Evacuation du rectorat d’Orléans

« La coordination des personnels et étudiants de l’université d’Orléans et des organismes de recherche, condamne vivement les brutalités policières survenues lors de l’occupation pacifique du rectorat de l’académie Orléans-Tours. Elle dénonce l’interpellation arbitraire d’un étudiant convoqué le 9 septembre 2009 au tribunal et exige qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Elle constate que c’est la seule réponse que le gouvernement oppose à huit semaines de mobilisation légitime.
La coordination de l’université d’Orléans. »

« Je faisais parti de ceux qui ont occupé le rectorat. L’occupation s’est passé dans le calme pendant environ 4h. Aucun dégat n’a eu lieu. Suite au refus de sortir du rectorat, ils ont décidé l’évacuation par la police. Nous avons discuté avec eux en disant que nous ne ferions qu’une résistance passive (ce que nous avons fait). Malgré cela, un policier en civil nous a qu’en même dit que si on sortait pas ils allaient nous faire saigner (et ce n’est qu’une des nombreuses insultes qui ont plu) Personnellement, j’ai été sorti dans les premiers, je n’ai eu donc presque pas de coup (un petit poing dans le cou pour m’obliger à me lever mais c’est tout). Par contre, on ne peut pas dire la même chose pour les étudiants. Je suis allé personnellement avec deux d’entre eux
chez SOS Medecin pour faire constater les blessures et pour être sur que tout allait bien. Un des étudiants (IUT Info) n’a rien juste mal au cou suite à des pressions. Par contre, le deuxième (IUT Info) a un arrêt de 3 jours car la police lui a tapé avec une matraque sur la main. Un certificat a donc été fait.
L’étudiant arrêté n’a clairement rien fait mais la police ne pouvant pas avouer leur bavure ont préféré l’inculper. Il passera en septembre au tribunal pour rébellion. »

Communiqué de presse du syndicat Sud

« Après l’interpellation d’un étudiant de l’Université d’Orléans, Communiqué de presse commun des syndicats : Sud Éducation Loiret, Sud Étudiant Orléans et Sud Recherche.
Vendredi 27 mars 2009, des étudiants, professeurs et personnels de l’Université d’Orléans ont investi symboliquement le Rectorat de l’Académie Orléans-Tours. Alors que depuis deux mois l’Université est en grève, notamment contre le décret statutaire des enseignants-chercheurs et le décret sur la mastérisation, le Gouvernement n’a réagi que par le mépris, les manoeuvres et la répression.
A Orléans, à l’issue de l’occupation pacifique des locaux du Rectorat et après avoir demandé sans succès, la présence des médias à l’intérieur du bâtiment, les étudiants et professeurs ont été évacués sans ménagement vers 16 heures par les forces de l’ordre.
L’un des étudiants, Aurélien, blessé, a été arrêté, menotté et conduit au commissariat central d’Orléans, d’où il a été relâché aux alentours de 19 heures. Il devra répondre le 9 septembre prochain devant le Tribunal Correctionnel d’Orléans du délit de rébellion envers les forces de l’ordre.
Sud Éducation Loiret, Sud Étudiant Orléans et Sud Recherche tiennent à exprimer leur soutien sans réserve à Aurélien.
Ils demandent la levée des poursuites engagées contre Aurélien, bouc émissaire de cette action collective.
Ils s’interrogent vivement sur le fait qu’une action non-violente ait pu donner lieu à un tel dérapage au moment de l’intervention des forces de l’ordre. Ils réaffirment plus que jamais leur soutien à la cause des personnels universitaires en luttes et leur engagement à leurs côtés.
Orléans, le 28 mars 2009 »

Voir également :

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Où en est-on à propos du décret EC ? L’arnaque continue !

A lire sur le site du SNESUP, la narration et le résultat du CTPU du 24 mars. Voir également la « dernière mouture du texte » :

Pour mémoire, l’un des points-clé du décret, c’est à dire la « grille d’équivalence nationale des différentes activités des enseignants-chercheurs” n’est toujours pas construite.

Ce qui nous donne donc :

  1. Le décret tel que publié en 1984 : jo198401784.pdf
  2. Le “nouveau” décret de Valérie Pécresse dans sa version “originelle” – 9 Novembre 2008 – : Téléchargement decret08-statut-ec-.pdf
  3. Le décret après examen par la CTPU – 24 Novembre 2008 – (Téléchargement Décret-statutEC-aprés CTPU 24.11.08)
  4. La note explicative (sic) dudit décret – 1er Décembre 2008 – (Téléchargement Note explicative décret 84 – 01-12-08 )
  5. dernière version révisée du projet de décret – 30 Janvier 2009 – suite à de premières négociations principalement menées par quelques juristes.
  6. Le texte à l’issu de sa réécriture au ministère – 5 Mars 2009 – : nouveau-projetdécret – en présence de 4 syndicats et en l’absence du SNESUP et d’autres associations représentatives.
  7. Version du décret statut EC transmise au CTPU (24 Mars 2009). Seul le syndicat Autonome-sup est resté à la table des négociations pour valider cette dernière version du décret.
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Extrait du communiqué du SNESUP :

« La rédaction des décrets laisse cependant apparaître une véritable méconnaissance voire une occultation des réalités du terrain ainsi qu’une défiance envers les collègues ; elle fait peser de réelles menaces sur les enseignants-chercheurs :

  • l’inscription dans le décret d’un seuil de déclenchement des heures payées en heures complémentaires fixé à 128 h de cours ou 192 h de TD/TP (revendication du SNESUP : 100 h et 150 h) n’offre pas de véritable garantie quand, dans le même temps, la ministre maintient le dispositif de modulation. La prise en compte dans ces 192 h des activités figurant dans le tableau d’équivalence, ne pourra par ailleurs être décidée que localement ;
  • le mandat d’élu au CNU est rendu incompatible avec celui d’élu dans un CA d’établissement, mais pas avec celui de nommé à l’AERES ; l’adjonction de suppléants individuels et de CV publiés modifie la nature du scrutin CNU ;
  • le vote pour les élections au CNU peut être électronique.

L’enveloppe indemnitaire pour les membres du CNU, multipliée par quatre, est une des rares propositions nouvelles, nécessaire pour remplir à bien les missions, mais bien dérisoire au regard des besoins en matière de fonctionnement, de liberté et de démocratie ! La ministre n’a apporté AUCUNE réponse pour supprimer la modulation qui, dans son principe, continue à permettre l’alourdissement non rémunéré des services d’enseignement. Le SNESUP a rappelé dès le début l’ensemble des points indissociables pour l’ouverture de vraies négociations globales sur la plate-forme revendicative, et ceci avec l’ensemble des acteurs du mouvement universitaire. Bien que s’engageant à apporter des réponses dans les plus brefs délais, la ministre persiste dans sa stratégie de « saucissonnage » en ne proposant que des rencontres sur des dossiers spécifiques avec des interlocuteurs distincts. Elle évoque ainsi la date du 8 avril pour soumettre le décret du contrat doctoral au CTPM et esquive l’interpellation du SNESUP sur la question de la formation des enseignants et des concours. Le décret CNU doit être désormais examiné par le CSFPE (Conseil supérieur de la fonction publique d’État) le 9 avril, puis les deux décrets transmis au Conseil d’État. En l’état la réponse du gouvernement est une insulte à la communauté universitaire. Le SNESUP appelle tous les collègues à intensifier les actions et à toucher par tous les moyens l’opinion publique pour obtenir l’abandon des décrets et autres dispositifs contestés. Nous ne nous laisserons pas faire ! »

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Par ailleurs, un collègue livre l’analyse suivante qui démasque la stratégie gouvernementale :

