recherche.
  • 3. Garantie du droit effectif à la recherche permettant d’exercer la double mission d’enseignement et de recherche. Tout enseignant-chercheur, ainsi que tout enseignant du second degré souhaitant effectuer une activité de recherche, doit pouvoir être membre d’au moins un laboratoire, y compris relevant d’un autre établissement, d’émettre des voeux d’affectation scientifique, et de disposer des moyens nécessaires. 4. Maximum réglementaire de 150 h équivalent TD de service d’enseignement (et  250 h pour les enseignants de second degré), avec TP=TD. Ce maximum permet le décompte des heures complémentaires éventuelles.
  • 5. Réduction de moitié du service d’enseignement pour les ATER et les enseignants-chercheurs nouvellement nommés. La même décharge doit être accordée aux enseignants de second degré en recherche attestée.
  • 6. Pour tous les enseignants de second degré exerçant à l’Université, le SNESUP réclame l’amélioration de leur carrière et la prise en compte de toutes leurs activités dans leur service.


Cette liste n’est pas exhaustive! voir le site du snesup,
www.snesup.fr

Questions d’actualité au Sénat

Si certains d’entre vous en ont le temps et le courage, je leur conseille la lecture du débat qui a eu lieu hier au Sénat sur
l’université (http://www.senat.fr/cra/s20090319/s20090319_1.html#par_15
Voir aussi la vidéo des questions d’actualité :
http://videos.senat.fr/video/videos/2009/video1328.html). Si certains se demandent à quoi sert notre combat, ils verront le retentissement qu’il peut avoir dans ce genre d’instance. En particulier, on y lit assez clairement le désarroi qui commence à se faire jour dans la majorité. En revanche, Pécresse ne varie pas d’un pouce. Un sénateur s’est même énervé en lui demandant à quoi servait ce débat si c’était pour l’entendre répéter les arguments qu’on peut lire dans les journaux.
Après la manifestation d’hier, elle se défend de plus en plus dos au mur.

Le scénario est-allemand

Un peu d’analyse. Face à un mouvement social d’une ampleur inédite depuis 1968, le gouvernement a montré hier l’étendue de son désarroi. Foin de manipulations médiatiques, de réponses dilatoires, de stratégies de contournement. Sarkozy en Belgique, Pécresse aux abonnés absents, restait Fillon pour assurer le service minimum, façon Madame la marquise. En d’autres termes, nos édiles n’ont plus de solution politique – et à peine un réflexe politicien. En l’absence de porte de sortie, rester droit dans ses bottes face à la gauche, aux fonctionnaires et aux intellos offre au moins l’assurance de conserver les voix des bataillons poujado-réac, coeur de cible de l’électorat UMP.
Comment réagir devant l’aveu de cette impuissance? Il peut être utile de rappeler le processus qui a mis fin, sans la moindre violence, à la dictature est-allemande. En 1989, le retrait d’Afghanistan de l’URSS, puis l’évolution politique de la Hongrie et de la Pologne produisent un changement de contexte géopolitique. En septembre commencent les « manifestations du lundi »: chaque semaine, les rassemblements populaires enflent inexorablement. En quelques mois, sous le regard des observateurs incrédules, le mur puis le pouvoir tombent comme un fruit blet.
Vingt ans après, la crise financière produit un autre changement de contexte idéologique, tout aussi brutal. Les fondements de l’action techno-politique, modèle OCDE, se dispersent comme sable sous les pieds des dirigeants. Les manifestations ne désemplissent pas. Le scénario qui attend un pouvoir autiste est déjà écrit. Nul besoin de radicalisation. Il suffit de retourner dans la rue.
André Gunthert
SLRU-EHESS

Marx au XXIe siècle, l’esprit & la lettre (Sorbonne)

Dans le cadre de la grève active, et compte non tenu de la présence des CRS et autres vigiles à qui il est demandé de bloquer l’accès à la Sorbonne pour un oui ou pour un non :

CENTRE D¹HISTOIRE DES SYSTEMES DE PENSEE MODERNE Université Paris 1
http://chspm.univ-paris1.fr

Marx au XXIe siècle, l’esprit & la lettre

Séminaire hebdomadaire, sous la responsabilité de Stathis Kouvélakis (Londres, King’s College), d’Isabelle Garo (Paris, Lycée Chaptal), et Jean Salem (Paris 1) avec le soutien du CERPHI et de la revue ContreTemps (Textuel)

ANNÉE 2008-2009 samedi 21 mars 2009, de 14h à 16h

Jean BOURGAULT Professeur de Lettres supérieures, Lycée Jeanne d’Arc (Rouen) : Tours et détours de l’idéologie : la conception de l’action politique chez Sartre

Sorbonne. amphithéâtre Lefebvre entrée : 17, rue de la Sorbonne, Galerie Jean-Baptiste Dumas, escalier R, 1er étage

MARDI 24 MARS, jour de réunion du CTPU : Manifestons !!

