La présidence de l’université d’Evry a peur pour son CA

Voici le message adressée aujourd’hui par la présidence de l’université d’Evry aux membres du CA :

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A l’attention de Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’Administration,
Afin d’éviter tout incident lié au mouvement de contestation actuel des étudiants, le Conseil d’Administration du mardi 7 avril ne se tiendra pas dans les locaux de l’UEVE mais à GENOPOLE. L’horaire de 9h00 est maintenu.
Une navette prévue à 8h30 précise permettra de véhiculer les membres du CA qui le souhaitent entre GENOPOLE et l’université. Cette navette assurera également le retour. Les membres motorisés peuvent se rendre directement à GENOPOLE à l’adresse figurant ci-dessous.
GIP Genopole     Genopole Campus 1
5, rue Henri Desbruères – F-91030 Evry Cedex
Standard Genopole Siège : +33 1 60 87 83 00
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On remarquera  l’expression « mouvement de contestation des étudiants ». Sur Evry, le mouvement est bien entendu aussi celui d’enseignants-chercheurs, qui ont récemment « perturbé » le CEVU.
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A Strasbourg, près de 1200 étudiants réunis en AG ont voté le blocage de l’université (6 Avril)

(Source : France Inter)

« A Strasbourg, près de 1200 étudiants réunis en AG ont voté le blocage de l’université. »

Pendant ce temps, à Strasbourg toujours, « le droit de manifester a pris une sacré claque »

Communiqué Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord concernant la manifestation anti-OTAN du 4 avril 2009.

En préambule, il doit être rappelé qu’après de très longues négociations menées avec la Préfecture par un comité, dont des représentants Attac VDN et Strasbourg faisaient partie, la préfecture avait autorisé la manifestation (sur un trajet différent de celui que nous aurions souhaité) ainsi que la jonction des militants allemands et français sur le pont de Kehl.

Pour avoir participé à la manifestation du 4/3/09, nous dénonçons vivement à travers les points suivants la violence qui a été faite aux manifestants par les forces de l’ordre et qui montre que les autorités françaises représentées par le Préfet, n’ont pas respecté leurs engagements et ont tout fait pour que la manifestation ne puisse avoir lieu.

1)    la route, indiquée par la préfecture, pour permettre aux bus, voitures et piétons d’accéder au site de rassemblement de la manifestation a été bloquée par les forces de l’ordre, obligeant les manifestants pacifiques à, soit attendre pendant des heures, soit emprunter d’autres itinéraires, avec le risque de se retrouver à nouveau bloqués ou pris dans des affrontements ;
2)    une fois le lieu de rassemblement atteint après un véritable « parcours du combattant », des hélicoptères ont survolé à très basse altitude le rassemblement pourtant pacifique et bon enfant, empêchant les manifestants d’entendre les prises de parole des représentants de groupes politiques, d’associations internationales… et créant une atmosphère plus qu’oppressante ;
3)    des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l’urgence, permettant à des groupes violents de s’infiltrer dans le cortège ;
4)    ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé, soi-disant pour empêcher cela et que, par contre, des manifestants n’ont pu accéder à Strasbourg le 3 avril (conférence au Liexenbuhl sur l’OTAN) et le 4 avril, à cause des dispositifs de blocage mis en place ;
5)    les forces de l’ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l’ancien poste de douane sans intervenir et ont, par contre, empêché 7000 manifestants allemands de rejoindre le rassemblement, comme convenu avec les autorités françaises et allemandes ;  comment interpréter les autres destructions que les forces de l’ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n’ont pas su (?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
6)    les forces de l’ordre, comme c’est leur mission lors d’une manifestation autorisée, n’ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l’ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise, en déviant la manifestation du trajet initialement prévu, l’amenant de fait dans une souricière pendant que les forces de l’ordre envoyaient sur les manifestants bloqués des grenades lacrymogènes et des flash-balls créant ainsi des mouvements de panique (qui auraient pu avoir de graves conséquences) et une dislocation prématurée de la manifestation.

Il nous apparaît, au vu de tous ces éléments, que non seulement les autorités françaises n’ont pas tenu leurs engagements ni joué leur rôle de sécurisation, mais, au contraire ont tout fait pour que cette manifestation ne puisse se dérouler, quitte à jouer avec la vie des manifestants. Du reste, Beaucoup de manifestants ont eu très peur et ont subi un choc psychologique devant ce qui est une première : une agression par les forces de l’ordre d’une manifestation autorisée, ce qui revient à dénier le droit démocratique à manifester.
Les Dernières Nouvelles d’Asace du 5 avril, journal qu’on ne peut qualifier d’opposition, conclut de même : « Le droit de manifester a pris une sacrée claque ».

