Agenda de la mobilisation du collectif IUFM Grenoble.

Agenda de la mobilisation du collectif IUFM Grenoble, semaine du 16 au 20 mars
Mardi 17 mars :
Dès 7h45 : petit déjeuner et printemps des chaises, avec les étudiants et enseignants chercheurs devant le rectorat.
Donc, rendez vous, avec son gilet jaune, à 7h15 devant le hall B de l’IUFM, pour participer à l’action devant le rectorat.
–  On ira dans une salle de l’IUFM pour « emprunter » des chaises, histoire de vivre avec ces chaises une belle balade matinale et digestive…
–  Amenez de quoi déjeuner, du papier et des crayons (on va faire un petit atelier « création de chanson » devant le rectorat en
ré écrivant la chanson « ventre bleu »)
2.      A 12h30, AG du collectif de l’IUFM Grenoble à l’amphi de l’IUFM Grenoble.
Ordre du jour :
– infos sur la mobilisation  au niveau national et local
– Préparation de la soirée « comment rêver une formation » du mardi 17 mars où la chorale les barricades sera présente
– Préparation de la journée du printemps des chaises du jeudi 19 mars (inventaire et inventions) + Préparation de la manif du 19 mars et vote d’une délégation pour l’AG inter professionnelle qui à lieu ce même jeudi à 14h à la bourse du travail
– Quelles actions pour les deux dernières semaines à venir (des idées ont déjà germé… : actions printemps des chaises bis repetita, IUFM mort VIVANT, sondage, soirée cinéma, reportage France 3…)
3.      A partir de 19h30, soirée du collectif en partenariat avec l’asso k’Fet « comment rêver une autre formation » Avec :
o       La chorale des « barricades » (pensez à changer les paroles de « ventre bleu »)
o       Repas : pensez à amener un petit truc à manger et/ou à boire…
o       Ceux qui ont des instruments, n’hésitez pas…
o       Appareils photos et caméscopes sont les bienvenus pour immortaliser ce moment…

Mercredi 18 mars :
–         Prévoir un temps pour faire l’inventaire des chaises si l’on ne l’a pas fait mardi…
–         Sur le campus : Le collectif « nous ne paierons pas votre crise » organise les états généraux de l’éducation de Grenoble, nous sommes tous invités à y participer. La « prog » vient de tomber : 10h/12h, Débat : Quelles missions pour l’école?
13h/16h, Ateliers : L’Humain dans l’école / Réinventer l’école / L’école actrice de la société 16h30/18h, Plénière de restitution
12h/14h, Kermesse géante 19h/22h, Concerts et spectacles gratuits

Si des personnes du collectif veulent intervenir spécifiquement dans les ateliers, ils sont les bienvenus (à en re-discuter à l’AG de mardi)…

Jeudi 19 mars :
–         Printemps des chaises dès 7h15 à l’IUFM de Grenoble (sculptures sur chaises !)
–         Point de rendez vous à 9h30 (à confirmer) pour partir ensemble à la manif….
–         10h : manif inter professionnelle, départ devant la gare….
–         A 14h : AG inter professionnelle « convergence des luttes » à la bourse du travail de Grenoble

Vendredi 20 mars :   printemps des chaises ???

Communiqué de QSF.

14 mars 2009, communiqué de QSF:

Statut, CNU, Mastérisation

QSF a pris connaissance du nouveau projet de décret statutaire diffusé le 10 mars et s’étonne que les orientations fixées par le président de la République et le Premier ministre, lesquels avaient annoncé une réécriture complète du texte, n’aient pas été suivies. Le ministère est resté fidèle aux principes qui guidaient son projet initial et il a même retranché certaines garanties obtenues par les universitaires dans le précédent projet, tel qu’il avait été transmis au Conseil d’État le 30 janvier.

QSF rejette les dispositions relatives à la modulation des services, notamment parce que l’accord de l’intéressé, considéré comme la principale concession du ministère, est une garantie largement illusoire et d’autant plus fragile que le texte réaffirme la nécessité de ne pas « compromettre la réalisation des engagements de formation prévus dans le cadre du contrat pluriannuel entre l’établissement et l’État ». QSF demande que le futur décret dispose sans ambiguïté que toute heure de cours (ou équivalent TD) effectuée au-delà du service de référence soit rémunérée.

QSF réclame que la clé de répartition entre les promotions locales (50 %) et les promotions sur contingent CNU (50 %) soit indiquée dans le décret, puisque c’est le seul moyen d’éviter la prédominance des décisions des instances locales, encore trop souvent marquées par le favoritisme, et de préserver l’équilibre entre les disciplines.

QSF conteste comme injustifiée et irréaliste la périodicité projetée des évaluations, qui réduira celles-ci à du « benchmarking » ou à des notations.

QSF n’est pas défavorable au recrutement d’universitaires exerçant à l’étranger, mais juge que la condition fixée par le projet de décret (« niveau équivalent d’emploi ») est trop laxiste. QSF exige des conditions de compétences et de qualifications équivalentes qui devront être examinées non seulement par l’université, mais aussi par le CNU.

À propos du projet de décret relatif au CNU, QSF approuve l’initiative de publier le CV et la liste des travaux des candidats, mais la juge insuffisante pour remédier aux travers du mode de scrutin envisagé. QSF, réitérant sa revendication traditionnelle, demande que les membres du CNU soient élus au scrutin plurinominal majoritaire ou au scrutin de liste avec panachage, seuls à même d’assurer la sélection des experts sur des critères scientifiques, et non pas sur des critères d’appartenance syndicale. Au moment où le CNU devient un acteur clé de l’évaluation, la nécessité de cette réforme est encore plus impérieuse.

À propos du communiqué commun des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur du 12 mars sur le recrutement et la formation des enseignants, QSF, qui ne doute pas de l’utilité d’une réforme de la formation des maîtres, réitère son opposition au processus de mastérisation tel qu’il a été conçu. Les mesures transitoires proposées, qu’il s’agisse du concours 2010 ou des stages pour tous dès 2009, paraissent inapplicables et entraîneraient de fâcheuses conséquences pour les masters de recherche. Loin des faux-semblants et des improvisations en trompe-l’œil, la seule solution réaliste est le report de la réforme, assorti de la mise en place d’une concertation. En l’absence d’une telle décision, la crise ne pourrait que se prolonger et s’amplifier.

Cours alternatifs à Rouen.

Programme  des  cours  alternatifs de  l’UFR  LSH
Pour la semaine  du 16  au  20  mars, le programme sera consultable et mis à jour régulièrement sur http://urouenmobilisee.wordpress.com

Réunion des directeurs de labo. (14 Mars)

Communiqué de presse
Plus de 250 directeurs de laboratoires, chercheurs ou enseignants-chercheurs, se sont réunis samedi 14 mars à Paris pour débattre des problèmes de recherche vus des laboratoires.
Dans un contexte général de tensions extrêmes dans l’enseignement supérieur et la recherche, les directeurs de laboratoires partagent l’inquiétude de la communauté universitaire. Ils témoignent de leur exaspération devant les attaques et les dénigrements répétés que subissent depuis plusieurs années la recherche en général, les organismes de recherche en particulier au premier rang desquels se trouve le CNRS. Ces attaques et dénigrements conduisent à un affaiblissement dangereux du potentiel de recherche français.
Les directeurs de laboratoires appellent de leurs voeux depuis de nombreux mois une évolution du système de recherche, incluant une évolution sensible des organismes de recherche permettant notamment un partenariat équilibré et fructueux avec les universités. Pour autant, ils rappellent le rôle indispensable dans le système de recherche de ces organismes, notamment du CNRS, en particulier comme garants d’une stratégie nationale de recherche. Ils rappellent également qu’à de nombreuses reprises, la communauté a fait des propositions concrètes et argumentées de réformes, propositions qui ont été largement ignorées jusqu’à ce jour.
Les directeurs de laboratoires réunis le 14 mars réaffirment le rôle fondamental du CNRS dans le paysage de la recherche française ainsi que les principes fondamentaux suivants :

  • Indépendance académique
  • Maintien du rôle des organismes comme opérateurs et agences de moyens
  • Partenariat équilibré entre universités et organismes
  • Place centrale des UMR dans le dispositif de recherche
  • Importance de la recherche « libre »
  • Évaluation par les pairs, avec des comités comportant des élus

Ils réaffirment également que les chercheurs et les enseignants-chercheurs doivent avoir les moyens et le temps de mener à bien une recherche de qualité.

Sur la base de ces principes, les directeurs de laboratoires s’adressent solennellement au gouvernement pour obtenir rapidement une réponse satisfaisante aux 10 points fondamentaux détaillés dans le relevé de conclusions du 14 mars.
Ils considèrent en premier lieu qu’une véritable sortie de crise abordant plus largement l’ensemble des problèmes de la recherche n’est possible qu’une fois satisfaits ces 10 points fondamentaux.
Ils considèrent en second lieu qu’une condition préalable indispensable à cette sortie de crise est la résolution immédiate des 3 points clefs préalables suivants

  • Attribution sur liste supplémentaire au concours 2009 des postes supprimés notamment par la mise en place des chaires dont 90 au CNRS ainsi que de postes ITA.
  • Engagement du Premier ministre sur l’intégrité des organismes ainsi que sur leur rôle d’opérateurs.
  • Mise en chantier d’un plan pluriannuel de l’emploi scientifique.

A défaut, les directeurs de laboratoires réunis le 14 mars proposent les actions suivantes, qui feront l’objet d’une consultation de l’ensemble des directeurs d’unités dans les jours qui viennent :

  • Appel au « labo mort » les jours de grève nationale
  • Grève administrative dans deux semaines (dès la tenue du conseil d’administration du CNRS)
  • Démission des directeurs de laboratoires d’ici 2 mois
  • Départ symbolique des directeurs de laboratoires à l’étranger

Le relevé des conclusions votées en séance (www.recherche-du.fr/ministere/releve14mars.pdf), avec ses propositions d’action, sera soumis dès lundi 16 mars à l’ensemble des directeurs de laboratoires.
Contacts : Yves Laszlo, Bruno Chaudret, Yves Langevin.

