Communiqué CDIUFM (18 Mai)

Communiqué de presse
Lundi 18 mai 2009
Réforme du recrutement et de la formation des enseignants : RECUL ou AVANCÉE ?
UN RECUL …
La Conférence des directeurs d’IUFM se félicite de voir les étudiants lauréats des concours de recrutement d’enseignants en 2010 entrer directement dans la vie professionnelle avec un salaire de fonctionnaire stagiaire. Si les concours sont maintenus à l’identique à Bac + 4, il est logique en effet que l’entrée comme salarié dans la fonction publique enseignante continue de suivre immédiatement la réussite au concours. Les étudiants (et leurs familles) ont tout lieu d’en être satisfaits.
… OU UNE MARCHE FORCÉE ?
En revanche, les futurs enseignants ont tout lieu d’être inquiets car ils seront mis en poste immédiatement après le concours, accompagnés par un ersatz de formation professionnelle, pompeusement baptisée « formation continuée en cours d’emploi ».
Force est de constater qu’il n’y aura rien à « continuer » : il s’agira de commencer la formation professionnelle ; et il s’agira de la commencer en cours d’emploi, ce qui signifie en situation d’urgence, donc dans de mauvaises conditions et en un temps très limité. Ce qui est subtilement présenté comme un recul ministériel est en fait l’avancée d’une année de la mise en place du projet de réforme prévu et de sa mesure la plus contestable : la suppression pure et simple de l’année de formation professionnelle des futurs enseignants.
C’est bien toute authentique formation professionnelle qui est aujourd’hui supprimée, risquant de mettre en grande difficulté ces futurs professeurs et, à travers eux, les élèves qui leur seront confiés.

POUR UNE VERITABLE AVANCÉE
C’est pourquoi la Conférence des directeurs d’IUFM en appelle solennellement aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour qu’ils rendent aux futurs professeurs l’année d’authentique formation professionnelle qui leur est supprimée.

Conférence des directeurs d’IUFM

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Pétition de soutien à Guillaume Cingal, enseignant-chercheur de Tours victime de répression policière.

A l’attention de : M. le Procureur de la République de Tours ; M. le Président de l’Université François-Rabelais

Pétition de soutien à Guillaume Cingal, enseignant-chercheur de Tours victime de répression policière et injustement poursuivi

Le 31 mars 2009, Guillaume Cingal, directeur du département d’anglais à l’Université de Tours, avait organisé avec une collègue la proclamation solennelle des démissions de 75 universitaires de leurs responsabilités administratives et pédagogiques. Cette cérémonie, qui s’est déroulée sur le parvis des facultés de Lettres & Langues et d’Arts & Sciences humaines (site dit « Tanneurs ») en présence des médias, a été suivie d’une remise officielle de la liste des démissionnaires à la Présidence, puis d’une « Ronde des Pitoyables » sur la place Anatole-France. Un incident ayant éclaté entre les policiers et un SDF lors de cette ronde, Guillaume Cingal s’est approché de l’attroupement et a cherché à prendre des photos ; dans la confusion, il a été frappé au ventre par le policier qui avait contrôlé son identité sous prétexte que chercher à prendre une photographie était un acte répréhensible.
Victime d’un malaise, il a été transporté aux urgences, mais à sa sortie de la clinique l’attendait un fourgon de policiers qui lui ont proposé de l’emmener au Commissariat pour porter plainte. Une fois là-bas, il a été mis en garde à vue pour « rébellion, outrage et violence sur policier ». A sa sortie de garde à vue, l’affaire n’a pas été classée sans suite. Les nombreux témoignages rassemblés par Guillaume Cingal corroborent tous l’absence totale de tout lien entre ces accusations et la réalité des faits.

L’enquête est en cours, et Guillaume Cingal a rassemblé, avec ses avocates, de nombreux témoignages prouvant la vacuité des accusations initialement portées contre lui. Il encourt, si l’affaire est portée devant le Tribunal Correctionnel, jusqu’à 3 ans de prison ferme, et une destitution de la fonction publique.

Malgré les témoignages de sympathie fournis par de nombreux collègues de son université et d’autres établissements dans toute la France, le C.A. de l’Université de Tours n’a pas voté de motion de soutien, et a refusé toute forme d’assistance juridique, au motif que l’enseignant-chercheur n’était pas alors dans l’exercice de ses fonctions.

Nous soussignés demandons l’abandon des répressions policières de mouvements de protestation pacifiques, l’abandon des poursuites judiciaires contre Guillaume Cingal, ainsi que le soutien actif de l’Université François-Rabelais à l’enseignant-chercheur.

Une pétition a été lancée.

Motion de l’UFR Droit, Sciences politiques et Sociales de l’Université Paris 13

Contribution de l’UFR Droit, Sciences politiques et Sociales de l’Université Paris 13. En outre, l’UFR DSPS maintient sa détermination à agir dans l’avenir, bien qu’ayant opté pour une tenue « normale » des examens (vote ci-dessous). Il convient de préciser que dans les mesures à venir, la question de ne pas organiser la rentrée et de reprendre le mouvement était comprise.

Voici  les résultats des votes qui se sont tenus lors de la réunion de l’UFR Droit ayant eu lieu ce jour (12 mai 2009):
* Tenue des jurys du premier semestre:

– Pour : 28
– Contre : 0
– Abstentions: 0

* Tenue des examens de juin:

– Pour : 27
– contre : 1
– abs: 0

* Tenue des jurys du deuxième semestre:

– pour : 20
– contre : 3
– abs : 5

* Tenue d’un référendum :

– pour : 28
– contre : 0
– abstentions: 0

* Mesures diverses envisagées (motion adressée au CNU, démissions administratives…)
– pour : 27
– abs. : 1
– contre : 0

MOTION DU 4 MAI 2009
UFR DSPS

Le Conseil de l’UFR Droit Sciences Politiques et Sociales s’est prononcé dès le mois de décembre contre les mesures gouvernementales visant à modifier le statut des Enseignants-Chercheurs. A cet égard, il avait adopté une motion le 17 décembre 2008 s’inscrivant contre le projet de décret relatif à la modification du statut des Enseignants-Chercheurs, motion qui a été par la suite approuvée à l’unanimité par le Conseil d’Administration de l’Université Paris 13.
En dépit d’une mobilisation massive des Universitaires contre les réformes entreprises et ce, durant à présent six mois, le Gouvernement a jugé pertinent de publier le décret relatif au statut durant les vacances de printemps. Aussi le Conseil de Faculté de l’UFR DSPS tient-il à exprimer à nouveau son profond dissentiment et son indignation non seulement vis-à-vis des textes adoptés, qui vont introduire des différences de traitement inacceptables
entre les fonctionnaires et une compétition absurde entre établissements
publics, mais encore à l’égard des méthodes employées.
Cependant, le Conseil de l’UFR DSPS, bien que toujours mobilisé, tient à affirmer son profond attachement à rechercher parallèlement l’intérêt des étudiants. C’est pourquoi, au terme d’un vote à l’unanimité, a-t-il été décidé que les examens auraient lieu normalement.
Les membres du Conseil se sont également prononcés à l’unanimité pour demander au Président et au Conseil d’Administration de l’Université Paris 13 de s’engager formellement à ne pas faire usage des possibilités ouvertes par le décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 modifiant le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 fixant les conditions statutaires communes applicables aux Enseignants-Chercheurs :
– aucune modulation de service visant à augmenter le service statutaire d’un Enseignant-Chercheur ne sera demandée ni validée.
– tout service au-delà de 128 heures de cours magistraux ou de 192 heures de TD ou TP, effectué à la demande expresse de l’Enseignant-Chercheur ouvrira droit à une rémunération complémentaire.
Le Conseil de l’UFR DSPS demande également au Président et au Conseil d’Administration de l’Université Paris 13 de s’engager formellement à ne pas faire usage d’une disposition ouverte par le décret n° 2009-464 du 23 avril 2009 relatif aux doctorants contractuels : les contrats doctoraux signés par l’Université ne comporteront pas de période d’essai.

