Communiqué de la CNU : réponse à François Fillon

Communiqué de presse coordination nationale des universités

Dans une interview parue jeudi dans le Figaro, François Fillon annonce la politique de son gouvernement en déclarant que «nous ne bougerons plus ».
C’est, hélas, avec la déclaration de Nicolas Sarkozy affirmant qu’il ne reviendrait jamais sur la loi LRU, un très bon résumé de l’attitude de ses ministres depuis le début de la crise des universités.
Alors que depuis un an et demi, la communauté universitaire dans son ensemble multiplie les signaux pour alerter le gouvernement, alors qu’un mouvement de grève historique qui dure depuis trois mois a montré l’opposition unanime de
toutes les composantes de la communauté universitaire à sa politique, le gouvernement ne bouge pas, n’écoute pas et ne discute pas, sinon plus multiplier les manœuvres dilatoires, les faux semblants de négociations et les provocations.
Une fois de plus, François Fillon, après Valérie Pecresse et Xavier Darcos n’a comme arguments que le bluff, la menace et la provocation. À la communauté universitaire unanime, François Fillon répond par la menace des CRS. Aux étudiants inquiets pour leur année, il répond par le bluff en affirmant qu’il fera passer les examens à l’extérieur des universités. La Coordination Nationale des Universités est curieuse de savoir si monsieur Fillon envisage de rédiger lui-même des sujets d’examens, de surveiller et de corriger les épreuves, d’assurer le suivi et la saisie des dossiers et sur quel programme il envisage d’évaluer les étudiants alors que la grève est toujours très majoritaire chez les enseignants chercheurs et les personnels administratifs et qu’un semestre de cours entier n’a pu avoir lieux du fait de l’obstination de son gouvernement. Au contraire, la Coordination Nationale des Universités a affirmé qu’elle prendrait toutes ses responsabilités pour que les étudiants ne payent pas la note d’une crise grave dont le gouvernement porte l’entière responsabilité : les étudiants doivent pouvoir continuer leurs études et doivent pouvoir valider leurs acquis.
Enfin, le premier ministre, en affirmant que la mobilisation ne concernerait que 6 universités tente une foi de plus de nier, au mépris de toute réalité, l’ampleur de la mobilisation. La 10ème coordination des universités, réunie mercredi à Marne la Vallée comptait plus d’une soixantaine de délégations. La grande majorité des universités, départements, UFR, composantes, sont toujours en grève totale ou partielle et un partie importante bloquée.
Nous attirons l’attention de Monsieur Fillon sur la parution récente, soulignée entre autre par le Canard Enchainé de cette semaine, d’un excellent ouvrage intitulé « Le grand trucage, comment le pouvoir manipule les statistiques ». Il nous semble tout à fait révélateur de la manière dont il traite les chiffres et la réalité et du mépris profond dans lequel il tient ses auditeurs en général, la communauté universitaire en particulier.
Les porte-parole de CNU
porte-parole@cnu.lautre.net

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Refonder l’université française.

Au moment où le conflit universitaire s’enlise, nous vous signalons l’initiative prise par  un certain nombre d’universitaires, sous la forme d’un appel à « Refonder l’Université française ». Ce manifeste – que vous trouverez en pièce jointe – s’inscrit dans le prolongement direct du numéro spécial de la revue du MAUSS récemment publié (numéro 33, Editions de la Découverte, 379 p.), intitulé « La crise de l’Université. Mort ou résurrection ? » et plus particulièrement de l’article rédigé par Alain Caillé et François Vatin (« Onze propositions de réforme pour l’Université »).

Rendu public hier, et déjà repris par certains journaux (Le Monde, Médiapart) sur leurs sites respectifs, le « Manifeste pour Refonder l’Université française » peut désormais être signé à l’adresse suivante :

http://petitions.alter.eu.org/refonder

Préambule

Il est désormais évident que l’Université française n’est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, à peu près à l’agonie. Qu’on comprenne bien ce que cela signifie. L’Université n’est pas tout l’enseignement supérieur français. Les classes préparatoires, celles de BTS, les IUT (lesquels font formellement partie des universités), et l’ensemble des petites, moyennes ou grandes écoles, publiques ou privées recrutent largement. Mais c’est au détriment des formations universitaires, que les étudiants désertent de plus en plus, et cela tout particulièrement pour les études scientifiques. Le secteur non universitaire de l’enseignement supérieur offre des formations techniques et professionnelles, parfois de qualité, mais parfois aussi très médiocres. Même si la situation évolue depuis quelques années pour sa fraction supérieure (les « grandes écoles »), ce secteur n’a pas vocation à développer la recherche et à donner des outils de culture et de pensée, et guère les moyens humains et scientifiques de le faire. C’est dans les universités que l’on trouve la grande majorité des savants, des chercheurs et des professionnels de la pensée. Pourtant, alors qu’on évoque l’émergence d’une « société de la connaissance », nos universités ont de moins en moins d’étudiants et ceux-ci sont rarement les meilleurs. Une telle situation est absurde. Dans aucun pays au monde l’Université n’est ainsi le maillon faible de l’enseignement supérieur.

