Communiqué de Sud Education à propos du 2 Avril.

Par la grève et les manifestations amplifions la mobilisation
Pour la défense de l’école publique de la maternelle à l’université

Sur la question de l’Education nationale et de la Recherche publique comme dans nombre d’autres domaines visés par la politique du gouvernement rien ne pourra se faire avec des réformes à marche forcée qui aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous et mettant les établissements en concurrence les uns avec les autres. Rien ne pourra se faire dans le sens d’une école démocratique si l’Etat ne cesse de financer toujours davantage l’enseignement privé au détriment de la place de l’Ecole publique sur l’ensemble du territoire. De la même manière, la casse des associations laïques complémentaires de l’Ecole Publique porte en elle des reculs sans précédents en matière de droit aux vacances, aux loisirs pour tous et à la culture.
Contre cette logique qui accentue la ségrégation sociale par l’école dans une société minée, davantage encore, par les injustices et les inégalités, les manifestations lycéennes de décembre dernier ont forcé le gouvernement à un premier recul sur la réforme des lycées généraux. Dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités et les services, des dizaines de milliers de personnels, d’étudiants et de lycéens ont rejoint les salariés du privé et du public en grève dans les énormes manifestations du 29 janvier.

Quand la grève s’étend à l’université

La grève a ensuite gagné la majorité des universités obligeant Pécresse à quelques réécritures, à quelques redéploiements de postes et à des reports d’application qui ne changent en rien le caractère néfaste des choix budgétaires et des réformes envisagées. Etudiants, enseignants, BIATOSS et leurs syndicats sont mobilisés dans l’unité au sein de la Coordination Nationale des Universités organisée par la volonté des grévistes.

• Contre la loi LRU qui livre l’université aux logiques libérales et marchandes et ses conséquences immédiates.
• Contre le projet de décret qui modifie le statut des enseignants-chercheurs en livrant la définition de leurs services aux autorités hiérarchiques.
• Contre la réforme des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré qui constitue la véritable remise en cause à court terme du statut de fonctionnaire pour les enseignants. Cette réforme qui fait disparaître la formation professionnelle essentielle à l’exercice du métier, accroîtrait la sélection sociale dans le recrutement des enseignants en exigeant d’eux un diplôme Bac+5 pour l’inscription au concours. Le tarissement actuel des postes à ces concours entraine déjà l’augmentation du recrutement d’enseignants hors statuts. Cette contre-réforme de la formation s’accompagnerait d’une nouvelle explosion de la précarité dont les étudiants en master ou titulaires de ce diplôme constitueraient le vivier.
• Contre le démantèlement en cours des organismes de recherches (CNRS, INSERM, INRA)
• Contre les dotations budgétaires insuffisantes dans l’enseignement supérieur et la recherche, et la mise en concurrence des universités
• Contre la suppression programmée du corps de catégorie C des Biatoss et l’externalisation de leurs fonctions.
• Pour la titularisation sans condition des précaires en poste
• Pour un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants, chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de bibliothèque, administratifs et techniques, sur postes de fonctionnaire de la fonction publique d’Etat, à la hauteur des besoins exprimés par les personnels.

Etudiants et personnels en grève ont bien compris que l’université et la recherche sont victimes des mêmes logiques que celles à l’oeuvre dans le premier degré ou dans le secondaire, voire dans l’ensemble des services publics. Les initiatives intercatégorielles et les grèves se sont multipliées autour des universités en lutte en février et mars. Dans ces mobilisations et ces grèves, les syndicats Sud éducation et leurs militantes et militants ont pris leur part du travail. La fédération Sud éducation a relayé et soutenu les appels de la Coordination Nationale des Universités. Elle a insisté dans les réunions intersyndicales pour favoriser davantage la mobilisation de toutes et tous aux côtés des universités en lutte, elle est partie prenante des appels à l’amplification de la lutte de la maternelle à l’université.

Sud éducation ne s’inscrit pas dans une logique d’accompagnement de ces réformes en négociant des améliorations à la marge. Pour ces raisons, Sud éducation considère les pseudo-reculs du gouvernement ou les reports de certaines mesures comme des opérations de communication et de tentative de division des personnels mobilisés. Il n’y a rien à négocier. Favorisons la convergence des luttes pour le retrait des projets Pécresse-Darcos.
Sud éducation dénonce la criminalisation des luttes et des militants orchestrée par le Ministère de l’Intérieur. Interpellations, convocations et mises en garde à vue de militants se multiplient pour casser les mobilisations notamment de la jeunesse. Nous ne devons pas laisser s’installer ce climat sécuritaire et devons organiser la lutte unitaire pour défendre ces camarades et les libertés démocratiques.
Ne pas laisser retomber la combativité exprimée le 19 mars
La nouvelle grève interprofessionnelle unitaire du 19 mars a rassemblé encore davantage de manifestants avec beaucoup de salariés du privé directement confrontés à la mise au chômage massive. Elle a organisé des manifestations plus étonnantes encore par leur ampleur que le 29 janvier. La hauteur de la mobilisation donnait la responsabilité à l’intersyndicale de proposer de nouvelles perspectives interprofessionnelles nationales très rapidement. Les directions des confédérations refusent encore l’affrontement avec le gouvernement. Elles n’offrent aucune poursuite nationale avant le 1er mai.
L’Union syndicale Solidaires comme Sud éducation continuent d’affirmer que la question est bien d’essayer de construire un rapport de force encore plus important. La construction de la grève générale interprofessionnelle est notre perspective. Cette construction doit s’alimenter de l’activité de Collectifs locaux qui se mettent en place dans de nombreux départements, de manière interprofessionnelle ou autour de la question des services publics et de l’école et du refus du fichage BASE Elèves. Elle doit aussi se nourrir de l’activité revendicative autour des campagnes de « désobéissance » (Aide individualisée, évaluations…).
En ce sens, la construction la grève nationale reconductible dans l’Education nationale de la maternelle à l’université, thème sur lequel les organisations syndicales majoritaires dans l’Education nationale sont plutôt discrètes, constitue notre priorité.
Alors que nous connaissons les mesures de carte scolaire du 1er degré et du 2 degré et des milliers de suppressions de postes aux concours, que rien n’a réellement bougé quant à la disparition des RASED, que la suppression des BEP et la réforme du Bac Pro sont réaffirmées, que de nouveaux emplois précaires sont créés sur des compétences relevant des CPE, des Conseillers d’Orientation et des Assistantes Sociales, que l’arbitraire hiérarchique casse le paritarisme, que l’autoritarisme prétend réprimer ceux qui « désobéissent », c’est le moment d’amplifier la mobilisation pour faire échec à cette politique.
Un engagement accru dans et aux côtés de la mobilisation doit donner davantage de force au mouvement contre les réformes Pécresse-Darcos à l’université, il doit aussi favoriser la construction d’un rapport de force plus large qui permette de construire et reconduire les grèves contre les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2009 et contre les réformes Darcos de régression scolaire.
Dans ce cadre la fédération Sud éducation soutient les appels à la mobilisation prévus le 2 avril de la maternelle à l’université.
Elle appelle partout au développement des initiatives de mobilisations contre l’ensemble de la politique éducative du gouvernement. Elle appelle à renforcer partout la lutte pour la défense du service public et laïque de l’éducation nationale et
de la recherche.
Saint Denis, le 30 mars 2009

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