« L’Autonome (seul syndicat pourtant ultra minoritaire à avoir « négocié la dernière version du décret au CTPU) paraît se réjouir dans son communiqué de l’adjonction d’un  amendement sur le paiement des HC au delà de 192h. Je m’étonne que Charlet (négociateur de l’Autonome), éminent latiniste, soit aussi naïf et surtout méconnaisse  autant les ruses de la grammaire. Il y a en effet une arnaque dans  l’utilisation de l’adjectif « complémentaires » à l’intérieur de cet amendement sorti du chapeau de V. Pécresse. Ecrire :
  • « Lorsqu’ils accomplissent des enseignements complémentaires au delà de 128h de cours ou de 192h de travaux dirigés ou pratiques ou toute  combinaison équivalente en formation initiale, continue ou à  distance,  les enseignants-chercheurs perçoivent une rémunération complémentaire  dans les conditions prévues par le décret 83-1175 du 23 décembre 1983 ».  N’est pas pareil qu’écrire :
  • « Lorsqu’ils accomplissent des enseignements au delà de 128h de cours  ou de 192h de travaux dirigés ou pratiques ou toute combinaison  équivalente en formation initiale, continue ou à distance, les  enseignants-chercheurs perçoivent une rémunération complémentaire dans  les conditions prévues par le décret 83-1175 du 23 décembre 1983 ».
Cela signifie que l’on se retrouve dans la même situation que celle produite par la première version du décret :
a) Si le service d’un collègue est modulé à 120h, et que le collègue fait 124h, il ne peut être payé de ses 4h complémentaires car il faut  en avoir fait 192h pour avoir ce droit…
b) Si le service d’un collègue est modulé à 220h, et que le collègue fait 224h, il ne fait que 4h « complémentaires », et non 220-192=28h.
Dit autrement :
Le mot complémentaire, associé à « enseignement », signifie que seuls les « enseignements complémentaires », au-delà du service attribué à chacun, seront payés en heures sup : cela veut dire que si un service est modulé à la hausse, seuls les dépassements de ce service sont concernés, et pas toutes les heures « modulées à la hausse ». Si on enlève l’adjectif, cela veut dire que toutes les heures d’enseignement au-dela du seuil sont payées en heures sup.
Bref, V. Pécresse est une arnaqueuse. On le savait. Et l’Autonome vient de se ridiculiser …

Démissions des fonctions administratives

Pour avoir une vue d’ensemble des démissions administratives effectives, en cours ou à venir dans l’université :

Tonnerre de Brest ! Cinq présidents d’université appellent à la poursuite du mouvement !

Tonnerre de Brest !

La Conférence des Présidents d’Université (CPU) tient depuis le mercredi 25 mars son colloque annuel, à Brest. Pendant ce temps, nos ministres de tutelle maintiennent le cap des réformes que la communauté universitaire, après huit semaines de mobilisation, continue massivement à rejeter. Pendant que les présidents réunis à Brest appellent clairement les universitaires à rentrer dans le rang au prétexte que leurs principales revendications auraient été satisfaites, nos universités voient dans les faits le mouvement en cours se poursuivre, voire s’amplifier, avec une détermination et une inventivité étonnantes. Nous, présidents d’université responsables, avions hésité à participer à ce colloque brestois de la CPU que nous jugions pour le moins inopportun… et qui ressemble ces jours-ci  à une fuite à Versailles !

Le dernier communiqué de la CPU, ainsi que les conditions dans lesquelles se tient son colloque, justifient amplement nos préventions. En capitaines de navires qui traversent une tempête comme l’université n’en a pas connue depuis 1968, nous considérons que notre devoir est de rester sur le pont, solidaires de nos collègues enseignants-chercheurs et personnels administratifs, solidaires de nos étudiants.

Cet « Appel de Brest » lancé mercredi par la CPU invitant unanimement à la reprise des cours et de l’organisation des examens, sonne comme une réponse à «l’Appel de la Sorbonne» que nous avions lancé le 9 février, par lequel nous appelions les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à «retirer tous les projets de réformes controversés» et à organiser une véritable concertation pour construire sur de meilleures bases l’avenir de nos institutions universitaires. Ce communiqué n’a donc été voté qu’à l’unanimité des présidents présents à Brest et n’exprime donc nullement une position unanime de l’ensemble des présidents d’université.

