Motions de la 6ème coordination nationale des universités (Dijon, 16 Mars)

(Communiqué et motions officielles, diffusées et validées à 23h40 le 16 Mars)

Communiqué du matin

Depuis six semaines, l’université et la recherche sont en grève. Cinq coordinations nationales des universités, quatre coordinations étudiantes, deux coordinations de la CNFDE se sont réunies à ce jour ; les laboratoires en lutte, les docteurs non titulaires et doctorants, ainsi que les salariés de l’Education Nationale et les parents se sont également constitués en coordinations ; les IUT, les BIATOSS s’organisent en coordinations dans la semaine qui vient.

En dépit d’un mouvement sans précédent, malgré des centaines de motions, d’analyses produites depuis des mois, malgré les dizaines de milliers de manifestants rassemblés chaque semaine, les ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Education Nationale persistent à ignorer l’ensemble des revendications des enseignants, des étudiants, des chercheurs, des personnels administratifs et techniques, en particulier l’abrogation de la loi LRU et du pacte pour la recherche. Une mascarade – l’annonce d’une année de «transition» vers la masterisation – en suit une autre – la « réécriture » du décret statutaire. La plupart des dossiers sont tout bonnement absents des discours de V. Pécresse et de X. Darcos. Comme si cette farce n’était pas suffisante, 92 députés de la majorité viennent de déposer avec le plus grand cynisme au regard de la situation actuelle un projet de loi, en continuité avec les préconisations de l’OCDE, qui entend faire porter aux seuls étudiants et à leur famille le coût du désengagement sans précédent de l’Etat de l’enseignement supérieur.

La 6e Coordination Nationale des Universités réunie à Dijon dénonce l’irresponsabilité et le cynisme des ministres dans la gestion d’une crise majeure de l’enseignement supérieur et la recherche. Ils portent seuls la responsabilité de la radicalisation du mouvement. Ils ne représentent en rien l’esprit de notre communauté. La Coordination Nationale des Universités refuse tout chantage qui enfermerait les personnels et les étudiants dans le dilemme : sauver la promotion actuelle ou sauver les promotions à venir. Elle ne peut être tenue pour responsable d’une situation que nous subissons.

Elle exige du gouvernement le retrait des réformes contestées et la mise en place urgente des conditions d’ouverture d’un véritable dialogue. Elle appelle au renforcement d’une mobilisation unitaire et à la multiplication de ses actions. Elle ouvre, aujourd’hui lundi 16 mars, à Dijon, le « printemps des universités et de la recherche » dont le premier acte aura lieu le 19 mars 2009.

Motion concernant le porte parolat de la CNU

La CNU est formée par la réunion des personnels administratifs et techniques, enseignants et chercheurs, étudiants, mandatés par les AG. Elle représente la majeure partie des universités et institutions d’enseignement supérieur public et de recherche français. La CNU est une organisation représentative du mouvement.

La CNU désigne pour la représenter une équipe de porte-parole représentative, renouvelable à la coordination suivante, et lui accorde mandat impératif de communication sur la base de l’appel national constitué par l’ensemble des motions adoptées par les coordinations ayant eu lieu à ce jour. Cette délégation n’a pas mandat pour négocier. Elle réagit à l’actualité de la mobilisation, joue un rôle de facilitateur organisationnel entre deux coordinations, elle fait le lien avec l’intersyndicale. Sa mission est de porter la parole de la CNU entre les assemblées générales de celle-ci, seule expression légitime du mouvement. Les porte-parole sont élus de manière paritaire parmi les mandatés de la CNU actuelle.

Motion stratégique : calendrier et actions

Nous, membres de la communauté universitaire et de recherche, assumons notre responsabilité de défense de la transmission du savoir à travers une éducation accessible à tous, une recherche menée avec passion et les tâches indispensables nécessaires à son fonctionnement. Nous défendons avec force ces valeurs, niées par les réformes que nous combattons. Nous observons en outre qu’aucune des revendications formulées dans les précédentes motions adoptées par les AG n’a été satisfaite.

La CNU attire l’attention du gouvernement sur l’inquiétude  croissante des étudiants concernant l’issue de leur année universitaire. Elle les assure de sa solidarité et invitera les universités à étudier en temps utile les mesures nécessaires à une juste évaluation de leur année. Elle affirme que le gouvernement doit prendre ses responsabilités face aux étudiants, aux personnels et à notre société.

