Le président de Paris 4 appelle à continuer le mouvement et le CA « alerte solennellement les ministères concernés sur le risque désormais imminent d’une non-validation du semestre en cours » (3 Avril)

Déclaration de Georges Molinié, président de l’université Paris 4

  • «Contrairement à la teneur du dernier communiqué de la CPU, il apparaît qu’il n’y aucune raison d’amoindrir le mouvement de résistance aux projets relatifs à la formation des enseignants du primaire et du secondaire. Subsistent en effet trois dispositions inacceptables pour l’organisation de l’année 2009/2010: la suppression de l’année de formation en alternance avec le statut d’élève fonctionnaire-stagiaire après la réussite au concours; l’existence de trois statuts d’inscription au concours du CAPES pour 2009/2010; le maintien d’un lien quelconque avec un master pour cette inscription. Et je n’évoque pas la question des stages ni des formations spécifiques. Il n’y a donc pas suspension d’un an du dispositif, mais mastérisation en douce sans discussion. Dans ces conditions, on a toutes raisons pour continuer le mouvement

Texte du Conseil d’Administration de l’Université Paris-4 Sorbonne :
Depuis huit semaines, l’université française traverse une crise majeure. A Paris-Sorbonne, comme ailleurs en France, la grève des cours a été pour la communauté universitaire — enseignants, personnels administratifs, étudiants — la seule réponse possible face à un gouvernement cherchant à imposer, sans concertation digne de ce nom, une refonte complète et immédiate du statut d’enseignant-chercheur et des concours de recrutement aux métiers de l’enseignement.
Parce qu’elle a été massive, cette lutte a, d’ores et déjà, contraint le gouvernement à des concessions importantes: preuve, s’il en était besoin, que la concertation préalable n’avait pas été suffisante! Mais, sur des points essentiels, comme la formation des futurs professeurs et chercheurs, le gouvernement refuse encore d’écouter la voix de la raison et du bon sens, prétendant toujours imposer ses diktats.
Le Conseil d’administration de Paris-Sorbonne, extrêmement préoccupé par l’absence de réponses claires et satisfaisantes de la part des autorités publiques, alerte solennellement les ministères concernés sur le risque désormais imminent d’une non-validation du semestre en cours. Dans ces circonstances graves et exceptionnelles, il rappelle que toute la communauté de Paris-Sorbonne, gréviste ou non gréviste, ne souhaite qu’une seule chose: pouvoir travailler et faire travailler les étudiants dans les conditions dignes d’une université qui a vocation à former les esprits et les préparer à la vie citoyenne.
Le Conseil d’administration de l’Université Paris-Sorbonne, réuni en formation plénière le 3 avril 2009, prend acte de la reconduction des concours pour l’année 2009-2010, qui constitue une mesure positive. Comme le Conseil d’école de l’IUFM de Paris réuni le 25 mars 2009, il s’associe aux conclusions exprimées par la CDIUFM le 23 mars 2009, qui restent d’actualité à la lecture du communiqué de presse diffusé par le Ministère de l’Education nationale le 31 mars 2009. Il faut en effet attirer l’attention sur:

  • le degré de confusion et d’incohérence atteint par la réforme du recrutement et de la formation des enseignants à force d’ajouts et de rectifications successifs;
  • les mesures concernant le caractère transitoire de l’année 2009-2010, qui ne font que rajouter un peu plus de confusion et d’incohérence;
  • la juxtaposition de trois catégories d’étudiants qu’il faut désormais traiter de manière différente;
  • la nécessité de bricoler un dispositif à la hâte pour un nombre significatif d’étudiants, ceux qui préparent les concours de professeurs des écoles, des lycées professionnels, de conseiller principal d’éducation;
  • l’obligation pour la plupart d’entrer dans la logique de préparation des actuels concours et de s’inscrire simultanément dans des masters (quand ils existent) qui ont été construits dans une toute autre logique;
  • et, au bout du compte, la dévalorisation et la perte de crédibilité pour ces masters.

Il existe pourtant une solution simple, claire, cohérente, efficace et lisible: puisque l’on proroge officiellement les concours actuels, il suffit de proroger l’année qui les prépare et l’année de formation professionnelle en alternance qui les suit. Le Conseil d’administration de l’Université Paris-Sorbonne demande donc:

  • que les conditions d’inscription aux concours soient réellement les mêmes pour la session 2010 qu’en 2009, y compris pour les étudiants sortant de L3;
  • que les programmes de formation et de préparation aux concours, comme leurs lieux — en particulier les IUFM ­— soient également maintenus pour 2010/2011;
  • que le succès des candidats aux concours 2010 donne accès aux mêmes droits qu’en 2009, et notamment à une année de formation en alternance rémunérée, sans l’obligation d’obtenir un M2 l’année suivante comme condition préalable à leur recrutement comme enseignants stagiaires.

