« Enseigner, un métier qui s’apprend » (pétition)

http://www.sauvonslaformation.com/petition/?petition=1

Pétition à l’initiative d’enseignants, étudiants, stagiaires, personnels de l’IUFM de Paris, réunis en AG le 13 février 2009.
Les Ministères de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche veulent imposer sans aucune concertation préalable une réforme de la formation des enseignants et des concours de recrutement.
Nous nous opposons à ces mesures qui portent une atteinte sans précédent à la formation des enseignants et au service public d’éducation.
Nous nous opposons à :
– La disparition de la formation professionnelle en alternance dans le cadre de l’année de stage et l’abandon de la formation continue pour tous les enseignants.
– L’absence de dispositions financières suffisantes pour permettre à tous les étudiants de suivre ce nouveau cursus universitaire.
– L’appauvrissement des contenus des épreuves des futurs concours de recrutement.
– La réduction massive du recrutement et l’absence de visibilité sur l’avenir des concours et de la mission publique d’éducation.
En conséquence, nous demandons :
– Le retrait de cette réforme.
– Le maintien en 2009-2010 du dispositif actuel de recrutement et de formation des enseignants.
– La reconnaissance et la valorisation de la durée actuelle de formation portée déjà à Bac + 5.
– Le maintien et le renforcement de la formation professionnelle en alternance.
Et pour ce faire l’ouverture de véritables négociations et dialogues pour élaborer ensemble une réforme cohérente et ambitieuse avec les différents partenaires éducatifs.

Enseigner, un métier qui s’apprend : http://www.sauvonslaformation.com/petition/?petition=1

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE (15 février)

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE REUNIE A RENNES II LES 14 ET 15 FEVRIER

NON A LA CASSE DE L’UNIVERSITE PUBLIQUE ET DE NOS DIPLOMES !

Nous, étudiants de 63 universités réunis en coordination nationale à Rennes les 14 et 15 février, appelons à amplifier la mobilisation sur les universités par la grève réelle et reconductible des étudiants.

Les enseignants chercheurs exigent le retrait du projet de décret qui vise à transformer profondément leur statut. Cette réforme fait de l’enseignement une sanction. Cela va réduire considérablement la qualité des enseignements, donc celle de nos diplômes et donc celle de nos conditions de travail. L’enseignement supérieur est frappé par une série d’attaques majeures. Depuis plusieurs années et en particulier depuis l’adoption en catimini de la Loi LRU en 2007, contre laquelle s’était mis en place une forte mobilisation étudiante, une série de mesures visent à transformer profondément l’enseignement supérieur. Les objectifs de la classe dirigeante sont simples : soumettre les universités à des logiques de compétitivité, de rentabilité, les mettant en concurrence les unes avec les autres, les obligeant à recourir aux financements privés.

Nous, étudiants mobilisés, refusons la privatisation des universités et la soumission aux intérêts privés, nous refusons le développement d’un enseignement supérieur à deux vitesses. Nous refusons de nous voir délivrer des diplômes qui ne protègent pas dans le monde du travail et qui conduisent à la précarité. Nous ne serons pas de la chair à patrons.

La LRU est le cheval de bataille commun aux étudiants enseignants et personnels. C’est derrière le mot d’ordre de l’abrogation de la LRU que le mouvement pourra s’unifier. Face aux attaques actuelles contre l’enseignement supérieur, nous devons bloquer les suppressions de postes et exiger le retrait des réformes suivantes :

* la LRU
* celle dite du recrutement et de la formation des enseignants
* celle dite de l’allocation des moyens
* celle du statut des enseignants chercheurs
* celle du contrat doctoral unique

Le mouvement contre le CPE et la Loi sur l’égalité des Chances a démontré que seule la lutte paie. La mobilisation en cours démontre la volonté de ne pas laisser passer la casse du service public d’enseignement supérieur. Les étudiants doivent s’engager dans la lutte pour défendre les facs, les diplômes et les conditions d’études. Pour gagner sur l’ensemble des revendications, nous avons besoin de généraliser la mobilisation étudiante, de la doter de revendications propres sur lesquelles il est possible de gagner. La semaine qui vient doit permettre de faire passer la mobilisation étudiante d’une mobilisation de solidarité passive à une grève majoritaire, réelle et active des étudiants, seule à même de stopper la logique de libéralisation et de casse du service public d’enseignement supérieur. Aujourd’hui, nous devons amplifier la mobilisation étudiante par la grève, les manifestations, la convergence des luttes.

