Ces universités « trop » autonomes … Le Québec universitaire en révolte.

« Rappelons que les universités québecoises sont déjà autonomes : le point intéressant par rapport à la situation française est que le gouvernement québecois les estime en somme trop autonomes, et incapables de se gérer par elle-même. Il s’agit donc de neutraliser les universitaires en donnant encore plus de pouvoir au gouvernement et surtout au secteur privé. D’où les multiples craintes des universitaires, craignant par exemple que les “extérieurs” estiment certaines disciplines “non rentables” ou pas assez adaptées au bassin de l’emploi par exemple… Les arguments présentés par la FQPPU (Fédération Québecoise des Professeures et des Professeurs d’Université) ne sont pas inintéressants :

« Au cours de la dernière décennie, des pratiques propres au secteur privé se sont immiscées à l’université : contrats faramineux pour certains dirigeants, négociations tendues avec les différents corps d’emploi, menaces et impositions de lock out, précarisation croissante des personnels académiques, pressions à la fragmentation des tâches d’enseignement et de recherche, etc. À ces pratiques se sont ajoutées des décisions relatives à la gestion budgétaire et aux projets d’immobilisations qui appliquent des principes propres au secteur privé. À titre d’exemple, l’imposition de la rentabilité par programme – certificat, baccalauréat, etc. – et par unité menace la survie de domaines d’enseignement fondamentaux dans le milieu universitaire; de même, les transferts de fonds, à partir des budgets de fonctionnement, vers des budgets réservés aux immobilisations grèvent le financement de base pourtant généralement reconnu comme insuffisant pour répondre aux besoins des universités et aux attentes de la société québécoise. »

Lire la suite sur le blog de TomRoud : http://tomroud.com/2009/04/18/loi-107-le-quebec-universitaire-en-revolte/

Lire également l’article du Devoir : « L’université enfermée dans la logique marchande.« 

Les enseignants-chercheurs du Havre refusent de présider les jurys de bac

(Texte récupéré sur le site POOLP. A noter que les universités de Rouen, Provence, Grenoble et Paris IV ont déjà joint ce mode d’action à celles qu’elles pratiquaient déjà.)

Les présidents d’université sont en ce moment sollicités pour transmettre au rectorat les noms des futurs présidents des jurys de baccalauréat pour la session 2009, présidents qui, rappelons-le, sont obligatoirement choisis parmi les maîtres de conférences et professeurs d’Université.
La pétition suivante a pour objet, dans la mesure du possible, d’empêcher le bon déroulement de la constitution de ces jurys. En effet, une fois le jury constitué par le recteur, il n’est pas nécessaire que le président soit physiquement présent car le vice-président peut le remplacer. Un boycott au mois de juin n’aurait donc aucun effet tandis qu’un refus de participation en ce moment est une arme de plus dans le combat que nous menons.

Nous, enseignants-chercheurs, refusons de présider les jurys de bac !
Le baccalauréat est un grade universitaire, c’est pourquoi les jurys sont OBLIGATOIREMENT présidés par un professeur des universités ou un maître de conférences nommé par le recteur sur proposition des présidents d’université. (Décret n° 93-1092 du 15 septembre 1993)
Cette année, nous refusons que nos noms soient transmis au recteur pour présider les jurys de baccalauréat de la session 2009. Aucun jury ne doit être constitué tant que les revendications rappelées ci-dessous n’ont pas été satisfaites.

Parce que les collèges et les lycées sont, comme les établissements du 1er degré, directement menacés par le projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants :
– ce projet affaiblit le contenu disciplinaire des concours :
– l’année de stage en alternance (payée !) à l’issue du concours disparaît. Cela signifie la suppression de fait de la formation pédagogique des enseignants du secondaire et du primaire, ce qui permet à l’Etat d’économiser aux dépens des futurs enseignants et de leurs élèves chaque année plus de 10 000 postes de fonctionnaires.
– ce projet encourage le développement de la précarité au lieu de se solder par une revalorisation réelle du métier d’enseignant. En effet, tout indique que les concours disparaîtront progressivement pour laisser la place à l’inscription sur une liste d’aptitude, réservoir où les proviseurs des établissements devenus autonomes pourront piocher librement, pour recruter soit des contractuels soit des vacataires. La masterisation de la formation des enseignants est une arme de destruction massive dirigée contre les fonctionnaires.
Parce que le gouvernement s’acharne à vouloir mettre en place ces nouveaux concours dès 2010.
Parce que la suppression des postes dans le supérieur met en danger les formations dispensées, et que la « promesse » faite par François Fillon de mettre à disposition des universités des postes d’agrégés du secondaire revient à déshabiller le secondaire.
Parce qu’il est de plus en plus clair qu’un projet cohérent est mis en place de la maternelle à l’université. Or le secteur public ne peut et ne doit pas répondre aux mêmes critères que le privé car les écoles, les collèges, les lycées et les universités ne sont pas des entreprises, l’enseignement et la recherche ne sont pas des marchandises.
Parce que, en réécrivant le décret fixant le statut des enseignants-chercheurs, le gouvernement vise à faire des économies au détriment de la recherche, dans une logique de rentabilité aussi inadaptée que délétère.
Parce que ce décret ouvre la porte à un « enseigner plus pour gagner autant », parce qu’il vise à scinder la communauté universitaire et à réduire le lien entre enseignement et recherche, fondateur de l’université.
Parce qu’aucune réponse n’est apportée à des sujets aussi capitaux que le démantèlement des organismes publics de recherche, le contrat doctoral unique, la précarisation de masse des jeunes chercheurs, la pénurie des postes statutaires, les nouvelles règles budgétaires, la précarisation et l’individualisation autoritaire des carrières des agents administratifs et techniques, les inégalités induites par l’application du plan campus.
Parce que le gouvernement refuse de nous entendre et que sa seule réponse à nos revendications se résume à une opération de communication.