Notre sens de la responsabilité nous conduit également à regarder les circonstances avec les yeux de l’honnêteté, à dénoncer le fait que nos ministres n’ont toujours pas pris la mesure de la situation, à regretter l’étrange surdité de certains collègues qui depuis le phare de Brest croient observer que le «champ de la concertation» a réellement été ouvert et qu’il convient donc que les universités reprennent leur activité normale… Fermez le ban !

Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la «mastérisation» reste confuse dans l’organisation qu’elle propose pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs tant à la qualité qu’à la cohérence de la formation des enseignants des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles formations. C’est là une manœuvre pour faire entériner à l’avance tout le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire. La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l’année de formation en alternance). Nous constatons aussi que l’augmentation des moyens promise par les pouvoirs publics ne s’est jusqu’à présent traduite que par le travestissement des dotations budgétaires de l’Etat (qui font en réalité apparaître une baisse sensible de nos moyens) et que les suppressions de postes pour l’année 2009 sont toujours maintenues.

Nous constatons encore que la réforme du statut des enseignants-chercheurs, loin de satisfaire les attentes des personnels concernés, continue d’aggraver les contradictions de la loi LRU. Inscrite dans la dernière version du projet de décret, la possibilité pour les enseignants-chercheurs de choisir librement l’établissement dans lequel ils souhaitent effectuer leurs activités de recherche empêchera les acteurs de l’université de conduire efficacement la politique scientifique de leurs établissements, telle que la loi LRU pourtant les invite à la construire de manière autonome. Et c’est encore la concurrence entre universités qui sera ainsi exacerbée. Cette nouvelle version d’un décret que la ministre ne finit pas de réécrire, est proprement irréaliste en ce qu’il hypothèquerait tout recrutement sur les bases d’un profil de recherche correspondant à la politique scientifique de l’établissement.

Notre sens des responsabilités nous appelle, enfin, à garantir la qualité des diplômes de l’année 2009. Nos universités ont acquis depuis longtemps une expérience en matière d’aménagement des modalités de validation des cursus en période de grève, et nous n’avons pas besoin d’injonctions pour prendre les mesures qui conviennent à la situation. La fébrilité manifeste de certains, qui les conduit, face aux revendications des étudiants, à préférer à l’échange d’arguments, celui de gestes violents, dans des altercations confuses, ne les qualifie pas pour donner des leçons de responsabilité. Il est plus que temps de négocier sérieusement en acceptant de traiter globalement une crise qui est globale, ce qui suppose d’abord de retirer, comme nous le demandons depuis plusieurs semaines, les projets de réforme controversés. Cette crise aurait pu être évitée et réglée en quinze jours au mois de janvier : poursuivons tous la mobilisation pour que cette crise ne pourrisse pas davantage l’année universitaire.

  • Pascal BINCZAK, Président de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis
  • Bernadette MADEUF, Présidente de l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
  • Georges MOLINIE, Président de l’université Paris IV La Sorbonne
  • Philippe ROLLET, Président de l’université Lille I
  • Anne FRAISSE, Présidente de l’université Montpellier 3 Paul Valéry

(Source : le blog de Sylvestre Huet. D’autres présidents d’universités devraient incessamment rejoindre les signataires de cet appel. Ce billet sera mis à jour au fur et à mesure)


Démission des fonctions administratives de l’UFR de Philosophie de Paris 1

Dans le contexte de la mobilisation des universitaires, les enseignants-chercheurs suivants annoncent leur démission de leur
fonctions de responsabilité (indiquées plus bas) en guise de protestation contre la surdité réitéré du ministère et pour
l’ouverture de véritable négociation sur la base proposée par la coordination nationale des universités.