Le processus engagé depuis déjà plusieurs décennies ne conduit pas à la réforme de l’Université française, mais à son contournement. Il ne s’agit pas en disant cela de dénoncer un quelconque complot, mais de prendre acte de la dynamique d’un système à laquelle chacun contribue par ses « petites décisions » ou par sa politique : les étudiants, leurs familles, les lycées, publics et privés, les entrepreneurs d’éducation, les collectivités locales et, in fine, l’État lui-même. Le déclin de l’Université, matériel, financier et moral, est désormais bien trop avancé pour qu’on puisse se borner à repousser les réformes proposées. Si des solutions susceptibles de réunir un très large consensus parmi les universitaires et les chercheurs mais aussi au sein de l’ensemble de la société française ne sont pas très rapidement formulées, la catastrophe culturelle et scientifique sera consommée. Or de qui de telles propositions pourraient-elles procéder sinon des universitaires eux-mêmes ? C’est dans cet esprit que les signataires du présent manifeste, très divers dans leurs choix politiques ou idéologiques, y compris dans leur appréciation de la loi LRU, ont tenté d’identifier les points sur lesquels un très large accord pouvait réunir tous les universitaires responsables et conscients des enjeux. L’enjeu n’est rien moins que de refonder l’Université française en la replaçant au centre de l’enseignement supérieur.

Propositions

1. Quant à la place de l’Université

Une des principales raisons du marasme de l’Université française est qu’elle se trouve en situation de concurrence déloyale avec tout le reste du système d’enseignement supérieur (classes préparatoires et de BTS, IUT, écoles de tous types et de tous niveaux), toutes institutions en général mieux dotées per capita et davantage maîtresses du recrutement de leur public. On touche là à un des non-dits récurrents de toutes les réformes qui se sont succédé en France. Cette situation est d’autant plus délétère que la gestion de l’enseignement supérieur dans son ensemble dépend d’autorités ministérielles et administratives distinctes (l’enseignement secondaire pour les classes préparatoires et les STS, les ministères sectoriels pour les écoles professionnelles diverses), voire échappe à tout contrôle politique. Imagine-t-on un ministère de la Santé qui n’ait que la tutelle des hôpitaux publics ! La condition première d’une refondation de l’Université est donc que le ministère de l’Enseignement supérieur exerce une responsabilité effective sur l’ensemble de l’enseignement supérieur, public ou privé, généraliste ou professionnel. C’est à cette condition impérative qu’il deviendra possible d’établir une véritable politique de l’enseignement supérieur en France et de définir la place qui revient à l’Université dans l’ensemble de l’enseignement supérieur.

Plus spécifiquement, un tel ministère aura pour mission première de créer un grand service public propédeutique de premier cycle réunissant (ce qui ne veut pas dire normalisant dans un cycle uniforme) IUT, BTS, classes préparatoires et cursus universitaires de licence. Il lui faudra également procéder à une sorte d’hybridation entre la logique pédagogique des classes supérieures de l’enseignement secondaire et des écoles professionnelles d’une part, et celle des universités d’autre part ; c’est-à-dire introduire davantage l’esprit de recherche dans les premières et, symétriquement, renforcer l’encadrement pédagogique dans les secondes.
2. Quant aux missions de l’Université

La mission première de l’Université est de produire et de transmettre des savoirs à la fois légitimes et innovants. Assurément, d’autres missions lui incombent également. Elle ne peut notamment se désintéresser de l’avenir professionnel des étudiants qu’elle forme. Elle est par ailleurs responsable de la qualité de la formation initiale et continue qu’elle délivre et de la transmission des moyens intellectuels, scientifiques et culturels à-même d’assurer une citoyenneté démocratique éclairée.

