Le Havre: étape du tour de France de la ronde des obstinés

Jeudi 16 avril, « Le Havre: étape du tour de France de la ronde des obstinés« . Venez nous rejoindre tout au long de cette journée dans cette ronde des obstinés. Inscription sur le lien suivant
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Arrêt sur images n°67 : boycotter Le Monde ?

« La gazette d’@rrêt sur images, n° 67

Difficile, de se faire une opinion sur le conflit qui s’envenime entre certains enseignants-chercheurs en grève, et Le Monde. Ce conflit va maintenant, nous vous l’avons dit (1), jusqu’à un appel au boycot du journal. Cette arme-là, entre les mains des profs en grève, est-elle légitime ? Est-elle au contraire attentatoire à la liberté de la presse ? Et pourquoi Le Monde, et pas d’autres ? Comme nous étions partagés, nous avons invité deux enseignants (d’avis contraires) sur le plateau (Le Monde a décliné notre invitation). Nous avons débattu articles en main. Boycot ou pas, le cher vieux journal préféré des intellos n’en sort pas grandi. Bien sûr, un journal a le droit d’écrire ce qu’il veut, et heureusement. Encore faut-il séparer les faits et le commentaire. Le Monde, étrangement, a oublié cette règle d’or. Malheureusement pour lui, il est tombé sur des lecteurs particulièrement affûtés, qui avaient le bagage intellectuel nécessaire pour se défendre, et les dents pour mordre. Cela dit, nos deux invités sont partagés. L’un estime que les chercheurs ont perdu la bataille médiatique. L’autre pense le contraire. (…) Notre émission est ici (2). Son début est là (3). »

POURSUIVRE AVEC OBSTINATION (communiqué de l’intersyndicale – 10 Avril)

POURSUIVRE AVEC OBSTINATION
Après 10 semaines de mobilisation dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les personnels et les étudiants ne baissent pas les bras. Ils continuent à se mobiliser. En témoignent les manifestations du 8 Avril, les rondes des obstinés à Paris et en province, etc.
Le gouvernement a dû concéder quelques mesures comme le financement des 225 postes supprimés au budget 2009 dans l’enseignement supérieur sous forme de crédits ou l’annonce de l’absence de gel d’emploi dans l’enseignement supérieur en 2010 et 2011, la répartition 50-50 des promotions des enseignants-chercheurs entre le CNU et l’établissement , des épreuves de concours de recrutement des enseignants de 2010 comme en 2011 (mais pas l’année post concours), la remise au concours de postes de chercheurs des organismes gelés par les chaires. Mais il ne cède pas sur le coeur des revendications solidaires de la communauté scientifique et universitaire. Depuis le début, le mouvement s’oppose à la politique du gouvernement, mettant de plus en plus en évidence la nocivité de la loi LRU et du Pacte Recherche.
Il porte comme exigences :
· le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de contrat doctoral,
· le retrait de l’actuel projet de réforme de la formation et des concours des enseignants, ainsi que l’ouverture de négociations pour une tout autre réforme
· la restitution des emplois supprimés ; la définition d’un plan pluriannuel de créations d’emplois,
· l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche.
Bien au contraire, le gouvernement tente de susciter des tensions entre étudiants et personnels et d’instrumentaliser la question des examens du semestre pour affaiblir la mobilisation. C’est le gouvernement qui porte la responsabilité de la poursuite du mouvement. Les organisations sous signées dénoncent la brutalité de la répression visant les personnels et les étudiants, qui a déjà conduit à plusieurs blessés et fait peser de lourdes menaces sur certains manifestants. Elles s’opposent aux violences qui se produisent dans les universités.
Les organisations sous signées appellent à poursuivre la mobilisation. D’ores et déjà, elles invitent tous les personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à :
· participer aux rondes des obstinés, en impulser dans toutes les villes universitaires
· investir l’espace public le mardi 28 avril (cours publics, initiatives diverses comme des lectures de livres, des projections de films, rassemblements, manifestations, …)
· envoyer des délégations à la manifestation du 28 avril au contre-sommet de Louvain au moment de la conférence européenne ministérielle pour « évaluer les progrès accomplis et les nouvelles mesures à mettre en place » dans le cadre du « processus de Bologne » sur l’enseignement supérieur-recherche
· préparer dès à présent la participation massive de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche dans les manifestations du 1er Mai à Paris et en province.

