Modulation de service et « enseignement punition » : c’est parti à Paris 10.

De: C. Marchowsky-Dupuis <marchodupuis@u-paris10.fr>
> Objet: Fw : Athéna
> À: directeursUFR-paris 10 <directeursUFR-paris10@u-paris10.fr>

Note de service
à
MMes et MM.les directrices et directeurs d’UFR et de services
pour diffusion à
Mmes et MM. les enseignants-chercheurs

Le projet de décret portant réforme du statut des enseignants chercheurs implique l’appréciation des travaux de recherche.
J’ai le plaisir de vous informer que cette évaluation sera le cas échéant possible grâce au logiciel « Athéna » qui sera mis à votre disposition dans les semaines à venir.
Il suffira désormais d’utiliser le logiciel lorsque vous procéderez à la rédaction de vos projets de publications.
Ce logiciel permettra de prendre en compte l’avancement de vos travaux, hebdomadairement, mensuellement et à tout moment sur demande des autorités universitaires ou de tutelle. Il autorisera une prise en compte de la constance des recherches, de leur volume et de leur originalité (le plagiat étant détecté comme il l’est pour les étudiants).
Il permettra à tous, notamment à la présidence, d’obtenir une évaluation objective de la recherche de chacun selon une échelle de 1 à 5.  Et facilitera la définition corrélative des charges d’enseignement. Le 5 permettant de maintenir le service d’enseignement à 192 HTD, le 4 impliquant une augmentation dudit service de 20 % et ainsi de suite.
Les résultats de chacun seront en consultation permanente sur le site services.ens-cherch@u-paris10.fr
Dans le cas où les cours et TD disponibles ne permettraient pas de satisfaire les obligations de service au delà du plancher des 192 HTD le projet de  circulaire ne prévoit, en l’état, la délivrance d’aucun ordre de reversement. Afin d’éviter des éventuelles mauvaises surprises, certaines universités se sont engagées à procurer aux enseignants-chercheurs concernés un complément de service.
Soit dans les séances de révisions qui seront organisées pour les étudiants entre la première et la deuxième session d’examens. Soit en cours d’année, dans l’encadrement ou la substitution des étudiants affectés aux diverses tâches à eux offertes par l’université (monitorat, confection de fiches de travaux dirigés, travaux de bibliothèque, etc.).
Une consultation du CTP et des directeurs d’UFR sera organisée sur ce point.
Par ailleurs, chaque enseignant-chercheur pourra bénéficier d’une formation pour le chargement et l’utilisation (très simples) du logiciel.
Pr  C. Marchowsky-Dupuis. Vice-présidente déléguée. Chargée de l’évaluation

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Fort heureusement, le Pr  C. Marchowsky-Dupuis n’existe pas. Pas davantage qu’il n’existe à Paris 10 de « Vice-présidente déléguée chargée de l’évaluation ». Universitesenlutte vous souhaite un joyeux premier avril. Continuons de lutter pour éviter que demain, la fiction humoristique ne devienne notre triste réalité.

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Tonnerre de Brest ! Cinq présidents d’université appellent à la poursuite du mouvement !

Tonnerre de Brest !

La Conférence des Présidents d’Université (CPU) tient depuis le mercredi 25 mars son colloque annuel, à Brest. Pendant ce temps, nos ministres de tutelle maintiennent le cap des réformes que la communauté universitaire, après huit semaines de mobilisation, continue massivement à rejeter. Pendant que les présidents réunis à Brest appellent clairement les universitaires à rentrer dans le rang au prétexte que leurs principales revendications auraient été satisfaites, nos universités voient dans les faits le mouvement en cours se poursuivre, voire s’amplifier, avec une détermination et une inventivité étonnantes. Nous, présidents d’université responsables, avions hésité à participer à ce colloque brestois de la CPU que nous jugions pour le moins inopportun… et qui ressemble ces jours-ci  à une fuite à Versailles !