Ces démissions deviendront effective au 01/04/09, date à laquelle la liste de l’ensemble des collègues démissionnaires (toutes UFR confondues) sera transmise à la Présidence de l’université Paris 1 ainsi qu’au Rectorat de Paris (conformément au mot d’ordre donné par la Coordination nationale des universités).

Liste des collègues démissionnaires à l’UFR de Philosophie (et liste des responsabilités concernées).

  • Susana BERESTOVOY Responsable des affaires internationales à l’UFR. Responsable des enseignements d’informatique en L2 de philosophie et en L2 de Logique. Co-responsable du site Internet
  • Bertrand BINOCHE Co-responsable du master spécialité « Histoire de la philosophie ». Responsable de la commission de validations des acquis de l’UFR.
  • Jean GAYON Responsable du master spécialité « Logique, Philosophie, Histoire et Sociologie des Sciences » (LOPHISS).
  • Christophe GRELLARD Responsable du budget
  • Chantal JAQUET Co-responsable du master spécialité « histoire de la philosophie »
  • Jean-Baptiste JOINET Responsable de la Licence de Logique Co-responsable du site Internet
  • Catherine LARRÈRE Responsable du master spécialité « Philosophie et société »
  • Anne MOEGLIN-DELCROIX Direction du centre de philosophie de l’art (composante de l’EA « Philosophies contemporaines »).
  • Pierre-Yves QUIVIGER Responsable de la bilicence droit/philosophie
  • Pierre WAGNER Responsable du L1 de Logique. Responsable des ennseignements d’épistémologie en L2

On a testé pour vous : les réformes de la recherche et de l’université : Lettre ouverte des élus doctorants de Sciences Po

On a testé pour vous : les réformes de la recherche et de l’université !
Lettre ouverte des élus doctorants de Sciences Po

L’Assemblée générale des étudiants, doctorants et chercheurs de Sciences Po, réunie le 26 mars 2009, a décidé de communiquer au plus grand nombre la lettre ouverte adressée le 19 mars par les élus doctorants à MM. Descoings, Latour et Weil, respectivement directeur de Sciences Po, directeur scientifique de Sciences Po et directeur de l’école doctorale.
Cette mobilisation fait suite à un scandale qui n’est pas sans rappeler ce qui se fait par ailleurs, ou est en train de se mettre en place dans l’université française, Sciences Po étant de fait le laboratoire des réformes en cours dans l’enseignement supérieur.
Ainsi, un courrier de M. Weil a signifié, le 17 mars dernier, aux directeurs de thèse de Sciences Po que leurs étudiants en 3ème année ou plus devaient avoir soutenu avant le 31 décembre 2009, sous peine de radiation.
Une lettre ouverte a été adressée par les élus à MM. Descoings, Weil et Latour pour protester tant sur le principe que sur les procédés de cette annonce. Non seulement la rétroactivité apparaît-elle scandaleuse dans son contenu (comment imposer une norme à des doctorants ayant déjà commencé leurs travaux sous d’autres conditions ?), mais également dans sa forme, puisque cette mesure a été prise sans concertation avec les parties concernées (étudiants comme professeurs) et de manière arbitraire.  Le vocabulaire employé dans la lettre de M. Weil offense en outre les doctorants, et met en lumière la conception toute manageriale et comptable que se fait la direction du rôle de l’Ecole doctorale. Il s’agit là d’un bel exemple d’une direction d’établissement universitaire toute puissante. C’est vers ce modèle que nous mène la LRU.
La mobilisation à Sciences Po peine aujourd’hui à se développer, et est essentiellement portée par les doctorants et les étudiants (nous plafonnons à environ 120 personnes en AG). Les enseignants-chercheurs sont peu nombreux à être mobilisés.
Deux des principales raisons à cela résident directement dans le type de gestion qui a cours à Sciences Po. La première est la crainte d’être mal vu d’une direction dont chacun connaît le pouvoir. Ainsi de nombreux étudiants ayant participé à l’occupation de Sciences Po ont déjà été l’objet de menaces personnelles par la direction. La seconde est la très grande difficulté à créer un mouvement collectif de grande ampleur dans un établissement où plus de 90% des enseignants sont vacataires. Dans un tel contexte une grève des enseignants titulaires est vouée à l’invisibilité.
Considérant que les méthodes et principes mis en œuvre par la direction de l’école doctorale de Sciences Po sont ceux qui régissent les réformes en cours dans l’université et la recherche, l’Assemblée générale des étudiants, doctorants et chercheurs de Sciences Po invite le plus grand nombre à prendre connaissance de la lettre ouverte des élus doctorants, et à soutenir cette mobilisation en y apportant leur signature au lien suivant : http://www.ipetitions.com/petition/ecoledoctoralesciencespo/

