8ème coordination nationale des universités

Bonjour à tous,
(…) La prochaine CNU se tiendra bien à l’université Paris 3 lundi prochain 6 avril. Il y a encore une petite incertitude sur le lieux (Censier ou Asnière) mais en terme d’organisation pour les délégués ça ne change que la ligne de métro qu’il faudra prendre à l’arrivée…

Vous pouvez commencer à envoyer vos documents aux adresses suivantes :
cnu.mandats@paris3luttes.lautre.net pour les listes de mandatés
cnu.textes@paris3luttes.lautre.net pour les motions, contributions, textes, divers, etc…
cnu.bilan@paris3luttes.lautre.net pour les bilans locaux de la mobilisation….

Les horaires exacts seront précisés ultérieurement mais de toute façon, à priori, on va se caler sur ce qui a été fait précédement de ce point de vue. (grosso modo, accueil 9h30/10h30, débats, 10h30/19h)
Pour l’ordre du jour, les modalités de restauration et toutes ces sortes de choses, plus d’infos dans le we.

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Nicolas Sarkozy, la destruction de l’Université et le choléra mental du journal Le Monde.

« Pour “réformer”, il fallait tout d’abord n’engager aucune consultation et s’empresser d’oublier ceux qui font tourner la boutique. Car dans ce pays, on ne “réforme” pas une institution, on “réforme” contre elle.
Ensuite, il fallait désinformer. Pour salir. Salir l’institution elle-même, salir ceux qui y travaillent, salir ceux qui y étudient et s’y forment. On parviendrait ainsi à mettre en place l’unique levier de gouvernement employé dans ce pays depuis le grand malheur de mai 2007: désigner une catégorie de la population à la vindicte du bon peuple, lancer quelques sondages aux questions convenablement orientées et utiliser les beuglements des micros-trottoirs pour justifier la suppression, au choix, des archaïsmes, des privilèges, du bouclier fiscal, des rigidités, des paresses, des incompétences, des inutilités, des gaspillages…
Les chercheurs et les enseignants-chercheurs ont ainsi fourni une cible de choix. Paresseux, incompétents, semi-idiots, gauchistes, ils ne refusent évidemment la “réforme” que par pur corporatisme, par pur intérêt de classe, c’est un vrai scandale, voyez vous ça mère Michu, tout ce rebut de gauchistes pervers, qui ont le front d’être plus diplômés que vous et moi, et qu’on paie à ne rien faire…
On pouvait faire confiance au Grand Café du Commerce français pour répercuter cette vision fine et mesurée.
(…) »

Lire la suite de l’article sur Le Grand Barnum : http://www.le-grand-barnum.fr/nicolas-sarkozy-la-destruction-de-luniversite-et-le-cholera-mental-du-journal-le-monde/#more-1154

Communiqué de presse en réponse aux contre-vérités de Mme Simone Bonnafous et de son cabinet.

Communiqué de presse de l’Assemblée générale unitaire de l’Université Paris 12 réunie mardi 31 mars 2009 en réponse aux contre-vérités de Mme Simone Bonnafous et de son cabinet.

