Lionel Collet, président de la CPU : « La sortie de crise ne dépend pas que de l’évolution du projet de décret »

(article repris depuis le site EducPros)

La CPU avait émis à la mi-février de « fortes réserves sur la nature et la durée de la médiation proposée, qui ne répondent pas à l’urgence de la situation ». Nous entrons dans la cinquième semaine de mobilisation dans les universités. Etes-vous confiant sur la sortie de crise suite à votre rencontre, le 27 février dernier, avec la ministre et la médiatrice Claire Bazy-Malaurie ?

Je suis confiant sur le fait que le projet sera réécrit et qu’un nouveau décret CNU [Conseil national des universités] sera rédigé. Confiant aussi en raison d’un nouveau passage devant le CTPU. Mais la sortie de crise ne dépend pas que de l’évolution du projet de décret. Les réponses apportées aux autres dossiers en discussion (emplois, réforme de la formation des enseignants, questions relatives aux établissements publics de recherche et à leurs personnels) seront aussi des facteurs majeurs de la sortie de crise.

Le Premier ministre a annoncé la semaine dernière qu’il n’y aurait pas de suppressions d’emplois en 2010 et 2011 dans les universités. Ce geste est-il suffisant à vos yeux ?

J’ai répété que la sortie de crise passerait par un rétablissement des emplois. La mobilisation actuelle des enseignants-chercheurs tient à la multiplicité des projets et au calendrier serré des réformes. Sans oublier la méthode qui aurait pu être différente. La suppression des emplois a constitué ainsi plus qu’une maladresse. Cette décision a été le catalyseur des mécontentements. La CPU avait alerté la ministre en fin d’année, puis le président de la République, par une lettre envoyée début janvier, sur la situation alarmante au sein de nos établissements. Nous notons donc avec satisfaction les annonces du Premier Ministre. Les universités ont connu beaucoup de réformes depuis quelques années : la Loi Programme pour la recherche en 2006, la loi LRU en 2007, l’intégration des IUFM en 2008. Il faut savoir prendre le délai de la réflexion.

La réforme du statut des enseignants-chercheurs peut-elle être encore « sauvée » ?

Elle doit l’être. On ne peut pas ne pas modifier le décret de 1984. Nous en avons besoin pour mettre en place la modulation des services de façon satisfaisante. La modulation se faisait déjà mais pas toujours dans la légalité. Elle doit désormais être encadrée selon des modalités acceptées par la communauté universitaire. Il s’agit donc de nous mettre en conformité avec des pratiques existantes. L’évaluation en elle-même ne pose pas de problème aux enseignants-chercheurs. Ce sont les modalités de sa mise en place qui suscitent les inquiétudes et notamment l’articulation entre le rôle du CNU et l’intervention au niveau local. Il faut que le décret sur le CNU sorte vite.

Les inquiétudes des manifestants portent principalement sur le rôle du président dans l’évaluation des enseignants-chercheurs ?

Jamais à la CPU nous n’avons imaginé que le président puisse arrêter seul le service d’un enseignant-chercheur sans avoir consulté son UFR ou son laboratoire. A l’heure actuelle, l’augmentation des services serait rare à moins qu’elle ne soit demandée par l’enseignant-chercheur lui-même en vue d’une activité de recherche plus dense les années suivantes, par exemple. Aujourd’hui, les présidents servent de boucs émissaires. Ces attaques visent à rendre le président moins légitime, à décrédibiliser les instances exécutives. Car aujourd’hui l’exécutif au sein des universités, ce n’est pas que le président. C’est le conseil d’administration qui détermine la politique de l’établissement et  qui décide dans beaucoup de domaines, dont le vote du budget. En France, le président cumule la présidence des trois conseils. Aux Etats-Unis, l’approche est différente, puisque le président gère aux côtés du Sénat académique.

Valérie Pécresse souhaite une réévaluation de la prime des présidents d’université. Certains enseignants-chercheurs y voient une manœuvre du gouvernement pour vous « acheter » ?

Il n’y a jamais eu de demande de la CPU pour que la prime accordée aux présidents d’université soit revalorisée. Nous avons découvert cette information en octobre dernier lors d’une réunion publique présentant le chantier carrière. La CPU n’est pas un syndicat. Elle représente les établissements et n’est donc pas là pour porter des revendications salariales pour les présidents d’université.

Que pensez-vous de la possibilité d’affecter davantage de professeurs agrégés du second degré (PRAG) dans les universités ?

