Passage en force : la « masterisation » sans master est sur le site du ministère (19 mai 2009)

(info reprise depuis le site SLU)

Les groupes de travail n’ont pas terminé leurs réunions, la commission Marois – Filâtre n’a pas commencé ses consultations. Mais sur le site du ministère, la réforme est en place.

Comment dit-on, déjà ? “j’écoute, mais je ne tiens pas compte !

  • La formation (durée non précisée) que les stagiaires recevront est officiellement appelée “formation continue” (et non plus “formation continuée” terme pudique employé dans les groupes de travail). Voilà qui officialise la disparition des IUFM, qui ne sont plus chargés que de la formation initiale.
  • La revalorisation salariale ne s’applique qu’aux débutants. Qu’en penseront les professeurs actuellement titulaires qui espéraient à bon droit une revalorisation salariale ?
  • les stages en responsabilité pourront avoir lieu. Ils auront une longueur maximale de 108h. Bref, en fonction des besoins on fera appel à des étudiants de master pour assurer les remplacements des titulaires ou plus probablement des stagiaires partant en formation continue. Autrement dit, dans les classes, les professeurs débutants seront remplacés par des étudiants. Qu’en penseront les familles ?
  • il y aura 12 000 bourses “au mérite”. Comment se fera la répartition ? selon quels critères ? Combien chaque université, chaque département recevra-t-il de bourses ? Qui arbitrera la foire d’empoigne au moment de la répartition des bourses au mérite entre universités ?

Le reste – l’organisation des masters – n’est pas fixé : le ministère de l’éducation nationale s’en moque. Une masterisation sans master, en quelque sorte.

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« Et d’ailleurs, au fond, que veulent-ils ? Encore deux ans de palabres… » Valérie Pécresse en « off ».

source : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2520

« Et d’ailleurs, au fond, que veulent-ils ? Encore deux ans de palabres… » Ou comment Valérie Pécresse évita de voir à Berkeley ce qu’il aurait été utile qu’elle contemplât – Déborah Blocker, Département d’études françaises, Université de Californie, Berkeley, 2 mai 2009

[NB : Seule cette version de ce texte a été validée par l’auteure]

Alors que les universités françaises poursuivent actuellement une grève qui, pour certaines d’entre elles, dure depuis près de quatre mois, leur ministre de tutelle, dont les projets de réforme sont causes de ce mécontentement général, a jugé opportun de faire une visite-éclair dans les universités californiennes. Le 16 et 17 avril 2009 – c’est-à-dire quelques jours seulement avant de faire adopter, lors du conseil des ministres du 22 avril, son décret sur le réforme du statut des enseignants chercheurs français – Valérie Pécresse a ainsi visité le campus de l’Université de Californie, Berkeley, puis celui de l’Université de Stanford, au sud de San Francisco. Elle y a été reçue par les plus hauts administrateurs des lieux, est entrée en coup de vent dans quelques laboratoires, et a même rencontré une poignée de chercheurs et d’étudiants. C’était, de son propre aveu, la première fois qu’elle mettait les pieds dans une université américaine.

Quoique le ministre ait ensuite tenu à présenter (dans Paris Match) cette escapade comme ayant été prévue depuis deux ans, sa visite semble avoir largement été organisée à la dernière minute. J’en ai moi-même été informée par l’un de mes collègues, un ingénieur français en poste à Berkeley, qui, quelques dix jours auparavant, a été invité par le cabinet du ministre à lui faire visiter son laboratoire. Cet ingénieur a aussi été chargé (tout autant par le consulat de France que par le chancelier de notre université) de trouver, sur le campus, quelques autres universitaires d’origine française qui accepteraient de déjeuner avec Valérie Pécresse lors de sa visite. Avec un statisticien français également en poste à Berkeley, j’ai accepté cette invitation. Mon acceptation reposait sur l’idée que nous tâcherions tous les trois d’utiliser cette étrange occasion pour porter à l’attention du ministre quelques-unes caractéristiques centrales des grandes universités publiques américaines, dans l’espoir de lui faire reconsidérer par là non seulement le contenu mais encore le mode d’élaboration des certaines des réformes qu’elle tentait d’imposer à l’université française. Comme on pouvait, hélas, s’y attendre, la rencontre, où chacun a néanmoins pu parler librement – puisque notre situation d’expatriés ôtait au ministre toute emprise sur nous, tout en nous délivrant de la tentation de la courtisanerie – fut largement un dialogue de sourds.

La journée de Valérie Pécresse sur le campus de Berkeley a commencé par une visite chez le chancelier, un professeur de physique passé maître dans l’art de faire l’éloge du savant mélange d’excellence académique et de méritocratie démocratique qui caractérise ce qui est sans doute (si du moins l’on en croit les classements existants) la meilleure des universités publiques au monde. Après cet entretien, Valérie Pécresse et les membres de son cabinet qui l’accompagnaient avaient rendez-vous dans le tout nouveau CITRIS Building, un bâtiment érigé pour accueillir le Center for Information Technology Research in the Interest of Society, un centre de recherche spécialisé dans l’informatique appliquée. Là, Valérie Pécresse et son cabinet ont visité un laboratoire qui développe actuellement un projet intitulé Mobile Millenium. Ce projet ne pouvait guère que séduire une ministre qui chante les vertus de la recherche appliquée, en prônant sans trop sourciller le financement de ces travaux par les industriels qui seraient le plus susceptibles d’en tirer profit. Il s’agit en effet d’un effort qui, quoique élaboré au sein de l’Université et très largement soutenu non seulement par l’État fédéral américain, mais encore par l’État de Californie, se présente pourtant comme un projet de nature « industrielle », sans doute avant tout au nom du fait que les compagnies privées (Nokia et Navteq) qui y participent pourtant de manière relativement marginale ont toutes les chances d’en être les premières bénéficiaires. Le but de l’entreprise est de mettre au point un système permettant de faciliter la circulation automobile sur le réseau routier. La finalité est de permettre aux usagers du réseau de visualiser en temps réel les conditions de circulation sur les routes et autoroutes à partir de leurs téléphones portables, en utilisant comme point d’appui les GPS dont ces mêmes téléphones sont maintenant généralement porteurs. La présentation, fort bien faite, enchanta Valérie Pécresse. Seul bémol de taille, que les organisateurs n’avaient apparemment pas pensé à anticiper : la ministre s’étonna beaucoup de trouver ce jeune laboratoire peuplé quasiment exclusivement de doctorants et post-doctorants français (polytechniciens de tous corps et autres normaliens formés à grands frais dans les grandes écoles françaises), dont fort peu, lorsque je leur posais incidemment la question, manifestèrent l’intention de rentrer sagement au pays une fois leurs recherches terminées. L’auteure de ces lignes avoue ne pas avoir été mécontente que la « fuite des cerveaux » ait ainsi, comme par inadvertance, sauté aux yeux du ministre.

