Mesdames et Messieurs les parlementaires

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Des dizaines de milliers de personnes, étudiants et personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, ont défilé jeudi dernier dans toutes les villes universitaires pour s’opposer à la destruction de leurs institutions, de leurs statuts et de leur condition de travail ou d’étude. Le rejet de la politique de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, est massif, sans précédent. Ce faisant, en défendant la formation et la recherche, ils ont conscience de défendre aussi l’avenir du pays.
Hélas, le président de la République, Nicolas Sarkozy reste incapable de prendre la mesure de cette colère. Après le discours de mépris du 22 janvier, son intervention du 5 février a confirmé que sa vision de l’université et de la recherche était à la fois marquée par une méconnaissance de ce secteur et par l’obsession idéologique de mettre au pas ses institutions. Face à la demande quasi unanime du monde universitaire de retirer le projet de modification du décret relatif au statut d’enseignant chercheur, d’engager un plan pluriannuel de recrutement, de stopper le démantèlement des grands organismes de recherche, d’abandonner le projet dit de « mastérisation », la ministre ne nous a proposé que la mise en place d’une simple « charte de bonne conduite ». Au septième jour de la grève déclenchée le 2 février, c’est désormais l’ensemble du monde universitaire qui est entré dans un mouvement qui, dans ces conditions, ne peut que s’amplifier et se développer.
Nous vous invitons donc à nous apporter votre soutien et à venir à notre rencontre devant l’Assemblée Nationale lorsque se terminera la manifestation nationale de mardi prochain 10 février  appelée par la coordination nationale des universités et l’ensemble des organisations. (Elle partira à 14h de la Place Edmond Rostand sur le boulevard Saint-Michel en direction de l’Assemblée Nationale par les boulevards Saint-Michel, du Montparnasse et des Invalides).

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les parlementaires, mes salutations citoyennes.

Isabelle This-Saint-Jean – Présidente de Sauvons La Recherche

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Analyse du projet de décret (Laurence Valette)

CONTRE LE PROJET DE REFORME DU STATUT DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS
Le gouvernement veut réformer le statut des enseignants-chercheurs de l’Université. Mme Pécresse entend faire procéder chaque quatre ans à l’évaluation des travaux scientifiques des universitaires. Si ces recherches ne sont pas évaluées favorablement par le Conseil National des Universités (CNU), les enseignants-chercheurs seront à la merci des universités locales qui pourront décider à chaque rentrée de leur imposer un nombre élevé d’heures d’enseignement supplémentaires non rémunérées.
La ministre s’est largement exprimée mais ses propos médiatiques appellent des réponses car son projet n’a pas d’autre finalité que de rogner les coûts de l’enseignement en sacrifiant l’indépendance et la liberté qui permettent une recherche de qualité.
LES REALITES
Les affirmations de Mme Pécresse jettent les universitaires en pâture à l’opinion car, selon elle, ils sont à l’abri de toute évaluation, ce qui les incite à ne pas effectuer leur travail de recherche. La solution trouvée est un chantage entre les recherches labellisées ou des heures d’enseignement gratuites imposées.
Les enseignants-chercheurs sont évalués

Tout d’abord, il est faux d’affirmer que les enseignants-chercheurs ne sont pas évalués. Pour preuve, notamment, le long processus de sélection par la thèse de doctorat et sa soutenance devant un jury. Ensuite, tous les travaux de l’universitaire sont évalués par le CNU en vue de son éventuelle qualification. Alors seulement, il obtient le droit de participer aux concours de recrutement sur les postes ouverts dans les différentes universités et de se présenter devant de nombreux jurys dans toute la France. S’il est recruté, il sera évalué pendant toute la période de stage afin d’obtenir la titularisation. Il ne pourra obtenir une mutation que si une autre université le sélectionne. Sa carrière n’évoluera qu’après examen favorable de ses travaux par le CNU.

