FNEC FP Force Ouvrière (comm de presse 5 mars)

Le gouvernement doit répondre positivement et sans attendre à toutes les revendications

La FNEC FP Force Ouvrière se félicite de l’ouverture des négociations entre le ministère et les syndicats nationaux de l’enseignement supérieur et de la recherche pour le retrait du décret statutaire concernant les enseignants chercheurs et le retrait de la réforme de la formation des maîtres par la mastérisation des concours.

La FNEC FP Force Ouvrière confirme son appel à la grève et aux manifestations le 19 mars dans le cadre de l’appel interprofessionnel des confédérations.

La FNEC FP Force Ouvrière confirme l’appel commun des 7 fédérations syndicales de l’éducation nationale à la grève et aux manifestations le 19 mars :
« Les 7 fédérations s’adressent solennellement au gouvernement :
* Pour que celui-ci renonce enfin à la totalité des suppressions de postes dans les enseignements scolaire et supérieur ainsi qu’à jeunesse et sports ;
* Pour qu’il réponde positivement et sans attendre à la mobilisation des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche. »
Dans ce contexte, la FNEC FP Force Ouvrière apporte son appui à tous ses syndicats et sections engagées dans l’action syndicale pour l’abandon de toutes les fermetures de postes de la maternelle à l’université. Elle soutient en particulier les initiatives prises notamment à l’occasion des réunions des CTP et les manifestations intersyndicales enseignantes du 11 mars prochain. Dans chaque école, chaque lycée, chaque lycée professionnel, chaque université, chaque établissement du ministère de la jeunessse et des sports ou de la culture, les fermetures de postes doivent être annulées.
La FNEC FP Force Ouvrière demande l’abandon et le retrait de l’ensemble des mesures et décrets des ministres Darcos, Pécresse, Albanel qui remettent en cause les statuts et garanties statutaires des personnels.
Avec toutes les fédérations de l’éducation nationale, avec toutes les fédérations de fonctionnaires, avec toutes les confédérations, les personnels de l’éducation nationale de la culture et de la formation professionnelle seront en grève et en manifestation le 19 mars pour exiger :
* arrêt des suppressions de postes dans la Fonction publique (100 postes / jour sont supprimés),
* arrêt de la RGPP (révision générale des politiques publiques),
* augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires par une revalorisation de la valeur du point d’indice et des grilles indiciaires.

La FNEC FP Force Ouvrière se félicite du succès revendicatif remporté par les salariés et les organisations syndicales de Guadeloupe notamment en matière de rémunération (200 € !).
Les salariés du privé comme du public n’ont pas à payer les conséquences de la crise !
Tous en grève et manifestation le 19 mars
Montreuil  le 5 mars 2009

AG de l’Observatoire de Paris

Voici quelques points votés en AG de l’Observatoire de Paris, tenue le mardi 3 mars concernant la coordination:
• L’AG appelle à maintenir l’unité (syndicats, associations, …) du mouvement en cours sur l’ensemble des revendications pour
l’Enseignement Supérieur et la Recherche (décret EC, masterisation, avenir du CNRS…)
• L’AG appelle pour le 5 mars à la démission de toutes les fonctions administratives et de gestion de l’ES et de la Recherche, à
l’exception de celles pouvant menacer les recrutements sur postes permanents.
• L’AG appelle les personnels de l’Observatoire à faire grève et PARTICIPER MASSIVEMENT À LA MANIFESTATION NATIONALE du 5 mars.
• L’AG reconnaît la seule représentativité de la Coordination nationale des universités comme interlocuteur du gouvernement
et soutient la création d’un bureau exécutif de la Coordination nationale des universités

ENCORE AUJOURD’HUI, SUCCES DES MANIFESTATIONS (déclaration SNESUP)

ENCORE AUJOURD’HUI, SUCCES DES MANIFESTATIONS

Les personnels des universités, des organismes de recherche, les étudiants, ont répondu par leur détermination dans la rue, et souvent dans la grève, aux manœuvres de division, au refus d’entendre les revendications et de négocier du gouvernement. Près de 50.000 manifestants dans toute la France : Aix : 2000 – Amiens : 600 – Brest : 400 – Caen : 1200 – Clermont-Ferrand : 2000 – Grenoble : 2500 – La Réunion : 1500 – Le Mans : 500 (en vélos ou skateboards) – Lille : 500 – Limoges : 200 – Lyon : 4500 – Montpellier : 2000 – Nancy : 1000 – Paris : 20000 – Pau : 500 – Rennes : 2000 – Saint-Etienne : 800 – Toulouse :
5000 …

MERCREDI 11 MARS : JOURNEE NATIONALE DE MANIFESTATIONS, partout en France
Convergence entre les mobilisations des universités et de la recherche avec le premier et le second degrés, en particulier sur la question de la formation des enseignants et des concours. L’intersyndicale Supérieur/Recherche appelle l’ensemble des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche à faire du 11 mars une journée de manifestations puissantes dans la cohérence des motions votées par la coordination nationale.

