Evacuation du rectorat d’Orléans

« La coordination des personnels et étudiants de l’université d’Orléans et des organismes de recherche, condamne vivement les brutalités policières survenues lors de l’occupation pacifique du rectorat de l’académie Orléans-Tours. Elle dénonce l’interpellation arbitraire d’un étudiant convoqué le 9 septembre 2009 au tribunal et exige qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Elle constate que c’est la seule réponse que le gouvernement oppose à huit semaines de mobilisation légitime.
La coordination de l’université d’Orléans. »

« Je faisais parti de ceux qui ont occupé le rectorat. L’occupation s’est passé dans le calme pendant environ 4h. Aucun dégat n’a eu lieu. Suite au refus de sortir du rectorat, ils ont décidé l’évacuation par la police. Nous avons discuté avec eux en disant que nous ne ferions qu’une résistance passive (ce que nous avons fait). Malgré cela, un policier en civil nous a qu’en même dit que si on sortait pas ils allaient nous faire saigner (et ce n’est qu’une des nombreuses insultes qui ont plu) Personnellement, j’ai été sorti dans les premiers, je n’ai eu donc presque pas de coup (un petit poing dans le cou pour m’obliger à me lever mais c’est tout). Par contre, on ne peut pas dire la même chose pour les étudiants. Je suis allé personnellement avec deux d’entre eux
chez SOS Medecin pour faire constater les blessures et pour être sur que tout allait bien. Un des étudiants (IUT Info) n’a rien juste mal au cou suite à des pressions. Par contre, le deuxième (IUT Info) a un arrêt de 3 jours car la police lui a tapé avec une matraque sur la main. Un certificat a donc été fait.
L’étudiant arrêté n’a clairement rien fait mais la police ne pouvant pas avouer leur bavure ont préféré l’inculper. Il passera en septembre au tribunal pour rébellion. »

Communiqué de presse du syndicat Sud

« Après l’interpellation d’un étudiant de l’Université d’Orléans, Communiqué de presse commun des syndicats : Sud Éducation Loiret, Sud Étudiant Orléans et Sud Recherche.
Vendredi 27 mars 2009, des étudiants, professeurs et personnels de l’Université d’Orléans ont investi symboliquement le Rectorat de l’Académie Orléans-Tours. Alors que depuis deux mois l’Université est en grève, notamment contre le décret statutaire des enseignants-chercheurs et le décret sur la mastérisation, le Gouvernement n’a réagi que par le mépris, les manoeuvres et la répression.
A Orléans, à l’issue de l’occupation pacifique des locaux du Rectorat et après avoir demandé sans succès, la présence des médias à l’intérieur du bâtiment, les étudiants et professeurs ont été évacués sans ménagement vers 16 heures par les forces de l’ordre.
L’un des étudiants, Aurélien, blessé, a été arrêté, menotté et conduit au commissariat central d’Orléans, d’où il a été relâché aux alentours de 19 heures. Il devra répondre le 9 septembre prochain devant le Tribunal Correctionnel d’Orléans du délit de rébellion envers les forces de l’ordre.
Sud Éducation Loiret, Sud Étudiant Orléans et Sud Recherche tiennent à exprimer leur soutien sans réserve à Aurélien.
Ils demandent la levée des poursuites engagées contre Aurélien, bouc émissaire de cette action collective.
Ils s’interrogent vivement sur le fait qu’une action non-violente ait pu donner lieu à un tel dérapage au moment de l’intervention des forces de l’ordre. Ils réaffirment plus que jamais leur soutien à la cause des personnels universitaires en luttes et leur engagement à leurs côtés.
Orléans, le 28 mars 2009 »

Voir également :

rectorat11rectorat2rectorat7

Où en est-on à propos du décret EC ? L’arnaque continue !

A lire sur le site du SNESUP, la narration et le résultat du CTPU du 24 mars. Voir également la « dernière mouture du texte » :

Pour mémoire, l’un des points-clé du décret, c’est à dire la « grille d’équivalence nationale des différentes activités des enseignants-chercheurs” n’est toujours pas construite.

Ce qui nous donne donc :

  1. Le décret tel que publié en 1984 : jo198401784.pdf
  2. Le “nouveau” décret de Valérie Pécresse dans sa version “originelle” – 9 Novembre 2008 – : Téléchargement decret08-statut-ec-.pdf
  3. Le décret après examen par la CTPU – 24 Novembre 2008 – (Téléchargement Décret-statutEC-aprés CTPU 24.11.08)
  4. La note explicative (sic) dudit décret – 1er Décembre 2008 – (Téléchargement Note explicative décret 84 – 01-12-08 )
  5. dernière version révisée du projet de décret – 30 Janvier 2009 – suite à de premières négociations principalement menées par quelques juristes.
  6. Le texte à l’issu de sa réécriture au ministère – 5 Mars 2009 – : nouveau-projetdécret – en présence de 4 syndicats et en l’absence du SNESUP et d’autres associations représentatives.
  7. Version du décret statut EC transmise au CTPU (24 Mars 2009). Seul le syndicat Autonome-sup est resté à la table des négociations pour valider cette dernière version du décret.
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Extrait du communiqué du SNESUP :

« La rédaction des décrets laisse cependant apparaître une véritable méconnaissance voire une occultation des réalités du terrain ainsi qu’une défiance envers les collègues ; elle fait peser de réelles menaces sur les enseignants-chercheurs :

  • l’inscription dans le décret d’un seuil de déclenchement des heures payées en heures complémentaires fixé à 128 h de cours ou 192 h de TD/TP (revendication du SNESUP : 100 h et 150 h) n’offre pas de véritable garantie quand, dans le même temps, la ministre maintient le dispositif de modulation. La prise en compte dans ces 192 h des activités figurant dans le tableau d’équivalence, ne pourra par ailleurs être décidée que localement ;
  • le mandat d’élu au CNU est rendu incompatible avec celui d’élu dans un CA d’établissement, mais pas avec celui de nommé à l’AERES ; l’adjonction de suppléants individuels et de CV publiés modifie la nature du scrutin CNU ;
  • le vote pour les élections au CNU peut être électronique.

L’enveloppe indemnitaire pour les membres du CNU, multipliée par quatre, est une des rares propositions nouvelles, nécessaire pour remplir à bien les missions, mais bien dérisoire au regard des besoins en matière de fonctionnement, de liberté et de démocratie ! La ministre n’a apporté AUCUNE réponse pour supprimer la modulation qui, dans son principe, continue à permettre l’alourdissement non rémunéré des services d’enseignement. Le SNESUP a rappelé dès le début l’ensemble des points indissociables pour l’ouverture de vraies négociations globales sur la plate-forme revendicative, et ceci avec l’ensemble des acteurs du mouvement universitaire. Bien que s’engageant à apporter des réponses dans les plus brefs délais, la ministre persiste dans sa stratégie de « saucissonnage » en ne proposant que des rencontres sur des dossiers spécifiques avec des interlocuteurs distincts. Elle évoque ainsi la date du 8 avril pour soumettre le décret du contrat doctoral au CTPM et esquive l’interpellation du SNESUP sur la question de la formation des enseignants et des concours. Le décret CNU doit être désormais examiné par le CSFPE (Conseil supérieur de la fonction publique d’État) le 9 avril, puis les deux décrets transmis au Conseil d’État. En l’état la réponse du gouvernement est une insulte à la communauté universitaire. Le SNESUP appelle tous les collègues à intensifier les actions et à toucher par tous les moyens l’opinion publique pour obtenir l’abandon des décrets et autres dispositifs contestés. Nous ne nous laisserons pas faire ! »

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Par ailleurs, un collègue livre l’analyse suivante qui démasque la stratégie gouvernementale :