MARDI 24 MARS, jour de réunion du CTPU : Manifestons !!

  • à Paris pour l’Ile de France et les académies proches. 14h à Port Royal pour se diriger vers le MESR. Au même point de départ que les Lycées Professionnels (dans l’action notamment contre la réforme du Bac Pro en trois ans)
  • dans les grandes villes universitaires pour les autres régions

2 Avril : journée nationale de résistance de la maternelle à l’université

Suite à l’AG des collectifs parents-enseignants, et comme déjà indiqué sur leur site :
ces collectifs appellent à une journée d’action (dans et hors les établissements) le 02 avril sur le thème « de la maternelle à l’université ».

Lettre à Valérie Pécresse (nouvelle version avec signatures)

Mme Valérie PÉCRESSE
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
1, rue Descartes     75231 Paris Cedex 05

Paris le 19 mars 2009

Madame,
Vous avez rappelé récemment aux présidents d’université la procédure à suivre concernant le décompte des personnels grévistes. Dans le conflit qui vous oppose à la communauté universitaire, il est compréhensible, puisque que l’on vous refuse ou que vous refusez de nous écouter, que vous tentiez d’utiliser une mesure dilatoire concernant nos salaires.
Nous tenons cependant à attirer votre attention sur deux points dont vous mesurerez certainement l’importance et les enjeux :
1. Les enseignants-chercheurs mobilisés dans le cadre de ce qu’ils ont appelé la « grève active » sont présents, plus que jamais, sur leurs lieux de travail et dans leurs missions. Ce n’est pas parce que nous avons suspendu des cours que nous ne faisons plus rien en dehors de notre participation au mouvement : il y a des tâches qui s’imposent à nous et que nous ne pouvons pas repousser pour différentes raisons (information et suivi des étudiants, relations avec les vacataires extérieurs, encadrement de doctorants, notamment étrangers, obligations liées à des publications, obligations éditoriales, etc.). Beaucoup d’entre nous assurent de surcroît des cours, qu’ils appellent « alternatifs », qui s’inscrivent dans le prolongement de leurs recherches, de leurs réflexions, de leurs enseignements. Ouverts à tous les étudiants, aux autres enseignants et chercheurs, parfois à tous publics lorsqu’ils se tiennent « hors les murs », ces cours ne sauraient être tenus pour nuls et non avenus. Sauf à vous arroger un droit que vous n’avez pas : il ne vous appartient pas, en effet, de décider de la pertinence des choix pédagogiques et scientifiques des enseignants et des enseignants-chercheurs. C’est notre affaire, et celle des équipes pédagogiques auxquelles nous appartenons. Je doute, du reste, que vous puissiez prétendre avoir les compétences requises pour apprécier la légitimité universitaire des conférences que nous donnons dans le cadre des cours alternatifs et décréter qu’elle ne ressortissent pas aux obligations de service d’un enseignant-chercheur.
2. Le cas des journées où les universitaires en lutte participent à des journées d’action (manifestations) vous paraît sans doute différent. La chose est plus délicate qu’il n’y paraît. Soit un élément quelconque dans l’ensemble U des universitaires en lutte, que nous appellerons Mme Z. Posons que le mardi, il est prévu que Mme Z. effectue 4 heures de cours : 2 heures avec des étudiants de 1ère année de Licence et 2 heures avec des étudiants de 2e année de Master. Admettons que, pendant toute la durée de la lutte, Mme Z. a répondu par quatre fois à des appels à manifester le mardi. 4/30ème de son salaire lui seront donc retenus. Dès lors, à l’issue de la lutte, Mme Z. est dégagée de toute éventualité d’envisager le rattrapage des cours non effectués et toute autre forme de remédiation. Traitée comme gréviste par son employeur, Mme Z. ne peut à la fois être pénalisée financièrement et encore tenue aux obligations dont la pénalisation financière entèrine le fait qu’elle n’y a pas satisfait. Pour les étudiants concernés, cela signifie qu’au lieu des 24 heures de cours prévues, ils n’auront eu que 16 heures de cours. Mme Z., scrupuleusement soucieuse du respect de la maquette des diplômes en question, est donc dans l’impossibilité d’organiser un examen, de produire une note, de statuer sur le semestre et, s’il s’agit d’une année diplômante, de permettre la délivrance du diplôme.

En envisageant d’appliquer de manière comptable et mécanique le décompte des jours de grève à une profession dont le temps d’enseignement est annualisé, vous méconnaissez la réalité de notre travail, vous révélez une fois encore votre incompréhension de ce qu’est réellement l’université et, surtout, vous nous empêchez définitivement de mettre en œuvre, en parallèle de notre lutte ou au terme de celle-ci, des stratégies de remédiation (rattrapage, cours en ligne, travaux de recherche personnels donnés aux étudiants, échanges par courriel, etc.). De fait, vous prenez, seule, la responsabilité de nous empêcher de procéder à des examens et de délivrer des diplômes.