La mobilisation étudiante doit se poursuivre dans la perspective de généraliser la grève à d’autres secteurs. Après la réussite de la journée de grève et de manifestation du 29 janvier, nous appelons au soutien de toutes les luttes en cours. Nous appelons d’ors et déjà à la nouvelle journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à l’appel des syndicats de salariés le 19
mars prochain.

Sans attendre, nous devons poursuivre la grève étudiante, c’est-à-dire la cessation totale et reconductible des cours. Nous appelons à une journée nationale d’action étudiante le Mardi 17 février, nous appelons à une journée nationale de grève et de manifestation étudiante le Jeudi 19 février.

* Retrait de la réforme des concours d’enseignement dit de masterisation
* Retrait du décret de l’allocation des moyens
* Non aux suppressions de postes dans la fonction publique. Recrutement massif dans l’éducation
* Retour du cadrage national des diplômes et reconnaissance des diplômes nationaux dans les conventions collectives
* Pour la mise en place d’un véritable système d’aide sociale étudiant basé sur des critères sociaux

Actu : Limoges (13 Février)

A l’Université de Limoges, le CA (dirigé par Jacques Fontanille, vice-précident de la CPU), a voté la motion suivante (cf. plus bas). La Fac de Lettres est toujours bloquée par les étudiants.

Motion votée lors du Conseil d’Administration de l’Université de Limoges le 13/02/09
Le conseil d’administration de l’Université de Limoges manifeste avec la plus grande fermeté son opposition à de nombreux aspects des réformes voulues par le gouvernement en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Il regrette les commentaires des plus hautes autorités de l’Etat, qui, méconnaissant la qualité et les modes d’évaluation de la recherche française, ont rompu la confiance nécessaire pour un dialogue constructif. Il demande que la politique de recherche et d’enseignement supérieur mette en place les conditions nécessaires à l’accomplissement des missions de l’Université, au
bénéfice du plus grand nombre et dans le cadre d’une fonction publique d’Etat.
Dans ces conditions :

  • – Le CA exige la mise en place d?un mode de calcul des dotations des universités qui prenne en compte les spécificités des universités pluridisciplinaires ; il demande l’annulation de la suppression des postes, puis la mise en place d’un programme pluriannuel de création de postes concernant toutes les catégories de personnel.
  • – Soucieux de l’intégration de tous les personnels dans un projet collectif d’université, le CA demande l’instauration d’un plan de
  • carrière pour toutes les catégories de personnel et notamment pour les personnels BIATOSS et tous les enseignants affectés à l’université.
  • – Le CA demande la mise en place de conditions d’évaluation individuelle selon des règles transparentes, équitables et
  • susceptibles d’entrainer l’engagement des personnels dans leurs missions.
  • – Le CA exige la renégociation du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs selon un calendrier permettant une concertation large associant les différents acteurs et à la hauteur des enjeux.
  • – Affirmant la nécessité d’une formation de niveau master pour les enseignants du premier et du second degré, le CA rejette les modalités de la réforme proposée et demande que sa mise en oeuvre permette une formation professionnelle de qualité et offre aux étudiants un accompagnement financier approprié.
  • – Le CA demande la revalorisation et l’élargissement des critères d’attribution des bourses étudiantes, prenant en compte
  • particulièrement les critères sociaux.
  • – Le CA demande un financement à hauteur des ambitions affichées pour les PRES, et en particulier pour les PRES multipolaires.