Le dernier communiqué de la CPU, ainsi que les conditions dans lesquelles se tient son colloque, justifient amplement nos préventions. En capitaines de navires qui traversent une tempête comme l’université n’en a pas connue depuis 1968, nous considérons que notre devoir est de rester sur le pont, solidaires de nos collègues enseignants-chercheurs et personnels administratifs, solidaires de nos étudiants.

Cet « Appel de Brest » lancé mercredi par la CPU invitant unanimement à la reprise des cours et de l’organisation des examens, sonne comme une réponse à «l’Appel de la Sorbonne» que nous avions lancé le 9 février, par lequel nous appelions les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à «retirer tous les projets de réformes controversés» et à organiser une véritable concertation pour construire sur de meilleures bases l’avenir de nos institutions universitaires. Ce communiqué n’a donc été voté qu’à l’unanimité des présidents présents à Brest et n’exprime donc nullement une position unanime de l’ensemble des présidents d’université.

Notre sens de la responsabilité nous conduit également à regarder les circonstances avec les yeux de l’honnêteté, à dénoncer le fait que nos ministres n’ont toujours pas pris la mesure de la situation, à regretter l’étrange surdité de certains collègues qui depuis le phare de Brest croient observer que le «champ de la concertation» a réellement été ouvert et qu’il convient donc que les universités reprennent leur activité normale… Fermez le ban !

Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la «mastérisation» reste confuse dans l’organisation qu’elle propose pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs tant à la qualité qu’à la cohérence de la formation des enseignants des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles formations. C’est là une manœuvre pour faire entériner à l’avance tout le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire. La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l’année de formation en alternance). Nous constatons aussi que l’augmentation des moyens promise par les pouvoirs publics ne s’est jusqu’à présent traduite que par le travestissement des dotations budgétaires de l’Etat (qui font en réalité apparaître une baisse sensible de nos moyens) et que les suppressions de postes pour l’année 2009 sont toujours maintenues.

Nous constatons encore que la réforme du statut des enseignants-chercheurs, loin de satisfaire les attentes des personnels concernés, continue d’aggraver les contradictions de la loi LRU. Inscrite dans la dernière version du projet de décret, la possibilité pour les enseignants-chercheurs de choisir librement l’établissement dans lequel ils souhaitent effectuer leurs activités de recherche empêchera les acteurs de l’université de conduire efficacement la politique scientifique de leurs établissements, telle que la loi LRU pourtant les invite à la construire de manière autonome. Et c’est encore la concurrence entre universités qui sera ainsi exacerbée. Cette nouvelle version d’un décret que la ministre ne finit pas de réécrire, est proprement irréaliste en ce qu’il hypothèquerait tout recrutement sur les bases d’un profil de recherche correspondant à la politique scientifique de l’établissement.

Notre sens des responsabilités nous appelle, enfin, à garantir la qualité des diplômes de l’année 2009. Nos universités ont acquis depuis longtemps une expérience en matière d’aménagement des modalités de validation des cursus en période de grève, et nous n’avons pas besoin d’injonctions pour prendre les mesures qui conviennent à la situation. La fébrilité manifeste de certains, qui les conduit, face aux revendications des étudiants, à préférer à l’échange d’arguments, celui de gestes violents, dans des altercations confuses, ne les qualifie pas pour donner des leçons de responsabilité. Il est plus que temps de négocier sérieusement en acceptant de traiter globalement une crise qui est globale, ce qui suppose d’abord de retirer, comme nous le demandons depuis plusieurs semaines, les projets de réforme controversés. Cette crise aurait pu être évitée et réglée en quinze jours au mois de janvier : poursuivons tous la mobilisation pour que cette crise ne pourrisse pas davantage l’année universitaire.