Université de bourgogne : « On continue ! »

ON CONTINUE !

Les enseignants-chercheurs, chercheurs et enseignants mobilisés de l’Université de Bourgogne, réunis le 20 mai 2009, ont reconnu la décision votée par l’Assemblée Générale du 12 mai, de lever le blocage des bâtiments Droit-Lettres, préfabriqués et AAFE. Ils acceptent que les examens du second semestre aient lieu selon le calendrier prévu. Mais ceci ne signe pas pour autant la fin du mouvement.

L’attitude arrogante et mensongère du gouvernement n’a pas changé, les contenus dévastateurs des projets et décrets ministériels n’ont été modifiés que très légèrement et de façon non satisfaisante. Au mépris d’un mouvement de contestation d’une ampleur et d’une durée inédites, Valérie Pécresse a fait adopter à la sauvette, pendant les vacances de Pâques, les décrets sur le statut des enseignants-chercheurs, sur le CNU et sur le contrat doctoral unique. La réforme dite « masterisation des concours » est plus que jamais d’actualité. Le maintien des concours pour un an, mais avec stages à la clef, remaniés, s’accompagne de la mise en place subreptice du système dans son ensemble, alors que les petits pas et les modifications à vue de Xavier Darcos rendent cette réforme encore plus opaque et désastreuse. La menace qui pèse lourdement sur l’université et qui découle de la loi LRU est plus que jamais présente. Nous ne pouvons par conséquent nous arrêter là !

Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs et enseignants mobilisés de l’Université de Bourgogne gardons toute notre détermination. Nous restons et resterons présents sur le terrain du conflit, dans les semaines et dans les mois à venir. Nous invitons chacun à prendre ses responsabilités face à la désorganisation de l’université libre et républicaine à laquelle nous appartenons.

Nous appelons à la retenue des notes des examens et au boycott des jurys du baccalauréat.

Résistance universitaire

Résistance universitaire

Par Marie-Jean Sauret, professeur des universités (*)

Nous voulons l’amélioration de l’université française, non sa casse. Or le monde dans lequel elle est plongée n’est pas forcément celui que nous cherchons à servir. De sorte que l’idée d’un grand service public universitaire est en contradiction avec l’université que l’économie néolibérale veut mettre au service de la nouvelle économie des connaissances : transformer les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche en entreprises, réduire le savoir à des connaissances monnayables, rentabiliser le travail intellectuel avec les mêmes critères que ceux utilisés dans l’industrie et dans la finance, réserver le meilleur des techniques et de la science à une élite à son service, faire payer l’université par ses usagers…

Dans ces conditions, la fin du service public rendu par l’université est programmée, la mutation de la culture et du savoir en « ressources » technoscientifiques (évaluées en unités de crédit) est entérinée, et le sacrifice de millions de jeunes, devant lesquels se fermeront les portes de l’enseignement supérieur, est quasi consommé. Non seulement les entreprises universitaires devront alimenter le marché des connaissances, mais elles fabriquent déjà les théories dont le capitalisme a besoin : l’économie, mais
également l’anthropologie à travers laquelle il s’agit de nous formater afin que nous le servions mieux. Accessoirement, il conviendra de faire le ménage parmi les disciplines et les théories dérisoires, inutiles (bonnes pour la « culture générale » pour laquelle personne ne voudra payer), voire pernicieuses : par exemple le latin et le grec (ainsi que l’avait claironné notre
président), mais aussi les enseignements référés à la psychanalyse qui font de chacun une exception symptomatique aux anthropologies générales, les conceptions et les pratiques de l’art qui ne se rendraient pas immédiatement sur le marché, et pourquoi pas l’histoire (finie), l’archéologie, la préhistoire (sauf pour alimenter le tourisme, les expositions privées et les
collectionneurs : où se réfugie le désir !)…