Document d’analyse Après comme avant Strasbourg : Non à l’OTAN !
http://www.france.attac.org/spip.php?article9797

Attac France, Montreuil, le 6 avril 2009

Ce printemps 2009, l’Université et la Recherche sont dans la rue. (communiqué de la 8ème CNU)

Communiqué de la 8e Coordination Nationale des universités (6 avril 2009)

Cours à l’université : pas de reprise sans le retrait des réformes contestées
Ayant pris connaissance du communiqué de Lionel Collet, président de la Conférence des Présidents d’Université, diffusé le lundi 6 avril 2009, la Coordination Nationale des Universités (CNU) réunie ce même jour tient à réaffirmer sa détermination à combattre les réformes qui menacent l’Université et la Recherche. Le mouvement inédit initié par la communauté universitaire depuis plus de deux mois a forcé les Ministères à manoeuvrer ; mais aucune de nos revendications n’a été pour l’instant satisfaite. La durée du mouvement de grève est à imputer au seul gouvernement. Les prétendues avancées obtenues ne sont que des trompe-l’oeil et ne modifient en rien la logique des réformes. En outre, la Conférence des Présidents d’Université n’a aucune légitimité à décréter unilatéralement la reprise des cours.
La CNU appelle donc le monde de l’éducation et de la recherche à poursuivre la lutte et à mener les actions nécessaires à son amplification et à son succès, en prenant part massivement aux manifestations, de la Maternelle à l’Université, prévues notamment :
–    mercredi 8 avril
–    mardi 28 avril
–    vendredi 1er mai.

Ce printemps 2009, l’Université et la Recherche sont dans la rue.

Liste des porte-parole :

  • David Berrué, étudiant, Tours : DavidPOINTberrueAThotmail.fr
  • Yvon Le Bourhis, BIATOSS, Univ Marne-la-Vallée : ducyvonATyahooPOINTfr
  • Manon Tertrain, étudiante, Paris 4 : manonPOINTtertrainATgmail.com
  • Sarah Hatchuel, PU, Le Havre : shatchuelATnoosPOINTfr
  • Nathalie Vienne-Guerrin, PU, Montpellier 3 : nvienneATclub-internetPOINTfr
  • Mathieu Bonzom, Paris 10 : mathieuPOINTbonzomATgmail.com
  • Rémi Georges, vacataire, UMLV : remPOINTgeorgesATgmail.com

Avenir de la ronde infinie des obstinés : avec vous ?

Le succès de la ronde infinie des obstinés est indéniable même s’il sera complet si le gouvernement cède.
L’arrivée des vacances parisiennes va peser inévitablement sur son déroulement.
Les deux options envisagées sont d’une part d’engager un « Tour de France des obstinés » qui suppose qu’un relais soit pris par les universités de province le temps de ces quinze jours particuliers(1) dans l’esprit de ce qui a commencé à Poitiers, Orléans, Fort de France, etc.  Deuxième hypothèse : les universités parisiennes s’inscrivent un ou deux jours pour cette période pour,en accord avec le comité de Paris 8, assurer la permanence de la ronde.
Ces deux hypothèses sont possiblement cumulatives.
Il s’agit dans ces hypothèses d’engagements collectifs et non seulement des jonctions individuelles indispensables et toujours aussi bienvenues. L’avenir de la ronde vous/nous appartient. Il sera décidé ensemble ce jeudi 9 avril. Vos réponses sont donc souhaitées avant cette date.

(1) Cette idée ayant été soutenue par le congrès du Snesup, celui-ci s’engage à nous aider pour relayer les initiatives.

Paris 12 refuse les chaires.