Deux principes doivent commander l’articulation entre ces différentes missions : d’une part, le souci primordial de la qualité et de la fiabilité des connaissances produites et transmises ; d’autre part, la distinction nécessaire entre missions des universités et missions des universitaires, soit entre ce qui incombe à l’établissement considéré globalement et ce qui incombe individuellement aux enseignants-chercheurs et chercheurs.

Parce qu’une université doit être administrée, pédagogiquement et scientifiquement, et se préoccuper de la destinée professionnelle de ses étudiants, il est nécessaire qu’elle dispose en quantité et en qualité suffisante de personnels administratifs et techniques spécialisés dans ces tâches. Il incombe en revanche à des universitaires volontaires d’en assurer le pilotage. D’importantes décharges de service d’enseignement doivent alors leur être octroyées.

Quant au service d’enseignement lui-même, sauf heures complémentaires librement choisies, il ne saurait excéder les normes précédemment en vigueur. De même, le régime d’années ou semestres sabbatiques de recherche, qui est la norme dans toutes les universités du monde, doit être à la hauteur de la vocation intellectuelle de l’Université, et non plus géré de façon malthusienne.
3. Quant aux cursus

Il convient de distinguer clairement l’accès à l’enseignement supérieur pour les bacheliers et l’accès aux masters.

En ce qui concerne l’entrée en licence, il convient de rappeler que le principe du libre accès de tout bachelier à l’enseignement supérieur est, en France, un des symboles mêmes de la démocratie, le pilier d’un droit à la formation pour tous. Il n’est ni possible ni souhaitable de revenir sur ce principe. Mais il n’en résulte pas, dans l’intérêt même des étudiants, que n’importe quel baccalauréat puisse donner accès de plein droit à n’importe quelle filière universitaire. Pour pouvoir accueillir à l’Université les divers publics issus des baccalauréats, il faut y créer aussi des parcours différenciés. Seule une modulation des formations pourra permettre de concilier les deux versants de l’idéal universitaire démocratique : l’excellence scientifique, raison d’être de l’Université, et le droit à la formation pour tous, qui la fonde en tant que service public. Il convient donc à la fois de permettre une remise à niveau de ceux qui ne peuvent accéder immédiatement aux exigences universitaires par exemple en créant des cursus de licence en 4 ans , et de renforcer la formation pour d’autres publics, par exemple en créant des licences bi-disciplinaires qui incarnent une des traductions concrètes possibles de l’idéal d’interdisciplinarité, si souvent proclamé et si rarement respecté. Il convient du même coup que l’Université puisse sélectionner ses futurs étudiants selon des modalités diverses, permettant d’identifier les perspectives d’orientation des étudiants et d’y associer un cursus adapté.

Une telle modification des règles du jeu universitaire ne peut toutefois être introduite sans qu’elle s’accompagne d’une amélioration substantielle de la condition étudiante en termes de financement et de conditions de travail. Le refus actuel de regarder en face la variété des publics étudiants conduit en effet à leur paupérisation et à la dégradation de leur situation matérielle et intellectuelle au sein des Universités. L’idée d’un capital minimum de départ attribué à chaque étudiant mérite à cet égard d’être envisagée.

En ce qui concerne les études de master, il est, de toute évidence, indispensable d’instaurer une sélection à l’entrée en première année et non en deuxième année, comme c’est le cas actuellement en application de la réforme des cursus de 2002 qui a créé le grade de master (système « LMD »). La rupture ainsi introduite au sein du cycle d’études de master a d’emblée fragilisé ces nouveaux diplômes, en comparaison des anciens DEA et DESS qu’ils remplaçaient. Il faut également supprimer la distinction entre masters professionnels et masters recherche qui conduit paradoxalement à drainer vers les cursus professionnels les meilleurs étudiants, ceux qui seraient précisément en mesure de mener des études doctorales.
4. Quant à la gouvernance

Tout le monde s’accorde sur la nécessaire autonomie des universités. Mais ce principe peut être interprété de manières diamétralement opposées. Sur ce point la discussion doit être largement ouverte, mais obéir à un double souci. D’une part, il convient de ne pas confondre autonomie de gestion (principalement locale) et autonomie scientifique (indissociable de garanties statutaires nationales). D’autre part, pour assurer la vitalité démocratique et scientifique des collectifs d’enseignants-chercheurs, qui forment en propre l’Université, il est indispensable de concevoir des montages institutionnels qui assurent au corps universitaire de réels contre-pouvoirs face aux présidents d’Université et aux conseils d’administration, ce qui suppose des aménagements significatifs de la loi LRU. Il faut, en somme, redonner au principe de la collégialité universitaire la place déterminante qui lui revient et qui caractérise l’institution universitaire dans toutes les sociétés démocratiques. Le renouveau de ce principe de collégialité doit aller de pair avec une réforme du recrutement des universitaires qui permette d’échapper au clientélisme et au localisme.

