Lettre-type à propos du droit de grève, des rattrapages et de la position ministérielle

Madame, Monsieur le la (Député, maire, recteur, préfet)

La France connaît depuis le début du mois de février une mobilisation sans précédent (il faut remonter au XIIIe siècle !) de la communauté universitaire et du monde de la recherche. Quelles que soient vos positions politiques, force vous est de reconnaître que ce mouvement touche toute notre communauté, tous les syndiqués et non-syndiqués, apolitiques, de droite, de gauche, sociétés savantes, Académie des sciences, prix Nobel, médailles Field, Institut Universitaire de France, etc., soit un ensemble de personnes particulièrement responsables, compétentes et autorisées. Personne ne peut donc affirmer que l’on a affaire à un mouvement politique, partisan ; il s’agit de la mobilisation de l’ensemble d’une communauté avide de réforme, mais de réforme non chaotique, concertée, cohérente, s’inscrivant dans la durée et pour la durée.

Pour faire une telle unanimité contre elles, de la part d’un milieu professionnel comportant l’élite intellectuelle et scientifique de la France, les projets de Mme Pécresse et de M. Darcos sont de toute évidence mauvais ; le simple bon sens permet de le déduire, sans même connaître la teneur de ces réformes.

Celles-ci en effet veulent être imposées sans la moindre concertation préalable, dans la précipitation la plus totale ; elles sont incohérentes et particulièrement dangereuses pour notre pays, tant du point de vue de la formation des futurs enseignants que de la qualité de la recherche. En un temps où il apparaît clairement que l’enjeu essentiel de demain, pour un pays comme la France, est la recherche, l’innovation et la primauté culturelle (dans le monde entier, la France demeure encore la ‘République des Lettres’), il peut paraître particulièrement incompréhensible et irresponsable de présenter des projets qui vont au contraire dans le sens de l’amoindrissement de la qualité de la formation, de l’extinction progressive de la recherche fondamentale et des sciences humaines et, plus généralement, de la perte de qualité de notre Recherche et de notre Enseignement supérieur, en dépit des déclarations d’intention du Président de la République. Rappelons-le encore ici : toute la communauté universitaire et de la recherche rejette ces réformes !

Madame, Monsieur, etc. l’heure est grave. Le gouvernement n’a absolument rien cédé sur les points essentiels rejetés par les enseignants-chercheurs, chercheurs et étudiants. Aux demandes de retrait de textes irrationnels, au désir affirmé de négociation pour de vraies réformes, il a été répondu par, au mieux le mutisme ou les faux-fuyants, au pire l’insulte et la provocation, en des termes parfois indignes, et de la langue française et de la fonction de certaines personnes ignorant alors leur position et leurs responsabilités républicaines. Les universitaires, étudiants et chercheurs sont fortement mobilisés, le mouvement se radicalise même et il est du ressort de l’inconscience caractérisée que de vouloir jouer sur le ‘pourrissement’.

Les dernières déclarations de Mme Pécresse ne font que jeter de l’huile sur le feu. Bien plus, en voulant ignorer que le service d’un universitaire est annuel et que les cours peuvent être rattrapés, elles vont conduire à la situation la plus ctastrophique qui puisse être imaginée pour notre pays, déjà en difficulté sur bien des fronts : si cette logique de bras de fer devait en effet se poursuivre, aucun diplôme ne serait délivré cette année en France ; des milliers d’étudiants auront alors perdu leur année, des milliers de parents auront fait des sacrifices en pure perte.

Madame, Monsieur, etc., il vous appartient, de par votre position d’élu(e), de mettre en jeu toutes vos capacités et vos pouvoirs pour faire en sorte que cette situation dramatique cesse au plus vite ; que Mme Pécress et M. Darcos se rendent à l’évidence et qu’ils retirent leurs projets incohérents pour laisser place à un débat qui pourra conduire à une vraie réforme, en profondeur, de nos institutions de la Rechreche et de l’Enseignement supérieur qui permette de garantir l’avenir de nos jeunes, l’excellence de la Recherche française et, en conséquence, d’affermir la position de la France dans les ‘challenges’ essentiels du monde de demain.

Formule de politesse

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :