Déclaration de soutien des éditions Agone au mouvement de résistance des étudiants et enseignants

Déclaration de soutien des éditions Agone au mouvement de résistance des étudiants et enseignants contre la marchandisation des savoirs et de l’éducation

En tant qu’éditeur de sciences humaines, nous considérons que le savoir produit par l’université ne peut être utile comme outil d’émancipation au service du plus grand nombre que si l’indépendance de la recherche et le jeu de régulation entre pairs en garantissent au moins la légitimité. La mise en concurrence des universités sous couvert d’autonomie, le mépris affiché pour l’enseignement des sciences humaines et sociales qui s’ajoute à leur liquidation progressive dans le CNRS, et la politique à courte vue de réduction des coûts qui vise l’emploi dans la fonction publique de la recherche mettent aujourd’hui en péril la capacité de l’université française à produire encore un savoir désintéressé. Cependant, ce mouvement ne doit pas cacher la restauration d’un ordre académique qui n’est que le miroir de l’ordre social dominant. Ainsi, dans les revendications, seule une prise en compte égalitaire et décloisonnée, mêlant les professeurs des écoles et des universités, permettra de retrouver l’unité dans la traduction du savoir comme service public de la maternelle à la thèse de troisième cycle.
Il ne s’agit pas de donner un blanc-seing à ce système éducatif, dont on connaît les effets de reproduction sociale, mais la réforme prévue en aggrave la mécanique quand l’urgence est d’en inverser le fonctionnement.

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L’UFR sciences éco-gestion de Paris 13 vote la non-tenue des jurys de fin d’année.

5 Mai 2009
Les enseignants-chercheurs de l’UFR de sciences économiques et de gestion de l’Université Paris 13 VOTENT LA non tenue des jurys de fin d’année .
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5 Mai 2009
Lors de l’assemblée générale de l’UFR de sciences économiques et de gestion du 5 Mai, les enseignants-chercheurs ont décidé de ne pas tenir les jurys de fin d’année.
Suffrages exprimés le 5 à 12.30 :  15
Pour  14 Contre   0 Abstention  1

Quand le président de Nancy 2 relance le mouvement…

A Nancy 2, le président avait décidé lundi soir de soumettre ce mercredi les étudiants du campus lettres et sciences humaines (bloqué depuis fin mars) à la question suivante.
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« Approuvez-vous ce plan d’organisation de la fin de l’année universitaire 2008-09 ? »

  1. Reprise impérative des cours le 11 mai pour une durée de 4 semaines (du 11 mai au 6 juin)
  2. Organisation d’une semaine de révision du 8 au 13 juin
  3. Tenue des examens du 15 au 27 juin
  4. Tenue des délibérations début juillet
  5. Organisation de la session de rattrapage des deux semestres début septembre.
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Seuls les étudiants étaient conviés à ce vote, les enseignants et les BIATOS étant spectateurs. Avec, très certainement, cette idée très répandue en tête que le blocage n’est le fait que de quelques extrémistes, que la grande majorité silencieuse souhaite reprendre les cours et passer les examens (ce qui, d’ailleurs n’est pas forcément faux).
Résultat du vote de ce jour.
Inscrits : 6723
Suffrages exprimés 1553
soit un taux de participation de 23%
OUI : 662 voix (soit 42,63%)
NON : 891 voix (soit 57,37%)
le NON l’emporte.
Voilà donc le président qui, d’une certaine façon, relance le mouvement. Et un résultat bien difficile à analyser puisqu’il est bien difficile de dire à quoi les étudiants ont dit NON. A la reprise des cours ? Au plan prévu ? Ainsi, parmi les échos qu’on a pu avoir, certains étudiants ne souhaitent pas avoir des cours en juin, ou passer des examens en septembre, ce qui ne signifie pas qu’ils ne souhaitent pas reprendre les cours, passer des examens, etc. Simplement, ils ne souhaitent pas le faire dans ces conditions.
Voilà qui apprendra donc au président à poser deux questions dans la même question…
Infos supplémentaires.
– l’AG plénière (essentiellement étudiante) n’a jamais dépassé 600 personnes. Elle oscillait plutôt entre 300 et 500 ces derniers temps. Le non est donc bien au-delà des présents à l’AG.
– L’AG des enseignants réunis ce jour a produit le communiqué de presse suivant, alors qu’on ne connaissait pas encore les résultats.
« Nancy 2 : le vote organisé par la présidence n’engage qu’elle-même
La présidence de l’Université Nancy 2 organise aujourd’hui une consultation des étudiants du campus lettres sur un calendrier de reprise des cours et d’organisation des examens pour clore le semestre et l’année universitaires.
L’AG des enseignants considère que cette consultation, qui ne répond à aucune des revendications portées par la communauté universitaire, ne l’engage en rien. En l’absence d’avancée sur ses revendications, l’AG des enseignants se réunira lundi 11 mai à 10 heures, et discutera de l’éventualité d’une reprise des cours, de la rétention des notes, de la non tenue des jurys, et d’une éventuelle grève des examens. »