Avons-nous intérêt à accueillir plus d’enseignants du secondaire dans le supérieur ? Oui, incontestablement, pour le plan Licence et la formation des enseignants notamment. Mais il ne faudrait pas que le niveau L (licence) n’accueille que des enseignants du secondaire car nous perdrions alors ce qui fait la force de l’université, son lien entre enseignement et recherche. Nous sommes en cours de discussion avec les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur sur cette question.

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GRANDE CHAÎNE HUMAINE AUTOUR DE LA SORBONNE (4 Mars, place de la Sorbonne, Paris)

GRANDE CHAÎNE HUMAINE AUTOUR DE LA SORBONNE (place de la Sorbonne, Paris)
Dans le cadre du mouvement général qui mobilise les universités autour des revendications qui sont les nôtres une chaîne humaine viendra entourer la Sorbonne.
Le mercredi 4 mars 2009, à 16h30 précises. Cet événement symbolique, aux intentions tout à fait pacifiques, est destiné à attirer l’attention du pays sur les dangers multiples qui pèsent sur l’université.
Déroulé des événements :
– A partir de 16h15, les participants (dans la mesure du possible vêtus de blanc) sont appelés à entourer progressivement le bâtiment sans former encore de chaîne.
– A 16h30 pile, les participants se donnent la main, formant autour de la Sorbonne une gigantesque chaîne. Cette chaîne n’est pas destinée à bloquer les accès à la Sorbonne, mais à marquer symboliquement que l’université à besoin de protection (en particulier, il est demandé aux personnes qui se retrouveront devant les portes d’accès au site, de laisser passer quiconque désirera entrer ou sortir du bâtiment)
– Dès que la chaîne aura été formée, un dossier sur lequel le nom des textes controversés sera inscrit, sera introduit dans la chaîne à partir de l’entrée principale de la Sorbonne, place de la Sorbonne.
– Ce dossier passera de mains en mains, jusqu’à faire le tour du bâtiment. A son retour à son point de départ, il sera symboliquement jeté dans une poubelle.
– La chaîne humaine pourra alors se disperser.
Pour que cette opération puisse se dérouler, une participation massive de volontaires de toute la région parisienne est nécessaire: étudiants, personnels universitaires, sympathisants…
Merci à tous pour votre présence. Merci aussi de transmettre ce document dans toutes les universités parisiennes et autour de vous (faites fonctionner courrier électronique et téléphone). Activez vos contacts dans les médias.

Beaucoup de bruit pour rien (communiqué de SLU, 1er Mars)

Beaucoup de bruit pour rien
Communiqué de /Sauvons l’Université !/ (1er mars 2009)

La Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, certains syndicats et la Conférence des Présidents d’Université annoncent que de véritables négociations ont commencé et feignent de croire à une sortie de crise proche. Il n’en est rien. Les principaux acteurs de la mobilisation avaient fixé comme préalable à toute négociation le retrait de tous les projets controversés ; seul le décret sur le statut des enseignants-chercheurs a fait l’objet d’une discussion, qui n’est pas une négociation.
Faut-il rappeler que le « bureau élargi de la CPU » n’a pas vocation à être, à côté de quelques syndicats, le principal interlocuteur du Ministère ? S’il devait en être ainsi, les présidents perdraient leur statut de représentants élus de la communauté universitaire au profit du rôle de « patrons » que prévoit pour eux la loi LRU. Nous ne pouvons imaginer par ailleurs que ces présidents cèderont à la manoeuvre grossière consistant à rappeler à un moment décisif de cette crise le
montant des primes qui leur avaient été promises dès le 20 octobre dernier par le Ministère.
Deux jours après que le communiqué du Premier Ministre a tenté de répondre par des demi-mesures et de vagues promesses aux revendications de la communauté universitaire, le voile est définitivement levé sur les véritables intentions du gouvernement. Il s’agit de ramener la discussion à la seule question du statut des enseignants-chercheurs sans tenir compte de l’ensemble des exigences portées de manière indissociable par le mouvement en cours : le retrait de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré, l’abandon du projet de nouveau contrat doctoral, la restitution des postes supprimés en 2009 et un plan pluriannuel d’emplois statutaires, l’arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche.
Le voile est aussi levé sur la logique qui relie le projet de modulation des services des enseignants-chercheurs à la promesse du premier ministre de mettre à disposition des universités des professeurs agrégés du second degré et, enfin, à l’intérêt nouveau de la CPU pour les personnels des établissements publics de recherche, amenés à « participer à part entière aux missions de l’université ». Il s’agit bien de compenser la pénurie d’enseignants-chercheurs, aggravée par le plan licence. Cela se ferait au détriment à la fois de l’Education nationale – pourtant déjà affectée par des milliers de suppressions de postes – et du monde de la recherche.
Sur le seul point vraiment abordé lors de cette rencontre, le décret statutaire, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche s’enorgueillit d’un certain nombre d’avancées qui n’en sont pas. Ainsi de la modulation de service qui « ne peut être mise en œuvre sans l’accord de l’intéressé » : cette formule, que n’accompagne aucune garantie face aux éventuelles pressions locales, rappelle étrangement les débats autour du travail du dimanche. L’intérêt véritable de la modulation des services serait la possibilité pour les enseignants-chercheurs de voir réellement pris en compte l’ensemble de leurs tâches d’administration et surtout de dégager des périodes spécifiquement dédiées à la recherche. Ce n’est assurément pas dans cette direction que l’on va.
Rien d’étonnant donc si, dans cette logique de pure communication gouvernementale, la rencontre du vendredi 27 février au Ministère n’a accordé aucune place à la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré, à partir de laquelle s’est construite l’unité de la mobilisation et dont les conséquences pour l’avenir du système éducatif sont désastreuses. L’obstination du Ministre de l’Education Nationale à ne pas entendre les arguments de l’ensemble des universités chargées de la formation des futurs enseignants s’explique aussi par une logique d’économies budgétaires :
la suppression de l’année de formation alternée après la réussite au concours permet à l’Etat d’économiser aux dépens des futurs enseignants et de leurs élèves chaque année plus de 10 000 postes de fonctionnaires.
Le silence nouveau de la CPU sur ce sujet dans son dernier communiqué est inacceptable. Doit-on donc s’attendre à ce que les nouveaux concours soient mis en place dès 2010 contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire au risque d’envoyer dans les établissements scolaires des générations d’enseignants dont la formation disciplinaire et pédagogique aura été faite au rabais ?
Enfin, il n’est toujours rien dit des suppressions de postes au CNRS (on en annonce 850 nouvelles d’ici 2013), ni de la transformation des organismes de recherche en simples agences de moyens, ni du nouveau contrat doctoral. Qui peut croire que tout cela soit sans effet sur l’université ?
Dans la continuité de la loi LRU et au-delà de la prétendue rationalisation des politiques publiques, le gouvernement affiche ainsi son mépris pour les analyses et les revendications portées par le mouvement des universités et des laboratoires.

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site de SLU à cette adresse:
/http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2009/

MOTION du CENS (EA 3260), le 26 février 2009.

MOTION du CENS (EA 3260), le 26 février 2009.
Nous, membres du Cens (Centre nantais de sociologie) enseignants-chercheurs, doctorants, ingénieur et personnel administratif, réunis en conseil de laboratoire le 26 février 2009,
– constatons l’aggravation et l’accélération du processus de destruction du système de recherche et d’enseignement supérieur public par le gouvernement actuel (découpage du CNRS en agences de répartition de financements, pilotage managérial et politique de la recherche via l’ANR et l’AERES, “masterisation” des formations, modification du statut des enseignants-chercheurs dépréciant l’enseignement et accroissant leur charge de cours, mise en place du contrat doctoral augmentant la
précarisation des doctorants, etc.),
– exprimons notre indignation face à l’agressivité et le mépris affichés vis-à-vis de la communauté scientifique par le Président de la République dans son discours diffamatoire du 22 janvier fondé sur de multiples contrevérités.
Tenons à réaffirmer notre attachement :
au principe d’un service public de l’enseignement et de la recherche
à l’indépendance académique et, plus généralement, à celle des métiers du savoir
au modèle de l’évaluation scientifique qualitative par les pairs
à la solidarité de la communauté universitaire (EC, chercheurs, BIATOSS, ITA, personnels précaires, étudiants).
Les membres du CENS soutiennent activement le mouvement de lutte de l’ensemble des personnels de l’université de Nantes et demandent solidairement :
– la reconnaissance du rôle central du CNRS en tant qu’opérateur de recherche dans l’ensemble des champs disciplinaires
– le rétablissement de tous les postes supprimés à l’Université et au CNRS et la relance de l’emploi scientifique sous forme de postes permanents pour toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche
– le retrait du projet de “masterisation” des concours de recrutement du secondaire
– le retrait du projet de décret sur le statut des universitaires
– la prédominance du modèle de l’évaluation scientifique par des pairs élus, sur le double principe intangible de l’indépendance académique et de la compétence scientifique.
– le retrait du projet de contrat doctoral
– la mise en place des conditions d’une réflexion concertée sur le devenir de l’enseignement supérieur et de la recherche rejoignant les revendications exprimées par les motions de la Coordination nationale des
universités et par le C3N.
En conséquence, ils déclarent le CENS « laboratoire en lutte » pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Les membres du CENS refusent désormais, chacun à la mesure de ses moyens et de ses responsabilités, de contribuer à la destruction de l’actuel système de recherche et d’enseignement. Les personnels concernés s’engagent en particulier à un moratoire des expertises à l’ANR et à l’AERES conformément aux recommandations du C3N, à arrêter ses activités d’échanges scientifiques (séminaires…), à organiser des débats et des discussions avec tous ceux, étudiants, enseignants, chercheurs et
personnels de l’université, qui seraient intéressés, sur des questions en jeu dans le mouvement de protestation.