Motion votée à l’unanimité moins une voix contre et deux refus de vote.

Vente aux enchères des enseignants (Lille 2)

Oyez, oyez,

Le collectif des personnels mobilisés de Lille 2 et le Collectif de mobilisation étudiante de Lille 2, ont le plaisir de vous inviter à participer mercredi prochain (18 février 2009), à midi, dans la cour de la Vieille Bourse de Lille (Grand Place), à une vente aux enchères en bonne et due forme des enseignants par les étudiants!

  • Si vous êtes enseignants, venez habillés de vos blouses blanches, robes noires ou d’une pancarte affichant « Ceci est un enseignant(-chercheur)! » ou « Ceci n’est pas un marchand de savoirs » ou autres.
  • Si vous êtes étudiants, le Collectif de mobilisation étudiante mettra à votre disposition les espèces nécessaires à l’achat de vos profs. Si vous souhaitez être acteur à part entière de la saynète, vous pouvez prendre contact avec eux sur leur blog.

Tout autre public est le bienvenu! L’information est à diffuser le plus largement possible. Cette action vise à rendre public et visible notre combat contre les réformes engagées par le gouvernement non seulement dans l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi dans l’éducation primaire et secondaire. La presse sera contactée et des tracts seront distribués aux passants. Tous ensemble, nous pouvons résister à la mise en concurrence de nos établissements et à la mise en marché de nos activités éducatives et scientifiques. Les Savoirs ne sont pas des marchandises, l’Ecole et l’Université ne sont pas des entreprises!!!

NB: A la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Lille 2, un départ collectif est prévu à 11h30 depuis la place Déliot.

Le mouvement monte en puissance à Paris 11 (compte-rendu du vendredi 13)

Le mouvement monte en puissance à Paris 11 (compte-rendu du vendredi 13)

*2 AG de 700 personnels et étudiants à Orsay* jeudi 5 et lundi 9. Nous sommes en grève depuis 2 semaines : des AG dans presque touts les labos, plus de 20 se sont déclarés « laboratoires en lutte» avec annonce sur leur page web, des AG par filières d’enseignement, des AG dans les départements et les IUT. Toutes ces réunions montrent une très forte détermination de nos collègues, qui dépasse le simple retrait des 2 décrets. En licence une grosse partie des cours n’est pas assurée. Nous étions 2000 de Paris 11 dans les rues de Paris mardi : du jamais vu !
Le CA a voté la remontée des maquettes de master enseignement, contrairement à la motion du CEVU, mais les porteurs de maquette ont tous démissionné !
4 réunions se sont tenues cette semaine dans les villes alentour avec des collègues du primaire et secondaire : une grosse centaine de participants (en plus des universitaires) : des échanges très fructueux et une forte envie de faire converger les luttes des différents secteurs de la maternelle à l’université.
Pour en savoir plus, visitez le site http://www.orsayenlutte.info

L’ERIH retire son classement par lettres des revues (22 janvier 2009)

L’ERIH retire son classement par lettres des revues (22 janvier 2009)

Une information importante passée un peu inaperçue dans la mobilisation : l’ERIH (European Reference Index for the Humanities), face à l’avalanche de protestations reçues, a retiré son classement par lettres (A, B, C) des revues de sciences humaines et sociales. Voici un article qui donne la nouvelle sur le site Times Higher Education :

