Lettre ouverte des porte-parole de la coordination nationale des universités aux confédérations syndicales

Lettre ouverte des porte-parole de la coordination nationale des universités aux confédérations syndicales

Depuis le 2 février, voire avant pour certaines d’entre elles, les universités sont en grève. Chaque semaine, la communauté universitaire manifeste dans la rue sa colère et témoigne de son unité. Ce mouvement rassemble depuis son origine un front extrêmement large, fédérant les étudiants, toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, issus de sensibilités et de tendances très diverses; cela répond à l’attaque brutale et frontale du gouvernement contre l’université publique et autonome que nous aimons.
À ce mouvement de colère sans précédent, les ministres concernés n’ont opposé, jusqu’à aujourd’hui, que le mépris, des manœuvres dilatoires, des faux semblants de négociations  et, finalement, une politique du pourrissement. La coordination nationale des universités est consciente que les attaques contre l’université et la recherche s’intègrent dans une politique globale de casse des services publics et de précarisation généralisée de la population. Elle affirme son ancrage dans le mouvement interprofessionnel dont elle partage les revendications.
Alors que le chômage redevient la menace majeure pour une grande partie des salariés, l’État supprime 1090 emplois cette année dans l’enseignement supérieur, 30 000 à l’échelle de toute la fonction publique, mettant en cause la possibilité même de l’accomplissement de nos missions. La modulation des services mis en place par le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le contrat doctoral unique (CDU) s’inscrit dans une politique plus large d’individualisation des carrières visant à fragiliser l’ensemble des personnels.  La précarité se développe dans nos services, touchant plus de
30% des salariés employés dans les universités. La baisse du pouvoir d’achat frappe durement, en particulier les personnels administratifs et techniques dont les salaires démarrent à peine au niveau du SMIC, sans réelle possibilité de progression et d’évolution de carrière.
La politique universitaire actuelle, en  particulier la mise en concurrence des universités, promeut un modèle d’éducation profondément inégalitaire fondé sur une conception régressive des savoirs et une sélection par l’argent de plus en plus clairement affirmée. Les premières victimes en seront les enfants des milieux les plus défavorisés que le service public de l’enseignement ne sera plus en mesure d’accueillir correctement et qui devront s’endetter pour bénéficier d’une formation actuellement ouverte à tous. Pour toutes ces raisons, le mouvement des universités a pris toute sa place dans la formidable mobilisation du 19 mars. La coordination nationale des universités appelle les organisations syndicales à donner une suite rapide à cette journée pour construire le front large et déterminé indispensable face à un gouvernement qui ne comprend que le rapport de force.
Pour envisager les possibilités pratiques et les modalités de ces convergences, nous souhaitons vous rencontrer aussi vite que possible.

Salutations en lutte,
Les porte-parole de la CNU
David Berrue (étudiant) davidPOINTberrueAThotmail.fr
Pascal Levy (Biatos) angiePOINTgennaroATgmail.com
Léa Valette (doctorante) leavaletteAThotmail.com
Christophe Mileschi: (EC) christophePOINTmileschiATwanadoo.fr
Patricia Tutoy (enseignante) ptutoyATavantitude.com
Germaine Depierre (Chercheuse) germainePOINTdepierreATu-bourgogne.fr

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Une Réponse

  1. Bonjour,

    les syndicats du second degré sont bien embarrassés par l’ampleur prise par le mouvement étudiant ainsi que par le mouvement social.
    De la même manière qu’en 2007-2008, la CGT, la FSU, l’UNSA et autres SGEN-CFDT vont laisser s’épuiser un mouvement prometteur, en programmant des actions lointaines et d’hypothétiques « moments forts »…
    En tant qu’enseignant du second degré, j’ai -comme de nombreux collègues- honte de l’attitude de ces pseudo-syndicats qui laissent véritablement tomber et les étudiants, et les professeurs, et les salariés. Ils se rendent ainsi coupables de complicité de la désintégration de notre société.
    J’estime que le temps est venu de citer les noms des casseurs de mouvements: Chérèque, Thibault et Mailly, Aschiéri et Gonthier.

    FT, professeur

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