Par ailleurs il est clair que l’autonomie ne peut avoir de sens que pour des universités qui voient leurs ressources augmenter et qui n’héritent pas seulement de dettes. En ce qui concerne la recherche, cela signifie que les ressources de financement proposées sur appels d’offre par les agences ne soient pas prélevées sur les masses budgétaires antérieurement dédiées aux subventions de financement des laboratoires, mais viennent s’y ajouter. De manière plus générale, en matière de recherche, il convient de mettre un terme à la concurrence généralisée entre équipes, induite par la généralisation du financement contractuel, lequel engendre souvent un véritable gaspillage des ressources, en garantissant aux laboratoires un certain volume de soutien financier inconditionnel accordé a priori et évalué a posteriori, notablement plus important qu’il ne l’est aujourd’hui.

Conclusion

Bien d’autres points mériteraient assurément d’être précisés. Mais les principes énoncés ci-dessus suffisent à dessiner les contours d’une Université digne de ce nom. Nous appelons donc tous ceux de nos collègues et nous espérons qu’ils représentent la très grande majorité de la communauté universitaire et scientifique à nous rejoindre en signant ce Manifeste à l’adresse internet suivante. Celui-ci pourrait servir de point de départ à une véritable négociation, et non à des simulacres de concertation, et être à la base d’une auto-organisation d’États généraux de l’Université.
Premiers signataires :

Olivier Beaud, professeur de droit public à Paris II
Laurent Bouvet, professeur de science politique à l’université de Nice Sophia-Antipolis
François Bouvier, ancien directeur au Muséum National d’Histoire Naturelle
Alain Caillé, professeur de sociologie à Paris Ouest-Nanterre- La Défense
Guy Carcassonne, professeur de droit public à Paris Ouest -La Défense
Jean-François Chanet, professeur d’Histoire à Lille III
Philippe Chanial, maître de conférences en sociologie à Paris IX-Dauphine
Olivier Christin, historien, président de Lyon II
Franck Cochoy, professeur de sociologie à Toulouse II
Jean-Pierre Demailly, Mathématicien, Professeur à l’Université de Grenoble I, Académie des Sciences
Vincent Descombes, philosophe, directeur d’études à l’EHESS
Olivier Duhamel, professeur de droit public à l’IEP Paris
François Dubet, professeur de sociologie à Bordeaux II et directeur d’études à l’EHESS
Pierre Encrenaz, professeur de physique a l UPMC et à l’Observatoire de Paris, membre de l’Académie des Sciences .
Olivier Favereau, économiste, professeur à Paris Ouest-Nanterre- La Défense
Marcel Gauchet, philosophe, directeur d’études à l’EHESS
Bruno Karsenti, philosophe, directeur d’études à l’EHESS
Philippe de Lara, maître de conférences en science politique à Paris II
Guy Le Lay, professeur de physique à l’Université de Provence
Franck Lessay, Professeur à Paris III (Institut du Monde Anglophone)
Yves Lichtenberger, professeur de sociologie à Paris Est- Marne la Vallée
Bernadette Madeuf, économiste, présidente de Paris Ouest-Nanterre- La Défense
Dominique Méda, sociologue, directrice de recherches au Centre de Recherches pour l’Emploi
Pierre Musso, Professeur de sciences de l’information et de la communication à l’Université Rennes II
Catherine Paradeise, professeur de sociologie à Paris Est- Marne la Vallée
Philippe Raynaud, philosophe, professeur de sciences politiques à Paris II
Philippe Rollet, professeur de sciences économiques, président de Lille I
Pierre Schapira, professeur de mathématiques à Paris VI, Université Pierre et Marie Curie
Pierre Sineux, professeur d’histoire, vice-président de l’université de Caen
Frédéric Sudre, professeur de droit public à Montpellier I, président de la Section 02
(Droit Public) du CNU
François Vatin, professeur de sociologie à Paris Ouest-Nanterre- La Défense
Michèle Weindenfeld, maître de conférences de mathématiques, université d’Amiens

Situation très tendue à Caen

Témoignage :

