Bibliothèques en grève !

*COMMUNIQUE DU PERSONNEL EN GREVE DE LA BIBLIOTHEQUE DE L¹UNIVERSITE DU LITTORAL COTE D¹OPALE*
*Boulogne ­ Calais ­ Dunkerque ­ Saint-Omer*

Pourquoi sommes nous en grève aux côtés des enseignants chercheurs, du personnel administratif et technique et des étudiants de l¹ULCO ?
La loi LRU, dans son ensemble et dans ses décrets d¹application, ne touche pas uniquement le statut des enseignants-chercheurs ni la formation des enseignants via la suppression des IUFM et la mastérisation.
Nous, personnel de bibliothèque de l¹université, sommes également concernés par les enjeux qui agitent l¹avenir des universités en France en général, celui des universités de proximité, comme l¹ULCO, en particulier.

UNIVERSITE EN PERIL = BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE EN PERIL
Université et bibliothèque universitaire sont étroitement interdépendantes. Il n¹est pas imaginable de concevoir une entité sans
l¹autre. Or, l¹ « autonomie » visée par la loi Pécresse a pour conséquence de priver les universités de proximité de moyens à la
hauteur de leurs besoins spécifiques. Il n¹est pas « irresponsable » de penser qu¹à terme ces universités disparaissent, la concurrence voulue par le gouvernement n¹allant pas dans le sens de l¹ULCO mais bien plus dans celui des grandes universités. Si l¹ULCO disparaît, qu¹en sera-t-il de la BULCO et de son personnel ? Serons nous, pour les titulaires, dispatchés entre les différentes universités de la région ou de France ?

RECHERCHE EN PERIL = BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE EN PERIL
Si au mieux les universités de proximité conservent leur public de licence, il est probable que les laboratoires de l¹ULCO et les
chercheurs qui y travaillent migrent vers des pôles plus attractifs. Or ce sont les laboratoires de recherche qui font vivre une université et sa bibliothèque. La BULCO se réduirait-elle alors à procurer de la documentation de niveau 1 seulement, telle un CDI de lycée ? Qu¹en sera-t-il des politiques documentaires mises en oeuvre sur nos sites et qui visent notamment à procurer de la documentation scientifique d¹un haut niveau aux chercheurs ? L¹expertise scientifique des bibliothécaires est directement menacée.

Pour la défense d¹un service public de l¹éducation de qualité, nous réclamons des moyens financiers , la titularisation du personnel contractuel, des créations de postes dans la filière bibliothécaire et nous nous associons aux motions votées par la coordination nationale des universités contre la loi LRU

GLOBALISATION DU BUDGET = RESSOURCES DOCUMENTAIRES EN PERIL
Avec la loi LRU, le budget fléché pour les bibliothèques disparaît. Désormais, les ressources des BU sont fixées par les présidents des universités. Or, dans un budget restreint avec des priorités à définir, comment garantir que l¹université accorde une place de choix aux ressources documentaires ? L¹appauvrissement de nos universités ira de pair avec l¹appauvrissement de nos bibliothèques. Depuis des années nos collègues se débattent déjà dans des contraintes budgétaires serrées, devant régulièrement sélectionner les abonnements de périodiques à supprimer. Ces choix drastiques seront encore plus aigus dans les
années à venir. Comment les bibliothécaires vont-ils pouvoir pallier le manque de moyens pour répondre aux besoins documentaires des étudiants et des enseignants ?

GLOBALISATION DU BUDGET = PERSONNEL EN PERIL
Dans notre bibliothèque, mais comme dans bien d¹autres, la part du personnel contractuel est particulièrement importante (16
contractuels, 39 titulaires) et absolument nécessaire pour répondre aux nécessités de service. Or il est à craindre que ce personnel soit la variable d¹ajustement budgétaire de l¹université.
Pourtant les missions des BU augmentent et le manque de personnel se fait de plus en plus ressentir :
– *pour élargir les horaires d¹ouverture* comme le demande le gouvernement (qui souhaiterait que les BU ouvrent de 8h à 20h en semaine et le samedi toute la journée… mais sans création de postes!). Depuis l¹année dernière, 3 départs de contractuels n¹ont pas été remplacés ….
– *pour assurer les cours de méthodologie documentaire* mis en place dans le cadre du plan Pécresse « Réussite en Licence » (204 heures de cours donnés en 2007-2008 avec du personnel de catégorie A, B, C et des contractuels et perspectives d¹accroissement de ces cours). Si le personnel est convaincu de l¹utilité de ces formations aux outils de recherches, il réclame également le déploiement de moyens financiers pour cette mise en oeuvre.