Modulation déjà à l’horizon

L’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) dont la présidence a nettement soutenu le ministère depuis le début de ses projets de réformes, a fourni à ses enseignants des propositions portant sur l’allègement du service pour les maîtres de conférences :

Extrait :

 »Les conditions d’éligibilité, qui seront discutées au niveau du groupe de travail sur les temps de services, pourraient être :
– avoir effectué l’année précédente un service complet comprenant au moins 140 heures de présentiel et être évalué positivement en enseignement.
– avoir publié au moins deux notes dans une publication rang A au cours des quatre dernières années, une pour ceux qui ont entre 1 et 3 ans d’ancienneté. »

Il est donc clair qu’une décision concernant le service des enseignants (et la répartition recherche – enseignement) serait prise dans un tel cas sans analyse qualitative du dossier : celle-ci serait remplacée par la référence au “classement des revues” dont le principe même a été fortement critiqué ces derniers temps.

La ronde des obstinés : ultimatum du 16 mars

ULTIMATUM DU 16 MARS 2009

Nous enseignants-chercheurs, étudiants et personnels Biatoss en grève depuis le 2 février 2009 lançons solennellement l’ultimatum suivant aux ministres Valérie Pécresse et Xavier Darcos :
Nous exigeons, ainsi que le demande depuis 5 semaines la Coordination Nationale des Universités, le retrait de la loi LRU et du pacte de recherche, comme des mesures qui en découlent :
* le retrait du projet de décret concernant les Enseignants-Chercheurs y compris dans sa dernière version
* le retrait du projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants des écoles, collèges et lycées,
* le retrait des suppressions de postes statutaires à l’université et ce dès 2009, ainsi que le retrait de la réforme d’allocation des moyens financiers fondés sur une prétendue performance,
* l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche

Ces retraits sont pour nous un préalable pour pouvoir engager une véritable discussion et confrontation, dans une démarche d’Etats généraux des universités à mener en toute indépendance et qui prennent en compte l’ensemble des revendications portées par la mobilisation actuelle.

Si dans une semaine, soit le LUNDI 23 MARS, à midi, le gouvernement n’a pas pris en compte ces revendications, nous marcherons en Place de Grève jour et nuit. Nous tournerons jour et nuit pour manifester notre obstination. Nous marcherons sans fin car nous n’avons aucune intention de céder.

En Place de Grève, nous appellerons à LA RONDE INFINIE DES OBSTINÉS tous les personnels de l’éducation nationale, étudiants, lycéens, les parents d’élèves et tous les citoyens solidaires à nous rejoindre à toute heure du jour et de la nuit.

L’Assemblée Générale Nationale des salariés de l’Éducation Nationale et des parents mobilisés

L’Assemblée Générale Nationale des salariés de l’Éducation Nationale et des parents mobilisés déclare que le projet de réforme concernant la formation et le recrutement des enseignants est inacceptable.

En effet,

en proposant une formation qui est une régression par rapport à l’existant.

en supprimant tout stage en responsabilité avant la titularisation des professeurs ;

en supprimant l’année de formation rémunérée des futurs professeurs ;

– en remettant en cause le statut de fonctionnaire d’état, ce qui ouvre la porte à la précarisation de la fonction (mise en place de l’agence de remplacement…)

Ce projet de réforme diminue la qualité de la formation des enseignants afin de discréditer le corps professoral et l’enseignement public, au détriment des élèves.

Nous constatons que la réforme de l’Université est intimement liée à la réforme des enseignements primaires et secondaires et rappelons que les luttes menées, de la maternelle à l’Université, doivent converger vers un seul et unique but : le retrait pur et simple et sans condition de ces projets de réforme comme l’un des préalables indispensables à l’ouverture de toute négociation.

Plus largement, nous pensons que ces réformes traduisent la volonté d’aggraver les inégalités sociales, avec d’un côté les « élites », et de l’autre, une grande majorité d’individus auxquels on aurait retiré toute capacité de discernement et de réflexion de manière à les mettre à la merci des « élites ». Nous rejetons fermement ce projet de société fondamentalement contraire à la République et à la Démocratie.

A propos de l’asphyxie des EPST et du « pilotage » de la recherche

De même qu’il est bon de contextualiser ce qui se passe dans les universités, je vais à présent le faire pour ce qui se passe dans les EPST. La recherche publique s’est vue assigner trois missions au sortir de la seconde guerre mondiale : produire des connaissances et du savoir, diffuser ces savoirs (entre chercheurs, vers le public etc), et les valoriser. Dans ce sens là. Les structures mises en place ont été les établissements d’enseignement supérieur ; les EPST dont les personnels sont fonctionnaires depuis 1984 (loi Chevènement), dont le plus grand est le CNRS, seul organisme de recherche totalement pluridisciplinaire au monde ; seize Etablissements Publics à caractère Industriel et Commercial (EPIC), tels le CEA pour l’énergie atomique, le CNES pour le spatial ; et trois Fondations consacrées à la recherche médicale, le centre d’étude du polymorphisme humain, les instituts Curie et Pasteur.