« Contrairement à ce qui a été dit, l’université de Caen est toujours bloquée. Cette décision a été votée mardi après une AG de 7 heures à laquelle participaient 3000 personnes. Cependant, suite à ce vote, la présidence a décidé de faire fermer les bâtiments. Mardi soir, vers 19h30 le comité de lutte se tenant dans un bâtiment, a décidé de finalement sortir et de finir son travail en extérieur, afin d’éviter des violences à l’intérieur des bâtiments. Sans avoir vérifié l’existence d’un possible danger, la présidence de l’université de Caen a fait venir les forces de l’ordre qui ont pénétré sur le campus : gardes mobiles, BAC, identité judiciaire, RG. Les participants au « comité de lutte » qui se tenait depuis vingt minutes en extérieur, se sont regroupés pour tenter de sortir du campus. Ils ont été cernés par des troupes agressives et armées jusqu’aux dents. Regroupés et mis assis à terre les uns contre les autres, ils ont donné leurs papiers d’identité. Ceux qui n’en avaient pas étaient « parqués » plus loin. Chaque étudiant a été photographié par l’identité judiciaire, les membres du personnel n’ayant pas ce malheureux privilège. L’humiliation était sans doute recherchée puisqu’il n’était pas possible d’accuser les participants d’être à l’intérieur des locaux. Après 45 minutes de démonstration de force (les spectateurs et les témoins présents sur le campus avaient eux-mêmes été repoussés par des cordons de gardes mobiles) chacun récupéra ses papiers l’ordre étant intimé de ne pas rester sur le campus sous peine de voir la violence policière s’exprimer.

Depuis, les bâtiments sont toujours fermés et des vigiles recrutés par une entreprise privée, veillent au grain. L’AG des personnels a hier (14h) décidé en soutien au mouvement d’occuper le bâtiment de la MRSH à partir de lundi. A 15h ce bâtiment était fermé et mis sous surveillance de la « milice ».

Je rappelle que la Présidente de l’université de Caen a été élue avec le soutien du SNESUP et je souhaite qu’au niveau national le syndicat prenne ses responsabilités et dénonce l’attitude des présidences qui, élues avec l’appui du syndicat, ne soutiennent pas le mouvement ou tente de le casser. »

Réponse de JL Mélenchon à la lettre aux parlementaires européens

Réponse du sénateur Jean-Luc Mélenchon à notre courrier aux parlementaires. C’est la troisième réponse reçue, avec celle -laconique- de  Louis Mermaz et celle -à côté de la plaque- de Dominique Voynet pour les groupes K et L.

Message de Jean-Luc Mélenchon à la Coordination Nationale Formation des Enseignants

Mesdames, messieurs,
Je vous remercie pour vos différents courriers que j’ai lus avec attention.
Suivant de très près le mouvement de résistance générale dans lequel notre peuple est entré, il me semble que vous en êtes une des pointes significatives. Totalement solidaire et en accord avec  votre combat contre la destruction du système public d’Education, de Recherche et de Formation des enseignants, je tiens à saluer votre courageux et « obstiné » combat. Les attaques globales contre l’Ecole de la République puisent, comme vous le savez, leur inspiration dans la stratégie de Lisbonne et le processus de Bologne engagés par l’Union européenne. Celles-ci sont emblématiques de la construction libérale de l’Europe. Après que vous ayez vécu des semaines de mobilisation comme jamais la France n’en avait connue et sous des formes
particulièrement originales dont vous êtes à l’initiative,  le temps presse désormais. Engagé dans la constitution d’un front politique, le Front de Gauche, contre les ravages du libéralisme, je constate le lien qui unit nos démarches. Je salue donc la politique de front uni de la coordination nationale. C’est tous ensemble que nous devons désormais dire « la casse de l’Ecole de la République, de l’Université, de la recherche et de la Formation des enseignants, ça suffit comme ça ! »
Il est indispensable que des mesures d’intérêt général soient prises pour permettre aux futurs enseignants de se former efficacement. Cela implique le retrait immédiat du projet gouvernemental.  Je me prononce donc pour le maintien des dispositifs en vigueur de recrutement et de formation, donc des IUFM tant qu’un cadre plus performant n’a pas été défini  dans  une consultation démocratique. Parlementaire, je ne manquerai pas de porter votre légitime revendication face au gouvernement à chaque fois que l’occasion le permettra. Il y a urgence à imposer un véritable débat public et parlementaire sur l’avenir de l’Education Nationale. On ne compte plus en effet les fronts sur lesquels elle est malmenée, de la liquidation des IUFM qui compromet la formation des enseignants à l’enseignement professionnel fragilisé par le bac pro en trois ans en passant par les
menaces sur l’école maternelle.