Le personnel est en nombre insuffisant et assure des tâches de plus en plus lourdes qui dépassent les cadres des missions statutaires dévolues aux catégories B, C et contractuels, dont les salaires n¹ont pas été augmentés contrairement à celui de certains hauts fonctionnaires…

CRAINTE POUR L¹AVENIR DES METIERS DE BIBLIOTHEQUE
La spécificité de la filière bibliothèque est remise en cause, en particulier par le rapport Schwartz : budget dépendant du président de l¹université, mais aussi *absorption du personnel de bibliothèque dans le personnel ITARF.*
A l¹avenir un enseignant chercheur pourrait occuper un poste de conservateur, et les directeurs des grandes bibliothèques ne seraient plus forcément choisis parmi les conservateurs. Ces dispositions nient totalement la qualification et l¹expertise qui incombent à ces postes .
De même, le projet de fondre le corps des catégories B et C dans le corps des ITARFS, s¹il a été reporté, est toujours d¹actualité : si la BULCO ferme ou réduit ses sites, peut-être les magasiniers seront ils « recyclés » dans les personnels techniques ou administratifs de l¹université. Ces métiers correspondent-ils aux qualifications qu¹ils ont acquises et validées par un concours ?

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CNRS : moins 1000 postes dans 4 ans ?

Communiqué des syndicats du Cnrs

Si l’importance des mobilisations en cours ont obligé F. Fillon et V. Pécresse à annoncer qu’ils renonçaient aux suppressions de postes prévues pour 2010 et 2011 dans les universités, rien n’a été annoncé pour les organismes de recherche. Le fossé existe toujours entre les revendications des personnels des laboratoires et le ministère qui maintient les suppressions de postes dans les labos, qui refuse la mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emploi et  continue le démantèlement des EPST.

Selon les informations dont nous disposons, mais qui n’ont pas encore été rendues publiques, le CNRS continuera à perdre des emplois sur la période 2009-2013. Cette «version» du contrat d’objectifs et de moyens entérine la baisse de l’emploi scientifique et technique. 596 postes d’ITA et 253 postes de chercheurs seront perdus sur les cinq prochaines années. La création de chaires CNRS-Universités au rythme de 90 par an continuera à consommer deux postes de fonctionnaires pour un emploi créé. Une telle politique de l’emploi est inadmissible. Il est de la responsabilité de la direction du CNRS de revoir d’urgence ses demandes en matière d’emploi et de d’exiger du ministère de réels  moyens supplémentaires en terme de postes de titulaires. Les organisations signataires rappellent leur exigence de voir transférer les financements de l’ANR vers les organismes, ces budgets pourraient tout à fait permettre de stabiliser les personnels sur CDD et financer une partie du plan pluriannuel de l’emploi qu’elles exigent.

Pour ce qui concerne les autres aspects du Contrat d’Objectif Moyens  qui donne de plus en plus l’impression de se limiter à un simple contrat d’Objectifs sans moyens -, nous voulons rappeler notre opposition de principe sur les points suivants.

·       Nous sommes fondamentalement attachés au bon fonctionnement des UMR. Celui-ci nécessite un équilibre sincère entre les universités et les EPST. Cela n’est pas le cas dans les rédactions successives qui nous sont proposées. Nous exigeons un contrat  identique entre les laboratoires et chacune de leur tutelle scientifique, quel que soit le gestionnaire financier. Le CNRS choisissant le rôle d’agence de moyens vis à vis des UMR sous gestion universitaire affectera ou retirera des personnels en fonction de critères non pas scientifiques, mais d’opportunité ou de suivi d’indicateurs technocratiques. Nous refusons cette fragilisation des équipes de recherche et rappelons que  les salariés ne sont pas des  pions.

·        Nous récusons le poids excessif que vont prendre le contrôle administratif, le poids des critères et indicateurs non scientifiques. Il faut rétablir le comité national dans tout son rôle d’évaluation des unités, des personnels et de la prospective scientifique. La structuration scientifique doit demeurer la colonne vertébrale de l’organisation de l’établissement. L’administration doit s’organier en appui de celle-ci en créant la cohérence de l’organisme. Nous dénonçons également la décision de créer immédiatement, sur ordre du ministère, le dixième institut des Sciences et technologies de l’Information, sans avoir achevé le cycle normal des consultations. Mais là encore, nous ne pouvons interpréter cette décision que comme la volonté d’accepter sans  jamais les discuter les ukases du ministère. Nous exigeons l’ouverture immédiate de négociations avec le ministère sur les revendications des personnels des organismes de recherche. Nous appelons les personnels des laboratoires à amplifier  leur mobilisation et à participer à la journée nationale des délégués des assemblées générales de laboratoires le 12 mars 2009.

SNTRS-CGT, SNCS-FSU, SGEN-CFDT Recherche EPST, SNPTES-UNSA, SNPREES-FO, SUD Recherche EPST

(Voir également l’article de Sylvestre Huet annonçant la « fuite » d’un document annonçant 1000 postes en moins sur les 4 prochaines années pour le CNRS)

Mise à jour 22h19 : Un collègue du CNRS Villejuif indique que « Les informations de Sylvestre Huet sur les suppressions de postes au CNRS pour 2009-2013 sont recoupées. La direction du CNRS a essayé, sur ordre, de les retenir le plus longtemps possible. 600 ITA, 250 chercheurs. A cela s’ajoutent les 450 « chaires mixtes universités-organismes », dont chacune représente un poste de CR ET un poste de MCF. Pas de suppressions de postes d’enseignants-chercheurs en 2010-2011, nous dit-on ? Les voici, pourtant.« 

Communiqué (OSC, SCIENCES PO/CNRS) DU 25 FEVRIER 2009

COMMUNIQUE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU PERSONNEL DE L’OBSERVATOIRE SOCIOLOGIQUE DU CHANGEMENT (OSC, SCIENCES PO/CNRS) DU 25 FEVRIER 2009

Le personnel de l’OSC, réuni le 25 février 2009 en assemblée générale, affirme sa participation au mouvement de protestation nationale contre les réformes déjà mises en œuvre ou envisagées dans l’enseignement supérieur et la recherche. Face au mépris exprimé par le Président de la République dans son discours du 22 janvier et à l’absence de concertation dont font preuve les Ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’assemblée générale, demande, en accord avec la coordination nationale des universités :

* Un plan pluri-annuel de recrutement d’enseignants-chercheurs et de chercheurs conforme à la priorité affichée par le gouvernement pour l’enseignement supérieur et la recherche ; le rétablissement de tous les postes supprimés dans l’enseignement et la recherche ; la fin de la politique de précarisation des emplois scientifiques ; la conversion des post-docs CNRS récemment supprimés en postes statutaires.
* L’arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche (CNRS, INSERM, INRA…) et le rétablissement de l’ensemble de leurs missions (opérateur de recherche, labellisation des revues…), ainsi que l’abandon de la transformation du CNRS en instituts devenant agences de moyens.
* Le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs ; le maintien et le renforcement de procédures collégiales pour le recrutement, l’évaluation, et l’attribution des services d’enseignement et des décharges pour la recherche.
* Le retrait de la réforme de la formation des enseignants du premier et du second degré dans sa forme actuelle ; la mise en place d’une véritable formation professionnelle, initiale et continue, pour tous les enseignants par une articulation efficace de l’apport des universités et des IUFM.
* L’augmentation du nombre de financements de thèse ; la mise en place d’un véritable statut pour les doctorants dont l’activité principale serait de se consacrer à leurs propres travaux de recherche.

L’assemblée générale ne défend pas pour autant le statu quo et appelle, au contraire, à une réflexion collective, faisant suite aux propositions élaborées lors des Etats généraux de la Recherche de 2004, concernant l’exercice des métiers de l’enseignement et de la recherche, le recrutement, l’évaluation, la carrière, le statut des enseignants-chercheurs, doctorants et post-docs, ainsi que la gouvernance au sein des établissements.