La CNU se déclare particulièrement choquée par l’attitude de mépris voire de provocation des deux ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et de l’Education Nationale. Elle condamne avec force la répression violente de manifestations pacifiques, les fermetures administratives.

La CNU soutient les enseignants du second degré qui défendent les commissions paritaires et transparentes d’affectation et de mutation dans un cadre national et solidaire. Elle apporte son soutien total aux enseignants des écoles qui luttent contre la casse de celle-ci et plu particulièrement aux enseignants entrés en « résistance ».

La CNU dénonce les manquements graves à l’éthique que constituent les mensonges répétés de X. Darcos (par exemple sur l’allongement de la formation des enseignants) et de V. Pécresse (par exemple sur les budgets). Elle demande leur démission.

Les attaques contre l’université et la recherche s’intègrent dans une politique globale contre les services publics et les conditions de vie de la population en général. Nos revendications sont les suivantes : aucun salaire en dessous de 1500€ net, un plan pluriannuel d’embauche, la fin de la précarité.

C’est pourquoi la CNU renouvelle son appel à participer massivement à la journée d’action interprofessionnelle du jeudi 19 mars. Elle appelle les secteurs en lutte et les organisations syndicales à donner une suite très rapide à cette journée.

Calendrier proposé

La CNU recommande :

1. la mise en place de deux manifestations et/ou actions « coup de poing » par semaine, sans précision de lieu.

2. la mise en place dans les lieux publics d’actions (type « cours hors les murs ») manifestant la spécificité de nos métiers, et de nos missions (enseignement, recherche).

– 17 mars : nuit de l’université des facs franciliennes.

– 18-19-20 mars : participation à la mobilisation européenne contre la stratégie de Lisbonne à l’occasion du sommet européen des 19 et 20 mars.

– 19 mars : manifestation interprofessionnelle. Appel à la grève générale dans le public et le privé.

20 mars :

  • appel pour que les directeurs de composantes des Universités démissionnent à cette date si les revendications ne sont pas entendues par le ministère. Publication de ces démissions (à la façon des aixois, 120 lettres de démission apportées à la présidence et au rectorat).
  • Voter la grève en convergence avec d’autres secteurs : appel à des rassemblements dans les villes dans cette perspective.
  • 20 mars : 1ère Coordination Nationale des Doctorant-e-s et Docteur-e-s non titulaires à 11h, à l’Université Paris 8, Amphi bat. D

– week-end du 21-22 mars : 5e CNE

– 23 mars : 7e CNU à Strasbourg.

– 24 mars :

  • appel aux syndicats siégeant au CTPU de voter contre le projet de décret statutaire dont nous exigeons le retrait ; appel à un rassemblement massif au lieu de réunion de la CTPU.
  • réunions publiques et manifestation nationale de la maternelle à l’université ?
  • blocage prévu du CA du CNRS.

– 25-26-27 : RPG.

  • Rectorats : encerclement à l’ouverture pour interdire l’entrée des personnels
  • Péages : tracts, ouverture de barrières et passages gratuits
  • Gares : blocages ponctuels des voies ou à défaut simple tentatives  d’intrusion dans les gares

– 26 mars : manifestation nationale avec des déclinaisons locales.

– 28 mars. suspension des activités de direction des labos  (voté le 14 mars)

– 31 mars, par ex manif nationale de chez Pecresse a chez Darcos, pour ne pas remonter les maquettes. (c’est la nouvelle date de remontée des maquettes).

Suggestions d’actions

    De la maternelle à l’université :
  • proposition de motions communes pour militer et converger dans la lutte avec le secondaire et le primaire
  • déplacements dans les écoles, les collèges et les lycées
  • organiser une nuit des écoles et une nuit des universités en même temps, par exemple sous la forme d’une retraite au flambeau

    Administratif :