La solution pourrait être que nous acceptions, bien qu’ayant été traités en grévistes de manière comptable, de rattraper les cours en sus de nos obligations statutaires. Il est vrai que nous sommes accoutumés de longtemps à faire bien davantage que ce que nos obligations prévoient : depuis des années, vous ne devriez pas l’ignorer, nous prenons en charge des tâches très lourdes, notamment administratives, sans aucune contrepartie financière, ou en échange de rétributions dérisoires, très largement inférieures au SMIC horaire. Vous comprendrez que, cette fois, la situation est toute différente. Si vous vous pensez en manager, n’attendez pas de vos employés qu’ils vous fassent cadeau et d’une partie de leur salaire, et du temps de travail correspondant. Envisageons la chose sous l’espèce d’une métaphore qui vous plaira sans doute : considérons l’université comme une entreprise qui fabrique des examens et des diplômes par l’assemblement des pièces que sont les enseignements, une entreprise dont vous seriez le manager ultime. Les ouvriers que nous sommes se refuseront à bon droit à produire les pièces manquantes pour la constitution du produit final – l’examen, le diplôme – dès lors que l’application à courte vue des retenues financières les en aura exonérés.

Le conflit qui vous oppose à la communauté universitaire est un conflit social. De nombreux acteurs de l’université (des Présidents, des Conseils d’Administration, des Conseils d’UFR, des sections du CNU, des laboratoires de recherche, des sociétés savantes, des associations de défense de l’université et de la recherche, la Coordination Nationale des Universités, etc.) vous ont pacifiquement signifié en vain, pendant plusieurs mois, leur volonté que les réformes que vous portez fassent l’objet d’une véritable réflexion, d’une véritable concertation. À dire peu, l’enjeu, dont vous dites vous-même qu’il est majeur pour l’avenir du pays, le méritait. La ligne politique que vous avez choisie a contraint notre communauté, faute d’être entendue, à exprimer sa position avec une radicalité grandissante. Plutôt que d’admettre qu’il vous faut nous entendre car vous ne pouvez avoir entièrement raison à vous seule contre notre expertise, et parce qu’un ministre ne peut intelligemment gouverner contre le corps professionnel qu’il a en charge, vous avez commis une faute après l’autre. Nous ne saurions être tenus pour responsables de votre incurie. Et tandis que vous vous êtes montrée incroyablement obstinée et obtuse, nos étudiants, eux, entendent de mieux en mieux nos raisons, et reconnaissent la légitimité de notre combat et de ses modalités. C’est à vous, aux beaux jours, qu’ils demanderont des comptes.

En espérant, Madame, que vous accorderez à cette lettre toute l’attention qu’elle mérite.
Avec nos salutations républicaines

Si vous souhaitez figurer parmi les premiers signataires, merci de vous signaler à christophePOINTmileschiATwanadooPOINTfr (faire figurer « signataires lettre Pécresse grève » en objet)

  • Cazalé Claude, PR, Université Paris Ouest Nanterre
  • Chueca Miguel, MCF, Études Hispaniques et Latino-américaines, Université Paris Ouest Nanterre
  • Grimal Claude, PR, Études Anglaises, Université Paris Ouest Nanterre
  • Hatchuel Sarah, PR, Littérature élisabéthaine, Université du Havre
  • Michlin Monica, MCF, Études américaines, Université de Paris-Sorbonne
  • Mileschi Christophe, PR, Études Italiennes, Université Paris Ouest Nanterre
  • Nota Michelle, MCF, Études Italiennes, Université de Bourgogne
  • Piron Sylvain, Maître de Conférences, EHESS
  • Rinzler Simone, MCF, Études Anglaises, Université Paris Ouest Nanterre
  • Vanoeflen Laurence, MCF, Études Françaises, Université Paris Ouest Nanterre
  • Muzart Idelette, PR, Études Portugaises, Université Paris Ouest Nanterre
  • Chartier Denis, XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
  • Dubois Pierre, PR, Études Anglaises, Université François Rabelais, Tours
  • Buffaria Pérette-Cécile, PR, Études Italiennes, Université de Poitiers
  • Mounic Anne, MCF, Études Anglaises, Université Paris 3
  • Huguet Christine, MCF, Études Anglaises, Université Charles-de-Gaulle Lille 3
  • Pellerin Simone, PR, Littérature américaine, Université Paul-Valéry Montpellier 3
  • Lemare Henri, MCF HDR, Études Anglaises, Université Paris 3
  • Gautier Claude, PR, Philosophie, Université Paul-Valéry Montpellier 3
  • Keller-Privat Isabelle, MCF, Études Anglaises, Université de Toulouse-Le Mirail
  • Besson Françoise, Professeur, Études Anglaises, Université de Toulouse-Le Mirail
  • Hardy Mireille, MCF, Études Anglaises, IUT Cherbourg Manche
  • Bossi Lise, MCF, Études Italiennes, Université Paris 4-Sorbonne
  • Rauline Véronique, MCF, Études Anglaises, Université Paris Ouest Nanterre