Enseignants recherchent dialogue

Un excellent reportage de La Télé Libre sur le mouvement, qui met en balance les opinions de quelques porte-paroles du mouvement et (entre autres) celui de Benoist Apparu (rapporteur de la loi LRU). Le reportage est découpé en chapitres sur les différents points de la contestation (masterisation, décret EC …).

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La chanson du dimanche rend hommage aux chercheurs : « Cherche encore »

« Merci aux collègues du CA de l’université de Nice … »

« Merci aux collègues du CA de l’université de Nice Sophia Antipolis.
Voici le déroulement des faits :
A la date du 8 avril, le président convoque pour le 16 avril le congrès de l’université de Nice pour débattre et faire le point sur le passage aux compétences élargies.
Le 10, a lieu un Conseil d’Administration, dont l’ordre du jour n’a pas été rendu public. Mais le fait est que le passage aux compétences élargies est votée à l’unanimité moins deux voix (1 abstention et 1 ne participe pas au vote).
Voici une belle illustration sur la fait qu’avec la LRU, la main est laissée à un petit groupe d’individus. Au détriment de toute collégialité.
Il semblerait que l’argument développé ait été le suivant : Pour passer aux compétences élargies en 2010, il faudrait déposer le
dossier avant le 15 avril Et, comme en 2010, il est prévu entre 50 et 100 départs à la retraite, il a été expliqué aux conseillers, en séance, que si le passage aux compétences élargies se passait en 2011, l’ensemble de ces postes seraient perdus pour l’université de Nice.
Vous trouverez vous-même le bon adjectif à insérer dans la phrase « Voici une belle illustration sur le fait qu’avec la LRU, la main est laissée à un petit groupe d’individus. Au détriment de toute collégialité. » entre groupe et individu, ou après individu. Au choix.
Merci donc pour cette belle preuve de la réalité de la LRU et de son efficacité. »

Demande d’un moratoire global sur l’enseignement supérieur et la recherche.

Lettre envoyée ce jour par le collectif « Indépendance des chercheurs »

à :
– Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République Française
– Monsieur François FILLON, Premier Ministre
– Monsieur Jean-Marc SAUVE, Vice-Président du Conseil d’Etat
– Madame Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

DEMANDE D’UN MORATOIRE GLOBAL SUR L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET LA RECHERCHE

Monsieur le Président de la République, Messieurs le Premier Ministre et le Vice-Président du Conseil d’Etat, Madame la Ministre,

L’actuelle situation conflictuelle dans les universités et les organismes de recherche français est très largement le résultat de l’application d’une stratégie définie de manière idéologique, dogmatique et lobbiste par des instances européennes et internationales (Union Européenne, Organisation Mondiale du Commerce, OCDE…). Cette stratégie vise à imposer à tout prix dans le monde entier une logique « gestionnaire » et de marchandisation de la connaissance issue d’un processus qui, depuis 1984 environ, n’a cessé de prendre pour cible les acquis sociaux et démocratiques de l’après-guerre. L’actuelle crise économique et financière marque l’échec historique de cette politique.
Notre collectif préconise le retrait des ratifications françaises des Traités de Maastricht et de Lisbonne et de l’Accord de Marrakech, ainsi que l’abrogation de la Loi Organique Relative aux Lois de Finances (LOLF) d’août 2001, de la Loi de Programme de la Recherche d’avril 2006 et de la Loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Et, par voie de conséquence, la dissolution de l’ANR et de l’AERES, ainsi que le retrait de l’ensemble des décrets intervenus depuis 2005 sur la recherche et l’enseignement supérieur et des actuels projets de décret concernant l’enseignement supérieur. Nous sommes solidaires des revendications analogues exprimées par les collègues de l’Education Nationale et de l’ensemble des services publics.
Il nous apparaît que l’actuelle catastrophe économique et sociale, dont il ne semble que que les véritables données soient connues à ce jour, n’est pas imputable à la politique de tel ou tel gouvernement mais bien à la continuité d’une stratégie globale définie et appliquée de manière consensuelle par tous les gouvernements depuis les mesures dites de « rigueur » de « d’austérité » de 1984. Cette politique a été très largement définie dans des « think tank » transversaux avec une véritable pensée unique dominée par une idéologie « managériale » dont la faillite est patente.
Malheureusement, à cause du « consensus transversal » de cette « politique unique », le véritable débat est escamoté dans les discours qui précèdent les prochaines élections européennes. C’est dans ce contexte, que nous avons l’honneur de vous adresser la présente demande de moratoire, tendant notamment à la suspension de l’application des dispositions récentes concernant le CNRS et les autres établissements scientifiques, ainsi que des processus conduisant à l’adoption de décrets sur les statut des enseignants chercheurs, le CNU et le contrat doctoral.
Nous vous demandons de bien vouloir :
– Suspendre le processus de consultation du Conseil d’Etat sur les projets de décret issus des séances du Conseil Supérieur de la Fonction Publique de l’Etat du 9 avril (sur le statut des enseignants chercheurs et le CNU) et du Comité Technique Paritaire du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche du 8 avril (sur le contrat doctoral).
– Suspendre l’application de la restructuration du CNRS et de l’INSERM en instituts, ainsi que la création de l’ « Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé » .
– Suspendre les activités de l’Agence d’Evaluation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (AERES) et reverser aux organismes de recherche publics les sommes qui leur ont été enlevées au titre de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Suspendre les appels d’offres de l’ANR.
– Suspendre le processus dit de « mastérisation » de la formation des enseignants, ainsi que les mesures visant à une évaluation « bibliométrique » des chercheurs.
– Ordonner un moratoire global sur la LRU et le Pacte pour la recherche. Organiser des concours exceptionnels, dès 2009, pour compenser les pertes de postes infligées aux organismes de recherche et à l’enseignement supérieur.
– Prendre toute autre mesure conservatoire utile afin de suspendre effectivement le processus déclenché par la LOLF, le Pacte pour la Recherche, la LRU, les textes de l’Union Européenne et de l’OCDE et l’Accord Général sur le Commerce des Services de l’OMC, au détriment de la recherche publique et l’enseignement supérieur français.