Les députés et les sénateurs interviennent naturellement dans la gestion de ces organismes en votant le budget, et en décidant des priorités, c’est-à-dire de la quantité d’argent que chaque structure se verra octroyer. Ainsi, la représentation nationale oriente priorités, mais ne décide pas des recherches à mener.
Une caractéristique importante de la recherche française est son système d’évaluation, qui a évolué au cours des années : en raison de la complexité des recherches, seuls les « pairs » ont les capacités de procéder à ces expertises. La majorité d’entre eux sont élus. Le processus, rigoureux et complexe, monopolise de nombreux évaluateurs. Ce système d’évaluation avait un défaut majeur  pour les dirigeant nationaux : il ne permettait pas un pilotage politique fin de la recherche.

Pourquoi piloter la recherche ? La raison tient en quelques chiffres.
Sauf pendant le gouvernement Chirac de 1986 à 1988, la part du PIB consacré à la recherche (privée et publique) a connu une progression quasi continue de 1960 à 1990, passant de 1,15% en 1960 à 2,42% en 1990. Depuis en revanche, elle a connu une érosion, lente pendant le gouvernement Jospin (2,40% en 1994) puis dramatique par la suite (2,23% en 2002). La modernité du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin  a consisté en la matière à un retour au niveau des années 70. Celle du gouvernement Sarkozy est de faire un retour aux âges farouches (probablement inférieur à 2% en 2009).
La part de la recherche privée était de 1,33 % en 2005, en diminution depuis. Est-ce beaucoup ? C’est relativement faible comparé à d’autres pays industrialisés : Allemagne 1,76%, Suède 3,31%, Finlande 2,42%, USA 2,10% et Japon 2,28%. La part de la recherche publique est donc un peu inférieure à 1%, au 4ème rang des pays industrialisés. Cependant, elle recouvre à la fois la recherche militaire et la recherche civile. La recherche militaire représente un gros tiers de l’investissement public. Avec 37% du financement de la recherche publique assurés par les crédits militaires, la France occupe le troisième rang mondial pour l’effort de recherche consacré à la Défense, derrière les Etats Unis (55%) et la Grande Bretagne (46%). Il reste donc moins de 0,6% du PIB consacré à la recherche publique civile, l’un des chiffres les plus ridicules de l’OCDE.
N’importe quel être censé dirait « au secteur privé de faire son effort de recherche ». Eventuellement en les y aidant un peu : aides à l’embauche de doctorants par exemple. Mais les gouvernements successifs, sous la pression du CNPF / MEDEF, ont choisi de marcher sur la tête : en mettant l’appareil de recherche au service de l’industrie.
Par ailleurs, le budget de l’armée devenant de plus en plus contraint (coût des armements, de l’implication dans plusieurs conflits), il était tentant de mettre également à disposition des militaires la part de recherche civile qui pouvait l’intéresser.

Mais comme on est des intellos, qu’on sait un peu se bagarrer, il fallait commencer par nous faire plier. Et pour cela, plusieurs méthodes : l’asphyxie financière d’une partie de l’instrument, et sa mise au pas. Voici comment ça s’est passé :

La première attaque contre l’organisation de la recherche publique française est portée par le gouvernement de Jacques Chirac de 1986 lorsque le ministre Alain Devaquet suspend brutalement le fonctionnement des instances scientifiques du CNRS en prétendant les remplacer par des comités d’experts nommés par lui-même.
La deuxième attaque sérieuse date du gouvernement de Lionel Jospin. Son ministre de la recherche et de l’enseignement, Claude Allègre qui tente aujourd’hui par tous les moyens de revenir aux affaires, fait figure de précurseur.  Il fait voter le « projet de loi sur l’innovation et la recherche » (1999) avec des dispositions pour l’essaimage des personnels de recherche vers les entreprises et le couplage entre recherche publique et entreprises. A Grenoble se créent plusieurs start-up, et les entreprises de commercialisation de l’INPG et de l’UJF. Allègre est celui qui fait du brevet un élément majeur de l’évaluation. Jusqu’alors, il était admis que les fruits de toute découverte faite dans le domaine public devaient profiter au public. Un changement de mentalité s’est opéré, malgré la mise à la porte de ce mammouth de la politique. Depuis (cliquez, vous verrez), les missions de la recherche publique ont été inversées et, sur le site du ministère comme ailleurs, la valorisation et l’innovation viennent avant la production des connaissances.
Allègre a également impulsé une modification dont nous payons les fruits. C’est technique : il a permis aux établissements publics de cotiser aux ASSEDIC : la porte s’est ouverte à l’embauche de personnels sur statuts privés et précaires (aujourd’hui 1/3 des personnels de la recherche, ITA et chercheurs confondus).
Comme on s’est bien battus (j’étais déjà syndiqué, je me souviens comme ça a été dur), on a fait la démonstration qu’on ne se laissait pas piloter à loisir. Allègre crée alors un « Fond National pour la Science » et un « Fond de Recherche et Technologie » qui serviront bientôt de base pour la création de l’ANR : conseil scientifique entièrement nommé par le ministre, décisions anonymes, attribution des crédits sans concertation.
Bon, Jospin est renversé, on n’a plus le choix qu’entre le gros fasciste et le grand connard, on élit le grand connard.
Printemps 2003, on attend le versement de la moitié des crédits de payements de l’année précédente toujours gelés. Hop, ils sont annulés. Le 2 octobre 2003, réduction supplémentaire de 16 millions d’euros pour la recherche universitaire et 27 millions d’euros pour les Fonds. Le Ministère « doit » toujours 172 millions d’euros au CNRS et 34 millions à l’INSERM. Le projet de budget 2004 ne rattrape pas ces retards puisque les crédits de l’année 2003 sont reconduits pour 2004. Entre 2002 et 2004, le CNRS a pris une année de retard de financement. Vous savez bien que nous voyons arriver nos crédits de fonctionnement en octobre, aujourd’hui. Une année fiscale gagnée, c’est un joli tour de passe-passe, non ?
Début décembre 2003, la situation est tellement catastrophique que, pour la première fois de son histoire, le Conseil d’Administration du CNRS reporte le vote du budget 2004. Et pour cause, le ministère vient d’annoncer une nouvelle baisse de 2% par rapport au budget de misère de 2003.
Alors on se bat. La création de SLR unifie pour un temps les personnels de la recherche. Las, les patrons de la recherche raflent la mise. En dépit de l’enthousiasme autour des Etats Généraux de Grenoble en 2004, le processus reste imperturbablement le même, et avec un incroyable cynisme, le gouvernement affirme s’appuyer sur nos propositions pour le faire passer : mise en place l’ANR et l’AERES (ce qui me rend extrêmement hésitant quant à la tenue de nouveaux états généraux). On arrive à une charnière du processus.

Allez, arrêtons nous un ou deux paragraphes sur ces structures…

L’ANR, établissement public à caractère administratif depuis le 1er janvier 2007, prend de l’argent du service public pour le mettre à disposition du privé. Il y a, à l’ANR, six axes thématiques : biologie-santé ; écosystèmes et développement durable ; énergie durable et environnement ; ingénierie, procédés et sécurité ; sciences et technologiesde l’information et de la communication (STIC) ; sciences humaines et sociales ; les opérations non-thématiques (Chaires d’excellence, Jeunes chercheuses et jeunes chercheurs et projets Blanc) sont le septième axe. Le cache sexe que l’ANR s’était donné en finançant des projets non finalisés en sciences humaines a explosé en 2007, quand l’ANR a cessé d’apporter un financement aux Programmes Catastrophes telluriques et tsunamis ; Collections d’échantillons biologiques pour la santé ; Agriculture et développement durable ; Conflits, guerres, violences ; Apprentissages, connaissances et sociétés. Les dotations pour les sciences humaines et sociales représentent 3% du total, la majeure partie allant là où ça devait aller dès le départ : STIC (21%), biologie (22%°. Les projets « blancs » reçoivent ¼ du budget. C’est une hypocrisie. Pour le comprendre, voyons comment ça se passe.
Quelqu’un, disons pour prendre un exemple, fictif Consanstau, voudrait faire de la recherche pour lui payée par le public. Il crée, par exemple, un fond ou une fondation (mais ça peut prendre une autre forme juridique : les fondations étaient ce que le gouvernement avait en tête en 2005, ça a un peu évolué depuis), éventuellement hébergée par le ministère, disons, une « fondation scientifique pour la biodiversité » (www.francebiotechnologies.fr/entreprise/fondation-scientifique-lyon.html). Il fait un appel d’offre relayé par l’ANR dans l’un des programmes thématiques. Pour y accéder, il met de l’argent sur la table, et l’ANR met une somme équivalente, prise sur le budget des EPST (là, j’insiste). Ainsi, 75% de sous de l’ANR sont transférés au privé. Mais il y a mieux encore : dans l’appel d’offre, il peut imposer que les résultats de la recherche soient sous embargo, non publiés, ou déposés comme brevet à son avantage exclusif. Encore, encore, crie le public émerveillé par tant de malice diabolique ! Eh bien, au conseil scientifique d’une fondation, il n’est pas nécessaire d’avoir un représentant du ministère et, s’il y en a un, il n’est pas nécessaire de lui donner plus qu’une voix consultative. Super, non ?
Eh ben, voici comment on définit la chose « En créant un fonds sous l’égide de la Fondation de France, le mécène qui veut concrétiser une idée généreuse qui lui tient à cœur, bénéficie de quatre atouts majeurs » (http://www.fondationdefrance.org/jsp/site/Portal.jsp?page_id=21&gclid=CMz4hvm4mpkCFZSD3god1m5dCQ). Eh, c’est drôlement bien écrit…

Les « instituts Carnot » (pauvre Carnot), ont pour mission de favoriser le transfert de technologie, le partenariat entre laboratoires publics et entreprises et le développement de l’innovation.

