Sauvons le palais de la découverte

Déclaration du 24 mars 2009
Nous demandons solennellement au gouvernement qu’il renonce au projet de fusion du Palais de la Découverte avec la Cité des Sciences et de l’Industrie, et à toute mesure qui mettrait le Palais en danger. Nous demandons au contraire que le Palais soit soutenu dans son développement.
Nous demandons que le Palais puisse transmettre à tous les citoyens, la passion des sciences et le goût de la découverte,
demain encore plus qu’aujourd’hui.
Nous serons extrêmement vigilants par rapport aux décisions que les pouvoirs publics prendraient dans les prochaines semaines.
Nous sommes absolument déterminés à ne pas laisser amputer, dissoudre ou détruire un trésor culturel qui appartient aux scientifiques, aux visiteurs, aux générations à venir.
Une flamme particulière souffle au Palais : c’est la passion de la science. Nous ne la laisserons pas s’éteindre.

Pour renouveler votre soutien au Palais, signez cette déclaration sur http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/

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« Sans l’accord des universitaires, les réformes ne passeront pas ! »

Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 11 avril 2009, concernant la décision de l’AERES de ne pas évaluer les masters d’enseignement voulus par Valérie Pécresse.

« Sans l’accord des universitaires, les réformes ne passeront pas ! »
L’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), dans un communiqué du 10 avril, vient de décider de ne pas évaluer les masters « métiers de l’enseignement » que Valérie Pécresse avait demandé aux universités de mettre en place. Ces masters devaient devenir un passage obligé, à la rentrée 2009, pour les étudiants souhaitant préparer les concours de recrutement de l’Education Nationale.
Pourquoi un tel refus ?
L’AERES a estimé que ces masters étaient en nombre trop faible pour être évalués : seule une dizaine d’universités (sur plus de 80) avait finalement fait « remonter » des propositions de masters au Ministère.
Valérie Pécresse et Xavier Darcos comptaient sur une mise en concurrence effrénée des établissements qui devait mener chaque université à faire remonter sa proposition (ou « maquette »), de peur que l’université voisine ne le fasse, et n’attire, par là même, tous les étudiants souhaitant devenir enseignants.
Mais c’était compter sans le refus catégorique des universitaires de participer à la mise en place d’un système qui attaque de plein fouet le service public d’Education Nationale. D’initiatives personnelles en accords régionaux, de décisions d’UFR en votes de conseils d’administration, le « blocage » de la remontée des masters s’est organisé tout au long de l’hiver, faisant fi des pressions des Ministères qui ne cessaient de reporter la date limite de remise des maquettes, dans l’espoir de gagner à l’usure contre des universitaires déterminés.
Cette détermination s’explique aisément. Les universitaires ont compris le vrai sens de la « mastérisation ».
Les concours seraient d’abord vidés de leur contenu disciplinaire, notamment pour permettre aux étudiants de les préparer tout en rédigeant des mémoires de master et en effectuant des stages. Les étudiants seraient interrogés sur « les programmes des collèges et lycées » et sur le « système éducatif » en général. Au lieu de prouver leur capacité à réfléchir et leurs connaissances disciplinaires, les étudiants devraient avant tout montrer qu’ils savent obéir à leur hiérarchie. Quant à l’année de stage rémunéré et de formation en alternance, elle disparaîtrait, privant ainsi les nouveaux enseignants d’une année de salaire et d’une année de cotisation à la retraite.
En prétextant recruter les jeunes enseignants à Bac+5 afin de revaloriser leur salaire, le gouvernement souhaite avant tout réduire le nombre de fonctionnaires. Des bataillons d’étudiants « reçus » au master d’enseignement mais « collés » au concours, pourraient être recrutés comme contractuels (par exemple pour quelques heures de remplacement dans les collèges et lycées), sans obtenir un poste de titulaire. Les étudiants « mastérisés » iraient frapper aux portes des établissements, espérant être embauchés en CDD, voire en CDI, mais certainement pas comme fonctionnaires d’Etat, ce qui remet en cause l’indépendance et les conditions de travail des enseignants.
La « mastérisation » institutionnaliserait la précarité d’enseignants moins bien formés.
Valérie Pécresse et Xavier Darcos doivent comprendre qu’ils ne pourront pas mettre en place ce système inique. Si les universitaires ont pu bloquer la remontée des masters cette année, ils pourront le faire à nouveau les années suivantes. Si les Ministres souhaitent vraiment l’autonomie des universités, alors qu’ils entérinent la décision des universitaires de ne pas collaborer à la destruction du service public et à la précarisation de leurs étudiants.