De telles dispositions nous apparaissent nécessaires, non seulement afin de rétablir la sérénité dans le fonctionnement de nos institutions scientifiques et universitaires, mais aussi pour qu’un véritable débat citoyen puisse avoir lieu avec l’indispensable transparence quant au contexte et aux enjeux. Force est de constater que la grande majorité des Français se trouve confrontée à une situation de détresse croissante dont les véritables causes et enjeux échappent de plus en plus à son contrôle.
Or, le caractère public du savoir et des connaissances est une condition indispensable à l’existence d’une quelconque démocratie. L’accès de tous à l’information, au savoir et aux connaissances est un enjeu majeur de la société du XXI siècle, comme nous l’avons souvent évoqué dans notre blog « La Science au XXI Siècle », http://science21.blogs.courrierinternational.com .

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président de la République, Messieurs le Premier Ministre et le Vice-Président du Conseil d’Etat, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Pour le Collectif Indépendance des Chercheurs

« De quoi cette ronde est-elle le non ? »

La ronde des obstinés tourne, tourne, tourne, tourne et fait la une de l’Humanité.

huma

L’hôpital s’adresse aux malades, à leurs familles et à la population

L’hôpital s’adresse aux malades, à leurs familles et à la population

Les personnels des hôpitaux de l’Assistance Publique de Paris ont décidé d’agir pour s’opposer au volet hospitalier de la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires) dite loi Bachelot et aux suppressions d’emplois non médicalement justifiées.

Partisans d’une réforme de l’hôpital pour adapter ses structures aux besoins de la population et aux progrès de la médecine, les personnels de l’hôpital  refusent de façon catégorique que la loi Bachelot confie la responsabilité de l’hôpital public à des directeurs gestionnaires dont la réussite sera jugée sur leur capacité à éliminer les activités de soins non rentables et à supprimer des emplois.

Les directeurs auront les pleins pouvoirs sur le projet médical de l’établissement, sur l’organisation des soins et sur la nomination des médecins dont ils pourront arrêter à tout moment l’activité. La loi prévoit la suppression des services regroupant les équipes médicales et paramédicales sans même préciser par quelles structures ils seront remplacés. Si les services sont supprimés, la cohésion des soins sera remise en cause.

Cette loi a pour seul objectif de réduire les coûts au détriment de la qualité des soins, de la sécurité des soins et de l’accès aux soins.

Si la loi est adoptée sans modification, les directeurs des hôpitaux auront toute liberté de sélectionner les malades et les pathologies considérés comme « rentables », sans tenir compte des réels besoins de la population. Ils seront de plus obligés de réduire les investissements pourtant indispensables pour assurer le maintien d’un haut niveau de qualité et l’application des progrès continus de la médecine. La réduction du nombre de personnels dans les hôpitaux, qu’il s’agisse des personnels administratifs, des secrétaires, du personnel soignant est programmée. C’est ainsi que 1 000 emplois doivent disparaître dés cette année à l’Assistance Publique, et ce n’est qu’un début.

