Propositions pour le décret enseignants-chercheurs

Ce texte est issu des réflexions menées dans le cadre de la grève active de l’UFR de physique de l’université Denis Diderot (Paris 7)
« Une réforme nécessaire pour l’Université
Vous vous sentez concerné par l’avenir de l’Université et de la Recherche ? Vous considérez que l’Université est un bien public, au même titre, par exemple, que l’École ou l’Hôpital ? Vous êtes attaché à un accès au savoir pour tous et à une recherche publique pérenne et ouverte ? Nous vous invitons à soutenir ces propositions en signant cet appel.
Quel statut pour les universitaires ?
Le décret de 1984 qui régit le statut des enseignants-chercheurs n’est pas satisfaisant. De fait, les 192 heures statutaires ne recouvrent que le temps de cours devant les étudiants et ne comprennent donc pas l’ensemble du travail afférent à l’enseignement (préparation des cours, réunions pédagogiques, préparation des sujets d’examen et correction de copies, jurys d’examens et de concours, mais aussi administration de l’enseignement, suivi des étudiants sortant de l’Université, encadrement de stages). À cela s’ajoutent d’autres tâches d’administration et d’évaluation (participation aux conseils de l’université, comités d’évaluation, jurys de recrutement, expertises) ainsi que de gestion de la recherche (comptabilité, secrétariat, préparation des demandes de financement sur projet). En augmentation croissante, ces tâches réduisent d’autant l’activité de recherche proprement dite. Par ailleurs, un grand nombre d’entre elles ne relève pas de l’activité d’un universitaire, telle que nous la concevons. Par comparaison, dans la plupart des universités étrangères dont l’activité de recherche est unanimement reconnue, les universitaires effectuent statutairement un service équivalent à environ la moitié de celui en vigueur dans les universités françaises. Les tâches de gestion y incombent à un personnel qualifié et nombreux. Une telle organisation, demandée depuis des années par les universitaires français, est la condition nécessaire pour une recherche et un enseignement de la plus haute qualité.
Sur ces bases, nous demandons fermement, pour tous les universitaires, quels que soient leur établissement et leur grade, un nouveau statut de fonctionnaire d’État :
* qui réaffirme la liberté académique pour l’enseignement et la recherche (décret de 1984),
et qui stipule :
* un volume statutaire d’enseignement de 120 heures équivalent TD ;
* la liberté donnée aux enseignants-chercheurs de répartir collégialement leur temps d’enseignement sur quelques années ;
* la possibilité effective d’obtenir plusieurs congés sabbatiques de recherche au cours de leur carrière ;
* la prise en compte, dans les carrières, des tâches attenantes à l’enseignement.
Le temps libéré sera dévolu à l’activité de recherche. Il permettra également une amélioration qualitative de l’enseignement, d’autant qu’à l’Université, quel que soit le cycle de formation, l’enseignement et la recherche sont imbriqués. Le changement de statut s’accompagnera d’une rénovation en profondeur des pratiques pédagogiques et d’une réorganisation des cursus d’enseignement dans les différentes filières, menées collégialement par les universitaires.
Cette réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche doit nécessairement s’accompagner d’un plan pluriannuel comprenant deux volets :
* la création de postes statutaires permanents (fonctionnaires d’État) de BIATOS et d’enseignants-chercheurs pour assurer avec compétence l’ensemble des missions de l’Université ;
* l’amélioration des conditions d’accueil des étudiants (bibliothèques, salles de travail, logement) permettant le travail personnel nécessaire à l’acquisition d’une formation intellectuelle et professionnelle.
Cette réforme nécessaire est seule à même d’offrir au plus grand nombre une formation pertinente et d’en garantir les retombées sociétales. Les capacités de recherche et d’innovation s’en trouveront démultipliées, tant qualitativement que quantitativement. L’effort budgétaire public nécessaire à la mise en place de cette réforme permettra de rattraper le retard d’investissement dont souffrent l’enseignement supérieur et la recherche publics. Les fortes retombées économiques attendues à moyen terme achèvent d’en relativiser le coût.
Cet appel se veut une contre-proposition au projet du gouvernement sur le statut des enseignants-chercheurs. Il pourra alimenter la concertation que la Coordination Nationale des Universités réclame avec vigueur, en lieu et place des projets actuels. Il invite à lancer d’autres propositions concernant tous les points mis en avant par la Coordination.
 »

Il est possible de lire et de signer cet appel en ligne : http://universites.ouvaton.org/

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  1. ok

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