Qu’est-ce qu’un démantèlement ?

Extrait de l’article à lire intégralement sur le site de SLU.

« Le démantèlement a connu plusieurs étapes. En voici un récit abrégé. Il a d’abord consisté à enlever au parlement de la science tout droit de regard sur la conduite et l’organisation de la recherche scientifique. L’analyse approfondie du travail des UMR et de leur personnel par le Comité national a été supprimée et remplacée par une « évaluation » issue d’une agence, l’AERES. Les membres de l’AERES sont tous nommés par l’État. L’essentiel de leur légitimité tient dans l’application scrupuleuse de protocoles d’évaluation élaborés par une minorité. Ces protocoles sont aussi appelés « grilles ». Il se pourrait qu’il y ait un sens à parler, ici, de forteresse.

Il n’existe plus désormais d’évaluation telle que pouvait en bénéficier la recherche française depuis soixante ans. Elle reposait sur des rapports contradictoires pour le moindre dossier et la moindre demande, sur le principe de comparaisons, opérées publiquement, en session plénière, sur des propositions faites indépendamment des pouvoirs administratifs ou politiques et respectées par eux. L’évaluation réelle ne vient pas d’être instaurée mais elle vient d’être supprimée. C’est la première étape du démantèlement, à dater de la loi « Pacte pour la Recherche » d’avril 2006.

Ensuite a été remise en cause l’idée de la « continuité thématique ». La formule fait à nouveau jargon. Elle recouvre pourtant quelque chose d’assez simple. Le CNRS s’est engagé dans un mouvement de communication et de croisement des savoirs rigoureusement parallèle à celui qui s’est produit, dans les universités, avec la fin de l’organisation en Facultés. La seule différence tient à que le CNRS se soutenait intégralement de l’exigence d’interdisciplinarité, tandis que les universités mènent de front l’interdisciplinarité et la formation aux disciplines sans lesquelles il n’y a pas d’interdisciplinarité.

La « continuité thématique » est l’autre nom de l’interdisciplinarité. Pour pratiquer concrètement l’interdisciplinarité, il faut qu’une entité incarne le tout des disciplines à rapprocher, le tout évolutif de la science, l’encyclopédie. Que le CNRS incarne l’encyclopédie ne signifie pas qu’il se l’arroge. Il marque, simplement, un point de repère. »

Article complet : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2164

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