On oublie que les malades ne sont pas des consommateurs, qu’ils n’ont pas choisi d’être malades et préfèreraient ne pas fréquenter les hôpitaux. On oublie que la santé n’est pas une marchandise, pas plus que les soignants ne sont des producteurs.

Nous sommes favorables à une collaboration entre les soignants, médecins et paramédicaux, et les gestionnaires de l’hôpital. Nous sommes opposés à une soumission des soignants à un directeur omnipotent qui n’a pas la compétence pour décider seul de l’organisation des soins. Notre seul but est de défendre la qualité et l’accès aux soins, et de rendre à nouveau les hôpitaux attractifs pour les jeunes médecins et les jeunes infirmières.

Notre action contre la loi HPST dans sa forme actuelle est au service des malades. Nous sommes partisans d’une réforme de l’hôpital pour adapter ses structures aux besoins de la population et aux progrès de la médecine. Nous sommes favorables à un large débat national sur la réforme de l’hôpital, à la hauteur d’une véritable politique de civilisation.

NOUS APPELONS LA POPULATION A REJOINDRE NOTRE MANIFESTATION UNITAIRE

LE 28 AVRIL A 11 HEURES A MONTPARNASSE

Mouvement pour la Défense de l’Hôpital Public

Après l’université, l’hôpital comme une entreprise …

(ci-dessous le courrier d’un médecin en préparation de la journée de mobilisation du 28 Avril.)

Chers amis chers collègues,

Cette mobilisation a pour but de barrer la loi HPST dans cette ultime étape (les autres ayant échoué, même les amendements proposés par la majorité) devant le sénat sur un point essentiel qui est la dé-médicalisation de la gestion des hôpitaux. La loi remplace le projet médical et de soins par un projet avant tout d’équilibre budgétaire, organisant l’hôpital comme une entreprise privée d’activité commerciale (le projet médical n’est plus qu’une proposition, pleins pouvoirs du directeur sur les nominations de médecins et le choix des médecins formant le « directoire », médecins recrutés sur CDD avec paiement intéressé à l’activité…).

Au delà de la disparition des services, qui me parait une bêtise pour rester poli (et faisons savoir que la fonction de chef de service n’est pas rémunérée!), c’est vraiment la santé de la population qui est en danger car ce système généralisera la sélection du bon patient, c’est à dire celui qui n’a qu’une pathologie à soigner, au détriment de ceux (plutôt nombreux car c’est la vie elle même) qui associent plusieurs problèmes, polypathologies qui ne sont pas que l’apanage du grand âge. Ce sera l’aggravation de cette médecine moderne en tranche, le patient, pardon le client, étant fragmenté en un réservoir infini de gains potentiels.

C’est un déni de médecine, l’homme est un tout psychique et physique, le nier pour des raisons lucratives est contraire à notre mission et au serment que nous avons prêté, serment dont j’ai, avec heureusement beaucoup d’autres, la faiblesse de penser qu’il demeure essentiel.

Il ne s’agit pas de refuser notre rôle dans la régulation des soins, si les médecins ne s’y impliquaient pas ils seraient fautifs de laisser cette régulation se faire sur de simples critères comptables, mais il ne faut pas inverser nos priorités. Nous avons à apporter un avis éclairé aux décideurs, l’hôpital doit conserver cet équilibre, relatif mais réel, qu’il a encore.

Et rappelons, d’autres ont cité les sources, que la médecine en France coute beaucoup moins cher que celle aux USA, avec un couverture de la population et une qualité pour (presque) tous encore enviée. Les enjeux seraient-ils ailleurs??

Faisons savoir le danger majeur de ce projet de loi!! (ci joint qqs documents diffusés par la coordination pour compréhension) A Paris la mobilisation parmi les médecins hospitaliers, grâce à l’action de quelques uns dont le Pr André Grimaldi et le Pr Bernard Granger, atteint une ampleur jamais égalée, toutes tendances confondues, en régions il semble qu’il faille faire monter la sensibilisation.

Le 28 avril doit être une journée exceptionnelle de mobilisation de tous les personnels de l’hôpital, paramédicaux et médecins.

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