Le 2 février dernier, l’Université Paris 12 Val-de-Marne entrait en lutte aux côtés de la quasi-totalité des institutions universitaires et des organismes de recherche pour la défense du service public d’enseignement et de recherche, et contre la politique destructrice menée actuellement par le gouvernement. Étudiants, enseignants-chercheurs et personnels BIATOSS de Paris 12, en grève depuis neuf semaines, n’ont pu jusqu’à présent compter sur le soutien de leur Présidente, Simone Bonnafous, qui a au contraire exprimé à plusieurs reprises son attachement aux réformes proposées par le gouvernement.
Mercredi 25 mars, une centaine d’enseignants et d’étudiants ont bloqué les accès au bâtiment principal de l’université, conformément au vote massif de l’Assemblée générale unitaire réunie la veille, qui suivait en cela le mot d’ordre de la Coordination nationale des Universités.
Cherchant à se frayer un chemin jusqu’à son bureau, Simone Bonnafous s’en est prise physiquement aux personnes qui formaient le barrage. Dans un article paru dans le /Parisien/ en date du jeudi 26 mars, le Directeur de Cabinet de la Présidente donne une version des faits qui déforme la réalité et en minimise la portée, version reprise dans un communiqué de la Présidente adressé par courrier électronique à tous les personnels et étudiants de Paris 12 et diffusé sur l’Intranet.
Il est notamment déclaré que « des échauffourées ont éclaté ». En réalité, aucun des étudiants et enseignants grévistes présents lors du blocage n’a eu recours à la violence, physique ou verbale, comme pourrait le laisser croire l’emploi manifestement ambigu du terme «échauffourée » : ils ont toujours gardé leur sang-froid et réagi de façon pacifique, même face aux coups portés par la Présidente et par la Secrétaire générale, qui n’ont jamais eu à « se débattre » ni à « se défendre » puisqu’elles n’ont jamais été agressées.
Il est également rapporté que la Présidente « a tout de suite mis à la disposition des grévistes un amphi pour les AG », contre-vérité que nous tenons à démentir. Une première demande pour banaliser un amphithéâtre, en date du mercredi 4 février, nous a d’abord été refusée. L’Amphi jaune a donc été occupé le lundi 9 février sans le consentement de la Présidente qui a finalement accepté de le laisser à la disposition des grévistes.
Dans la suite de l’article du /Parisien/, il est affirmé que « la Présidente et les directeurs des différentes composantes ont déclaré le respect du droit de grève », comme si cet acte émanait spontanément d’eux. En réalité, cette déclaration, qui aurait dû s’imposer d’elle-même dès le début du mouvement, a été obtenue seulement au bout de sept semaines de grève, après que des étudiants et enseignants grévistes ont occupé pacifiquement le couloir dans lequel se trouve le bureau de Simone Bonnafous. On le voit, les quelques garanties qui ont été obtenues pour faire respecter les droits les plus élémentaires des personnels et des étudiants, l’ont été par les grévistes, contraints à un bras de fer avec la présidence.
Le Directeur de Cabinet affirme enfin que la présidence « s’attelle à organiser le rattrapage des cours ». Précisons qu’une telle initiative ne relève pas de la compétence de l’administration, mais des seuls enseignants et de leurs représentants ; que les enseignants-chercheurs grévistes se préoccupent depuis le premier moment où ils sont entrés en grève des moyens de compenser l’absence de cours classiques, et de valider le second semestre : c’est à leur seule initiative que, sur cette dernière question, des discussions sont en cours au sein des départements et des UFR. Par ailleurs, l’Assemblée générale unitaire de Paris 12 tient à rappeler qu’enjoindre aux enseignants grévistes d’organiser des rattrapages de cours, comme l’ont publiquement fait d’abord Mme Valérie Pécresse puis Mme Simone Bonnafous, et ce alors même qu’un mot d’ordre national de grève perdure, constitue en soi un déni du droit de grève.
Par ce communiqué, l’Assemblée générale entend rétablir la vérité et dénoncer la désinformation mise en œuvre par la présidence. Elle exprime également son exaspération d’entendre sans cesse, dans ses prises de positions publiques et dans ses interventions au sein de la CPU, dont elle est vice-Présidente et porte-parole, Simone Bonnafous se faire l’avocate du gouvernement au mépris de la communauté universitaire qui l’a élue.
L’Assemblée générale exprime son soutien aux étudiants et aux enseignants qui ont été agressés par la Présidente et par la Secrétaire générale de l’université.
L’équipe en place doit s’interroger sur sa légitimité : qu’en serait-il si des élections avaient lieu maintenant ?

90 démissions à Nancy 1 !

À ce jour, ce sont au total 90 chercheurs et enseignants-chercheurs de Nancy 1 qui ont répondu à l’appel aux démissions des tâches administratives, exprimant ainsi leur refus des réformes en cours et leur exaspération face à la surdité et l’incurie du gouvernement tout autant que de la présidence de l’UHP !
Les 44 lettres de démission et les 46 lettres de soutien à ces démissions ainsi recueillies viennent d’être envoyées au président
Jean-Pierre Finance, avec copies aux directeurs d’UFR de l’UHP.