L’AERES tue le système d’évaluation, perfectible certainement, mais qui a pourtant permis, en dépit de nos faibles moyens, de faire l’une des meilleurs recherches du monde. Les pauvres évaluateurs de l’AERES, en nombre insuffisant, taillent au coupe coupe dans le vif, et malgré tous les écrits mettant en garde, utilisent à tire larigot les fameux indices de notation. Comment pourraient-ils faire autrement ? Au début, ils s’appuient sur l’expérience du Comité National du CNRS. Ils sont cons : ils n’ont vraiment pas compris à quoi ils servent. Alors depuis quelques semaines, le gouvernement tente de sortir ce CN. Bien fait.

Par cette asphyxie opérée brusquement depuis 2003, le fruit est aujourd’hui mûr pour être cueilli, exsangue, au bord de la faillite. Qui sont les heureux bénéficiaires ? Grand un, l’armée (n’oubliez jamais l’armée : la grande muette est dans les murs de la plupart de vous, qui me lisez). Grand deux, l’industrie au premier rang de laquelle, celle des biotechnologies et celle des nanotechnologies. On en sait quelque chose à Grenoble, et la création de Minatech, l’assassinat de l’Université de Grenoble au bénéfice de l’INPG, sont aussi bien soutenus par la droite que par les socialistes. Grand trois : l’université. La pauvre, elle n’en peut plus, et en attendant de pouvoir « libérer » les frais d’inscription, compte bien sur le vivier des chercheurs à plein temps.

Il restait à tuer le CNRS. C’est fait depuis janvier 2009, et je n’oublierai pas que c’est Sarkozy qui a achevé la bête. Oui, je parle au passé. Comment faire autrement lorsque nous (j’en fais partie) sommes éclatés en neuf instituts dont les gouvernances sont structurées différemment selon qu’on compte vendre l’appartement à un repreneur ou à un autre. Le diable est dans les détails, et c’est dans la structure de ces instituts qu’il faut aller le chercher. Comment faire autrement alors que sur 700 départs de chercheurs à la retraite en 2009, seulement 150 sont remplacés (ne croyez pas le chiffre de 300 annoncé sur les affiches, car il contient 150 promotions). Comment faire autrement alors qu’il n’y a, en 2009, aucune embauche d’ingénieurs, techniciens ou administratifs, aucun post-doctorat ? Enfin, car les symboles ont une grande signification, comment faire autrement lorsqu’on fait concevoir le nouveau logo du CNRS par une boîte de comm’ spécialisée en relooking des entreprises en faillite et qu’elle nous impose cette horreur qui, vue dans un miroir, se lit « culs » avec une verge (dans le sens de bâton si on veut) qui rentre dedans.

Le silence autour de cette mort a été assourdissant. La plupart des chercheurs du CNRS n’y croient pas, encore aujourd’hui, comme dans cette légende arabe où un prisonnier se pense vivant parce que le sabre qui lui a tranché le cou a été si vivement manié que la tête tient sur le corps debout et que le sang circule encore à travers la gorge tranchée.

Annexe : créez votre fondation !
Les fondations s’appuient sur la loi sur le mécénat votée en 2003.
En créant un fonds sous l’égide de la Fondation de France, le mécène qui veut concrétiser une idée généreuse qui lui tient à cœur, bénéficie de quatre atouts majeurs :

­ 1. Ce fonds peut bénéficier de l’appellation de « fondation » et le mécène peut lui donner son nom s’il veut laisser une trace de son engagement. Par exemple la Fondation Jean-Marie Bruneau, la Fondation Guy Degrenne. Il peut aussi lui donner un nom spécifique comme le Ch’ti Fonds créé par Dany Boon.
2. Le mécène bénéficie de tous les avantages fiscaux accordés aux fondations reconnues d’utilité publique (RUP) : un mécène qui créé un fond sous égide de la Fondation de France peut déduire 66 % de son don de son impôt sur le revenu dans la limite de 20% de son revenu imposable ou depuis 2008 75% du montant de son ISF dans la limite de 50 000 €. Les fonds de dotation ne peuvent pas accorder ce deuxième avantage, ni recevoir de manière sécurisée des donations temporaires d’usufruit, qui sont réservées aux fondations RUP.
3. Le mécène dispose dans son fonds d’une gamme de services personnalisés au sein de la Fondation de France pour un coût très faible :
– la Fondation de France effectue pour lui toutes les diligences administratives et comptables (suivi et règlement des prix, bourses, subventions et factures, gestion financière, tenue de la comptabilité et certification des comptes par un commissaire aux comptes,…)
– elle met à sa disposition toutes les expertises indispensables à la bonne gouvernance d’une fondation par l’intervention de ses services juridiques et financiers.
– elle met à son service sa connaissance du tissu associatif et des besoins prioritaires de la société pour l’aider, s’il le souhaite, dans la mise en oeuvre de son action philanthropique, faire la recherche de projets et choisir les meilleurs, lui faire rencontrer d’autres intervenants dans son champ d’action…
­ ­
4. Le fonds sous l’égide de la Fondation de France est de création simple et rapide : sous un délai maximum de 3 mois, le dossier du futur fondateur est examiné avec les services juridiques, fiscaux et spécialistes du domaine d’intervention. Le Bureau de la Fondation de France accepte le nouveau fonds qui dès lors devient opérationnel.