  • envoi aux élus d’une lettre mettant V. Pécresse devant ses responsabilités en cas de non remise des diplômes
  • demander aux députés qui ont voté la loi LRU de venir s’expliquer dans les universités
  • ne laisser en paix ni les ministres ni les recteurs : installer des piquets de grève devant ces espaces stratégiques rappelant la nature des revendications (par exemple, tous les jours de 9h à 10h30)
  • blocages de CA ou d’instances décisionnaires dans les universités. Mettre sous pression les exécutifs universitaires pour qu’ils fassent remonter au ministère le fait que la situation locale est devenue intenable
  • boycott des jurys de bac sur la base d’un texte (proposé par SLU) et mis en ligne pour signatures individuelles
  • démission collective des directeurs d’UFR, des directeurs de départements, des personnels exerçant des fonctions administratives (selon un calendrier proposé par chaque université)
  • création de cahiers de doléances dans les universités à partir d’ateliers de travail et en vue d’Etats généraux de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
  • mise en service de caisses de grève (spécialement pour faciliter la mobilisation des BIATOSS)
    Médiatique :
  • organisation d’une journée nationale de blocage des universités (manifester avec un brassard : université n en grève)
  • acheter une page dans la presse
  • intervenir lors des événements sportifs (par exemple) pour saisir l’opportunité médiatique
  • manifestations en nocturne / avec instruments de musique
  • défilés en sous vêtements ou nus…
  • occupation de lieux publics symboliques
  • tracter directement différents publics avec des textes ciblés
  • défilés plusieurs fois par semaine (notamment à Paris)

Comment voyez-vous la sortie de crise ?

Comment voyez-vous la sortie de crise ?

Plus tard le gouvernement cédera, plus il aura à faire de concessions. La situation actuelle est similaire au mouvement anti-CPE. Le décret est mort et le retrait de la réforme de la formation des maîtres constitue un préalable.

Georges Molinié, Président de Paris 1. Lire l’intégralité de l’entrevue sur Educpros.

Question sur la LRU au sénat le … 19 Mars.

Libertés et responsabilités des universités

QUESTION ORALE AVEC DEBAT LE JEUDI 19 MARS 2009

M. David ASSOULINE (Soc – Paris) interrogera Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche sur l’application de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités le jeudi 19 mars 2009 à 9h30 au Sénat en séance publique.

M. David Assouline demande à Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de lui indiquer l’état d’application de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités dont le dispositif encadre l’ensemble des réformes actuellement contestées par tous les acteurs de l’enseignement supérieur. Depuis plusieurs semaines, l’inquiétude de toute la communauté universitaire, des enseignants-chercheurs aux étudiants, en passant par de nombreux présidents d’établissements, s’exprime dans la rue et dans les médias. Leurs protestations s’amplifiant ont donné lieu à de nombreuses manifestations, partout en France où, tous unis, ils s’élèvent contre les réformes gouvernementales modifiant le statut des enseignants-chercheurs, instaurant la nouvelle organisation des instituts universitaires de technologie (IUT), réformant la formation des enseignants et dénoncent, de façon générale, les conditions de travail et d’études à l’université et la réalité des moyens financiers annoncés par le Gouvernement.

L’ensemble des groupes politiques s’exprimera au cours du débat qui suivra.
Vous pourrez suivre les débats en direct sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/direct/index.html à partir de 9h30.

La LRU expliquée aux enfants.

Billet supprimé à la demande de l’auteur du dessin original.

Motion 10ème section CNU

Voici la motion votée à l’unanimité mardi 10 mars par la section n° 10 du CNU (littératures comparées). Nous nous sommes réunis les 9 t 10 mars pour les deux sessions à la fois (session ordinaire et session dévolue aux « chaires d’excellence »).

« La 10ème section du CNU, instance nationale majoritairement élue, garante du caractère national des recrutements et de l’évaluation des enseignants-chercheurs, dénonce la surdité des ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et leur stratégie de désinformation. Elle condamne une politique qui, contrairement à ses objectifs affichés, ne peut que favoriser le localisme et le clientélisme. Elle affirme son adhésion aux mouvements de contestation actuels et s’associe aux protestations des différentes instances du monde universitaire. Elle souscrit en particulier aux appels
de la Coordination Concours Lettres (dont la Société Française de Littérature Générale et Comparée fait partie) contre les projets de réforme actuels : modalités de la formation et du recrutement des enseignants du 1er et du 2nd degré (« mastérisation »), contrat doctoral unique, réforme du statut des enseignants chercheurs, précarisation des statuts des personnels de l’Education et de la Recherche.
Elle demande le retrait de toutes les réformes en cours et l’ouverture d’une véritable concertation impliquant tous les acteurs de la communauté enseignante et scientifique. Elle demande la restitution immédiate des postes supprimés au titre de
l’année 2009.
Estimant que les revendications de la communauté universitaire n’ont pas obtenu satisfaction à ce jour, elle se prononce, en réunion plénière, pour la rétention sine die des résultats des qualifications des deux sessions de l’année 2009 sans préjuger d’éventuelles actions ultérieures. »