  • Pascal BINCZAK, Président de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis
  • Bernadette MADEUF, Présidente de l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
  • Georges MOLINIE, Président de l’université Paris IV La Sorbonne
  • Philippe ROLLET, Président de l’université Lille I
  • Anne FRAISSE, Présidente de l’université Montpellier 3 Paul Valéry

(Source : le blog de Sylvestre Huet. D’autres présidents d’universités devraient incessamment rejoindre les signataires de cet appel. Ce billet sera mis à jour au fur et à mesure)


Le printemps des colères, Jeudi 26 Mars à Nanterre

LE PRINTEMPS DES COLERES : EPISODE I
L’Université de Paris X
Nanterre en lutte invite :
– les enseignant(e)s-chercheur(e)s, les chercheur(e)s, les étudiant(e)s, les personnels BIATOSS, les personnels des IUFM… mobilisé(e)s
– les acteurs et actrices des mouvements sociaux qui s’opposent au démantèlement des services publics et aux atteintes aux libertés :
à venir échanger et débattre,
à poursuivre ensemble la construction de l’expression convergente de notre résistance,
mais aussi à manger, chanter et rire sur le campus de Nanterre
JEUDI 26 MARS 2009, de 10h à 15h
Halls des bâtiments A et B

Au programme :
10h – 12h : onze tables-rondes simultanées de conférences et débats
12h-13h : meeting, avec la participation des acteurs et actrices des mobilisations sociales en cours (universités, cnrs, poste, école, fonction publique)
13h : grand pique-nique et « ambiance guinguette », avec Riton la manivelle et son orgue de barbarie
QUE CHACUN AMENE NOURRITURE ET BOISSONS A PARTAGER !
Puis départ collectif pour l’action des facultés parisiennes
PROGRAMME DES TABLES-RONDES
– Table-ronde n°1 : Quelles réponses à la contestation des projets de réforme de l’Université et de la Recherche ?
Coordination : Christine Sellin-Catta et Emmanuelle Tixier (Département d’Histoire, UPX) Donna Kesselman (Département d’Anglais, UPX)
– Table-ronde n°2 : La masterisation ou la mise en péril de l’enseignement secondaire public
Coordination : Anne Trevise, Claude Dorey, Bernard Cros (Département d’Anglais, UPX), Liliane Picciola (Département de Lettres, UPX)
– Table-ronde n°3 : La situation des personnels BIATOSS : en quoi sont-ils concernés par la LRU ? Quelles revendications ?
Coordination : Intersyndicale BIATOSS de Paris X.
– Table-ronde n°4 : Faire une thèse aujourd’hui, mission impossible ?
Coordination : Collectif des doctorants de Paris X Nanterre,
– Table-ronde n°5: Etre étudiant(e) aujourd’hui: précarité, pauvreté, parcours du combattant…
Coordination : Etudiant(e)s mobilisé(e)s de Nanterre
– Table-ronde n°6 : Les atteintes aux libertés publiques
Coordination : Odile Roy (UFR de Droit, UPX), avec la participation de Sylviane Delzongle Arzel (UFR de Droit, UPX)
– Table-ronde n°7 : Les enjeux de la Culture
Coordination : Jean-Albert Bron (Département Arts et Spectacles, UPX), avec la participation de Frédérique Leblanc (IUT Métiers du Livre), J. Martineau (Département de Lettres, UPX), Sabine Le Blanc (Département d’Histoire de l’Art, UPX).
– Table-ronde n°8 : Les droits des femmes en danger, l’égalité dans l’impasse ?
Coordination : Sabine Fortino, Céline Clément (Département de Sociologie, UPX), avec la participation du MFPF 93, Efigies, Etudions Gayment, SUD-étudiant et CNT.
-Table-ronde n°9 : Justice et injustices environnementales et sociales,  crise écologique, « développement durable »… au sud  et au nord : des questions urgentes pour tous ?
Coordination : Frédéric Landy, Monique Poulot, Chloé Buire et Frédéric Dufaux (Département de Géographie, UPX), Jean Gardin (Paris I)
– Table-ronde n°10 : Crise économique, réponses à la crises : la relance en question
Coordination : Thierry Labica (Département d’Anglais, UPX), avec la participation de postiers du 92 en grève, de cheminots, salariés de Renault Flins…
– Table-ronde n°11 : Vers une gestion libérale, autoritaire et sécuritaire de la santé mentale, de la psychiatrie et de la souffrance au travail.
Coordination : Patricia Attigui, Cyrille Bouvet (UFR SPSE UPX), avec la participation de Laurence Croix, Samuel Lepastier,  Elisabeth Gontier (UFR SPSE, UPX),  (MC SPSE), Dario Morales (SMPR Santé / Sainte),  Brigitte Tarrière  (MGEN).
– Table-ronde n°12 : l’Education en danger : réforme Darcos des programmes scolaires, menaces sur l’école maternelle et sur l’éducation « informelle »…
Coordination : Sarah Devogue (Département de Sciences de l’éducation) et Sylvain Gavroy (étudiant en Sociologie, membre de l’association « Aroeven »)

