Actu : enterrement de Nanterre

Cent cinquante étudiants de l’université Paris-X Nanterre ont rajouté, mardi 17 février, une nouvelle revendication originale aux mots d’ordre du mouvement de protestation dans les universités : le maintien du précédent nom de leur établissement, qui s’appelle désormais Paris-Ouest Nanterre-La Défense. Ces étudiants rejettent l’association entre leur établissement et le quartier d’affaires voisin, temple d’un capitalisme honni.
Environ 150 personnes ont donc enterré symboliquement, mardi, leur université. Un étudiant non syndiqué, a prononcé l’oraison funèbre sur le parvis de La Défense. Le cortège s’est ensuite ébranlé, portant un cercueil à bout de bras, dans les galeries commerciales du quartier au son d’une marche funèbre, jouée au tambour et à la trompette. Le mouvement s’affirme ‘spontané’, et une majorité d’étudiants n’appartient à aucune organisation, même s’ils s’affirment proches de la Coordination étudiante.
Les manifestants ont également défendu des revendications plus classiques : contre la mastérisation des concours enseignants, contre le décret sur le statut des enseignants-chercheurs, contre les suppressions de postes ou pour l’abrogation de la loi Libertés et responsabilités des universités (LRU). A Nanterre, la grève est dite ‘active’ : les enseignants accueillent les étudiants dans les amphis pour débattre des motifs de la protestation en cours.
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Une Réponse

  1. Erratum

    L’article ci-dessus est la reprise de la dépêche parue sur le site du Monde du mardi 17 février. Le journaliste a extrapolé à partir de plusieurs détails pour en conclure que nous revendiquions « le maintien du précédent nom de leur établissement, qui s’appelle désormais Paris-Ouest Nanterre-La Défense ». Certes, ce nom ne nous plaît pas, car il est un aspect symbolique des conséquences de la LRU. Mais l’essentiel de nos revendications portaient sur les deux contre-réformes des EC et des concours, sur l’abrogation de la LRU et sur le cadre général du processus de Bologne.
    Malgré nos contacts, le journaliste en question n’a pas encore modifié la teneur de son article. Pour cette raison, je vous transmet le texte de « l’oraison funèbre » ; vous saurez aisément identifier, derrière les procédés de style, les motifs et la mesure de notre colère

    « Chères sœurs, chers frères,

    Nous sommes aujourd’hui réunis en ce triste jour pour accompagner notre défunte amie l’université Paris Ouest Nanterre la Défense, de son nom de jeune fille Paris 10 Nanterre, avant un mariage arrangé avec le patronat. Ame pure et sensible, élevée dans le culte de l’intelligence et de la culture, elle n’a pas pu supporter la compagnie de ces hommes assoiffés d’argent et de pouvoir. Ton agonie, ô Paris 10, fut lente et insupportable ; nous avons tenu ta main à travers toutes tes rechutes : la vérole du LMD, le long et pernicieux cancer du processus de Bologne, la crise foudroyante de la LRU, et finalement les contre-réformes du statut des enseignants-chercheurs et des concours de l’enseignement. Et c’est finalement dans un hôpital délabré par le manque de moyens que Nicolas Sarkozy, exécuteur de l’éducation et des services publiques, t’a achevée d’un coup de poignard chargé du fiel du mépris. Tu es morte dans un dernier râle de protestation et dans l’indifférence médiatique générale.

    Nous t’adressons nos ultimes adieux, nous les orphelins de l’éducation républicaine.

    Au nom du savoir, de la culture et de la liberté.
    Amen ton fric. »

    Adrien Bertrand
    UPX Histoire L3
    non syndiqué

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