Les enseignants-chercheurs cherchent
En réalité, et trop souvent sans aucun moyen, les universitaires accomplissent leurs travaux de recherche. S’ils ne peuvent les financer eux-mêmes en achetant leur matériel de travail ou en participant aux colloques à leurs frais, ils sacrifient un temps précieux à courir les contrats, sur la base de leurs travaux afin d’obtenir des financements. Imagine-t-on demander à un salarié, à la fois de produire et de décrocher des marchés ?
En-dehors de la stricte gestion de carrière qui passe par la reconnaissance de la qualité des travaux par des instances nationales et locales, les enseignants-chercheurs ne délaissent pas la recherche car elle soutient la qualité universitaire de leurs cours.
L’enseignement n’est pas une punition. En utilisant l’enseignement comme une punition, le projet dévalorise cette fonction alors que les universitaires aiment partager le savoir. La qualité de leur enseignement pâtira inévitablement de la
surcharge de cours imposés, en plus de leurs autres tâches de préparation, de correction, d’encadrement, d’administration, de suivi professionnel… Mais la ministre considère que c’est bien suffisant pour la masse des étudiants.
UN PROJET LIBERTICIDE A FINALITE ECONOMIQUE
L’absence de garanties
– Le projet de décret prévoit qu’une évaluation quadriennale défavorable des travaux déclenche une charge de travail supplémentaire. La conséquence d’un surcroît de travail forcé gratuit, sans aucun plafond horaire, suite à une évaluation défavorable ne se retrouve dans aucune autre profession. Elle aura pour effet pervers d’empêcher, faute de temps, l’universitaire à qui seraient reprochés ses travaux de se consacrer à de nouveaux thèmes.
– Les critères d’évaluation ne sont même pas déterminés. La modification du statut est donc prématurée. Au regard des risques encourus par un classement qui les mettrait à la merci des instances universitaires locales, les enseignants-chercheurs éprouveront des difficultés à entamer sereinement des recherches qui ne débouchent pas toujours sur les résultats escomptés.
– Mme Pécresse prétend qu’une « charte » apportera des garanties aux fonctionnaires. En premier lieu, cette charte n’existe pas, ce qui montre encore le caractère prématuré d’une réforme précipitée et inadaptée. En outre, une « charte » est dénuée de valeur légale. Or, l’indépendance des universitaires dont les travaux sont susceptibles de déplaire mérite d’être mieux assurée au lieu d’être fragilisée. Pourtant, la ministre est tellement pressée d’abattre les enseignants-chercheurs qu’elle prévoit de laisser les mains entièrement libres aux instances universitaires locales. Tant que le CNU, débordé par ce nouvel objectif, n’aura pas fini d’évaluer tous les enseignants-chercheurs, les pouvoirs universitaires locaux disposeront de leur nouveau droit d’imposer des heures d’enseignement gratuites comme bon leur semblera pendant plusieurs années. La porte est ainsi ouverte aux abus et aux différences de traitement.
– Une garantie serait prétendument assurée par la possibilité d’un recours. Cependant la démarche est incompréhensible et s’exerce devant des instances universitaires locales qui ne rendent qu’un avis dénué de force obligatoire.
– Enfin, un président d’université, lui-même souvent professeur, ne saurait porter atteinte à l’indépendance de ses collègues. Cette vision angélique oublie tout simplement la réalité économique qu’affrontera un président obligé d’assurer les enseignements avec des moyens qui se réduiront. Puisqu’il ne pourra pas recruter, il surchargera les universitaires en poste. La recherche ne pèsera rien face à l’urgence des économies.
La finalité économique de la réforme du statut
En réalité, le projet a pour seul but d’effectuer des économies. L’autonomie des universités passerait par la gestion du personnel composé des universitaires. Le nouveau pouvoir des présidents d’université d’imposer d’enseigner gratuitement un nombre d’heures indéterminé et non plafonné représente l’outil de gestion des ressources humaines dont plus d’un employeur n’oserait rêver.
Malgré les promesses, les universités disposeront de moins d’argent. Elles concentreront donc leurs rares recrutements sur certaines disciplines, tandis que les enseignants-chercheurs des disciplines accueillant un grand nombre d’étudiants, par exemple, les lettres, les sciences humaines, le droit, verront leurs obligations alourdies. Comment résister à la variable d’ajustement simple et gratuite de ces heures de travail supplémentaires imposées ?
Ce projet donne en réalité tout pouvoir aux instances locales dont la parfaite illustration réside dans la possibilité de dispenser des universitaires étrangers de la qualification nationale. Cela permettra de nouvelles économies de recrutement puisque le CNU, qui ne les a pas qualifiés, ne les évaluera pas nécessairement favorablement et qu’ils pourront alors se trouver chargés d’heures d’enseignement.
Tout en affichant de bonnes intentions, le projet porte atteinte à l’indépendance des universitaires sous divers prétextes qui ne résistent pas à l’examen, dont une prétendue insuffisance de recherche. En répandant des contre-vérités, en attaquant les universitaires et en fragilisant leur indépendance, tout le monde sera mis au pas, les économies seront réalisées et surtout les étudiants obtiendront un diplôme dévalorisé.
Laurence VALETTE
Maître de conférences de droit privé
Université de Valenciennes
Analyse détaillée du projet de décret sur : http://statutEC.site.voila.fr

Télécharger de texte au format pdf : critique-projet-statut-ec-080209

Motion du Ceral (4 février)