Paroles de manifestants

  • «Il faut poursuivre les manifestations. Ce mouvement sera difficile à stopper si le gouvernement continue comme cela. Il  recule petit à petit mais sans le dire clairement et sans en tirer toutes les conséquences logiques, comme sur la formation des enseignants. Il se comporte en autiste. Heureusement, il y a des thérapeutes, ils sont autour de moi, dans la rue.»
  • «Nous avons revoté la grève ce matin lors d’une réunion, comme nos collègues de Paris-4 d’ailleurs. Nous considérons qu’il faut continuer puisque le gouvernement ne nous écoute pas. Pour ce qui concerne les étudiants, nous avons pris une décision. Ils vont recevoir très vite une information leur donnant les sujets, précis, sur lesquels ils seront interrogés pour valider le semestre, quelque soit la suite du mouvement la semaine prochaine ou après les vacances de Pâques. Ils peuvent ainsi travailler de manière précise, y compris pendant les vacances, sans être dans le flou sur ce qui sera exigé à l’examen.»
  • «On continue. Le gouvernement ne trouve pas la réponse à ce mouvement parce qu’il refuse de voir ce qu’il porte, une contestation globale de sa politique universitaire et de recherche. La ministre n’est pas à la hauteur de sa tâche, elle vient d’augmenter la confusion de la réforme de la formation des professeurs, à l’irresponsabilité politique, elle ajoute l’inefficacité technique.»

Pour retrouver d’autres paroles de manifestants et les auteurs de celles ci-dessus, rendez-vous sur le blog de Sylvestre Huet.

Le monde des bibliothécaires a-t-il abdiqué toute fonction tribunicienne ?

Le monde des bibliothécaires a-t-il abdiqué toute fonction tribunicienne ? Ou s’agit-il, plus généralement, de la résignation à l’air du temps, qui frappe groupes et individus ? Tout de même, quel curieux silence ! La formation initiale des bibliothécaires territoriaux passe à la trappe. Quelles réactions ? La Direction du livre est menacée de disparition. Quelle mobilisation ?
La mise à disposition de conservateurs d’Etat dans les bibliothèques municipales est considérée comme trop onéreuse, des restrictions drastiques sont envisagées. Qui s’émeut ? La Sous-direction des bibliothèques va disparaître. Quelles protestations? L’application de la loi LRU risque de fragiliser les SCD. Quelles prises de position ?

Quelle différence avec les années 1970 ! En 1973, l’ABF fait paraître « le livre noir des bibliothèques universitaires ». La disparition (le « démantèlement », disait-on alors) de la DBLP en 1975 suscite grèves et manifestations – et, même, un rassemblement de bibliobus dans la cour de la BN ! – et les protestations d’élus locaux. A la fin des années 1970, la diminution des budgets publics (la « courbe de Giscard ») mobilise associations et partis politiques.
Aujourd’hui, on est dans l’entre-soi, les discussions sont internes à chaque corporation, toute solidarité active semble avoir disparu, aucun débat public ne s’esquisse. Comme si l’on (l’enseignement supérieur, la Culture, les territoriaux, la BnF…) vivait chacun dans son pré carré (là où l’herbe est plus verte !). Et comme si les bibliothèques étaient les victimes désignées et résignées des réformes, la variable d’ajustement qui permet d’afficher des économies.
Le moment ne serait-il pas venu, au contraire, de profiter de la conjoncture pour traiter enfin (après l’occasion ratée des BMVR) la question de l’aménagement du territoire en bibliothèques, la question d’une politique documentaire nationale ? Avec des établissements forts et structurants qui travaillent aussi au bénéfice des plus petits (le système d’écluses suggéré par Michel Melot il y a plus de vingt ans !), des outils collectifs, des objectifs communs. Des discussions, des débats, une concertation. Une ambition. Ou bien les bibliothèques sont-elles entrées dans la lutte de tous contre tous ?

Editorial d’Anne Marie Bertrand, directrice de l’ENSSIB.

Consultable en ligne : http://www.enssib.fr/npds/sections.php?op=listarticles&secid=17

APPEL DE STRASBOURG II : « La démocratie est en danger ! »

Appel de Strasbourg (II) : « La démocratie est en danger »

Nous, enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs, personnels administratifs et techniques de l’Université de Strasbourg, étudiants et jeunes chercheurs, nous nous adressons à l’opinion publique, à notre représentation nationale, aux partis politiques, aux organisations syndicales, aux instances européennes et à l’ensemble des médias pour qu’ils entendent, soutiennent et relayent notre appel.