Et la lutte continue à jeudi à 15h, en D1, avec la « Mobilisation par la musique » (ouvert à tous). Coordination : Estelle Amy, Aurélie Helmlinger, Nicolas Prévôt (Département d’ethnomusicologie)

Les tables de Nanterre

la Présidente de l’université Paris Ouest Nanterre écrit au Premier Ministre

Veuillez trouver ci-dessous la lettre que la Présidente de l’université a adressée au Premier Ministre à la date du 23 mars 2009.

Nanterre, le 23 mars 2009
La Présidente,
À
Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le Premier Ministre,
Que l’Université française ait besoin d’un nouvel élan est aujourd’hui une idée largement admise. Je peux vous assurer qu’elle est amplement partagée par la communauté universitaire. Depuis son installation, votre gouvernement s’emploie activement à engager des réformes cohérentes avec la logique politique qui est la vôtre. Aujourd’hui cependant, il faut me semble-t-il se rendre à l’évidence : malgré ce que Madame la Ministre et vous-même dans vos propres déclarations avez présenté comme des ouvertures, ces réformes sont quasi unanimement rejetées. Les tensions s’exacerbent, chacun peut le constater. Je tiens, en tant que présidente d’université, à vous faire part des très vives inquiétudes qui sont les miennes.
Faute de réponse appropriée, les différents mouvements de protestation se radicalisent. L’absence de prise en compte de leurs revendications et la poursuite de ces mouvements, en mettant en péril le second semestre d’enseignement, déconsidèrent le projet de réforme, qui ne peut plus prétendre oeuvrer pour le bien de l’enseignement supérieur et de la recherche en France. Je vois (qui ne le verrait pas) s’accumuler dans les semaines qui viennent de très grandes difficultés. L’Université peut-elle être mise en mouvement pour affronter l’avenir ? Oui, j’en suis certaine. Face à l’évolution du monde universitaire au plan international, il faut agir et mobiliser l’ensemble de la communauté universitaire. De plus, nombre de solutions aux difficultés économiques et sociales de la période passent par une nouvelle intelligence collective de notre société. Dans cette construction, les universitaires et les chercheurs, avec bien d’autres, dont les travailleurs intellectuels de demain que sont nos étudiants, doivent jouer un rôle irremplaçable dans les réflexions de fond qui restent à mener. Pour mobiliser de manière constructive la communauté universitaire et la richesse de réflexion et de propositions qu’elle représente, deux conditions me paraissent devoir être réunies :

  • – rétablir un climat de travail serein en suspendant, sans équivoque, la mise en oeuvre des hypothèses de changement qui ont prévalu jusqu’ici ;
  • – faire appel aux forces vives de l’Université pour construire avec elles, et tous ses partenaires, dans le respect et le dialogue, une nouvelle dynamique à la hauteur des enjeux.

