Sérénité retrouvée ou calme avant la tempête ??

(Tribune d’Isabelle Thiss Saint-Jean – SLR)

http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2813

La semaine où « La marche de tous les savoirs » rappelait la fierté qui est la nôtre d’exercer nos métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur et de porter nos valeurs malmenées par les réformes mises en œuvre depuis plusieurs années ici, le Premier Ministre François Fillon quant à lui affichait une tout autre « fierté » dans un meeting de l’UMP à Clermont-Ferrand : il se déclarait « fier » que son gouvernement ait été « capable de résister » au mouvement social dans les universités tout en tenant bon « sur l’essentiel ». « C’est la première fois en réalité depuis la réforme de l’université de 1984, affirmait-il, qu’un gouvernement est capable de résister à un mouvement social comme celui qui a perturbé l’université. (…) Nous n’avons pas résisté en faisant la sourde oreille, nous avons écouté, modifié nos textes, renégocié, mais nous avons tenu bon sur l’essentiel ». ici

Aussi, à bon entendeur salut : face à la « modernisation » en marche, rien ne sert d’essayer de s’opposer à la virile détermination de nos dirigeants ! Notre mouvement devait servir d’exemple.

Quoi qu’il en soit, tout irait donc pour le mieux et le silence qui entoure actuellement l’université et la recherche dans les medias ne serait que le signe du dialogue renoué par le gouvernement avec notre communauté, de la remise au travail dans la sérénité de cette dernière et d’un accord trouvé sur tous les points qui avaient soulevé la colère des universités et des laboratoires. Tous les malentendus seraient levés, les « fausses informations [qui] circulent sur les blogs » stoppées ici et nous aurions enfin retrouvé la raison qui, si l’on en croit Xavier Darcos (Le Monde, 19 mars 2009), nous avait un moment échappé.

Toutefois, comment dans ce cas expliquer les événements suivants ?

- Une réunion plénière du Comité national de la recherche scientifique (événement qui ne s’est produit que trois fois depuis la création de cette instance) a rassemblé quelques 500 membres du Comité national à Paris, le 10 juin 2009. Ces derniers ont voté plusieurs recommandations ici. Ils y rappellent leur attachement au CNRS, refusent son démantèlement, critiquent sévèrement l’AERES, son indépendance auto-proclamée, réclament des procédures d’évaluation respectant les principes fondamentaux de notre communauté, exigent un plan pluri-annuel de l’emploi, dénoncent la précarité croissante et refusent les chaires mixtes universités-organismes. Leur accord avec les réformes actuelles est tel … qu’ils appellent à poursuivre le moratoire des expertises ANR et AERES ! (pour le signer : ici

- Une nouvelle réunion des Directeurs d’unité est convoquée le 22 juin à Paris ici, faisant suite à celle du 14 mars, où ils avaient décidé de lancer une grève administrative et, si certaines conditions n’étaient pas remplies, de démissionner comme en 2004.

- La direction du CNRS – alors que deux textes essentiels sur l’avenir de l’organisme (qui risquent de déstructurer très profondément ce dernier) sont en discussion ici et ici – se trouve contrainte de délocaliser son prochain conseil d’administration à Genève, craignant probablement, soit qu’il soit bloqué comme en juin dernier, soit qu’il se tienne derrière des cars de CRS comme en novembre, soit enfin qu’il se termine par une occupation du siège par les personnels comme le 26 mars 2009 !

Drôle de paix en vérité donc dans les organismes de recherche… Aussi idyllique que celle qui règne dans les universités, même si les universitaires, conscients de leur responsabilité (et non pas sous la pression du ministère comme ce dernier a essayé de le faire croire à l’opinion publique de manière parfaitement cynique) ont choisi de faire passer dans la plupart des établissements les examens. En effet :

- l’Assemblée générale de la Conférence permanente du Conseil national des universités (CP-CNU) réunie le 8 juin 2009 a fait part de son refus d’évaluer les enseignants-chercheurs conformément au décret imposé par le gouvernement. Elle a voté une motion affirmant que : « Le CNU actuel n’a pas été élu avec le mandat de mettre en place l’évaluation des enseignants-chercheurs. Par ailleurs, il n’en a pas les moyens. Il exige que cette mise en place soit repoussée à la prochaine mandature. Il demande que la période transitoire soit mise à profit pour obtenir un consensus sur la finalité et les procédures d’évaluation et que celle-ci se situe plus dans la perspective de l’accompagnement de la carrière des enseignants-chercheurs que dans celle d’une évaluation sanction. » ici