Trois mois après la publication de l’Appel de Strasbourg (http://appeldestrasbourg.unistra.fr), après huit semaines de grève et de multiples manifestations, nous observons que la mobilisation la plus importante, la plus unanime et la plus longue de ces quarante dernières années continue d’être ignorée par le gouvernement et demeure encore mal connue par l’opinion publique. Aussi nous tenons à afficher notre soutien aux médias et aux journalistes qui ont le courage de dénoncer les nombreuses violences policières dont notre mouvement est la victime ainsi que les mensonges du gouvernement qui conduisent aujourd’hui à une grave désinformation. Celle-ci tend à travestir la force de notre mobilisation, la clarté de nos revendications et la teneur réelle des réformes imposées. Malgré les affirmations péremptoires de Valérie Pécresse et Xavier Darcos, toute la population de notre pays doit savoir qu’à ce jour aucun dossier n’est réglé, malgré quelques concessions à la marge :
* la logique du décret réécrit sur le statut des enseignants-chercheurs reste celle du texte initial ( ce qui a été admis par Claude Guéant lui-même)
* M. Darcos essaye d’échanger un moratoire sur le contenu des concours contre une application immédiate de la réforme de la formation des enseignants
* aucune avancée n’a été obtenue dans le dossier du démantèlement des organismes publics de recherche, ni dans les autres dossiers portés par notre mouvement (contrat doctoral unique, individualisation de carrières des personnels administratifs et techniques, externalisation des tâches…)
* les gels de suppressions de postes pour 2010 et 2011 ne sont que des promesses qui n’impliquent ni retour sur les suppressions de 2009, ni réponse à notre demande d’un plan de création d’emplois statutaires scientifiques.

Le combat que les médias ont à mener et que certains d’entre eux ont entrepris est le même que le nôtre : la défense de liberté d’expression et de la libre circulation des idées contre un gouvernement qui pratique l’artifice, la manipulation et l’intimidation. Nous l’affirmons avec gravité : la démocratie est en danger. Usant de tous les moyens de pression et de répression à sa disposition, notre gouvernement se sert du dossier universitaire comme d’un laboratoire préparant l’extension d’une politique régressive dans tout le service public d’éducation, et au-delà, dans l’ensemble de la fonction publique et dans les associations qui assurent des missions d’intérêt public.
Aussi nous prenons à témoin toute la population de notre  pays de ce que notre gouvernement ne sait répondre que par un grave déni de démocratie, par une irresponsable obstination à faire passer de mauvaises réformes quel qu’en soit le prix, et par un refus incompréhensible d’entendre notre colère légitime et notre force de proposition.

Avec tous ceux qui nous soutiennent depuis des mois dans notre combat, avec les parents d’élèves, les élèves et les étudiants, avec toute la communauté d’enseignement et de recherche, de la maternelle à l’Université, qui s’est mobilisée massivement le 19 mars et encore le 2 avril, nous demandons solennellement à notre représentation nationale et à tous nos élus de relayer enfin, dans toutes les instances et assemblées, notre double demande d’un retrait sans délais de toutes les réformes contestées et de l’ouverture du grand débat national que le monde de l’Enseignement et de la Recherche est en droit d’attendre. Nous formulons également une demande pressante aux organisations syndicales, et en particulier à leurs directions respectives, afin qu’elles s’abstiennent de brader nos revendications dans une mascarade de négociations qui aggravent l’illisibilité et l’inapplicabilité de réformes mal conçues dans la plus grande précipitation. Nous les appelons à soutenir explicitement les motions de la Coordination Nationale des Universités qui exigent depuis deux mois le retrait pur et simple des réformes incriminées.

Nous interpellons enfin la Commission Européenne ainsi que les parlementaires européens afin qu’ils se mettent à l’écoute des aspirations et des demandes de tous ces enseignants, chercheurs et étudiants européens qui n’acceptent plus aujourd’hui, ni le sacrifice des Humanités et des Sciences Humaines et Sociales sur l’autel de l’ « Economie de la connaissance », ni la dépendance accrue de la recherche scientifique aux seules lois de la rentabilité, du marché et de l’industrie. Nous nous adressons à tous les partis politiques et tous les candidats aux élections européennes pour qu’ils se saisissent des questions de l’enseignement et de la recherche et prennent clairement position sur les réformes en cours, sur la nocivité de la loi LRU et de ses conséquences en chaîne, et sur l’entreprise de destruction massive du service public engagée par le gouvernement français.

Le collectif des Appels de Strasbourg

Cet appel est proposé aux signatures collectives (coordinations, associations, collectifs, sociétés savantes, etc…). Un troisième Appel de Strasbourg est en cours de rédaction et paraîtra la semaine du 6 avril.

Contact pour envoi des signatures collectives : appel@alinda.u-strasbg.fr