(Via le blog de Sylvestre Huet)

Publicités

Vers une validation automatique du second semestre à Paris 4.

Les personnels (EC+BIATOSS) de Paris 4 réunis en Assemblée Générale le lundi 6 avril, ont voté la poursuite de la grève jusqu’à la prochaine AG.
La motion suivante a été adoptée :

« Ayant envisagé l’hypothèse d’une poursuite du mouvement au delà des vacances de printemps,le gouvernement n’ayant satisfait aucune de nos revendications, les personnels de Paris 4 réunis en assemblée générale  le lundi 6 avril demandent le cas échéant la validation automatique du second semestre 2008-2009. Tout sera mis en oeuvre pour que les étudiants ne soient pas pénalisés par l’attitude intransigeante et irresponsable des ministres. »

NPPV : 9 ABS : 12 CONTRE : 4 POUR : 115

l’ISHA de Paris 4 vote pour la poursuite de la grève

L’Assemblée Générale des personnels de l’Institut des Sciences Humaines Appliquees de Paris4 du vendredi 3 avril, a adopte la motion suivante  (22 pour, 1 contre, 0 abs) :
« L’ISHA prend position pour la poursuite de la grève et contre la reprise des cours tout en maintenant le contact avec les étudiants. »
La position de l’ISHA sera rediscutée lors de sa prochaine AG qui se tiendra le lundi 27 avril.

Tonnerre de Brest ! Cinq présidents d’université appellent à la poursuite du mouvement !

Tonnerre de Brest !

La Conférence des Présidents d’Université (CPU) tient depuis le mercredi 25 mars son colloque annuel, à Brest. Pendant ce temps, nos ministres de tutelle maintiennent le cap des réformes que la communauté universitaire, après huit semaines de mobilisation, continue massivement à rejeter. Pendant que les présidents réunis à Brest appellent clairement les universitaires à rentrer dans le rang au prétexte que leurs principales revendications auraient été satisfaites, nos universités voient dans les faits le mouvement en cours se poursuivre, voire s’amplifier, avec une détermination et une inventivité étonnantes. Nous, présidents d’université responsables, avions hésité à participer à ce colloque brestois de la CPU que nous jugions pour le moins inopportun… et qui ressemble ces jours-ci  à une fuite à Versailles !

Le dernier communiqué de la CPU, ainsi que les conditions dans lesquelles se tient son colloque, justifient amplement nos préventions. En capitaines de navires qui traversent une tempête comme l’université n’en a pas connue depuis 1968, nous considérons que notre devoir est de rester sur le pont, solidaires de nos collègues enseignants-chercheurs et personnels administratifs, solidaires de nos étudiants.

Cet « Appel de Brest » lancé mercredi par la CPU invitant unanimement à la reprise des cours et de l’organisation des examens, sonne comme une réponse à «l’Appel de la Sorbonne» que nous avions lancé le 9 février, par lequel nous appelions les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à «retirer tous les projets de réformes controversés» et à organiser une véritable concertation pour construire sur de meilleures bases l’avenir de nos institutions universitaires. Ce communiqué n’a donc été voté qu’à l’unanimité des présidents présents à Brest et n’exprime donc nullement une position unanime de l’ensemble des présidents d’université.

Notre sens de la responsabilité nous conduit également à regarder les circonstances avec les yeux de l’honnêteté, à dénoncer le fait que nos ministres n’ont toujours pas pris la mesure de la situation, à regretter l’étrange surdité de certains collègues qui depuis le phare de Brest croient observer que le «champ de la concertation» a réellement été ouvert et qu’il convient donc que les universités reprennent leur activité normale… Fermez le ban !

Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la «mastérisation» reste confuse dans l’organisation qu’elle propose pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs tant à la qualité qu’à la cohérence de la formation des enseignants des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles formations. C’est là une manœuvre pour faire entériner à l’avance tout le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire. La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l’année de formation en alternance). Nous constatons aussi que l’augmentation des moyens promise par les pouvoirs publics ne s’est jusqu’à présent traduite que par le travestissement des dotations budgétaires de l’Etat (qui font en réalité apparaître une baisse sensible de nos moyens) et que les suppressions de postes pour l’année 2009 sont toujours maintenues.

Nous constatons encore que la réforme du statut des enseignants-chercheurs, loin de satisfaire les attentes des personnels concernés, continue d’aggraver les contradictions de la loi LRU. Inscrite dans la dernière version du projet de décret, la possibilité pour les enseignants-chercheurs de choisir librement l’établissement dans lequel ils souhaitent effectuer leurs activités de recherche empêchera les acteurs de l’université de conduire efficacement la politique scientifique de leurs établissements, telle que la loi LRU pourtant les invite à la construire de manière autonome. Et c’est encore la concurrence entre universités qui sera ainsi exacerbée. Cette nouvelle version d’un décret que la ministre ne finit pas de réécrire, est proprement irréaliste en ce qu’il hypothèquerait tout recrutement sur les bases d’un profil de recherche correspondant à la politique scientifique de l’établissement.

