Atteinte sans précédent au paritarisme pour les enseignants du second degré

Le Ministère de l’Education nationale vient de mettre en place un système de plate-forme téléphonique (sous-traité au secteur privé) qui donne les « résultats » de la campagne de mutations avant que celle-ci n’ait lieu, quinze jours avant la tenue des commissions administratives paritaires qui les examinent.
Cette atteinte sans précédent au paritarisme dans la fonction publique montre à quel point le ministère est décidé à en finir avec les corps de fonctionnaire d’état dans l’EN. C’est la raison pour laquelle le projet de « masterisation », i.e. de destruction des concours n’est pas abandonné, alors que du lest est lâché sur le statut des enseignants-chercheurs.
Une pétition lancée par CGT Educ’action, SGEN-CFDT, SE-UNSA, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNETAA-EIL, SN FO LC, SUD Education, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNUEP-FSUest en ligne sur le site mutations2009.org :

« Les organisations syndicales unanimes appellent tous les personnels à ne pas s’en laisser conter. Sous couvert d’information, le ministère mène une offensive de grande envergure contre les droits des personnels et le paritarisme qui les garantit.
Le droit de chacun à muter et à obtenir une affectation la plus conforme à ses voeux dans le respect des règles communes est très menacé. Ce qui est en cause aujourd’hui est l’existence de règles transparentes, connues de tous, applicables à tous et la capacité pour les élus du personnel de s’assurer de leur respect. Le ministre tente d’y substituer une gestion opaque, « à la tête du client », qui ne peut que conduire à de graves injustices.
Communiquant des « résultats » anticipés et non vérifiés par les commissions paritaires, et alors même que les élus n’en ont pas eu connaissance, le ministère veut instaurer tant pour le mouvement interacadémique que pour le mouvement intra académique des mutations sans contrôle et arbitraires.
Cette logique conduit le ministre et nombre de recteurs à refuser de mettre à disposition des élus des personnels les documents permettant de déceler les erreurs, empêchant de les corriger et d’améliorer le mouvement dans l’intérêt de tous les demandeurs de mutation.
Les personnels refusent cette remise en cause de leurs droits, de la transparence et de l’égalité de traitement dans les opérations de mutation.
Les personnels soussignés exigent du ministre des décisions rapides qui rétablissent le contrôle paritaire. Elles doivent garantir la possibilité pour leurs représentants d’effectuer leur travail d’élus du personnel afin d’assurer le respect de règles applicables à tous au niveau national et dans toutes les académies. Cela implique en particulier de fournir aux élus des documents identiques à ceux des années précédentes.

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Masterisation : Darcos ne bouge pas.

(Source : AFP, Vendredi 6 mars 2009)
Réforme de la formation des enseignants entrera en vigueur en 2009-2010, maintient le gouvernement
Le gouvernement maintient l’entrée en vigueur de la réforme de la formation des enseignants à l’année 2009-2010, affirment les ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse dans une lettre adressée à la Conférence des présidents d’universités (CPU) dont l’AFP a eu copie vendredi. Le 19 février, la CPU, dont le bureau a réclamé, en vain jusqu’ici le report d’un an de cette réforme, avait demandé au gouvernement des réponses précises sur plusieurs points.La réforme prévoit que les futurs enseignants des écoles, collèges et lycées soient recrutés au niveau master (Bac + 5) et donc que leur formation soit confiée aux universités (et non plus aux IUFM, instituts de formation des maîtres).

Dans leur lettre, envoyée mercredi, les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur affirment que cette réforme « entrera en vigueur dès l’année universitaire 2009-2010 ».

Pour l’accompagner, « une commission de concertation et de suivi permanent sera constituée et coprésidée par un recteur et un président d’université », qui commenceront leur mission « dès le 16 mars ».

Celle-ci fera des « recommandations » sur les conditions de sa mise en oeuvre et « consultera régulièrement les organisations représentatives ».

La lettre précise que la première année d’exercice, les jeunes enseignants bénéficieront d’un « tutorat » et d’une « formation continue renforcée », permettant de « fortifier leurs connaissances disciplinaires ou professionnelles ».