Orléans : non-tenue des examens confirmée

Rentrée et AG le lundi 4 mai (la prochaine lundi prochain)

AG étudiante :
– reconduite du blocage :
pour 342 / contre 137 / abs. 56 / NPPV 1 ==> *Pour*
– blocage des examens dans toutes les UFRS :
pour 267 / contre 84 / abs. 73 / NPPV 6 ==> *Pour*
– semaine de blocage économique du 11 au 17 :
pour 261 / contre 51 ==> *Pour*

AG personnels :
– non reprise des cours
– poursuite de la contestation
– confirmation de la non-tenue des examens (votée dès fin avril)
– non grève totale
– non reprise des enseignements
– grève partielle avec aménagements (sans poursuite des cours)
[aménagements caducs du fait du blocage]
– projet de faire converger la lutte avec le secteur de la santé
(représenté à cette AG)

Examens en STAPS :
– 18 enseignants en STAPS n’ont pas distribué pas de sujets pour les partiels.
– blocage d’un examen un peu violent
– le président a décidé de décaler ces examens

Université privée de fêtes johanniques ! Le 8 mai, une moitié de la ville défile devant l’autre pour ces fêtes en l’honneur de Jeanne d’Arc, militaires, écoles, scouts, corps constitués, associations, collectivités, villes jumelées, fanfares… et l’université. Le président nous a annoncé que finalement l’université n’y participerait pas. (il est possible que la précédente non participation date de 1968). Peur d’un coup d’éclat à la tribune par des gauchiste encagoulés… en toge et accès contrôlé sur pièce d’identité
par les forces de l’ordre.

Suite à une proposition faite en CA, le président a repris contact avec le mouvement. Il a convoqué les personnels demain matin (jeudi 7).
Manif l’après-midi.

Pour plus d’info le blog :
http://mobilisation-univ-orleans.over-blog.fr/

Poitiers poursuit le mouvement !

Une Assemblée Générale des personnels s’est tenue hier midi dans les locaux de l’UFR Lettres et Langues et a réuni soixante – dix personnes environ (dont une dizaine d’étudiants présents à titre d’observateurs). Deux points à l’ordre du jour ont pu être discutés : 1) Etat de la mobilisation sur le plan national et local ; 2) Discussion et vote sur les modalités d’action.

1. Etat de la mobilisation
Le contexte actuel est marqué par le double mouvement de passage en force du gouvernement Sarkozy (promulgation des décrets contestés sur le statut des enseignants chercheurs et sur le contrat doctoral, poursuite de la réforme dite de « mastérisation ») et de répression exercée sur les personnels en lutte (comme à Lille 2 par exemple). Aucune avancée n’étant perceptible sur nos autres revendications (retour des postes supprimés particulier Biatoss, amélioration des salaires et des conditions de travail, arrêt du démantèlement des organismes de recherche, lutte contre la précarité étudiante…), l’heure est à la poursuite de la mobilisation dans les universités françaises conformément aux décisions prises lors de la dernière Coordination Nationale des Universités. En choisissant de suivre la tactique de l’affrontement direct, le gouvernement porte l’entière responsabilité de l’actuelle situation de blocage.
Tenant compte d’une mobilisation assez inégale au sein de notre propre université, nous avons d’emblée posé la question de la poursuite ou non du mouvement. A cette question, les personnels présents ont très largement répondu par l’affirmative (51 POUR ; 1 CONTRE ; 2 ABST ; 4 NPPV) laissant le champ libre aux discussions sur les modalités d’action.

