Lettre ouverte aux formations politiques pour les élections européennes.

Voici la dernière version amendée et corrigée d’un projet de Lettre Ouverte aux formations politiques.

Ce texte sera mis en ligne sous cette forme sur « Mediapart », puis envoyé à d’autres organes de presse et aux diverses formations politiques françaises. Nous espérons qu’il recevra le soutien de la 10e Coordination Nationale des Universités mercredi prochain.
Merci à toutes et tous!
Pierre Dubois (Tours)
Sarah Hatchuel (Le Havre)
Monica Michlin (Paris 4)
Nathalie Vienne-Guerrin (Montpellier 3)

A ce jour la liste des signataires comportes plus de 170 noms.Vous pouvez continuer à soutenir individuellement ce texte en envoyant un message à lettreouverte.europeennes@gmail.com (en précisant vos noms, prénoms, profession, lieu d’exercice).
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Madame, Monsieur,
Voici plus d’un an et demi que les chercheurs sont mobilisés pour sauver la recherche française dangereusement menacée, notamment par le démantèlement des Établissements Publics à caractère Scientifique et Technologique. Depuis plus de quatorze semaines, l’université française est à son tour secouée par la plus grave crise qu’elle ait traversée depuis des décennies. D’innombrables pétitions, articles, motions, explications, requêtes, argumentaires en tout genre ont été écrits, envoyés et publiés pour dénoncer les projets du gouvernement visant à briser le pacte républicain autour de l’université et de la recherche et à livrer celles-ci aux lois de la concurrence interne, de la privatisation des moyens, de la précarité des emplois, de la mise sous tutelle des chercheurs, de la dénaturation des concours nationaux de recrutement des enseignants, etc. Des dizaines de manifestations, de rondes d’obstinés, d’actions de sensibilisation, de cours hors les murs, d’actions de toute sorte ont été organisées dans tout l’Hexagone. Au bout de toutes ces semaines de protestation argumentée et légitime, aucune réponse crédible n’a été apportée par le ministre de l’Éducation Nationale ni la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le mensonge, le déni de la réalité, l’obstination idéologique – sans parler de trop nombreux cas de répression policière et de chantage administratif – ont été les seules réactions enregistrées. Aujourd’hui, la question de la validation du semestre se pose et l’on essaie de faire reprendre les cours aux enseignants en lutte à n’importe quel prix et n’importe comment.

Cela a assez duré. Au-delà des nombreuses lâchetés, des arrangements, des compromissions et de la lassitude, entraînés par la stratégie de pourrissement menée par le gouvernement, l’une des raisons majeures de cette situation invraisemblable est le désintérêt d’une grande partie de la classe politique pour cette question de l’université et de la recherche, trop aisément rejetée comme simplement « corporatiste ». Or, elle ne l’est pas : nous nous battons pour des principes républicains, pour la défense de la fonction publique, pour la qualité de l’enseignement et de la recherche en France, pour la formation de la jeunesse d’aujourd’hui et de demain. Notre combat s’inscrit au cœur de la question des orientations que notre pays s’apprête à suivre.

Il est plus que temps que les responsables politiques fassent de cette question une priorité. Il faut faire obstacle à cette politique de destruction de l’enseignement et de la recherche qui risque, si elle est menée à son terme, de faire régresser la France de façon radicale pour de nombreuses années à venir.

Nous en appelons donc solennellement à la représentation politique de ce pays au moment où vont avoir lieu de nouvelles élections pour le parlement européen. Nous engageons les partis qui présentent des candidats à se prononcer clairement et à se battre haut et fort et sans relâche, à nos côtés, jusqu’à obtention de l’abrogation des décrets incriminés. Nous attendons qu’ils dénoncent avec nous la loi L.R.U et le Pacte pour la Recherche et remettent explicitement en cause la stratégie de Lisbonne qui est la base, à l’échelle européenne, du démantèlement programmé de l’Université. En aucun cas nous ne donnerons nos voix aux partis en lice qui n’auront pas apporté leur soutien public et effectif à nos revendications. Le temps presse.

Le 7 mai 2009.

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