De la maternelle à l’université : non aux contre-réformes Darcos/Pécresse !

De la maternelle à l’université : non aux contre-réformes Darcos/Pécresse !

La communauté universitaire tout entière a commencé et continue avec encore plus de détermination à lutter contre la précarisation de masse qui sera favorisée par les nouveaux concours de recrutement, contre les possibles dérives autoritaires de l’administration des établissements et des rectorats recruteurs, contre le sous-financement chronique de l’enseignement et de la
recherche, contre la remise en question d’une formation disciplinaire et professionnelle de qualité, contre les suppressions de postes à tous les niveaux et dans tous les corps de l’éducation nationale.

Il est de plus en plus clair qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université qui promeut dans les programmes un type de transmission des savoirs réductrice, qui organise une défonctionnarisation de masse de l’éducation nationale, qui soumet à de simples impératifs budgétaires les décisions pédagogiques et scientifiques, qui recrée à tous les niveaux de petites ou grandes féodalités fondées sur la concentration du pouvoir dans les mains de quelques-uns, qui considère que l’on peut transposer tels quels les modes d’administration du secteur privé dans le secteur public. On fait ainsi bon marché à la fois des ravages que ces principes causent chez les salariés du privé et du fait que le secteur public ne peut et ne doit pas répondre aux mêmes critères que le privé, dans la mesure où l’enseignement et la recherche ne sauraient être considérés comme des marchandises.

Tout le monde est d’accord pour proclamer que l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche sont des priorités nationales. Mais le gouvernement le dit sans rien faire pour traduire en actes ces priorités. Il en va pourtant de la responsabilité et de la solidarité entre générations. Pour rappeler le gouvernement à ses devoirs, faisons monter tous ensemble une voix des écoles, des collèges, des lycées, des laboratoires et des universités, une voix qu’il devra entendre.

Les réformes actuellement en cours dans l’université participent aussi d’une attaque globale contre les services publics. Dans le contexte actuel de crise économique et alors que la politique du gouvernement consiste essentiellement à mettre les moyens de l’Etat à disposition des intérêts privés, cette politique est particulièrement insupportable et appelle une réponse globale.

la destruction de nos statuts : le décret réformant le statut des enseignants chercheurs n’est que la dernière en date des réformes qui attaquent les statuts de toutes les catégories de personnels de la fonction publique : individualisation des rémunérations et des carrières pour les personnels administratifs et techniques, bientôt rémunération au mérite des professeurs des écoles… Le projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants (dite mastérisation des concours) participe de la même logique d’accroissement des inégalités et de fragilisation des personnels. Elle signifie la suppression de fait de la formation pédagogique des enseignants du secondaire et du primaire par la disparition de l’année de stage rémunéré qui suit l’obtention du concours. A terme, elle risque de déboucher sur la suppression même des concours.
les suppressions de postes et les restrictions budgétaires : 1 090 suppressions de postes cette année dans le secteur enseignement supérieur/recherche, 13 500 dans le secondaire, 30 000 annoncées pour l’ensemble de la fonction publique. C’est un plan social de grande ampleur que le gouvernement met en œuvre, alors même que l’augmentation dramatique du
chômage sur le dernier trimestre et la crise économique rendent l’accomplissement de nos missions tout à la fois plus difficile et plus indispensable que jamais et exigeraient au contraire un plan ambitieux de création de postes. Le nombre de fonctionnaires ne peut devenir une variable d’adaptation du budget de l’état.
L’extension de la précarité et de l’externalisation des fonctions : dans l’enseignement supérieur, ce sont 1/3 des personnels enseignants ou BIATOSS qui sont en statuts précaires.  La mastérisation des concours pousse au recrutement d’enseignants de plus en plus précaires par la mise  en place d’un volant de reçus au master et collés au concours. L’externalisation forcée
d’une part croissante de nos tâches et la disparition annoncée des catégories C conduisent à une situation qui allie le gâchis des deniers publics ainsi distribués au privé, l’aggravation des conditions de travail et la dégradation
des services publics.
La communauté universitaire tout entière, enseignants-chercheurs, personnels administratifs et techniques, étudiants est entrée en lutte contre cette politique. Nous invitons nos collègues de l’enseignement primaire et secondaire, de la fonction publique et au delà tous les citoyens à débattre de l’opportunité et des moyens à mettre en œuvre pour mener ensemble ce combat indispensable à la survie d’un service public digne de ce nom.
Nous invitons toute la communauté universitaire mobilisée à agir pour créer les conditions de ce débat en allant dès la rentrée scolaire massivement à la rencontre de nos collègues dans les écoles, les collèges et les lycées, à organiser partout discussions et actions communes sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : non aux contre-réformes Darcos/Pécresse ».

  • Alexis Grélois, Université de Rouen, SLU
  • Alice Béja, Allocataire Monitrice, UFR du monde anglophone, Université Paris 3
  • Anne Mounic, MCF, UFR monde anglophone, Université Paris 3, SNESup-FSU
  • Annliese Nef, Université de Paris4, SLU
  • Aude Leblond, AMN LLFL, Université Paris 3
  • Christilla Vasserot, MCF, Etudes ibériques et latino-américaines, Université Paris 3
  • Christine Baron, MCF, LGC, Université Paris 3
  • Christophe Giudicelli, MCF, Université Paris 3
  • Christophe Pébarthe, Université de Bordeaux 3, Snesup, SLU
  • Clément Duyck, ATER, UFR LLFL, Université Paris 3
  • Denis Ferraris, Prof, UFR Italien, Université Paris III, Snesup-FSU
  • Emilie Née, ATER, SYLED/CLF, Université Paris 3
  • Evelyne Variéras, MCF, UFR monde anglophone, Université Paris 3, SNESup-FSU
  • François Niney, MCF, UFR cinéma, Université Paris 3
  • Gabriel Fondet, Bibliothèque Sainte Geneviève, SNASUB-FSU
  • Hélène Conjeaud, CNRS, SLU
  • Hervé Naveau, Magasinier, Bibliothèque des Langues Orientales, CNT
  • Ilda Mendes dos Santos, MCF, Université Paris 3
  • Isabelle Gadoin, UFR monde anglophone, Université Paris3
  • Isabelle Génin, MCF, Monde Anglophone, Université Paris 3, SNESup-FSU
  • Ivan Birks, MCF, UFR Monde Anglophone, Université Paris3, SNESup-FSU
  • Jeanne Aptekman, ATER, CLF, LLFL, Université Paris 3
  • Jeanne Aptekman, ATER, LLFL (CLF), Université Paris3
  • Laurence Giavarini, Université de Dijon, SLU
  • Maryse Vassevière, MCF, SNESUP-FSU, Université Paris 3
  • Mathieu Brunet, Université Aix-Marseille I, SLU
  • Mathilde Bernard, ATER, UFR LLFL, Université Paris 3
  • Michel Bernard, professeur, LLFL, Université Paris 3, SNESup-FSU
  • Nathalie Sebbane, Prag, UFR du Monde Anglophone, Université Paris 3
  • Pascal Levy, IE ITRF, Université Paris 3, SNASUB-FSU
  • Patricia Tutoy, Université Paris 13, SLU
  • Sophie Rabau, MCF, LGC, Université Paris 3
  • Stéphanie Boudet, BU, Université Paris 3
  • Sylvie ROLLET, MCF, UFR Cinéma & Audiovisuel, Université Paris3
  • Valerie Robert, MCF, UFR d’allemand, Université Paris 3, SLU
  • Véronique Abbruzzetti, MCF Etudes italiennes et roumaines, Université Paris 3
  • Yann Philippe, Université de Reims, SLU
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