le 10 avril 2009
Signataires : FSU (SNESUP – SNCS – SNEP – SNASUB) ; CGT (SNTRS – FERC Sup) ; SGEN-Recherche-EPST ; Solidaires (Sud Recherche EPST – Sud Education) ; SLR ; SLU ; UNEF

UFR de sciences économiques de Paris 13 se déclare en grève active

Motions votées par l’UFR de sciences économiques et de gestion de l’Université Paris 13
Les enseignants chercheurs et les personnels administratifs de l’UFR de sciences économiques et de gestion de l’université Paris 13 ont voté les motions suivantes lors de la réunion du 7 avril 2009 :
1) Après plus de deux mois de conflit dans les universités, les membres de l’UFR déplorent l’attitude irresponsable des ministères de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale qui prolongent et aggravent la crise et mettent grandement en péril le déroulement de l’année universitaire.
2)  L’UFR poursuit la mobilisation contre les réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche et se déclare en grève active, avec une mobilisation accrue les jours de manifestation.
Les modalités de cette grève sont laissées à la libre appréciation de chacun (EC ou Biatoss).
3) Sans préjuger des décisions qui seront prises à l’avenir, l’UFR décide d’aménager le calendrier du 2e semestre. Le nouveau calendrier est le suivant : possibilité de cours étendue jusqu’au 6 juin ; semaine de révision du 8 au 14 juin ; examens du 16 au 24 juin ; jury du 8 au 10 juillet.

24 suffrages exprimés
22  vote pour
1  vote contre
1 non participation au vote

Cette motion a également été soumise aux enseignants chercheurs exterieurs qui interviennent dans l’UFR :
9 suffrages exprimés
9 vote pour

Une prochaine réunion d’UFR est convoquée pour lundi 27 avril, 15h .

Mettre un terme à la fuite des cerveaux

Article à lire dans Le Pharisien.
Eric de la Croix-Saint-Georges | 10.04.2009, 08h00

Mettre un terme à la fuite des cerveaux

Un rapport confidentiel de l’Agence Nationale d’Évaluation de la Responsabilité Politique (ANERP) suscite l’inquiétude du Président de la République.

Les faits remontent à janvier 2005, mais il aura fallu attendre plus de quatre ans avant qu’ils ne s’ébruitent. Jacques Chirac, alors Président de la République, commande à l’ANERP, créée en 2003, au début de son quinquennat, une étude sur la qualité de la gouvernance politique en France. Commande discrète, et que le Chef de l’État a pris soin de ne passer qu’à l’approche de la fin de son mandat. Fin avril 2007 le rapport de l’ANERP tombe. Il est prudemment tenu à l’abri de la curiosité des journalistes et du public.
Dès son élection à la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy en prend connaissance. Il hésite sur l’opportunité de le rendre public, mais finit par décider de suivre la ligne tracée par son prédécesseur. Pour comprendre ses raisons, il suffit de se pencher sur le rapport en question. Édifiant.

L’ANERP a mené deux années durant une enquête minutieuse sur la qualité, la performance, la compétitivité et le retour sur investissement du personnel politique français, aussi bien de celui qui était en charge de hautes responsabilités nationales au moment de l’enquête que de celui qui était virtuellement disponible pour un Président appartenant à la majorité d’alors. Sans entrer dans la description technique du protocole d’enquête, on peut dire qu’il croise cinquante-six paramètres d’évaluation, chacun étant affecté d’une note allant de 0 à 5. Le modèle en est inspiré par les techniques issues du très sérieux Laboratory of Research on Underworld (LRU) du Michigan, techniques d’abord appliquées par les chercheurs américains à une évaluation de la performance des différentes organisations criminelles mondiales (voir Science, 19 avril 1999, vol. 251). L’enquête de l’ANERP s’appuie donc sur une expertise avérée et ses résultats sont, de l’avis des scientifiques, incontestables.

Ils n’en sont que plus préoccupants. Il apparaît en effet que chaque année, 67,12% des meilleures personnalités étatiques produisantes* (PPP) choisissent d’aller travailler à l’étranger (29,07%), de vendre leurs services à l’entreprise privée (18,04%) ou de se retirer de la vie publique pour vivre de leurs rentes (20,01%). Ce chiffre moyen augmente si on considère séparément le parti de la majorité actuelle, pour friser les 89% – ce qui s’explique notamment par la plus grande mobilité géographique qui caractérise les partis de la droite républicaine, traditionnellement plus encline à valoriser les parcours personnels. Au total, la performance moyenne du personnel politique français susceptible d’entrer au gouvernement s’établit à 1,25 sur 5. Soit deux points de moins que la moyenne européenne, à égalité avec le résultat obtenu par l’Italie (1,24) et l’Iran (1,26).

On mesure alors l’embarras de Nicolas Sarkozy au moment de prendre ses fonctions et de nommer son cabinet. Comme nous l’avoue un proche du Président, « la pénurie de cerveaux et de compétences était particulièrement gênante pour les ministères de l’Éducation Nationale et pour celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Nicolas (sic) a dû se résoudre à faire contre fortune bon cœur, et à désigner comme ministres ce qu’il avait sous la main ».

Une campagne de communication efficace
Pour pallier la carence de personnels qualifiés et, surtout, à la hauteur des enjeux ambitieux que le candidat Sarkozy s’était fixés, une coûteuse campagne de communication a été mise en place, entre juin et octobre 2007, sur le thème de l’excellence ministérielle et de l’évaluation régulière dont les ministres feraient l’objet. Coût de l’opération : entre deux-cents et deux-cent cinquante millions d’euros. Un investissement fructueux, puisqu’il aura permis jusqu’au début de cette année de donner le change. Mais le Président de la République vient de changer de stratégie. C’est à sa demande que le rapport de l’ANERP vient d’être communiqué à l’AFP, mettant ainsi un coup d’arrêt à la politique des apparences qu’il avait été contraint de conduire jusqu’ici en la matière : « ça va bien deux minutes, mais l’incompétence, c’est l’incompétence », aurait-il déclaré excédé hier soir, au sortir d’un dîner au Fouquet’s. Les deux ministres concernés ne tarderont pas à être remerciés. Ce qui, cependant, ne règle pas le problème de leur succession, la fuite des cerveaux politiques marquant une nette tendance à la hausse au premier trimestre 2009.

* Personnalité étatique produisante : selon la définition de l’ANERP, il s’agit d’« un homme ou une femme ayant eu ou ayant vocation à avoir, de par sa formation, son appartenance sociale, ses origines familiales ou autres, des responsabilités étatiques (donc de niveau national), et qui ait donné la preuve de sa capacité à promouvoir et de publier des idées neuves dans le champ politique ».

AutonomeSup demande la révision de la LRU

« Il faut réviser la loi LRU !

La loi LRU, dans ses intentions, voulait apporter aux universités des libertés pour les ouvrir au monde extérieur. AutonomeSup a toujours été favorable à l’ouverture de l’université et avait donc approuvé ces intentions. Mais au lieu d’une loi de libertés pour les universités, c’était une loi de pleins pouvoirs pour les présidents qui était proposée. Nous avons alors engagé un dialogue fructueux avec le Sénat et nous avons eu le plaisir de constater que celui-ci avait voté de nombreux amendements allant dans le sens de nos propositions, mais les députés ont supprimé pratiquement tous les amendements votés par le Sénat et ont même ajouté un système électoral aussi inique qu’inefficace : vouloir imposer  le système électoral des régionales à une élection (pour le Conseil d’Administration des universités) où le nombre de sièges à pourvoir est très faible (entre 5 et 7) conduit à exclure de ce Conseil de fortes minorités et à imposer un rapport de 6 élus à 1 pour des listes qui ne sont parfois séparées que par quelques voix.