Réforme des bac pros

Comme suite à la seconde Assemblée générale inter-LP, qui a rassemblé samedi matin une vingtaine de lycées professionnels du public et du privé du 44 et des départements voisins, avec tous les syndicats enseignants.
…plusieurs dizaines de professeurs du lycée Michelet se sont réunis ce lundi matin 2 mars à 9 heures pour refuser une réunion de mise en place de la réforme dite « Bac pro 3 ans », qui va déstabiliser inutilement l’enseignement professionnel, supprimer sans raison le BEP et diminuer considérablement les moyens d’enseignement.
Les deux inspecteurs présents ont pris acte de ce refus motivé et ont promis d’en faire part au Rectorat. D’autres lycées professionnels devraient réagir de telle sorte dans les jours qui viennent.
Dans le cadre des actions à venir, comprenant également la mise à l’ordre du jour de grèves tournantes, les membres de l’Assemblée générale du LP Michelet vous prient de bien vouloir diffuser le communiqué suivant.
Communiqué de presse
Les enseignants (70) du Lycée professionnel Michelet ont refusé le lundi 2 mars 2009 à 9h30 de recevoir les inspecteurs de l’Education Nationale dans le cadre de la mise en place de la rénovation de la voie professionnelle. Ils ont organisé un blocus devant l’entrée de la salle de réunion. A cette occasion, ils ont lu le manifeste inter LP adopté en Assemblée Générale le 29 janvier 2009.
En amont, les lycées professionnels de Loire Atlantique se sont réunis et ont affirmé de nouveau leur opposition à cette réforme jugée délétère pour l’avenir de l’enseignement professionnel. Des actions identiques seront menées dans tous les établissements du département.

Appel de la coordination nationale étudiante d’Angers

Appel de la coordination nationale étudiante d’Angers
dimanche 1er mars 2009 (20h53)

Nous étudiants de 57 universités, réunis en coordination nationale à Angers les 28 février et 1er mars appelons à poursuivre et amplifier la mobilisation en cours contre la casse de l’université publique et de nos diplômes.

Le 1er ministre François Fillon a fait de premières annonces en réponse à la mobilisation : réécriture du décret sur le statut des enseignant-chercheurs, pas de suppressions de postes dans l’enseignement supérieur en 2010 et 2011 et la mise en place d’une commission de suivi de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants. Ces annonces sont insuffisantes et ne répondent pas aux principales revendications de la mobilisation qui touche la majorité des universités depuis un mois maintenant.

Les annonces de Fillon prouvent que le gouvernement craint cette mobilisation qui rassemble l’ensemble de la communauté universitaire : enseignants, étudiants et personnels. C’est pourquoi nous appelons les étudiants à poursuivre et à amplifier la grève pour obtenir satisfaction sur nos revendications