Elle réclame une politique ambitieuse et volontariste pour l’enseignement supérieur et la recherche, qui ne peut être menée sans un accroissement significatif des moyens financiers alloués aux Universités et aux organismes de recherche et une meilleure répartition entre les institutions, notamment entre les grandes écoles et les universités.

Elle souligne l’importance d’investir dans la formation des jeunes et dans la recherche en cette période de crise économique et sociale, et demande également que la réflexion sur l’enseignement supérieur et la recherche s’inscrive dans le cadre d’une politique globale concernant l’amélioration de la formation de la maternelle à l’université.

Elle s’associe donc aux actions engagées et appelle à la mobilisation pour obtenir le retrait des projets en cours, qui, en l’état actuel, ne peuvent qu’affaiblir l’enseignement supérieur et la recherche en France.

L’UTT : laboratoire de la LRU

« L’UTT : Laboratoire de la LRU
L’Université de Technologie de Troyes est passée, dans le cadre de l’autonomie élargie, sous le coup de la LRU au 1er Janvier 2009. De par son statut dérogatoire d’U.T., cet établissement était déjà structurellement proche de la future autonomie. Durant les quatre années qui ont précédé le passage officiel, la direction a pu procéder à une mise en place anticipée de certains éléments de la réforme mais aussi, en parallèle, à une réorganisation de l’établissement.
A côté du discours officiel, largement véhiculé au travers des médias, voici quelques éléments d’information sur ce qui s’est passé en interne, vu par l’oeil des personnels, toutes catégories et statuts confondus. Ce témoignage est destiné à servir d’illustration à ce que pourrait engendrer la réforme qui a conduit la majorité des universités à se mobiliser. L’UTT est un établissement efficace, basé sur des valeurs humanistes dans lequel nous investissons quotidiennement notre énergie. Il nous est particulièrement cher. Nous avons longtemps hésité avant de témoigner, mais il nous faut faire entendre une autre vérité.
Gouvernance et démocratie