A ce sujet, des consultations entre le ministère de l’Education et les organisations professionnelles vont « prochainement » s’ouvrir.

Des précisions sont aussi apportées sur les stages : en master 1, les étudiants bénéficieront de stages d’observation ou de pratique accompagnée dans la limite de 108 heures et pourront avoir, en master 2, des stages en responsabilité jusqu’à un maximum de 108 heures.

Vendredi, trois syndicats ayant négocié avec Mme Pécresse sur le statut des enseignants-chercheurs ont estimé que tant que la question sur ce dossier n’aura pas été réglée – ils demandent aussi le report d’un an de sa mise en oeuvre – une sortie de crise dans les universités n’est pas possible.

« Les limites de l’autonomie »

(Source  AEF)
« La DGES a communiqué à l’université du Maine la liste des postes à rendre que l’établissement refusait de faire remonter. Le conseil d’administration de l’université du Maine, convoqué de façon extraordinaire vendredi 6 mars 2009, n’a pas eu à se prononcer sur la question des postes à remonter au ministère de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche: « J’ai reçu en fin de matinée la liste des postes retenus par la DGES », explique à l’AEF Yves Guillotin, le président de l’établissement. Le CA du 22 janvier dernier avait décidé à l’unanimité de refuser de faire remonter au ministère la liste des cinq postes que l’université devait rendre, dans le cadre de la répartition des moyens 2009 : trois au titre des suppressions de postes et deux au titre des redéploiements.
« En fin de semaine dernière, j’avais reçu une demande de la DGES, un ultimatum qui me demandait de renvoyer par retour de courrier la liste des cinq postes à rendre », explique Yves Guillotin. « C’est pour cette raison que j’avais décidé de convoquer le CA, qui n’a finalement pas eu de choix à faire. Ceci dit, c’est la conclusion logique des
opérations. » Le président de l’université du Maine précise que la DGES « s’est servie » dans la liste des postes vacants qui lui avait été transmise pour re-publication. Les postes retenus sont tous de catégorie C, dont un emploi gagé. « En termes d’impact salarial, c’est neutre pour nous », note le président, qui précise que les choses se sont passées de la même façon pour l’université du Havre. »

Un monde où les professeurs d’anglais ne connaîtront rien à Shakespeare.

Article publié dans Médiapart.

un-monde.pdf

Les photos de la 5ème coordination …

Sont en ligne : http://www.flickr.com/photos/gunthert/sets/72157614880937934/detail/

Et en diaporama : http://www.flickr.com/photos/gunthert/sets/72157614880937934/show/

Merci au photographe officiel de la manifestation :-)

Enseignants-chercheurs: le décret réécrit mais pas de sortie de crise selon les syndicats

(Source : 20 minutes)

UNIVERSITE – Les syndicats réclament maintenant des avancées dans le dossier de la formation des enseignants…

La ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a annoncé ce vendredi qu’une troisième séance de négociation avec quatre syndicats consacrée au statut des enseignants-chercheurs avait permis d’obtenir «un projet de décret réécrit et équilibré» intégrant «l’ensemble des positions».

Malgré tout, une sortie de crise ne sera pas possible sans avancée dans le dossier de la formation des enseignants, ont indiqué trois syndicats (Sgen-CFDT, Sup-recherche’Unsa, Autonomesup) qui négociaient avec la ministre et sa médiatrice ce vendredi.

Des «avancées sérieuses» avaient été notées

La Conférence des présidents d’université (CPU) réunie jeudi en assemblée plénière, avait évoqué des «avancées sérieuses» sur la question du statut des enseignants-chercheurs et des «moyens humains» des universités, permettant d’aller «vers une sortie de crise». En revanche, sur le dossier de la réforme des enseignants, elle avait demandé «de rencontrer dès la semaine prochaine les deux ministères» de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.

La Coordination nationale des universités devait se réunir ce vendredi à l’Université Paris XII-Val-de-Marne pour décider de la suite à donner à la mobilisation dans les universités. Jeudi, la journée de manifestation a encore rassemblé entre 24.000 et 43.000 enseignants-chercheurs et étudiants.