- La Conférence des Présidents d’Universités (CPU), pourtant peu connue pour ses prises de position radicales, a annoncé le 10 juin qu’elle se retirait de la commission dite Marois/Filâtre sur la formation et le recrutement des enseignants dans des termes assez secs : « Prenant acte de ce que le Ministère de l’Education Nationale refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants, et dans la mesure où ces dispositions permanentes anticipent le résultat des travaux de la commission Marois/Filâtre, le bureau de la CPU et le président Daniel Filâtre ont décidé de suspendre leur participation à cette commission de concertation et de suivi, conformément au vote émis par l’assemblée plénière du 28 mai 2009. » ici

- Les organisations syndicales de fonctionnaires (CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa), face à la décision du ministère de l’éducation nationale, ont quant à elles décidé de ne pas siéger au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat le 12 juin qui devait examiner les décrets sur la mastérisation des personnels enseignants et d’éducation, ici alors qu’elles avaient déjà boycotté une réunion fin mai (CTPN) et quitté une autre début juin.

Si à tout cela vous ajoutez les démissions faites par des universitaires et des personnels de la recherche de diverses responsabilité, la question qui se pose alors est la suivante. Vraiment, Monsieur le Premier Ministre, êtes-vous sûr que le calme soit revenu et que le silence assourdissant que l’on entend ne soit pas, soit celui qui précède une nouvelle tempête, soit celui d’une communauté profondémement écoeurée face aux réformes absurdes et mal préparées qu’on lui impose et face au refus de dialogue de nos dirigeants, maîtres dans l’art de la communication et du semblant de concertation.

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Ouverture des lycées le Week-end ?

Les lycéens pourraient bientôt pouvoir se rendre au lycée le week-end et pendant les vacances. Nicolas Sarkozy a proposé que les établissements restent ouverts en dehors des heures de cours. L’idée serait d’en faire des « lieux de vie » où les élèves pourraient pratiquer des activités sportives et culturelles.
En visite au lycée de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le Président a jugé « anormal » que les lycées soient fermés le week-end et pendant quatre voire cinq mois de l’année. Cette intervention faisait suite à une réunion de travail des personnels avec le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, chargé d’une mission de concertation sur la réforme des lycées.

Aux yeux de Nicolas Sarkozy, une telle réforme permettrait de rentabiliser les lieux publics inoccupés. Les élèves pourraient ainsi faire du sport ou voir des films dans l’établissement.

S’approprier le lycée
De plus, ils seraient eux-mêmes en charge de la gestion de ces équipements, ce qui les responsabiliserait. « On fait aimer son lycée en permettant aux jeunes de se l’approprier », a assuré Nicolas Sarkozy.

Mais les détracteurs du projet craignent que le lycée ne se transforme en garderie. Beaucoup pointent du doigt ce qu’ils considèrent être une contradiction: le ministère de l’Education ouvre les portes du lycée plus longtemps en même temps qu’il annonce des suppressions de postes de professeurs.

Enfin, d’autres ne voient dans cette nouvelle idée qu’un effet d’annonce destiné à masquer les vrais problèmes éducatifs.
Et vous, que vous inspire l’idée de lycées ouverts en dehors des heures de cours?

Source : Numérama :http://www.numerama.com/forum/index.php?showtopic=96109&st=0&start=0

Communiqué des organisations syndicales de la Fonction publique

Communiqué des organisations syndicales de la Fonction publique

Les organisations syndicales de fonctionnaires CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa ne siégeront pas au Conseil supérieur de la fonction publique d’Etat le 12 juin dont l’essentiel de l’ordre du jour est consacré à l’examen des décrets sur la mastérisation des personnels enseignants et d’éducation. Cette décision fait suite au vœu voté à l’unanimité des organisations syndicales lors de la section syndicale du CSFPE le 2 juin et demandant le retrait de ces textes de portée statutaire de l’ordre du jour. Elles renouvellent expressément cette exigence.
Le dispositif prévu en l’état ne permettra pas aux futurs enseignants de bénéficier d’une véritable formation professionnelle et
universitaire.
En proposant l’étude des décrets à cette date du 12 juin 2009, le gouvernement a préjugé des conclusions des travaux de la commission Marois-Filâtre et des groupes de travail qui se réunissent en cette période.