« L’Autonome (seul syndicat pourtant ultra minoritaire à avoir « négocié la dernière version du décret au CTPU) paraît se réjouir dans son communiqué de l’adjonction d’un  amendement sur le paiement des HC au delà de 192h. Je m’étonne que Charlet (négociateur de l’Autonome), éminent latiniste, soit aussi naïf et surtout méconnaisse  autant les ruses de la grammaire. Il y a en effet une arnaque dans  l’utilisation de l’adjectif « complémentaires » à l’intérieur de cet amendement sorti du chapeau de V. Pécresse. Ecrire :
  • « Lorsqu’ils accomplissent des enseignements complémentaires au delà de 128h de cours ou de 192h de travaux dirigés ou pratiques ou toute  combinaison équivalente en formation initiale, continue ou à  distance,  les enseignants-chercheurs perçoivent une rémunération complémentaire  dans les conditions prévues par le décret 83-1175 du 23 décembre 1983 ».  N’est pas pareil qu’écrire :
  • « Lorsqu’ils accomplissent des enseignements au delà de 128h de cours  ou de 192h de travaux dirigés ou pratiques ou toute combinaison  équivalente en formation initiale, continue ou à distance, les  enseignants-chercheurs perçoivent une rémunération complémentaire dans  les conditions prévues par le décret 83-1175 du 23 décembre 1983 ».
Cela signifie que l’on se retrouve dans la même situation que celle produite par la première version du décret :
a) Si le service d’un collègue est modulé à 120h, et que le collègue fait 124h, il ne peut être payé de ses 4h complémentaires car il faut  en avoir fait 192h pour avoir ce droit…
b) Si le service d’un collègue est modulé à 220h, et que le collègue fait 224h, il ne fait que 4h « complémentaires », et non 220-192=28h.
Dit autrement :
Le mot complémentaire, associé à « enseignement », signifie que seuls les « enseignements complémentaires », au-delà du service attribué à chacun, seront payés en heures sup : cela veut dire que si un service est modulé à la hausse, seuls les dépassements de ce service sont concernés, et pas toutes les heures « modulées à la hausse ». Si on enlève l’adjectif, cela veut dire que toutes les heures d’enseignement au-dela du seuil sont payées en heures sup.
Bref, V. Pécresse est une arnaqueuse. On le savait. Et l’Autonome vient de se ridiculiser …

Démissions des fonctions administratives

Pour avoir une vue d’ensemble des démissions administratives effectives, en cours ou à venir dans l’université :

Tonnerre de Brest ! Cinq présidents d’université appellent à la poursuite du mouvement !

Tonnerre de Brest !

La Conférence des Présidents d’Université (CPU) tient depuis le mercredi 25 mars son colloque annuel, à Brest. Pendant ce temps, nos ministres de tutelle maintiennent le cap des réformes que la communauté universitaire, après huit semaines de mobilisation, continue massivement à rejeter. Pendant que les présidents réunis à Brest appellent clairement les universitaires à rentrer dans le rang au prétexte que leurs principales revendications auraient été satisfaites, nos universités voient dans les faits le mouvement en cours se poursuivre, voire s’amplifier, avec une détermination et une inventivité étonnantes. Nous, présidents d’université responsables, avions hésité à participer à ce colloque brestois de la CPU que nous jugions pour le moins inopportun… et qui ressemble ces jours-ci  à une fuite à Versailles !

Le dernier communiqué de la CPU, ainsi que les conditions dans lesquelles se tient son colloque, justifient amplement nos préventions. En capitaines de navires qui traversent une tempête comme l’université n’en a pas connue depuis 1968, nous considérons que notre devoir est de rester sur le pont, solidaires de nos collègues enseignants-chercheurs et personnels administratifs, solidaires de nos étudiants.

Cet « Appel de Brest » lancé mercredi par la CPU invitant unanimement à la reprise des cours et de l’organisation des examens, sonne comme une réponse à «l’Appel de la Sorbonne» que nous avions lancé le 9 février, par lequel nous appelions les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à «retirer tous les projets de réformes controversés» et à organiser une véritable concertation pour construire sur de meilleures bases l’avenir de nos institutions universitaires. Ce communiqué n’a donc été voté qu’à l’unanimité des présidents présents à Brest et n’exprime donc nullement une position unanime de l’ensemble des présidents d’université.

Notre sens de la responsabilité nous conduit également à regarder les circonstances avec les yeux de l’honnêteté, à dénoncer le fait que nos ministres n’ont toujours pas pris la mesure de la situation, à regretter l’étrange surdité de certains collègues qui depuis le phare de Brest croient observer que le «champ de la concertation» a réellement été ouvert et qu’il convient donc que les universités reprennent leur activité normale… Fermez le ban !

Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la «mastérisation» reste confuse dans l’organisation qu’elle propose pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs tant à la qualité qu’à la cohérence de la formation des enseignants des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles formations. C’est là une manœuvre pour faire entériner à l’avance tout le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire. La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l’année de formation en alternance). Nous constatons aussi que l’augmentation des moyens promise par les pouvoirs publics ne s’est jusqu’à présent traduite que par le travestissement des dotations budgétaires de l’Etat (qui font en réalité apparaître une baisse sensible de nos moyens) et que les suppressions de postes pour l’année 2009 sont toujours maintenues.

Nous constatons encore que la réforme du statut des enseignants-chercheurs, loin de satisfaire les attentes des personnels concernés, continue d’aggraver les contradictions de la loi LRU. Inscrite dans la dernière version du projet de décret, la possibilité pour les enseignants-chercheurs de choisir librement l’établissement dans lequel ils souhaitent effectuer leurs activités de recherche empêchera les acteurs de l’université de conduire efficacement la politique scientifique de leurs établissements, telle que la loi LRU pourtant les invite à la construire de manière autonome. Et c’est encore la concurrence entre universités qui sera ainsi exacerbée. Cette nouvelle version d’un décret que la ministre ne finit pas de réécrire, est proprement irréaliste en ce qu’il hypothèquerait tout recrutement sur les bases d’un profil de recherche correspondant à la politique scientifique de l’établissement.

Notre sens des responsabilités nous appelle, enfin, à garantir la qualité des diplômes de l’année 2009. Nos universités ont acquis depuis longtemps une expérience en matière d’aménagement des modalités de validation des cursus en période de grève, et nous n’avons pas besoin d’injonctions pour prendre les mesures qui conviennent à la situation. La fébrilité manifeste de certains, qui les conduit, face aux revendications des étudiants, à préférer à l’échange d’arguments, celui de gestes violents, dans des altercations confuses, ne les qualifie pas pour donner des leçons de responsabilité. Il est plus que temps de négocier sérieusement en acceptant de traiter globalement une crise qui est globale, ce qui suppose d’abord de retirer, comme nous le demandons depuis plusieurs semaines, les projets de réforme controversés. Cette crise aurait pu être évitée et réglée en quinze jours au mois de janvier : poursuivons tous la mobilisation pour que cette crise ne pourrisse pas davantage l’année universitaire.

  • Pascal BINCZAK, Président de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis
  • Bernadette MADEUF, Présidente de l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
  • Georges MOLINIE, Président de l’université Paris IV La Sorbonne
  • Philippe ROLLET, Président de l’université Lille I
  • Anne FRAISSE, Présidente de l’université Montpellier 3 Paul Valéry

(Source : le blog de Sylvestre Huet. D’autres présidents d’universités devraient incessamment rejoindre les signataires de cet appel. Ce billet sera mis à jour au fur et à mesure)


Démission des fonctions administratives de l’UFR de Philosophie de Paris 1

Dans le contexte de la mobilisation des universitaires, les enseignants-chercheurs suivants annoncent leur démission de leur
fonctions de responsabilité (indiquées plus bas) en guise de protestation contre la surdité réitéré du ministère et pour
l’ouverture de véritable négociation sur la base proposée par la coordination nationale des universités.

Ces démissions deviendront effective au 01/04/09, date à laquelle la liste de l’ensemble des collègues démissionnaires (toutes UFR confondues) sera transmise à la Présidence de l’université Paris 1 ainsi qu’au Rectorat de Paris (conformément au mot d’ordre donné par la Coordination nationale des universités).

Liste des collègues démissionnaires à l’UFR de Philosophie (et liste des responsabilités concernées).

  • Susana BERESTOVOY Responsable des affaires internationales à l’UFR. Responsable des enseignements d’informatique en L2 de philosophie et en L2 de Logique. Co-responsable du site Internet
  • Bertrand BINOCHE Co-responsable du master spécialité « Histoire de la philosophie ». Responsable de la commission de validations des acquis de l’UFR.
  • Jean GAYON Responsable du master spécialité « Logique, Philosophie, Histoire et Sociologie des Sciences » (LOPHISS).
  • Christophe GRELLARD Responsable du budget
  • Chantal JAQUET Co-responsable du master spécialité « histoire de la philosophie »
  • Jean-Baptiste JOINET Responsable de la Licence de Logique Co-responsable du site Internet
  • Catherine LARRÈRE Responsable du master spécialité « Philosophie et société »
  • Anne MOEGLIN-DELCROIX Direction du centre de philosophie de l’art (composante de l’EA « Philosophies contemporaines »).
  • Pierre-Yves QUIVIGER Responsable de la bilicence droit/philosophie
  • Pierre WAGNER Responsable du L1 de Logique. Responsable des ennseignements d’épistémologie en L2

On a testé pour vous : les réformes de la recherche et de l’université : Lettre ouverte des élus doctorants de Sciences Po

On a testé pour vous : les réformes de la recherche et de l’université !
Lettre ouverte des élus doctorants de Sciences Po

L’Assemblée générale des étudiants, doctorants et chercheurs de Sciences Po, réunie le 26 mars 2009, a décidé de communiquer au plus grand nombre la lettre ouverte adressée le 19 mars par les élus doctorants à MM. Descoings, Latour et Weil, respectivement directeur de Sciences Po, directeur scientifique de Sciences Po et directeur de l’école doctorale.
Cette mobilisation fait suite à un scandale qui n’est pas sans rappeler ce qui se fait par ailleurs, ou est en train de se mettre en place dans l’université française, Sciences Po étant de fait le laboratoire des réformes en cours dans l’enseignement supérieur.
Ainsi, un courrier de M. Weil a signifié, le 17 mars dernier, aux directeurs de thèse de Sciences Po que leurs étudiants en 3ème année ou plus devaient avoir soutenu avant le 31 décembre 2009, sous peine de radiation.
Une lettre ouverte a été adressée par les élus à MM. Descoings, Weil et Latour pour protester tant sur le principe que sur les procédés de cette annonce. Non seulement la rétroactivité apparaît-elle scandaleuse dans son contenu (comment imposer une norme à des doctorants ayant déjà commencé leurs travaux sous d’autres conditions ?), mais également dans sa forme, puisque cette mesure a été prise sans concertation avec les parties concernées (étudiants comme professeurs) et de manière arbitraire.  Le vocabulaire employé dans la lettre de M. Weil offense en outre les doctorants, et met en lumière la conception toute manageriale et comptable que se fait la direction du rôle de l’Ecole doctorale. Il s’agit là d’un bel exemple d’une direction d’établissement universitaire toute puissante. C’est vers ce modèle que nous mène la LRU.
La mobilisation à Sciences Po peine aujourd’hui à se développer, et est essentiellement portée par les doctorants et les étudiants (nous plafonnons à environ 120 personnes en AG). Les enseignants-chercheurs sont peu nombreux à être mobilisés.
Deux des principales raisons à cela résident directement dans le type de gestion qui a cours à Sciences Po. La première est la crainte d’être mal vu d’une direction dont chacun connaît le pouvoir. Ainsi de nombreux étudiants ayant participé à l’occupation de Sciences Po ont déjà été l’objet de menaces personnelles par la direction. La seconde est la très grande difficulté à créer un mouvement collectif de grande ampleur dans un établissement où plus de 90% des enseignants sont vacataires. Dans un tel contexte une grève des enseignants titulaires est vouée à l’invisibilité.
Considérant que les méthodes et principes mis en œuvre par la direction de l’école doctorale de Sciences Po sont ceux qui régissent les réformes en cours dans l’université et la recherche, l’Assemblée générale des étudiants, doctorants et chercheurs de Sciences Po invite le plus grand nombre à prendre connaissance de la lettre ouverte des élus doctorants, et à soutenir cette mobilisation en y apportant leur signature au lien suivant : http://www.ipetitions.com/petition/ecoledoctoralesciencespo/

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Messieurs les Directeurs,
Nous, représentants élus des doctorants au Conseil de l’Ecole doctorale de Sciences Po, déplorons le peu de cas qui est fait, dans notre établissement, de la recherche et de la formation à la recherche.
Le dialogue entre la direction et les représentants des doctorants est, semble-t-il, tenu pour inutile voire nuisible. Un courrier a été envoyé le 17 mars 2009 aux directeurs de thèse, leur enjoignant de faire soutenir avant le 31 décembre 2009 leurs doctorants de troisième année et plus. L’obligation d’écrire une thèse en trois ans est imposée de manière RÉTROACTIVE (nous n’avons pas commencé nos thèses en ayant cet impératif à l’esprit) et ne tient compte qu’à la marge des situations individuelles. Cette mesure a été prise sans concertation aucune et dans le secret. Elle contredit les propos tenus aux représentants par la direction.
Cette lettre utilise, en outre, un langage choquant et tient les doctorants pour quantité négligeable, qualifiant ceux qui ont atteint ou dépassé leur troisième année de « stock d’étudiants en difficulté » dont il est nécessaire de faire un « inventaire ». Opacité, mépris, violence verbale : telles sont les méthodes employées par la direction de l’Ecole doctorale.
Il convient de rappeler ce qui semble être une évidence : il n’existe pas d’école doctorale sans doctorants. Ceux-ci contribuent au rayonnement national et international de Sciences Po par leurs parutions, par leurs articles, par leurs participations à des colloques et par leurs enseignements, tant à l’IEP que dans d’autres universités.
La mobilisation nationale contre les réformes de l’université et de la recherche connaît un succès évident parmi les étudiants. Ils témoignent ainsi de leur attachement à la recherche en sciences humaines et sociales menée par les doctorants, par les chercheurs et par les enseignants-chercheurs des divers laboratoires de Sciences Po.
Sciences Po a pour ambition de s’inscrire en tête des grands classements internationaux des universités. Pourtant, la plupart des enseignements de Sciences Po ne sont dispensés, dans leur très grande majorité, ni par des titulaires, ni par des universitaires. L’établissement aurait pourtant beaucoup à gagner d’une politique de recrutement privilégiant la titularisation d’universitaires, ne serait-ce qu’en permettant d’augmenter le nombre de publications par des chercheurs titulaires de Sciences Po, et d’améliorer ainsi sa place dans les dits classements.
Par ailleurs la politique actuelle de recrutement des enseignants pénalise directement les jeunes docteurs de Sciences Po. En ne recrutant pas, ou très peu, de chercheurs et d’enseignants issus des universités françaises, Sciences Po se met de fait à l’écart de la communauté universitaire. Les doctorants sont les premiers à pâtir de cet isolement, l’université étant le débouché naturel des jeunes docteurs de Sciences Po.
Aussi nous, chercheurs formés à Sciences Po, sommes victimes de la singularisation croissante de Sciences Po sur la scène universitaire nationale, et connaissons des problèmes toujours plus importants de recrutement, sans que l’établissement semble se soucier de notre avenir. A de nombreux égards, nous faisons figure de déclassés d’élite, paradoxalement désavantagés en termes de débouchés par rapport aux docteurs issus des autres établissements universitaires français.
C’est pourquoi nous demandons :
– Le retrait immédiat et sans conditions de la mesure rétroactive sur la durée des thèses ;
– Une politique de recrutement de Sciences Po, ouverte et ambitieuse : création de postes de maîtres de conférence, de chercheurs titulaires et d’ATER, ouverts à tous les candidats ;
– Une augmentation du nombre de financements de thèse ;
– Une concertation sur les débouchés des chercheurs formés à Sciences Po et le problème de leur recrutement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Nous demandons l’ouverture, enfin, d’un grand débat sur l’avenir de la recherche et des chercheurs à Sciences Po, qui associe l’ensemble des acteurs concernés.