2. Modalités d’action
Quatre principales modalités ont été discutées et soumises au vote : 1) rétention des notes du 1er et désormais du second semestre ; 2) démission des responsabilités administratives ; 3) non surveillance des examens ; 4) non participation aux jurys de Bac.

– Rétention des notes : un consensus s’est rapidement dégagé sur la nécessité de ne favoriser aucune position « isolée » en la matière, une telle action n’ayant de sens que si elle est collectivement organisée – au plus près des situations spécifiques à chaque UFR et chaque département – et largement suivie. Nous avons également rappelé que cette rétention des notes n’empêchait nullement leur communication aux étudiants ni la rédaction d’attestations en bonnes et dues forme par l’enseignant concerné.
Soumise au vote, cette modalité d’action a recueilli 41 voix POUR ; 1 CONTRE ; 3 ABST et 5 NPPV jusqu’au 20 mai prochain.

– Démission des responsabilités administratives : cette modalité se heurte aujourd’hui comme hier à la différence parfois subtile observée entre démission réelle et démission symbolique. Nous rappelons que seules les démissions réelles comptent ici, démissions qui peuvent être totales ou partielles. Soumise au vote, cette modalité d’action a recueilli 28 voix POUR ; 0 CONTRE ; 9 ABST et 3 NPPV

– Modalité d’action liée à la précédente mais de portée plus précise, la non surveillance des examens correspond à cette frange de tâches généralement assumées par les enseignants mais qui ne relève pas de leurs obligations statutaires (tout comme le tirage des sujets ou la réservation des salles) et qui illustre de profondes inégalités de traitement au sein même de notre Université. Le renoncement à ces tâches exercées bénévolement démontrera à n’en pas douter le manque cruel en postes statutaires !
Soumise au vote, cette modalité d’action a recueilli 32 voix POUR ; 1 CONTRE ; 4 ABST et 4 NPPV

– Enfin, la non participation aux jurys de Bac est une modalité d’action votée par la dernière CNU et sur laquelle il fallait que nous nous prononcions : Soumise au vote, cette modalité a recueilli 31 voix POUR ; 0 CONTRE ; 2 ABST et 5 NPPV

Une dernière modalité a été abordée sans être soumise au vote : il s’agit de la poursuite ou non de la ronde des obstinés. Un consensus s’est assez vite formé sur la nécessité de rompre avec le rythme quotidien de cette ronde, difficile à tenir, et de le remplacer par un rendez vous hebdomadaire communiqué par le comité de mobilisation. Le prochain rendez vous est fixé le mardi 12 mai, jour de mobilisation nationale et prochaine assemblée générale des personnels.

De tout ce qui précède, vous retiendrez aisément que le moment n’est pas venu pour nous de baisser les bras. Un rapport de force est engagé et nous n’avons aucune raison de penser que nous ne sommes pas en mesure de l’emporter.

Sanctions à Nancy 1

Voici un communiqué de l’AG des personnels en lutte de Nancy 1
Dans le cadre du mouvement universitaire actuel, l’assemblée générale des personnels de l’UHP-Nancy 1, réunie le 5 mai, tient à  revenir sur certains agissements récents de l’équipe de direction de l’UHP.

L’assemblée générale remarque qu’à plusieurs reprises, des membres de la direction ont surveillé et consigné les activités de certains personnels universitaires et de certains étudiants présents à la FST. Par ailleurs, de nouvelles caméras ont été installées sur le site de la FST. L’AG désapprouve totalement ces dérives vers la surveillance et le fichage et s’inquiète de l’usage qui sera fait des données (noms, photos, enregistrements, etc.) ainsi récoltées. Elle n’ose croire qu’un(e) quelconque fichier/liste puisse être constitué(e) sur cette base, au mépris de la loi informatique, fichiers et libertés.

Plus important encore, l’assemblée générale des personnels dénonce les manoeuvres d’intimidation de la direction de l’UHP qui se traduisent, entre autres, par les faits suivants :

– quatre chercheurs INRIA ou CNRS sont ou ont été inquiétés par leur hiérarchie, à la suite de  l’intervention de la présidence de l’UHP auprès de la direction de ces EPST ;
– deux enseignants-chercheurs de l’UHP ont reçu une lettre de leur directeur d’UFR, leur intimant l’ordre de quitter les locaux qu’ils occupent au laboratoire. Une de ces personnes est exclue de son équipe de recherche et menacée d’exclusion de son UMR.

