Communiqué des porte-parole de la 10e CNU, 26 mai 2009

Communiqué des porte-parole de la 10e CNU, 26 mai 2009

La communauté universitaire n’a eu cesse de le dénoncer haut et fort : ce gouvernement ne négocie pas, il ne fait aucune concession de fond, il se contente de faire croire et d’annoncer qu’il le fait !

Pour preuve le dernier acte de mépris du gouvernement, à la fois envers les acteurs de l’éducation nationale et envers les commissions qu’il nomme lui-même. Alors que les ministères concernés annoncent un prétendu report d’un an de la réforme sur la formation des maîtres (dite « mastérisation »), qui ne modifie d’ailleurs en rien son contenu aux conséquences désastreuses pour le futur de nos enfants et de notre société, alors que les deux ministères annoncent la création d’une commission nationale de concertation (dite « Marois-Filâtre ») devant rendre ses conclusions au 15 juillet, le gouvernement planifie au 27 mai, à la prochaine séance du Comité Technique Paritaire du Ministère de l’Education nationale (CTPMEN), le passage de sept décrets réglementaires relatifs à la mastérisation.

Après la loi LRU promulguée en Août 2007 et les décrets (modifiant le statut des enseignants-chercheurs, instaurant le contrat doctoral unique, sur le comité national des universités, sur l’accord France-Vatican) publiés au Journal Officiel pendant les vacances de printemps 2009, en pleine contestation universitaire, de nouveau le gouvernement profite des jours fériés de mai pour annoncer que les décrets sur la mastérisation existent et qu’ils seront présentés dans la foulée pour validation. Pourquoi le gouvernement estime-t-il tous ces passages en force nécessaires si cette loi et ces décrets se font en concertation et en accord avec la communauté universitaire, comme il aime à le clamer ?

La Coordination Nationale des Universités dénonce, encore une fois, ce manquement à l’éthique du gouvernement et appelle le peuple de France à s’informer sur la future école de ses enfants, suite à ces réformes imposées de force et que la communauté universitaire refuse de mettre en place en l’état.

Les porte-parole de la 10e CNU.

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« Université d’Auvergne, les coulisses d’une fac modèle » (Bakchich-info)

Un article de Lucie Delaporte à Lire sur Bakchich : http://www.bakchich.info/Universite-d-Auvergne-les,07790.html

Extraits

« Gestion hasardeuse, partenariats suspects en Europe de l’Est, la fac d’Auvergne présentée par Pécresse comme un modèle a quelques cadavres dans ses placards. Elève modèle, la fac d’Auvergne collectionne les bons points. Première à passer sous le régime de l’autonomie, première à créer sa fondation pour lever les fonds d’entreprises privées, elle est aussi en pointe sur le développement à l’international. Quand la Sorbonne ressort les barricades contre la loi Pécresse, le président de Clermont1, Philippe Dulbecco, se répand à longueur d’interviews sur les bienfaits de la LRU : « Projet consensuel que la grande majorité des acteurs de l’enseignement supérieur appellent de leurs voeux depuis de nombreuses années » prophétisait-il hâtivement en début d’année dans les colonnes du Monde. Enfin, preuve que cette fac a décidément tout bon, le président a été promu au rang de chevalier de l’ordre national du mérite par son grand copain auvergnat, Brice Hortefeux, alors ministre de l’Immigration.

Une fac modèle…de dysfonctionnements

Reste qu’un certain nombre d’éléments dont Bakchich a pu prendre connaissance écornent un peu l’image du « modèle » érigé par le ministère. Publié à l’été 2008, mais étrangement boudé par la presse locale un rapport de la chambre régionale des comptes (téléchargeable à la fin de l’article) contient pourtant quelques perles sur la gestion pour le moins hasardeuse de la fac auvergnate. « la chambre a constaté l’existence symbolique de budgets de gestion », note d’emblée le rapport avant de pointer une série de « dysfonctionnements » propres à sérieusement ternir l’image de la fac. On y apprend ainsi que certains profs ou administratifs, et certains seulement, touchent des salaires plus que confortables comparés à la rigueur salariale en vigueur à l’université grâce à un système opaque d’heures complémentaires. Ainsi, relève le rapport, le directeur de l’IUP déclare chaque année quelques 300 heures sup’ soit l’équivalent de deux postes et demi d’enseignants et ce, alors qu’il collectionne déjà les fonctions administratives . « Un tel cumul d’activités ne manque de susciter des interrogations sur les conditions dans lesquelles une seule personne peut, réellement et effectivement, assumer une charge de travail aussi importante ». La chambre s’étonne d’autant plus qu’« En tant que directeur de l’IUP il est le seul à attester du service fait ». Voilà qui (…)