Nous vous prions, Messieurs les Directeurs, de bien vouloir entendre le désarroi et la perplexité qui montent dans les rangs de vos personnels et étudiants chercheurs.
Claire MARYNOWER
Jules NAUDET
Adrien FAUVE
Florent BONAVENTURE
Catherine HOEFFLER

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Voici le texte de la lettre de Philippe Weil, envoyée le 17 mars 2009 aux directeurs de thèse de Sciences Po :
« Chers collègues,
Depuis deux ans, Sciences Po ouvre la période des inscriptions administratives en ligne dans les premiers jours du mois de juillet. Ce nouveau calendrier nous impose d’avoir arrêté dès le 15 mai prochain la liste des doctorants qui seront autorisés à renouveler leur inscription administrative en 2009-2010.
Cette liste est établie par le comité de thèse compétent et est soumise, sous l’autorité du directeur de l’Ecole doctorale, au directeur des études doctorales de la discipline concernée.
Conformément aux dispositions sur l’encadrement de la durée des thèses qui ont été adoptées en juin 2008 par le comité exécutif de l’Ecole doctorale (je joins à ce message le document qui vous avait été transmis alors), je me permets de vous rappeler qu’un doctorant actuellement en 3ème année de thèse ou au-delà doit avoir achevé sa thèse avant la fin de l’année scolaire 2008-2009 (et la soutenir avant le 31 décembre 2009). Une année de prorogation peut être exceptionnellement accordée par le directeur des études doctorales dont il relève sur demande motivée du directeur de thèse. Cette année de prorogation sera la seule dont pourront bénéficier les doctorants actuellement en 4ème année de thèse ou plus.
Pour mémoire, les doctorants en histoire préparant le concours d’agrégation disposent de droit d’une année supplémentaire par rapport au dispositif énoncé ci-dessus.
J’attire votre attention sur l’importance capitale pour vos étudiants de la demande de prolongation de thèse. Celle-ci doit être effectuée par le directeur de thèse auprès du directeur des études doctorales avant le 15 avril 2009. Il incombe ainsi aux directeurs de thèse de faire avant cette date l’inventaire de leurs doctorants en difficulté et de discuter avec eux de leur avenir. La demande de prorogation doit s’appuyer sur les problèmes rencontrés par le doctorant (par ex. terrain compliqué, accès difficile aux archives) et reposer sur des indications concrètes qu’il existe une probabilité significative qu’une prorogation permettra d’achever la thèse durant l’année supplémentaire dont il est fait demande. En l’absence de ces éléments concrets, une prolongation de thèse ne serait ni dans l’intérêt du doctorant ni dans celui de son directeur de thèse.
Je suis conscient de la charge que vous impose ce nouveau dispositif mais son seul but est d’aider et d’encourager les doctorants à progresser rapidement. La charge qu’il représente devrait s’alléger au fur et à mesure que le stock d’étudiants en difficulté se réduira. Je vous remercie d’avance de de votre coopération. Sachez que toute l’équipe de l’Ecole doctorale est à votre disposition pour vous fournir l’aide dont vous pourriez avoir besoin.
Très cordialement,
Philippe Weil »

De Bologne à la LRU : une catastrophe annoncée

Mobilisation dans les universités : le point sur la journée du 26 mars 2009

Mobilisation dans les universités : le point sur la journée du 26 mars 2009

Voici un point sur la journée de mobilisation du 26 mars 2009 dans les universités alors que la coordination nationale des universités appelait à une journée d’action et de manifestation. Cet état des lieux montre une situation contrastée sur l’ensemble du territoire.

RÉGION PARISIENNE

PARIS-III. « Il ne s’est pas passé grand-chose aujourd’hui sur le campus. On est actifs à l’extérieur, comme l’occupation de la Sorbonne », indique Valérie Robert, membre du comité de mobilisation de Paris-III Sorbonne-Nouvelle. Elle ajoute : « Le site de Censier est toujours bloqué. Les cours qui se tiennent sont ceux pour la préparation de concours, formation continue et master pro. » La prochaine AG est prévue pour le mardi 31 mars 2009. La présidence de l’université n’a pas souhaité communiquer sur le sujet.

Paris V Descartes est également mobilisée, principalement sur le site de boulogne billancourt où l’UFR de Psycho (plus de 3000 étudiants) est bloqué depuis début février. Hier l’assemblée générale des personnel a voté la poursuite de la grève jusqu’au 2 avril inclus (44 pour, 2 contre, 2 abst). Les étudiants voteront mardi (à bulletin secret sur la journée entière) la poursuite du blocage. Axel Kahn est passé mercredi et n’a visiblement rassuré personne avec son discours infantilisant (« avec MOI vous êtes protégés »).
A suivre sur notre excellent blog : http://psycho-descartes.over-blog.com/

PARIS-VIII. Une AG a, pour la première fois, voté le blocage de l’université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, indique le président de l’université, Pascal Binczak. Ce dernier ajoute qu’il « s’agit d’une mobilisation sans précédent depuis le début du mouvement ». Il précise que « le blocage a été temporaire, mais c’est le premier depuis huit semaines ». De plus, Pascal Binczak, évoque la « profonde émotion parmi les étudiants de Paris-VIII suite aux événements de mercredi survenus à l’université Paris-XII Val-de-Marne [lors desquels une altercation entre la présidente de l’université et certains étudiants et enseignants aurait eu lieu] ».
PARIS-X. Une journée d’action baptisée « le printemps des colères » était organisée aujourd’hui sur le campus de Paris-Ouest Nanterre La Défense (Paris-X), avec des conférences alternatives. « Elles ont réuni entre 150 et 200 personnes », selon Anissa, porte-parole de l’Unef. La dernière assemblée générale, qui s’est tenue lundi en présence de 350 personnes, a reconduit le
blocage pour toute la semaine. La prochaine aura lieu mardi. « Dans les UFR lettres et SHS, la grande majorité des cours sont annulés. En économie, tout semble normal, tandis que la situation est mitigée en droit et sciences politiques, avec la moitié des cours assurés », constate-t-elle.
PARIS-XII. Une AG a réuni environ 150 personnes, jeudi 26 mars, selon un membre du Snesup. « La mobilisation continue, la détermination ne faiblit pas. De nouveaux ralliements ont eu lieu, comme l’UFR de sciences de l’éducation » selon le Snesup. Il précise que deux journées de blocage « d’un bâtiment de Paris-XII » sont prévues les 1er et 2 avril. Au cours de l’AG, « le principe d’une action visible sur le campus par jour » a également été voté. Des solutions pour « sauver » le second semestre sont envisagées, la situation étant différente d’une UFR à l’autre.

PARIS-XIII. « La situation est à la reprise, mais il y a encore des perturbations en droit, en lettres et à l’Institut Galilée (département informatique) », déclare à l’AEF Jean-Loup Salzmann, président de Paris-XIII. Il fait état de « deux points durs » à l’IUT de Villetaneuse en informatique et en GEA (gestion des entreprises et des administrations), où les cours « n’ont pas lieu ». Dans ces cas, « nous sommes inquiets pour la validation du semestre », précise le président.