Président du Parti de Gauche, j’encourage par ailleurs mes camarades, militants de ce parti et souvent acteurs de votre mouvement, à relayer partout où ils le peuvent votre combat. »

La 18ème section réaffirme son engagement dans le mouvement.

La 18e section du CNU, réunie ce mercredi 13 mai, réaffirme son engagement dans le mouvement de la communauté universitaire contre l’offensive gouvernementale qui menace le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La 18e section du CNU réunie ce mercredi 13 mai renouvelle ces revendications :

– La restitution de tous les emplois supprimés en 2009, la création d’emplois statutaires dès cette année et la programmation d’un plan pluriannuel pour tous les métiers du supérieur et de la recherche.
– L’abrogation du décret « statut des enseignants-chercheurs », « CNU » et « doctorants », et l’abrogation du décret « comités de sélection ».
– La revitalisation des organismes de recherche, le refus du démantèlement du CNRS et des autres organismes de recherche, le maintien des UMR (unités mixtes de recherche) associant les organismes et les universités, et l’exigence de financements stables récurrents nettement augmentés.
– Le retrait du projet de réforme actuel de formation des enseignants et des concours de recrutement, et une augmentation conséquente du nombre de postes mis aux différents concours de recrutement des enseignants et conseillers d’éducation pédagogiques d’éducation.
– Un financement à la hauteur des besoins du service public d’enseignement supérieur et de recherche et la révision complète du mode d’allocation des moyens (modèle dit SYMPA) pour un tout autre modèle régulé collégialement.

La 18e section du CNU demande au gouvernement, l’ouverture de négociations avec l’ensemble de la communauté universitaire  afin d’aboutir à une nouvelle loi se substituant à la loi LRU.

Texte voté à l’unanimité.

Motions votée par les CS de Musicologie et de Lettres Modernes à Rouen

Pour information, les motions de 2 CS à Rouen.
AFGE Rouen

MUSICOLOGIE

Les membres de ce comité de sélection réunis à l’université de Rouen le lundi 11 mai 2009 tiennent à faire connaître leur opposition aux réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche. S’ils ont choisi de siéger aujourd’hui, c’est pour recruter leur futur collègue sur un poste de titulaire dans un contexte de suppression et de pénurie des emplois universitaires. L’étude des dossiers de candidature montre que de nombreux jeunes chercheurs et chercheuses de tout premier plan sont sous-employé(e)s et précarisé(e)s. Du fait des suppressions de postes et de l’absence d’un plan pluriannuel de recrutement, l’enseignement supérieur est privé de talents et de compétences qui devraient être, au contraire, mis au service de tous à travers l’université et le CNRS, service public, laïc et quasi gratuit auquel les membres de ce comité sont fiers d’appartenir.
Motion votée à l’unanimité par les membres du comité présents : Pierre-Albert Castanet (Université de Rouen), David Fiala (Université de Rouen), Isabelle His (Université de Poitiers), Anne Piéjus (CNRS, Paris), Theodora Psychoyou (Université de Paris IV-Sorbonne), Jean-Yves Rauline (Université de Rouen), Danièle Sansy (Université du Havre), Patrick Taïeb (Université de Rouen)

Motion votée par le comité de sélection de Lettres Modernes, Université de Rouen

Les membres du comité de sélection du Département de Lettres Modernes réunis à l’université de Rouen le jeudi 7 mai 2009 tiennent à affirmer leur opposition aux réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche. Ils dénoncent le principe même des comités de sélection qui a obligé les universités à trouver, dans l’urgence, des solutions pour que ces comités soient constitués démocratiquement. S’ils ont choisi de siéger aujourd’hui, c’est pour recruter leur futur(e) collègue sur un poste de titulaire dans un contexte de suppression d’emplois universitaires. L’étude des dossiers de candidature montre que de nombreux jeunes chercheurs et chercheuses de tout premier plan sont sous-employé(e)s et précarisé(e)s. Du fait des suppressions de postes et de l’absence d’un plan pluriannuel de recrutement, l’enseignement supérieur est privé de talents et de compétences qui devraient être, au contraire, mis au service de tous à travers l’université, service public, laïc auquel les membres de ce comité sont fiers d’appartenir.

Motion votée à la majorité par les membres du comité présents (un refus de vote et deux abstentions).