Souhaiter une Université mobilisant toutes ses forces pour explorer avec audace des chemins nouveaux, passe par une confiance renouvelée et la reconnaissance de l’indépendance et de l’autonomie réelle de la communauté universitaire. Ces deux dimensions sont indispensables pour reconstruire un partenariat fortement mis à mal par des réformes si mal engagées.
Monsieur le Premier Ministre, la situation telle que je la perçois est grave et dans les universités l’horizon proche est lourd de menaces. Je suis persuadée que vous saurez rétablir les conditions minimales du dialogue républicain.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma plus haute considération.
Bernadette MADEUF
N.B. : face à l’inquiétude de la communauté universitaire, je l’informe de cette démarche.

UFR droit-sciences politiques à Paris X revote la grève (16 Mars)

l’UFR droit-sciences politiques à Paris X, qui était la seule à avoir suspendu la grève 15 jours, l’a revotée lundi 16 mars.

Qu’attendez-vous Madame la ministre ?!

(lien vers la pétition en ligne)

Madame la Ministre,

Qu’attendez-vous ?
Depuis cinq semaines les universités françaises sont en grève, et de plus en plus nombreuses sont les universités bloquées. Chaque semaine les manifestations ne désemplissent pas. Cela fait des mois que la totalité (ou presque) de la communauté universitaire exprime son rejet des réformes que vous voulez imposer et des pseudo accords et des pseudo négociations que vous médiatisez à outrance. L’absence de prise en compte par vous-même de la légitimité de ce mécontentement quasi unanime et global, votre stratégie de la division, du découragement et de la désinformation ne font qu’exacerber la colère et accroître l’amertume et la défiance à votre égard.
Qu’attendez-vous ?
Que la tension soit à son comble et que des dérapages surviennent de plus en plus nombreux ? Qu’il y ait des dégradations, des blessés, si ce n’est pire ? Que ce semestre universitaire soit encore plus gâché qu’il ne l’est ? Que la communauté universitaire finisse par se déchirer ? C’est vous qui portez la responsabilité de ce chaos grandissant et des risques graves qui l’accompagnent, car c’est vous qui voulez imposer dans la précipitation des réformes inadaptées et rejetées à la quasi unanimité par les universitaires, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Ce faisant, vous ne respectez même plus les principes démocratiques : l’immense majorité refuse vos réformes !
Qu’attendez-vous ?
Que la communauté universitaire (pourtant habituée à se réformer) soit tellement exaspérée par votre refus de réelle négociation que toute réforme ultérieure soit compromise ? Car l’université est réformable : n’avons-nous pas appliqué la réforme « LMD » il y a trois ans, puis, cette année, sans même que ses effets soient évalués par le ministère, la réforme du LMD ? Ne nous sommes-nous pas très vite (trop ?) engagés dans la mastérisation de la formation des enseignants du 1er et du 2nd degré malgré un manque incroyable d’informations (sur les concours par exemple), des inquiétudes sans réponse (sur les stages, les rémunérations…) et des délais incroyablement courts ? N’avons nous pas œuvré dés la rentrée 2008 à l’application du plan réussite en licence – dont les moyens promis sont d’ailleurs fondus dans les budgets globaux contrairement à vos engagements – ? N’avons-nous pas accepté – et ce fut probablement une erreur vu la situation actuelle – la loi LRU réformant en profondeur les universités ? N’y a-t-il pas eu 100 propositions émanant des Etats généraux de la recherche en 2004 dont vos réformes ne tiennent aucun compte ? Ne gâchez pas ce potentiel de changement ! Il faut maintenant ouvrir de véritables négociations avec toute la communauté universitaire (et pas seulement avec quelques syndicats non représentatifs de l’ensemble de la communauté universitaire) pour construire ensemble de véritables réformes adaptées à une Université publique moderne, ce qu’attendent depuis trop longtemps les universitaires et plus largement vos concitoyens.
Pourquoi attendez-vous ?
Ne voyez-vous pas que dans le contexte de baisse des budgets que vous tentez de faire passer pour une hausse, et de baisse des effectifs d’enseignants chercheur et de personnels BIATOSS en 2009, vos réformes ne seraient même pas applicables faute de moyens nécessaires ? Comment envisager par exemple l’équivalence TP=TD et des modulations des services à la baisse qui imposent des postes supplémentaires alors même que nos postes et nos moyens, déjà insuffisants, vont encore diminuer dès cette année ? Et comment vos réformes pourraient-elles être appliquées dans un tel contexte de rejet par les universitaires ? Pourquoi dans ces conditions persister dans la voie de l’autoritarisme masqué (imposer en faisant semblant de négocier) ?
La seule voie raisonnable est de réformer l’université avec les universitaires et non contre eux. Retirez vos projets et ouvrez de vraies négociations, non pas sur tel ou tel aspect de notre statut, mais sur l’université publique, ses missions, son organisation, ses moyens et son avenir. Nous n’avons pas besoin d’amour Madame la Ministre, nous avons besoin de réformes ambitieuses portées par une communauté universitaire respectée et au service de la jeunesse de notre pays.