Les organisations syndicales et les différents acteurs liés à cette réflexion n’ont cessé de demander du temps afin de mener un véritable débat dans la sérénité et obtenir des résultats satisfaisants pour tous et permettant une véritable amélioration de la formation des enseignants et CPE. Le gouvernement en voulant précipiter les évènements fait fi de la concertation qu’il a lui même décidée et dès lors porte l’entière responsabilité de l’échec de ces discussions.

Aujourd’hui, les organisations syndicales de fonctionnaires : CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa demandent au gouvernement de les écouter afin de prendre en compte leurs exigences.

Paris, le 11 juin 2009

Communiqué de la 4ème coordination nationale des personnels Biatoss et ITA

LA MINISTRE S’ACHARNE, LES BIATOSS S’OBSTINENT !

Après quatre mois de lutte, la Coordination Nationale des personnels BIATOSS et ITA réunie le samedi 6 juin 2009 à l’Université Paris IV-Sorbonne, continue et continuera d’opposer au mépris du gouvernement sa ferme résolution à défendre le service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Selon le rapport du Sénat établi par M. Hugues Portelli, les réformes de la fonction publique entreprises depuis plusieurs années, notamment la loi sur la mobilité, la RGPP et la LRU,  » impliquent la suppression d’un grand nombre d’emplois et contraignent les personnels concernés à la mobilité ¹ « .
Dès aujourd’hui, l’application concrète de ces réformes (externalisation des tâches et des missions, dispositifs d’évaluation purement comptables et arbitraires) installe dangereusement la mise en concurrence des individus et des établissements ainsi que la dégradation des services rendus aux usagers.
La Coordination Nationale  des personnels BIATOSS et ITA appelle l’ensemble de la communauté universitaire à continuer de manifester, par tous moyens jugés utiles, la volonté commune d’obtenir le retrait des mesures imposées. Elle entend aussi convaincre la majorité des citoyens de la nécessité de soutenir ce combat dont les enjeux impliquent l’avenir de toute la société.

Enfin, nous tenons à exprimer nos plus vifs remerciements à Mme la Ministre, pour sa contribution au rassemblement  des membres de toute la communauté universitaire. L’ampleur des manœuvres de désinformation, d’intimidation et de répression n’a pas entamé l’unité, la solidarité et la ténacité caractéristiques de notre mobilisation.

¹ : Rapport du Sénat n° 291, Commission sur le projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels de la fonction publique.(http://www.senat.fr/rap/l07-291/l07-291.html)

Calendrier des actions :

  • 12 juin : Nuit des universités à Paris VIII (15h/1h).
  • 13 juin : Manifestation interprofessionnelle (14h Bastille).
  • 26 septembre : 5ème Coordination Nationale des personnels BIATOSS et ITA (Paris VI).
  • 30 septembre : Coordination Nationale des Universités à Paris VIII.

La CP-CNU DEFAVORABLE à L’EVALUATION SANCTION (8 Juin)

Motion de l’Assemblée générale de la Conférence permanente du Conseil national des universités
Du 8 juin 2009

Le CNU actuel n’a pas été élu avec le mandat de mettre en place l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs. Par ailleurs, il n’en a pas les moyens. Il exige que cette mise en place soit repoussée à la prochaine mandature. Il demande que la période transitoire soit mise à profit pour obtenir un consensus sur la finalité et les procédures de l’évaluation et que celle-ci se situe plus dans la perspective de l’accompagnement de la carrière des enseignants-chercheurs que dans celle d’une évaluation sanction.

Unanimité moins 2 abstentions

Lettre ouverte de 130 EC de Paris Ouest

Lettre ouverte de 130 Enseignants-chercheurs de l’Université Paris-Ouest Nanterre,
à Valérie Pécresse et à Xavier Darcos.
Nanterre, le 12 juin 2009