Face à ces perspectives, l’université que nous servons actuellement est de fait un lieu de résistance au néolibéralisme. La crise économique, financière et sociale actuelle est conjoncturelle pour certains, le signe d’une véritable crise de civilisation pour les autres. Pour ces derniers, la poursuite de l’adaptation de l’université à une logique responsable de la crise est une fuite en avant dangereuse – qui redouble les raisons que nous avons de faire grève. Mais ce sont les tenants de la première interprétation qui gouvernent : le capitalisme doit être amendé, réformé, moralisé et la loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (LRU) y contribuerait pour sa part. Quoi qu’il en soit de l’issue du conflit, retrait ou adaptation de la LRU, la logique générale n’aura pas changé… et la crise ne se sera pas évanouie comme par enchantement. Les menaces des ministres sur les étudiants et les enseignants récalcitrants donnent une idée de ce qu’il faut entendre par « autonomie » : « Soyez autonomes mais soumis ! » : il s’agit bien de la « concurrence » qui soumet les universités aux impératifs économiques, aux patrons et aux politiques qui les achèteront – tout le contraire de l’émulation, voire de la compétition d’allure sportive.

La concurrence capitaliste renoue avec le cirque romain : le dernier y est mis à mort ! Plus cruellement encore, à petit feu : sans revenu, prié de rester chez lui, obligé de renoncer aux sorties, aux loisirs, à la culture, au livre, au cinéma, aux visites, et parfois au logement. La vie familiale et sociale, la santé physique et psychique se dégradent. Qui dira le poids de cette violence délibérée ? Que valent au regard d’elle les quelques heures de séquestration dont on nous parle ici ou là ? Est-ce qu’un jour il ne faudra
pas que les capitalistes et les politiques qui les servent soient jugés pour ce crime contre l’humanité ? Nous ne sommes donc pas, à l’université, dans le cadre d’un conflit, d’une bataille qui serait nécessairement perdue ou gagnée, mais plutôt d’une résistance à long terme. Celle-ci n’a aucun sens si on la coupe de la situation générale et des luttes qui se développent ailleurs, dans tous les secteurs de la vie de notre pays et des autres régions du monde.

Cette lutte doit profiter de toutes les occasions de donner un coup de frein, de provoquer un changement de cap à la logique néolibérale. Il n’est pas possible de laisser-aller ce système responsable de tant de souffrance (chômage, privation de logement, de nourriture, de culture, de loisirs, du droit de voyager, et de libertés diverses auxquelles les nantis ne pensent même pas avant qu’ils ne soient à leur tour frappés). Si l’on en juge aux témoignages de résistance qui parviennent de tous les secteurs de la vie
collective, sans doute les conditions sont-elles réunies pour que l’idée d’une nécessaire alternative au capitalisme prenne consistance. Est-il impensable que pas effectués par chacun pour lutter soient collectivisables dans un autre « vivre ensemble » ? En tout cas l’université participe de ce mouvement et met de fait le savoir qu’elle sert à la disposition de ceux qui vivent et veulent penser ce moment…

(*) Psychanalyste et membre du Collectif de l’Appel des appels.

Source: http://www.humanite.fr/2009-05-11_Tribune-libre_Resistance-universitaire

La loi Falloux est rétablie par décret : Le fait du Prince contre la République laïque !

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)
10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS
Tél : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84
Courriel : « libre.pensee@wanadoo.fr »

–         COMMUNIQUÉ          –
La loi Falloux est rétablie par décret : Le fait du Prince contre la République laïque !