OUEST ET CENTRE

LE HAVRE. L’assemblée générale qui s’est tenue dans l’après-midi à l’université du Havre a voté la reconduction de la grève jusqu’à lundi : 240 personnes ont voté pour, 60 contre, une vingtaine se sont abstenues et plus d’une centaine de participants n’ont pas pris part au vote. Seuls une vingtaine d’enseignants participaient à l’AG. En revanche, sur la question du blocage, l’AG a opté pour un blocage ponctuel mis en place les jours de mobilisation. Les cours devraient pouvoir reprendre demain dans des
conditions relativement « normales » avec le retour des tables et chaises dans les bâtiments. La prochaine AG est prévue pour le lundi 30 mars 2009.

CAEN. Le blocage voté en AG mardi a été effectivement mis en place dans deux bâtiments du campus 1, principal site de l’université de Caen. Ces blocages impactent le fonctionnement des UFR de sciences de l’homme, de langues vivantes étrangères, mais également les UFR d’histoire, de psychologie et biologie. Ces bâtiments occupés jours et nuits par une centaine d’étudiants ont fait l’objet d’une fermeture administrative décidée par la présidente de l’université, mercredi 25 mars dans la matinée. Aujourd’hui, l’UFR de droit fonctionne quasi-normalement à l’exception de la banalisation des cours, les jours de mobilisation. L’IAE, les UFR d’économie, de pharmacie, de médecine et de sciences fonctionnent dans des conditions normales. Les cours restent suspendus à l’UFR de Staps et à l’UFR de géographie. L’UFR de géographie a toutefois prévu une reprise des cours pour la rentrée des vacances de Pâques, soit à partir du 20 avril 2009. La présidence de l’université a annoncé en outre aujourd’hui la suppression du carnaval étudiant prévu le 2 avril.

ROUEN. Le projet de « nuit de l’université » prévu ce soir, jeudi 26 mars, dans les locaux de l’UFR de lettres a été maintenu, avec au programme la projection d’un film, un débat et une retraite aux flambeaux. Les organisateurs, l’Unef et le Snesup attendent 100 à 200 personnes. Aucune UFR n’est aujourd’hui bloquée à Rouen et l’organisation des cours reste conditionnée par la grève des enseignants. L’UFR de sciences serait aujourd’hui la plus impactée par ces grèves. La prochaine AG est prévue pour lundi prochain.

BREST. La présidence de l’UBO (université de Bretagne-Occidentale) a décidé en fin de matinée d’évacuer les lieux où se déroule le colloque de la CPU, suite à l’occupation des locaux par une petite centaine d’étudiant. Un rassemblement étudiant était également organisé à 14 heures à Brest, place de la Liberté ; moins d’une centaine de personnes étaient présentes. La
prochaine AG étudiante aura lieu lundi prochain à 13 heures.

RENNES. À l’université Rennes-II Haute-Bretagne, une AG étudiante a réuni aujourd’hui environ 800 étudiants : « Depuis qu’il n’y a plus de blocage total, pas mal d’étudiants sont en quelque sorte rassurés, et ne viennent plus aux AG », explique une responsable de l’Unef. Lundi prochain, lors de la prochaine AG, la question du blocage sera à nouveau posée. En fin de matinée, environ 600 étudiants ont manifesté dans le calme à Rennes. Ils étaient 500 selon la préfecture.

NANTES. Une manifestation étudiante a réuni cet après-midi à Nantes entre 200 et 300 personnes selon l’Unef (200 au plus fort de la manifestation, selon la police). En fin de manifestation, des étudiants ont jeté de la peinture sur la présidence de l’université. À l’université de Nantes, le blocus se poursuit en lettres et sciences humaines et en Staps. La prochaine
AG de l’UFR lettres est prévue mardi prochain.

LE MANS. Un rassemblement de plus de 200 personnes, selon le Snesup, (personnels et étudiants de l’université du Maine) a été organisé ce matin à la maison de l’université. Lors de ce rassemblement, une cinquantaine de personnels de l’université ont remis une lettre commune de démission. Ces personnels assurent des fonctions administratives et pédagogiques
(responsables d’année, responsables de jury, de diplômes, etc.). Parmi les démissionnaires figure le vice-président du CA de l’université, Rachid El Guerjouma, qui démissionne de ses fonctions pédagogiques. À l’université du Maine, enseignants et étudiants se mobilisent également depuis que Samuel, un étudiant camerounais de master 2, a été renvoyé dans son pays, le 19 mars dernier, son titre de séjour n’ayant pas été renouvelé. Une manifestation étudiante était prévue à 13 heures aujourd’hui. Vers 15 heures, une centaine d’étudiants ont envahi le hall de la CCI (chambre de commerce et d’industrie), place de la République, au Mans. Cette occupation avait pour but d’affirmer que « l’université n’est pas une marchandise ». Après avoir
investi les rails de la gare du Mans, les étudiants se sont rendus dans les quatre lycées du centre-ville.

TOURS. Le site des Tanneurs (SHS, langues, lettres, arts) de l’université François-Rabelais est toujours bloqué. Presque aucun cours ne peut avoir lieu. « Depuis deux soirs, une quarantaine d’étudiants occupent les locaux la nuit », affirme la présidence, qui essaie « depuis hier, de mettre en place les cours sur les autres sites ». Hier, une assemblée générale d’environ 500 personnes a reconduit le blocage (285 pour, 208 contre, 80 absentions). « La prochaine assemblée aura lieu mardi prochain », assure Camille, la porte-parole de l’Unef.

ORLÉANS. Les facultés des sciences, lettres, Staps et la majorité de l’IUT de l’université d’Orléans sont toujours bloqués, constate la présidence. « Le président a convoqué l’assemblée des trois conseils lundi après-midi afin de discuter de la situation. » Par ailleurs, une assemblée générale doit se tenir demain et décider de la poursuite du mouvement, indique la porte-parole de l’Unef. Une manifestation sera organisée ce soir au centre-ville.

GRAND SUD-OUEST

BORDEAUX. 750 étudiants et enseignants-chercheurs se sont réunis ce jeudi 26 mars 2009 dans le centre-ville de Bordeaux, indique la préfecture. Ils étaient environ autant mardi dernier, contre un millier ou plus lors des précédents rassemblements.
Depuis le 25 mars 2009, deux des quatre universités bordelaises sont fermées (Bordeaux-I et Bordeaux-IV Montesquieu). Les deux autres connaissent des blocages : blocage total jusqu’à l’assemblée générale du lundi 30 mars, à Bordeaux-III Michel-de-Montaigne et blocage des bâtiments d’enseignement des sciences de l’homme renouvelé jusqu’à mardi 31 mars, à Bordeaux-II Victor-Segalen.
La présidence de Bordeaux-I a lancé mercredi 25 mars à 16h une consultation électronique auprès des étudiants au sujet du blocage voté en assemblée générale. Les résultats de cette consultation, déclarée à la Cnil, seront annoncés vendredi 27 mars, après la clôture, prévue à 14h. De son côté, le président de Bordeaux-IV annonce qu’ « un référendum associant les étudiants
et les personnels du site de Pessac, et portant sur le blocage du site sera organisé dans le courant de la semaine du 30 mars ».
Quand à l’organisation des enseignements et examens à l’issue de ce mouvement, à Bordeaux-III, le Cevu du 24 mars a adopté un texte indiquant que « les diplômes seront délivrés après l’organisation d’une période de cours différés permettant d’assurer un minimum des deux tiers des cours prévus initialement en présentiel. La première session serait organisée avant le 30 juin et la 2ème session à partir du 1er septembre ». Et le vice-président du Cevu de Bordeaux-III, Olivier Laügt, ajoute : « Nous avons
deux semaines normales fin janvier. [Š] On ne bradera rien. Il nous faudra au moins deux tiers des cours, ce qui fait huit semaines, pour pouvoir assurer le service des examens. [Š] La disparité de situation selon les spécialités rend les choses encore plus difficiles à gérer.² Le sujet doit être abordé ce vendredi 27 mars par le conseil d’administration.
À Bordeaux-II, Nicole Rascle, vice-présidente du Cevu, indique : « La situation est contrastée selon les spécialités. Il est question de rattraper les cours, pas totalement peut-être, et sous diverses formes. Nous en sommes à une semaine et demi de blocage, s’il s’arrête mardi prochain [31 mars 2009], rien ne sera vraiment perdu et le rattrapage par regroupement d’enseignements ne sera peut-être pas nécessaire. Pour le moment, rien n’a été modifié quand aux dates d’examen.²