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre,

Parce que nous sommes des chercheurs et des professeurs responsables, des humanistes, des parents et des citoyens, nous refusons de faire payer à nos étudiants le prix de votre incompétence et de votre despotisme. Nous ferons donc en sorte que, malgré des mois de grèves douloureuses et de perturbations multiples, nos étudiants aient un diplôme de qualité cette année, comme chaque année. Nous avons pris cette décision la mort dans l’âme, sachant que vos médias s’empresseront d’en déduire que nous reculons devant vos menaces insultantes et que « tout rentre dans l’ordre ». Mais nous restons solidaires de nos collègues qui, en divers points du territoire et dans des conditions particulières, ont pu prendre des décisions plus radicales, plus difficiles à tenir, sans doute, mais peut-être plus courageuses que la nôtre, pour vous résister avec plus de fracas. Nous le montrerons en continuant à manifester avec nos étudiants, et en résistant avec force à vos basses manoeuvres politiques. La crise des universités ne fait peut-être que commencer, car votre attitude actuelle qui consiste à imposer des décrets scélérats rejetés par tous, à la veille des vacances, ne fait que renforcer notre défiance à l’égard de votre administration.

Après 8 mois de motions unanimes, de tribunes publiques et de pétitions qui ne nous valurent pas même l’honneur d’une réponse ; après 4 mois de protestation vigoureuse ponctués de grèves diverses, d’actions symboliques et de manifestations rassemblant chaque semaine des dizaines de milliers de personnes dans le respect de l’ordre républicain, nous devons constater que vous avez, en apparence, gagné la bataille sur la question des examens si facile à mettre en musique médiatique. Vous avez eu raison de parier sur notre bonne nature : nous ne sacrifierons pas sur l’autel de vos vanités, l’avenir de nos étudiants.
Vous avez l’impression d’avoir gagné, pour quelques semaines, face au monde du savoir, face à l’innovation, face au dynamisme, face aux plus grands noms des sciences et des sciences humaines françaises qui, chaque jour, portent par leur travail, malgré vous, notre pays au rang des premières puissances culturelles et intellectuelles de la planète — face à tous ceux, prix Nobel compris, dont vous n’avez pas su entendre les appels raisonnables et argumentés. En vous appuyant sur des médias aux ordres, sur des mensonges éhontés, des chiffres ouvertement truqués, des intimidations policières et des lieux communs populistes, vous pouvez donner l’impression d’avoir gagné, pour un temps, mais pour un temps seulement, contre l’Université de la République.

Nous dénonçons la violence de votre gouvernance, qui préfère nous mettre en concurrence pour gérer une pénurie de moyens volontairement entretenue, au lieu de nous aider à unir nos forces dans une dynamique de réformes stimulantes et partagées. Nous dénonçons la violence et la cynique duplicité de vos discours, qui parlent d’ « autonomie » pour décrire la vente à la découpe des universités, de « milliards mis sur la table » pour mieux dissimuler des suppressions de postes, d’ « effort sans précédent » pour masquer le désengagement de l’Etat, la hausse des frais universitaires et l’endettement des étudiants. Nous dénonçons votre plan de destruction massive de l’école publique, laïque et ouverte à tous, que vous attaquez en portant gravement atteinte à la formation des maîtres, et en détruisant des postes indispensables — pour les pourvoir, dans le meilleur des cas, par des vacataires sans formation, voire pour les remplacer par des portiques de sécurité, encore moins coûteux. Dans le même temps, vous confiez des missions de service public à des universités catholiques privées, soumises à l’autorité du Vatican, avec l’espoir qu’elles drainent vers elles, moyennant des droits d’inscription considérables, des étudiants en butte aux pénuries orchestrées de l’université publique.

Alors oui, peut-être plions-nous aujourd’hui, Madame la ministre, Monsieur le ministre, devant tant de mépris pour l’avenir de nos étudiants, devant tant de sourde incompétence.
Mais nous ne rompons pas.

Nous refusons plus que jamais vos « preuves d’amour » qui ne sont que des mots pour couvrir d’un voile blanc le viol en réunion de la Princesse de Clèves et de l’Ecole de la République.
Et nous restons debout, aux côtés de nos étudiants, pour continuer à leur donner le meilleur de nous-mêmes dans les conditions de misère que vous promettez aux universités sous couvert d’illusoires libéralités.
Nous restons debout, aux côtés de nos collègues du secondaire et du primaire qui, comme nous, continuent à donner le meilleur d’eux-mêmes à tous les enfants de ce pays, malgré le harcèlement moral qu’ils subissent depuis des années.
Nous restons debout, aux côtés de tous les défenseurs des services publics en voie de marchandisation et d’appauvrissement, et aux côtés de tous les citoyens porteurs des valeurs républicaines de solidarité, d’ouverture aux autres, de laïcité, de progrès partagé et d’esprit critique.
Nous restons debout dans la rue, dans les tribunes des journaux, et partout où cela sera nécessaire, pour appeler les Français à prendre conscience du désastre qui se joue aujourd’hui, sous leurs yeux, sans qu’ils n’en sachent rien.
En brisant un à un les liens qui unissent entre eux les Français ; en rompant une à une les amarres de notre histoire et de notre identité ; en privant tant de citoyens du droit à être entendus et du droit à penser différemment les relations humaines, vous n’avez, semble-t-il, qu’une ambition : faire de la rentabilité immédiate et de la concurrence sauvage les seules références morales dignes de respect dans notre société. Cette servilité, ce cynisme et cette étroitesse d’esprit, auront un prix, que vous paierez un jour.