Le « Directeur » conduit désormais l’organisation en « Manager » partisan du toujours plus. Régulièrement, il rencontre directement la ministre avec les autres directeurs d’établissements passés à la LRU. Comme ailleurs, c’est le Conseil d’Administration (CA) qui contrôle le directeur mais ici, de par le fonctionnement particulier et dérogatoire des U.T., cet organe est composé d’une majorité de membres extérieurs, non pas élus, mais « cooptés » par le CA lui-même. A l’UTT, la représentation interne est minoritaire. Intervenir en contrepoint d’une décision est de ce fait structurellement délicat pour les personnels élus. Les membres internes élus suivaient jusqu’à récemment « très » souvent l’avis général. Cependant, progressivement et à l’initiative des personnels, cet organe a demandé son bilan au directeur qui jusqu’à ce jour tarde à le fournir, même à l’assemblée censée le contrôler. Un audit des personnels a bien été effectué par un membre du CA, quant à l’état des choses après quatre ans de mandat. Cependant, même le CA n’a pu obtenir le compte rendu écrit de cet audit.
Depuis, l’auditeur auquel les personnels avaient largement fait part de leurs points de vue, a intégré la direction de l’UTT comme « directeur adjoint ».
Depuis quatre ans, plusieurs directeurs de service « non fonctionnaires » dont le personnel a du mal à déterminer les missions précises ont intégré l’organigramme de l’université. A tel point que certains postes semblent tout simplement avoir été dédoublés : par exemple, jusqu’à récemment, le binôme Agent-comptable/Directeur Financier.
Tout ce qui ressemble à un comité autre que le CA (Conseil Scientifique, Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire…) est devenu de plus en plus « consultatif » et leurs avis sont de moins en moins pris en compte. Les candidatures y sont d’autant moins nombreuses.
Organisation
Dès son arrivée, le directeur a mis en place une organisation « matricielle ». Malgré les nombreuses demandes d’explications du personnel, sur la nécessité de cette nouvelle organisation, décrétée sans bilan préalable de l’existant, aucune justification n’a été
donnée. Après quatre ans de « déploiement » laborieux, sans accompagnement aucun, de comité de pilotage en audit de consultants, de multiples déménagement de bureaux en mutations internes sans concertation, il est tout simplement devenu
impossible de décrire le fonctionnement réel de l’université. Si ce n’est peut être qu’elle ressemble désormais étrangement à ce qu’elle était à l’origine, mais avec une multiplication des responsables d’équipes, « patrons » de programmes et de pôles, etc.,
une complexification des procédures et une grande difficulté à savoir qui est responsable de quoi. A titre d’exemple, les comités de direction « restreint » (CDR) et « élargi » (CDE), corollaires de la nouvelle organisation, comprennent respectivement
plus d’une quinzaine et d’une trentaine de membres (pour 300 personnels). Le CDE, contrairement au règlement intérieur, semble exclusivement consultatif. Cependant, malgré cette organisation illisible, il nous a fallu continuer à faire fonctionner notre établissement, conduits par l’ambition de contribuer à son rayonnement. Toutefois, le fruit de ces efforts fait croire que, vu de l’extérieur tout va bien, d’où un sentiment de frustration des personnels.
Ressources Humaines
Il faut malheureusement reconnaître que le sentiment qui prime parmi les personnels est la crainte. Avec 50% de contractuels qui sont donc de fait sous la menace tacite de perdre leur emploi, détail qui, pour certains, leur est épisodiquement et « oralement » rappelé, le terrain est désormais « fertile » à un développement d’une forme de management plus « directive » clairement revendiquée par le directeur. Le soutien des contractuels aux actions du personnel est réel mais nombre d’entre eux expliquent qu’ils ne peuvent décemment pas s’exprimer.
Au niveau managérial, les recrutements sont sans contrôle aucun. La nouvelle organisation a entraîné une captation des postes obtenus à ce niveau, avec un fort déséquilibre au détriment de postes opérationnels, comme ceux d’enseignement et de recherche. Nous sommes là très loin de l’organisation des concours du public tant critiqués. L’obtention de postes de catégorie B et C n’a plus cours. A fonctions équivalentes, les statuts peuvent être différents, entraînant de fait une inégalité de traitement et les tensions qui l’accompagnent. Certaines « nominations » sont faites à l’opposé des propositions des responsables, de l’intéressé, voire de scrutins d’équipes dégageant une forte majorité. La commission de spécialistes a été dissoute, mais aucun
comité de recrutement n’a encore été constitué. Aucune information n’a été transmise aux enseignants-chercheurs sur les règles de fonctionnement de ces recrutements.
Ainsi, on peut craindre, comme l’ensemble de la communauté universitaire en France, que le caractère collégial et le principe du recrutement par les pairs soient totalement abandonnés. Les profils de poste sont maintenant définis prioritairement par rapport à leur adéquation avec la « stratégie de l’établissement ». Cette stratégie est peu claire et résulte de décisions uniquement prises par la direction de l’établissement sans concertation préalable. Par exemple, la stratégie de recherche de l’établissement est basée sur une thématique (sécurité et gestion des risques) qui ne fédère pas toutes les équipes et tous les enseignants chercheurs.
Afin de régler les problèmes, un « chantier ressources humaines » a été lancé il y a plus de deux ans et n’est toujours pas opérationnel. Corollaire logique, les départs de personnels compétents ont été nombreux, les projets de départs le sont aussi. Le nombre de bonnes volontés est en baisse. En conséquence, il devient difficile de trouver des volontaires pour tout ce qui n’est pas directement rémunérateur, que ce soit financièrement ou en termes de carrière, comme un jury de suivi des études par exemple. Du fait de cette politique, l’heure n’est plus au collectif.
Finances
Comme nulle part ailleurs dans les universités, sous prétexte de la mise en place de la LOLF, un projet de comptabilité analytique est en cours depuis quatre ans. Ce dernier a nécessité la présence d’un « directeur financier » aux côtés de l’agent comptable. Le personnel chargé de toutes les affaires financières a dû être renforcé. Les budgets ne semblent plus contrôlés au regard de missions de service public, mais en vertu d’une recherche de rentabilité érigée en principe. Pour prendre une illustration, un « bon » projet de recherche permettrait à l’université de « faire de la marge », de rapporter bien davantage que ce qu’il coûte, cela étant calculé à l’aide du coût environné journalier par chercheur et par temps alloué au projet. Plus de 90% des fonds de l’université viennent du public, et ce que nous « produisons » (des publications et des diplômes) ne se vend pas. Nous nous demandons toujours quelle péréquation débit/crédit on peut opérer dans ce cadre, quelle que soit la finesse de la comptabilité employée. Après quatre ans d’expérimentation de cette nouvelle comptabilité, le budget est plus illisible
que jamais et tarde à être ficelé.
Aucune des procédures financières n’a été simplifiée et leurs délais d’exécution se sont allongés. De là découle une réactivité globale amoindrie. L’application de la loi va dans le sens d’une multiplication de coûts fonctionnels (et de recrutements, comme
aujourd’hui, en RH, finance…). Un prestataire externe est envisagé pour la gestion des salaires des personnels, alors que les tarifs de la Trésorerie Générale sont imbattables et sa probité incontestable…
Marchandisation du service public
La logique du retour sur investissement entraîne l’inversement quasi mécanique de l’ordre de priorités des trois missions de notre université, à savoir l’enseignement, la recherche et le transfert de technologies. Certes, le transfert était un objectif dès la
création de l’UTT. Les personnels adhèrent à ce point de vue et nombre d’entre eux collaborent déjà avec les entreprises. Mais aujourd’hui le transfert est devenu « la » priorité. En conséquence, la relation avec le service valorisation et transfert (DVPI),
désormais composé de 11 personnes, a changé. Les chercheurs établissaient souvent des relations directes avec les entreprises, notamment à l’occasion de suivi de stages étudiant, durant lesquels le contact s’opère naturellement. Ces relations évoluaient
fréquemment vers des collaborations fructueuses. Aujourd’hui, ils voient ce travail ruiné par des comportements mercantiles d’approche directe du service valorisation mandaté pour faire du chiffre. Autrefois reconnaissants de trouver un appui technique et juridique auprès de ce service, les enseignants-chercheurs sont désormais considérés comme des exécutants, devant se conformer aux missions de la DVPI. Ces missions sont sans lien direct avec les besoins réels du terrain et ne mènent pas à la production de connaissances originales. A titre d’illustration, le dépôt des dossiers auprès de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) est désormais validé par la DVPI, en regard de bénéfices financiers attendus, hors les retombées scientifiques possibles.
Conclusion
Dans l’esprit des nouvelles réformes, notre université est désormais gérée comme une entreprise. Ses finalités deviennent : recherche de rentabilité et marge. En appliquant chez nous des recettes qui ont prouvé leur inefficacité, le directeur peut
désormais manager seul, sans contre-pouvoir, une organisation qui n’a de publique que … plus de 90% de son budget.
Après quatre ans d’expérimentation et en l’absence d’élément attestant de l’efficacité tant annoncée des réformes en cours (LRU et autonomie), nous nous associons aux motions déposées par la coordination nationale des universités.