Motion Assemblée Générale du CERAL (Centre de recherche sur l’Action locale), Equipe d’accueil – Université Paris XIII
4 février 2009
Les membres du CERAL réunis en assemblée générale le 4 février 2009 ont adopté la motion suivante :
-ils font part de leur attachement au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, au statut de la fonction publique en tant que garant de leur autonomie et au maintien d’un recrutement conséquent d’enseignants-chercheurs et de chercheurs statutaires
-ils considèrent que l’enseignement et la recherche sont deux missions essentielles du métier d’enseignant-chercheur qui ne sauraient être mises en concurrence. L’enseignement ne saurait être dissocié de la recherche.
-ils sont attachés à une évaluation qualitative de leur activité de recherche assurée par leurs pairs et extérieure à leur établissement.
-ils regrettent la méthode utilisée pour promouvoir la modification du décret de 1984
-ils regrettent également les attaques répétées contre les sciences humaines et sociales, le CNRS et la communauté scientifique plus largement.
Les membres du CERAL expriment par conséquent leur soutien et leur participation au mouvement national.

Démissions à Bordeaux 3

Copie du courier adressé vendredi 6 février au Président Singaravélou de Bordeaux 3.
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Monsieur le Président,
En raison de notre opposition au projet de réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire dit « Mastérisation » ainsi qu’au projet de décret modifiant le décret du 6 juin 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, nous soussignés démissionnons des fonctions administratives mentionnées en regard de nos noms :

  • Daniel Baudot : Directeur de l’UFR d’Études Germaniques et Scandinaves, membre du groupe « Réforme UFR Langues » de Bordeaux 3,Élizabeth Guilhamon : Directrice adjointe de l’UFR, responsable de l’agrégation d’allemand,
  • Frédérique Laugier : Responsable de la Licence LCE allemand, responsable des Relations internationales pour l’UFR,
  • Claire Kaiser : Responsable de la Licence LEA anglais-allemand, coresponsable des emplois du temps de l’UFR,
  • Tristan Coignard : Responsable TICE pour l’UFR, responsable des emplois du temps de l’UFR,
  • Hélène Camarade : actuellement en délégation, habituellement responsable du CAPES d’allemand et responsable des CLES/CLUB d’allemand, s’engage à ne pas reprendre ces tâches administratives et à ne pas remplacer les démissionnaires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, nos sentiments respectueux.

Mobilisation ScPo Lille

Statut des Universitaires : Toujours Pas comme ça !
Semaine d’action : 9-13 février
Le collectif des enseignants de l’IEP invite les étudiants et le personnel administratif à débattre de l’avenir de l’université.
♦ Lundi 09 février, 12h30, amphi A : Projection/débat autour du film « Universités, le grand soir ».
♦ Mardi 10 février, 10h, B4.13 : Conférence/débat : Isabelle Bruno, Maître de conférences, science politique « Vers
un marché européen de la connaissance : la stratégie de Lisbonne et les réformes françaises de l’université » (auteure de À vos marques®, prêts… cherchez ! La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Éditions du Croquant, 2008)
♦ Mercredi 11 février, 18h30-20h, B.2.1. : Conférence/débat : Emilie Souyri, ATER, docteur en civilisation américaine.
« L’université et la recherche aux Etats-Unis et ailleurs. Fonctionnement, devenir ? »
♦ Jeudi 12 février, 10h, B4.15 : Conférence/débat : Jean-Gabriel Contamin, Professeur, Science politique, « A
quoi peuvent servir les pétitions? Pour un débat sur l’action collective. »
♦ Vendredi 13 février, 12h45, amphi A : Jérémie Nollet, doctorant, science politique : « Les médias face aux
mobilisations. Eléments pour un débat ».

COLLECTIF DE MOBILISATION ETUDIANTE DE LILLE 2

(Tract)

COLLECTIF DE MOBILISATION ETUDIANTE DE LILLE 2

Etudiant-e-s, Lille 2, IEP compris: tous ensemble pour dire non à l’idée que se fait Pécresse de l’université. Tous ensemble pour une autre université. Etudiant-e-s face à l’ampleur de la contestation des enseignants-chercheurs concernant le décret de la loi d’application de la LRU qui vise à modifier leur statut , les étudiant-e-s de Lille 2 se mobilisent pour soutenir la non application du décret. C’est pourquoi s’est crée le collectif de mobilisation étudiantes de Lille 2 (CME), pour également faire part de leurs
revendications, les étudiant-e-s aussi s’inquiètent.
Le CME appelle donc tous les étudiant-e-s à rejoindre le mouvement afin de mener une réflexion collective pour une autre université. Les étudiant-e-s vous invitent donc à une AG étudiante ce lundi 9 février 2009 à 12h30 en amphi A (Faculté de Droit).

Actu : Lille 1

Lille 1 : Vendredi dernier (6 février), l’AG a voté la grève active reconductible jusqu’au 13 février ;

voir http://agp.univ-lille1.fr/index.php?title=Accueil