Vous aspirez maintenant, paraît-il, à d’autres fonctions, trouvant dans la fuite vers d’autres ambitions politiciennes et carriéristes, le moyen, croyez-vous, de sortir la tête haute du gâchis monstre dont vous portez l’écrasante responsabilité. Votre bilan est pathétique.
Vous pouvez partir. Nous, nous restons. Vous avez détruit, nous reconstruirons.

Veuillez croire, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, à notre profond respect pour les fonctions que vous exercez.

Liste des signataires :

Verena Aebischer, MCF, psychologie ; Gianni Albergoni, MCF, Sociologie ; Anne-Claude Ambroise-Rendu, MCF, Histoire contemporaine ; Estelle Amy de la Bretèque, ATER, Ethnomusicologie ; Patricia Attigui, Professeur des Universités, Psychologie ; Sylvie Bauer, MCF, Anglais ; Annette Becker, Professeur des Universités, Histoire contemporaine ; Anna Bellavitis, MCF, Histoire moderne ;Cécile Birks, MCF, Anglais ; Hélène Blais, MCF, Histoire contemporaine ; Michel Blanc, MCF, Sociologie ; Chrystèle Blondeau, MCF, Histoire de l’art médiéval ; Barbara Bonnefoy, MCF, Psychologie ; François Bost, MCF, Géographie ; Myriam Boucharenc, Professeur des Universités, Lettres ; Véronique Boucherat, MCF, Histoire de l’art médiéval ; Michel Boutillier, Professeur des Universités, Economie bancaire et financière ; Cyrille Bouvet, MCF, Psychologie ; Jean-Albert Bron, PRAG, Arts du spectacle ; Jean-Pierre Bruckert, MCF, Psychologie ; Sylvaine Camelin, MCF, Ethnologie ; Jean-Marc Chamot, MCF, Civilisation américaine ; Jean-Luc Chassel,
MCF, Histoire du droit ; Serge Chauvin, MCF, Etudes anglo-américaines ; Nathalie Cheze, MCF, Mathématiques ; Miguel Chueca, MCF, Langue et civilisation espagnoles ; Céline Clavel, Post-doctorante chargée de cours, Psychologie ; Céline Clément, MCF, Sociologie ; Michèle Cohen-Halimi, MCF, Philosophie ; Franck Collard, Professeur des Universités, Histoire médiévale ; Sylvaine Conord, MCF, Sociologie ; Marcel Cori, Professeur des Universités, Sciences du langage ; Flore Coulouma, MCF, Anglais ; Laurence Croq, MCF, Histoire moderne ; Bernard Cros, MCF, Civilisation britannique ; Vincent Cuche, ATER, Histoire ancienne ; Frédérique Cuisinier, MCF, Psychologie ; Elizabeth Deniaux, Professeur des Universités, Histoire ancienne ; Henri Desbois, MCF, Géographie ; Marianne Desmets, MCF, Sciences du langage ; Sylvia Dobyinsky, MCF, Mathématiques-Informatique ; Claude Dorey, MCF anglais ; Yvette Dorey, MCF, Psychopathologie ; Aude-Marie Doucet, ATER, Histoire médiévale ; Frédéric Dufaux, MCF, Géographie ; Stéphane Dufoix, MCF, Sociologie ; Jean Duma, Professeur des Universités, Histoire moderne ; Annie Duprat, Professeur des Universités, IUFM Versailles, Responsable agrégation interne d’Histoire et de Géographie à l’Université Paris Ouest Nanterre, Histoire moderne ; Brigitte Dussart, MCF, Sociologie ; Nicole Edelman, MCF, Histoire contemporaine ; Anne Fabre, PRAG, Economie-Gestion ; Alexandra Filhon, MCF, Sociologie ; Fabrice Flahutez, MCF, Histoire de l’art contemporain ; Arnaud Fossier, AMN, Histoire médiévale ; Bernard Friot, Professeur des Universités, Sociologie ; Danièle Frison, Professeur émérite, Anglais ; Marie-Pierre Gervais, Professeur des Universités, Informatique ; Elisabeth Gontier, ATER, Psychopathologie ; Justine Gourbière, Monitrice, Histoire de l’art médiéval ; Maya Gratier, MCF, Psychologie ; Claude Grimal, Professeur des Universités, Littérature américaine ; Jean-Marie Guillaume, I.E.R., Philosophie ; Matthieu Hély, MCF, Sociologie ; Olivier Hochedez, Moniteur, Sociologie ; Nicolas Jonas, ATER, Sociologie ; Sylvain Kahane, Professeur des Universités, Sciences du langage ; Karine Kray-Baschung, MCF, Sciences du langage ; Emilie Kurdziel, AMN, Histoire médiévale ; Evelyne Labbé, Professeur des Universités, Littérature américaine ; Thierry Labica, MCF, Anglais ; Anne Lacheret, Professeur des Universités, Linguistique ; Frédéric Landy, Professeur des Universités, Géographie ; Frédérique Leblanc, MCF, Sociologie ; Marie Leca-Tsiomis, Professeur des Universités, Littérature française ; Samuel Lepastier, Professeur associé à l’Université Paris Ouest, Psychopathologie ; Claude Leroy, Professeur émérite, Littérature française ; Despina Liolios, MCF, Ethnologie ; Hubert Lisandre, MCF, Psychopathologie ; Julien Magnier, Doctorant, chargé de cours en psychologie ; Aliocha Maldavsky, MCF, Histoire moderne ; Luca Marsi, MCF, Italien ; Christophe Martin, Professeur des Universités, Littérature française du XVIIIe siècle ; Jacques Martineau, MCF, Littérature française ; Corinne Mazé, MCF, Sciences psychologiques ; Caroline Mellet, MCF, Sciences du langage ; Béatrice Ménard, MCF, Littérature latino-américaine ; Vincent Meyzie, MCF, Histoire moderne ; Christophe Mileschi, Professeur des Université, Etudes italiennes ; Virginie Milliot, MCF, Ethnologie ; Laure Moguerou, MCF, Sciences de l’éducation ; Annie Mollié, MCF, Mathématiques et Statistiques ; Jean-Pierre Morelou, MCF, Droit public ; Isabelle Moret-Lespinet, MCF, Histoire contemporaine ; Emmanuelle Mortgat-Longuet, MCF, Littérature française du XVIIe siècle ; Colette Noyau, Professeur des Universités, Sciences du langage ; Christine Ollivier, MCF, Psychologie ; Florence Paravy, MCF, Lettres modernes ; Nicolas Patin, AMN, Histoire contemporaine ; Christine Pauleau, MCF, Sciences du langage ; Richard Pedot, Professeur des Universités, Littérature anglaise ; Sylvie Pédron Colombani, MCF, Sociologie ; Marie Personnaz, MCF, Psychologie sociale ; Liliane Picciola, Professeur, Littérature française ; Patrick Pion, MCF, Archéologie pré et protohistorique ; Nicolas Prévôt, MCF, Ethnomusicologie ; Pierre Ragon, Professeur des Universités, Histoire moderne ; Véronique Rauline, MCF, Anglais ; Hélène Raymond, Professeur des Universités, Science économique ; François Regourd, MCF, Histoire moderne ; Rosine Réveillé, MCF, Statistiques ; Simone Rinzler, MCF, Anglais ; Nicolas Sallée, Moniteur, Sociologie ; Danielle Schütz, PRAG, Lettres modernes ; Pascal Sebille, MCF, Sociologie ; Gabriel Segré, MCF, Sociologie ; Christine Sellin-Catta, Assistante en Histoire contemporaine ; Alexis Sierra, MCF, Géographie ; Frédérique Sitri, MCF, Sciences du langage ; Amandine Spire, Monitrice, Géographie ; Jean-Fabien Steck, MCF, Géographie ; Anne Steiner, MCF, Sociologie ; Emmanuelle Tixier, MCF, Histoire médiévale ; Anne Trévise, Professeur des Universités, Anglais ; Delphine Tribout, ATER, Sciences du langage ; Laurence Vanoflen, MCF, Littérature du XVIIIe siècle ; Olivier Vecho, MCF, Psychologie ; Sarah de Vogué, MCF, Sciences du langage ; Christophe Voilliot, MCF, Sciences politiques ; Panayota Volti, MCF, Histoire de l’art médiéval ; Claudine Wolikow, MCF, Histoire moderne.

LRU et comité de sélection

Une étude est en cours pour établir une liste indiquant les CA qui ont modifié les classements donnés par les comités de sélection. Si vous êtes au courant des modifications dans votre établissement, merci de les indiquer en commentaires de ce billet.
A titre indicatif :

  • à Rennes 2 le CA a permuté 2 fois le numéro 2 avec le numéro 1.
  • à Paris 5 aussi, Axel Kahn et son CA ont déclassé deux premiers à des postes de profs et un mcf en psycho. D’autres reclassements ont eu lieu à l’IUT.

Et suite aux incidents de ce genre qui se multiplient, les italianistes ont rédigé une motion adressée aux CA, contre les remaniements sauvages, que chaque membre pourra transmettre à ses instances locales. Motion reproduite ci-dessous :

Motion à l’attention des Conseils d’Administration

La Société des Italianistes de l’Enseignement Supérieur s’autorise à attirer l’attention des Conseils d’Administration sur le sérieux, la probité et les compétences des membres des Comités de sélection dont ils ont eux-mêmes approuvé, modifié ou établi la composition en fonction des profils des postes mis au concours. La loi LRU précise que – comme pour les anciennes commissions de spécialistes – le Comité de Sélection n’effectue qu’une proposition destinée à être examinée d’abord par le
Conseil d’Administration, puis approuvée par le Président. Le fait que les Conseils d’Administration aient scrupuleusement composé ou révisé eux-mêmes les comités garantit logiquement la fiabilité des classements établis à l’issue des auditions, classements toujours justifiés, comme le requiert désormais la réglementation.
Toutes les garanties ayant été assurées avant et au cours de la procédure, il semble qu’il n’y ait pas lieu de faire preuve de défiance envers les classements finals. C’est pourquoi, afin que soit évitée toute vague de désapprobation suite à d’éventuelles interventions qui signifieraient que le nouveau mode de recrutement favorise l’arbitraire, alors que son souhait est de les limiter, la Société des Italianistes de l’Enseignement Supérieur demande instamment aux Conseils d’Administration d’examiner les
propositions avec le maximum de confiance en la probité des enseignants-chercheurs spécialistes qui, après double lecture des dossiers, puis examen des travaux et audition des meilleurs candidats, ont proposé et justifié ces classements.

Voir également ci-dessous la lettre et la pétition adressée au président de l’université paris-Sud.

A l’attention de : Mme le Ministre, M. le Président de l’Université-Paris Sud

Le 11 juin dernier, le Conseil d’administration (CA) de l’Université Paris-Sud a invalidé le classement du poste de Professeur de Chimie thérapeutique de la Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry (86 PR 1274), établi par le Comité de sélection. Ce classement avait été largement validé (« pour »: 11 voix, « contre »: 0 voix, abstentions: 3 voix).
De façon surprenante, la Présidence n’a pas hésité à faire invalider un classement établi par un Comité dont elle avait elle-même approuvé la composition. Ce revirement a eu lieu lors du dernier CA, dans des conditions particulières, où un Maître de conférences a pris la parole en utilisant des propos tendancieux et mensongers.
Ce problème dépasse le cadre de l’Université Paris-Sud et nous engage tous, Professeurs, Directeurs de recherche, Maîtres de conférences et Chargés de recherche, appelés à faire partie de Comités de sélection. Si vous êtes également choqués qu’une Université n’hésite pas à invalider les décisions d’un comité impartial sans chercher à s’informer auprès de celui-ci, faites part de votre sentiment en signant cette pétition. Elle sera adressée au Président de l’Université Paris Sud et au Ministre de l’Education Nationale.

Lien vers le texte : http://www.mesopinions.com/Pour-le-respect-des-decisions-des-Comites-de-selection-a-l-Universite-Paris-Sud-petition-petitions-2409d54d531755d268f0dc7130c3b570.html