Immédiatement, après avoir épuré de sa composante cléricale, le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui seul, conformément à la loi du 18 mars 1880. Jules Ferry avait raison de dire, lors la première séance du conseil supérieur laïcisé, que l’Université devenait « un corps vivant, organisé et libre. » Ce principe éminemment républicain a été sans cesse réaffirmé depuis. L’alinéa premier de l’article L. 613-1 du code de l’éducation, dans sa version issue de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 actuellement en vigueur, dispose que « L’Etat a le monopole de la collation des grades et titres universitaires. »

Après d’autres, ce pilier de la République vient d’être abattu, au moment même où une série de « contre-réformes », également adoptées par décret, contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire, menacent de destruction l’université française publique et laïque et tout son système de formation non marchand. Par l’effet d’un décret simple, la loi Falloux est partiellement rétablie. Après en avoir été privée pendant cent vingt-neuf ans, la secte romaine retrouve le pouvoir d’intervenir dans la collation des grades universitaires. C’est intolérable.

Par un décret du 16 avril 2009, le président de la République vient, en effet, de publier l’accord de Paris du 18 décembre 2008 par lequel la France et le Saint-Siège ont entendu décliner au plan bilatéral le processus de Bologne initié par la convention du 11 avril 1997 sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région « Europe », ratifiée le 18 septembre 2000. L’une et l’autre acceptent de reconnaître mutuellement « des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité compétente de l’une des Parties ».

Pour la République française, il s’agit bien sûr des « grades et diplômes délivrés sous l’autorité de l’Etat par les établissements d’enseignement supérieur ». Pour le Saint-Siège sont concernés ceux attribués par « les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieur dûment habilités par le Saint Siège » Le protocole additionnel à l’accord de Paris précise qu’entrent en particulier dans le champ d’application de ce dernier les diplômes ecclésiastiques de doctorat (niveau doctorat), de licence (niveau « master ») et de baccalauréat (niveau licence) obtenus dans les facultés ecclésiastiques qui, selon la constitution apostolique Sapiensa christiana de 1979, ont notamment pour objet de former des chercheurs, des professeurs d’universités et de séminaires, des chanceliers, des membres de tribunaux ecclésiastiques et d’autres titulaires d’offices, des conseillers d’évêques et de supérieurs religieux.

La ratification, par décret de l’accord du 18 décembre 2008, constitue au surplus un coup de force juridique inacceptable. Il ne s’agit pas de la simple reconnaissance mutuelle des diplômes délivrés par les systèmes légaux d’enseignement supérieur de deux États liés par une convention internationale. Au mépris de la laïcité, l’accord de Paris conduit, en effet, la République française à légitimer des titres universitaires attribués par des établissements d’enseignement supérieur catholiques sur son territoire, ou sur le territoire d’autres États ne les reconnaissant pas nécessairement. Il ouvre ainsi une brèche dans le monopole de la collation par l’Etat, des grades universitaires, instituée par la loi du 18 mars 1880.

Dans ces conditions, il appartenait au gouvernement de saisir le Parlement d’un projet de loi de ratification de l’accord de Paris en application de l’article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958 et non au président de la République de prendre un décret pour le faire entrer en vigueur. En l’espèce, l’accord de Paris modifie bien implicitement mais nécessairement « des dispositions de nature législative ». La voie suivie évitait la discussion du rétablissement partiel de la loi Falloux devant la représentation nationale.

Face à cette atteinte à la République et à la laïcité, la Libre Pensée exige l’abrogation du décret du 16 avril 2009 et la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. En conséquence, la Libre Pensée informe qu’elle dépose immédiatement un recours pour excès de pouvoir auprès du Conseil d’État pour demander l’annulation de ce coup de force contre la laïcité républicaine.

Paris, le 28 avril 2009

Pour la pleine Séparation de l’Enseignement public et des écoles privées !

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)
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Courriel : « libre.pensee@wanadoo.fr »

–         COMMUNIQUÉ          –
Pour la pleine Séparation de l’Enseignement public et des écoles privées !

Nous avons pris connaissance, par nos Fédérations départementales de la Région Rhône-Alpes, d’une atteinte très grave à la laïcité. Pour la première fois, le Rectorat de Grenoble a décidé qu’un grand nombre de lycées privés seront centres d’examen pour le baccalauréat 2009. La Fédération Nationale de la Libre Pensée ne peut accepter que les élèves passent les épreuves du Baccalauréat, diplôme national et républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché du diocèse soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires.

L’État français possède le monopole national de la collation des grades. Le baccalauréat est un diplôme d’état, et le principe républicain établit que seuls les établissements laïques qui accueillent tous les élèves sans exception sont habilités pour être les centres d’examens et concours d’État. Selon la Loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur (Art. 1er) : « Les examens et épreuves pratiques qui déterminent la collation des grades ne peuvent être subis que devant les facultés de l’État ».

Notre organisation défend la Loi de Séparation des Églises et de l’État et, à ce titre, demande l’abrogation de toutes les lois antilaïques, en particulier de la loi Debré qui, la première, a permis de considérer de fait les établissements confessionnels comme participant au service public. Elle considère que cette mesure est une atteinte supplémentaire à la laïcité de l’École.

C’est pourquoi la Libre Pensée s’est adressé à Monsieur le Recteur, Madame et Monsieur les Inspecteurs d’Académie de l’Ardèche et de la Drôme, pour qu’ils reviennent sur cette décision. En tout état de cause, il leur appartient d’assurer la neutralité des centres d’examen et l’égalité des candidats, quelles que soient leurs convictions, pour éviter tout préjudice susceptible de faire grief, ou, ce qui est tout aussi grave, d’affecter la liberté de conscience des élèves ou des surveillants des épreuves.

Enfin, il ne saurait être question que les employés des associations confessionnelles qui dirigent les établissements privés, soient subrogés dans les attributions hiérarchiques des proviseurs et puissent convoquer les fonctionnaires de la République ou leur donner des ordres.

Après la signature, le 18 décembre 2008 d’un accord diplomatique sur la reconnaissance des diplômes de « l’enseignement supérieur » catholique, au nom du processus de Bologne, initié par l’Union européenne, un pas de plus est franchi.

La France n’est pas l’Italie : nous ne voulons pas d’affaire Franco Coppoli en France (professeur sanctionné pour avoir refusé la présence d’un signe religieux dans une salle de classe). C’est aussi pourquoi, la Libre Pensée a fait interdire, par le Tribunal administratif, la présence d’un crucifix dans la cantine municipale de la commune de Wandignies-Hamage dans le département du Nord. La Libre Pensée s’est adressé officiellement à madame Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, pour qu’elle ordonne au Préfet de faire exécution du jugement. En effet, Madame le Ministre semble plus prompte à faire expulser les travailleurs immigrés qu’à faire appliquer la loi laïque et républicaine dans nos institutions.

La Libre Pensée n’acceptera jamais ce qu’elle a combattu hier.
Depuis l’avènement de la Loi Debré, la Libre Pensée a toujours refusé les lois antilaïques. Elle est toujours restée fidèle au mot d’ordre républicain « Fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée ». C’est pourquoi, dès 1983, elle a manifesté publiquement sa totale opposition au projet du « Grand Service public unifié » dit projet « Savary » qui visait à unifier l’enseignement public et l’enseignement privé sur le mode de fonctionnement des écoles catholiques.

La loi Jospin de 1989, les Accords Lang-Cloupet, les concours publics passés dans les écoles privées, les crucifix dans les locaux scolaires, la reconnaissance des diplômes catholiques, tout cela participe de l’unification de l’enseignement public avec les écoles catholiques. C’est une nouvelle offensive contre la laïcité de l’École publique et de l’État.

À l’heure où d’aucuns en appellent à nouveau à un « grand service public d’éducation, unifié et laïque, national et rénové », la Libre Pensée indique clairement qu’elle ne sera pas partie prenante de cette nouvelle trahison.
Elle appelle tous les laïques et leurs associations à se mobiliser pour la défense du principe de Séparation des Églises et de l’État, tel qu’il est institutionnalisé par la loi du 9 décembre 1905 !

Pas de patrons, pas de curés à l’École laïque !
Pas d’examens publics, pas de « collation des grades » par et dans les écoles des curés !

Paris, le 30 Avril 2009