Grève à la Sorbonne

Ce vendredi matin, la plupart des cours étaient suspendus à l’université de Paris IV Sorbonne. Les étudiants grévistes ont fait interrompre les rares cours et l’établissement était cerné par un important cordon de policiers, a constaté un journaliste de l’AFP.

«Seuls les cours du Capes et de l’agrégation sont maintenus, nous avons décidé jeudi en assemblée générale le principe d’une grève avec piquets de grève, qui n’ont pas pu être mis en place ce matin», a indiqué le responsable de l’Association générale des étudiants de Paris IV, Maxime Lonlas, qui est aussi vice-président de Paris IV.

Le président de Paris IV solidaire

Des assemblées générales ont été organisées. Elles avaient pour but «d’expliquer le danger de la réforme actuelle, notamment la baisse du niveau de formation professionnelle pour les futurs enseignants et la suppression de l’année de stage rémunérée 1.300 euros par mois pour les élèves-professeurs» a ajouté Maxime Lons

Le président de Paris IV, Georges Molinié a déclaré à l’AFP qu’il était, comme l’immense majorité des enseignants (du Snes-sup au syndicat autonome), et des étudiants «favorable au mouvement, car la réforme menace la qualité de la formation des futurs enseignants».

La Coordination Nationale des Universités dénonce les « manoeuvres dilatoires du gouvernement »

La Coordination Nationale des Universités dénonce les « manoeuvres dilatoires du gouvernement » et maintient son « mot d’ordre de grève reconductible, totale et illimitée ».

Manifestation d'enseignants-chercheurs et d'étudiants jeudi 5 mars à Paris (Reuters)

Manifestation d’enseignants-chercheurs et d’étudiants jeudi 5 mars à Paris (Reuters)

La Coordination Nationale des Universités a dénoncé, vendredi 6 mars, des « manoeuvres dilatoires du gouvernement » et « ses stratégies de division » face au mouvement des enseignants- chercheurs. Expliquant dans un communiqué ses reproches au gouvernement, elle conclut par le maintien de son « mot d’ordre de grève reconductible, totale et illimitée lancé le 22 janvier », indique-t-elle dans un communiqué.

« Stratégies de division » du gouvernement

« Au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation exceptionnelle qui a rassemblé partout en France 50.000 personnes dans les rues, » la Coordination Nationale des Universités, réunie à l’Université Paris XII, « dénonce les manoeuvres dilatoires du gouvernement et ses stratégies de division qui consistent à négocier de façon sélective en ignorant les principaux acteurs et les principaux motifs de la mobilisation en cours ».
« Prenant acte de profondes divergences entre les positions défendues par la Conférence des présidents d’université (CPU) et celles de la communauté universitaire », la Coordination « affirme le caractère non représentatif et non légitime de la CPU qui n’a pas vocation à négocier avec le gouvernement ».

Des « réponses insuffisantes »

La Coordination juge « les réponses » apportées par le gouvernement « scandaleusement insuffisantes ».
« Rien n’a été obtenu sur la masterisation et la réforme des concours de recrutement des enseignants », estime-t-elle. « Aucun plan pluriannuel de création d’emplois statutaires ni de titularisation des personnels précaires n’a été envisagé pour les différentes catégories de personnels (BIATOSS, ITA, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs) », ajoute le communiqué.
La coordination condamne également l’absence de prise « en compte des revendications des étudiants ». Elle déplore aussi qu’il n’ait « pas été question du contrat doctoral qui consacre la précarisation des jeunes chercheurs ».

Grève maintenue

Au sujet du décret Pécresse modifiant le statut des enseignants-chercheurs, la Coordination parle d' »effets d’annonce sans consistance réelle » alors qu’ils « ont été présentés comme des avancées ».
Elle dénonce enfin « le démantèlement des organismes publics de recherche » qui « s’accélère ».
Elle maintient ainsi « le mot d’ordre de grève reconductible, totale et illimitée lancé le 22 janvier », exigeant « plus que jamais l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche ».
La coordination réitère, en conclusion, son appel à l’extension du mouvement de « la maternelle à l’Université ». Elle appelle aux manifestations unitaires du mercredi 11 mars et au succès de la Coordination Nationale des Laboratoires le 12 mars.
(Source : Nouvel Obs)