Lettres à Valérie : morceaux choisis

http://rechercheendanger.fr.cr/morceaux_choisis.html

Juste un extrait parmi tant d’autres :

  • « Médaille d’or du CNRS (…), je puis vous assurer que mes propres recherches n’auraient pu être menées à bien dans notre pays s’il avait fallu qu’elles fussent retenues à l’avance par une agence de recherche sur projets. »
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Lettre ouverte des parlementaires européens à N. Sarkozy et V. Pécresse.

Lettre ouverte
A
Monsieur Nicolas SARZOZY, Président de la République
Madame Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Des dizaines de milliers de personnes, étudiants et personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, ont défilé dans toutes les villes universitaires de France les 10 et 19 février derniers pour s’opposer à la destruction de leurs institutions, de leurs statuts et de leurs conditions de travail ou d’étude. Cette mobilisation se poursuit aujourd’hui. Le rejet de la politique conduite sous votre responsabilité en ce domaine est massif, sans précédent.
Il touche l’ensemble des projets de votre gouvernement en matière d’enseignement supérieur et de recherche : démantèlement du CNRS et des EPST, réforme des statuts des enseignants-chercheurs, associée à une réduction drastique de l’emploi statutaire, mastérisation de la formation des enseignants du premier et du second degré, etc. Ces réformes sont menées au pas de charge, au mépris des avis et mises en garde émis par la communauté scientifique, et au terme d’une concertation factice sous l’égide de commissions ad hoc sans légitimité.
La provocation que constitue le discours du 22 janvier est l’illustration caricaturale d’une volonté, à l’œuvre depuis plusieurs mois, de démantèlement de l’intégralité des institutions qui organisent en France la production et la diffusion du savoir scientifique et de pilotage de la recherche et de l’enseignement supérieur au service d’intérêts contraires à l’intérêt général.
Confrontés à cette dérive, indignés par le mépris affiché à l’égard de l’ensemble de la communauté scientifique et profondément préoccupés par l’avenir de la recherche en France,
Nous, Parlementaires socialistes européens :
– Partageons l’émotion des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, blessés et scandalisés par les propos tenus dans votre discours du 22 janvier 2009. Fondé sur une vision inexacte et méprisante de la recherche française, il en donne une image déformée et dévalorisante et ne peut que conduire au découragement de ses personnels et à la dégradation de l’image de la recherche française à l’étranger.
– Rejetons un projet fondé sur un diagnostic mensonger selon lequel la France serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement supérieur, en dépit des moyens considérables qui leur seraient consacrés. La recherche française est reconnue internationalement et largement primée. Elle tient le 6ème rang mondial alors que son budget par rapport au PIB est lui au 26ème.
– Sommes profondément attachés aux missions essentielles du CNRS : faire progresser le champ des connaissances dans toutes les disciplines, valoriser et diffuser les avancées scientifiques et techniques, contribuer à la formation par la recherche. Le CNRS s’acquitte de ces missions avec compétence et efficacité, et constitue l’un des centres de recherche les plus réputés au niveau international. Il est le premier opérateur de recherche à l’échelle européenne. A l’issue du premier appel lancé par le Conseil européen de la recherche, le CNRS s’est placé dans le peloton de tête européen. Sur les 300 subventions accordées pour financer de jeunes équipes de recherche de pointe, 29 l’ont été à des équipes du CNRS.
– Nous élevons contre la transformation du CNRS et des organismes de recherche en agences de moyens, qui scellerait la fin d’un système de recherche qui a offert au pays une bonne partie de ses succès industriels. Nous partageons à cet égard la mise en garde exprimée par Albert Fert, physicien, prix Nobel 2007, sur le « risque d’éclatement pur et simple de l’organisme qui sonnerait le glas d’une vision nationale pluridisciplinaire de la science française. » (Lettre ouverte cosignée avec Bruno Chaudret, Yves Laszlo et Denis Mazeaud,)
– Soulignons que les chercheurs et enseignants chercheurs ne sont en rien « hostiles à toute forme d’évaluation », mais au contraire l’objet d’une évaluation permanente : par leurs communications, par les demandes de contrats de recherche nationaux ou internationaux, par le Conseil National des Universités, par le Comité National de la Recherche Scientifique et par l’AERES dont les membres sont issus de l’ensemble de la communauté scientifique française. Cette évaluation par les pairs de façon collégiale est pratiquée dans tous les pays ayant une recherche de dimension internationale. Nous mettons en garde contre la tentation technocratique et dangereuse de réduire l’évaluation des performances à quelques indicateurs.
– Rappelons que s’il est légitime que la puissance publique dégage des grands thèmes de recherche utiles à la Nation, la définition de priorités par les scientifiques eux-mêmes est une condition indispensable à l’activité scientifique. Ce concept d’« indépendance académique » est reconnu dans toutes les grandes nations scientifiques, en particulier au Royaume Uni et aux USA, souvent cités en modèle.
– Avons la conviction que les prix et récompenses prestigieuses attribuées à nos chercheurs ne sont pas « l’arbre qui cache la forêt », mais bien au contraire le résultat du travail quotidien et à long terme de l’ensemble des acteurs de la recherche : les chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants ou post-doctorants mais aussi tout particulièrement les ingénieurs, techniciens et administratifs qui jouent un rôle essentiel dans l’élaboration, la mise en place et l’exploitation de projets qui permettent d’y aboutir.
Demandons
► L’annulation du décret modifiant le statut d’enseignant chercheur, de la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré.
► L’arrêt de la transformation du CNRS en agence de moyens et des autres réformes en cours concernant la recherche et l’enseignement supérieur.
► La mise en place d’un débat et d’une négociation sur la base des instances existantes (comité national, CNU, conseils universitaires et conseils d’organismes, syndicats, etc.) avec un calendrier suffisant pour permettre de véritables discussions.
► Un budget à la hauteur des enjeux : Sur les 1.8 milliards/an annoncés, l’essentiel est consacré à la recherche privée tandis que celui du secteur public diminue en euros constants : 0.6% du PIB alors que nos voisins sont à environ 1%.