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Messieurs les Directeurs,
Nous, représentants élus des doctorants au Conseil de l’Ecole doctorale de Sciences Po, déplorons le peu de cas qui est fait, dans notre établissement, de la recherche et de la formation à la recherche.
Le dialogue entre la direction et les représentants des doctorants est, semble-t-il, tenu pour inutile voire nuisible. Un courrier a été envoyé le 17 mars 2009 aux directeurs de thèse, leur enjoignant de faire soutenir avant le 31 décembre 2009 leurs doctorants de troisième année et plus. L’obligation d’écrire une thèse en trois ans est imposée de manière RÉTROACTIVE (nous n’avons pas commencé nos thèses en ayant cet impératif à l’esprit) et ne tient compte qu’à la marge des situations individuelles. Cette mesure a été prise sans concertation aucune et dans le secret. Elle contredit les propos tenus aux représentants par la direction.
Cette lettre utilise, en outre, un langage choquant et tient les doctorants pour quantité négligeable, qualifiant ceux qui ont atteint ou dépassé leur troisième année de « stock d’étudiants en difficulté » dont il est nécessaire de faire un « inventaire ». Opacité, mépris, violence verbale : telles sont les méthodes employées par la direction de l’Ecole doctorale.
Il convient de rappeler ce qui semble être une évidence : il n’existe pas d’école doctorale sans doctorants. Ceux-ci contribuent au rayonnement national et international de Sciences Po par leurs parutions, par leurs articles, par leurs participations à des colloques et par leurs enseignements, tant à l’IEP que dans d’autres universités.
La mobilisation nationale contre les réformes de l’université et de la recherche connaît un succès évident parmi les étudiants. Ils témoignent ainsi de leur attachement à la recherche en sciences humaines et sociales menée par les doctorants, par les chercheurs et par les enseignants-chercheurs des divers laboratoires de Sciences Po.
Sciences Po a pour ambition de s’inscrire en tête des grands classements internationaux des universités. Pourtant, la plupart des enseignements de Sciences Po ne sont dispensés, dans leur très grande majorité, ni par des titulaires, ni par des universitaires. L’établissement aurait pourtant beaucoup à gagner d’une politique de recrutement privilégiant la titularisation d’universitaires, ne serait-ce qu’en permettant d’augmenter le nombre de publications par des chercheurs titulaires de Sciences Po, et d’améliorer ainsi sa place dans les dits classements.
Par ailleurs la politique actuelle de recrutement des enseignants pénalise directement les jeunes docteurs de Sciences Po. En ne recrutant pas, ou très peu, de chercheurs et d’enseignants issus des universités françaises, Sciences Po se met de fait à l’écart de la communauté universitaire. Les doctorants sont les premiers à pâtir de cet isolement, l’université étant le débouché naturel des jeunes docteurs de Sciences Po.
Aussi nous, chercheurs formés à Sciences Po, sommes victimes de la singularisation croissante de Sciences Po sur la scène universitaire nationale, et connaissons des problèmes toujours plus importants de recrutement, sans que l’établissement semble se soucier de notre avenir. A de nombreux égards, nous faisons figure de déclassés d’élite, paradoxalement désavantagés en termes de débouchés par rapport aux docteurs issus des autres établissements universitaires français.
C’est pourquoi nous demandons :
– Le retrait immédiat et sans conditions de la mesure rétroactive sur la durée des thèses ;
– Une politique de recrutement de Sciences Po, ouverte et ambitieuse : création de postes de maîtres de conférence, de chercheurs titulaires et d’ATER, ouverts à tous les candidats ;
– Une augmentation du nombre de financements de thèse ;
– Une concertation sur les débouchés des chercheurs formés à Sciences Po et le problème de leur recrutement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Nous demandons l’ouverture, enfin, d’un grand débat sur l’avenir de la recherche et des chercheurs à Sciences Po, qui associe l’ensemble des acteurs concernés.