Depuis le 2 février, les universités sont en grève pour s’opposer à la destruction du système éducatif français et défendre l’avenir de nos enfants. C’est pourquoi nous refusons que nos noms soient transmis au recteur afin qu’il procède à la constitution des jurys de baccalauréat.

La ministre répond aux présidents d’université (17 Avril)

Au retour de sa visite à Berekely et à Stanford et en attendant son voyage en Tunisie, Mme la ministre écrit aux présidents, voir PDF

courrier_de_la_ministre_170409.pdf

Dans ce courrier, rien de nouveau concernant la mastérisation, rien de nouveau non plus sur la modulation de service (qui reste effective « avec l’accord de l’intéressé »), et un grand absent … le système d’allocation des moyens (SYMPA).

Pot de départ du gouvernement

Le 1er mai approche à grands pas…
Les pas de millions de personnes bien décidés à avoir la peau du gouvernement.

Il serait trop dommage que François Fillon et ses amis nous quittent si brusquement, après tout l’enthousiasme, la motivation qu’ils ont pu déployer pour rendre le bac inutile, les facs sans issues, casser le service public, secourir les riches en détresse et fermer les yeux sur les nécessiteux…
Il serait fort disgracieux de ne pas leur lancer un grand merci… C’est dans cette optique que nous vous invitons au

Pot de départ du gouvernement le samedi 25 avril,
au champ de Mars, à Paris

Toutes les informations sont ici : http://potdedepart.e-monsite.com/

Rassemblement devant le conseil d’état ce Mardi 21 Avril à 14h

Après avoir été examiné par la CTPU du 24 mars, puis par le CSFPE le 9 avril, le décret enseignants-chercheurs sera examiné par le conseil d’état ce mardi 21 Avril.

La validation d’un décret en pleines vacances de Pâques (pour la zone C), alors que nous protestons depuis des mois, est proprement exaspérante. Afin de continuer à marquer notre opposition face à ce texte, appel à un rassemblement devant le conseil d’état (1, place du Palais-Royal – Paris, 1er arrondissement). Venez muni(e)s de pancartes indiquant : « non », « retrait du décret » ….ou  bien « les enseignant-chercheurs disent non au(x) décret(s) »

Par ailleurs, pour celles et ceux qui le souhaitent, il est également possible d’envoyer des courriers ou courriels au conseil d’état :

Ci-dessous un exemple de courrier envoyé par un collègue de l’université d’Artois :

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les conseillers,
la Section Administrative du Conseil d’Etat va très prochainement être appelée à examiner un projet de décret concernant les statuts des enseignants-chercheurs.
Ce texte fait l’objet d’un rejet massif de la part de la communauté universitaire, comme en témoigne le mouvement de contestation sans précédent qui anime les universités françaises depuis des semaines.
Une modification profonde des conditions d’exercice d’un métier ne devrait pas pouvoir être décrétée sans un relatif consensus et un minimum de sérénité. A l’évidence, ces conditions ne sont actuellement pas remplies. Sans être juriste, il est permis de s’interroger sur l' »opportunité administrative » d’un décret qui suscite une telle opposition de la part des principaux intéressés.
Une éventuelle validation du décret par le Conseil d’Etat en pleine période de vacances universitaires ne pourrait que confirmer l’impression déjà très largement partagée, que nous assistons à un passage en force délibéré de la part de notre ministère de tutelle. J’ai donc l’honneur de demander solennellement à la Section Administrative du Conseil d’Etat de donner un avis défavorable à la version actuelle du projet de décret modifiant le décret n° 84-431 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs.

Ne doutant pas de votre bon sens, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers, l’expression de ma plus haute considération.

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Signalons enfin que le Collectif pour la Défense de l’Université a déposé un bref mémoire informel au Conseil d’Etat, présentant des observations critiques inspirées de la note qui avait été récemment publiée.