Compte rendu de l’assemblée des personnels de l’UTT réunie le 5 Février 2009 (32 personnes, tous services et statuts confondus)

Communiqué SNESUP 25 Février

COMMUNIQUE
La détermination des personnels et des étudiants de l’enseignement supérieur et de la recherche est exceptionnelle. Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la volonté des enseignants du supérieur, des chercheurs et des personnels techniques, des bibliothèques et de l’administration, de pouvoir exercer pleinement leurs missions de recherche et de formation.
L’intervention du premier ministre, mercredi 25 février, marque une inflexion non exempte de calculs. D’une part, le premier ministre répond à la marge aux revendications clairement formulées par le SNESUP, l’Intersyndicale et la coordination nationale des universités. D’autre part, en ayant choisi de rencontrer la seule CPU ce mercredi, il refuse d’entendre ceux qui portent réellement les revendications et aspirations des personnels et sont en capacité de négocier.
Le SNESUP, soucieux d’ouvrir des voies de progrès et des avancées réelles, communique ce jour un ensemble de questions relatives aux quatre grands axes revendicatifs de la communauté universitaire. Il appelle les personnels à amplifier partout sous toutes les formes les actions de grève et de manifestations pour voir enfin apporter à leurs revendications des réponses satisfaisantes. Dans ce cadre, il appelle à se rassembler devant le ministère vendredi 27 février à 10 heures.
En matière d’emplois, de formation et de recrutement des enseignants du premier et du second degrés, nos exigences – l’intervention du premier ministre l’a confirmé – débordent du cadre du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’ampleur de la crise dans les établissements d’enseignement supérieur, dans les organismes de recherche, appelle des réponses précises à nos questions. Le SNESUP interpelle le premier ministre pour qu’il s’engage dans cette voie. Les conditions requises pour que le SNESUP participe à des négociations ne sont pas remplies. Il attend du gouvernement des engagements concrets à la hauteur des revendications portées par la mobilisation. Le gouvernement, de manière solidaire, ministre de l’éducation nationale, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, premier ministre, doit répondre avec précision aux interpellations suivantes qui complètent les plateformes intersyndicales et de la coordination nationale des universités.
C’est au vu de ces réponses globales, précises et chiffrées que le SNESUP, en convergence avec des organisations syndicales, collectifs et associations, pourra prendre la décision d’engager des négociations avec le pouvoir public le moment venu. Le SNESUP y est prêt.