Cette rapide visite fut suivie d’un déjeuner, dans le plus célèbre restaurant de la ville. À table, la ministre fut entourée des trois enseignants-chercheurs qu’elle avait indirectement demandé à rencontrer, au milieu desquels fut installé un très jeune journaliste de Paris Match, venu pour tirer d’elle le portrait convenu, mais toujours tellement flatteur, au moins en France, du ministre inflexible qui ne recule devant aucune contestation (voir encart de Paris Match ci-dessous). Quelques-uns des membres du cabinet du ministre complétaient la tablée, mais semblaient plus soucieux de se restaurer que d’engager la discussion. Notre marge de manœuvre était bien sûr mince, ayant reçu de la chancellerie de l’université la consigne plus ou moins claire de pas offenser Mme la Ministre. Nous avions donc mis au point une stratégie oblique, consistant à valoriser dans le système de Berkeley tout ce qui soulignerait clairement, mais sans le dire ouvertement, l’ineptie non seulement des réformes que la ministre était en train d’imposer aux universités françaises, mais encore des méthodes qu’elle prétendait employer pour y parvenir.

Pour ma part, j’avais concocté un petit couplet sur les pratiques de la faculty governance (c’est-à-dire du gouvernement de l’université par les enseignants-chercheurs), si prégnantes à Berkeley, suivi de quelques remarques plus générales sur la collégialité des décisions administratives en ces lieux, laquelle fait tant pour décupler les énergies de ce campus réputé si performant. L’ensemble était destiné à souligner tongue in cheek que les méthodes autoritaires de gestion des carrières et des institutions que le ministère tentait actuellement d’imposer aux universités françaises ne pourraient que les affaiblir davantage, notamment parce qu’elles démobiliseraient toujours plus ceux qui y travaillent. Un de mes compagnons d’infortune avait pour sa part l’intention de traiter des liens entre recherche et industrie sur le campus, en rappelant au ministre que, quoiqu’on en dise en France, la recherche scientifique reste très largement financée sur les campus américains par des fonds publics. Or, dans ce cadre, you get what you pay for, la puissance publique étant en réalité seule capable de permettre le financement pérenne d’un tel effort. Ce collègue avait aussi l’intention de parler, à partir de sa propre expérience, des méfaits de certaines formes de financement privé de la recherche scientifique sur les campus américains.

Peine perdue, néanmoins, puisque nous être préparés à décrire par le menu – jusque dans la production d’une petite note de synthèse, que l’un d’entre nous avait tenu à remettre au ministre – le fonctionnement de l’université de Berkeley ne nous servit en réalité pas à grand chose, Valérie Pécresse étant clairement plus soucieuse d’engager la conversation sur la situation française, comme si elle ne pouvait s’en détacher, fût-ce à l’autre bout du monde. La ministre en visite de terrain s’avoua même préoccupée seulement par la préparation du prochain conseil des ministres, lequel devait donc avaliser, comme nous allions l’apprendre quelques jours plus tard, le décret si contesté sur le statut des enseignants-chercheurs français. De ce point de vue, le déjeuner fut instructif, puisque celle qui cherche à se présenter en France en femme-forte – décidée à ne pas céder devant les excès de ces universitaires agités qu’elle aurait, au moins selon elle, mission d’administrer souverainement depuis son cabinet – s’y révéla en réalité assez déstabilisée par la contestation qu’elle-même et ses réformes doivent affronter en France depuis quatre mois. Dans une telle situation, on sourit de peu. Je fus donc amusée de voir que Valérie Pécresse ne savait comment qualifier devant nous ce qui lui arrivait. Seule avec les membres de son cabinet, elle aurait sans doute parlé de « cette bande de gauchistes excités » ou encore de ces pitoyables « petits profs » qui tentaient si misérablement de défendre leurs quelques privilèges. Mais là, devant leurs collègues installés aux Etats-Unis, les mots lui manquaient pour qualifier cette fronde dont les acteurs, toujours sans nom et sans visage, étaient désignés par des « on » et de non moins vagues « ils ».

Plutôt que de nous écouter parler de Berkeley, la ministre préféra donc jouer devant nous un numéro sans doute déjà bien rodé, dans lequel elle présenta la révolte que soulèvent les réformes en cours en France comme une sorte de quiproquo. Dans cette lecture des événements, une ministre moderne et éclairée, soucieuse seulement du rayonnement de la science française, du développement de universités du pays, de la prospérité de celui-ci à l’avenir et du bonheur de ses étudiants actuels et futurs, s’affronte courageusement à l’autisme incompréhensible d’universitaires rétrogrades, préoccupés principalement de leurs salaires, de leur avancement et de leurs conditions de travail. Exécuté avec charme et même intelligence, le numéro était si rondement mené, que, pour l’essentiel, il convainquit au moins momentanément – du moins, je crois – mes deux collègues. Pour ma part, je restais étonnée de tant d’audace ou d’inconscience. Pouvait-on réellement soutenir que nos collègues français, ulcérés par vingt-cinq ans de réformes ineptes, se révoltaient par simple plaisir de créer toujours plus de chaos dans le lieu même des activités auxquelles ils avaient consacré leur vie ? Pouvait-on vraiment insinuer que, de la vision de l’université et de la recherche que développent actuellement des associations ou collectifs comme Sauvons la recherche et Sauvons l’université, il ne se dégageait pas une vision très cohérente de ce que devait être l’université française pour servir au mieux l’intérêt général ? Que cette vision ne soit pas celle actuellement développée dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, personne ne le niera. Mais, du moins en démocratie, soutenir une conception de l’intérêt général qui n’est pas celle défendue par ceux que la voix publique a porté au pouvoir ne saurait vous disqualifier comme intervenant : l’articulation patiente (mais aussi insistante) de cette opinion dissidente est au contraire ce qui fait de vous un interlocuteur pleinement légitime. En cela, l’accusation de « corporatisme », qui fleure bon son jacobinisme primaire, ne semble guère recevable : non seulement tout intervenant dans l’espace public défend nécessairement des intérêts (quoique ce ne soit pas toujours les siens propres), mais encore l’intérêt public ne peut être défini que dans la conciliation de ces intérêts particuliers – laquelle passe évidemment leur expression préalable. C’est en quoi, la concertation – quoiqu’elle ne soit, hélas, guère dans les mœurs politiques françaises – est la clé non seulement de tout consensus acceptable, mais encore de toute démocratie véritable. Et il y a plus : si l’on tente de faire l’économie de la recherche d’un tel consensus, fût-il minimal, on précipite nécessairement l’émergence d’actions (plus ou moins) violentes et l’on s’expose, une fois une réforme imposée par la force, à toutes sortes d’entreprises de sabotage. Les actions de « blocage », dont de très nombreuses universités françaises ont été victimes ces derniers mois, en sont la preuve. Et les enseignants-chercheurs français ne se contenteront sans doute pas de saboter les examens de la présente session. Comme beaucoup de leurs étudiants, qui ne sont en général pas moins mobilisés, – notamment parce qu’il s’agit pour certains d’entre eux de l’avenir d’une profession dans laquelle ils aspirent eux-mêmes à entrer – certains de ces enseignants-chercheurs affûtent dès à présent leurs armes en prévision de la rentrée prochaine. J’entends déjà l’indignation convenue et hypocrite de Mme Pécresse (ou de son successeur ?) lorsqu’un groupe de « jeune gauchistes excités » aura fini – au cours d’un malencontreux « dérapage », probablement attribuable avant tout au désespoir de ne pas être entendu, ni même écouté – par mettre le feu à son université. Sera-t-il encore temps alors d’ouvrir de vraies négociations ?

Au dessert, je glissais donc au ministre une question goguenarde : « Si je vous comprends bien, Madame, la révolte que suscite vos réformes serait donc seulement le fruit d’un regrettable malentendu ? » La ministre, sans doute consciente que l’argument était somme toute un peu difficile à soutenir, fit un geste de dépit accompagné par quelques mots mal articulés qui accusaient « la gauche » d’attiser la fronde. N’ayant pas désespéré de placer enfin mon petit couplet sur les vertus d’une administration collégiale et démocratique, je lançais alors, comme nous nous levions de table : « Nos collègues français se plaignent souvent que vous ne les écoutez pas beaucoup. Peut-être cela peut-il expliquer leur mécontentement ? » À quoi Valérie Pécresse, visiblement peu consciente du fait qu’il revenait très évidemment au ministre qu’elle était de créer les conditions d’un large débat public sur l’avenir de université française, répliqua qu’elle avait toujours dit qu’elle recevrait tout le monde. Aux mécontents, donc, de réclamer obséquieusement audience. Puis elle ajouta : « Et d’ailleurs, au fond, que veulent-ils ? Encore de deux ans de palabres… ». Valérie Pécresse sous-entendait ainsi très clairement que sa réforme, bonne par essence, n’avait nul besoin d’être discutée par ceux qu’elle prétendait administrer, comme s’il aurait été tout à fait impossible, dans la concertation, d’en trouver une meilleure. Voyant qu’un des membres de son cabinet venait lui rappeler qu’il était temps de partir vers leur prochain rendez-vous, je me contentais de lui répondre que deux années de « palabres », pour aboutir à une réforme qui serait acceptable pour (et même acceptée par ?) tous les intéressés, ne pouvaient certainement qu’être bénéfiques. Et même, une telle négociation, fût-elle pénible, n’était-elle pas essentielle à l’avenir du pays ? La ministre fit une moue très évidemment gênée mais néanmoins dubitative et me sera hâtivement la main. Je lui souhaitais poliment bon voyage et la regardais monter précipitamment dans son bus, encore toute étonnée d’avoir eu l’occasion de croiser à douze mille kilomètres de Paris, par une si belle journée de printemps californien, une incarnation aussi consternante de l’arrogance technocratique à la française.

Pendant sa journée à Berkeley, Mme la Ministre ne manquerait certainement pas d’éviter de regarder ce qui s’étale pourtant à la vue de tous sur ce campus, à savoir que (quoiqu’on en dise parfois dans cette « gauche » française qui critique volontiers chez Valérie Pécresse la prétendue imitation d’un hypothétique « système universitaire américain », qui n’existe sans doute que dans leur imagination), les universités publiques américaines ne se gèrent pas comme se gèrent les banques, les administrations ou les industries dans la plupart des pays du monde, mais dans une forme de concertation soigneusement entretenue et, qui, à Berkeley, est particulièrement intéressante – voire exemplaire (voir sur ce point l’article de David A. Hollinger : , ainsi que cette mise au point administrative sur le Budget Committee, l’un des organes centraux du gouvernement collégial sur le campus de Berkeley ). La ministre éviterait ainsi une nouvelle fois de voir ce qui pourtant crève les yeux de nombre d’observateurs, tant français qu’étrangers, à savoir que pour réformer une institution aussi complexe que l’université et dynamiser une communauté d’enseignants et de chercheurs – afin de leur permettre de donner, avec et pour leurs étudiants, le meilleur d’eux-mêmes – encore faudrait-il penser à demander l’avis des principaux intéressés sur leur présent, comme sur leur avenir. Mais Valérie Pécresse, fermement décidée, comme le prouva le conseil des ministres du 22 avril suivant, à faire passer en force en France sa réforme de l’université, n’était visiblement pas venue pour voir ou entendre cette évidence.

Déborah Blocker

(Département d’études françaises, Université de Californie, Berkeley)

Compte rendu FSU de la réunion du 4 mai : Cadrage master et articulation avec concours

Compte rendu FSU de la réunion du lundi 4 mai après midi
Thème général : Cadrage master et articulation avec concours

Présents cabinets MEN et MESR, FSU (SNES, SNUIPP, SNEP, SNESUP, SNUEP), UNSA, SGEN, CSEN, Autonomes, Etudiants (UNEF, FAGE, PDE, CE).
4 sujets prévus, 3 traités :
– stages étudiants pour 2009
– place de l’admissibilité
– cadrage du master
(L’accompagnement social des étudiants sera traité à la prochaine réunion)
Stages de pré pro. pour les étudiants préparant les concours
Mark Sherringham rappelle ce qui est prévu dans le projet ministériel :
– En M1 : stages d’observation et de pratique accompagnée (c’est le même stage qui commence par l’une et se poursuit par l’autre), en binôme ; pouvant aller jusqu’à 108h.
– En M2 : stages en responsabilité jusqu’à 108h avec modalités qui peuvent être différentes entre premier et second degré.
Les stages, à l’avenir, dans le dispositif définitif, doivent faire l’objet d’une prise en compte et d’une validation dans les masters pour être pleinement intégrés à la formation.

Pour l’année à venir (dispositif transitoire), pour les étudiants préparant le concours :

– 50 000 stages d’observation et de pratique accompagnée, environ 22 000 en 1er degré et 28 000 en 2d degré (donc puisque binôme, il affirme que cela concernera 100 000 étudiants)
– 50 000 stages en responsabilité seraient aussi proposés pour cette année transitoire.
Ce qui a été demandé aux recteurs :
– prévoir stages entre nov 2009 et avril 2010
– si constat de prévisions en décalage avec besoins entre disciplines, ajustements possibles en cours d’année, acad par acad.
– lieux de stages accessibles par transports publics
Aucun étudiant ne pourra faire les deux types de stage pendant cette année de transition.
Les étudiants doivent savoir à qui ils s’adressent. Sur le terrain les stagiaires doivent avoir des référents en plus des référents universitaires.
Le débat a porté sur l’articulation stages / contenu du concours, sur les formes de stages (filés, massés, …), sur le conventionnement avec établissements, sur la prise en compte des stages dans les futurs masters, sur le rôle et l’importance des maîtres de stages…
La FSU a noté la prise en compte de certaines demandes exprimées à la précédente réunion (formation professionnelle intégrée, prise en compte des stages dans les masters, …), elle rappelle qu’elle souhaite une formation en 2009/ 2010 au plus proche de l’actuelle, les propositions de stage faites modifiant fortement le dispositif actuel. Une telle mise en place dès l’année à venir nécessiterait une information profonde des étudiants mais aussi des collègues formateurs et de ceux des établissements maîtres de stage (PEMF, Maîtres d’accueil temporaire, Conseillers pédagogiques, Tuteurs, …). Elle a insisté sur la nécessité d’un débat approfondi et de décisions précises sur le choix, la formation, la rémunération des maîtres de stage, la reconnaissance de leur qualification. Pour fonctionner, un tel dispositif met en évidence la nécessité d’une structure universitaire pour mener la formation, pour piloter, animer, coordonner, suivre les stages. Cela veut donc dire que cela ne peut passer que par des responsabilités accrues pour les IUFM, et cela nécessite des moyens.
La FSU a insisté sur l’articulation, dans le dispositif définitif à venir et donc encore à définir, des formations disciplinaire et professionnelle, éléments indissociables d’une formation bien construite. Elle a insisté sur son refus d’utilisation des stages à des fins de remplacement et a rappelé la promesse ministérielle de renforcement de l’offre de formation.
Dans sa conclusion, outre un rappel et des précisions sur les propositions faites, M.Sherringham a reconnu qu’une structure universitaire identifiée, de coordination, faciliterait le travail des rectorats.

Place du Concours
En introduction, M.Coulhon, du MESR a noté que des avis très divers s’étaient exprimés, à la première réunion, sur la place de l’admissibilité, mais n’a fait aucune proposition pour lancer le débat.
Le SE, le SGEN ont rappelé leur proposition d’une admissibilité en fin de M1 avec un nombre d’admissibles très peu supérieur au nombre de postes au concours. Leurs arguments : ne pas laisser des étudiants s’engager dans un cursus M2 professionnel sans chance d’obtenir le concours et nécessité de leur offrir la possibilité en fin de M1 de s’orienter vers master recherche plutôt que vers master enseignement en cas de non-admissibilité. Ils considèrent que la logique du master pour l’enseignement est celle d’un master professionnel qui doit tenir compte des débouchés.
L’UNEF a soutenu la proposition d’admissibilité en fin de M1.
La FSU a rappelé qu’elle avait fait des interventions à la précédente réunion et n’entendait pas les refaire, renvoyant au précédent débat. Le SNUIPP a rappelé son mandat d’un concours entre M1 et M2 et le SNEP qu’il avait fait des propositions diversifiées en fonction des parcours des étudiants.
La FSU a insisté sur sa conception d’un modèle de formation progressif (articulant disciplinaire et professionnel) et pas successif (disciplinaire d’abord, professionnel ensuite). Elle a dit qu’elle s’interrogeait encore sur la place du concours (admissibilité, admission) tous les choix notamment ceux sur la place de l’admissibilité ayant des retombées fortes sur le contenu des concours. Certes une admissibilité tardive poserait le problème de la lourdeur de l’année de M2 mais une admissibilité trop précoce poserait la question du contenu du concours et notamment des écrits, et ne permettrait pas de faire porter l’admissibilité sur des éléments larges de la formation.
Elle a dit son opposition à la proposition d’un nombre d’admissibles très peu supérieur au nombre de postes au concours qui aboutirait à considérer que l’admissibilité, sur la base des écrits du concours, (en plus placée très tôt), permettrait a priori de déterminer des compétences suffisantes pour que les étudiants admissibles soient de bons enseignants ! N’y aurait-il pas un risque de sous estimation de l’importance de la formation, notamment professionnelle entre l’admissibilité et l’admission si les
admissibles étaient presque certains d’être reçus ? En outre, un tel dispositif aboutirait de fait à instaurer un numerus clausus et à interdire à des étudiants de poursuivre en deuxième année le master choisi; il repose sur la conception de masters très fermés, n’intégrant pas l’ouverture à la recherche.
La FSU n’oppose pas master recherche et master enseignement (elle note des différences historiques entre disciplines) et souhaite que soit menée la réflexion sur des masters suffisamment ouverts pour permettre une orientation vers recherche et vers enseignement, tout master enseignement devant être, adossé à la recherche.

Cadrage des masters
La plupart des organisations ont réclamé un cadrage des masters et une harmonisation relative sur le territoire.
La FSU a exigé un cadrage des masters, tant en terme de contenus qu’en terme géographique (répartition sur le territoire). Cela passe par la mise en avant de certains principes comme l’adossement à la recherche, notamment en didactique épistémologie et sciences de l’éducation, comme une certaine harmonisation de la formation professionnelle entre disciplines, etc.
Cela va nécessiter du temps et des moyens car l’ouverture de nouveaux masters représente un coût et beaucoup de négociations (conventions, contenus, …). La FSU redit ce qu’elle dit depuis le début de la réflexion, il faut du temps pour bâtir ce type de réforme. La publication du rapport Marois Filâtre pendant les vacances scolaires ne va pas aider à des débat sereins et approfondis !
Le SNUEP FSU a fait part de son inquiétude sur le retard pris sur la réflexion sur la formation des PLP, avec le risque de disparition de certaines formations compte tenu des faibles effectifs et de l’absence, dans certains cas, de licences professionnelles. Il faut là aussi prendre le temps de la réflexion pour maintenir et améliorer les formations des PLP.
En conclusion le représentant du MESR, M.Coulhon, note les exigences de cadrage, fait remarquer que cela peut apparaître comme contradictoire avec l’autonomie des universités, mais note que des formes d’harmonisation existent déjà actuellement entre masters professionnels.

Xavier Darcos furieux contre certains universitaires

A lire dans Ouest-France du 6 Mai »
« Des fous qui cherchent des alliés ». C’est ainsi que Xavier Darcos qualifient certains universitaires en grève depuis des semaines pour des revendications « auxquelles je ne comprends rien », ajoute le ministre. « Je ne sais même pas ce qu’ils veulent. Ces gens-là creusent leur tombe. A la Sorbonne, les inscriptions sont en chute de 20%. On leur offre l’autonomie; on les couvre de milliards… Pour une minorité, c’est une vraie névrose autodestructrice. Je serais prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent. Mais, dans le supérieur, plus je plonge dans le dossier, moins j’arrive à comprendre. »

Cacophonie syndicale au ministère

Ci-dessous un compte rendu de la première réunion au Ministère sur la « mastérisation des concours ».
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GT du 29-04-2009/ Cadrage des masters et articulation avec les concours/ Réunion n°1
Etaient présents :
–       Des membres des deux ministères concernés par la réforme de la formation des maîtres, dont P. Court, M. Sherringham, R. Jouve, T. Le Goff, J-L. Nembrini, et P-Y. Duwoye pour le MEN et T. Coulhon, P. Gillet, B. Durand pour le MESR.
–       D. Filâtre, co-président de la commission nationale de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres.
–       Les représentants des 4 confédérations (FSU, CSEN, SGEN-CFDT et SE-UNSA). La CSEN était représentée par JL. Charlet (Autonomes’ Sup), V. Gavard (SNE) et C. Mazeron (SNALC).
–       Les représentants des organisations étudiantes : UNEF, FAGE, UNI

P. Court préside et ouvre les débats. Il rappelle quels sont les points à aborder dans le cadre de ce groupe de travail : positionnement du concours vis-à-vis du master, en terme de calendrier, contenu des masters conduisant au concours, place des stages au sein de la formation, place de l’enseignement professionnel – dont les conditions de recrutement sont spécifiques.
FSU (Aschieri) : en préambule, quid des quelques maquettes remontées jusqu’au ministère ? Quelle décision a été prise quant à leur examen depuis la dernière rencontre ?
T. Coulhon répond que la volonté première des établissements concernés était de maintenir ces projets, mais que leur position a « évolué ». Ils n’ont ainsi pas maintenu leur demande d’examen, et il n’y aura pas d’examen de maquettes de masters cette année, à l’exception de celles des ENS et de l’Outre-mer (en raison des faibles effectifs concernés et du risque de disparition des formations).
Le SNE fait une déclaration préalable (voir texte avec V. Gavard) pour rappeler que s’il est favorable au principe d’élévation du niveau de recrutement, il souhaite que l’allongement de la formation ne soit pas le moyen d’enfoncer le clou du pédagogisme dans la formation des futurs enseignants.
UNSA : demande que soient d’abord entendues les confédérations. Elle rappelle la nécessité d’un cadrage national fort pour les futures maquettes de masters, prenant en compte le cahier des charges existant sur les compétences attendues des futurs enseignants, ainsi que les apports de la loi Fillon (en ce qui concerne le socle commun). L’UNSA demande également à ce titre la mise en place d’une carte nationale des formations. Par ailleurs, l’admissibilité du concours de recrutement ne doit pas être passée en cours de M2 mais en fin de M1, avec épreuve de connaissance du système éducatif à la clé, reposant sur l’expérience des stages effectués en M1. Un calibrage doit être effectué à ce moment-là. Les épreuves d’admission seraient passées en mai du M2. L’agrégation doit, elle, être passée une fois le master obtenu, et comporter également une épreuve de connaissance du système éducatif.
FSU : ne souhaite pas un parcours « fermé » pour les futurs candidats, devant obligatoirement passer par un master « enseignement ». Les concours doivent rester ouverts aux titulaires de tous masters. La FSU s’interroge toutefois sur la nécessité de différencier les parcours en amont en fonction du concours présenté. Elle souhaite que soit mise en place une véritable politique de « pré-recrutement », par l’intermédiaire d’aides financières conditionnées au suivi de la partie « professionnelle » de la formation. La FSU rappelle que le cadrage national est nécessaire : pour preuve l’extrême diversité des maquettes sur lesquelles les universités ont travaillé cette année (même si celles-ci ne sont ensuite pas remontées au ministère). Il faut également prendre en compte les spécificités de l’enseignement professionnel (mise en place d’un cycle préparatoire ?). Enfin, quel est l’avenir du « potentiel de formation » des IUFM ?
P. Court répond partiellement :
– A compter de la rentrée 2009, deux dispositifs d’aide supplémentaires vont être mis en place à destination des étudiants se préparant aux concours : l’un d’entre eux possède une dimension sociale, l’autre (sur critères académiques purs) a pour objectif de recruter les meilleurs éléments.
– Les cursus ne seront en rien « fermés », tout candidat déjà titulaire d’un master pourra se présenter, sur le système des candidats libres.
– Les étudiants concernés par les stages dans le cadre de la pré-professionnalisation ne seront en aucun cas « lâchés dans la nature », ils seront bien évidemment suivis/encadrés.
SGEN-CFDT : souhaite une bonne coordination entre formation « professionnelle » et formation « disciplinaire », c’est pour cela qu’il aurait voulu que le recrutement se situe juste après la licence, et que les deux années supplémentaires soient consacrées à la formation professionnelle « pure ». Actuellement, le SGEN se prononce plutôt pour une admissibilité en fin de M1, et une admission en fin de M2. La formation professionnelle doit en effet être « dégagée des contingences académiques » (sic !). Par ailleurs, ce que l’on entend par « disciplinaire » doit être conçu de manière très large, c’est-à-dire intégrant les dimensions didactique, épistémologique, etc… Une épreuve de connaissance du système éducatif doit être proposée au concours. En ce qui concerne le contenu des masters, il est nécessaire de se référer au référentiel de compétences existant. Enfin, le SGEN pose le problème des reçus-collés, et souhaite donc un calibrage fort au moment de l’admissibilité.
P. Court : actuellement, ce même phénomène existe, puisque 85% des candidats présents, tous concours confondus, échouent et n’ont même pas la reconnaissance d’une qualification à leur niveau d’études.
CSEN (Charlet) : les concours doivent être passés plutôt en fin de M2 (il y aurait trop de choses à voir dans le cadre d’un concours en fin de M1). Le cadrage national des maquettes doit être fort, afin d’éviter les dérives locales. Des masters pluridisciplinaires seraient peut-être intéressants dans le cadre d’une reconversion des étudiants échouant au concours, ou pour les futurs PE. La CSEN rappelle également son attachement à des concours « ouverts » à tout master, et à une agrégation qui se passerait en post-M2.
UNEF : le cadrage national est une nécessité absolue pour assurer une bonne préparation aux concours sur l’ensemble du territoire. Elle demande également la mise en place d’une carte nationale des formations. Par ailleurs, l’IUFM doit être le pilote de toute la formation professionnelle des étudiants se destinant à l’enseignement, il faut absolument « utiliser le potentiel de formation ». L’UNEF n’a pas de position sur l’articulation master/ calendrier des concours à ce jour.
FAGE : la masterisation est bien accueillie par les étudiants. Les masters mis en place doivent conduire à de multiples débouchés professionnels, ils ne doivent donc pas être orientés par la seule préparation des concours de recrutement de l’enseignement. La FAGE n’est pas favorable à un passage de l’admissibilité en fin de M1. Par ailleurs, elle souhaite que la pré-professionnalisation ne commence pas en master mais en licence (dès le semestre 5, avec des modules intitulés « pédagogie », en S6 avec des stages de découverte). Un pré-recrutement doit intervenir à l’entrée en M1, qui prendrait en compte ce qui a déjà été suivi par l’étudiant en matière « pédagogique ». Le master doit intégrer la formation professionnelle de la manière suivante : stages d’observation dès le S1 du M1, puis stages de pratique accompagnée en S2/S3 et stage en responsabilité au cours du S4. La FAGE est contre le cadrage national des maquettes : il faut laisser aux 83 universités le choix de construire leurs propres maquettes, pour « qu’elles puissent donner le meilleur d’elles-mêmes », avec tout au plus un « canevas » de référence. Le M1 serait orienté vers la recherche (en sciences de l’éducation) et l’observation du métier, le M2 vers l’apprentissage de la pédagogie (sic !).
UNI : le passage des concours doit être ouvert à tout titulaire de M2, quel que soit le master choisi. La sélection pour l’entrée dans les masters menant aux carrières enseignantes doit se faire entre la L3 et le M1. Enfin, une porte de sortie doit être ménagée pour les « reçus-collés ».
La parole est ensuite donnée aux syndicats des différentes confédérations.
SNEP-FSU (C. Pontais) : tient à la pré-professionnalisation dès la licence. Par ailleurs, il peut y avoir différentes façons d’accéder au métier, qui sont à prendre en compte en instaurant plusieurs « filières » différentes. Enfin, pourquoi vouloir tout faire, du point de vue de la formation professionnelle, dans le cadre du seul master : la formation doit pouvoir être achevée pendant l’année de stage.
SNUipp (G. Moindrot) : pas convaincu par l’idée d’apprentissage du métier par simple « compagnonnage ».
SGEN : même point de vue sur la question que le SNUipp (remarque personnelle : ils devraient fusionner, vu leur accord global !!). Le SGEN souligne selon lui les limites de la circulaire Hetzel : celle-ci introduit, par la possibilité de se présenter au concours avec n’importe quel master, un décrochage évident entre PE (qui passeront plutôt un master « métiers de l’enseignement ») et PLC (qui seront plutôt inscrits en master « recherche »). Le SGEN demande donc l’annulation de ce texte, le cadrage national de la masterisation devrait permettre par ailleurs d’en limiter les effets. Enfin, le SGEN rappelle que les licences pluridisciplinaires ont donné de bons résultats pour le passage du CRPE, et qu’il serait peut-être bon d’étendre le dispositif aux masters.
SNES (F. Rollet) : la formation des maîtres doit être améliorée dans toutes ses composantes, disciplinaires et professionnelles. Malheureusement, on est toujours dans un modèle de formation « successif » (concours disciplinaire puis formation professionnelle), plus que dans un modèle « articulatoire », qui est véritablement souhaitable. Il faudrait introduire progressivement des éléments de pré-professionnalisation, sachant que l’épistémologie, la didactique, etc… sont à la fois des éléments professionnels et disciplinaires. Il y aurait par ailleurs tous les inconvénients à placer le concours en fin de M1, car on vérifierait tout en même temps, ce qui alourdirait le dispositif.
SNALC (C. Mazeron) : si l’on ne peut qu’être favorable au principe d’élévation du niveau de qualification des futurs enseignants, il faut toutefois s’interroger sur la véritable « plus-value » apportée par ces deux années supplémentaires demandées aux étudiants. Elles ont en effet un coût, il faut qu’elles en vaillent la peine, faute de quoi il ne s’agira une fois de plus que d’une inflation artificielle des titres requis : il ne suffit pas de dire que l’on allonge le temps de formation initiale pour que la formation en soit améliorée ! A cet égard, il est indispensable, avant même d’introduire dans le contenu des masters des éléments de « professionnalisation », d’approfondir la formation disciplinaire reçue par les étudiants. Le niveau disciplinaire actuel des candidats est loin d’être satisfaisant, en témoigne l’attachement des jurys de concours au principe d’épreuves disciplinaires prépondérantes et de haut niveau universitaire (voir motions votées en ce sens). De manière générale, « ce sont ceux qui en savent le plus qui en parlent le mieux » (slogan non de la Société des Agrégés ou du SNALC mais utilisé dans la dernière campagne du planning familial ! Remarque juste destinée à détendre l’auditoire…). Cet approfondissement disciplinaire doit être d’ailleurs conçu non comme une spécialisation supplémentaire, mais comme l’occasion d’élargir ses champs de compétence académiques : la formation actuellement dispensée à l’université en licence est souvent très spécialisée, alors que le métier d’enseignant du second degré, qui s’appuie sur les programmes scolaires, balaie des thématiques plus larges et suppose un esprit de synthèse. Un étudiant peut ainsi actuellement devenir professeur d’histoire-géographie sans avoir jamais étudié la Grèce ancienne au cours de son cursus initial, alors même qu’il aura à l’enseigner dans le second degré ! Par ailleurs, sachant que le stage post-concours est presque exclusivement consacré à la formation « professionnelle », il ne serait pas inutile de rééquilibrer le master par cet approfondissement disciplinaire, plutôt que de multiplier les modules de pré-professionnalisation. Si ceux-ci doivent toutefois être mis en place, le SNALC souhaite que cette formation soit véritablement ancrée à la pratique de terrain, dans les classes, plutôt qu’à travers des cours de sciences de l’éducation. A ce sujet, le SNALC s’étonne que tant de personnes autour de la table mettent l’accent sur le « potentiel des formation » des IUFM, alors même qu’une majorité d’étudiants en montre les limites, sinon les errances ! Le cadrage national doit par ailleurs être réaffirmé : cela ne pourra être effectif que si ce sont les concours qui pilotent le contenu des masters, et non l’inverse. Le SNALC ne se prononce pas définitivement pour l’instant sur la place de l’admissibilité et de l’admission au cours du master : dans tous les cas, la solution d’une admissibilité en début de M2 est à proscrire, car cela détournerait le concours de ses ambitions disciplinaires (quand serait-il préparé ??). L’admissibilité en fin de M1 est plus pertinente, mais ne règle pas le problème des reçus-collés. Le mieux serait sans doute de proposer l’admissibilité et l’admission en fin de M2. Enfin, le problème de ces reçus-collés amène à se poser la question du type de master que l’on veut mettre en place : si l’on veut proposer une reconversion réelle aux étudiants ayant échoué aux concours, il faut qu’ils soient les plus diversifiés possibles, mais cela risque aussi de déboucher sur une formation « passe-partout » de faible niveau disciplinaire. La meilleure solution reste encore dans le maintien d’un caractère disciplinaire fort pour ces masters, qui permettra cette reconversion comme la poursuite d’études vers la recherche.
UNSA : revient sur la question des IUFM et de leur statut dans la réforme à venir. Seront-ils « maîtres d’ouvrage » (proposant et dispensant les formations), « maîtres d’œuvre » (agissant pour et en coordination avec les universités, dans une logique partenariale où les universités décident et les IUFM appliquent) ou simples « prestataires de services » au coup par coup ? L’UNSA penche plutôt pour la seconde solution, mais se pose la question des moyens qui leur seront alloués. Elle demande une clarification, qui permettrait de résorber la « guéguerre » actuelle.
P. Court clôt la réunion par une synthèse des points débattus et des positions de chacun :
– Il existe un intérêt général pour l’allongement de la formation via la masterisation.
– Chacun a souligné la nécessité du caractère ouvert de l’accès au professorat et des masters y conduisant : on doit pouvoir se présenter sans être « enfermé » dans un type de master. Les masters plus spécifiquement estampillés « enseignement » doivent offrir les possibilités de diversification en cas d’échec, soit en ayant un contenu plus large, soit en adoptant un contenu plus spécifique (des divergences sur ce point).
– Des interrogations demeurent sur :
* la coordination entre volonté d’unicité des procédures de recrutement et nécessaire diversité des métiers vers lesquels elles conduisent.
* l’articulation masters/admissibilité, la situation de l’agrégation mise à part.
* le cadrage national de l’offre de formation.