L’IUFM de Livry appelle à la rétention des notes au CERPE

Epreuves d’admission du concours de recrutement des professeurs d’école : APPEL A LA RETENTION DES NOTES
Pour les futures générations d’élèves et d’enseignants, pour l’avenir de l’école de la République, nous n’avons pas le droit de perdre notre combat pour le retrait de la réforme Darcos / Pécresse.
En effet, ni les masters 2 donnant droit à passer le concours, dont la plupart ne comporte ou ne comporteront aucune dimension professionnelle, ni la préparation du concours ne peuvent être considérés comme une formation initiale des enseignants ainsi que le prétend le gouvernement.
De même, le 1/3 d’année de formation « continue » que le gouvernement a dû concéder aux nouveaux enseignants affectés directement dans une classe, sans que la plupart d’entre eux n’aient jamais fait de stage devant élèves, ne saurait être considéré comme une formation professionnelle. Ce temps limité interdira aux formateurs de mettre en œuvre une formation professionnelle réflexive. Ils pourront juste tenter d’apporter des réponses d’urgence à des fonctionnaires-stagiaires placés dans des conditions d’entrée dans le métier très difficiles.
Par ailleurs, le recrutement de titulaires de master 2 « métiers de l’enseignement » ayant échoué au concours, non seulement développera la précarité chez les enseignants, mais annonce la disparition des concours, celle de l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’Etat et donc celle du caractère national de l’Education.

OPPOSONS-NOUS A LA CASSE DE LA FORMATION ET DE L’ECOLE DE LA NATION
Le gouvernement, après avoir concédé des stages pouvant atteindre 108 h en M1, 108 h en M2 (pour 50 000 étudiants sur 150 000), 1/3 de l’année en formation après le concours, l’ouverture du prochain concours aux titulaires d’une licence et le maintien des épreuves actuelles du concours, vient d’abandonner l’idée d’imposer un master 2 aux lauréats de 2010 pour être titularisés. Les enseignants recrutés en 2011 (reçus au concours 2010) ne seront pas mastérisés.

NOUS SOMMES EN TRAIN D’OBTENIR LE REPORT, NOUS OBTIENDRONS LE RETRAIT
Au mépris de la mobilisation sans précédent du monde universitaire, au mépris des pseudo-concertations qu’il a lui-même mises en place (commission Marois/Filâtre qui doit remettre ses conclusions le 15 juillet, groupes de travail, Etats généraux pilotés par la Conférence des directeurs d’I.U.F.M.), le gouvernement a décidé de passer en force en lançant dès le 27 juillet la procédure de promulgation des décrets.

LA MOBILISATION DOIT SE POURSUIVRE ET S’AMPLIFIER
le nouveau recul est intervenu alors qu’aux manifestations et grèves menées depuis quatre mois se sont ajoutés dans les académies d’Ile-de-France des formes d’action plus radicales majoritairement décidées : blocage d’un centre de correction du CERPE (Livry-Gargan), rétention des notes pendant une semaine dans l’académie de Paris et signature de motions de soutien à ces mouvements par des majorités de correcteurs issus de tous les degrés de l’enseignement.
Sans les opposer aux formes traditionnelles d’action qui doivent se poursuivre, ces initiatives, que les enseignants avaient jusqu’ici refusé d’adopter, ont montré au gouvernement la détermination des enseignants et à l’opinion publique la gravité des projets ministériels. Elles figurent désormais dans l’éventail d’actions proposé par la Coordination nationale des Universités tandis que le SNESup « appelle à poursuivre les actions dans les établissements par la suspension des responsabilités administratives et la grève administrative avec rétention des notes »

L’A.G des formateurs de Livry-Gargan réaffirme que ni les examens, ni les concours, ni les vacances, ni la promulgation à marche forcée des décrets ne mettront de terme à ce mouvement.