Nous personnels (chercheurs, enseignants-chercheurs, BIATOSS, doctorants) qui travaillons au quotidien sur les différents sites de l’Université Paris12, sommes fermement opposés au nouveau statut dit ”chaires d’excellences”.
Notre démarche s’inscrit dans le cadre d’une action engagée au niveau national dans de nombreuses Universités, Instituts, UMR, …  Nous estimons que le dispositif des chaires Organisme-Université est inacceptable, dans un contexte où l’Enseignement Supérieur et la Recherche subissent de sévères restrictions budgétaires en matière de recrutement, de promotion, ou même de simple fonctionnement. En effet, le coût d’une chaire équivaut à deux postes classiques pour le même niveau de qualification.
Cela conduira inévitablement à :
• diminuer encore davantage le nombre global de postes disponibles pour les jeunes docteurs, à la fois au sein des Organismes et des Universités,
• augmenter la charge d’enseignement des enseignants-chercheurs recrutés sur des postes classiques, au détriment de leur activité de recherche,
• court-circuiter les possibilités de promotion des titulaires de postes classiques dans les Organismes et les Universités,
• diminuer les crédits de fonctionnement de base dédiés aux postes classiques dans les Organismes et les Universités.
Par ces biais, est menacé, insidieusement, mais de manière bien réelle, notre principe fondateur de collégialité, garant rappelons-le de la liberté académique, du développement critique de la connaissance et de la conception de l’Université comme service public. Nous demandons donc à Madame Simone Bonnafous, Présidente de l’Université Paris12, de prendre toute la mesure des conséquences néfastes qui accompagneraient pour notre communauté l’acceptation de ces chaires.
Nous demandons à Madame Simone Bonnafous, Présidente de l’Université Paris12, outre le refus de ces chaires, d’oeuvrer pour leur retransformation rapide en postes classiques.
Si vous n’avez pas déjà signé la version papier de cette pétition, vous pouvez utiliser alternativement l’adresse e-mail
« p12refuseleschaires@gmail.com » avec comme titre ”pétition”, et en précisant dans le texte vos nom, prénom, catégorie de personnel, laboratoire de rattachement.

Discours de Charles de Gaulle Le 14 février 1959 à la Cité universitaire de Toulouse

La Revue pour l’histoire du CNRS paru dans le N°1 – Novembre 1999
http://histoire-cnrs.revues.org/document484.html?format=print

Discours prononcé par Charles de Gaulle Le 14 février 1959 à la Cité universitaire de Toulouse
Texte intégral

« Messieurs les Ministres, Monsieur le Recteur, Messieurs les Doyens, Messieurs les Professeurs, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Je vais d’abord simplement vous dire à quel point j’ai été impressionné par ce qu’il m’a été donné de voir, aujourd’hui, à Toulouse. Quand on a vu à la fois cette conjonction de la recherche fondamentale et de ceux qui s’y adonnent, de la recherche appliquée et de ceux qui la font, de l’Enseignement supérieur et de ceux qui y participent, enfin de tout ce qui est
pratiquement accompli à partir de là, on reconnaît une harmonie. Or, l’harmonie, c’est, en soi, saisissant et satisfaisant. Mais on se convainc, aussi, que l’intérêt humain et l’intérêt national sont bien servis dès lors qu’il existe cette conjonction entre les travaux et entre les hommes des deux sortes de recherches ainsi que de leurs applications.
J’ai donc vu Sud-Aviation, l’École d’agriculture d’Ondes, l’Institut d’optique électronique, l’Institut de toxicité, le Service de la carte de la végétation et des cultures, le Laboratoire électrotechnique et hydraulique, ici même la Cité universitaire. C’est vous dire que je suis fixé.

Au moment où je suis de ma vie, bref, dans mes dernières années, j’ai le sentiment, à l’université de Toulouse, de me trouver sur une plage, au bord d’un océan, celui qui peut vous porter, vous les chercheurs, vous les professeurs, vous les étudiants, vers les rivages de la découverte, afin de gagner, à partir de là, les terres inconnues du progrès. Partout paraît ici la manifestation du mouvement général de notre espèce. L’homme, aux prises avec l’Univers, c’est-à-dire d’abord avec lui-même, l’homme cherche, à sortir de soi, à accéder à ce monde nouveau, où les désirs restent infinis, mais où la nature cesse d’être limitée. Cet homme moderne regarde avec passion et avec admiration ce qui est découvert dans les cerveaux de quelques-uns, ce qui est réalisé dans les laboratoires, et ce qui est ensuite appliqué par les techniques modernes. Mais, en même temps, il est guidé par son démon, car la rivalité des États, la lutte des idéologies, l’ambition de dominer, ou bien l’esprit d’indépendance, érigent, au fur et à mesure, en armes de guerre, les moyens nouveaux destinés à améliorer la vie. Éternel combat de l’Archange et de Lucifer.
Voilà pourquoi il est indispensable que, concurremment à la formation scientifique et technique, la pensée pure, la philosophie qui l’exprime, les lettres qui la font valoir, les arts qui l’illustrent et aussi la morale qui procède de la conscience et de la raison inspirent et orientent cet immense effort d’évolution. Ce n’est pas à la faculté des sciences de Toulouse, entouré comme je le suis par les maîtres et les étudiants de diverses facultés, que j’ai à démontrer pourquoi l’éveil et le développement de l’esprit, par la connaissance de ce qui est beau et par le culte de ce qui est bon, doivent s’associer à la formation scientifique de nos
jours.
Eh bien ! La France, qui a, dans le domaine de la Recherche, tant de traditions et tant de capacités profondes, qui se trouve en plein essor de rajeunissement, qui doit absolument choisir entre le déclin ou bien l’enthousiasme pour ce qui est moderne, la France, dis-je, accueille cette transformation avec espoir et satisfaction.

Mais une pareille construction comporte plusieurs étages. À la base, il faut qu’une large partie de la jeunesse française vienne à l’Enseignement scientifique et que les étudiantstravaillent bien. Plus haut ce sont les Maîtres, dont il faut qu’ils soient en nombre suffisant et qu’ils aient les moyens voulus pour accomplir leur grande tâche. Plus haut, encore, les Chercheurs, à qui il faut l’équipement spécial nécessaire à leurs travaux et l’art de ne point cloisonner les pensées et les résultats.
Au sommet, enfin, l’État ! L’État qui a le devoir d’entretenir dans la nation un climat favorable à la Recherche et à l’Enseignement; l’État, qui, malgré le flot des besoins et le flot des dépenses, a la fonction de doter les laboratoires et de pourvoir l’enseignement. L’État, enfin, qui doit orienter l’ensemble, tout en laissant à chacun des chercheurs sa direction et son autonomie. C’est à l’État qu’il appartient de déterminer, dans le domaine de la Recherche, ce qui est le plus utile à l’intérêt public et d’affecter à ces objectifs-là ce dont il dispose en fait de moyens et en fait d’hommes. Eh bien ! La France, qui a beaucoup à faire à cet égard, constate que beaucoup a été fait et que beaucoup se fait.
J’ai nommé tout à l’heure les témoignages que m’a offerts Toulouse. J’y pourrais ajouter ce qui a été récemment accompli du côté des pouvoirs publics pour organiser au mieux ou créer ce qui devait l’être. Le Conseil supérieur de la recherche scientifique a vu sa tâche précisée. Ont été institués : le Délégué général à la recherche scientifique et technique, le Comité consultatif de la recherche, formé de savants et de chercheurs, et le Comité interministériel qui appelle les ministres et les savants à collaborer directement.
Quoi que l’on fasse cependant, tout peut dépendre, tout à coup, de l’éclair imprévu et imprévisible qui jaillit parfois d’un cerveau. Il n’y a aucune raison pour que la France n’enfante pas demain, comme elle l’a fait hier, de ces hommes exceptionnels. Peut-être est-il parmi vous celui-là qui est appelé à accomplir une découverte merveilleuse. Celui-là, je le salue d’avance, et je salue sa gloire future. Mais aussi, par-delà l’université de Toulouse, je salue l’Enseignement français, les chercheurs, les maîtres, les étudiants. En même temps, je leur rends témoignage parce qu’ils servent celui qu’il faut servir, c’est-à-dire l’homme, tout
simplement.
Oui ! Rien n’est meilleur que d’alléger le fardeau des hommes. Rien n’est plus noble et plus grand que de lui offrir de l’espoir. »

Vers une validation automatique du second semestre à Paris 4.

Les personnels (EC+BIATOSS) de Paris 4 réunis en Assemblée Générale le lundi 6 avril, ont voté la poursuite de la grève jusqu’à la prochaine AG.
La motion suivante a été adoptée :

« Ayant envisagé l’hypothèse d’une poursuite du mouvement au delà des vacances de printemps,le gouvernement n’ayant satisfait aucune de nos revendications, les personnels de Paris 4 réunis en assemblée générale  le lundi 6 avril demandent le cas échéant la validation automatique du second semestre 2008-2009. Tout sera mis en oeuvre pour que les étudiants ne soient pas pénalisés par l’attitude intransigeante et irresponsable des ministres. »

NPPV : 9 ABS : 12 CONTRE : 4 POUR : 115