Jean Lilensten
Laboratoire de Planétologie de Grenoble
11 mars 2009

La stratégie de l’asphyxie de l’enseignement supérieur.

Les événements que nous sommes en train de vivre peuvent, doivent être contextualisés. Ils sont une partie d’un ensemble plus large dont le but est de faire financer la fonction publique par ses utilisateurs. On ne peut pas dire que le plan date d’hier : S’agissant de la politique de recherche à proprement parler, l’inspiration du gouvernement vient d’un colloque réuni le 4 décembre 2000 par le RPR, en présence de Michèle Alliot-Marie, d’Alain Juppé, de Jean-Jacques Aillagon, François Fillon ou encore Bernard Belloc qui préparera bientôt la réforme des universités. Ses conclusions dictent la mise à sac actuelle de notre
appareil de recherche publique civile, au bénéfice de quelques repreneurs. Tout ceci est publié, public, et il ne faut pas beaucoup de clics sur le ouèbe pour le retrouver.
Les lois contre lesquelles nous nous battons ont commencées à être rédigées par le Conseil Stratégique de l’Innovation (CSI), sur la proposition de Philippe Pouletty. Le même Pouletty est par ailleurs président de deux associations : France Biotech et Objectif 2010. Objectif 2010 est une association d’entrepreneurs assistés de juristes et d’économistes dont la spécialité est la rédaction de projets de loi « clés en main » en particulier sur l’enseignement, l’innovation et la recherche. Au nom de « ma » section syndicale (mais je ne suis plus syndiqué aujourd’hui), Pascale Royer et Pierre Saramito se sont empoignés avec le Pouletty … à l’assemblée nationale, où il prenait ses aises. On arrive bientôt au bout du processus que cyniquement le nom
même d’Objectif 2010 annonçait.
Qui sont les « utilisateurs » de l’université ? Pour sa mission d’enseignement, ce sont les étudiants. Il faudra donc qu’ils payent.
Pour y arriver, les gouvernements (Chirac et Sarkozy) ont mis en place une stratégie et un ensemble de lois.
La stratégie, c’est l’asphyxie de l’enseignement supérieur : tarissement des financements, réduction des embauches. Le but est de susciter un tel ras-le-bol que lorsque les frais d’inscription seront augmentés, la plus grande partie possible des personnels en ressentent un grand soulagement, y adhèrent sans manifester. Il y aura une grande division entre les enseignants eux-mêmes dans les UFR. Ce n’est pas secret et a été parfaitement explique par Renaud Dutreil il y a quatre ans (voir
annexe).
Les lois sont d’une part la Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (2007, LRU) qui, entre autre, assure la « fongibilité assymétrique » des financements et l’autonomie financière. L’argent versé par l’Etat pour des personnels peut être affecté au fonctionnement, libre à l’Université de financer par ailleurs les salaires grâce à l’autonomie financière (à laquelle l’UJF échappe encore au grand dépit de sa présidence). Par ailleurs, dans un cadre beaucoup plus grand, la Réforme Générale des Politiques Publiques (RGPP). La RGPP était expérimentale jusqu’à la fin de l’an passé, et est opérationnelle à partir du 1er janvier 2009. Elle permet entre autres aux Universités d’embaucher autant de personnel sur poste précaire qu’elle peut en
financer, et de les déposer dès que leur mission s’arrête (changement dans les enseignements par exemple). Elle va conduire en France à une réduction drastique du nombre de fonctionnaires. Par exemple, pour sortir du campus, un tiers de personnel en moins à la Préfecture de Grenoble d’ici Décembre 2009.
Selon notre degré de mobilisation mais aussi selon notre lucidité, le gouvernement va mettre en place l’augmentation des frais universitaires à la rentrée 2009 ou en 2010. Comment ? Je me suis beaucoup empoigné avec Yannick Vallée, alors président de l’UJF (…). Je l’ai attaqué sur ce sujet. Il m’a répondu que « les frais d’inscription sont décidés nationalement par le Parlement, et aucun député ne prendra le risque de les augmenter. En revanche, il a été mis en place des frais d’inscription complémentaires et des frais de dossier qui, eux, ne sont pas plafonnés ». Je me souviendrai longtemps de son sourire carnassier en me racontant ça.
Si notre mouvement n’est pas lucide, la réponse que le gouvernement y apportera est la suivante : « nous avons entendu votre désespoir, nous allons y répondre. Grâce à l’augmentation des frais universitaires, vous allez enfin pouvoir travailler dans de bonnes conditions ». Pour éviter la fronde estudiantine, le gouvernement a mis en place un système de bourses. Il l’a testé en janvier 2009, en relançant un appel aux étudiants démunis pour qu’ils demandent des financements. Ce système, opérationnel, vise à soutenir quelques étudiants brillants qui ne pourront pas payer leurs études. Il faut donc se préparer à l’argument de Sarkozy disant aux Français : « les étudiants luttent contre l’augmentation des frais d’inscription. Mais moi, j’ai mis en place des bourses pour les plus pauvres d’entre eux. Ils se battent donc pour soutenir les riches. Vous êtes d’accord avec ça, vous ? » (ici, mouvement d’épaules et soulèvement des sourcils). Les Français lâcheront les étudiants et les syndicats d’enseignants qui se battront avec et, comme je l’ai dit plus haut, le monde des enseignants – chercheurs lui-même sera divisé.
A combien faut-il s’attendre ? Avec quelques collègues de Grenoble, nous avons évalué le coût à l’UJF à 6000 euros par an et par étudiant. Puis nous avons regardé les frais d’inscription dans des universités équivalentes aux USA, et nous sommes tombés sur le même volume, ce qui est une sorte de vérification expérimentale de notre calcul théorique. Puis nous avons regardé en France. C’est déjà parti, dans un silence étourdissant, dans les écoles de commerce et de gestion (5000 euros à 8.000 euros pour les grandes écoles les plus réputées ESSEC, HEC, etc.), à sciences po (jusqu’à 5000 euros à Paris) , dans les écoles d’art, de
création graphique, à Paris, à Lyon, ici à Grenoble… On retombe toujours sur les mêmes nombres, entre 6000 et 8000 euros. Ce n’est pas une fiction : c’est cette année.
Ce que j’écris ici ne devrait étonner personne : ça n’a rien de nouveau et a été analysé, dénoncé publiquement dans une série d’articles et dans un livre publié chez Gallimard (et donc pas en catimini) : « De la recherche française », de Hélène Cherrucresco. en 2004. Ce livre était tellement bien argumenté que la ministre de la recherche de l’époque (C. Haigneré) a tenté d’en interdire la publication.
L’analyse doit évidemment être étendue aux Etablissements Publics Scientifique et Techniques (EPST) dont le CNRS était le plus gros avant son éclatement en Instituts le mois passé. Là, les utilisateurs institutionnels de la recherche sont les Universités, l’armée et l’industrie. Le dépeçage de l’outil de recherche public français a donc été fait au service de ces consommateurs, ou « opérateurs » comme on dit en Novlangue.
Jean Lilensten
Laboratoire de Planétologie de Grenoble
7 février 2009