Quelques questions relatives aux grands axes revendicatifs de la communauté universitaire.
A/ La formation et le recrutement des enseignants
1. Maintien des concours en l’état pour la session 2010 ;
2. Réaffirmation des rôle et missions des IUFM et de leur potentiel de formation ;
3. Remise à plat globale du dispositif articulant les formations disciplinaires, professionnelles et les concours de recrutement pour les sessions 2011 et suivantes. Mise en débat de la place du concours et de son contenu. Mise en place d’un dispositif
de soutien financier aux étudiants et de pré-recrutements ;
4. Discussion sur les dispositifs transitoires dans l’attente d’une mise en oeuvre complète du dispositif ;
5. Mise en place d’un réel cadrage national de la formation.

B/ Le décret statutaire
1. Prise en compte de l’ensemble des tâches dans les services et refus de la modulation ;
2. Maintien du rôle du CNU, majoritairement élu, dans la gestion des carrières, des congés sabbatiques et des promotions ;
3. Gestion nationale des emplois ;
4. Révision et accélération de la carrière des maîtres de conférences avec fluidité accrue du passage vers la hors-classe. Suppression du barrage PR2 vers PR1 ;
5. Maximum réglementaire de 150 h équivalent TD de service d’enseignement, avec TP=TD. Allégement de services systématiques pour les maîtres de conférences nouvellement recrutés ;
6. Mise en extinction de la logique des primes au bénéfice d’avancements accélérés ; dans une phase transitoire, attribution des PEDR par les sections du CNU.
7. Remise en cause des dispositifs de recrutement des enseignants-chercheurs ;
8. Ces dispositions impliquent de revenir sur la loi LRU.
C/ Les moyens et l’emploi
1. Rétablissement des emplois supprimés au budget 2009, non pas en CDI sur la base d’une enveloppe budgétaire, mais en postes statutaires à partir du 1er juillet 2009 ;
2. Rétablissement des 130 emplois de chargés de recherche supprimés au titre des chaires ;
3. Discussion d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires ;
4. Mesures favorisant la transformation d’emplois de PRAG docteurs et qualifiés en maîtres de conférences sans perte du potentiel d’enseignement ;
5. Révision globale du système d’affectation des moyens d’Etat aux universités (système SYMPA).
D/ La recherche
1. Retrait du projet de contrat doctoral et élaboration d’un texte garantissant tous les droits des docteurs et favorisant leur insertion ;
2. Rétablissement des missions des organismes de recherche en tant qu’opérateurs. Revitalisation du mode d’association sous forme d’UMR entre universités et organismes de recherche ;
3. Transformation du rôle et de la composition de l’AERES ; reversement des crédits de l’ANR aux universités et organismes ;
4. Financements majoritairement récurrents, fortement réévalués et n’impliquant pas d’emplois précaires ;
5. Rétablissement et revitalisation du comité national de la recherche sur des bases largement élues pour les élaborations prospectives de la recherche.

L’amour de nos dirigeants

A lire dans le Canard Enchaîné du 25 Février.

canard

Prise de la Bastille à Grenoble : un succès

C’est fait! Nous avons cette après-midi pris la Bastille de Grenoble, pour libérer l’éducation des chaines de la marchandisation, du mépris et de l’ignorance! Voici quelques liens. Nous n’abdiquerons pas!