Plaidons pour une ambition revue à la hausse dans le cadre de la révision de la Stratégie de Lisbonne en 2010, pour faire de l’UE une société de la connaissance, autour du triangle éducation/recherche/innovation.

Nous devons atteindre et dépasser les objectifs fixés pour 2010 en matière de recherche et de développement, autour des orientations suivantes :
► L’ambition d’une Europe de l’excellence, dans le cadre de nos universités et de nos systèmes d’enseignement supérieur, avec une plus grande coopération et émulation entre les Universités et la recherche publique et privée, dans le but d’augmenter le nombre de centres d’excellence dans la recherche.
► L’espace européen de la recherche (EER) définit la voie européenne vers l’excellence dans la recherche et est un moteur essentiel de la compétitivité européenne à l’ère de la mondialisation.
► Un investissement à hauteur de 3% du PIB (1% pour les dépenses publiques, 2% pour le privé), avec des objectifs quantifiés d’augmentation des fonds publics et privés, un calendrier précis et un engagement de chaque Etat membre à rendre compte, chaque année, des mesures prises et planifiées pour atteindre ces objectifs.
► Dans le cadre de cette augmentation des moyens, 700 000 chercheurs supplémentaires doivent être recrutés en Europe, en rendant les carrières scientifiques plus attractives pour les jeunes européens.
► Le renforcement de la contribution de la R&D à l’objectif central de Lisbonne, avec une attention particulière aux technologies propres, aux nanotechnologies, aux sciences de la vie et biotechnologies.
► Un espace européen de l’innovation, avec un accent particulier sur le développement et la diffusion des éco-innovations, renforçant le leadership européen dans les éco-industries.
► L’Institut européen de technologie (IET) lancé en 2009 doit dynamiser le potentiel d’innovation européen en multipliant les synergies entre la recherche et le monde des entreprises.
► L’introduction du brevet communautaire.