Cette réforme dangereuse et contestée doit être retirée. C’est l’une des conditions, non négociables, à la reprise des cours, que Valérie Pécresse appelle tant de ses vœux.

Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités

Pendant les vacances, la ronde des obstinés veille

La Ronde infinie des obstinés veille

Malgré les assertions des Ministres Darcos et Pécresse, le mouvement de  résistance des universités contre leurs lois et décrets n’a pas cessé. Aucune de nos revendications n’a reçu la moindre réponse satisfaisante. La ronde infinie des obstinés est un témoignage vivant d’une lutte qui n’est pas prête de s’arrêter. Depuis le 23 mars, nous tournons jour et nuit en place de grève pour manifester notre détermination, pour alerter l’opinion de la gravité de la situation. 400h à marcher, ce n’est rien lorsque l’avenir de l’enseignement et de la recherche est à ce point en danger.
Dans la ronde, tournent des enseignants, étudiants, personnels Biatoss des universités parisiennes et des organismes de recherche. Dans plusieurs villes de province, de nouvelles rondes des obstinés ont vu le jour et s’annoncent. Le gouvernement doit savoir que ce mouvement ne fait que commencer. La ronde va tourner pendant toutes les vacances parce que le mouvement de grève des universités sera plus fort encore à la rentrée. Manifestations régionales du 28 avril, marche des obstinés, grèves administratives, 1er mai. Les universités sont et demeureront dans la grève active tant que notre lutte contre la politique de démantèlement des universités n’aura pas été entendue.
Plus la  ronde infinie des obstinés sera dense, vivante, animée et plus notre parole sera forte. L’engagement de chacun est indispensable. UFR, départements, laboratoires, tous peuvent et doivent contribuer à ce mouvement de résistance, car il y va de notre avenir. Le pouvoir a un tel mépris de nous qu’il nous pense incapable de résister au calendrier qu’il nous a imposé. La ronde infinie des obstinés est pourtant la manifestation permanente d’une vérité que ce pouvoir ne saurait supporter et qui nous
engage pour l’avenir.

Rejoignez la ronde et inscrivez-vous sur le nouveau planning.
Inscriptions individuelles : http://www.doodle.com/xebrtx32up4kde2q
Contact (pour les groupes) : rondeinfinie@gmail.com
Blog : http://rondeinfinie.canalblog.com

Selon François Bayrou : « On conduit la France vers un modèle qui n’est pas le sien »

Pour information un extrait de : http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2009/04/04/m-bayrou-on-conduit-la-france-vers-un-modele-qui-n-est-pas-le-sien_1176671_823448.html#xtor=EPR-32280153

Vous avez été ministre de l’éducation nationale. Approuvez-vous la réforme de l’université ?

Depuis le début, j’ai averti des difficultés que cette loi allait rencontrer. Les universités ont-elles besoin d’autonomie ? Évidemment, oui. Elles ont besoin de respirer, d’être débarrassées de contraintes bureaucratiques et centralisatrices excessives. Mais doit-on transformer cette autonomie en concurrence entre universités ? Cela ne sera pas accepté. L’université française s’est construite sur le principe de l’unité, avec équivalence des diplômes sur l’ensemble du territoire, évaluation nationale, recrutements par concours. Une autonomie qui impliquerait que chaque établissement ait la maîtrise du choix des étudiants, des enseignants, de leurs salaires, des droits d’inscription, cela ne passera pas.

Assiste-t-on à la coupure entre Nicolas Sarkozy et le monde des « sachants » ?

Le mot de « sachant » ne me convient pas, c’est encore un terme de mépris. Nous assistons à une coupure entre Nicolas Sarkozy et l’ensemble de l’univers du service public, dont il ne comprend pas la vocation. Il veut – c’est une idéologie – imposer aux services publics les principes du marché, de la concurrence généralisée. C’est vrai pour l’université, c’est vrai pour l’hôpital, où la réforme en cours impose une logique strictement gestionnaire, sans aucune considération pour la communauté médicale ni pour les élus. Quand j’ai dit que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy, c’est parce que je pensais qu’il portait avec lui une politique que la France n’accepterait pas. Moi, en tout cas, je ne l’accepte pas.