7 semaines et demi de mobilisation !

Note d’Olivier Beaud sur le « nouveau » projet de statut des enseignants-chercheurs (14 mars)

A lire sur le site de QSF : analyse de nouveau texte des statuts EC.pdf

Les Historiens, le journaliste et les CRS

Laissez moi vous conter la petite anecdote qui m’est arrivé hier. Alerté par (l’excellente) initiative de XXXXXX qui nous transmet régulièrement la liste les rendez vous du savoir de toutes les universités parisiennes, je me suis rendu à la conférence itinérante annoncée par le Pr Nicolas Offenstadt sur le « Paris de la Grande Guerre », dont le rendez vous était fixé devant la
tombe du soldat inconnu.
Une 20e d’étudiants en histoire s’étaient donc rassemblés hier, à 11h, autour de 3 enseignants + quatre quidam sous l’arc de Triomphe.
Soudain, une 20e de CRS surgissent de nulle part et fonce dans notre direction. Un ordre est hurlé « d’engager les manifestants ». Nous sommes encerclés, puis expulsés manu-militari dans le souterrain menant vers les Champs-élysées. Ma carte de presse, exhibé comme un sésame sur le champ me permet de m’extraire du groupe et de prendre des photos (jointes) sous la menace de saisi de mon matériel par deux inspecteurs en civil « de ne pas photographier les fonctionnaires ».
Pendant la bousculade, les trois enseignants vociféraient leur conférence sur l’histoire du soldat inconnu. Aux passants interloqués et brutalement écartés, la troupe hurle  » voici comme est traitée l’université française ». Un couple d’américains est sommés de  ranger leur appareil tandis que nous sommes poussés dans le tunnel. Débarqués sur les Champs Elysées, je comprend enfin la raison de cette expulsion lorsque l’ensemble du groupe sort des brassards (« université en grève » et commence à distribué des tracts »). J’interroge Nicolas Offenstadt et j’apprends qu’il a décidé d’un commun accord avec ses
étudiants d’utiliser une forme de manifestation intitulée la  « grève active » : faire cours, in situ, en arborant des brassards.
Suit une descente ubuesque de l’avenue des Champs-Elysées sous les yeux ahuris des passants regardant passer  cette troupe paisible et studieuse écoutant leur enseignant leur parler de la mémoire de la Grande Guerre entourée de CRS et de deux inspecteurs des RG vissés à leur talky-walky crachouillant !
Vive la France, paisible pays des droits de l’homme.

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Un exemple concret de primes en fonction de la productivité scientifique

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Pour consulter le document complet émanant de l’université Claude Bernnard (Lyon 1) : primes-1.pdf