Ils appellent l’ensemble des personnels convoqués aux épreuves d’admission du CERPE à subordonner la transmission des notes à l’administration au retrait de la réforme par le gouvernement.

Si le gouvernement s’obstinait à vouloir imposer des projets que l’ensemble du monde universitaire rejette, il endosserait l’entière responsabilité des conséquences sur les candidats de cette initiative.

Le 26 mai 2009, L’Assemblée générale des formateurs de l’I.U.F.M. de Livry-Gargan

Communiqué CNU sur la masterisation

Voici le communiqué des porte-paroles de la 10ème CNU sur les décrets relatifs à la masterisation qui seront examinés demain au  CTPMEN.

Les porte-parole.

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La communauté universitaire n’a eu cesse de le dénoncer haut et fort: ce gouvernement ne négocie pas, il ne fait aucune concession de fond, il se contente de faire croire et d’annoncer qu’il le fait!

Pour preuve le dernier acte de mépris du gouvernement, à la fois envers les acteurs de l’éducation nationale et envers les commissions qu’il nomme lui-même. Alors que les ministères concernés annoncent un prétendu report d’un an de la réforme sur la formation des maîtres (dite « mastérisation »), qui ne modifie d’ailleurs en rien son contenu aux conséquences désastreuses pour le futur de nos enfants et de notre société, alors que les deux ministères annoncent la création d’une commission nationale de concertation (dite « Marois-Filâtre ») devant rendre ses conclusions au 15 juillet, le gouvernement planifie au 27 mai, à la prochaine séance du Comité Technique Paritaire du Ministère de l’Education nationale (CTPMEN), le passage de sept décrets réglementaires relatifs à la mastérisation.

Après la loi LRU promulguée en Août 2007 et les décrets (modifiant le statut des enseignants-chercheurs, instaurant le contrat doctoral unique, sur le comité national des universités, sur l’accord France-Vatican) publiés au Journal Officiel pendant les vacances de printemps 2009, en pleine contestation universitaire, de nouveau le gouvernement profite des jours fériés de mai pour annoncer que les décrets sur la mastérisation existent et qu’ils seront présentés dans la foulée pour validation. Pourquoi le gouvernement estime-t-il tous ces passages en force nécessaires si cette loi et ces décrets se font en concertation et en accord avec la communauté universitaire, comme il aime à le clamer?

La Coordination Nationale des Universités dénonce, encore une fois, ce manquement à l’éthique du gouvernement et appelle le peuple de France à s’informer sur la future école de ses enfants, suite à ces réformes imposées de force et que la communauté universitaire refuse de mettre en place en l’état.

Les porte-parole de la 10e CNU.

26 mai 2009.

Saint-Lô conservera-t-elle son IUT ?

L’avenir de l’IUT de Saint-Lô, antenne délocalisée de l’université de Caen, résistera-t-elle à la révision des budgets accordés par l’État à l’enseignement supérieur ? La question a fait l’objet d’un long débat entre François Brière, Jean-Karl Deschamps et François Digard, à l’issue lundi soir du conseil municipal. Pour les membres de l’opposition, la ville doit s’impliquer dès à présent. Le maire estime qu’il ne s’agit pas d’un seul problème budgétaire.

(Ouest-France : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Saint-Lo-conservera-t-elle-son-IUT-_-946897_actu.Htm)

Communiqué IUFM Midi-Pyrénées

*Communiqué de l’AG des personnels et usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées, école interne de l’Université de Toulouse 2 Le Mirail*

*Lundi 25 mai 2009 à 12h 30*

Malgré une opposition sans précédent, de la maternelle à l’Université, le  ministère de l’Education a pris la décision de rendre publics les projets de  modification des décrets régissant les conditions de recrutement des enseignants du 1er et 2nd degrés (PE, PLC, PLP, CPE) afin qu’ils soient débattus au comité technique paritaire ministériel du ministère de l’éducation nationale (CTPMEN) mercredi 27 mai 2009 puis présentés au conseil national de la fonction publique de l’état (CSFPE) le 12 juin
prochain.

L’AG des personnels et usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées dénonce et condamne la méthode scélérate qui consiste à profiter de faux reculs pour faire passer en force un projet désastreux qui engage l’avenir de l’école.