Notre sens des responsabilités nous appelle, enfin, à garantir la qualité des diplômes de l’année 2009. Nos universités ont acquis depuis longtemps une expérience en matière d’aménagement des modalités de validation des cursus en période de grève, et nous n’avons pas besoin d’injonctions pour prendre les mesures qui conviennent à la situation. La fébrilité manifeste de certains, qui les conduit, face aux revendications des étudiants, à préférer à l’échange d’arguments, celui de gestes violents, dans des altercations confuses, ne les qualifie pas pour donner des leçons de responsabilité. Il est plus que temps de négocier sérieusement en acceptant de traiter globalement une crise qui est globale, ce qui suppose d’abord de retirer, comme nous le demandons depuis plusieurs semaines, les projets de réforme controversés. Cette crise aurait pu être évitée et réglée en quinze jours au mois de janvier : poursuivons tous la mobilisation pour que cette crise ne pourrisse pas davantage l’année universitaire.

  • Pascal BINCZAK, Président de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis
  • Bernadette MADEUF, Présidente de l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
  • Georges MOLINIE, Président de l’université Paris IV La Sorbonne
  • Philippe ROLLET, Président de l’université Lille I
  • Anne FRAISSE, Présidente de l’université Montpellier 3 Paul Valéry

(Source : le blog de Sylvestre Huet. D’autres présidents d’universités devraient incessamment rejoindre les signataires de cet appel. Ce billet sera mis à jour au fur et à mesure)


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SORBONNE le 26 Mars

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SORBONNE
(Paris 1, Paris 3, Paris 4, EPHE)

L’Assemblée Générale des personnels de la Sorbonne réunissant Paris 1, Paris 3, Paris 4, et L’École pratique des hautes études (EPHE) se tiendra le jeudi 26 mars de 12h à 14h dans l’Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne.

L’ordre du jour sera :
1- la poursuite de la grève et de la rétention des notes
2- un avertissement solennel au gouvernement
3- Libérons la Sorbonne ! (revotons tous ensemble)
4- les actions unitaires à envisager

Vous êtes cordialement invités à cette Assemblée !

Festival au temps de la mobilisation à Clignancourt !

Festival au temps de la mobilisation à Clignancourt !
MARDI 17 MARS 2009 // 12h00-18h00
La vie reprend sur Clignancourt !

Une annexe de la Sorbonne Paris 4. Rencontre inter-facs autour de la mobilisation. Pour tenter de réfléchir ensemble sur la crise universitaire actuelle et renforcer le lien enseignants-chercheurs, étudiants et personnels BIATOSS.
Nous organisons et vous attendons nombreux pour :
* Pique-nique philo… que vous n’oublierez pas d’apporter !
* Conférences-Débats, tables rondes : les inégalités sociales face à l’éducation, les dérives de l’individualisme, qu’est-ce qu’une université, analyse du projet de loi…
* Stands animés par les personnels BIATOSS, Atelier d’écriture, Expo photos sur le mouvement…
* Projections-Débats : L’engagement des philosophes, Le péril jeune, Universités : le grand soir

Centre Universitaire Clignancourt : 2 rue Francis de Croisset, 75018 Paris. Métro Ligne 4, arrêt Porte de Clignancourt.

Position du Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV), le 9 mars 2009

Position du Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV), le 9 mars 2009
A la communauté
Position du Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV), le 9 mars 2009

A ce jour, tous les centres extérieurs sont fermés.

A la Sorbonne, il est très difficile de garantir les possibilités d’accès: d’une part, il y a des blocages à l’intérieur; d’autre part, le filtrage des entrées peut à tout moment se transformer en fermeture totale par décision du recteur-chancelier, chargé du maintien de l’ordre.

Sur le fond, on constate une radicalisation du mouvement étudiant, et une montée en puissance des revendications des personnels administratifs.

Cette radicalisation et cette montée en puissance étaient prévisibles: il y a des mois que nous l’annonçons, en vain.

Les risques sont graves: dérapage avec violences et dégradations, éclatement du front des revendications, retournement du mouvement, mise en péril de l’année universitaire.

Or, le mouvement, large et majoritaire dans toute la communauté universitaire, est légitime, massif, et nécessaire face à l’autisme des ministères relativement à des réformes inacceptables, notamment une réforme des procédures de la formation des maîtres qui représente à la fois une régression et une agression, et qui reste à l’ordre du jour malgré les protestations de la CPU, de l’ensemble des syndicats et de multiples associations représentatives.

La seule solution est la mobilisation forte et continue dans les manifestations publiques, ce qui implique une gestion maîtrisée de l’accès aux locaux.

Face à l’attitude de mépris qui nous est opposée, il est plus que jamais indispensable de manifester, dans la rue et dans les universités, une résistance résolue, massive et responsable.

Professeur Georges Molinié. Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV)