Lettre des étudiants serbes, adressée au monde

Lettre des étudiants serbes, adressée au monde :

En Serbie, le processus de Bologne a débarqué avec une hausse enorme des frais d’inscriptions d’année en année, un chaos dans le système universitaire et un appauvrissement des cursus.

Pour les 10 ans de la déclaration de Bologne, les étudiants des universités de Belgrade ont organisé un représentation appelée « Quel est le prix du savoir? » dans la plus grande rue piétonne de la ville.

Pendant que nous, étudiants, étions assis dans la rue à travailler, les passants étaient invités à mettre un prix à certains savoirs – quel est le prix du savoir sociologique ? Quel est le prix des compétences d’un joueur de piano? Combien devrais couter le savoir de cet homme avec le t-shirt vert? Et celui de cette fille avec des sandales?

Pour nous, le prix du savoir à évoluer d’année en année, augmentant encore et encore, alors que le savoir transmis, lui, restait le même.

Les gens écrivaient sur des bouts de papiers un code barre des prix, et le donnait aux étudiants. La plupart des gens, de fait, considéraient que le savoir devait être gratuit. Certains, contrairement aux autorités administratives de nos universités, trouvaient qu’il n’était pas de leur ressors de répondre à la question, et ils s’en allaient donc après une discussion sur l’irresponsabilité du gouvernement, le nombre d’étudiant entrant sur le marché du travail, ou la gratuité de l’enseignement, etc … D’autre enfin exprimaient le point de vue qui est celui que la valeur du savoir ne peut être exprimé en argent comptant, alors ils écrivaient sous le code barre « priceless » (« sans prix »).

Si le savoir est effectivement « priceless », qu’est-ce qui est alors acheté par le « marché de la connaissance » européen de bologne? Ce qui est acheter n’est pas du savoir. Le savoir ne peut pas être donner, il peut être appris. Ce à quoi nous sommes vendus, ce que nos parents paient par les taxes, et ensuite à travers les frais d’inscriptions, c’est le processus d’ajustement de l’éducation aux règles du marché, qui induit l’appauvrissement des cursus, la disparition des savoirs n’induisant pas de profit. Si ce processus n’est pas arrêter : l’éducation ne sera bientôt plus qu’un espace commercial pour l’achat de diplomes.

Photos sur le web : http://www.studentizastudente.net/index.php?option=com_morfeoshow&task=view&gallery=10&Itemid=24

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Répression administrative scandaleuse à Strasbourg !

Témoignage.
« J’ai envoyé un mel sur la liste il y a quelques semaines faisant état des pressions dans mon service suite à ma participation active dans les mobilisations et grèves de février à avril. J’ai été informé hier de ma mutation forcée au sein de l’Université, avec perte de toute autorité hiérachique, et perte indemnitaire. La mutation sera arrêtée le 1er juillet prochain (dans 8 jours !!!)
Je me permets de faire ci-dessous un petit résumé des semaines passées après la fin de la grève.

Donc faits et dates
Début Mai, mon Directeur me demande de prendre contact avec le Secrétaire Général pour changer de poste. Selon lui le SG lui aurait demandé de faire un papier contre moi. Le Directeur me dit refuser de faire un tel papier. Mais il faut que je coopère pour partir, sinon on me forcera à partir. Le Directeur me dit encore qu’il faut que je sois placé dans un poste plus cadré hiérarchiquement et plus technique.
Deux jours plus tard, le Directeur revient à la charge, et me demande si j’ai contacté le SG. Je lui réponds que je ne le ferai pas. Il me prend à partie devant tout le service.
La semaine suivante, il reviens vers moi, me dit que nous sommes partis sur de mauvaises bases, en fait on a découvert mes grandes compétences, il faut que je vois la DRH qui aurait des poste à me proposer, postes à la hauteur de mes fortes compétences.
La DRH me donne RV pour le 19 mai. Je vais à ce RV accompagné par 2 syndicalistes.
Il m’est proposé 2 postes : un comme adjoint en lycée, 1 comme adjoint en service central. Je refuse ces postes. Il m’est alors reproché mon attitude professionnelle. Il y aurait des plaintes de personnels contre moi.
Durant 1 mois les pressions s’accentuent dans mon service : rétention d’information, collaborateurs qui ont reçu ordre de ne me plus donner copie de leur travail, de ne plus m’informer. Des réunions se font avec le Directeur sans moi. Je ne vois plus du tout le Directeur. Mes derniers dossiers me sont retirés.
J’envoie un mel au SG en lui décrivant les pressions internes à mon service. Il me fait une réponse sèche, se sent visé par mes accusations de harcèlement, me dit de faire attention aux termes que j’emploie. Je lui réponds qu’il n’est pas visé, mais que je l’informe de la situation dans ma composante.
Je suis convoqué le 23 juin chez le SG.
Il m’est signifié une nouvelle affectation non négociable, en service central. Je serai sous l’autorité d’un chef de Département. Mes nouvelles fonctions ne seront assorties d’aucun pouvoir hiérarchique.
Il m’est dit que cette affectation n’est pas une sanction, elle serait motivée par l’absence de connivence entre mon Directeur et moi.
Je demande à garder le bénéfice de mon indemnité NBI. Le SG s’engage à me laisser l’indemnité jusqu’au mois de décembre prochain. Il me dit que je devrai déjà être content d’avoir touché cette indemnité durant 1 an.
Il finit l’entretien en me disant « alors on est bien d’accord »
Je lui répond qu’il ne s’agit pas d’accord, puisqu’il s’agit d’un ordre, mais que je prend acte de sa décision
Il me répond que c’est mon interprétation
Fin entretien
La mutation sera arrêtée et actée au 1er juillet prochain (j’ai envoyé cette nuit un message au SG pour demander de repousser cette date au 1er septembre, pour pouvoir me retourner, il m’a été répondu par la négative, la mutation sera arrêtée au 1er juillet, même si pour raisons congés et rangement de mon bureau actuel, ma prise d’acte effective ne se ferait qu’au 1er septembre)

David Romieux ».

Nota-Bene : des démarches syndicales sont en cours. Chacun est invité à apporter publiquement son soutien à David Rommieux et à donner une très large rediffusion à ce message. Une pétition sera lancée prochainement. Nous vous en tiendrons informés.

Nous avons plié mais nous sommes toujours debout !

Message du porte parole de mobilisation06

« L’année universitaire se termine. Une année exceptionnelle marquée  par le plus long mouvement que l’Université française ait connu.
« Un mouvement débuté juste après le Jour de l’An, qui se poursuit jusqu’aux vacances d’hiver, persévère jusqu’à Pâques, traverse avec légèreté trois « ponts » successifs, Ascension, 8 Mai, Pentecôte. « .
« Une demi-année ! Qui l’aurait imaginé ? Alors qu’en 1968 le mouvement n’avait duré que cinq semaines) [cette durée] est en soi une victoire, cette durée inédite donne la mesure de notre engagement et de notre persévérance. Les pressions, les chantages, la désinformation, les articles assassins, sans compter les gesticulations des bouffonnes associations de parents d’étudiants (sic), n’y ont rien fait. Nous n’avons pas cédé, ils ne nous ont pas réduits. « [1]

Par soucis de responsabilité vis à vis de nos étudiants nous avons fait en sorte qu’ils puissent  terminer l’année dans les moins mauvaises conditions. Ce ne sont pas les injonctions et menaces de Pécresse et Darcos qui y sont pour quelque chose.
Madame et Monsieur   les Ministres, « vous avez eu raison deparier sur notre bonne nature : nous ne sacrifierons pas sur l’autel de vos vanités, l’avenir de nos étudiants. Vous avez l’impression d’avoir gagné, pour quelques semaines, face au monde du savoir, face à l’innovation, face au dynamisme, face aux plus grands noms des sciences et des sciences humaines françaises qui, chaque jour, portent par leur travail, malgré vous, notre pays au rang des premières puissances culturelles et intellectuelles de la planète ­ face à tous ceux, prix Nobel compris, dont vous n’avez pas su entendre les appels raisonnables et argumentés. En vous appuyant sur des médias aux ordres, sur des mensonges éhontés, des chiffres ouvertement truqués, des intimidations policières et des lieux communs populistes, vous pouvez donner l’impression d’avoir gagné, pour un temps, mais pour un temps seulement, contre l’Université de la République. » [2]

Nous avons pliés mais nous sommes toujours debout.

Dans ce nouveau contexte, il importe d’analyser sans complaisance les résultats de cette lutte, les forces et les faiblesses du mouvement.
Chacun appréciera ces résultats  au vu des textes des décrets déjà parus et de ceux qui ne manqueront pas d’être promulgués pendant l’été. Au vu aussi de la poursuite de l’action d’affaiblissement des organismes de recherche publics au premier rang desquels le CNRS [3].
Des analyses plus globales sur la politique menée dans l’enseignement supérieur et la recherche publique ne peuvent être conduites en les isolant des politiques vis à vis des autres secteurs publics (éducation, santé, justice, action sociale… ) et doivent englober le niveau européen dans son contexte mondial.

Pendant l’été, le  site mobilisation06 va évoluer pour mieux prendre en compte ces exigences.
Il sera régulièrement tenu à jour.
Les rubriques « A la une » et « Dernières informations » de la page d’accueil vous apporteront des infos sur l’évolution de la situation.
La « Revue de presse » sera maintenue.
Nous nous proposons également de rassembler les contributions, tribunes libres, communiqués,  publiés par ailleurs pour nourrir cette cette nécessaire réflexion.
Nous projetons de restructurer les rubriques « Analyses » afin d’offrir une vision plus synthétique.
Toute suggestion de votre part  pour améliorer le site et mieux répondre à vos besoins est bienvenue.

Enfin nous faisons appel à vous pour contribuer à cet effort de synthèse et de réflexion en nous soumettant vos propres textes qui pourraient être incorporés au site dans la rubrique « Tribunes libres ».[4]

Bonne vacances prochaines.
Le porte parole de mobilisation06 // http://mobilisation06.fr/

Le savoir n’est pas une marchandise.
L’Université n’est pas une entreprise.

[1] D. Guedj. Université : le gouvernement n’a pas reculé d’un décret.  Rue89 (http://www.rue89.com), joint en fichier attaché.
[2] Extrait de la Lettre ouverte de 130 enseignants chercheurs de l’Université Paris-Ouest Nanterre à Valérie Pécresse et Xavier Darcos du 12 juin 2009. A lire sur le site mobilisation06 page Analyses / Tribunes libres.
[3] Sur ce point voir notamment la Tribune de Henri Audier sur le site mobilisation06 page Analyses / Tribunes libres également jointe en fichier attaché.
[4] Les textes peuvent nous être envoyés en fichier Word ou pdf . Nous nous réservons le droit d’accepter ou de refuser une contribution.

L’« autonomie » selon le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Un exemple édifiant. Communiqué de SLU (24 juin 2009)

A lire sur le site de SLU : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2777

Une décision unilatérale du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient d’être rendue publique : elle ôte à l’Université Paris 8 une de ses composantes, l’Institut Français d’Urbanisme (IFU), pour la rattacher à l’Université de Paris-Est/Marne-la-Vallée.

Résumons les faits : l’Institut Français d’Urbanisme est une composante de l’Université Paris 8 depuis sa fondation en 1969. A l’époque, il n’était pas situé très loin du site principal de l’Université Paris 8 qui se trouvait dans le bois de Vincennes. Entre 1980, date du déménagement forcé de l’Université à Saint-Denis et 2005 l’IFU a continué sans problème majeur – ni scientifique, ni financier, ni logistique – à se développer comme une des composantes de l’Université Paris 8, largement autonome dans ses choix puisque relevant de l’article 33 sur les Instituts. Un des fondateurs de l’IFU, Pierre Merlin, a même été élu à la Présidence de l’Université Paris 8 à la fin des années 1970. Depuis 2005, un débat a été ouvert : une partie de l’IFU demandant un rattachement de cette composante à une université plus proche, territorialement parlant, à savoir l’Université de Paris Est-Marne-la Vallée. A plusieurs reprises, les instances élues de Paris 8, après en avoir débattu, ont affirmé leur désaccord avec cette proposition. Passant outre cette position très claire de l’université, la direction de l’IFU s’est adressée directement au Ministère de tutelle en lui demandant d’intervenir. Ce dernier, sans même débattre de la chose, a décidé de trancher en donnant tort aux instances élues et légitimes de l’Université Paris 8.

S’il peut donc certes être fait état, pour justifier semblable décision, de considérations logistiques, d’aspirations individuelles ou de synergies scientifiques qui ne sont pas absurdes, il n’en reste pas moins que la chose demeure confondante dès lors que l’on se penche sur les faits et sur la méthode adoptée. A condition toutefois de considérer qu’une université n’est pas un simple agrégat des intérêts d’individus ou de groupes circonscrits.

Passons sur le fait que la décision intervient à la sortie d’un mouvement dans lequel l’université pénalisée par cette décision ministérielle – Paris 8 – a été l’un des établissements les plus mobilisés. Passons aussi sur le fait qu’on ne puisse dire que la direction de l’université qui « bénéficie » de cette décision ait brillé par son opposition à la politique gouvernementale. Passons enfin sur le fait que la décision datée théoriquement du 26 mai dernier a été communiquée au seul recteur de l’Académie de Créteil et qu’elle n’a été transmise que le 16 juin à l’Université Paris 8. Ce n’est pas là ce qui compte le plus en effet.

Ce qui importe c’est la méthode suivie et la façon dont la chose est mise en œuvre par notre Ministère de tutelle. En premier lieu, la décision est prise sans que les instances régulièrement élues de l’Université Paris 8 aient été consultées – ni le Président, ni les conseils centraux. En second lieu, la décision est prise sans que le Ministère ait sollicité le moindre avis du CNESER. Enfin, elle fait fi des règles élémentaires d’attribution des moyens aux établissements publics, ce qui est un cas unique pour la transformation du périmètre d’un établissement d’enseignement supérieur. L’autoritarisme et l’arbitraire dominent donc dans l’ensemble de ce processus. Au moment même où est en train de se conclure le « dialogue stratégique » lié au futur plan quadriennal de l’Université Paris 8, cette forme de dépeçage a lieu au mépris de la position officielle affichée maintes fois par les conseils centraux unanimes de cette université, comme si c’était bien là une communauté universitaire tout entière qu’il s’agissait de « punir ».

Le gouvernement, pensant avoir « gagné » contre les universitaires qui ont lutté plus de quatre mois contre sa politique, considère sans doute qu’il peut désormais se permettre n’importe quoi. Il agit d’ailleurs avec une précipitation étonnante. L’injonction est claire et ne souffre pas la moindre discussion : tout doit être réglé (transfert des biens et des personnels, nouvelle intégration) d’ici le mois de septembre 2009. Et, cela va sans dire, aucune mesure de compensation, tant pour les locaux que pour les postes perdus, n’a été envisagée !

Depuis la mi-mai se sont accumulées les interventions rectorales et les pressions ministérielles pour contraindre universitaires et présidents rétifs à l’application de la loi LRU ou de ses décrets d’application à rentrer dans le rang. On tient là une parfaite illustration de la conception de l’autonomie universitaire qui prévaut en haut lieu.

L’« autonomie » octroyée a donc pour limite permanente la volonté politique du gouvernement. Un avertissement est-il ainsi lancé par ce dernier à toute institution qui serait tentée de lui être par trop hostile ? En tout cas, quoi qu’il en soit, la voie est ouverte à une sorte de foire aux Instituts qui pourraient bien voir d’autres composantes d’université demander au nom d’arguments théoriquement audibles un changement de rattachement – dont on peut imaginer qu’il fera l’objet d’âpres négociations et de contreparties. Bref, voilà une nouvelle pierre posée pour l’édification de la concurrence de tous contre tous chère à ceux qui nous gouvernent. Voilà aussi un encouragement à la destruction programmée de ce qui peut rester de solidarités internes et de vision collective au sein des universités.

Bienvenue dans un monde meilleur !

Consultation Paris 11 : les réformes ne passent pas !

Ci-dessous, le communiqué de presse annonçant les résultats de la consultation réalisée à Orsay sur les réformes. 4000 personnes ont été sondées, 43% ont répondu.

Après Paris 13 – Villetaneuse, les personnels de l’assemblée générale de l’université de l’Université Paris Sud 11 (réunies au sein du collectif « Orsay en Lutte »), ont voulu répondre aux affirmations gouvernementales qui prétendent que le mouvement dans l’enseignement supérieur et la recherche qui dure depuis début 2009 n’est le fait que de minorités. Une consultation des personnels permanents (chercheur(se)s, enseignant(e)s-chercheur(se)s, personnels techniques et administratifs ITA/BIATOSS) et précaires (doctorant(e)s, post-docs, stagiaires, CDD) de l’UFR des Sciences et de l’UFR STAPS de l’Université Paris Sud 11 sur les réformes en cours a été organisée par le collectif du 19 mai au 05 juin.

Pendant deux semaines, près de 4000 personnes ont été consultées (1196 chercheurs et enseignants chercheurs sur les 2500 que comptent l’UFR, 664 personnels administratifs et techniques, et près de la moitié des doctorants présents sur le campus). Sur ces 4000 personnes, 43% ont voté et répondu à tout ou partie d’un questionnaire portant sur l’ensemble des réformes touchant actuellement l’enseignement supérieur et la recherche. Cette participation élevée pour un vote non officiel a donc une valeur incontestable (le taux de participation à l’élection du conseil d’administration de l’université de mai 2008 était de 39%).

Les résultats sont nets. Les personnels rejettent massivement les réformes engagées par le gouvernement (82% des votants, plus de 94% des exprimés) et demandent la mise en place de réformes alternatives pour l’enseignement supérieur et la recherche (74% des votants, plus de 89% des exprimés). Pour eux, le gouvernement n’a pas pris en compte les revendications exprimées par l’ensemble des personnels depuis trois mois (84% des votants, plus de 93% des exprimés) et ils soutiennent majoritairement les personnels mobilisés pour s’opposer aux réformes imposées par le gouvernement (82% des votants, plus de 96% des exprimés). Plus spécifiquement, ils rejettent la réforme de la formation des enseignants (63% des votants, plus 91% des exprimés), le nouveau décret du statut des enseignants chercheurs (65% des votants, près de 97% des exprimés), le pilotage de la politique de la recherche via l’ANR (62% des votants) et la restructuration des organismes de recherche comme le CNRS, l’INRA, … en agences de moyens (68%des votants, près de 97% des exprimés), la LRU sous sa forme actuelle (61% des votants, 92% des exprimés) et le décret relatif aux équivalences entre diplômes universitaires et diplômes délivrés par le Saint Siège (60% des votants, 89% des exprimés). Une exception, comme à Villetaneuse : le contrat doctoral, qui ne rassemble pas les opinions, une part importante des votants n’étant pas informée ou s’abstenant.

Ces résultats confirment ceux obtenus à Villetaneuse : les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche rejettent massivement les réformes engagées par Valérie Pécresse et Xavier Darcos. Le Collectif Orsay en Lutte appelle d’autres universités à procéder à des consultations similaires. La présidence de l’université ainsi que le ministère doivent entendre la voix des personnels, car l’université, c’est nous.

Le collectif « Orsay en Lutte », le 17 juin 2009.

Le collectif « Orsay en Lutte » est né en octobre 2007 de l’opposition à la loi LRU. Au plus fort du mouvement de lutte contre les réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, il a rassemblé de façon hebdomadaire des centaines de personnes (personnels et étudiants ) en assemblées générales à la faculté d’Orsay.

www.orsayenlutte.info

16 000 postes supprimés en 2010 : des postes de stagiaires selon Darcos

Education: 16.000 postes supprimés en 2010, des postes de stagiaires selon Darcos

[ 23/06/09  – 23H01 – AFP  ]
© AFP/Archives – Franck Fife

Le ministre sortant de l’Education, Xavier Darcos, a annoncé à La Tribune à paraître mercredi que le budget 2010 prévoira 16.000 suppressions de postes dans l’Education, la quasi-totalité étant les postes de stagiaires supprimés par la réforme de la formation des enseignants.
« J’ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite », a déclaré M. Darcos.
« Il s’agit de 600 postes d’agents administratifs et de 14.000 postes d’enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l’enseignement privé (à hauteur de 1.400) », a-t-il ajouté.
Au total, 34.000 postes de fonctionnaires seront supprimés dans le budget 2010, avait déjà annoncé auparavant le ministre du Budget Eric Woerth.
La réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants seront recrutés au niveau « master 2 » (bac +5) et que la formation incombe aux universités, et non plus aux IUFM. Du coup, pour la première année d’application de la réforme, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d’enseignants ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe, ce qui permettra d’économiser à cette rentrée-là les 15.400 postes de fonctionnaires stagiaires cités.
M. Darcos a été nommé mardi soir ministre du Travail et est remplacé à l’Education nationale par Luc Chatel.
Les lettres plafond fixant les crédits et les effectifs dont disposeront les ministères doivent être dévoilées mercredi aux parlementaires, selon le ministère de l’Education.
Dans La Tribune, M. Darcos a ajouté que « le nombre de postes mis au concours en 2010 sera au moins égal à celui de la session 2009, dans le premier degré comme dans le second degré ».
Au ministère de l’Education, on fait remarquer que, hormis les suppressions de postes de fonctionnaires stagiaires qui sont la conséquence directe et déjà connue de la réforme de la formation des enseignants, il n’est pas prévu en 2010 d’autres suppressions de postes de professeurs.
Ces suppressions ont été de 13.500 en 2009 et de 11.200 en 2008.

Tribune sur Rue89 : Le gouvernement n’a pas reculé d’un décret.

tribune Université : le gouvernement n’a pas reculé d’un décret
Par Denis Guedj | Universitaire et écrivain  | 20/06/2009 | 19H00

http://www.rue89.com/2009/06/20/universite-le-gouvernement-na-pas-recule-dun-decret

Historique ! Un mouvement débuté juste après le Jour de l’An, qui se poursuit jusqu’aux vacances d’hiver, persévère jusqu’à Pâques, traverse avec légèreté trois « ponts » successifs, Ascension, 8 Mai, Pentecôte. Qui le mènent, toujours aussi obstiné, jusqu’à l’orée de l’été.
Une demi-année ! Qui l’aurait imaginé ? Alors qu’en 1968 le mouvement n’avait duré que cinq semaines)est en soi une victoire, cette durée inédite donne la mesure de notre engagement et de notre persévérance. Les pressions, les chantages, la désinformation, les articles assassins, sans compter les gesticulations des bouffonnes associations de parents d’étudiants (sic), n’y ont rien fait. Nous n’avons pas cédé, ils ne nous ont pas réduits.
Mais ils n’ont pas reculé d’un décret. C’est cela qu’il nous faut gérer. La plus grande richesse d’un mouvement réside dans les individus qui le composent. Nous ne disposons ni d’argent, ni d’armes, ni des lieux de pouvoir, ni des lieux d’information, nous sommes notre seule force.
Nous avons pour nous notre intelligence, notre créativité, notre imagination, notre obstination, notre refus intransigeant de nous soumettre à des coups de force contre la pensée. Cette richesse, il nous faut la protéger en veillant à ce que les combats que nous menons ne nous affaiblissent pas, mais au contraire nous renforcent humainement, philosophiquement et politiquement.
Hormis les « revendications » (préférons le terme « exigences »), qui s’adressent à l’adversaire, une lutte a principalement pour objet de nous donner toutes les raisons de poursuivre le combat entamé et de ne pas laisser se rompre les solidarités et les amitiés tissées pendant et par le conflit.

Décider nous-mêmes de l’issue du conflit
Voilà pourquoi il est décisif que nous décidions nous-mêmes ce qui est pour nous victoire ou défaite. C’est-à-dire que nous décidions de « ce qui compte » POUR NOUS. Ce que je dis n’est en rien un renfermement sur nous, mais une affirmation que nous sommes la source des luttes que nous menons. Le maintien des décrets ne signe en rien une défaite du mouvement, ceux qui espéraient que la reprise des cours et des examens mettrait fin aux mouvements, n’ont vraiment rien compris.

Grève, blocage, examens, rétention des notes, refus de participations aux jurys étaient des figures circonstanciées de notre lutte. Nous ne sommes pas fétichistes. Dès janvier, nous savions que le gouvernement ne reviendrait pas sur ses décrets et que ce qu’il désirait avant tout était de nous infliger une défaite radicale pour mater enfin ce monde universitaire et de la recherche non
pas rebelle, oh non ! mais rétif.
Il s’agissait d’un règlement de comptes avec un milieu social porteur de valeurs qui le dépassent. En agissant avec une telle haine, il perdait toute légitimité. Ce gouvernement n’est plus pour nous un interlocuteur valable. Ainsi, libérés d’avoir à attendre et à analyser ces gesticulations, nous avons pu mener nos luttes avec nos propres logiques, sereins, inventifs, finalement apaisés.

La force de ce mouvement :
* Le nombre et la diversité des acteurs. Pour la première fois et de façon durable, toutes les composantes de l’université, et des labos, enseignants chercheurs, administratifs, étudiants, se sont unis et ont mené ensemble une lutte non corporatiste. Et, remarquable, la présence importante de retraités, qui, grâce à « l’ouverture » du mouvement, ont pu se l’approprier et trouver leur présence légitime dans ces combats. Ils étaient là, non par solidarité, mais en acteurs.
* La dimension géographique. Le mouvement a innervé le territoire entier.
Pas une ville qui ne soit « touchée ». Pas un établissement universitaire, pas un labo qui ne se soit investi dans la lutte. Que d’enseignants, de chercheurs, d’étudiants, d’administratifs qui ont vécu là pour la première fois l’expérience grisante du combat
social.

* L’auto organisation du mouvement. À aucun moment, nous nous sommes laissés déposséder de l’initiative et des décisions à prendre. AG fréquentes, comité de grève, comité de mobilisation, élection des délégués aux différentes coordinations. Aucun regroupement n’a chapeauté le mouvement, aucun syndicat n’a voulu ou pu négocier sans nous et contre nous. Qui peut citer le nom d’un seul leader ? Les médias n’ont pas réussi à « isoler » l’un d’entre nous, pour en faire un leader qui leur aurait permis de placer le Un à la place du Nous. Est-ce une partie de l’explication de la pérennité, de l’obstination, de l’inventivité dont le mouvement a fait montre. Porte-parole qui ne monopolise pas la parole, la Coordination Nationale des Universités renouvelée tous les quinze jours, réunie dans une ville différente qui assure son accueil, a pleinement joué son rôle.
* L’incroyable inventivité des formes de lutte et de résistances Cours hors les murs, ligne de métro transformée en Amphi, la ligne 14 ! Les « Procès » de ministres. La Marche de Tous les Savoirs. La Nuit des Universités à Paris 8, l e vendredi 12 juin. Lancée par l’université de Pau, l’opération Escargot Electronique, partie à l’assaut des boîtes de courriers électroniques officielles, les ensevelit peu à peu sous un raz-de-marée de courriels de protestations. Les innombrables actes de désobéissance, de refus, 3000 instituteurs et directeurs d’écoles entrés en dissidence, les refus administratifs répétés.

Comme elle se l’était promise, la Ronde Infinis des Obstinés a repris ici ou là, intempestive. Sa mobilité focale a fait place à une mobilité géographique. Nous avons gagné une dimension. Nous tournons sur nous-même et dans la ville. Sur le parvis du Panthéon, à la BNF (Bibliothèque nationale de France), aux côtés des bibliothécaires en grève, à Beaubourg pour accueillir les marcheurs obstinés partis de Chartres quatre jours plutôt.

« Darcos, on te voit »
Nous girons rue de Grenelle, où gît le Ministère. « Darcos, on te voit ! » Et dès mardi, durant cinq jours, du 2 au 6 juin, de 12h à minuit devant le Panthéon, pour une ronde « européenne » . Sans oublier la métaronde, la Ronde des Rondes, où par-delà la distance, dans une dizaine de villes, les Rondes ont tourné ensemble.
Que ces rondes ne cachent pas la forêt des actions multiples, singulières qui fleurissent aujourd’hui dans des facs où les cours ont repris et où les examens ont lieu. Qui imagine que l’été nous consumera et que nous ne rependrons pas nos activités pour leur offrir une belle rentrée !
Le gouvernement a quelques soucis à se faire. Nous l’avertissons que cette lutte a produit des dizaines de milliers d’individus durablement engagés dans la résistance, qui ont plus encore qu’avant un compte à régler avec lui et avec la société qu’il veut nous imposer.
Serons-nous capables de poursuivre et d’amplifier notre lutte, de résister à leurs attaques, de ne pas nous défaire ? Seront-nous capables de résister aux sollicitations insidieuses et pleines de bon sens des « réformistes » toujours si réalistes, si pragmatiques, si ouverts, si modernes et qui toujours ont fini par nous faire un enfant dans le dos ?
À travers cette lutte collective, nous avons éprouvé ce que la lutte a de formateur, de mise en pratique de l’amitié entre égaux. Et de plaisirs.