L’épreuve de force : TOUS les décrets ont été votés CONTRE l’avis de la communauté universitaire !

Le JO de ce jour contient une série de textes que la précipitation gouvernementale et vacancière du début de semaine annonçait. Y figure également le contrat doctoral, qui n’était pas annoncé si rapidement, mais ne relevait pas des mêmes procédures consultatives.
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
9 Décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 modifiant le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences et portant diverses dispositions relatives aux enseignants-chercheurs
10 Décret n° 2009-461 du 23 avril 2009 modifiant le décret n° 92-70 du 16 janvier 1992 relatif au Conseil national des universités
11 Décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d’enseignants-chercheurs des établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche relevant du ministre chargé de l’enseignement supérieur
13 Décret n° 2009-464 du 23 avril 2009 relatif aux doctorants contractuels des établissements publics d’enseignement supérieur ou de recherche
15 Arrêté du 19 mars 2009 fixant les taux de promotion dans certains corps de fonctionnaires relevant du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche
16 Arrêté du 30 mars 2009 fixant les nombres d’emplois offerts à la mutation, au détachement et au recrutement par concours des professeurs des universités et des maîtres de conférences jusqu’au 31 décembre 2009
17 Arrêté du 23 avril 2009 fixant le montant de la rémunération du doctorant contractuel

La DGES en ordre de bataille pour enterrer le mouvement au 30 Avril.

Lettre de patrick Hetzel, directeur de la DGES (Direction Générale de l’Enseignement Supérieur) adressée aux présidents d’université le 21 Avril :

dges1

dges2

Télécharger le fichier original : courrier-hetzel-21-avril-2009.pdf

Les premiers « effets d’application » de cette directive ne se seront pas fait attendre très longtemps comme en témoigne le courriel du président de l’université de Lorient adressé le 23 Avril à ses étudiants (et à ses personnels ?) :

« L’Université de Bretagne-Sud s’est engagée depuis sa création à promouvoir la qualité de ses formations et des diplômes qu’elle délivre.
La carte des formations, déposée lors de notre dernier contrat quadriennal d’établissement, a fait l’objet, pour la première fois, d’une évaluation par l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur. Cette évaluation a permis au ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche d’autoriser l’Université de Bretagne-Sud à délivrer 93 diplômes différents sur la base de la rigueur de nos programmes, des modalités d’évaluation des connaissances et des compétences et sur la reconnaissance de notre un corps professoral.
En outre, et dans l’intérêt de l’insertion professionnelle des étudiants, l’Université est attachée à la reconnaissance par le monde socio-économique et culturel des 3800 diplômes qu’elle délivre chaque année.
L’Université de Bretagne-Sud ne peut se permettre de brader les diplômes qu’elle délivre. Il ne saurait donc être question par exemple d’accorder un semestre blanc.
Dans les filières dont les cours et les Travaux Dirigés ont été interrompus du fait du blocage, et malgré un premier travail réalisé par le CEVU le 03 avril 2009, la situation actuelle ne peut permettre, à ce jour, de garantir la délivrance des diplômes.
Dans ces conditions, si la reprise des cours n’a pas lieu le Mardi 28 avril, un nouveau CEVU extraordinaire devra se tenir dans les meilleurs délais. Il aura pour mission de faire le bilan et de ré-étudier les plans de rattrapage pédagogique de toutes les filières touchées par le mouvement universitaire. S’il s’avérait que les modalités de rattrapage pédagogique ne puissent attester
de la qualité des formations pour lesquelles nous sommes habilitées, nous devrions donc renoncer à la tenue des examens, à la tenue des jurys, et, par conséquent, à la délivrance des diplômes.
Nous appelons donc les étudiantes et étudiants à bien vouloir considérer le risque auquel s’expose notre communauté universitaire.
Le Président.
«