La FSU, ses syndicats nationaux (SNESUP, SNCS, SNES, SNUIPP, SNEP, SNUEP, etc.) sont parties prenantes de la mobilisation en cours dans le supérieur et la recherche et appelle à manifester :
o       contre les suppressions de postes ;
o       contre la mise en concurrence des établissements et des individus ;
o       contre le démantèlement des organismes de recherche et des laboratoires ;
o       pour un service public d’éducation qui assure la réussite de tous ;
o       pour un report en 2011 de nouveaux concours de recrutement, une amélioration de la formation professionnelle et disciplinaire des enseignants traduite par l’obtention d’un master, le maintien du potentiel de formation notamment des IUFM
o       pour la défense du paritarisme et des droits syndicaux ;
o       pour le respect et la reconnaissance de nos métiers et de nos statuts.

Cette journée de manifestations, comme les autres journées d’actions, doit contribuer à la préparation de la journée interprofessionnelle du 19 mars pour laquelle la FSU appelle les personnels à être massivement en grève dans l’unité.

JOURNEE NATIONALE DES DELEGUES DES AG DE LABORATOIRES
JEUDI 12 MARS 2009 – Institut Océanographique – 195, rue Saint-Jacques – 75005 Paris – RER B Luxembourg Organisée par :  CGT : SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP – FSU : SNCS, SNESUP, SNASUB – SGEN-CFDT Recherche EPST  – SOLIDAIRES : SUD Recherche-EPST, SUD Education, SUD Etudiant – SNPREES-FO – SLR – SLU – UNEF

Depuis début février, la grève s’étend dans les universités et les laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de
recherche du gouvernement (décret carrières, réforme de la formation des enseignants, suppressions d’emplois, démantèlement des organismes). Les manifestations ont rassemblé dans toute la France plusieurs dizaines de
milliers d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, d’administratifs, de personnels précaires et d’étudiants.
Se situant dans le même mouvement, en convergence avec la coordination des universités, une assemblée générale des personnels des laboratoires de tous les organismes de recherche et des universités, tenue le 12 février au CNRS, a donné le coup d’envoi d’une campagne préparant une réunion nationale de délégués de laboratoires.
Nous proposons dans chaque région et/ou université d’organiser de façon coordonnée, avec les syndicats et les associations signataires, des AG de laboratoires qui éliront des délégations composées de façon inter catégorielle. Nous appelons les AG à débattre des revendications et à mandater les délégués qui iront mi-mars porter une adresse solennelle à l’Elysée. Les AG sont appelées à se prononcer notamment sur :

  • – la restitution des 1030 emplois supprimés au budget 2009, et l’ouverture de négociations sur un plan pluriannuel de recrutement permettant la résorption de la précarité, le transfert immédiat des crédits 2009 de l’ANR vers les EPST et les universités pour leur donner les moyens de recruter sur postes  statutaires et de mener une politique scientifique,
  • –   le refus de l’éclatement du CNRS (qui doit maintenir toutes les disciplines et assurer la continuité thématique), du découpage de l’INSERM en Instituts, de la dilution de l’INRA dans un consortium, du transfert des personnels IRD aux universités, du contrat d’objectifs sans moyens imposé au CEMAGREF et de la transformation des EPST en simples agences de moyens,
  • – l’abandon de toute politique de désassociation et le maintien des UMR permettant une coopération entre universités et organismes.
  • –  le retrait du projet de contrat doctoral, –  le boycott de l’AERES et la restitution de l’intégralité de ses prérogatives au comité national de la recherche scientifique et aux instances scientifiques des autres organismes pour l’évaluation des équipes et laboratoires.

Elles pourront se prononcer également sur le boycott des jurys des chaires, le blocage des CA des organismes appelés à entériner les transformations en cours. Elles pourront demander aux sections du CoNRS de contribuer à assurer le suivi de ce mouvement, de soutenir et d’encourager les personnels et les laboratoires dans ces actions.
Ce site WEB spécifique est destiné à recueillir les initiatives des laboratoires et organisera le rassemblement national. Envoyez vos motions  sur depot-motions-labos@universite-recherche-democratie.fr.
Elles seront mises en ligne sur ce site. Les organisations signataires appellent les personnels à prendre toute leur place dans les luttes en cours.

Démissions collectives : l’ultimatum expire ce soir.

L’assemblée des personnels de l’UFR de Langues (Nantes) réunie hier a confirmé la décision votée les 5 puis 23 février dernier de donner à compter du 6 mars, en cas de non satisfaction des revendications (rétablissement des postes supprimés, retrait des décrets masterisation et enseignants-chercheurs) une démission collective des responsabilités administratives. Dans le souci de ne pas pénaliser ni les étudiants ni les personnels eux-mêmes, voici la solution retenue qui pourrait intéresser d’autres UFR.
Pour l’instant, la démission ne concerne que les responsabilités exercées au niveau des départements : responsabilités d’année, de licence, de Master, d’UE, de cycles, direction de département et équipes de direction, responsables d’emplois du temps, de coordination d’équipes, et toutes les fonctions spécifiques qui peuvent varier d’un département à l’autre.
Chaque enseignant (s’il le souhaite bien sûr, la démission restant un acte individuel) remplira pour chacune de ses tâches un courrier-type comme celui joint ci-dessous ; toutes les fiches seront ensuite réunies et envoyées ensemble à nos ministres lundi au plus tard.
Sont exclues des démissions les tâches liées aux Relations internationales (Erasmus, …) et les conventions de stages obligatoires dans certains parcours.
Pas de démission des mandats électifs aux conseils ni du directeur d’UFR (qui pratique toutefois la grève administrative sauf sur des points décisifs comme les factures à régler ou la sécurité des locaux).
Si plusieurs UFR agissent dans le même sens, le signe envoyé aux ministères n’en sera que plus fort.
Libre à vous de reformuler le modèle de lettre, l’intérêt étant de donner une dimension collective à la démarche.
++++++++++
 »                        A

Madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Monsieur le Ministre de l’Éducation
s/c de Monsieur le Recteur de l’Académie de Nantes
s/c de Monsieur le Président de l’Université de Nantes
s/c de Monsieur le Directeur de l’UFR Langues

OBJET : Démission responsabilité administrative

Madame, Monsieur le Ministre,

Constat est actuellement fait de l’absence de réponses satisfaisantes de vos ministères respectifs aux revendications des enseignants-chercheurs sur le refus de l’actuel projet de réforme de la formation et des concours  de recrutement des enseignants, sur la demande de retrait du projet de décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, sur la suppression d’un millier de postes dans l’université française à la rentrée 2009 et plus généralement sur la politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche.
Conformément à la décision votée à l’unanimité par l’Assemblée générale des personnels de l’UFR-Langues de l’Université de Nantes le 5 février 2009 et réitérée le 23 suite à l’appel de la 4ème Coordination Nationale des Universités, de déposer, en cas de non-satisfaction des revendications susmentionnées, une démission collective des responsabilités administratives exercées et ce à compter du 6 mars 2009,
je soussignée Prénom NOM, Maître de Conférences au Département d’Études hispaniques, déclare par la présente démissionner de la responsabilité administrative suivante : responsable de la Licence 3 de Langues étrangères appliquées pour l’espagnol.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

Motion de la section 01 du CNU (4 mars)

Conseil National des Universités
Section 01
Droit privé et sciences criminelles

La section 01 « droit privé et sciences criminelles » du Conseil national des universités, déclare s’associer aux divers mouvements de protestation contre l’actuel projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs des universités.

1/ Elle se déclare hostile par principe à toute modulation de services des enseignants-chercheurs, même à leur demande et même uniquement dans le sens d’une baisse du service d’enseignement. Une telle modulation repose en effet sur une dissociation artificielle entre les activités d’enseignement et de recherche qui sont intimement liées. Elle apparaît en outre, dans le contexte actuel de restrictions budgétaires, génératrice de trop de risques et porteuse d’inégalités entre les enseignants-chercheurs relevant d’universités aux structures et aux moyens très différents.

2/ La section souligne que certains instruments préexistants permettent d’obtenir des allégements de services (congés pour recherche, délégation au CNRS… ) et présentent d’ores et déjà les avantages supposés de la modulation. Elle souhaite que ces instruments soient développés et assouplis. Dans le même but, la section propose que soit prévu nationalement un système de gestion pluriannuelle des services d’enseignement à la demande des personnels qui le souhaitent.

3/ S’agissant du système des promotions, la section rappelle que l’évaluation servant de base à l’établissement des listes de promouvables doit essentiellement relever de la compétence du Conseil national des universités . Elle estime que, sur la base de ces listes, le pouvoir de décider des promotions effectives ne doit pas être laissé aux instances locales, mais qu’il faut maintenir deux contingents équivalents de promotions, un local et un national. Des dispositions doivent en outre être prises pour garantir une égalité des enseignants-chercheurs dans les différents champs disciplinaires, notamment dans les universités pluridisciplinaires.

4/ La section se déclare favorable au principe même d’une évaluation périodique et systématique des enseignants-chercheurs, dans le nécessaire respect de leur indépendance et de leur liberté de pensée.
Elle déclare cependant que cette évaluation, qui doit inclure l’ensemble des activités scientifiques, pédagogiques et administratives des enseignants-chercheurs, ne peut en aucune manière, en ce qui concerne les premières, reposer sur une quantification purement bibliométrique des publications et qu’elle suppose une appréciation au fond de la réalité et de la qualité des activités de recherche.
Elle déclare également que la mise en place d’un tel système d’évaluation périodique par le CNU, seul compétent pour apprécier les activités de recherche, ne peut se concevoir sans une réforme importante de cette institution, et sans l’allocation de moyens supplémentaires nécessaires à son fonctionnement correct. En conséquence, aucune réforme du statut des enseignants-chercheurs ne peut être admise sans une réforme concomitante du CNU.
Dans la mesure où l’état actuel du projet de réforme ne lui paraît pas encore satisfaire à ces principes, et où rien n’est encore connu du projet de réforme du CNU, la section 01 a décidé de surseoir à la délibération finale sur les demandes de qualification aux fonctions de maître de conférences de droit privé. Elle se réunira à nouveau le 27 mars pour voir si ce blocage peut être levé compte tenu de l’évolution des négociations à ce moment.

Manifestations du 5 Mars (AFP)

PARIS (AFP) — La mobilisation des enseignants-chercheurs et étudiants a connu un rebond jeudi, alors que les présidents d’université font preuve d’un certain optimisme sur une « sortie de crise », à la veille d’un nouveau round de négociations au ministère de l’Enseignement supérieur.
Entre 24.000 et 43.000 personnes, selon les sources, sont descendues dans la rue, selon un décompte non exhaustif des bureaux de l’AFP à 18H00 portant sur 17 villes. La FSU a compté 50.000 personnes, parlant de « succès ».
C’est plus que la précédente journée de manifestations, le 26 février, qui avait réuni entre 17.000 et 33.000 personnes, mais c’est moins que le 10 février, par exemple, où ils étaient entre 43.000 et 100.000.
« Non à la casse des universités et de la recherche, non à la destruction des statuts », pouvait-on lire dans le cortège parisien, qui a rassemblé entre 9.000 et 20.000 personnes.
« Non à la démolition de la formation des maîtres, retrait immédiat de la réforme », lisait-on encore sur une autre pancarte.
« Etudier est un droit, pas un privilège », proclamait une banderole à Nantes, où entre 1.700 et 2.000 personnes ont battu le pavé.
Les cortèges ont réuni entre 2.500 et 3.000 personnes à Lyon, de 2.000 à 3.200 à Rennes, entre 2.000 et 3.000 à Toulouse, entre 1.800 et 2.500 personnes à Bordeaux, entre 800 et 1.000 à Montpellier, entre 1.200 et 1.500 à Caen. Les étudiants figuraient en masse dans nombre de défilés.
A Grenoble, entre 800 et 2.500 personnes, dont aussi des salariés de Caterpillar et Schneider Electric ont manifesté.
Certaines universités ont voté le blocage, comme à Toulouse Le Mirail ou Nantes.
L’appel avait été lancé par la coordination nationale des universités, des syndicats de la FSU, CGT, FO, Unsa Education, Sgen-CFDT, Solidaires, les collectifs Sauvons l’université, Sauvons la recherche, et les étudiants de l’Unef.
Les organisateurs demandaient le retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, dont la réécriture fait pourtant l’objet de négociations.
Ils réclamaient aussi le retrait de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et second degré, la restitution des postes supprimés au budget 2009 et l' »arrêt du démantèlement des organismes de recherche ».
Pour autant, la Conférence des présidents d’université (CPU) réunie jeudi en assemblée plénière, a évoqué des « avancées sérieuses » sur la question du statut des enseignants-chercheurs et des « moyens humains » des universités, permettant
d’aller « vers une sortie de crise ».
En revanche, sur le dossier de la réforme des enseignants, elle a demandé « de rencontrer dès la semaine prochaine les deux ministères » de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.
Ce, afin de demander que l’année 2009-2010, première année de mise en oeuvre de cette réforme (qui confiera la formation des futurs enseignants aux universités), soit « transitoire » et comporte « des aménagements », a expliqué la CPU.
En attendant, vendredi, une nouvelle séance de négociations est prévue au ministère. Les syndicats – Sgen-CFDT, Sup recherche Unsa, FO, AutonomeSup – et la ministre Valérie Pécresse devront trouver un accord sur les promotions, un sujet qui ne fait pas consensus, AutonomeSup’ menaçant de déboucher sur un « désaccord ».
Mardi, les protagonistes se sont mis d’accord sur deux autres points: la modulation du service (organisation de son emploi du temps entre enseignement, recherche et autres activités) et l’évaluation.

Position de la CPU au 5 Mars

Paris, le 5 mars 2009
Position adoptée par l’assemblée plénière de la CPU sur le  statut des enseignants chercheurs, les emplois et la formation des maîtres.

« La CPU, réunie en assemblée plénière exceptionnelle le 5 mars 2009, a pris connaissance des résultats des deux semaines de concertation auxquelles le bureau de la CPU a participé.
Sur le statut des enseignants chercheurs comme sur les moyens humains des universités, la CPU considère que les conditions du dialogue sont en cours de rétablissement et les avancées sérieuses.
Elle veillera à ce que soit tenu compte à la fois des exigences de l’autonomie des universités, de l’indépendance des enseignants chercheurs et de leur statut national. Elle affirme par ailleurs que le passage aux compétences élargies et les nouvelles missions confiées aux universités justifient pleinement de continuer à porter l’exigence d’un plan pluriannuel de recrutement, accompagnant le « plan carrières » déjà annoncé par la ministre.

En ce qui concerne la réforme de la formation des maîtres dont la CPU a toujours soutenu le caractère essentiel, les présidents d’université continuent de condamner la précipitation dans laquelle a été engagée cette réforme. Cette précipitation apparaît irresponsable à l’égard des étudiants et des futurs enseignants. Il convient en conséquence de retravailler cette réforme en profondeur pour obtenir en 2011 un concours et des masters de qualité, conformes aux ambitions portées par la CPU pour une amélioration de la formation et du métier d’enseignant. Si tel est bien l’objectif de la commission nationale de concertation proposée, la CPU y prendra toute sa place.
En toute éventualité, le dispositif retenu se devra de respecter :
• une première année d’entrée dans le métier alternant l’exercice professionnel et une formation universitaire continue pour au moins un tiers du temps
• des stages de masters en nombre suffisant et réellement formateurs
• un système de bourses et d’aides lisible et permettant l’accès du plus grand nombre au métier d’enseignant
• une bonne articulation entre la formation et les objectifs du concours

La CPU considère que le mieux serait de reporter d’un an l’organisation du nouveau concours. Toutefois les Présidents demandent instamment l’ouverture d’une négociation avec les deux ministères réunis sur les modalités du concours 2010 et de l’année 2009 – 2010, qui ne peut être qu’une année de transition. Des réponses très rapides s’imposent pour l’intérêt des étudiants.

Texte adopté à l’unanimité par l’assemblée plénière de la CPU moins une abstention

Réforme de l’université : le grand gâchis.

A lire sur Nonfiction.fr

L’élection présidentielle de 2007 a permis de faire un grand pas en avant : l’enseignement supérieur et la recherche sont devenus l’objet d’un consensus parmi les principaux candidats. Ils ont semblé, pour la première fois, réellement convaincus qu’il fallait à la fois mettre enfin de l’argent dans le système, afin de rattraper des décennies de sous-financement, et réformer des structures souvent obsolètes et génératrices d’inégalités. Droite, gauche et centre proposant de donner la priorité à ce dossier dans leur programme. Ce n’est qu’ensuite, sur le projet de réforme lui-même et le niveau de financement, que les divergences sont apparues, laissant présager d’un débat démocratique riche et fécond.

Une fois élu, Nicolas Sarkozy a confié à Valérie Pécresse un ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche de plein exercice (une première !) avec pour mission de mener à bien une réforme de grande ampleur. Il annonçait dans le même temps qu’il allait doter les universités et la recherche d’importants moyens nouveaux (plusieurs milliards d’euros sur cinq ans) pour assurer non seulement le rattrapage du retard pris depuis plus de vingt ans – à la fois par rapport à l’enseignement secondaire français et à la moyenne des autres pays de l’OCDE – mais encore pour faire de la France un pays capable d’entrer de plain-pied dans la désormais incontournable « société de la connaissance et de l’innovation » vantée par l’Union européenne. La loi relative aux « libertés et responsabilités des universités » (dite LRU ou loi sur l’autonomie), adoptée dès le mois d’août 2007, et le découpage en « instituts » du CNRS allaient vite fournir le cadre d’ensemble de la réforme annoncée.

Las, à peine la loi LRU est-elle entrée en application dans une vingtaine d’universités (depuis le 1er janvier 2009) que son principal projet de décret d’application, modifiant le statut des enseignants-chercheurs, est fortement contesté par une très large majorité des universitaires et avec lui l’ensemble de la loi. En moins de deux ans, ce qui était annoncé comme la réforme emblématique du quinquennat est devenue un tel repoussoir qu’on ne compte plus le nombre de celles et ceux, dans le milieu académique et au-delà, qui voudraient la voir abroger et avec elle voir enterrer l’idée même de toute réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Trois raisons principales expliquent ce formidable gâchis : une inspiration plus dogmatique que pragmatique de la réforme, sa conception d’ensemble totalement incohérente et une mise en œuvre particulièrement bâclée.

Une vision dogmatique

La première erreur du gouvernement est de s’être appuyée pour réformer sur une vision dogmatique de l’Université et de la recherche. Ce dogme repose d’abord sur l’idée que la France est désormais entrée dans la « société de la connaissance et de l’innovation ». Il faut comprendre que la recherche (et accessoirement l’enseignement qui y occupe étrangement une place secondaire…) doit être intégralement mise au service de l’économie puisque seules les économies performantes, innovantes et compétitives seront gagnantes dans le gigantesque affrontement mondial.

L’interprétation contraire, selon laquelle dans cette « nouvelle société », il conviendrait plutôt de subordonner l’économie à la recherche (financement prioritaire dans le budget de l’État, généralisation de la formation par la recherche, revalorisation du rôle social des chercheurs et universitaires, etc.) n’est jamais envisagée. À ce titre, la lecture univoque du désormais célèbre classement de Shanghai est instructive ; le « mauvais classement » des universités françaises est le signe d’une insuffisance de la recherche française elle-même. Celle-ci est peu compétitive, mal organisée, trop peu évaluée, mal « gouvernée »…

Bref, les chercheurs et les universitaires français ne sont pas à la hauteur. Le fait que des universités et établissements français figurent malgré tout en bonne place dans la classement pourrait pourtant encourager une autre lecture. Celle d’une performance tout à fait honorable des universitaires et chercheurs français au regard de la faiblesse des moyens dont ils disposent en comparaison de leurs homologues étrangers. La charge de la preuve, si l’on peut dire, s’inverse : c’est grâce à eux finalement que la France fait plutôt bonne figure (5e rang des publications et 6e rang au classement de Shanghai par pays) malgré le sous-financement chronique de leurs activités (18e rang de l’OCDE pour le financement de la recherche académique…). Un peu comme si on leur reprochait de ne terminer qu’à la troisième place du 100 mètres des jeux Olympiques alors qu’ils le courent à cloche-pied !

Une réforme incohérente

La réforme proposée manque de cohérence, pour deux raisons principales. D’abord parce que commencer par l’autonomie – et encore, accordée moins aux universités qu’aux seuls présidents d’université qui règnent désormais en maîtres sur des conseils d’administration réduits au rôle de chambres d’enregistrement de leurs décisions –, c’est mettre la charrue (la gouvernance) avant les bœufs (tout le reste…). Or il y a beaucoup à faire avant que les universités puissent fonctionner correctement « seules » sous la houlette d’un « chef » tout puissant : amélioration des conditions de la vie étudiante, réforme des premiers cycles, orientation des étudiants, revalorisation et mobilité des carrières universitaires, développement du personnel administratif dans les établissements, rapprochement et redéfinition des liens entre universités, grandes écoles et organismes de recherche, etc. Ce qui suppose un effort financier considérable qui n’a pas été réalisé – au contraire, la seule suppression nette de postes d’enseignants-chercheurs cette année prouve combien l’intention de la réforme est à l’opposé de ce qui est annoncé officiellement.

Mais cette réforme manque aussi de cohérence parce que résumer l’autonomie à un pouvoir administratif concentré dans les seules mains des présidents d’université, c’est nier à la fois le principe d’indépendance des universitaires (comme on le voit nettement à l’occasion du mouvement actuel contre le décret statutaire) et la diversité du paysage universitaire (taille des établissements, spécialisation et niveau de la recherche, etc.).

Deux éléments qui garantissent l’efficacité et la légitimité des systèmes universitaires partout dans le monde. L’autonomie telle qu’elle a été conçue par le gouvernement renforce, sous le prétexte d’une « désétatisation » de l’université, un pouvoir qui bien que désormais local se résume à une pure bureaucratie dissimulée sous les traits de la responsabilité managériale. Le risque alors est de laisser reposer la politique de l’université sur la qualité personnelle de tel ou tel président – ce qui est intenable – et surtout d’ouvrir la porte, de manière plus systémique, à la dérive classique de tout pouvoir sans contrepouvoir : le despotisme. Bref, en voulant faire des présidents d’université des managers modernes, gestionnaires de ressources et acteurs de la société de la connaissance et de l’innovation – pour parler le sabir ministériel –, on a fabriqué des potentats locaux dont les moyens de satisfaire clientélisme et prébendes sont décuplés. On s’est contenté ensuite de renvoyer à leur bonne volonté et leur morale inflexible pour les empêcher d’agir à leur guise – ainsi que la « charte » annexée au décret statutaire devait le garantir ! On peut se poser la question de savoir si la seule mesure utile n’aurait pas été de rendre la lecture de Montesquieu obligatoire pour tous ces apprentis sorciers de la gouvernance.

Une mise en œuvre chaotique

Troisième erreur du gouvernement dans ce dossier : une mise en œuvre chaotique de la réforme qui aboutit à l’impasse actuelle. On peut se demander, au passage, comment se fait-il qu’un pouvoir aussi imbu du discours « d’efficacité managériale » et de « gouvernance du changement » en vienne à commettre autant d’erreurs tactiques et de bourdes de communication ?

Première bévue : la précipitation à l’été 2007 pour faire voter la loi. Il fallait aller vite au prétexte qu’il aurait été impossible sinon de la faire adopter ! Mais pourquoi une « bonne » loi serait-elle condamnée par un surcroît de concertation avec les acteurs, de débat public voire de débat parlementaire ? N’était-ce pas tout simplement parce que cette loi recelait des intentions qui n’étaient pas celles qui étaient affichées ? De quoi exactement a eu peur le gouvernement pour en venir à faire adopter une loi, considérée par lui-même comme un élément-clef de son action, au cœur de l’été, au beau milieu des vacances ? Mais qui a réellement été consulté et associé à l’élaboration de la loi ? Si ce n’est la Conférence des présidents d’universités (CPU) qui a en quelque sorte coécrit la loi tant elle apportait à ses membres la garantie d’un pouvoir inégalé jusqu’ici. Le gouvernement a certes également acheté à bon prix le principal syndicat étudiant, l’UNEF, en lui assurant que la question de la sélection – notamment à l’entrée en master – ne serait pas abordée, non plus que celle des droits d’inscription. Enfin, particulièrement mal conseillés par une UNEF désormais « satisfaite », les parlementaires socialistes n’ont pas daigné saisir le Conseil constitutionnel alors que la loi bafouait ostensiblement un principe à valeur constitutionnelle : l’indépendance des universitaires. Ils avaient sans doute mieux à faire que de défendre celle-ci.

La deuxième erreur tactique fondamentale du gouvernement a été de tenter de noyer le poisson en ouvrant plusieurs chantiers à la fois. Pour masquer la réforme sur l’autonomie en forme d’hyperprésidentialisation de l’université, le ministère a envoyé plusieurs leurres : l’amélioration de la vie étudiante (bourses, prêts, logement, santé), la réforme du premier cycle, le plan Campus ou encore la « mastérisation » de la formation des enseignants du primaire et du secondaire… La collision de toutes ces initiatives a bel et bien brouillé le paysage, permettant dans un premier temps de faire passer l’activisme ministériel pour une authentique volonté de réforme. Mais une fois la poussière retombée, chacun a pu constater que le roi était nu. L’amélioration de la vie étudiante ainsi conçue s’apparente à un cautère sur une jambe de bois : les montants des « nouvelles » bourses et le programme de construction de logements sont dérisoires au regard des besoins. La réforme du premier cycle n’est pas à la hauteur des problèmes massifs que connaissent les universités dans l’accueil et l’encadrement des étudiants en première et en deuxième années de licence. Le « plan Campus » ressemble à un marché de dupes puisque non seulement l’argent promis, et encore seulement à quelques universités sélectionnées selon une méthode contestable, pour abonder le fonds de financement immobilier – issu des quelques milliards d’euros tirés de la privatisation d’EDF – est « géré » par Bercy ; mais qu’en plus il ne sera versé qu’à l’achèvement des opérations immobilières, laissant les universités se débrouiller entre temps ! Quant à la mastérisation de la formation des « maîtres », la mesure est immédiatement apparue pour ce qu’elle est : une économie de bouts de chandelle aboutissant à la suppression d’une année de stage pratique rémunéré – considérée pourtant comme indispensable pour les nouveaux arrivants dans le métier.

Reste la troisième bourde du gouvernement, celle qui a déclenché la révolte des universitaires : la révision de leur décret statutaire. Sur ce point, les réformateurs ministériels se sont surpassés : atteinte frontale au principe d’indépendance et aux libertés universitaires, sanction d’une recherche insuffisante par augmentation du service individuel d’enseignement, évaluation des enseignants-chercheurs sur des critères obscurs et surtout, concentration des pouvoirs sur la carrière, le service et les rémunérations de chacun dans les mains du président de son université. Bref, il s’agissait visiblement dans l’esprit ministériel de transformer les universitaires en simples subordonnés de l’administration. Un comble quand on sait que ce sont les universitaires qui sont l’université. On peut se demander d’ailleurs si l’étape suivante n’aurait pu être de permettre au président de mettre en place une pointeuse à la porte de son université ! Plus sérieusement, l’idée sous-jacente de cette transformation substantielle du statut universitaire est de rendre possible la gestion par le président de la pénurie dans son établissement, en maintenant un service d’enseignement global – rendu obligatoire par la loi et fixé par avance – alors que sa « masse salariale » d’ensemble (titulaires et non titulaires) diminue ou qu’il doit arbitrer entre crédits consacrés à la recherche et à l’enseignement.

Ainsi, par exemple, dans une université généraliste, permettre à des scientifiques de faire plus de recherche (ne serait-ce que parce qu’ils sont davantage susceptibles de rapporter des financements supplémentaires à leur établissement) en allégeant leur service d’enseignement devenait possible sans ajouter un euro au budget de l’université mais en obligeant leurs collègues de lettres et sciences humaines ou de la faculté de droit (qui rapportent moins…), à faire davantage d’heures d’enseignement – le tout sans avoir à les payer en heures supplémentaires. Le tour de passe-passe, même pour un groupe aussi inattentif à ses intérêts que la communauté universitaire, était tout de même un peu gros.

D’autant que le Président de la République lui-même a finalement « lâché le morceau » en révélant le sens profond de toute l’opération par l’affichage cru de son mépris et de sa désinvolture à l’égard de toute la communauté dans son discours du 22 janvier 2009 – on ne mentionnera d’ailleurs ici qu’en passant le ton sur lequel a été prononcé de discours, d’une vulgarité confondante, indigne en tout cas d’un chef d’Etat s’exprimant dans une occasion officielle voire solennelle. Pis, il a montré que non seulement il ne comprenait rien à la vocation spécifique de l’université mais qu’il dédaignait l’idée même de recherche au profit d’une vision simpliste et triviale de ce qu’il nomme « l’innovation ». En traitant tour à tour les universitaires et les chercheurs de conservateurs désireux de garder un mauvais système, de quémandeurs de deniers publics incapables de gérer correctement leur utilisation, de fonctionnaires refusant l’évaluation, incapables d’affronter la concurrence internationale…, il a réussi la performance de faire se lever contre lui, son gouvernement et la réforme, le plus important mouvement social que ce milieu ait jamais connu, jetant dans la rue et dans la grève, ensemble, l’extrême-gauche la plus radicale et la droite la plus conservatrice ! La crispation ministérielle qui s’en est suivie depuis n’a rien arrangé jusqu’à ce que le gouvernement soit contraint par ce mouvement d’ampleur inédite, bientôt rejoint par les étudiants et les autres personnels de l’université, de reculer. Pour le moment, même si le mot « retrait » n’a pas été explicitement prononcé, la « chose » est faite puisque le projet de décret a été retiré du Conseil d’Etat et qu’il va entièrement être revu. Une « médiatrice » et des députés UMP ont repris l’affaire en main. Ils encadrent désormais une ministre qui refuse toujours d’admettre qu’elle a reculé alors qu’elle a le dos au mur depuis un moment déjà.

