Les attaques visent toutes les formations de la fonction publique

Les attaques visent toutes les formations de la fonction publique

Grâce à la mobilisation des personnels et des étudiants des universités (et désormais aussi de ceux de l’enseignement primaire et secondaire) les conséquences néfastes de la réforme prévue de la formation et du mode de recrutement des enseignants de la  maternelle au lycée commencent désormais à être connues.
Ce projet de réforme impose à la va-vite la création de nouveaux « masters d’enseignement » (= bac + 5), qui supprime l’année de stage de formation pédagogique qui suit normalement la réussite au concours et permet d’économiser l’équivalent de 20 000 postes. Les étudiants et les parents devront ainsi financer une année d’étude en plus. A très court terme les concours nationaux seront menacés. En effet, sans aucun argument rationnel le gouvernement a programmé une forte baisse du nombre de postes pour le recrutement des professeurs des écoles, des collèges et des lycées. Les titulaires de ces futurs « masters », dont la plupart ne seront pas reçus aux concours dont le nombre baisse, formeront ainsi un vivier dans lequel les districts locaux de recrutement (qui sont en train d’être mis en place) pourront puiser pour alimenter la création d’une catégorie d’enseignants précaires.
Une casse similaire du recrutement et de la formation dans d’autres secteurs des services publics est désormais ouvertement envisagée. Des menaces pèsent sur la formation délivrée dans les 169 écoles de la Fonction publique, qui forment  par exemple les magistrats, les agents des impôts ou les ingénieurs de l’Etat. Les secteurs concernés sont très nombreux, on peut citer notamment les Impôts,  les Douanes, la Santé, la Magistrature, la Police, la Défense, la Culture,  la Diplomatie, mais aussi l’ENA, l’école Polytechnique ou les Ecoles Normales  Supérieures. Actuellement ces 169 écoles sont réparties dans 99 villes et elles emploient 50.000  personnes.
Dans un rapport préconisant une  réduction de leur nombre, ces écoles sont accusées de tous les maux et en premier lieu de coûter trop cher à l’Etat : « près de 2,5 milliards d’euros » par an affirme le rapport en additionnant tous les coûts, notamment les salaires de l’ensemble de ces agents de l’Etat stagiaires. Le document de plus de 200 pages vient d’être remis au ministre de la  Fonction publique par son auteur Raymond-François Le  Bris, ancien directeur de l’ENA. On peut le consulter ici : http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/rapport_le_bris_2009.pdf
La formation de ces catégories de personnels de la fonction publique est jugée comme étant trop longue, « pas suffisamment  professionnalisée » et « mal organisée ». R.-F. Le Bris plaide pour un raccourcissement de la durée de la formation  et une réduction du nombre des écoles, via le regroupement de  certaines d’entre elles. Après la fermeture des tribunaux, il s’agit désormais de fermer certaines de ces écoles !
Quand on veut casser les services publics l’une des manières les plus efficaces consiste en effet de s’en prendre à la formation des personnels. Et au lieu d’envisager de l’améliorer on va plutôt considérer qu’elle a tous les défauts du monde, voire qu’elle est inutile avant de décider de la réduire, voire de la supprimer. Les conclusions du rapport étaient déjà connues avant même qu’il ne soit écrit !
Il s’inscrit en effet ouvertement dans la ligne qui vise à réduire les effectifs. Déjà en 2009 30.000 emplois ont été supprimés en application du credo idéologique  du non remplacement d’un fonctionnaire partant à  la retraite sur deux. Désormais les casseurs qui pilotent le démantèlement des services publics s’en prennent directement aux concours d’entrée et à la formation. Pour cela, ils cherchent notamment à ce que les jeunes, ou leurs familles, payent eux-mêmes leur formation et se présentent aux  concours en étant déjà formés.
R. P. Sociologue.

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Une Réponse

  1. Les personnels et usagers de l’IUFM Centre-Val-de-Loire dénoncent la situation désastreuse et chaotique provoquée par l’actuelle « réforme » des concours et de la formation des enseignants. Ils demandent :

    1) le retrait du projet actuel qui se résume à des annonces médiatiques, désorganise le mode de recrutement et la formation des enseignants, et se traduit par une régression sociale, professionnelle et territoriale pour toutes les personnes concernées : les étudiants, les enseignants, les personnels non-enseignants, mais aussi et surtout les élèves.

    2) le maintien de l’année de formation en alternance rémunérée après le concours, laquelle permet à la fois une entrée progressive dans le métier encadrée par des professionnels et l’existence d’une formation continue des enseignants titulaires en liaison avec l’Université.

    3) l’ouverture de négociations pour une autre réforme de la formation et du recrutement qui respecte la vocation des IUFM à être au cœur de cette formation, qui permette la reconnaissance du haut niveau de qualification et qui tienne compte d’une nécessaire formation professionnelle en prise avec les réalités du terrain départemental et régional.

    En conséquence, les usagers et personnels de l’IUFM Centre-Val-de-Loire demandent la non-remontée des maquettes de master, jusqu’à l’obtention d’une réponse gouvernementale à leurs préoccupations qui sont celles de professionnels, mais aussi de citoyens et de parents.

    Il vous suffit de cliquer sur notre nom (IUFMCVL) pour accéder automatiquement à la pétition « en ligne ». Merci d’avance pour votre soutien.

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