Or il se trouve que les personnes visées sont toutes signataires d’une lettre ouverte à certains responsables de l’UHP et de la FST, lettre qui condamnait l’appel aux forces de l’ordre et la violence de leur intervention lors de l’évacuation de la présidence de l’UHP dans la nuit du jeudi 23 avril; cette lettre contredisait ainsi le communiqué officiel du président de l’université.

Pour toutes ces raisons, l’assemblée générale s’associe au communiqué suivant déposé ce jour à la présidence de l’UHP:

« Les organisations syndicales SNCS-FSU, SNTRS-CGT, SNPREES-FO de Nancy demandent à  Monsieur Jean-Pierre Finance, Président de l’Université Henri Poincaré un engagement écrit qu’aucune sanction ne soit prise à l’encontre des signataires de la lettre ouverte à  des responsables de l’UHP et de la Faculté des sciences. De plus, nous demandons à Monsieur Jean-Pierre Finance d’exiger auprès des responsables des UFR de l’UHP et de réclamer auprès des Directions des EPST (CNRS, INRIA):
l’arrêt et l’annulation de toutes les démarches en cours visant à sanctionner ces collègues. Ces sanctions, menaces de sanctions et
intimidations sont inadmissibles et inacceptables. Elles sont une atteinte aux droits élémentaires des personnels, et constituent un précédent révélateur de la mise en oeuvre de la LRU. De plus  nous réaffirmons notre soutien à  tous les personnels qui participent aux combats pour le retrait des décrets (statut des enseignants-chercheurs et masterisation de la formation des enseignants). »

L’assemblée générale invite les personnels des universités et des organismes de recherche à  affirmer leur soutien aux collègues
inquiétés en signant la pétition dont le texte suit à  l’adresse
http://www.petitiononline.com/aguhp01/petition.html

Les signataires de la présente pétition demandent à la présidence de l’université Henri Poincaré (UHP), aux directions d’UFR de la Faculté des Sciences et Techniques de l’UHP et aux directions du CNRS et de l’INRIA, la levée des sanctions prises et l’arrêt de toutes les démarches visant à intimider ou à sanctionner les personnes impliquées dans le mouvement de contestation contre les réformes actuelles de l’université.

Une proposition irrecevable (AutonomeSup)

Une proposition irrecevable

(communiqué du syndicat Autonome-Sup)

Hier mardi 4 mai, dans le cadre des discussions sur l’année de transition vers la mise en place des nouveaux concours des professeurs du primaire et du secondaire, les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur ont confirmé leur intention de faire donner l’an prochain par les universités la totalité d’un master 1 aux étudiants qui prépareront ces concours. AutonomeSup, qui a proposé une mesure transitoire raisonnable (valider, pour cette année de transition, la préparation aux concours pour une part importante du master tout en maintenant au moins une partie, fût-elle petite, des masters existants), ne peut accepter une mesure aussi démagogique : donner une année universitaire à des étudiants qui n’auraient suivi aucun enseignement correspondant serait une insulte au travail et aux diplômes universitaires et constituerait un précédent fâcheux que nos partenaires étrangers auraient du mal à accepter. Si cette proposition était maintenue, elle conduirait à vider l’an prochain un grand nombre de masters de tout étudiant : pourquoi préparer un master 1 puisque la simple inscription en préparation au CAPES donnerait ce master 1 ? Dans bien des disciplines, en particulier de lettres et sciences humaines, c’est l’avenir des masters de recherche qui est en jeu car, s’il n’y a plus d’étudiants en master 1 l’an prochain, il n’y aura plus d’étudiants en master 2 l’année suivante et on pourra fermer des centaines de masters en ruinant des pans entiers de la recherche dans bon nombre d’universités. AutonomeSup, dont toute l’action a visé la qualité et la valeur des diplômes universitaires, ne peut accepter un tel projet et demande expressément aux ministres de revoir cette modalité transitoire.
Michel Gay, Secrétaire général Jean-Louis Charlet, Président