LIMOGES. À Limoges aujourd’hui, une manifestation « a réuni peu de monde, peut-être 200 ou 300 personnes, qui sont parties avec quelques étudiants de la fac de lettre avant de faire le tour des lycées », indique Cyrille Rougier, doctorant et chargé de cours non syndiqué. Il ajoute que « le blocage de l’université voté le 23 mars 2009 par une assemblée d’environ 200 personnes a été reconduit massivement mercredi 25 mars par un nombre de participants plus important. Mais le blocage ne concernera que les journées d’actions, locales, nationales, comme celle de ce vendredi décidée localement ».

POITIERS. Ce jeudi 26 mars, dans la matinée, une assemblée de « plusieurs centaines d’étudiants a voté la reconduite » du blocage partiel adopté la première fois le 17 mars. Les cours reprennent partiellement, UFR après UFR, depuis dix jours indiquent des représentants des étudiants, des enseignants et de la présidence. « Il semble que le mouvement se radicalise », indique le service communication qui ajoute : « Après cette AG, environ 150 étudiants ont investi le hall du bâtiment de la présidence. Mardi [24 mars], une réunion a eu lieu avec l’équipe présidentielle au sujet de l’organisation du rattrapage, mais cette démarche est bloquée, vu la situation ».

PAU. À Pau, « l’assemblée générale a levé le blocage [remis en place le 17 mars après avoir été levé une première fois] à 822 voix pour le déblocage, 696 contre et 46 abstentions », indique la présidence de l’université de Pau et des pays de l’Adour, qui précise qu’une réflexion est en cours au sujet des modalités de rattrapage des cours. La prochaine assemblée générale étudiante est prévue mardi 31 mars à 13h.

TOULOUSE. Les étudiants étaient peu nombreux à manifester sur la place du Capitole, à Toulouse, jeudi 26 mars 2009 ; syndicats étudiants et service de police annoncent 250 personnes. « Les syndicats n’avaient pas appelé à manifester », explique Ludivine Labbé, présidente de l’Unef Toulouse. La prochaine manifestation toulousaine est annoncée pour jeudi 2 avril.

À Toulouse-I, l’AG d’aujourd’hui réunissant « entre 150 et 250 » étudiants, selon les chiffres de la présidence de Toulouse-I ou du comité de mobilisation, a décidé du blocage de l’établissement par 91 voix pour, 45 absentions et « un peu moins d’une trentaine de contre », selon Grégoire du « comité de mobilisation d’UT1 ». « Le blocage a été voté à une large majorité puisqu’en cas de vote, les absentions se comptabilisent comme des votes pour », explique l’étudiant. Un coup de téléphone anonyme annonçant une alerte à la bombe et un appel du secrétariat général de Toulouse-II Le Mirail mentionnant la venue d’un groupe d’étudiants « agités » en centre-ville, ont décidé Bruno Sire, président de Toulouse-I, à fermer administrativement l’établissement pour l’après-midi. Une nouvelle AG des étudiants est prévue vendredi 27 mars.

« Les étudiants du Mirail n’étaient pas à la manif mais ils n’étaient pas non plus en AG », regrette Jef, porte-parole de l’Aget-FSE de Toulouse-II Le Mirail, jeudi 26 mars 2009 qui évoque la présence de « 200 étudiants ». « Nous avions prévu de discuter des thèmes politiques, comme la loi LRU, mais ça ne doit pas être assez racoleur. Ce n’est pas un essoufflement du mouvement mais peut-être sommes-nous moins performants car plus fatigués », assure-t-il. La prochaine AG de mardi 31 mars devrait décider de la poursuite ou non du blocage de l’université.

« 700 personnes dont une vingtaine d’enseignants-chercheurs de Toulouse-III (Paul-Sabatier) ont voté le blocage total suite au constat d’échec du blocage partiel mis en place depuis lundi », indique Émile, membre du « comité UPS en lutte », jeudi 26 mars 2009. Depuis le 23 mars, étudiants, personnels et présidence d’université s’étaient accordés pour mettre en place un blocage partiel avec cours le matin et fermeture du campus l’après-midi. « Seule une trentaine de personnes étaient totalement contre le blocage mais les résultats ont été serrés entre les étudiants favorables au blocage partiel et ceux pour le blocage total », explique l’étudiant qui dénonce la tenue des cours l’après-midi. « Les profs ne jouent pas le jeu de la mobilisation. Peut-être ont-ils peur d’aller trop loin et de pénaliser les étudiants », s’interroge Émile. « Mais pour nous ce n’est pas la fin de la mobilisation, nous irons jusqu’au bout. » Le comité de mobilisation annonce la réinstallation des « montagnes de tables et de chaises dès ce soir et des piquets de grève dès demain matin ».

GRAND SUD-EST
MONTPELLIER. « Notre programme d’action ne comportait pas d’appel à manifester aujourd’hui », rapporte Tina Biard, présidente de l’Unef Montpellier, jeudi 26 mars 2009 « mais nous nous sommes inscrits dans les actions menées par Montpellier-II, notamment sur la place de la Comédie de Montpellier ». La prochaine manifestation est prévue le 2 avril.
« Une vingtaine d’étudiants est restée toute la journée et a occupé les bureaux de l’équipe de direction. On est sur une guerre des nerfs », indique Noëlle Carbona, secrétaire générale de Montpellier-II. « Un petit nombre d’étudiants fait le pied de grue ce soir mais nous allons mettre un vigile toute la nuit pour surveiller les amphis. » Selon elle, ce blocage de l’administration fait suite à l’AG des étudiants qui a rassemblé moins d’une centaine de personnes et à celle de la centaine de personnels. Les étudiants ont également bloqué le Cevu qui devait se tenir cet après-midi. Il ne devrait pas pouvoir bloquer le CA de demain vendredi 27 mars, comme ils l’avaient prévu car la présidence a décidé de le délocaliser. Concernant le rattrapage des cours, Noëlle Carbona évoque une « situation très diverse selon les départements, notamment à la fac des sciences ». « Visiblement, l’IUT de Montpellier a récupéré les cours et les examens vont avoir lieu normalement, précise-t-elle. Mais nous n’avons encore eu aucune demande de la faculté des sciences. »
« L’université Montpellier-III Paul-Valéry est débloquée », annonce Tina Biard, présidente de l’Unef Montpellier. « Les cours reprennent dès demain [vendredi 27 mars] », annonce également la présidence. Lors de l’AG, 563 étudiants se sont prononcés contre le blocage et 407 pour. Ces résultats confirment la consultation électronique des 19 et 20 mars en faveur d’un déblocage de l’université. « Aujourd’hui, il y avait une crise à Paul-Valéry et pour qu’on sorte de cette crise, il fallait débloquer », analyse Tina Biard qui précise aussitôt que « la mobilisation continue ». « Nous allons maintenant retourner en cours, pouvoir informer les étudiants qui ne sont plus venus sur le campus depuis plusieurs semaines et lancer des appels à manifester », envisage la présidente de l’Unef Montpellier. Le conseil d’administration abordera demain la question des examens et des rattrapages de cours. « L’Unef sera intransigeante sur deux points, prévient Tina Biard : il ne faut pas qu’il y ait une session unique de rattrapage, ni qu’il y ait de dépassement sur le mois de juillet car de nombreux étudiants ont déjà prévu de travailler. »