Nous vous prions, Messieurs les Directeurs, de bien vouloir entendre le désarroi et la perplexité qui montent dans les rangs de vos personnels et étudiants chercheurs.
Claire MARYNOWER
Jules NAUDET
Adrien FAUVE
Florent BONAVENTURE
Catherine HOEFFLER

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Voici le texte de la lettre de Philippe Weil, envoyée le 17 mars 2009 aux directeurs de thèse de Sciences Po :
« Chers collègues,
Depuis deux ans, Sciences Po ouvre la période des inscriptions administratives en ligne dans les premiers jours du mois de juillet. Ce nouveau calendrier nous impose d’avoir arrêté dès le 15 mai prochain la liste des doctorants qui seront autorisés à renouveler leur inscription administrative en 2009-2010.
Cette liste est établie par le comité de thèse compétent et est soumise, sous l’autorité du directeur de l’Ecole doctorale, au directeur des études doctorales de la discipline concernée.
Conformément aux dispositions sur l’encadrement de la durée des thèses qui ont été adoptées en juin 2008 par le comité exécutif de l’Ecole doctorale (je joins à ce message le document qui vous avait été transmis alors), je me permets de vous rappeler qu’un doctorant actuellement en 3ème année de thèse ou au-delà doit avoir achevé sa thèse avant la fin de l’année scolaire 2008-2009 (et la soutenir avant le 31 décembre 2009). Une année de prorogation peut être exceptionnellement accordée par le directeur des études doctorales dont il relève sur demande motivée du directeur de thèse. Cette année de prorogation sera la seule dont pourront bénéficier les doctorants actuellement en 4ème année de thèse ou plus.
Pour mémoire, les doctorants en histoire préparant le concours d’agrégation disposent de droit d’une année supplémentaire par rapport au dispositif énoncé ci-dessus.
J’attire votre attention sur l’importance capitale pour vos étudiants de la demande de prolongation de thèse. Celle-ci doit être effectuée par le directeur de thèse auprès du directeur des études doctorales avant le 15 avril 2009. Il incombe ainsi aux directeurs de thèse de faire avant cette date l’inventaire de leurs doctorants en difficulté et de discuter avec eux de leur avenir. La demande de prorogation doit s’appuyer sur les problèmes rencontrés par le doctorant (par ex. terrain compliqué, accès difficile aux archives) et reposer sur des indications concrètes qu’il existe une probabilité significative qu’une prorogation permettra d’achever la thèse durant l’année supplémentaire dont il est fait demande. En l’absence de ces éléments concrets, une prolongation de thèse ne serait ni dans l’intérêt du doctorant ni dans celui de son directeur de thèse.
Je suis conscient de la charge que vous impose ce nouveau dispositif mais son seul but est d’aider et d’encourager les doctorants à progresser rapidement. La charge qu’il représente devrait s’alléger au fur et à mesure que le stock d’étudiants en difficulté se réduira. Je vous remercie d’avance de de votre coopération. Sachez que toute l’équipe de l’Ecole doctorale est à votre disposition pour vous fournir l’aide dont vous pourriez avoir besoin.
Très cordialement,
Philippe Weil »

De Bologne à la LRU : une catastrophe annoncée