Les enseignants-chercheurs du Havre refusent de présider les jurys de bac

(Texte récupéré sur le site POOLP. A noter que les universités de Rouen, Provence, Grenoble et Paris IV ont déjà joint ce mode d’action à celles qu’elles pratiquaient déjà.)

Les présidents d’université sont en ce moment sollicités pour transmettre au rectorat les noms des futurs présidents des jurys de baccalauréat pour la session 2009, présidents qui, rappelons-le, sont obligatoirement choisis parmi les maîtres de conférences et professeurs d’Université.
La pétition suivante a pour objet, dans la mesure du possible, d’empêcher le bon déroulement de la constitution de ces jurys. En effet, une fois le jury constitué par le recteur, il n’est pas nécessaire que le président soit physiquement présent car le vice-président peut le remplacer. Un boycott au mois de juin n’aurait donc aucun effet tandis qu’un refus de participation en ce moment est une arme de plus dans le combat que nous menons.

Nous, enseignants-chercheurs, refusons de présider les jurys de bac !
Le baccalauréat est un grade universitaire, c’est pourquoi les jurys sont OBLIGATOIREMENT présidés par un professeur des universités ou un maître de conférences nommé par le recteur sur proposition des présidents d’université. (Décret n° 93-1092 du 15 septembre 1993)
Cette année, nous refusons que nos noms soient transmis au recteur pour présider les jurys de baccalauréat de la session 2009. Aucun jury ne doit être constitué tant que les revendications rappelées ci-dessous n’ont pas été satisfaites.

Parce que les collèges et les lycées sont, comme les établissements du 1er degré, directement menacés par le projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants :
– ce projet affaiblit le contenu disciplinaire des concours :
– l’année de stage en alternance (payée !) à l’issue du concours disparaît. Cela signifie la suppression de fait de la formation pédagogique des enseignants du secondaire et du primaire, ce qui permet à l’Etat d’économiser aux dépens des futurs enseignants et de leurs élèves chaque année plus de 10 000 postes de fonctionnaires.
– ce projet encourage le développement de la précarité au lieu de se solder par une revalorisation réelle du métier d’enseignant. En effet, tout indique que les concours disparaîtront progressivement pour laisser la place à l’inscription sur une liste d’aptitude, réservoir où les proviseurs des établissements devenus autonomes pourront piocher librement, pour recruter soit des contractuels soit des vacataires. La masterisation de la formation des enseignants est une arme de destruction massive dirigée contre les fonctionnaires.
Parce que le gouvernement s’acharne à vouloir mettre en place ces nouveaux concours dès 2010.
Parce que la suppression des postes dans le supérieur met en danger les formations dispensées, et que la « promesse » faite par François Fillon de mettre à disposition des universités des postes d’agrégés du secondaire revient à déshabiller le secondaire.
Parce qu’il est de plus en plus clair qu’un projet cohérent est mis en place de la maternelle à l’université. Or le secteur public ne peut et ne doit pas répondre aux mêmes critères que le privé car les écoles, les collèges, les lycées et les universités ne sont pas des entreprises, l’enseignement et la recherche ne sont pas des marchandises.
Parce que, en réécrivant le décret fixant le statut des enseignants-chercheurs, le gouvernement vise à faire des économies au détriment de la recherche, dans une logique de rentabilité aussi inadaptée que délétère.
Parce que ce décret ouvre la porte à un « enseigner plus pour gagner autant », parce qu’il vise à scinder la communauté universitaire et à réduire le lien entre enseignement et recherche, fondateur de l’université.
Parce qu’aucune réponse n’est apportée à des sujets aussi capitaux que le démantèlement des organismes publics de recherche, le contrat doctoral unique, la précarisation de masse des jeunes chercheurs, la pénurie des postes statutaires, les nouvelles règles budgétaires, la précarisation et l’individualisation autoritaire des carrières des agents administratifs et techniques, les inégalités induites par l’application du plan campus.
Parce que le gouvernement refuse de nous entendre et que sa seule réponse à nos revendications se résume à une opération de communication.

Depuis le 2 février, les universités sont en grève pour s’opposer à la destruction du système éducatif français et défendre l’avenir de nos enfants. C’est pourquoi nous refusons que nos noms soient transmis au recteur afin qu’il procède à la constitution des jurys de baccalauréat.

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