PERPIGNAN. Le conseil d’administration de l’UPVD (université Perpignan Via Domitia) a voté une délibération demandant « expressément au président de remettre en marche l’université par tous les moyens », indique Brigitte Chemarin, directrice de cabinet de l’UPVD, jeudi 26 mars 2009. « Les activités d’enseignement vont reprendre normalement sur le campus à partir du lundi 30 mars, comme l’avait annoncé Jean Benkhelil, président de l’UPVD, et suite à la consultation électronique menée le 17 mars. Le CA a voulu voter cette décision, notamment sur l’insistance des élus étudiants », rapporte Brigitte Chemarin. « Le problème que l’on rencontre est que le matériel d’enseignement est enfermé dans un amphi occupé par cinq ou six étudiants. Le président va vouloir négocier pour que les enseignants puissent reprendre leur cours », précise-t-elle. La directrice de cabinet
rappelle qu’en 2007, face à une situation similaire, « les enseignants-chercheurs étaient eux-mêmes allés chercher les tables et les chaises ». Le bureau de l’équipe de direction de l’UPVD devrait réfléchir lundi 30 mars à la tenue des examens. Une session en septembre et un rattrapage des cours pendant les vacances scolaires seront évoqués. Par ailleurs, le comité de mobilisation étudiant appelle à une manifestation nocturne, ce soir, à partir de 21 heures.

AIX-MARSEILLE. Environ 600 à 700 enseignants-chercheurs, personnels des universités et étudiants, ont manifesté à Marseille, jeudi 26 mars 2009, du Vieux-Port à la faculté Saint-Charles (université de Provence, Aix-Marseille-I), a constaté l’AEF. Le parcours a été modifié lorsque des étudiants ont décidé de rejoindre une petite cinquantaine de salariés de la réparation navale qui manifestaient devant la Chambre de commerce et l’industrie, sur La Canebière. 60 à 70 jeunes ont brièvement occupé le balcon de la CCI en scandant quelques slogans et en appelant à « la convergence des luttes vers la grève générale ».
Dans le cortège figuraient les banderoles de l’Unef, Solidaires Sud-Étudiant, la FSU, les IUT de Saint-Jérôme et de Marseille, les campus de Saint-Jérôme et de Luminy, l’IUFM d’Aix-Marseille et l’Union des étudiants communistes.
Le défilé devait être suivi d’une AG interprofessionnelle sur le site de la faculté, qui a été bloqué pendant deux heures en début de matinée à l’initiative du comité de mobilisation. Hier, une AG de 400 personnes à Saint-Charles a reconduit la grève jusqu’à lundi 30 mars, date de la prochaine AG.
Des cours hors les murs étaient aussi organisés aujourd’hui, sous la forme d’un circuit à la basilique Notre-Dame de la Garde et d’une visite-conférence au musée de la Vieille-Charité.
Sur le campus Saint-Jérôme (universités de Provence et Paul-Cézanne), l’AG du lundi 23 mars a décidé de procéder rapidement à une consultation de tous les personnels sur les effets des réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, et les modalités d’action à entreprendre, indique le comité de mobilisation.
Lundi 30 mars, les responsables de licences de sciences de l’université de Provence réuniront les étudiants et les enseignants pour débattre de l’impact du mouvement sur l’avenir du semestre et de la poursuite de la grève. Une décision sera soumise au vote en AG.
AVIGNON. La mobilisation apparaît toujours aussi soutenue à l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, où les travaux dirigés et les cours magistraux d’amphithéâtre n’ont pas eu lieu depuis huit semaines. Hier, mercredi 25 mars, une AG a réuni plus de 1 500 personnes réparties entre quatre amphithéâtres sur le site principal de l’université, reliés par vidéo-conférence, selon Sud-Éducation. Le record historique de participation en AG est battu pour la troisième fois, croit savoir le syndicat.
La « reprise totale des cours » a été rejetée à « une très large majorité » dans un vote à main levée. Le « blocage total des cours » a été adopté dans un vote à bulletins secrets « à une très nette majorité des 1 536 suffrages exprimés », indique Sud-Éducation.
Aujourd’hui, le comité de mobilisation a procédé à un enterrement symbolique de l’université et porté ses cendres en convoi funéraire pour les jeter dans le Rhône depuis le pont d’Avignon. 200 personnes composaient le cortège.
Interrogé par l’AEF sur la validation du semestre, le vice-président du Cevu, Samuel Priso-Essawe, indique qu’il a été « demandé aux équipes de formation de revoir les programmes et réorganiser les connaissances à transmettre sur un temps plus réduit, en passant par exemple de 30 heures de cours à 10 ou 12 heures. Mais nous allons bientôt arriver à un point où il sera difficile d’évaluer décemment des connaissances qui n’ont pas été transmises car les étudiants n’auront au que 3 ou 4 heures de cours ».
En théorie, le semestre, qui se termine fin mai, comporte encore quatre semaines de cours, entrecoupées de deux semaines de congés. La réflexion est en cours pour exploiter différemment les mois de mai à juillet, mais « en juillet, il y a des étudiants partis, d’autres qui travaillent ou doivent libérer leurs chambres », remarque Samuel Priso-Essawe.

GRENOBLE. Pas « d’actions coups-de-poing » aujourd’hui 26 mars comme cela avait été annoncé par la présidente de l’Unef, Marie-Charlotte Pierre, mardi dernier. « Il y a eu des blocages au niveau de l’IEP et de la galerie des amphis de l’université Pierre-Mendès-France (Grenoble-II) mais ils n’ont pas tenu », précise la présidente de l’Unef Grenoble. Les tables et chaises, qui ont été sorties des amphis par les bloqueurs, ont été aussitôt remises en place « par l’administration et par des étudiants », assure-t-elle. « Par contre, les salles de TD [de Grenoble-II] sont toujours vides. » Elle précise que l’université Stendhal (Grenoble-III) poursuit son ³printemps des chaises² et ses cours alternatifs, mais n’est pas bloquée. Quant à l’université Joseph-Fourier (Grenoble-I), « elle est en plein partiels ».
LYON. 2 000 à 3 000 manifestants, selon les organisations étudiantes, 1 700 selon la police, sont partis de la place des Terreaux à Lyon en début d’après-midi pour rejoindre la préfecture où était organisé un sit-in.

CLERMONT-FERRAND. Le cortège clermontois est parti de la faculté de lettres (Clermont-II Blaise-Pascal) et a rejoint la préfecture, « avec, au milieu, un sit-in devant le rectorat », indique à l’AEF Gwénolé Jouannic, représentant de l’Agec. « Nous étions environ 350 personnes », ajoute-t-il, 200 selon la police. Le prochain événement aura lieu le 1er avril « avec une action à la permanence du Medef », annonce l’étudiant.
SAINT-ÉTIENNE. Ce sont « 200 manifestants » qui ont défilé dans les rues de Saint-Étienne, aujourd’hui 26 mars, « dans une ambiance bon enfant », selon les organisateurs. De plus, selon Elsa-Marie Savarino, étudiante, « ce matin, l’opération péage gratuit a très bien fonctionné » : « Il n’y a eu aucun incident. L’argent récolté alimentera les comités de grèves et servira aux tracts, billets de train pour rejoindre les coordinations nationales, matériel de banderoles, etc. ».
Le 24 mars dernier, une AG étudiante sur le campus de Tréfilerie aurait revoté le blocage « avec 521 voix pour, 426 contre, 34 abstentions, de source administrative », indique Jean-Luc Foury, directeur de la communication de l’université Jean-Monnet Saint-Étienne. La veille, sur le campus de la Métare, les étudiants revotaient le blocage « avec une centaine de voix d’écart entre les pour et les contre », précise Elsa-Marie Savarino, tandis que les étudiants de Staps validaient le même jour, « à une très large majorité » le reblocage de leur site. Selon Elsa-Marie Savarino, l’AG des personnels qui s’est tenue le 24 mars dernier aurait appelé à « une plus grande implication des personnels dans le mouvement de contestation ».