A Pâques, Xavier Darcos nous prend pour des cloches …

Xavier Darcos profite de ce jour de Pâques pour faire accroire à l’opinion publique que « l’ensemble du dispositif (de la mastérisation) est approuvé par les partenaires syndicaux », qu' »un accord a été trouvé avec les organisations représentatives ».
Ces déclarations ont été faites sur le plateau de Canal +, dans l’émission Dimanche + dans un entretien avec Anne-Sophie Lapix :

L’entretien est accessible ici, en seconde partie d’émission : http://player.canalplus.fr/#/231791

Quand Xavier Darcos annonce la mise en place par le ministère de 3 groupes de travail sur la mastérisation, voilà ce qu’il faut comprendre :

  • (analyse d’une collègue) : « Cette information confirme nos analyses antérieures : la mise en place de « groupes de travail » par le Ministre de l’Éducation Nationale n’est qu’un subterfuge pour tenter faire passer le dispositif qu’il cherche à nous imposer. En effet, ce texte indique que le premier groupe de travail envisagé par le MEN aurait pour tâche d’examiner les « places respectives de l’admissibilité et de l’admission pendant l’année de M2 ». Or le placement du concours en M2 est un des points qui suscitent le plus de désaccords. Le groupe de travail n’aurait donc pour fonction que d’opérationnaliser cette décision. Le troisième groupe travaillerait sur la « formation continuée » pendant l’année de stage. Actuellement la formation dispensée pendant l’année de stage relève de la « formation initiale ». La différence entre les deux est importante, car ce ne sont pas les mêmes instances qui ont en charge l’une et l’autre formations. Cela influe également sur le temps alloué à la formation. Quant au deuxième groupe, il  travaillerait sur les « nouveaux concours de recrutement (session 2010) ». Or je crois me rappeler que nous avons obtenu que les concours 2010 s’effectuent sur le schéma des concours 2009! Cette fois il s’agirait bien d’un retour en arrière par rapport à ce qui a été concédé par le MEN. Autrement dit, l’annonce de la mise en place de groupes de travail constitue une nouvelle tentative de passage en force. »

Par ailleurs, pour Xavier Darcos, « l’ensemble du dispositif (de la mastérisation) est approuvé par les partenaires syndicaux » … Affirmation pour le moins étrange lorsque l’on sait que l’appel « Formation des enseignants : le temps presse ! » : http://coordination-fde.org/spip.php?article28 (appel contre la réforme Darcos-Pécresse) a été signé, entre autres, par :

  • UNEF
  • FSU
    - SNUIPP-FSU (enseignants de l’école primaire)
    - SNES-FSU (enseignement secondaire)
    - SNESUP-FSU (enseignement supérieur)
    - SNEP-FSU (éducation physique)
    - SNUEP-FSU (enseignement professionnel)
    - SNPI-FSU (inspecteurs de l’éducation nationale)
  • Fédération UNSA-Éducation
    - SE-UNSA (enseignement primaire et secondaire)
    - Sup’Recherche-UNSA (enseignement supérieur)
    - SIEN-UNSA (inspecteurs)
    - SNPDEN (chefs d’établissements)
    - A&I-UNSA (administration & intendance)
    - SNPTES-UNSA (ingénieurs et personnels techniques)
  • SGEN-CFDT
  • CGT-Éduc’action (enseignement primaire et secondaire)
    - FERC Sup (enseignement supérieur)
    - FERC-CGT (recherche et culture)
  • SNPREES-FO

Difficile d’affirmer ensuite que « l’ensemble du dispositif (de la mastérisation) est approuvé par les partenaires syndicaux », non ?

Action « Séquestrons nos futurs patrons »

Action « séquestrons nos futurs patrons ! »

• Pour participer à la formation accélérée des futurs patrons d’université,  il est suggéré aux enseignants, personnels et étudiants
d’organiser à l’improviste la séquestration de leur président.
• Ce « stage de plongée en entreprise », résolument non-violent, peut également être proposé gracieusement à tous les apprentis – managers des établissements concernés  (vice-présidents, DRH…).  L’objectif est à la fois de tester les capacités de nos futurs patrons, et en même de prendre le temps d’une réelle discussion avec eux, sur le fonds des débats en cours.
• La fin de la séquestration pourra être décidée lorsque l’apprentis – patron se sera engagé (par écrit si possible) à relayer nos revendications auprès des autorités de tutelle, c’est à dire lorsqu’il aura décidé de représenter véritablement les membres de la communauté universitaire dont il a la responsabilité.
• Cet appel national, pour être efficace, suppose une certaine « modulation » (!) dans le calendrier : il peut être organisé n’importe quel jour par les universitaires mobilisés. Il peut être dores et déjà diffusé à nos apprentis – patrons respectifs, pour qu’ils pensent à se munir désormais, dans leur bureau, de leur nouveau  « kit de survie en entreprise » : sac de couchage, tapis de sol, thermos, butagaz, boîtes de conserve, eau minérale, romans de plage…

La ronde des obstinés dans The Guardian

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/apr/07/protest-france