Les nouveaux médias : de nouveaux espaces de luttes et de débats ?

Dans le cadre de la grève active de l’Université de Paris I, pour vous préparer à la manif, vous êtes conviés jeudi prochain 19 mars, à un débat sur Les nouveaux médias : de nouveaux espaces de luttes et de débats ?

Rencontre débat avec Edwy Plenel (ancien responsable du Monde et fondateur de Mediapart)

Animé par Nicolas Offenstadt et Clyde Plumauzille, historien/ne, Université de Paris I

10-12 h Amphi H,  Université de Paris I, site de Tolbiac. 90 rue de Tolbiac, Paris 13

Les nouveaux médias, en particulier le web, mais aussi les journaux papiers qui s’articulent avec le web, apportent-ils un souffle
nouveau à l’espace public critique ? Quelle(s) relation(s) peuvent- ils entretenir avec la sphère savante, les historiens et les autres ?

AG des personnels et étudiants de l’UFR Sciences humaines (Upmf-Université de Grenoble 2)

Motions votées le lundi 16 mars 2009 par l’AG des personnels et étudiants de l’UFR Sciences humaines (Upmf-Université de Grenoble 2 : Histoire, histoire de l’art, philosophie, géographie sociale, musicologie)

L’Assemblée générale des enseignants, ouverte aux administratifs et aux étudiants de l’UFR Sciences Humaines, a réuni 320 personnes le lundi 16 mars 2009 de 12h à 13h45 dans l’amphi Arsh 2.

Motion 1
L’AG des enseignants, personnels et étudiants de l’UFR SH, après information sur les réponses apportées par les ministères de l’éducation et des universités au cours de la semaine  écoulée, appelle à la poursuite de la grève active, du Printemps des chaises et de la lutte pour la semaine à venir.
Adopté (305 oui). 10 n’ont pas pris au vote, 5 abstentions, 0 contre.

Motion 2
L’Ag des enseignants, étudiants et personnels de l’UFR SH observe que, en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement, la dernière formulation en date du projet de décret relatif au statut des enseignants-chercheurs ne constitue en aucune manière une « réécriture » de ce projet et que, contrairement à ce que le gouvernement a voulu accréditer, le nouveau « projet » de décret ne répond en rien aux revendications exprimées par la communauté universitaire.
Elle exige donc l’abandon – « réel » cette fois – de l’actuel projet de décret statutaire, en conformité avec ce qui avait été annoncé par le premier ministre le 2 mars 2009,et l’ouverture d’une réflexion pour l’élaboration d’un nouveau texte, relative au statut des universitaires.
Elle souligne, en outre, qu’aucune avancée effective n’a été obtenue relativement à la formation des futurs enseignants du primaire et du secondaire. Elle observe qu’aucune garantie n’a été apportée sur une révision du projet de mastérisation, puisque celui-ci n’a été que différé.
L’AG constate enfin que la prolongation du conflit dans les universités menace gravement le déroulement normal de l’année universitaire et fait en particulier peser de lourdes inquiétudes sur la délivrance des diplômes ; elle déclare solennellement que le gouvernement, en maintenant ouvert un conflit qui pourrait être réglé par des mesures parfaitement identifiées, en porte la responsabilité pleine et entière.
Adopté (305 oui). 12 ne prennent pas part au vote, 5 abstentions, 0 contre.

Motion 3
L’AG des enseignants, étudiants et personnels de  l’UFR SH appelle à participer à la journée d’action nationale organisée le 19 mars 2009 et à se joindre à cette occasion au cortège des universitaires et des chercheurs.
Adopté (310 oui). 9 ne prennent pas part au vote, 0 abstentions, 0 contre.