GRAND-EST

DIJON. L’Unef rapporte que le blocage de l’UB (université de Bourgogne) a été voté en AG aujourd’hui « à une très large majorité ». L’AG elle-même a rassemblé près de 1 000 participants, davantage qu’à l’accoutumée, selon Delphine Helle. Le bâtiment droit-lettres du campus dijonnais est bloqué, et les modalités du blocage de l’UFR de sciences étaient encore en discussion en fin de journée. Les préparations de concours et de certains examens ainsi que les bibliothèques demeurent accessibles, indique encore l’Unef. Le principe de conférences et d’actions est programmé, « afin que la fac reste animée ». Prochaine AG prévue lundi 30 mars, jour où un conseil d’administration de l’UB est également inscrit au calendrier.

REIMS. Un cortège de 300 personnes selon les forces de l’ordre, de 400 à 450 personnes selon les organisateurs, a défilé cet après-midi à Reims. Hier, l’AG qui devait avoir lieu sur le site Croix-Rouge de l’Urca (lettres, sciences humaines) a été reportée faute de salle disponible ; toutefois, «300 étudiants ont décidé de continuer le blocage entamé il y a deux semaines et demi, en attendant l’AG de lundi prochain », rapporte le Snesup-FSU. Le président Richard Vistelle a prolongé la suspension des enseignements jusqu’à dimanche 29 mars 2009 au soir, « sauf pour les étudiants en deuxième année de master, en formation continue et en préparation aux concours ».
Ce mercredi, une réunion de 200 étudiants du campus scientifique Moulin de la Housse a voté pour la première fois le blocage (à 125 voix pour, et 65 contre), entraînant la présidence à suspendre ce jeudi les cours de l’UFR sciences exactes et naturelles, indique le Snesup-FSU.
Par ailleurs, les enseignants-chercheurs des deux sites ont mené des actions communes. « Ce matin, 24 d’entre eux ont obtenu de la présidence qu’une réunion des trois conseils se tienne lundi prochain, afin que l’équipe dirigeante reprenne position sur les réformes en cours », déclare Fabien Tarrit (Snesup-FSU). Hier, 90 enseignants ont remis solennellement à Richard Vistelle une lettre de démission de leurs tâches administratives et pédagogiques. « En sciences, on a eu 53 courriers, sur 240 personnels », fait remarquer Thierry Raoux (Snesup-FSU) : « certes, il y a moins de participants à la grève complète, mais dans les discussions, le sentiment perdure de ne pas avoir reçu de réponses du gouvernement, et pas seulement chez une poignée d’irréductibles ».

NANCY. Une AG unitaire a réuni de 500 à 700 personnes, dont une quarantaine d’enseignants-chercheurs, ce jeudi midi sur le site de l’université Nancy-II (lettres, sciences humaines). D’après Manuel Rebuschi (Snesup-FSU), « la prochaine AG de lundi permettra d’évoquer la fin de l’année et la suite de la grève administrative, mais aussi de décider d’une action commune avec les autres établissements lorrains, autour de la réunion de leurs quatre CA du 21 mars » (dans la perspective d’une université unique en région). Selon Michaël Protain (Unef), « nous avons voté le maintien du blocage jusqu’à mercredi prochain à une large majorité, avec des chaînes sur les portes, la mise en place d’un « campus alternatif » [cours par des étudiants, ateliers,
etc.], alors que jusqu’ici on se mobilisait plus ponctuellement ».
À Nancy-I Henri-Poincaré, une AG unitaire (étudiants, personnels Biatoss et enseignants-chercheurs) a réuni aujourd’hui environ 200 personnes « et appelé au blocage à partir de lundi prochain », indique François Charoy (Snesup-FSU).
La manifestation nocturne du mardi 24 janvier a rassemblé 230 personnes selon les forces de police, de 300 à 400 selon les organisateurs. Par ailleurs, les personnels et les étudiants de l’IUFM de Lorraine se sont mobilisés hier à l’appel du Sgen-CFDT et du Snes-FSU : AG des personnels à Maxéville, inscription symbolique d’étudiants place Stanislas (200 personnes), classe transplantée dans un centre commercial (à Metz), etc.

STRASBOURG. La tension est montée d’un cran sur le site de l’UdS (université de Strasbourg), alors que se rapproche l’heure de la fermeture totale du campus, en prévision du sommet de l’Otan (à compter de samedi et pour une semaine). Selon le souhait initial de la présidence, les étudiants occupant le bâtiment « le Patio » nuit et jour devaient quitter les lieux après la manifestation prévue ce jeudi après-midi.Tôt ce matin, la police était sur le campus de l’Esplanade pour constater des effractions au sein du local du Bureau de la vie étudiante (« cloisons vitrées éventrées », « ordinateurs volés ou abandonnés à l’extérieur », indiquait Alain Beretz sur France Bleu Alsace). « Les 70 étudiants à l’intérieur du Patio n’ont pas apprécié que leur président sous-entende implicitement [à la radio] que les bloqueurs puissent être à l’origine de cet acte de vandalisme », observe Michaël Gutnic (Snesup-FSU). S’en est suivie une journée de négociations « pour que chacun sorte la tête haute ». « A 13h30, une délégation d’une cinquantaine d’étudiants a fait irruption dans le bureau du président pour solliciter le droit d’occuper le Patio jusqu’à demain matin, vendredi 27 mars, s’engageant à quitter les lieux dans le calme dans la journée », indique ce soir la présidence dans un communiqué de presse. « Le président a accepté cette proposition à condition qu’elle soit actée par une déclaration écrite rendue publique ». Ensuite, « [Alain Beretz] a accompagné les étudiants au Patio, dont il a permis la réouverture afin que l’assemblée générale puisse s’y tenir et se déterminer (Š) ».. Sur place, quelque 300 personnes sont restées mobilisées cet après-midi à l’extérieur, selon Anne-Véronique Auzet (Snesup-FSU). Alors que les étudiants devaient rendre leur décision à 18h, ils n’avaient toujours pas fait de déclaration vers 20h. Lors de l’AG (200 personnes
environ), « les étudiants-grévistes ont voté qu’ils ne sortiraient pas par eux-mêmes », indique Michaël Gutnic, qui s’attend à une évacuation par les forces de l’ordre dans les prochaines heures. Les étudiants mobilisés ont prévu d’occuper le campus d’Illkirch à compter de lundi, la prochaine AG étant prévue sur le campus central le 6 avril.

NORD

LILLE. À l’université Lille-I, une AG étudiante a été organisée aujourd’hui et une AG personnels aura lieu demain à 10h, selon Claire Bornais du Snesup. Les syndicats s’organisent déjà pour aller manifester à Paris le 2 avril. L’IUT, dont le blocage avait été voté lundi, a été « débloqué dans la journée de mardi, car ceux qui étaient contre le blocage étaient plus nombreux », précise-t-elle. À Lille-II, il n’y a « toujours pas de cours » après le vote de leur annulation en début de semaine. Ils sont remplacés par les « états généraux » de l’université, qui sont visibles sur un site <http://lille2.etatsgeneraux.info/>   spécialement créé.