Signataires
Les Parlementaires de la délégation socialiste française au Parlement européen :
Kader ARIF, Pervenche BERES, Catherine BOURSIER, Guy BONO, Marie-Arlette CARLOTTI, Françoise CASTEX, Jean-Paul DENANOT, Harlem DESIR, Brigitte DOUAY, Anne FERREIRA, Catherine GUY-QUINT, Roselyne LEFRANCOIS, Catherine NERIS, Bernard POIGNANT, Pierre PRIBETICH, Martine ROURE, Gilles SAVARY, Pierre SCHAPIRA, Michel TEYCHENNE, Catherine TRAUTMANN, Yannick VAUGRENARD, Bernadette VERGNAUD, Henri WEBER
Les Parlementaires du groupe socialiste européen engagé(e)s sur les enjeux de la recherche :
Philippe BUSQUIN, ancien Commissaire européen pour la recherche, Pia LOCATELLI, Teresa RIERA MADURELL.

Strasbourg, le 25 mars 2009.

Voici la dernière version des décrets !

Pour information et à vos analyses !
Voici le texte des décrets tel qu’il résulte des débats et votes du CTPU des 24 et 25 mars et transmis par le ministère.

Assemblée générale des enseignants-chercheurs / UFR DSPS / Université Paris 13

Voici la motion adoptée ce jour par l’assemblée générale des enseignants-chercheurs de l’UFR de droit de l’Université Paris 13.

Assemblée générale des enseignants-chercheurs / UFR DSPS / Université Paris 13

Lundi 30 mars 2009

1. L’assemblée générale des enseignants-chercheurs de l’UFR de droit  et de sciences politiques :
– s’oppose à l’extension des missions des enseignants-chercheurs, telle qu’exposée dans l’art 3 du projet de décret statutaire. En particulier, l’Assemblée générale s’oppose à la formule « incluant, le cas échéant, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication » (article 3 du projet de décret)
– réaffirme que nos missions résident dans l’enseignement et la recherche.
2. L’assemblée générale des enseignants-chercheurs de l’UFR de droit et de sciences politiques :
– souligne que la notion même de modulation porte atteinte au principe d’égalité des fonctionnaires d’un même corps, en tant qu’elle donne compétence aux universités pour déroger localement aux règles nationales de détermination du service.
3. L’assemblée générale des enseignants-chercheurs de l’UFR de droit et de sciences politiques :
– constate que le ministère n’a pour l’instant pas communiqué le projet de décret statutaire consécutif à la réunion CTPU du 24 mars ;
– appelle donc à la poursuite de la mobilisation dans les formes actuelles.

Motion adoptée à l’unanimité des présents.

Amplifier la mobilisation : en premier lieu le 2 Avril.

Communiqué

« Les organisations syndicales et collectifs qui viennent d’interpeller avec clarté le gouvernement après huit semaines de grève et de manifestations constatent avec stupeur et colère l’immobilisme autosatisfait sur l’ensemble des revendications.

Madame la Ministre, les milliers de collègues et d’étudiants n’ont que le recours à l’amplification de leur mobilisation , et en premier lieu le 2 Avril.

Paris le 30 Mars 2009 à 21 h.

FSU (SNCS, SNESUP, SNASUB), CGT (SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP), SOLIDAIRES (SUD RECHERCHE EPST, SUD EDUCATION), SNPREES-FO, SLR, SLU.

Voir également le récit que Jean Fabbri (SNESUP) fit à Sylvestre Huet (Libération) de la rencontre avec la ministre. Extrait : « {Ajout à 20h45 : je viens d’avoir un coup de fil de Jean Fabbri, le secrétaire général du Snesup. Devant le refus de la ministre d’apporter des réponses précises aux 8 questions qui lui ont été posées (lire ci dessous), la majorité des syndicats, SLU et SLR ont quitté le ministère. «Valérie Pécresse nous a servi la ritournelle de son discours autosatisfait, elle ne nous laisse que le recours à l’action pour faire avancer nos revendications, nous donnons rendez-vous à tous nos collègues dans la rue le 2 avril !»} »

UNE FORMIDABLE DETERMINATION UNITAIRE (communiqué SNESUP)