C’est bel et bien, évidemment, Nicolas Sarkozy qui porte la responsabilité pleine et entière de ce fiasco. Que la ministre l’ait suivi ou subi importe peu ; elle est restée malgré tout et continue de défendre « sa » réforme. L’important n’est pas là. Le problème principal que soulève ce gâchis est celui de son impact sur l’idée même de réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les acquis, laborieux, de la dernière campagne présidentielle, sont désormais à terre ; et on entend déjà le murmure de revendications futures dans le sens d’une simple augmentation des moyens sans réforme du système. Ceux qui voudront continuer de défendre qu’il faut les deux à la fois, en même temps, seront immédiatement renvoyés aux fausses promesses et aux manipulations sarkozystes. On ne les écoutera plus dire qu’il est possible de faire les choses autrement, dans l’ordre des urgences et selon une vision d’ensemble cohérente, en concertation avec tous les acteurs et devant les citoyens. Et le faire en s’appuyant sur les valeurs mêmes de l’université et de la recherche, en prenant le temps nécessaire à la mise en place non d’un système idéal certes mais simplement vivable pour tous ses acteurs et dont le pays tout entier pourrait enfin être fier.

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Quand des enseignants-chercheurs se mettent à bloquer

Quand des enseignants-chercheurs se mettent à bloquer

(Source : http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2009/03/enseignants–ch.html?xtor=EPR-450206-

Ag_bordeaux_3_4_mars_20009Depuis mardi 14 heures, des enseignants-chercheurs bloquent des bâtiments à l’université de Bordeaux 3. L’affaire est suffisamment rare pour être signalée. Et le mouvement s’étend dans la fac: après les géographes, les historiens et les enseignants de langues ont suivi. Le signe d’une radicalisation du mouvement alors qu’une nouvelle journée de manifestations est prévue aujourd’hui un peu partout en France.

Les négociations engagées par Valérie Pécresse suffiront-elles à faire baisser la tension ? Ca n’est pas gagné. D’autant qu’elles ne concernent que le statut des enseignants-chercheurs, un des problèmes qui mobilisent parmi d’autres.

Or dans les universités de lettres et sciences humaines comme Bordeaux 3, la réforme de la formation des enseignants des premier et second degré -la « masterisation » – inquiète tout autant. Si ce n’est plus. L’enseignement est un débouché majeur des étudiants.

Après des semaines de grève active, de cours HLM (hors les murs) dans les trams ou sur les trottoirManif_bordeaux_le_5_fev_2009_reuters, entrecoupés de « freezings », les universitaires de  Bordeaux 3 se disent exaspérés de « ne pas être entendus ». Ils réclament trois choses: le retrait de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, l’abandon de la « masterisation », le rétablissement des postes supprimés en 2009.

« Les annonces selon lesquelles la Ministre, avec des syndicats minoritaires et la CPU (Conférence des Présidents d’Université), est en train de revoir le décret des enseignants-chercheurs ont énervé tout le monde, explique un professeur des universités, car le mouvement ici n’est pas porté par les syndicats et est ignoré de notre président d’université. Mais c’est surtout le refus d’ouvrir le dossier de la masterisation des concours (de recrutement des profs) qui maintient intacte la mobilisation ».

Vote_lag_du_4_mars_2009_bordeaux_3Les premiers, mardi matin en AG, les personnels enseignants et administratifs (les Biatoss) de l’UFR (Unité de formation et de recherche) de Géographie et Aménagement ont voté le blocage des bâtiments et des cours pour 48 heures reconductibles. Des enseignants ont aussitôt monté des barrages avec des tables et des chaises. Certains n’en revenaient pas de se retrouver à tenir un piquet de grève.

Mardi, l’UFR d’histoire vote à son tour le blocage. Puis hier celle des langues étrangères appliquées. Les Ufr_de_go_bloque_bordeaux_3_5_mars_ lettres et l’anglais devraient se réunir aujourd’hui. Les onze UFR devraient être appelées à se prononcer d’ici lundi. Les cours alternatifs continuent mais un blocage total de la fac n’est pas exclu.

On perçoit d’autres signes de radicalisation ici et là. Hier le président de l’université d’Aix-Marseille 1 a décidé la fermeture administrative de la fac Saint Charles après le blocage voté par les étudiants. A la faculté des Tanneurs à Tours, des étudiants ont installé des barrages filtrants. A Angers encore, la faculté de lettres et sciences humaines était aussi bloquée hier.