Depuis longtemps l’attachement fort que nous portons à nos missions de service public nous encourage à supporter la faiblesse chronique de nos salaires à laquelle s’ajoutent les centaines d’heures de travail non comptabilisées dans nos services chaque année et dédiées au bon fonctionnement de nos universités, à supporter que ce soit en partie à nos frais que nous travaillons chaque jour, tant pour l’enseignement que pour la recherche, faute de locaux et de budget de fonctionnement dignes de ce nom ; à supporter les conditions d’études très difficiles de nos étudiants dont la majorité travaille pour payer ses études ; à supporter la précarité galopante de nos collègues BIATOSS. Faudra-t-il encore longtemps que nous supportions ce manque de moyens indigne d’un pays comme la France pour les universités et pour la recherche ? D’évidence, vos projets de réforme et les restrictions qui les accompagnent vont aggraver encore plus cette situation !

Madame la Ministre nous nous passerions d’excuses publiques pour la façon dont nous avons été honteusement traités par le Président de la République le 22 janvier 2009 et nous trouverions sûrement le moyen de supporter le mépris, exprimé publiquement par certains de ceux qui aujourd’hui nous dirigent, de la pensée, de la culture et de la science qui participent pourtant de la grandeur de l’humanité, nous supporterions tout cela si nous avions l’espoir qu’enfin la communauté universitaire soit associée en toute sincérité, à la construction des réformes qui la concernent. Ne brisez plus cet espoir. Arrêtez le gâchis en cours, n’attendez plus ! Retirez vos réformes et prenez le temps (votre ministère en a les moyens) de créer une véritable concertation avec l’ensemble des représentants de la communauté universitaire française.

50 enseignants chercheurs de l’université Paris Ouest – Nanterre la Défense qui croient à l’université publique française : Véréna Aebischer, Patricia Attigui, Nathalie Béguin, Eric Boeda, Barbara Bonnefoy, Dalila Bovet, Cyrille Bouvet, Jean-Pierre Bruckert, Nathalie Camart, Véronique Champeil-Desplats, Peggy Chekroun, Franck Collard, Frédérique Cuisinier, Marianne Desmets, Sarah Devogue, Yvette Dorey, Olivier Douville, Frédéric Dufaux, Géraldine Espiau, Dominique Fablet, Damien Fouques, Maya Gratier, Marie-Anne Hugon, Michel Imberty, Sylvain Kahane, Jean-Baptiste Legal, Cendrine Marro, Pascal Mallet, Corinne Maze, Jean-Luc Mogenet, Laure Moguerou, Laurent Nagle, Ahogni N’gbala, Valérie Nicolas-Dherbécourt, Colette Noyau, Christian Lazzeri, Samuel Lepastier, Hubert Lissandre, Marie-Louise Le Rouzo, James McCabe, François Metayer, Christine Pauleau, Nicolas Prevost, Liliane Rioux, Lucia Romo, Christine Sanguin-Bruckert, Marie-Adeline Schmelck , Olivier Vecho, Berta Vega Fernandez, Jean-François Verlhiac.