C’est l’efficacité, dira-t-on, qui doit primer. Mais comme les universitaires votent en deux collèges séparés (professeurs et maîtres de conférences) et que le rapport de force électoral est souvent inversé entre les deux collèges, on a souvent constaté une situation de parité et donc de blocage entre les enseignants, ce qui a donné aux représentants des étudiants et des personnels administratifs et de service un rôle déterminant dans le choix du président.

On notera, aberration de la nouvelle loi «d’ouverture», que les personnalités extérieures à l’université ne votent pas pour l’acte majeur de l’élection du président, alors qu’elles le faisaient précédemment ! Autre résultat négatif, l’ensemble des enseignants chercheurs n’est représenté au conseil d’administration que par 7 professeurs et 7 maîtres de conférences au maximum, ce qui exclut de l’instance de décision des pans entiers de la recherche et de l’enseignement. Pourtant, l’ouverture de l’université ne pourra se faire qu’avec le plus grand nombre d’universitaires : en excluant des disciplines entières de l’instance de décision, on a découragé bien des collègues.

Et maintenant, c’est la réforme du statut universitaire qui met le feu aux poudres. Les universitaires sont attachés au caractère national de leur statut, seule garantie face à l’omnipotence des présidents. Or, conséquence de la loi LRU, le projet de décret réformant ce statut, qu’aucun syndicat d’universitaire n’a approuvé, viderait en fait ce statut de sa dimension nationale en ne laissant à l’instance nationale garante de ce statut, le Conseil National des Universités, qu’une fonction consultative. Les quelques concessions que nous venons d’arracher ne changent fondamentalement rien au fait qu’avec le nouveau décret les universitaires, dont l’indépendance est constitutionnellement garantie, deviendraient les salariés d’un patron appelé président d’université.

Cela, l’immense majorité des universitaires le rejette, d’où la situation de crise qui peut conduire à des actes d’une gravité exceptionnelle. A cela s’ajoute que la réforme des concours de recrutement des professeurs du premier et du second degré liée à une modification des masters témoigne, à côté de dispositions aberrantes, du plus grand mépris pour les formations universitaires : les nouveaux professeurs des écoles ou du secondaires devront être titulaires d’un master… mais les épreuves du concours national seront du niveau de la licence et les étudiants admissibles, mais non admis au CAPES cette année, se verraient donner automatiquement la première année de master, même s’ils n’en ont suivi aucun enseignement ? Est-ce là la considération due aux formations universitaires ? Bref, l’université est dans une crise aiguë.

Devant cette situation, le Gouvernement a trois options : s’entêter à vouloir mettre en place toutes les dispositions qui résultent de la loi LRU, et ce sera l’épreuve de force dont les étudiants et l’Université feront les frais ; faire comme dans la crise des IUT, où le Ministre a demandé, par circulaire ( !) de ne pas appliquer la loi et d’en revenir à la situation antérieure, et étendre à d’autres secteurs – en particulier le statut des personnels – la non application de la loi, mais une telle situation n’est juridiquement pas tenable ; réviser la loi LRU dont on voit par les faits la nocivité. Seule cette troisième attitude ramènerait le calme dans des universités qui n’aspirent qu’à remplir, dans le respect des libertés universitaires, leur mission d’enseignement et de recherche.

Le 22-02-2009 Jean-Louis CHARLET Président d’AutonomeSup »

Voir aussi les précieux compléments et non moins précieuses contextualisations de Sylvestre Huet.

9ème coordination nationale des universités : 29 Avril

Nous vous confirmons la tenue de la prochaine coordination nationale des universités, qui sera organisée par les Universités de Paris I et Paris IV à la Sorbonne, dans l’amphithéâtre Richelieu, le 29 avril 2009, de 10h à 17 heures.
Nous vous transmettrons mercredi prochain les informations relatives à l’inscription des mandatés et au déroulement de l’assemblée.

Le comité d’organisation Paris I-Paris IV