Elle souligne le mépris des acteurs consistant entre autre à ne pas attendre les conclusions des groupes de travail, de la commission Marois-Filâtre et les Etats Généraux de la CD IUFM pour engager dès l’an prochain un processus
irréversible.

Elle constate une fois encore que l’intention réelle est bien la suppression des IUFM dont les textes ne font plus aucune mention.

Elle appelle, à l’occasion de la journée inter catégorielle du mardi 26 mai 2009, à un rassemblement des formateurs et des usagers à 7h 30 afin de bloquer le siège social avenue de l’URSS.

A 9h une conférence de presse sera donnée avant le départ à 10h pour un regroupement en place du Capitole.

Une AG des personnels et usagers est prévue à 16h sur le site de Saint-Agne. Elle définira les modalités d’actions à venir.

Une délégation est mandatée pour participer à la 4ème coordination nationale de la formation des enseignants (CNFDE). Le 6 juin à Paris.

La journée d’études, organisée par le comité d’action de l’IUFM Midi-Pyrénées, pour l’élaboration de propositions en vue de la contribution à un contre projet initialement prévue le 6 juin est repoussée au 20juin.
Cette journée sera l’occasion de discuter avec les partenaires de l’école (parents d’élèves, associations, syndicats d’enseignants des 1er et 2nd degrés.)

Le comité d’action de l’IUFM Midi-Pyrénées

Caen : « le blocage de la Fac revoté dans l’indifférence » (Ouest-France)

À Caen, l’assemblée générale de mardi a confirmé ce mode d’action. La direction, elle, continue à organiser les rattrapages comme si de rien n’était.

Drôle d’ambiance à l’université de Caen. Lundi la présidente Josette Travert a décidé de rouvrir les bâtiments du campus 1. Mardi l’assemblée générale a voté la poursuite du blocage. Après seize semaines, le conflit se poursuit dans la confusion. Pour quelque 3 000 des 24 000 étudiants de l’université de Caen, la fin d’année s’écrit encore en pointillés.

Organisée sur les pelouses du campus 1, l’assemblée générale de mardi pouvait jouer les juges de paix. Il n’en a rien été. Sa faible affluence, reconnue dans les deux camps, ne lui offre pas une légitimité absolue. « Est-ce que ça crée un rapport de force ? », s’interroge un étudiant opposé au blocage. « J’appelle à l’abstention pour ne pas remettre en cause le vote de la semaine dernière », ose un des meneurs du mouvement.

Vers 13 h, 894 votants obtiennent le maintien du blocage dans un scrutin qui rassemble 1 713 personnes (261 abstentions). Ils étaient 2 932 votants une semaine plus tôt. Où sont passés les autres ? Ils ont repris le chemin des cours, à en croire la direction de l’université. Depuis lundi, des réunions entre enseignants et étudiants évoquent la fin de l’année, des rattrapages aux examens.

Solutions exceptionnelles

Quand le campus 1 (sciences de l’homme, droit, langues) ne peut pas accueillir tous les cours, les autres sites sont mis à contribution. « L’université de Caen dispose d’un patrimoine immobilier important, lance Pierre Sineux, président du conseil des études et de la vie universitaire (Cevu). Des filières terminent l’année. Elles laissent des locaux disponibles. » Les étudiants en droit, en sciences économiques, en médecine, en pharmacie et la plupart des scientifiques (sauf ceux de licence de biologie) ont terminé leurs programmes.

Les « bloqueurs » résistent, tentent de s’unir avec les autres mouvements sociaux, se frottent aux forces de l’ordre. La présidente Josette Travert regarde ailleurs. « Nous tentons de trouver des solutions exceptionnelles à une situation exceptionnelle. En délocalisant des cours et en proposant sur Internet. »

Les directeurs d’unité de formation et de recherche seraient les chevilles ouvrières de ce plan qui, selon l’administration, ne vise qu’un objectif : « Faire passer les examens à ceux qui le voudraient. » Tant pis pour les autres. « Une centaine d’étudiants restent déterminés pour un blocage sans intérêt. C’est une modalité d’action qui enferme dans une posture mais ne donne pas d’issue aux étudiants. » Iront-ils perturber les cours délocalisés ? Il sera difficile d’éviter ce que redoute le président du Cevu, Pierre Sineux : « Une sorte de jeu du chat et de la souris. »

Josué JEAN-BART.