UNE FORMIDABLE DETERMINATION UNITAIRE
Les organisations syndicales, porteuses de l’unité du mouvement, ont associé à l’élaboration du texte ci-dessous et à sa défense devant la ministre les organisations « oubliées » : SNASUB, Sud-éducation, SLR, SLU. C’est bien cette détermination unitaire présente dans les AG, les manifestations, les coordinations qui fera entendre raison au gouvernement. Ensemble les organisations soussignées en rendront compte aux personnels et en tireront toutes les conséquences.
Depuis plus de huit semaines, les personnels des universités et des organismes de recherche et les étudiants ont engagé un
exceptionnel mouvement revendicatif de grève et de manifestations puissantes, marquant le rejet du Pacte pour la Recherche et
de la LRU et de leurs conséquences ainsi que de la politique d’austérité mise en place par le gouvernement. Le ministère de la
recherche et de l’enseignement supérieur invite aujourd’hui à une réunion dont la thématique affichée est la recherche. Le seul fait nouveau est que cette fois l’invitation concerne presque la totalité des organisations syndicales tant de la recherche que de
l’enseignement supérieur.
Les organisations signataires entendent se saisir de ce moment pour faire avancer les revendications de l’ensemble des
personnels dans l’intérêt des organismes et des universités. Elles rappellent leur attachement à la prise en compte des
revendications qui fédèrent l’ensemble des personnes dans l’action.
Elles ne sont pas venues aujourd’hui pour négocier, mais pour avoir des réponses immédiates et des engagements précis du
gouvernement sur les points suivants.

  • 1. Mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires, notamment pour résorber la précarité. Suppression des chaires. Restitution des 1030 emplois supprimés en 2009.
  • 2. Retrait du projet de décret sur les enseignants chercheurs et du projet de décret sur le contrat doctoral.
  • 3. Retrait du projet de réforme actuelle de formation des enseignants et des concours de recrutement.
  • 4. Arrêt du démantèlement des organismes et réouverture des discussions sur les contrats Etat-Organismes. L’Etat doit s’engager sur les moyens nécessaires, notamment les postes et les crédits de base, pour chaque contrat. C’est notamment le cas pour le projet actuel de contrat Etat-CNRS. Le contrat Etat-CEMAGREF doit être revu. L’Inserm ne doit pas se transformer en en agence de financement mais rester un EPST de plein exercice. Le projet de consortium de l’agroalimentaire doit être abandonné et retiré de l’ordre du jour du prochain CA de l’INRA.
  • 5. Arrêt du processus de « déUMRisation ». Statut unique des UMR dans le cadre d’un partenariat équilibré entre leurs
    tutelles scientifiques. Les organismes et les universités doivent être coopérateurs de recherche pour les unités
    auxquelles participent leurs personnels. Les UMR doivent être libres de choisir leurs gestionnaires.
  • 6. Evaluation des unités de recherche par les instances scientifiques représentatives existantes (Comité national, etc.)
    comme le permet la loi.
  • 7. Reversement aux organismes et aux universités au profit du soutien de base des laboratoires et pour la transformation
    des emplois sur CDD en postes statutaires des financements de l’ANR.
  • 8. Un engagement à reprendre les discussions sur la revalorisation des salaires et des carrières, sur des bases indiciaires et statutaires mais non indemnitaires.

FSU (SNCS, SNESUP, SNASUB), CGT (SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP), SOLIDAIRES (SUD RECHERCHE EPST, SUD EDUCATION), SNPREES-FO, SLR, SLU

Le SNESUP se félicite de cette unité renforcée sur les revendications et avec la quasi-totalité des organisations qui contribuent au puissant mouvement revendicatif actuel. Il a été pleinement dans son rôle unitaire et constructif en proposant ce cadre élargi.

Agression du président de l’UBO

« La section SNESup de l’UBO, réunie le lundi 30 mars à 17h,  condamne sans réserve l’agression dont a été victime le Président de l’UBO le vendredi 27 mars.
Par cet acte, les agresseurs auront au moins atteint un objectif, celui de donner l’occasion à Madame Pécresse de faire une déclaration visant à diviser et à discréditer la lutte actuelle.
La section SNESup n’acceptera pas l’amalgame entre un tel acte de violence inadmissible et la mobilisation des enseignants-chercheurs et des étudiants contre les projets nuisibles du gouvernement. »