« Index of journals scraps controversial grades
22 January 2009 // By Zoë Corbyn
The architects of a controversial European journal-listing system for arts and humanities have made a major concession to those who fear that the index will be misused to judge the quality of academics’ work.
The European Reference Index for the Humanities (ERIH) uses letters – A, B and C – to divide journals into « high-ranking international publications » (A), « standard international publications » (B) and those with important « local/regional significance » (C). But the European Science Foundation (ESF), which is behind the index, agreed to drop the letters. Michael Worton, a member of the ERIH steering committee and vice-provost of University College London, said the categories would be replaced with written descriptors, with the wording released soon. « We have been saying it until we are blue in the face that this is not
about hierarchies but about category difference … (the change) will make everything a lot clearer, » he said. The decision came as 61 international journal editors prepared to fire their first salvo of the year against the index. The editors, of the history of science and science studies journals, said they intended to publish editorials in their first issues of 2009 requesting that their
journals be withdrawn from the ERIH, a plan first reported in Times Higher Education last October.
« We want no part of this dangerous and misguided exercise, » reads the joint editorial. « (This is) an expression of our collective dissent and our refusal to allow our field to be managed and appraised in this fashion, » it continues. The editors are also to refuse to join the panels being established to « improve » the ERIH listings. Professor Worton said that while the journals editors could refuse to co-operate with the ESF over releasing further information for the project, they could not withdraw their publications from the lists because the journals existed in the public domain. »

Retirera … retirera pas …

Après un énième cafouillage laissant penser que le décret sur les enseignants-chercheurs serait, in fine, retiré, Valérie Pécresse se dit finalement déterminée à poursuivre la réforme de l’enseignement supérieur. Voir ses déclarations dans :

Le terme « caduc » n’est pas choisi au hasard, il fait suite à un communiqué du SNESUP en date du 14 Février, reproduit ci-dessous :

Communiqué du SNESUP-FSU,
Les 100 000 enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs,personnels et étudiants qui ont manifesté mardi 10 février pour une inflexion notable des politiques universitaires et de recherche méritent de claires annonces.
* Sans tourner autour des mots le président de la République et la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche doivent dire que le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs est caduc. Il y a aujourd’hui une double incompatibilité : celle – essentielle – entre le texte connu du décret et les aspirations de la communauté universitaire, et celle entre la lettre de mission  de V Pecresse à la « médiatrice » qui mentionne un retravail du texte respectant les orientations du projet actuel…et les mots rapportés de N Sarkozy demandant que soient explorées d’autres voies.
* L’enjeu de la formation des professeurs des écoles et professeurs des lycées et collèges, compétence partagée du MESR et du MEN appelle un choix audible pour les étudiants et les formateurs. Le petit jeu et les provocations verbales des deux ministres concernés, n’est plus de mise. Le Premier ministre doit s’engager à maintenir  les concours (PE et CAPES) dans leur format actuel pour 2010 et ouvrir avec l’ensemble du monde de l’éducation des négociations qui n’ont jamais débuté.
* Dès maintenant la « relance » passe par l’emploi scientifique et le rayonnement des organismes de recherche. D’immédiates mesures s’imposent pour engager les recrutements et l’avenir du CNRS.
Les milliers d’universitaires dans une grève inédite et responsable, le SNESUP  leur première force syndicale, portent avec détermination ces exigences scientifiques et démocratiques.
Paris le 14 février 2009

Extrait de presse ce dimanche 15 février
« Le décret sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs français, qui ulcère la communauté universitaire, « n’est pas caduc », déclare la ministre de l’Enseignement supérieur. Nicolas Sarkozy a demandé vendredi à Valérie Pécresse d’explorer
« rapidement » de « nouvelles pistes » pour l’évaluation des enseignants-chercheurs, l’un des points clés de la réforme de leur
statut, après la nomination d’une médiatrice chargée de poursuivre la concertation, Claire Bazy-Malaurie.
Mais la ministre de l’Enseignement supérieur estime que ces deux décisions ne changent pas fondamentalement la donne.
La médiatrice, qui a déclaré mercredi dernier qu’elle était prête à écrire avec les membres de la communauté universitaire un « texte nouveau », le fera dans un cadre très strict. »(Le décret) n’est pas caduc », a précisé Valérie Pécresse. « Il est remis sur le métier selon  les principes fondateurs de la réforme tels que les a (…) réaffirmés vendredi le président de la République, c’est-à-dire évaluation nationale par les pairs de la même discipline, plus de souplesse dans l’organisation du service enseignant et surtout autonomie des universités. »