Nous exigeons l’abrogation immédiate de la LRU sans conditions, ni négociations. Nous soutenons l’ensemble des revendications de la Coordination Nationale Universitaire (CNU) qui appel à la convergence des luttes de la maternelle à l’enseignement supérieur et pour la première fois à l’abrogation de la LRU. Nous refusons les attaques qui frappent l’enseignement supérieur depuis plusieurs années maintenant et qui visent à soumettre l’université aux besoins des entreprises, à des logiques de compétitivité et de rentabilité. Le Plan campus, le plan licence (qui s’inscrivent dans la logique de la stratégie de Lisbonne et du processus de Bologne) mettent en concurrence les universités entre elles, soumettent le contenu des diplômes aux besoins immédiats du marché, individualisent les diplômes et cassent les garanties collectives des futurs salariés. L’application de la LRU renforce de manière importante cette logique, c’est elle qui permet aujourd’hui la mise en place des nouveaux décrets. C’est pourquoi nous demandons l’abrogation de la LRU et de ses conséquences : le retrait du décret sur l’allocation des moyens, le retrait du contrat doctoral unique. Nous exigeons un système d’aide sociale étudiant sur critères sociaux permettant de lutter contre la sélection sociale à l’université accrue par la LRU.

Nous exigeons le retrait pur et simple du décret sur le statut des enseignant-chercheurs. La mesure de modulation de service, qui est le cœur de cette réforme, va dégrader considérablement les conditions de travail des enseignant-chercheurs en réduisant leurs possibilités de faire de la recherche. Cette mesure va faire de l’enseignement une sanction. En déconnectant l’enseignement de la recherche, la qualité des enseignements et donc de nos diplômes va en pâtir.

Nous exigeons le retrait de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants (réforme dite des IUFM). Cette réforme ne fait que dégrader la formation des enseignants, en ouvrant les concours à bac + 5, elle ne fait qu’augmenter la sélection et en supprimant l’année de stages rémunérés après le concours, elle aggrave la sélection.

Nous appelons donc l’ensemble des enseignants et des étudiants à se mettre en grève et à faire cesser l’ensemble des cours par tous les moyens nécessaires (piquets de grève, blocages, barrages filtrants,…). L’arrêt des cours est le seul moyen pour permettre à tous les étudiants de pouvoir se mobiliser et de pouvoir dégager du temps libre pour construire la mobilisation. Sur les facs, nous devons briser la routine et mettre en place des piquets de grève, chercher à convaincre la majorité des étudiants de s’impliquer activement dans la grève.

La destruction du service public de l’enseignement supérieur, les suppressions de postes, s’inscrit dans une casse générale de tous les services publics (hôpitaux, poste…). L’individualisation de nos diplômes aujourd’hui c’est accroître la mise en concurrence des salariés sur le marché du travail demain (casse de nos statuts, de nos salaires). L’ensemble de nos protections collectives gagné hier est consciemment détruit aujourd’hui par la classe dirigeante.

C’est pour cela que la grève doit être généralisée à l’ensemble des secteurs aujourd’hui victimes de ces attaques. De même que l’ensemble de nos revendications sont légitimes, l’ensemble des revendications des habitants d’Outre-mer doivent être satisfaites. La combativité des travailleurs d’Outre-Mer, dans l’unité contre la classe dirigeante reste un exemple pour le mouvement social en France.

Nous exigeons la régularisation massive et sans conditions de tous les étudiants sans-papiers. Une carte étudiante=une carte de séjour.

Contre la casse du service public d’éducation, de la maternelle à l’université nous soutenons l’appel à la réunion des Etats Généraux de l’enseignement supérieur, pour que les étudiants prennent toute leur place dans la construction d’un projet alternatif progressiste pour l’enseignement supérieur.

Nous appelons l’ensemble de l’éducation, enseignants du primaire et du secondaire, lycéens, à se joindre à nous pour la défense de l’éducation publique, à rejoindre la grève et les manifestations appelées par la coordination des universités. Nous appelons à une journée d’action en direction du reste de l’éducation le mardi 3 Mars : nous invitons l’ensemble des universités à aller distribuer des tracts devant les lycées, les collèges ou les écoles pour les inviter à rejoindre la mobilisation. Nous appelons à une journée de manifestation le jeudi 5 mars.

Nous restons mobilisés pour obtenir :
Abrogation de la LRU
Retrait du plan licence
Retrait de la réforme du statut des enseignants-chercheurs
Retrait de la réforme du recrutement et formation des enseignants
Retrait de la réforme de l’allocation des moyens, pour des financements 100% publics
Pour l’embauche massive de personnel dans l’enseignement supérieur
Pour la mise en place d’un véritable système d’aides sociales étudiant basé sur des critères sociaux
Cadrage national des diplômes
Titularisation de tous les personnels BIATOSS, ainsi que de tous les personnels du CROUS.